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Point de presse de M. Alex Boissonneault, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière d’immigration, d’intégration et de francisation, et M. Joël Arseneau, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de santé, de services sociaux et de soins à domicile

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Wednesday, May 6, 2026, 8 h

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Huit heures trois minutes)

M. Boissonneault : Bon là, premièrement, vous allez excuser ma voix, parce que vous allez entendre, là, j'ai plus une voix Leonard Cohen aujourd'hui, là. Probablement que j'ai eu trop de plaisir au dernier match des Canadiens. Donc, je vais faire ce que je peux avec ma voix éraillée.

Bien, la première chose que j'aimerais faire, c'est un peu revenir sur le discours d'ouverture de la nouvelle première ministre, en ramenant une dose de réel dans ce qui est, ce qui est dit en ce moment. Pendant un certain nombre de semaines, la première ministre Christine Fréchette s'est présentée comme la nouvelle première ministre, comme si elle avait remporté des élections générales. Elle parlait d'un vent d'air frais, d'un vent nouveau. Là, il faut, lorsqu'on réagit à ce discours d'ouverture là, quand même, considérer le fait qu'il s'agit du même gouvernement, même gouvernement usé après huit ans qui nous amenait à Northvolt, qui nous a amenés à SAAQclic, qui a tergiversé sur le troisième lien. C'est 80 % du Conseil des ministres qui est le même.

Donc, il faut d'abord prendre un pas de recul, puis se rappeler qu'il n'y a rien de nouveau, là, dans ce qui est en train d'être présenté. On a des priorités qui sont énoncées, mais qui ressemblent davantage à une plateforme, essentiellement. Parce que ça, c'est l'autre aspect, il nous reste cinq semaines de travaux parlementaires, ce qui limite grandement ce qu'on peut faire en termes législatifs puis en termes de priorités aussi qu'on peut mettre en œuvre dans les cinq prochaines semaines. Mais c'est certain qu'on ne va pas régler huit ans de gâchis caquiste avec cinq semaines de travaux parlementaires, parce qu'il y aura un nouveau gouvernement à l'automne prochain. Donc, ça, ce serait la première réaction que j'aurais à proposer.

Évidemment, on va juger l'arbre à ses fruits, mais les attentes sont grandes. C'est un gouvernement qui a prorogé deux fois cette année. Nous, on était prêts à continuer le travail, il y a une marchandise à livrer pour la population. Puis on a vraiment l'impression que la CAQ, au cours des derniers mois, même la dernière année, est plus dans un plan de communication pour essayer de récupérer les faveurs des électeurs, la confiance des gens, alors que cette confiance-là, à notre avis, est tout à fait brisée.

M. Arseneau : Quand il est question de confiance, évidemment, elle s'effrite à chaque jour avec le déploiement prochain du DSN, du Dossier de santé numérique où, encore aujourd'hui, on a des révélations qui tendent à confirmer ce qu'on entend sur le terrain, c'est qu'on n'est pas prêt à faire la transition dans les deux projets vitrines. Le gouvernement et Santé Québec ont toujours rejeté les craintes qui avaient été exprimées par les professionnels en soins, par les médecins, par les gens de... des techniciens de laboratoire, les technologues, en disant : Écoutez, il y a toujours une résistance au changement, puis on va s'y habituer, tout ça. Aujourd'hui, les critiques viennent de l'interne. Ce sont les gens qui sont responsables du déploiement et qui nous confirment qu'il y a des problèmes de sécurité qui ne seront réglés que plusieurs semaines après la mise en œuvre du Dossier santé numérique. C'est extrêmement inquiétant et ça va absolument à l'encontre de ce que le commissaire Gallant avait comme... l'une de ses conclusions, à l'effet que, dans le dossier SAAQclic, on avait mal mitigé les impacts du déploiement et les questions de sécurité.

On a la vive impression aujourd'hui que le seul sonneur d'alerte au sein du gouvernement, Gilles Bélanger, il a été démis de ses fonctions. Et c'est peut-être lui qui avait raison. Donc, que l'on veuille faire taire la voix du ministre responsable de la Cybersécurité et du Numérique, qu'on le remplace, c'est de bien mauvais augure pour la suite des choses. Alors, évidemment, on avait demandé, il y a quelques semaines, au gouvernement de reconsidérer le déploiement pour le 9 mai. Aujourd'hui, on a une raison supplémentaire de dire : Attention, il pourrait être plus sage, plus prudent pour les usagers du système de santé... je le rappelle, il n'est pas question de délivrer des permis de conduire ou des plaques d'immatriculation, il est question de traitement, de suivi oncologique et tous les autres cas de santé des Québécoises et des Québécois.

