Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.
(Huit heures trois minutes)
M. Boissonneault : Bon là,
premièrement, vous allez excuser ma voix, parce que vous allez entendre, là, j'ai
plus une voix Leonard Cohen aujourd'hui, là. Probablement que j'ai eu trop de
plaisir au dernier match des Canadiens. Donc, je vais faire ce que je peux avec
ma voix éraillée.
Bien, la première chose que j'aimerais
faire, c'est un peu revenir sur le discours d'ouverture de la nouvelle première
ministre, en ramenant une dose de réel dans ce qui est, ce qui est dit en ce
moment. Pendant un certain nombre de semaines, la première ministre Christine
Fréchette s'est présentée comme la nouvelle première ministre, comme si elle
avait remporté des élections générales. Elle parlait d'un vent d'air frais, d'un
vent nouveau. Là, il faut, lorsqu'on réagit à ce discours d'ouverture là, quand
même, considérer le fait qu'il s'agit du même gouvernement, même gouvernement
usé après huit ans qui nous amenait à Northvolt, qui nous a amenés à SAAQclic, qui
a tergiversé sur le troisième lien. C'est 80 % du Conseil des ministres
qui est le même.
Donc, il faut d'abord prendre un pas de
recul, puis se rappeler qu'il n'y a rien de nouveau, là, dans ce qui est en
train d'être présenté. On a des priorités qui sont énoncées, mais qui
ressemblent davantage à une plateforme, essentiellement. Parce que ça, c'est l'autre
aspect, il nous reste cinq semaines de travaux parlementaires, ce qui limite
grandement ce qu'on peut faire en termes législatifs puis en termes de
priorités aussi qu'on peut mettre en œuvre dans les cinq prochaines semaines.
Mais c'est certain qu'on ne va pas régler huit ans de gâchis caquiste avec cinq
semaines de travaux parlementaires, parce qu'il y aura un nouveau gouvernement
à l'automne prochain. Donc, ça, ce serait la première réaction que j'aurais à
proposer.
Évidemment, on va juger l'arbre à ses
fruits, mais les attentes sont grandes. C'est un gouvernement qui a prorogé
deux fois cette année. Nous, on était prêts à continuer le travail, il y a une
marchandise à livrer pour la population. Puis on a vraiment l'impression que la
CAQ, au cours des derniers mois, même la dernière année, est plus dans un plan
de communication pour essayer de récupérer les faveurs des électeurs, la
confiance des gens, alors que cette confiance-là, à notre avis, est tout à fait
brisée.
M. Arseneau : Quand il est
question de confiance, évidemment, elle s'effrite à chaque jour avec le
déploiement prochain du DSN, du Dossier de santé numérique où, encore aujourd'hui,
on a des révélations qui tendent à confirmer ce qu'on entend sur le terrain, c'est
qu'on n'est pas prêt à faire la transition dans les deux projets vitrines. Le
gouvernement et Santé Québec ont toujours rejeté les craintes qui avaient été
exprimées par les professionnels en soins, par les médecins, par les gens de...
des techniciens de laboratoire, les technologues, en disant : Écoutez, il
y a toujours une résistance au changement, puis on va s'y habituer, tout ça. Aujourd'hui,
les critiques viennent de l'interne. Ce sont les gens qui sont responsables du
déploiement et qui nous confirment qu'il y a des problèmes de sécurité qui ne
seront réglés que plusieurs semaines après la mise en œuvre du Dossier santé
numérique. C'est extrêmement inquiétant et ça va absolument à l'encontre de ce
que le commissaire Gallant avait comme... l'une de ses conclusions, à l'effet
que, dans le dossier SAAQclic, on avait mal mitigé les impacts du déploiement
et les questions de sécurité.
On a la vive impression aujourd'hui que le
seul sonneur d'alerte au sein du gouvernement, Gilles Bélanger, il a été démis
de ses fonctions. Et c'est peut-être lui qui avait raison. Donc, que l'on
veuille faire taire la voix du ministre responsable de la Cybersécurité et du Numérique,
qu'on le remplace, c'est de bien mauvais augure pour la suite des choses.
Alors, évidemment, on avait demandé, il y a quelques semaines, au gouvernement
de reconsidérer le déploiement pour le 9 mai. Aujourd'hui, on a une raison
supplémentaire de dire : Attention, il pourrait être plus sage, plus
prudent pour les usagers du système de santé... je le rappelle, il n'est pas
question de délivrer des permis de conduire ou des plaques d'immatriculation, il
est question de traitement, de suivi oncologique et tous les autres cas de
santé des Québécoises et des Québécois.
