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(Onze heures deux minutes)
M. St-Pierre Plamondon : Alors,
bonjour, tout le monde. Aujourd'hui, une journée qui est marquée par la
composition du Conseil des ministres, et si l'information rapportée par les
médias se confirme, il s'agira d'une occasion ratée d'envoyer un signal de
cohérence et de réduction de l'appareil bureaucratique. Il y a quelques jours à
peine, donc, en fait, il y a un mois précisément, Christine Fréchette, le 21 mars
dernier, s'engageait à un Conseil des ministres réduit et plus restreint. Et
aujourd'hui, bien, on va voir si elle va faire ce qu'elle a promis dans un
contexte que vous connaissez, c'est-à-dire que Christine Fréchette fait partie
du bilan de la CAQ, elle avait une implication, notamment, très, très grande
dans la perte de contrôle sur les seuils d'immigration temporaire. Ensuite,
elle a transféré à l'économie, et elle avait une très grande implication dans
le dossier Northvolt. On se vantait, à l'époque, de faire des subventions dans
tous les sens, donc elle n'est pas détachée ou périphérique, au bilan de la
CAQ, qui est une des caractéristiques de la CAQ, c'est de dire une chose et
ensuite, au gré de toutes sortes de situations ou de sondages, de faire autre
chose. Donc, aujourd'hui me semble un test intéressant, à savoir : Est-ce
que l'information véhiculée par les médias, ce matin, à savoir qu'il n'y aura
pas de réduction comme elle l'a promis, se confirme ou non? Pas tant que c'est
une question fondamentale, la plus importante pour la gestion de l'État, mais c'est
une question de cohérence et de fiabilité, qui, malheureusement, a fait défaut
à plusieurs reprises dans les huit ans de caquisme. Donc, c'est ce qu'on
surveille aujourd'hui, et sur ce, on va prendre vos questions.
Journaliste : Il va y avoir
combien de personnes dans votre Conseil des ministres?
M. St-Pierre Plamondon : On
va faire une annonce en campagne électorale qui va aller dans le sens de la
réduction du nombre de personnes.
Journaliste
: ...
M. St-Pierre Plamondon : Ça
veut dire que je vais vous donner le chiffre en campagne électorale, mais
lorsqu'on fera cet engagement-là, on va l'avoir réfléchi très, très bien, puis on
va le respecter. Je pense qu'on peut se donner ça comme objectif. Et donc, c'est
une annonce qui va être faite ultérieurement, mais pour laquelle on va être
très, très commis et on aura fait notre travail. Donc, commençons par vérifier
où s'en va le gouvernement sur ces questions-là, et évidemment qu'on va prendre
position là dessus.
Journaliste : M. Plamondon,
vous avez vu les résultats du sondage de ce matin et la perspective d'un... d'une
très forte majorité si vous renoncez à votre promesse d'un référendum dans le
premier mandat. Je vous vois rire, donc... Vous ne répondez pas, comment vous
avez...
M. St-Pierre Plamondon : Bien,
j'ai un sourire en coin.
Journaliste
: ... en
riant?
M. St-Pierre Plamondon : En
souriant. On ne rit jamais... Les sondages étant ce qu'ils sont, il y a
toujours... Mais en souriant. Écoutez, il y a plusieurs bonnes nouvelles dans
ce sondage-là. Premièrement, le soutien au Parti québécois, il est stable, il
est solide. Donc, c'est 31 %, ce matin, et en passant, ça donne une
majorité. Un sondage comme celui-là donnerait une majorité au Parti québécois.
Mais ce qu'on sous-entend, c'est qu'il faudrait que je brise une promesse puis
un engagement solennel pour passer d'une majorité à une super majorité, ce qui
me fait un peu rire. Parmi les autres bonnes nouvelles, en passant, l'indépendance
vient de monter de six points par rapport au sondage précédent. Je vous invite
à en parler avec le même enthousiasme que lorsqu'on avait perdu six points.