Et on n'a toujours pas, d'ailleurs, de vision claire sur le ralentissement des opérations. On dit que, pendant une période de deux ou trois semaines, il va y avoir des réductions de services de l'ordre de 20 à 50 %. Mais quel est le plan de rétablissement pour la continuité des soins et des traitements aux Québécoises, aux Québécois, aux usagers essentiellement, là, de ces deux régions-là, qui attendent... qui s'attendent à avoir des services en temps voulu pour... pour la santé.

Alors, nous, on pense qu'il serait encore plus sage de suspendre le déploiement du dossier, compte tenu qu'à l'interne les gens commencent à exprimer des doutes extrêmement sérieux par rapport à... au projet, et ça, c'est sans compter les enquêtes de l'AMP et du fait que le dossier a explosé en matière d'investissement, de dépassements de coûts, et qu'on nous dit essentiellement que c'est le seul endroit où on déploiera le système Epic, c'est dans ces deux centres-là, parce qu'il coûte trop cher, parce qu'il est inadapté, parce qu'on n'a pas l'équipement pour le faire rouler à travers l'ensemble des établissements du réseau.

Journaliste : Là, on parle des failles de cybersécurité qui n'auraient pas été comblées avant le lancement, on attendrait dans les prochaines semaines. Santé Québec dit que c'est des démarches résiduelles, si on veut. Gallant avait parlé de créer une cellule à part pour la cybersécurité. Maintenant, il est sous la ministre Duranceau. Est-ce que le gouvernement a les compétences pour gérer des projets numériques?

M. Arseneau : Bien non. On sait que le gouvernement n'a pas les compétences à l'heure actuelle, et, malheureusement, il n'a pas tiré de conclusions... ou de leçons des conclusions du rapport Gallant. Et on le voit aujourd'hui, puis c'est à peu près le même modèle, le même pattern, si vous me passez l'expression On a une société d'État qui dit : Coûte que coûte, il faut que j'avance, je m'y suis engagé, puis le gouvernement n'a rien à voir là-dedans. Moi, j'y vais tête baissée, puis vous allez voir, ça va fonctionner. C'est exactement ce qu'on a lu dans les rapports, à la différence qu'à l'époque, pour SAAQclic, les gens du gouvernement ont dit : Bien non, on n'était pas au courant de rien, on ne savait pas lire les rapports, les napperons, on ne savait pas ce que ça signifiait, et on a été mal informés, ainsi de suite.

Là, l'information de la part de la société d'État semble avoir été transmise, mais cette information-là, est-ce qu'elle provient de l'entreprise américaine qui dit : Bien, faites confiance à mon système, ça va fonctionner. Qui sont les experts au gouvernement ou à Santé Québec pour dire que ça va bien se passer, alors que des gens à l'interne disent : Moi, j'ai un malaise. On est encore en train de discuter des mesures de mitigation, puis les droits d'accès sont aussi compromis. Alors là, on a un problème majeur.

Journaliste : pour incompétence, vous êtes un gouvernement en attente, qui doit gérer les projets informatiques?

M. Arseneau : Mais on l'a dit qu'il faut, il faut une équipe d'experts pour les projets informatiques. Et on s'attendait à ce que la CAQ en développe une lorsque... Avant d'accéder au pouvoir, souvenez-vous, M. Caire disait : On va régler le bordel informatique.

Journaliste : ...ou une équipe d'experts formés d'entreprises privées? Il n'y en a pas d'expertise au gouvernement, là, il n'y en a pas d'informaticiens, on a de la misère à les garder. Vous faites quoi si vous prenez le pouvoir en octobre?