Et on n'a toujours pas, d'ailleurs, de
vision claire sur le ralentissement des opérations. On dit que, pendant une
période de deux ou trois semaines, il va y avoir des réductions de services de
l'ordre de 20 à 50 %. Mais quel est le plan de rétablissement pour la
continuité des soins et des traitements aux Québécoises, aux Québécois, aux
usagers essentiellement, là, de ces deux régions-là, qui attendent... qui
s'attendent à avoir des services en temps voulu pour... pour la santé.
Alors, nous, on pense qu'il serait encore
plus sage de suspendre le déploiement du dossier, compte tenu qu'à l'interne
les gens commencent à exprimer des doutes extrêmement sérieux par rapport à...
au projet, et ça, c'est sans compter les enquêtes de l'AMP et du fait que le
dossier a explosé en matière d'investissement, de dépassements de coûts, et
qu'on nous dit essentiellement que c'est le seul endroit où on déploiera le
système Epic, c'est dans ces deux centres-là, parce qu'il coûte trop cher,
parce qu'il est inadapté, parce qu'on n'a pas l'équipement pour le faire rouler
à travers l'ensemble des établissements du réseau.
Journaliste
: Là, on
parle des failles de cybersécurité qui n'auraient pas été comblées avant le
lancement, on attendrait dans les prochaines semaines. Santé Québec dit que
c'est des démarches résiduelles, si on veut. Gallant avait parlé de créer une
cellule à part pour la cybersécurité. Maintenant, il est sous la ministre
Duranceau. Est-ce que le gouvernement a les compétences pour gérer des projets
numériques?
M. Arseneau : Bien non. On
sait que le gouvernement n'a pas les compétences à l'heure actuelle, et,
malheureusement, il n'a pas tiré de conclusions... ou de leçons des conclusions
du rapport Gallant. Et on le voit aujourd'hui, puis c'est à peu près le même
modèle, le même pattern, si vous me passez l'expression On a une société d'État
qui dit : Coûte que coûte, il faut que j'avance, je m'y suis engagé, puis
le gouvernement n'a rien à voir là-dedans. Moi, j'y vais tête baissée, puis
vous allez voir, ça va fonctionner. C'est exactement ce qu'on a lu dans les
rapports, à la différence qu'à l'époque, pour SAAQclic, les gens du
gouvernement ont dit : Bien non, on n'était pas au courant de rien, on ne
savait pas lire les rapports, les napperons, on ne savait pas ce que ça
signifiait, et on a été mal informés, ainsi de suite.
Là, l'information de la part de la société
d'État semble avoir été transmise, mais cette information-là, est-ce qu'elle
provient de l'entreprise américaine qui dit : Bien, faites confiance à mon
système, ça va fonctionner. Qui sont les experts au gouvernement ou à Santé
Québec pour dire que ça va bien se passer, alors que des gens à l'interne
disent : Moi, j'ai un malaise. On est encore en train de discuter des
mesures de mitigation, puis les droits d'accès sont aussi compromis. Alors là,
on a un problème majeur.
Journaliste
: pour
incompétence, vous êtes un gouvernement en attente, qui doit gérer les projets
informatiques?
M. Arseneau : Mais on l'a dit
qu'il faut, il faut une équipe d'experts pour les projets informatiques. Et on
s'attendait à ce que la CAQ en développe une lorsque... Avant d'accéder au
pouvoir, souvenez-vous, M. Caire disait : On va régler le bordel
informatique.
Journaliste
: ...ou une
équipe d'experts formés d'entreprises privées? Il n'y en a pas d'expertise au
gouvernement, là, il n'y en a pas d'informaticiens, on a de la misère à les
garder. Vous faites quoi si vous prenez le pouvoir en octobre?
M. Arseneau : Il faut
absolument que l'État puisse contrôler lui-même ses projets informatiques. Il
faut qu'une équipe d'experts du gouvernement soit maître à bord, parce que les
enjeux sont beaucoup trop importants. La dépendance envers des entreprises,
notamment américaines, je n'ai pas besoin de vous raconter l'histoire du CLOUD
Act, justement, nous met à risque. Et tant et aussi longtemps qu'on devra se
livrer pieds et mains liés aux entreprises privées pour déployer les projets de
transition numérique, on aura un problème, un problème financier, un problème
de délai, un problème de dépendance, un problème de manque de contrôle sur les
données sensibles des Québécoises et des Québécois.