Donc, on voit aussi que la conjoncture, les... les situations ont de l'influence
sur des chiffres, et je vous ai toujours dit que mon engagement ne tenait pas
aux sondages, que mon engagement tenait à ma compréhension de quelle est la
solution pour que le Québec soit viable, et trouve des solutions concrètes à
des choses comme la crise du logement, la crise des services publics. Je rêve à
un rayonnement plus grand pour le Québec. Je rêve qu'on sorte de l'insécurité
linguistique et culturelle. Donc, tout ça m'amène à certaines conclusions. Et
il y a deux façons de faire de la politique.
Puis vous êtes devant deux façons
différentes. Il y a celle de naviguer au gré des sondages. Vous avez vu Charles
Milliard, du Parti libéral, adopter trois positions différentes en quatre jours
sur la protection du français : il a dit oui, ensuite il a dit non, puis
hier il a dit peut-être. Puis ce matin, je vous pose la question sur Christine
Fréchette : Va-t-elle être cohérente avec un engagement qui date d'il y a
à peine 28 jours? Et il y a l'autre façon que j'essaie de mener avec le
plus de cohérence et de constance possible, à savoir, si on croit sincèrement
que la solution, c'est A ou B, bien, c'est ce qu'on dit à la population. Et,
des fois, ça crée des défis de plus. Mais tout calculer en fonction du sondage
du jour ne nous a menés vraiment nulle part. C'est... C'est ce qui a marqué le
caquisme le plus, à mon avis, là, c'est-à-dire pas de vision, puis toujours
changer de cap en fonction des chiffres du jour. Ce n'est pas ce que je cherche
à incarner. Je ne pense pas que Joël est là pour ça non plus. Donc...
Journaliste : ...vous avez
été très clair... la semaine passée, vous avez été très clair, là. Aidez-nous à
comprendre, là. Vous avez dit, en... Je vous ai peut-être mal interprété. En
invoquant le bon gouvernement, vous avez dit, en conférence de presse : La
souveraineté, ce n'est pas l'essentiel.
M. St-Pierre Plamondon : Mettez-moi
en contexte parce que ça me surprendrait que j'aie dit que...
Journaliste : Non, mais vous
avez dit : Les moyens qu'on va mettre de l'avant, c'est-à-dire le
référendum, la date, l'objectif...
M. St-Pierre Plamondon : Ah!
c'est vrai que j'ai dit ça.
Journaliste : ...ce n'est pas
l'essentiel.
M. St-Pierre Plamondon : Oui,
oui.
Journaliste : ...vous avez misé
sur le bon gouvernement. Aujourd'hui, vous dites : Ça me fait sourire. Je
comprends que vous êtes d'accord sur l'objectif, mais qu'est-ce que je dois
comprendre entre la semaine passée, qui n'est pas l'essentiel, et aujourd'hui,
que vous me dites : Ça me fait sourire, je vais toujours de l'avant?
M. St-Pierre Plamondon : Bon.
C'est simple. C'est qu'on parle de mécanique constamment dans l'espace public,
puis c'est toujours la date du référendum, la peur du référendum, puis le mot
«référendum» qui revient en boucle. Et ce n'est pas l'essentiel. L'essentiel,
c'est que, si on demeure dans le Canada, on n'a pas d'avenir linguistique et
culturel, puis on est en... en position de sous-financement des services
publics parce qu'il y a un gaspillage éhonté à Ottawa de notre argent. Ça,
c'est l'essentiel. Donc, mon rôle, c'est de parler d'indépendance. Je suis allé
plus loin, même, dans un podcast récemment, où j'ai dit : L'indépendance,
ce n'est même pas la raison de mon engagement sur le plan personnel, mon
engagement vient de la volonté d'être utile. Et, si on est honnête dans la
volonté d'être utile puis de trouver des solutions au Québec, je pense qu'on
arrive forcément à la conclusion qu'on doit sortir du Canada et se faire
confiance, gérer nos propres fonds, etc.
Donc, c'est ce que je dis depuis
maintenant cinq ans et demi. Mais c'est sûr que la discussion sur la mécanique
puis le référendum, je la trouve parfois pénible, parce que ce n'est pas pour
ça. Je veux dire, je n'ai pas d'intérêt personnel pour le référendum lui-même.