M. Arseneau : Il faut absolument que l'État puisse contrôler lui-même ses projets informatiques. Il faut qu'une équipe d'experts du gouvernement soit maître à bord, parce que les enjeux sont beaucoup trop importants. La dépendance envers des entreprises, notamment américaines, je n'ai pas besoin de vous raconter l'histoire du CLOUD Act, justement, nous met à risque. Et tant et aussi longtemps qu'on devra se livrer pieds et mains liés aux entreprises privées pour déployer les projets de transition numérique, on aura un problème, un problème financier, un problème de délai, un problème de dépendance, un problème de manque de contrôle sur les données sensibles des Québécoises et des Québécois.

Journaliste : ...on annonce de l'argent pour aller chercher une équipe exceptionnelle. 

M. Arseneau : La question fondamentale, si vous me permettez, ce n'est pas une question d'argent, c'est une question de gouvernance.

Journaliste : Bien, c'est un peu ça aussi, quand même.

M. Arseneau : Bien oui, absolument, mais, parce qu'on a un bris en ce qui concerne la gouvernance et l'administration de ces projets-là, on a une explosion des coûts, parce que, dès qu'on a un enjeu, dès qu'on a un problème, dès qu'on a une question, on se tourne vers l'entreprise privée qui dit : Bien, payez plus si vous voulez aider les entreprises privées. Actuellement, c'est l'entreprise privée qui encaisse.

Journaliste : ...ce n'est pas les entreprises privées, les ingénieurs en informatique du gouvernement sont sous-payés, ils s'en vont au privé. Ils viennent se former au Québec, ils partent dans le privé après. Alors, on fait quoi? Vous dites : Non, on ne met pas plus d'argent, mais la gouvernance... Si vous ne les payez pas plus, ils ne viendront pas.

M. Arseneau : Mais moi, je poserais la question à savoir si, actuellement, c'est bien payant pour le gouvernement d'aller au privé. Alors, s'il faut rehausser les conditions de travail d'une équipe d'experts du gouvernement pour pouvoir avoir les compétences, je pense qu'il n'y a pas un Québécois qui va s'y opposer parce qu'on aura le service auquel on est en droit de s'attendre pour les... évidemment, les taxes et les impôts qu'on paie...

Journaliste : ...votre chef a dit, à plusieurs reprises, que lui, il était pour la réduction d'effectifs de l'État. Alors, il faudrait en ajouter des nouveaux pour cette nouvelle expertise là?

M. Arseneau : Je ne pense pas que mon chef ait dit qu'il était pour le recours au privé, la réduction de la capacité de l'État de gérer ses données. Et il faudra, il faudra évaluer ce que ça coûte pour s'assurer que l'État du Québec rende les services auxquels les Québécois sont en droit de s'attendre, notamment les services de santé, et opère enfin la transition numérique telle qu'elle doit l'être. Parce que là, on nous propose un faux dilemme. On dit soit vous êtes pour le fax ou pour l'avenir et la transition numérique coûte que coûte, peu importe les risques de sécurité, voyons donc. La CAQ nous a habitués à des travaux et des projets bâclés qui coûtent les yeux de la tête et qui ne fonctionnent pas. Nous, on va mettre de l'ordre là-dedans. Et, effectivement, il va falloir prendre des mesures pour que l'État puisse être maître à bord, comme je le mentionnais. Puis, oui, ça va occasionner des coûts, mais des gains, à moyen, long terme, extraordinaires. Parce que là, actuellement, on voit que la méthode actuelle ne fonctionne tout simplement pas.

Journaliste : Les appels d'offres ont été dirigés pour favoriser une entreprise?

M. Arseneau : Bien, je n'ai pas de preuves là-dessus. Mais souvenez-vous, lorsque le contrat a été donné, en 2023, il y a des questions qui se sont posées là-dessus. Et qu'une enquête soit en cours actuellement, je pense que c'est une bonne chose. On attendra les résultats, mais les doutes avaient été soulevés à ce moment-là, puis je rappelle ce que j'ai mentionné hier, c'est que là où le déploiement s'est fait par Epic, là, ça n'a pas transformé de façon magistrale et positive l'administration des soins de santé, là. Il y a bien des juridictions qui ont regretté leur choix. Pourquoi le gouvernement du Québec a-t-il fait ce choix-là? J'ose espérer que l'enquête nous permettra d'y voir plus clair. Mais pourquoi, aujourd'hui, on apprête à larguer Epic et aller ailleurs et avec quelles conséquences, là, sur le projet, qui est celui d'avoir un dossier numérique, dans le réseau, qui suive le patient? Est-ce que ça aussi, c'est compromis, à l'heure actuelle?

