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Point de presse de Mme Françoise David, députée de Gouin et de M. Amir Khadir, député de Mercier

Version finale

Thursday, February 7, 2013, 13 h 30

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Treize heures trente-sept minutes)

Mme David: Bonjour. Écoutez, le point de presse porte sur la chose suivante: Amir Khadir et moi, nous allons, aujourd'hui, demain et dans les prochaines semaines, participer de façon rigoureuse à l'exercice de l'étude des crédits. Je pense qu'on a entre 15 et 20 interventions dans des commissions parlementaires différentes. On prend ça très au sérieux. On s'est bien préparés, on aura de vraies questions et on veut particulièrement questionner les ministres sur les effets qu'auront les coupures annoncées par rapport à plusieurs catégories de population. Et là on peut parler de santé, on peut parler de personnes vivant avec un handicap, on parle d'éducation, d'enseignement supérieur, ce qui n'est pas exactement la même chose, on parle aussi d'emploi et de solidarité sociale et, bien sûr, on parlera de transport, mines, Plan Nord, etc.
Donc, on veut vraiment agir en chien de garde de ce gouvernement qui ne cesse d'opérer des coupures. On veut lui dire que ce qu'il fait va avoir des effets dévastateurs sur beaucoup de monde. On veut aussi lui indiquer qu'il y a d'autres façons de gouverner, d'autres façons d'aller chercher de l'argent que de couper et de venir toujours en prendre dans les poches de la classe moyenne, et nous allons donc lui proposer des états généraux sur une fiscalité juste, des états généraux sur la justice fiscale.
En fait, il y a vraiment un débat de société à faire au Québec. Est-ce que la fiscalité actuelle est juste, est-ce qu'elle répond aux besoins de l'État et est-ce qu'elle va chercher l'argent là où il se trouve, c'est-à-dire pas dans les poches de la classe moyenne ou des plus pauvres, mais dans celles des plus riches et des entreprises, disons, qui font pas mal de profits? Et c'est à ça que devraient servir des états généraux sur la justice fiscale: questionner le modèle qui est celui des 20 ou 30 dernières années et vraiment accepter de tout remettre en question pour que l'État ait les moyens d'agir, mais aussi pour que les travailleurs, les travailleuses, leurs familles puissent vivre convenablement. Alors, c'est la proposition que nous faisons au gouvernement du Québec.

M. Khadir: Mais on a tous été témoins, au cours des dernières années, du profit important que font les pétrolières, les banques, les multinationales, les pharmaceutiques, quand ce n'est pas, comme ça a été le cas de plusieurs grandes entreprises du domaine du génie et de la construction, piger directement dans la caisse de l'État, dans la caisse des contribuables. Il faut donc rétablir une justice fiscale, faire en sorte que tous fassent leur juste part, paient leur juste part.
Par exemple, hier, le ministre de l'Enseignement, M. Pierre Duchesne, affirmait qu'il n'est pas possible de réformer la fiscalité sans être indépendant. Je rappellerai quand même à M. Duchesne que l'abolition de la taxe sur le capital des entreprises financières, ça date d'à peine cinq ans, ça date de 2007. Ça a été fait par un gouvernement du Québec, sans autorisation du fédéral. Il n'en tient qu'au gouvernement du Québec de rétablir. On n'a pas besoin de l'indépendance pour ça. En fait, on serait tenté de dire: Bien, qu'à cela ne tienne, si c'est l'indépendance qu'il faut, qu'attendez-vous pour engager le processus de l'indépendance, si vraiment vous êtes sincères. Mais je rappelle quand même qu'en attendant de le faire on a tous les moyens. Rappelons que la taxe sur le capital des entreprises, qui était de 0,8 %, si elle était appliquée immédiatement, c'est 600 millions de dollars. Pour la gratuité de l'éducation supérieure, suivant M. Duchesne, c'est 1 milliard. Il y a d'autres études qui parlent de 450 millions; c'est entre 500 millions et 1 milliard. Donc, c'est déjà 600 millions, s'il y avait une volonté d'aller ver là.
Donc, nous croyons que beaucoup de blocages qu'on connaît, tout le drame qu'on a connu alentour du printemps érable et la tension sociale auraient pu être évités si on avait fait le débat de manière plus cohérente, en commençant d'abord voir à qui revient la responsabilité de tout ça et comment tout le monde pourrait faire sa juste part, plutôt que de demander aux étudiants de faire autre chose que d'étudier et aux banquiers de continuer à engranger des profits sans payer leur juste part.