Je fais juste le constat qu'on doit sortir du Canada et se faire confiance si
on veut que les choses changent. Parce que la plupart de nos problèmes très
tangibles découle de politiques du fédéral ou de dédoublements, de gaspillages
qui sont intenables à moyen, long terme. Donc, je vais continuer de porter ça,
et indépendamment des sondages, parce que je pense que ça a une valeur, d'être
cohérent puis de tenir son bout dans l'engagement politique.
Journaliste : ...sur les chiffres,
M. Plamondon. Parce que vous dites : Bon, à 31 %, on formerait le
gouvernement, mais vous reconnaissez quand même que cette majorité-là serait
plus fragile et... de retour dans une lutte à trois. Donc, vos chances de
former le prochain gouvernement sont moindres que si vous renoncez à cette
promesse d'un référendum dans le premier mandat.
M. St-Pierre Plamondon : Je
le sais. Mais, en même temps, qui va me croire au Québec, si j'arrive devant
vous... puis quelle est la valeur de l'engagement politique, si j'arrive devant
vous puis je vous dis : Eille! J'ai regardé un sondage ce matin,
laissez-moi vous dire exactement l'inverse de ce que je pense? Je ne ferai pas
ça, ne serait-ce que pour... que par respect de ce que... doit être l'engagement
politique. Si on pense quelque chose, puis on pense que la solution réside dans
la mise sur pied d'un pays dans le cadre duquel on met fin au gaspillage
d'Ottawa, puis on prend nos propres décisions, bien, il ne faut pas avoir peur
de son destin. Ça se peut que je rentre à l'élection générale au début de la
campagne en territoire minoritaire. Je ne le sais pas ce que les chiffres vont
dire dans les prochains mois. Mais c'est important, je pense, ça a une valeur
d'être là pour des visions d'avenir puis une cohérence dans le raisonnement davantage
qu'en fonction du chiffre du jour. Il va bouger, le chiffre du jour, je vous
l'ai dit pendant deux ans et demi qu'il allait bouger.
Journaliste : ...mettre les
choses très claires, renoncer à votre promesse référendaire, ça n'arrivera pas?
M. St-Pierre Plamondon : Non.
La solution à des problèmes très tangibles qui ont été générés par le fédéral
et la solution au sous-financement des services publics et à l'asphyxie de gens
qui n'arrivent plus à la fin du mois, c'est de mettre fin aux gaspillages
d'Ottawa, rapatrier l'argent, se faire confiance puis se sortir, également, de
la discussion qui ne finit plus sur l'autonomisme et les solutions dans le
Canada, comme si c'était vrai. Ce n'est pas vrai, on vient de le vérifier avec
la CAQ, huit ans de demandes, non seulement refusées mais refusées avec un
mépris historique. Donc, non, je la maintiens le cap.
Journaliste
:
...mandat, par exemple, du PQ? Dans le sens que vous dites : On ne renonce
pas à la promesse référendaire, mais est-ce qu'on pourrait allonger l'échéance,
l'amener plus loin selon le contexte? Est-ce que...
M. St-Pierre Plamondon : Mon
engagement est le même, il n'a pas changé.
Journaliste
: ...vous
avez dit que vous étiez à l'écoute de ce que les gens vous avaient dit. Alors,
que vous disent les gens, actuellement, selon ce sondage-là?
M. St-Pierre Plamondon : Bien,
c'est ça, donc, c'est de dire, écoutez... puis je réitère ce que j'ai dit à
Chicoutimi : Ce serait une erreur d'avoir peur de la démocratie puis de
s'exprimer aux urnes. La preuve, c'est que les Albertains vont le faire très
prochainement puis ils n'ont pas l'air énervés du tout par la situation aux
États-Unis. Ce serait aussi une erreur de penser qu'on va aux urnes demain
matin, alors que le contexte, dans un an, deux ans, trois ans... on ne le sait
pas, on sera rendu où. Et je trouve qu'une fenêtre de quatre ans, non seulement
c'est beaucoup, mais que la réflexion et l'exercice de s'exprimer dans le
respect de chacun, en démocratie, c'est normal. Puis on aurait tort d'avoir
peur de nous-mêmes, d'avoir peur de voter, d'avoir peur de réfléchir devant des
constats qui sont évidents : nous sommes dans un déclin induit par des
politiques canadiennes. Pourquoi on n'en parlerait pas? Pourquoi on se mettrait
la tête dans le sable puis on se contraindrait à de fausses solutions,
exactement comme on vient de le faire avec la CAQ pendant huit ans? Je demande
aux gens...