Journaliste : Est-ce qu'Alain Therrien a des chances contre Christine Fréchette dans Sanguinet?

M. Arseneau : Alors, moi, je n'ai pas de confirmation à l'effet qu'on aura M. Therrien comme... comme candidat. Mais on n'a pas d'annonce à faire ce matin. M. Therrien a démontré sa capacité, sa pugnacité et son efficacité en tant que député du Parti québécois, il y a quelques années, et également au fédéral. Alors, évidemment que c'est une personne de grande qualité, un politicien redoutable et surtout un gars à l'écoute de ses concitoyens. S'il décide de se joindre à l'équipe du Parti québécois, on en sera très heureux.

Journaliste : Sur les boissons énergétiques...

Journaliste : ...le discours d'ouverture, là. Hier, il y a l'annonce... il y a eu l'annonce de plusieurs projets de loi à venir. Il y a déjà une dizaine de projets de loi déjà à l'étude du gouvernement. Est-ce que le gouvernement a une attente... a des attentes démesurées quant à son programme législatif, dans la mesure où il y a cinq semaines de travaux parlementaires, dont deux d'étude des crédits?

M. Arseneau : Oui, bien, Alex a mentionné, tout à l'heure... Tu sais, je pense que le gouvernement présente, en quelque part, là, le bilan de ses échecs en matière législative. Tu sais, si on regarde le discours de la première ministre, hier, c'est : Voici tout ce que j'aurais dû faire. Voici tout ce qu'on aurait pu faire, au gouvernement de la CAQ, depuis quatre ans, depuis huit ans, et qu'on vous présente comme nouvelle plateforme pour les cinq prochaines semaines ou pour les quatre prochaines années. Évidemment que ce n'est pas réaliste. Il y a des projets de loi sur lesquels on va probablement pouvoir s'entendre pour accélérer la procédure, notamment sur la carte électorale, la loi, ce qu'on appelle la loi de Clare, qui devrait être déposée aujourd'hui. On a eu une rencontre d'information, hier, là-dessus, et on s'est rendu compte qu'on avait à peine une vingtaine d'heures pour faire le tour de la question, puis on ne peut pas faire n'importe quoi avec des projets de loi comme ceux-là. Et notre vis-à-vis, puis je ne veux pas révéler, là, des... des conversations privées, mais tout le monde a convenu que le temps était court pour procéder, mais la volonté est là. Et est-ce que cet exercice-là pourra être mené pour plusieurs projets de loi? Bien, il y en a au moins deux que je peux vous nommer, pour les autres, on verra si ça va prendre une très grande flexibilité de la part du gouvernement et des partis d'opposition pour adopter des lois qui sont nécessaires et urgentes pour le Québec, pour la population.

Journaliste : ...

M. Arseneau : Oui, absolument. Nous, ce qu'on a dit, depuis le départ, c'est que même si le gouvernement nous a fait perdre cinq semaines de travaux parlementaires pour soigner sa base et essayer de se relancer, d'abord en septembre puis plus récemment, donc, privilégier les intérêts partisans de la CAQ plutôt que l'intérêt de la population. Aujourd'hui, là, si on peut améliorer un certain nombre de lois ou améliorer le cadre de vie des Québécoises et Québécois, on va le faire dans le temps qui nous est imparti.

Journaliste : ...sur le projet de loi P-38, P-38, est-ce que c'est jouable, vous pensez?

M. Arseneau : P-38, nous, on avait demandé au gouvernement de déposer ce projet de loi de façon urgente. On a vu que le rapport qui a été déposé a dormi sur les tablettes pendant beaucoup trop longtemps. D'ailleurs, on attend toujours le dépôt d'une synthèse d'un rapport qui avait été demandé par le ministre Carmant, si je me souviens bien. Alors, je vous dirais qu'on fonctionne à pas de tortue dans ce dossier-là. Et je crois que c'est un... c'est un projet de loi qui comporte 70 articles et qui touche notamment aux droits fondamentaux de... de la population. Alors, c'est complexe. Moi, je souhaite qu'on puisse passer au travers, mais actuellement je n'ai pas d'indication à l'effet qu'on va pouvoir le faire dans la mesure où les... les positions sont très, très, très campées, contradictoires souvent, puis il faut une approche nuancée, et ça, habituellement, ça prend du temps pour faire des... des lois qui sont justes, qui sont équitables, puis qui sont...