Mme David: Alors, voilà pourquoi nous réclamons ces états généraux sur la justice fiscale, et nous savons que l'Alliance sociale, mouvement populaire composé de syndicats, d'organismes communautaires, féministes, etc., appuie cette proposition et la défend.

M. Salvet (Jean-Marc): Dans cet exercice d'états généraux, évidemment, on convie toutes les parties. Donc, il y aura également des représentants des chambres de commerce, des entreprises, des syndicats. Tout le monde ne s'entendra pas, on connaît les points de vue des uns et des autres déjà. Alors, pourquoi des états généraux? Puis on ne s'entendra pas...

Mme David: Parce que les banquiers, parce que le Conseil du patronat, parce que la chambre de commerce, ils ont leur place, mais, entendons-nous, ils ne représentent qu'eux-mêmes. Ceux et celles qu'on voudra le plus entendre, c'est ceux et celles qui représentent la majorité de la population, ce fameux 99 % dont la plus grande part n'a pas les moyens de payer plus, et elle va venir le dire haut et fort. Et ce qu'il faut espérer, c'est qu'un gouvernement qui se dit responsable, comme je le lis tout le temps, va trancher en faveur de la majorité.

M. Salvet (Jean-Marc): Très bien. Une autre question, si vous permettez. Le président du Parti québécois, Raymond Archambault, veut fermer la porte à toute alliance avec les autres partis souverainistes que sont Québec solidaire et Option nationale. Commentaire?

Mme David: Commentaire très simple et très clair: Comme c'est malheureux. En fait, je trouve que cette réponse dénote une arrogance qui n'a pas sa place dans un gouvernement souverainiste minoritaire. Le Parti québécois devrait faire preuve de plus d'humilité, convenir qu'il y a maintenant des souverainistes au Parti québécois, à Québec solidaire, à Option nationale et il y en a plein aussi, des souverainistes, dans la société civile, qui réclament des partis souverainistes au moins des tentatives de discussion et de dialogue. Et M. Archambault vient dire, avant même qu'aucun dialogue ait pu être commencé: Il n'y en a aura pas de dialogue.
Je vous rappellerai qu'à Québec solidaire nous entreprenons, en ce moment même, des débats avec nos membres sur cette question-là et nous prendrons position dans un congrès lors de la première fin de semaine de mai. Je vous rappelle aussi que le Nouveau Mouvement pour le Québec organise un congrès de la convergence nationale la deuxième fin de semaine de mai et qu'il doit aujourd'hui être bien triste.

M. Khadir: Je voudrais juste dire simplement que je reconnais, par exemple, que reconnaître la nécessité de ce changement de comportement politique, c'est très difficile pour les partis qui ont été habitués à s'échanger le pouvoir comme d'un droit naturel, puis c'était le cas entre le PQ et le Parti libéral. C'est difficile de reconnaître que, là, d'abord, ça ne marche plus. Donc, le système électoral les dessert, ils se ramassent avec des gouvernements minoritaires, là. Ça fait le deuxièmement gouvernement minoritaire qu'on a en moins de cinq ans. Rappelez-vous 2007, c'est la même chose. Donc, c'est de reconnaître qu'ils ont mal agi en ne réformant pas le système électoral, puis ensuite, bien, il faut reconnaître qu'il faut céder du terrain, qu'ils ne sont pas les seuls à pouvoir réclamer voix au chapitre.