Journaliste
: ...
M. St-Pierre Plamondon : Pardon?
Journaliste
: Non, au
contraire, je leur ai dit : Je comprends puis je vous rappelle qu'on va se
servir de notre tête puis on va se choisir un moment qui est approprié et
qu'évidemment, dans un contexte géopolitique comme en ce moment, c'est la protection
des intérêts des entreprises québécoises dans le cadre d'une escalade
potentielle.
En passant, le risque principal avec les
États-Unis, c'est la renégociation des ententes entre le Canada et les
États-Unis, qui pourrait pénaliser des entreprises québécoises. Pour moi, c'est
ça, le risque. Et dans quel cas, avoir un gouvernement du Parti québécois qui
est sérieux dans sa démarche pour que le Québec devienne un pays,
malheureusement pour ma cause, a l'effet d'imposer une certaine prudence au
régime fédéral, qui, lorsqu'il est confronté à un gouvernement absolument
fédéraliste, qui est déjà couché par terre avant même que les négociations
commencent, bien, ça donne, des fois, qu'on passe à la trappe. Un gouvernement
du Parti québécois aura une influence, également, durant des négociations avec
les États-Unis, et, du côté fédéral, ils sont conscients qu'ils ne peuvent pas
faire n'importe quoi au détriment du Québec, au détriment des entreprises
québécoises.
Donc, il y a là... il y a, là aussi,
quelque chose de cohérent dans la protection à très court terme de nos
intérêts. Un gouvernement du Parti québécois, c'est un gouvernement qui va se
tenir debout en toutes circonstances pour les intérêts du Québec, contrairement
à des régimes fédéralistes, des gouvernements québécois fédéralistes qui
mettent sous le tapis les échecs pour protéger leur doctrine que ça fonctionne
dans le Canada. Ce ne sera pas le cas, évidemment, d'un gouvernement du PQ.
Journaliste : Qu'est-ce que
vous pensez de... 31 %, vous pourrez peut-être obtenir une majorité. Je
comprends que la majorité, si vous l'avez, vous allez la garder, là, mais
qu'est-ce que vous pensez d'un système qui peut donner une majorité à
31 %?
M. St-Pierre Plamondon : Bien,
on est dans un système avec plusieurs partis, donc il faut s'en réjouir, d'une
certaine manière, parce qu'il y a une pluralité de voix qui s'expriment. En
même temps, c'est vrai que ça a certaines autres conséquences sur le plan... En
fait, le PQ a été lui-même un peu là-dedans, avec trois députés seulement puis
15 % des voix. Donc, moi, je demeure favorable à une réforme qui mènerait
à au moins une dose de proportionnalité dans tout ça, mais ça, évidemment qu'on
pourra faire des présentations là-dessus.
Journaliste : ...excusez-moi,
j'ai oublié, mais est-ce... est-ce que vous voulez la faire, la réforme du mode
de scrutin? Est-ce que vous vous la feriez dans un premier mandat?
M. St-Pierre Plamondon : Oui,
on avait ça en 2022, c'est toujours dans notre programme. Là, évidemment, il y
a le comment, puis la formule, puis de toutes sortes de considérations, mais,
au moins, d'amener une composante de proportionnalité ferait en sorte que, par
exemple, un parti qui a 10 % ou plus aurait un siège au moins, tu sais, au
moins trouver quelque chose qui est faisable.
Des voix : ...
M.
St-Pierre
Plamondon : Mais je veux juste dire quelque chose, par contre.