Journaliste
: ...on
annonce de l'argent pour aller chercher une équipe exceptionnelle.
M. Arseneau : La question
fondamentale, si vous me permettez, ce n'est pas une question d'argent, c'est
une question de gouvernance.
Journaliste
: Bien,
c'est un peu ça aussi, quand même.
M. Arseneau : Bien oui,
absolument, mais, parce qu'on a un bris en ce qui concerne la gouvernance et
l'administration de ces projets-là, on a une explosion des coûts, parce que,
dès qu'on a un enjeu, dès qu'on a un problème, dès qu'on a une question, on se
tourne vers l'entreprise privée qui dit : Bien, payez plus si vous voulez
aider les entreprises privées. Actuellement, c'est l'entreprise privée qui
encaisse.
Journaliste
: ...ce
n'est pas les entreprises privées, les ingénieurs en informatique du
gouvernement sont sous-payés, ils s'en vont au privé. Ils viennent se former au
Québec, ils partent dans le privé après. Alors, on fait quoi? Vous dites :
Non, on ne met pas plus d'argent, mais la gouvernance... Si vous ne les payez
pas plus, ils ne viendront pas.
M. Arseneau : Mais moi, je
poserais la question à savoir si, actuellement, c'est bien payant pour le
gouvernement d'aller au privé. Alors, s'il faut rehausser les conditions de
travail d'une équipe d'experts du gouvernement pour pouvoir avoir les compétences,
je pense qu'il n'y a pas un Québécois qui va s'y opposer parce qu'on aura le
service auquel on est en droit de s'attendre pour les... évidemment, les taxes
et les impôts qu'on paie...
Journaliste
: ...votre
chef a dit, à plusieurs reprises, que lui, il était pour la réduction
d'effectifs de l'État. Alors, il faudrait en ajouter des nouveaux pour cette
nouvelle expertise là?
M. Arseneau : Je ne
pense pas que mon chef ait dit qu'il était pour le recours au privé, la
réduction de la capacité de l'État de gérer ses données. Et il faudra, il
faudra évaluer ce que ça coûte pour s'assurer que l'État du Québec rende les
services auxquels les Québécois sont en droit de s'attendre, notamment les
services de santé, et opère enfin la transition numérique telle qu'elle doit
l'être. Parce que là, on nous propose un faux dilemme. On dit soit vous êtes
pour le fax ou pour l'avenir et la transition numérique coûte que coûte, peu
importe les risques de sécurité, voyons donc. La CAQ nous a habitués à des
travaux et des projets bâclés qui coûtent les yeux de la tête et qui ne
fonctionnent pas. Nous, on va mettre de l'ordre là-dedans. Et, effectivement,
il va falloir prendre des mesures pour que l'État puisse être maître à bord,
comme je le mentionnais. Puis, oui, ça va occasionner des coûts, mais des
gains, à moyen, long terme, extraordinaires. Parce que là, actuellement, on
voit que la méthode actuelle ne fonctionne tout simplement pas.
Journaliste
: Les
appels d'offres ont été dirigés pour favoriser une entreprise?
M. Arseneau : Bien, je
n'ai pas de preuves là-dessus. Mais souvenez-vous, lorsque le contrat a été
donné, en 2023, il y a des questions qui se sont posées là-dessus. Et qu'une
enquête soit en cours actuellement, je pense que c'est une bonne chose. On
attendra les résultats, mais les doutes avaient été soulevés à ce moment-là,
puis je rappelle ce que j'ai mentionné hier, c'est que là où le déploiement
s'est fait par Epic, là, ça n'a pas transformé de façon magistrale et positive
l'administration des soins de santé, là. Il y a bien des juridictions qui ont
regretté leur choix. Pourquoi le gouvernement du Québec a-t-il fait ce
choix-là? J'ose espérer que l'enquête nous permettra d'y voir plus clair. Mais
pourquoi, aujourd'hui, on apprête à larguer Epic et aller ailleurs et avec
quelles conséquences, là, sur le projet, qui est celui d'avoir un dossier
numérique, dans le réseau, qui suive le patient? Est-ce que ça aussi, c'est
compromis, à l'heure actuelle?