Mme David: Ils ne sont pas les seuls détenteurs de l'idée de la souveraineté. Je pense que ça, ça commence à être important qu'ils le réalisent.

M. Journet (Paul): Peut-être une dernière question sur un autre sujet. Durant le conflit étudiant, les associations étudiantes travaillaient ensemble, ce qui ne leur a pas nui. Comme vous le constatez, comme vous l'avez déploré, M. Khadir, elles ne travaillent plus main dans la main. Vous avez fait un appel à ce qu'elles joignent leurs forces, elles l'ont refusé. Est-ce que vous pouvez faire quelque chose d'autre ou est-ce que vous avez quelque chose d'autre à ajouter sur le sujet ou Mme David, là, bien sûr?

M. Khadir: Écoutez, je ne suis pas au parfum de tout ce qui se trame dans le mouvement étudiant. D'après ce que je comprends, c'est sûr que, comme dans d'autres secteurs de la société, il y a une variété, hein? C'est normal qu'il y ait une pluralité des opinions, qu'il y ait différents syndicats étudiants, qu'il y ait différents mouvements étudiants.
Maintenant, ce que je disais dans cette lettre que j'ai envoyée à quelques associations, c'était simplement de dire que, ce que je constate, c'est que beaucoup de gens sont encore très, très sympathiques à leur cause, beaucoup de gens vont être là pour les appuyer, pour les accompagner, mais on constate aussi que le plus fort du mouvement, ce qui était le plus inspirant, c'était l'unité qui se dégageait, malgré les divergences qu'il y avait le printemps passé, et je rappelais que c'est une vérité de La Palice que de se dire qu'il n'y a pas grand-chose qu'on obtient quand on agit en rangs dispersés. Maintenant, ça viendra en temps opportun, je suis sûr.
Aujourd'hui, ceux qui doivent répondre, c'est ceux qui renient leurs promesses les plus élémentaires. On s'était dit que ce sommet devait être un sommet où toutes les possibilités étaient sur la table. Je ne comprends pas que M. Duchesne ait voulu, 10 jours à l'avance, tout d'un coup, changer la donne puis jeter cette espèce de tension. Pourquoi faire ça? Pourquoi est-ce qu'on essaie d'exclure des gens? Pourquoi, si la gratuité s'impose en Allemagne, en France, en Norvège, en Suède, en Finlande, dans des pays aussi avancés économiquement et socialement, nous, on ne serait pas capables? Pourquoi ça ne pourrait pas être dans les solutions qu'on pourrait envisager? M. Duchesne doit maintenant répondre et doit faire des démarches pour s'assurer que les étudiants, tous les étudiants, participent.

M. Journet (Paul): Mais est-ce que vous avez une préférence entre... Parce que là il semble y avoir deux possibilités, s'il y avait alliance entre les différentes associations étudiantes: Soit qu'ils choisissent ensemble de boycotter le sommet, de ne pas y participer, soit qu'ils décident d'y participer ensemble.

M. Khadir: On verra quand ça viendra.

M. Journet (Paul): Entre les deux...

M. Khadir: Il n'y a pas encore de choix de fait, ni de l'un, ni de l'autre.

M. Journet (Paul): Vous avez une certaine... Il y a des gens qui vous écoutent là-dedans. Est-ce que vous avez une préférence?

M. Khadir: Nous, on préfère voir la force la plus unitaire possible.

Mme David: Et je vous rappellerai qu'à ce jour, en fait, la décision de la FEUQ, c'est de participer, celle de la FECQ aussi, et, quant à l'ASSE, sur division, bon, tout le monde le sait, ils ont quand même décidé de participer en posant un certain nombre de conditions, et la première d'entre elles, c'est que le débat sur la gratuité puisse se faire, ce qui est vraiment la moindre des choses. Alors, il faut espérer que le ministre acquiesce.

(Fin à 13 h 47)

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