Je n'ai jamais entendu ce commentaire pour les gouvernements libéraux, fédéraux
ou pour la CAQ, au niveau de la légitimité. Donc, je ne veux pas non plus qu'il
y ait un double standard. Si c'est le Parti québécois qui est élu majoritaire
avec certains chiffres, là, on disait : Ça, ce n'est vraiment pas
représentatif, il y a un problème avec notre système, alors qu'on n'a pas
soulevé ça quand les gouvernements Trudeau, Carney sont minoritaires ou lorsque
la CAQ... quoiqu'elle a obtenu des chiffres très, très forts au... la dernière
fois, mais, la première fois, elle a eu 38 %, si je me souviens bien, puis
on n'a pas soulevé ça. Donc, demeure que les gens auront un choix à faire, puis
le processus électoral mène à des résultats qui sont absolument légitimes, peu
importe si c'est rouge ou bleu, là, ça, je veux quand même le mentionner.
Journaliste
: Je veux
revenir sur un événement, un événement qui s'est déroulé la semaine passée,
vous avez fait un...
Journaliste : Bien, juste
pour finir sur le sondage, est-ce que je peux...
Journaliste : Est-ce que je
vais pouvoir poser ma question après?
M.
St-Pierre Plamondon :Oui, oui, je vous la réserve.
Journaliste
: Vous
disiez, si on est élu, donc la priorité, ce serait de protéger les entreprises
québécoises. Donc, je comprends que ce serait d'abord protéger les entreprises
québécoises, plus tard, le référendum.
M.
St-Pierre
Plamondon :Ah! c'est sûr, c'est sûr.
Un gouvernement du Parti québécois, là, va abattre du boulot comme vous n'aurez
jamais vu une formation politique abattre du boulot dans les premiers mois, si
on arrivait au pouvoir, là. Rien à voir avec la volonté de devenir un pays,
simplement, on est là pour aider. Puis j'amène des gens intelligents, de
qualité, puis regardez le rythme auquel on amène une équipe solide, là, on va
arriver solide et très crinqués au sens de motiver à régler des problèmes. Prenez
l'itinérance. Moi, je trouve ça scandaleux qu'on n'en parle pas plus. Puis je
comprends que votre travail vous amène à être bousculé, ça a été couvert dans
des articles de journaux, mais, ensuite, dans la discussion publique, on parle à
nouveau de référendum ce matin. La situation d'itinérance au Québec, qui est
inacceptable, on devrait avoir beaucoup plus de temps d'espace mental et de
discussions sur le fait qu'on est complètement en train d'échapper une
situation qui est d'une tristesse sur le plan humain. Donc, moi, si j'ai la
chance, avec une équipe compétente, d'avoir un gouvernement majoritaire qui a
les coudées franches, dans le mois qui suit, je m'attaque à l'itinérance au
Québec.
Donc, ayez la certitude qu'il y aura un
moment pour se pencher sur des questions fondamentales sur notre avenir, sans
quoi l'avenir est sombre sur le plan de la différence québécoise. Mais un
gouvernement du Parti québécois, puis vous allez le voir en campagne
électorale, va arriver avec une réflexion puis des solutions sur chacun des
problèmes urgents, et nous agirons dans les mois qui suivent notre élection,
parce qu'on est là pour être utiles. Je reviens au début du point de presse,
c'est une volonté d'aider et de freiner ce qui est un déclin puis de le
renverser par une forme d'amélioration. Et déjà, si on réussit ça, le moral va
être meilleur parmi notre... les membres de notre société.
Journaliste : ...mais comme
la priorité n'est pas l'indépendance du Québec.
M.
St-Pierre
Plamondon :Pardon?
Journaliste
: Au 4, au
5 octobre, je ne me souviens plus c'est quand la date des élections, mais
le lendemain, donc, de l'élection, on comprend, vous parlez des entreprises,
vous parlez de l'itinérance, la priorité numéro un du gouvernement de St-Pierre
Plamondon n'est pas l'indépendance du Québec.
M.