Journaliste
: Est-ce
qu'Alain Therrien a des chances contre Christine Fréchette dans Sanguinet?
M. Arseneau : Alors, moi,
je n'ai pas de confirmation à l'effet qu'on aura M. Therrien comme...
comme candidat. Mais on n'a pas d'annonce à faire ce matin. M. Therrien a
démontré sa capacité, sa pugnacité et son efficacité en tant que député du
Parti québécois, il y a quelques années, et également au fédéral. Alors,
évidemment que c'est une personne de grande qualité, un politicien redoutable
et surtout un gars à l'écoute de ses concitoyens. S'il décide de se joindre à
l'équipe du Parti québécois, on en sera très heureux.
Journaliste : Sur les
boissons énergétiques...
Journaliste
: ...le
discours d'ouverture, là. Hier, il y a l'annonce... il y a eu l'annonce de
plusieurs projets de loi à venir. Il y a déjà une dizaine de projets de loi
déjà à l'étude du gouvernement. Est-ce que le gouvernement a une attente... a
des attentes démesurées quant à son programme législatif, dans la mesure où il
y a cinq semaines de travaux parlementaires, dont deux d'étude des crédits?
M. Arseneau : Oui, bien,
Alex a mentionné, tout à l'heure... Tu sais, je pense que le gouvernement
présente, en quelque part, là, le bilan de ses échecs en matière législative.
Tu sais, si on regarde le discours de la première ministre, hier, c'est :
Voici tout ce que j'aurais dû faire. Voici tout ce qu'on aurait pu faire, au
gouvernement de la CAQ, depuis quatre ans, depuis huit ans, et qu'on vous
présente comme nouvelle plateforme pour les cinq prochaines semaines ou pour
les quatre prochaines années. Évidemment que ce n'est pas réaliste. Il y a des
projets de loi sur lesquels on va probablement pouvoir s'entendre pour
accélérer la procédure, notamment sur la carte électorale, la loi, ce qu'on
appelle la loi de Clare, qui devrait être déposée aujourd'hui. On a eu une
rencontre d'information, hier, là-dessus, et on s'est rendu compte qu'on avait
à peine une vingtaine d'heures pour faire le tour de la question, puis on ne
peut pas faire n'importe quoi avec des projets de loi comme ceux-là. Et notre
vis-à-vis, puis je ne veux pas révéler, là, des... des conversations privées,
mais tout le monde a convenu que le temps était court pour procéder, mais la
volonté est là. Et est-ce que cet exercice-là pourra être mené pour plusieurs
projets de loi? Bien, il y en a au moins deux que je peux vous nommer, pour les
autres, on verra si ça va prendre une très grande flexibilité de la part du
gouvernement et des partis d'opposition pour adopter des lois qui sont
nécessaires et urgentes pour le Québec, pour la population.
Journaliste
: ...
M. Arseneau : Oui,
absolument. Nous, ce qu'on a dit, depuis le départ, c'est que même si le
gouvernement nous a fait perdre cinq semaines de travaux parlementaires pour
soigner sa base et essayer de se relancer, d'abord en septembre puis plus
récemment, donc, privilégier les intérêts partisans de la CAQ plutôt que
l'intérêt de la population. Aujourd'hui, là, si on peut améliorer un certain
nombre de lois ou améliorer le cadre de vie des Québécoises et Québécois, on va
le faire dans le temps qui nous est imparti.
Journaliste
: ...sur le
projet de loi P-38, P-38, est-ce que c'est jouable, vous pensez?
M. Arseneau : P-38, nous,
on avait demandé au gouvernement de déposer ce projet de loi de façon urgente.
On a vu que le rapport qui a été déposé a dormi sur les tablettes pendant
beaucoup trop longtemps. D'ailleurs, on attend toujours le dépôt d'une synthèse
d'un rapport qui avait été demandé par le ministre Carmant, si je me souviens
bien. Alors, je vous dirais qu'on fonctionne à pas de tortue dans ce
dossier-là. Et je crois que c'est un... c'est un projet de loi qui comporte
70 articles et qui touche notamment aux droits fondamentaux de... de la
population. Alors, c'est complexe. Moi, je souhaite qu'on puisse passer au
travers, mais actuellement je n'ai pas d'indication à l'effet qu'on va pouvoir
le faire dans la mesure où les... les positions sont très, très, très campées,
contradictoires souvent, puis il faut une approche nuancée, et ça,
habituellement, ça prend du temps pour faire des... des lois qui sont justes,
qui sont équitables, puis qui sont...