Journaliste : Et, dans vos rencontres hier, est-ce que vous... il a été question de la Constitution et de la main tendue de Mme Fréchette hier, en disant qu'elle tendait la main aux oppositions pour s'entendre et faire passer une constitution, la Constitution, le projet de Constitution?

M. Arseneau : La main tendue pour la... la Constitution. Écoutez, moi, j'ai entendu plutôt le ministre Jolin-Barrette dire qu'il se satisfaisait de l'appui de Maïté Blanchette Vézina.

Journaliste : ...a dit hier, en fin d'après-midi.

M. Arseneau : Bien, ça pose la question : Qui est le souverain responsable de la Constitution?

Journaliste : Attendez, la première ministre, c'est... c'est Mme Fréchette, à ce que je sache. Puis elle, hier, a tendu la main aux partis d'opposition en disant : Je vous tends la main, puis ça prend de l'adhésion pour ça. Alors, est-ce que vous allez accepter cette main tendue? Est-ce qu'il y a une ouverture?

M. Arseneau : Respectueusement, si le gouvernement n'arrive pas à s'entendre à l'interne, à savoir si on se satisfait de l'appui du Parti conservateur ou si on tend la main à l'ensemble des partis, c'est leur problème. Ils ont un problème non seulement de communication, ils ont un problème politique. On sait que la première ministre a peu d'intérêt pour le projet de Jolin-Barrette, mais elle veut quand même essayer de conserver avec elle le groupe des bleus et qui est représenté évidemment par M. Jolin-Barrette. Alors, nous, on ne rentrera pas dans ce jeu-là, là, de, je dirais, d'alliance à l'intérieur d'un gouvernement qui est divisé. Nous, on n'a pas d'ouverture, pour répondre très clairement, là, on ne va pas jouer dans ce film-là. On sait déjà que le processus a été bâclé, que ce projet-là ne peut pas être rassembleur de la façon dont il a été mené. Alors, c'est nul et non avenu pour ce qui...

Journaliste : Si ça amène jusqu'au vote, vous voterez non.

M. Arseneau : Absolument, mais à moins qu'il décide d'aller en bâillon, c'est une autre option qui serait à rejeter.

Journaliste : Sur les boissons énergétiques, juste un petit mot. L'Ordre des pharmaciens vient de recommander d'enlever les boissons dans les pharmacies. Familiprix va enlever les boissons énergétiques. Est-ce que vous vous attendez à ce qu'un projet de loi de la part de Christine Fréchette qui soit déposé? Est-ce que c'est urgent d'en déposer un?

M. Arseneau : Est-ce que c'est urgent? Probablement pas. À l'échelle des urgences planétaires, probablement non. Mais on peut avancer dans ce sens-là. On a eu une rencontre d'ailleurs transpartisane sur ce dossier-là avec Mme Bélanger, qui nous a dit qu'elle déposerait une... son avis d'intention. Il y a des mesures législatives qui faisaient partie d'un rapport qui a été rédigé, dont on ne connaît pas, justement, encore les conclusions, mais l'objectif de tous les partis, c'est d'avancer. Puis on savait que l'Ordre des pharmaciens et l'association des pharmaciens étaient sensibles à la question. C'est un geste de bonne volonté, c'est un geste qu'il fallait poser. C'est une première étape. Est-ce qu'on ira jusqu'à un projet législatif? Moi, j'ai l'impression qu'on n'a pas le temps de le faire, de le faire correctement. Mais si le gouvernement souhaite y aller, on va collaborer.

Journaliste : On the on the digital health records pilot project. After the Gallant commission, in his report, there was this recommendation of centralizing all the… the operations for that kind of projects. And Miss Duranceau was in charge of a committee put in place by Mr. Legault to follow up on those recommendations. So, do you know what happened with those recommendations?