St-Pierre
Plamondon :Ça, vous créez un faux
dilemme, qui est un classique, où est-ce qu'on tente de faire croire qu'un
gouvernement du Parti québécois ne peut pas s'occuper de la question de
l'indépendance et, en même temps, s'occuper de tout ce qui a urgent et de
concret. Et, en fait, les gouvernements Parizeau, les gouvernements Lévesque
ont démontré que non seulement les deux se faisaient en même temps, mais le
bilan de ces gouvernements-là s'est avéré être très positif sur les questions
sociales et économiques. PIB per capita, de très bons chiffres, règlements, tu
sais, innovation sociale qui ont marqué le Québec, de grands exploits. Donc, ce
sera les deux, et nous en sommes capables, et nous avons déjà démontré cette
capacité de gouvernance, tout en posant les questions fondamentales sur notre
avenir parce qu'on tient à l'avenir du Québec. J'avais promis de répondre à
votre question. J'en suis vraiment désolé.
Journaliste : Il n'y a pas de
problème. Un événement auquel vous avez participé la semaine passée... devant
des citoyens, il y avait une question d'un citoyen qui vous posait la question
et en parlant d'un problème d'immigration musulmane de masse, c'était sa
question à lui, puis je veux reprendre vos mots ou votre réponse pour vraiment
qu'on ait la même discussion, là. À cette réponse là, vous avez dit que vous
visiez la paix sociale et qu'il y a des musulmans québécois qui vont faire
partie de cette discussion-là, dans le cadre de laquelle on va nommer que le
frérisme est une réalité documentée dans plusieurs pays d'Europe...
M.
St-Pierre
Plamondon : Exact.
Journaliste
: ...et la
seule raison pour quoi on ne le documente pas au Canada, c'est que c'est
l'agenda du gouvernement en place. Donc, est-ce que vous pouvez... est-ce que
vous considérez que le Canada a un agenda de laisser le frérisme pénétrer ici?
M.
St-Pierre
Plamondon : Non, non, non. Bien, c'est-à-dire... non, non, non.
L'agenda, c'est le multiculturalisme et l'aveuglement devant l'ingérence
étrangère. Et ça ne touche pas seulement le frérisme, ça touche toutes sortes
de formes de... Écoutez, là, les Chinois le... c'est WE Charity, puis, ensuite,
plusieurs éléments qui... qui indiquent une forme d'ingérence étrangère
chinoise. Il y a l'Inde. Mais lorsqu'on est tombé au Canada dans la doctrine
postnationale, on a décidé de prôner un communautarisme à outrance avec une
ouverture des frontières. Et donc il y a un aveuglement volontaire du Canada
par rapport à l'ingérence étrangère, je l'ai dit souvent, qu'on n'a pas dans un
paquet de pays européens qui, sur le frérisme, mais on fait des rapports
étoffés pour dire : Il y a un problème d'infiltration d'un agenda
frériste.
Journaliste : ...pour dire
que le service canadien ne travaille pas dans l'intérêt public sur la question,
justement, du frérisme?
M. St-Pierre Plamondon : Le
mutisme...
Journaliste
: ...d'un
terrorisme nationaliste potentiel, là.
M. St-Pierre Plamondon :
...le mutisme, le mutisme total sur les questions d'ingérence étrangère et la
détérioration de l'ingérence étrangère au Canada. C'est... c'est un moulin à
vent. Et, pour moi, l'indépendance du Québec va ramener de l'ordre dans ces
questions-là, parce que ce sont des institutions qui ont une composante
politique au-dessus de l'organisation, donc, dépendamment de l'orientation
idéologique du gouvernement, ces institutions-là ont de l'espace ou n'ont pas
d'espace pour bien faire leur travail. Mais je pense que c'est indéniable que
le Canada a des enjeux d'ingérence étrangère, mais qu'on ne documente pas
lorsqu'on le compare à la documentation qui est en train de se faire en France,
en Angleterre, en Suède, à l'Union européenne et...
Mais juste pour être équitable sur cet
extrait-là, la question disait : Bien là, les musulmans versus les Juifs,
et tout ça. Puis moi, j'ai répondu : Écoutez, là, des Québécois musulmans
qui tiennent à notre paix sociale puis qui tiennent à une forme... une forme
d'espace laïque dans le respect de tout le monde, j'en présente aux prochaines
élections et j'en suis fier. Ils sont solides. Allez voir les entrevues que
j'ai faites. Donc, j'ai... j'ai comme replacé aussi la discussion en
disant : On a des enjeux d'ingérence étrangère qui me semblent évidents.