Journaliste : Et, dans vos
rencontres hier, est-ce que vous... il a été question de la Constitution et de
la main tendue de Mme Fréchette hier, en disant qu'elle tendait la main
aux oppositions pour s'entendre et faire passer une constitution, la
Constitution, le projet de Constitution?
M. Arseneau : La main tendue
pour la... la Constitution. Écoutez, moi, j'ai entendu plutôt le ministre
Jolin-Barrette dire qu'il se satisfaisait de l'appui de Maïté Blanchette
Vézina.
Journaliste : ...a dit hier,
en fin d'après-midi.
M. Arseneau : Bien, ça pose
la question : Qui est le souverain responsable de la Constitution?
Journaliste : Attendez, la
première ministre, c'est... c'est Mme Fréchette, à ce que je sache. Puis
elle, hier, a tendu la main aux partis d'opposition en disant : Je vous
tends la main, puis ça prend de l'adhésion pour ça. Alors, est-ce que vous
allez accepter cette main tendue? Est-ce qu'il y a une ouverture?
M. Arseneau : Respectueusement,
si le gouvernement n'arrive pas à s'entendre à l'interne, à savoir si on se
satisfait de l'appui du Parti conservateur ou si on tend la main à l'ensemble
des partis, c'est leur problème. Ils ont un problème non seulement de
communication, ils ont un problème politique. On sait que la première ministre
a peu d'intérêt pour le projet de Jolin-Barrette, mais elle veut quand même essayer
de conserver avec elle le groupe des bleus et qui est représenté évidemment par
M. Jolin-Barrette. Alors, nous, on ne rentrera pas dans ce jeu-là, là, de,
je dirais, d'alliance à l'intérieur d'un gouvernement qui est divisé. Nous, on
n'a pas d'ouverture, pour répondre très clairement, là, on ne va pas jouer dans
ce film-là. On sait déjà que le processus a été bâclé, que ce projet-là ne peut
pas être rassembleur de la façon dont il a été mené. Alors, c'est nul et non
avenu pour ce qui...
Journaliste : Si ça amène
jusqu'au vote, vous voterez non.
M. Arseneau : Absolument,
mais à moins qu'il décide d'aller en bâillon, c'est une autre option qui serait
à rejeter.
Journaliste : Sur les
boissons énergétiques, juste un petit mot. L'Ordre des pharmaciens vient de
recommander d'enlever les boissons dans les pharmacies. Familiprix va enlever
les boissons énergétiques. Est-ce que vous vous attendez à ce qu'un projet de
loi de la part de Christine Fréchette qui soit déposé? Est-ce que c'est urgent
d'en déposer un?
M. Arseneau : Est-ce que
c'est urgent? Probablement pas. À l'échelle des urgences planétaires,
probablement non. Mais on peut avancer dans ce sens-là. On a eu une rencontre
d'ailleurs transpartisane sur ce dossier-là avec Mme Bélanger, qui nous a
dit qu'elle déposerait une... son avis d'intention. Il y a des mesures
législatives qui faisaient partie d'un rapport qui a été rédigé, dont on ne
connaît pas, justement, encore les conclusions, mais l'objectif de tous les
partis, c'est d'avancer. Puis on savait que l'Ordre des pharmaciens et
l'association des pharmaciens étaient sensibles à la question. C'est un geste
de bonne volonté, c'est un geste qu'il fallait poser. C'est une première étape.
Est-ce qu'on ira jusqu'à un projet législatif? Moi, j'ai l'impression qu'on n'a
pas le temps de le faire, de le faire correctement. Mais si le gouvernement
souhaite y aller, on va collaborer.
Journaliste :
On the on the digital health records
pilot project. After the Gallant commission, in his report, there was this
recommendation of centralizing all the… the operations for that kind of
projects. And Miss Duranceau was in charge of a committee put in place by Mr.
Legault to follow up on those recommendations. So, do you know what happened with
those recommendations?
M. Arseneau :
We have absolutely no idea what
happened after the Gallant report. What we know is the government is now
ignoring completely the recommendations of the Gallant commission. And, you
know, we don't know who's… who's in charge right now, because Santé Québec
says: well, it's none of the government's business. But the government has to
look after, you know, our public funds and make sure that the health of
Quebeckers is protected. And that's what's at stake, actually, right now. And
when a Premier Fréchette said : You know, we may tolerate a few computer
bugs in the system for a few weeks, that's not what it's about. It's about the
health of the population and treatment, cancer treatment and so on. So, why did
they put forward a commission and not take lessons from the report to apply to
a project that it's even more…
Journaliste
: Sensitive.