M. Arseneau : We have absolutely no idea what happened after the Gallant report. What we know is the government is now ignoring completely the recommendations of the Gallant commission. And, you know, we don't know who's… who's in charge right now, because Santé Québec says: well, it's none of the government's business. But the government has to look after, you know, our public funds and make sure that the health of Quebeckers is protected. And that's what's at stake, actually, right now. And when a Premier Fréchette said : You know, we may tolerate a few computer bugs in the system for a few weeks, that's not what it's about. It's about the health of the population and treatment, cancer treatment and so on. So, why did they put forward a commission and not take lessons from the report to apply to a project that it's even more…

Journaliste : Sensitive.

M. Arseneau : …sensitive and it's riskier than the SAAQclic fiasco?

Journaliste : And regarding the bill that Minister Roberge will tabled today to renew the notwithstanding clause on Bill 96, if I remember well, when he renewed the notwithstanding clause on Bill 21, it was at hot room, it was a formality, but today it's the first bill of the Fréchette government, there's a press conference in the Evelyn-Dumas, it's a way more formal than for Bill 21. Why do you think it's that way?

M. Boissonneault : Well, it shows you how political this issue is. It's a political strategy. We didn't have to renew that disposition until next year. And now what we're seeing is that we have a government trying to play a political game with that disposition, because they're trying to differentiate themselves from the Liberal Party. That's a technique of the red camp in this National Assembly. In fact, what we're seeing is that this is the bare minimum you can do as a government to renew such a disposition to make sure that we protect French. If it would have been the opposite, it would have been something completely different. Then, we would have been the first to actually go out and say how inacceptable it is. But to make it the first project that we're presenting like this, in a formal way, as you said, says much about how the government is right now trying to play a communication game.

Journaliste : Just on the digital health platform, what do you fear about this launch coming up this weekend? What do you… What's your fear about what could happen?

M. Arseneau : We fear about the continuation of health… health services in these two regions. Basically, we feel that, if it's not done the right way, we'll just going to… we're just going to have people fall into the cracks of the system. And that's… that's our biggest fear. Of course, there is the data protection, but it's the protection of people's health and health services that we are concerned with. If it were any other part, any… any other sector of the government, we could possibly tolerate a 10%, 15%, you know, of, you know, uncertainty because it's administrative. But, in this case, it's… it's a question of health and well-being of our population, and we cannot tolerate that. You know, we put at risk the health of… and the security and the life of our fellow Quebeckers. That's what we're really concerned with it… Do you have any other question or…

Journaliste :

M. Arseneau :  Yes, go ahead.

Journaliste : I just when to come to the energy drinks. So, about 35,000 people had signed this petition that ended yesterday. I know there's a lot of bills to pass. So, how much of a priority are you hoping that the government will take on this?

M. Arseneau : Yes. We said that we agreed with a certain number of measures, and we don't have a clear idea as to whether a law can be implemented, and be effective, and be adopted before the end of this session.

I'll give you an example. When we talked about vape, the, you know, vaping and the savors… the flavors, you know, there was a law passed, and implementing the law was… was a real… a real issue, was a real problem. Even at this point in time, we hear that, you know, it didn't solve the problem.

So, we have to do the work the right way. And we're very open to, you know, solutions that will work out, but we don't want to jump the gun or jump the different steps. I had a meeting with the parents of this guy who… this young fellow who died of a heart attack after taking an energy drink in… when he was skiing. And it is a major issue, it is a tragedy, and we want to act upon it. And I think there is more to it than strictly legislative measures that can change the situation. And having the pharmacists, you know, move on on this issue is a first step. And, of course, if we can... we can go further, we will.

Je voudrais juste ajouter, j'ai peut-être été confus tout à l'heure sur la question du P-38. J'ai confondu avec le rapport sur les boissons énergisantes. En fait, le P-38, un rapport a été déposé sur la question. Et, en fait, le gouvernement a écarté les recommandations pour aller de l'avant parce que le rapport de l'institut ne recommandait pas d'élargir l'application de la P-38, ce qui fait qu'il y a quand même des positions qui sont diamétralement opposées. Alors, on a toute l'information, mais il faut l'appréhender avec nuance. Alors que, pour les boissons énergisantes, là, on est encore en attente des mesures législatives qui ont été mises de l'avant par un comité d'experts pour savoir si elles sont applicables et si on peut le faire dans le temps qui nous est imparti, c'est-à-dire les cinq prochaines semaines. Je suis désolé de la confusion. J'ai confondu les deux dossiers. Merci. Au revoir.

M. Boissonneault : Merci.

(Fin à 8 h 28)

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