J'en ai parlé ici à la CAQ qui minimisait le sujet, mais je l'ai fait en
Chambre, on l'a fait en Chambre. Mais, au niveau de ce que le Parti québécois
prône, on prône cette volonté, peu importe notre confession, ou nos convictions,
ou nos différences, de maintenir une paix sociale. Et on est capables d'attirer
des candidatures de toutes les religions et évidemment des candidatures athées
qui sont d'accord sur ce contrat social là que le Parti québécois incarne.
Journaliste : Est-ce que le
Québec devrait s'inquiéter du frérisme ici?
M. St-Pierre Plamondon : Oui.
Oui, oui. Ce serait surprenant qu'il n'y ait pas cette forme d'ingérence
étrangère au Québec alors qu'on est en train de la documenter de manière assez
précise dans... dans plusieurs pays européens, compte tenu que la doctrine
fédérale, c'est de fermer les yeux et d'ouvrir à une immigration... c'est ce
que... c'est ce que Trudeau appelait le postnational, là. Le postnational,
c'est un peu l'effondrement de l'État national qui surveille ses intérêts puis
qui voit à une planification. Et ça a donné ce que ça a donné. Et
malheureusement, tu sais, est-ce que le changement est vraiment marqué sous
Carney? Moi, je vois plus la continuité des mêmes personnes qui ont les mêmes
idées. On regardait un peu la convention des libéraux ici, à Montréal, là. La
philosophie du Parti libéral du Canada n'a pas changé. Puis moi, je pense que
cette idée de Canada postnational, c'est dysfonctionnel.
Journaliste : ...sur le DSN.
M. Arseneau : Ah! Merci.
Journaliste
: ...
M. Arseneau : Mais, écoutez,
les inquiétudes fusent de partout. On a eu l'occasion de s'entretenir avec des
gens du Centre-du-Québec, de la Mauricie et également avec des gens qui
travaillent au CIUSSS du Nord de l'île de Montréal, et l'inquiétude est... est
importante, elle est documentée. En fait, on sait qu'il y a une certaine
omerta. Santé Québec veut aller de l'avant le 9 mai, coûte que coûte. Et
ça, ça nous rappelle étrangement avec stupeur le scandale SAAQclic. Donc, on
semble vouloir y aller coûte que coûte, peu importe les conséquences. On parle
de la santé et de la vie des gens.
Et quand les professionnels nous disent,
bien, ça nous prendrait davantage de ressources, quand on nous dit que le
système, il n'est pas intuitif, puis que même après 12 heures de
formation, on a de la difficulté à naviguer là-dedans, qu'on va suspendre
50 % des opérations, des... fermer des salles de chirurgie pendant deux,
trois semaines, les gens s'attendent à ce que ce soit encore plus long, quand
on dit que le logiciel ne fait pas de lien avec la banque de sang, quand on dit
qu'on aurait besoin de 400 super utilisateurs, je pense que... et on en a
une quarantaine, il y a un manque de transparence, il y a un manque également
d'organisation face à la tempête qu'on est en train de faire de... de toute
pièce.
Alors nous, ce qu'on dit, c'est holà, on
fait un stop et on rencontre les parlementaires à l'Assemblée nationale. Il y a
des commissions pour ça. Faites preuve de transparence, parce que Santé Québec,
actuellement, semble seul à bord. Même la ministre ne semble pas savoir ce qui
se passe sur le terrain. J'ai posé la question en Chambre, elle a dit :
Moi, je fais confiance à Santé Québec, alors que les révélations étaient faites
sur le terrain à l'effet qu'on n'était tout simplement pas prêts.