M. Arseneau : …sensitive and it's riskier than the SAAQclic fiasco?
Journaliste :
And regarding the bill that Minister
Roberge will tabled today to renew the notwithstanding clause on Bill 96, if I
remember well, when he renewed the notwithstanding clause on Bill 21, it was at
hot room, it was a formality, but today it's the first bill of the Fréchette
government, there's a press conference in the Evelyn-Dumas, it's a way more formal than for Bill 21. Why do you think it's
that way?
M.
Boissonneault :
Well, it shows you how political this issue is. It's a political
strategy. We didn't have to renew that disposition until next year. And now
what we're seeing is that we have a government trying to play a political game
with that disposition, because they're trying to differentiate themselves from
the Liberal Party. That's a technique of the red camp in this National
Assembly. In fact, what we're seeing is that this is the bare minimum you can
do as a government to renew such a disposition to make sure that we protect
French. If it would have been the opposite, it would have been something
completely different. Then, we would have been the first to actually go out and
say how inacceptable it is. But to make it the first project that we're
presenting like this, in a formal way, as you said, says much about how the
government is right now trying to play a communication game.
Journaliste :
Just on the digital health platform,
what do you fear about this launch coming up this weekend? What do you… What's
your fear about what could happen?
M. Arseneau : We fear about the continuation of health… health services in these
two regions. Basically, we feel that, if it's not done the right way, we'll
just going to… we're just going to have people fall into the cracks of the
system. And that's… that's our biggest fear. Of course, there is the data
protection, but it's the protection of people's health and health services that
we are concerned with. If it were any other part, any… any other sector of the
government, we could possibly tolerate a 10%, 15%, you know, of, you know,
uncertainty because it's administrative. But, in this case, it's… it's a
question of health and well-being of our population, and we cannot tolerate
that. You know, we put at risk the health of… and the security and the life of
our fellow Quebeckers. That's
what we're really concerned with it… Do you have any other question or…
Journaliste
: …
M. Arseneau : Yes, go ahead.
Journaliste :
I just when to come to the energy
drinks. So, about 35,000 people had signed this petition that ended yesterday.
I know there's a lot of bills to pass. So, how much of a priority are you
hoping that the government will take on this?
M. Arseneau :
Yes. We said that we agreed with a
certain number of measures, and we don't have a clear idea as to whether a law
can be implemented, and be effective, and be adopted before the end of this
session.
I'll give you an example.
When we talked about vape, the, you know, vaping and the savors… the flavors,
you know, there was a law passed, and implementing the law was… was a real… a
real issue, was a real problem. Even at this point in time, we hear that, you
know, it didn't solve the problem.
So, we have to do the
work the right way. And we're very open to, you know, solutions that will work
out, but we don't want to jump the gun or jump the different steps. I had a
meeting with the parents of this guy who… this young fellow who died of a heart
attack after taking an energy drink in… when he was skiing. And it is a major
issue, it is a tragedy, and we want to act upon it. And I think there is more
to it than strictly legislative measures that can change the situation. And
having the pharmacists, you know, move on on this issue is a first step. And,
of course, if we can... we can go further, we will.
Je voudrais juste
ajouter, j'ai peut-être été confus tout à l'heure sur la question du P-38. J'ai
confondu avec le rapport sur les boissons énergisantes. En fait, le P-38, un
rapport a été déposé sur la question. Et, en fait, le gouvernement a écarté les
recommandations pour aller de l'avant parce que le rapport de l'institut ne
recommandait pas d'élargir l'application de la P-38, ce qui fait qu'il y a
quand même des positions qui sont diamétralement opposées. Alors, on a toute
l'information, mais il faut l'appréhender avec nuance. Alors que, pour les
boissons énergisantes, là, on est encore en attente des mesures législatives
qui ont été mises de l'avant par un comité d'experts pour savoir si elles sont
applicables et si on peut le faire dans le temps qui nous est imparti,
c'est-à-dire les cinq prochaines semaines. Je suis désolé de la confusion. J'ai
confondu les deux dossiers. Merci. Au revoir.
M. Boissonneault : Merci.
(Fin à 8 h 28)