Alors, évidemment qu'on veut faire la
transition numérique, mais pas à n'importe quel coût. Et quand tous les
professionnels, que ce soient les médecins, que ce soient les
inhalothérapeutes, que ce soient différents groupes, nous disent : Dans
mon domaine, je vois ça comme étant un grand risque pour la continuité des
soins et pour la santé des gens. Nous, on dit : On ne peut pas prendre ce
risque-là. Donc, on met ça sur pause, on sort de cette prorogation, on a une
consultation particulière avec Santé Québec pour nous expliquer où ils en sont
rendus, quel est l'état de la situation, qu'ils répondent aux préoccupations
des gens et qu'ils nous disent quel est le plan de contingence pour qu'on
sache, évidemment, où on s'en va. Et, quand il y a un ministre, Bélanger, qui
nous dit : On va frapper un mur, c'est l'impasse, c'est le chaos, et puis
qui n'a pas voix au chapitre, bien, on a des raisons supplémentaires de s'inquiéter,
notamment par rapport à la souveraineté des données, à la protection des
données. Or, tout ça est préoccupant et c'est un peu la conséquence de la
réforme Dubé, qui a placé, essentiellement, le secteur de la Santé, c'est
presque la moitié du budget du Québec entre les mains de Santé Québec, qui,
maintenant, semble être l'État dans l'État et décide de tout, puis la ministre
a un rôle de témoin, je dirais, de spectateur. Et les Québécois, également...
Journaliste
: ...Santé
Québec?
M. Arseneau : Bien, parce
qu'ils n'ont pas fait preuve de transparence puis ils ne nous ont pas apporté
les réponses, et quand on a critiqué, dans l'espace public, le plan de match,
ils nous ont dit : On aimerait ça vous rencontrer en privé pour vous
expliquer. Nous, on souhaite que ce soit expliqué à visière levée, devant
public, en commission parlementaire, devant les parlementaires, mais aussi
devant la population, parce que ces séances-là sont filmées, et devant les
professionnels qui, eux, s'inquiètent. Moi, je souhaite que ça fonctionne, mais
quand tous les professionnels me disent : On va l'échapper puis on va en
subir les conséquences, et ce sont les patients qui vont payer pour, parfois de
leur vie. Moi, je pense que ça vaut la peine d'entendre Santé Québec et de...
d'avoir des réponses claires là-dessus.
Journaliste
: Est-ce
qu'ils vont... les crédits?
M. Arseneau : Bien, j'espère
qu'ils vont être présents, mais la dernière fois qu'ils sont venus en crédits,
ils étaient dans les gradins puis on pouvait leur poser une question ou deux.
Moi, je pense que ça, c'est un autre des problèmes avec la création de Santé
Québec. Lorsqu'on a huit heures de discussion avec la ministre, mais qu'elle ne
contrôle rien sur les opérations, on perd un peu notre temps. Moi, je
souhaiterais que les huit heures de commission, là, en Santé, bien, que ce soit
huit heures avec Mme Biron puis avec ses... ses DG associés, puis qu'on.... ses
VP associés, et qu'elle puisse répondre à des questions qui importent à
l'ensemble de la population du Québec, c'est-à-dire sur les opérations du
système de santé qui s'effondrent de jour en jour, avec, en plus, là, la
crainte que des projets vitrines qu'on vient de discuter tout à l'heure. Merci.
Journaliste
: Can we hear you in English on the Léger poll showing that you
would have a better score if you promised no refenrendum?
M. St-Pierre
Plamondon :
Well,
they are good news for the PQ because the current score would lead us to a
majority government. But the question I'm asked, with this Léger Poll, is: Why
won't you say the exact opposite of what you think, so that you get a super
majority? In which care, my answer is obvious: No, I don't want to do that. We
have conclusions about what's the best interest of Québec, and that is to stop
the waste of a government that is doing what we're already doing in Québec so
that we can have more funds for public survices and, maybe, a tax break, we'll
see. But in those conclusions, I will not say the opposite of what I actually
think, based on a poll. I cannot do that, I think it distinguishes the Parti
québécois from other parties, who… and we'll see with Christine Fréchette, but
who talked about reducing the numbers of ministers and it might not be the case
based on what we hear this morning. Same thing with Charles Milliard, who said:
Yes, and then no, and then maybe, about protecting Bill 96, so we have been
coherent, consistent, and it's not a particular poll that will change my will
to say things as I see them. I think that's the way we work in… at the Parti
québécois, it has value.
Journaliste
:
Merci beaucoup.
M. St-Pierre Plamondon :
Merci.
(Fin à 11 h 30)