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(Huit heures cinquante-six minutes)
M. Grandmont : Bonjour, tout
le monde. Content de vous retrouver. D'abord, je vais vous parler un peu
d'environnement. Hier, la première ministre a parlé dans son discours d'audace,
voulait avoir des gestes concrets pour les générations à venir. Bien, s'il y a
un enjeu qui touche les générations à venir, évidemment, c'est l'environnement,
les changements climatiques. Alors, je voudrais commencer d'abord par saluer un
geste qu'elle a... qu'elle a fait : appuyer le tramway de Québec. C'est un
engagement important qui devait être réaffirmé. Donc, je suis content de voir
qu'on continue à avancer avec ce projet-là.
Pour le reste, la CAQ demeure la même que
sous François Legault. La première ministre nous a présenté... a annoncé une
septième, c'est fou, hein, septième version du troisième lien, plus à l'est,
une septième version qui risque de coûter quelque chose comme 15, voire 20
milliards de dollars, plus imposante que le Golden Gate. Puis ça risque
surtout d'étouffer d'autres projets d'infrastructure qui ont des besoins très
urgents. La première ministre a parlé d'investir... d'être responsable,
d'investir dans les infrastructures que nous possédons déjà, mais elle est
restée muette sur le métro de Montréal, qui a besoin d'investissements de 7 milliards de
dollars pour être réparé, 7 milliards qui vont devenir 9 milliards en
2030 si on ne fait rien. Alors, j'ai trouvé ça vraiment surprenant d'une première
ministre qui était anciennement PDG de la Chambre de commerce de l'est de
Montréal et qui, à cette époque, disait que le métro était une composante, un
pilier majeur de la mobilité sur l'île de Montréal et dans la métropole.
Enfin, la première ministre, pendant sa
course au leadership, a dit vouloir relancer l'exploitation des gaz de schiste.
Or, hier, dans son discours, elle a été muette. Est-ce qu'elle a été
volontairement muette? Est-ce qu'elle a toujours l'intention de continuer à le
faire? Est-ce qu'elle veut faire avancer ce projet-là, ce retour aux énergies
fossiles made in Québec contre l'avis et contre la volonté des Québécoises et
des Québécois? Est-ce qu'elle veut faire avancer ce projet-là en catimini?
Alors, voilà, c'est ça. Un pas en avant
pour le tramway, mais, pour le reste, avec Christine Fréchette, c'est la même
chose qu'avec François Legault. On recule en matière d'environnement et de changements
climatiques.
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup, Etienne. Bonjour, tout le monde. Encore beaucoup d'articles sur le Dossier
santé numérique ce matin. Depuis quelques semaines, on anticipe d'importantes
baisses de services, là, dans le réseau de la santé dans les deux endroits
visés, vraiment, c'est jusqu'à 50 % de réduction. Les médias en ont fait part,
vous en avez fait part. L'annulation de chirurgies aussi, là, ça, ça inquiète
beaucoup sur le terrain puis le report de rendez-vous.
Moi, je suis en contact avec des patients,
avec des médecins, avec du personnel soignant qui sont très inquiets, là, des
effets de la mise en œuvre dès cette fin de semaine du DSN, donc pour le volet,
là, formation, préparation, report de chirurgies et de rendez-vous pour le
volet médical, mais aussi pour le volet de failles de sécurité, aussi pour le
volet technique. On se souvient d'un ex-ministre qui a claqué la porte
spécifiquement en raison de ces motifs-là de sécurité. Et là on apprend ce
matin, là, de la bouche de ceux qui travaillent au projet : On n'est pas
prêts. C'est ce qu'ils citent quand même, c'est assez préoccupant. Et les
failles de sécurité ne seront pas réglées à temps, là. Ils vont peut-être être
réglés plus tard. Les garanties vont peut-être venir plus tard. Ce n'est pas
suffisant. Ce n'est pas suffisant, parce qu'on parle de garanties qui sont
minces, qui sont nulles aussi en ce qui a trait à la propriété de nos données
puis en ce qui a trait au gouvernement américain, là, la capacité... très
facile et très clair pour le gouvernement américain, avec le Patriot Act, avec
le Cloud Act, d'aller chercher nos données, en plus des risques de rançon-logiciels,
de pertes de données, de fuites de données. De voir les mêmes acteurs et
actrices travailler au dossier sécuritaire nous dire qu'on n'est pas prêts, on
est vraiment inquiets dans ce scénario-là.
Alors, en plus, on sait que l'AMP a ouvert
enquête, là, puis enquête sur l'attribution du contrat. Puis on sait aussi que
le gouvernement cherche à remplacer Epic Systems parce qu'il va y avoir des
coûts d'exploitation puis des coûts qui ont complètement explosé sur le projet,
là. Véritablement, on n'est pas sur la bonne route.
Alors, Québec solidaire appuie le DSN, ça,
c'est clair, mais c'est évident qu'on ne doit pas aller de l'avant
actuellement. Il faut reporter la mise en œuvre du DSN. Il ne faut pas l'appliquer
et le mettre en place au détriment de la sécurité des patients, au détriment de
la sécurité des Québécois et des Québécoises. Il faut prendre le temps de
mettre en place tout ce qui est possible pour éviter un SAAQclic 2.0. Et là la
première ministre, la nouvelle première ministre, en début de semaine, là, elle,
elle a mis son sceau d'approbation personnel sur ledit Dossier santé numérique.
Donc, ce qui va arriver, là, puis ce qui est craint, puis ce qui est dénoncé
par les médecins, par les infirmières, par les agents qui travaillent au
dossier, elle ne pourra pas dire qu'elle ne le savait pas, là, elle ne pourra
pas dire qu'elle n'aura pas été au courant, elle ne pourra pas faire comme
François Legault en disant : Ils nous ont caché des choses, là. Ça, ça ne
fonctionnera pas. Les informations sont là, l'ensemble des données sont là. Le
milieu demande le report du projet. Allons de l'avant mais de manière
convenable. Mme Fréchette, elle joue quand même très gros là-dessus, et les
Québécois et les Québécoises vont s'en souvenir. Merci.
Journaliste : Santé Québec parle
de failles résiduelles qui pourraient être réglées après le déploiement. Qu'est-ce
que ça vous dit, vous, sur peut-être les connaissances? Comment on rassure sur
les failles de cybersécurité, comme vous l'avez dit? Puis Gilles Bélanger a
quitté en lien avec ce sujet-là.
M. Cliche-Rivard : Nous, on a
eu un briefing technique avec Santé Québec. Mon collègue Haroun Bouazzi était
là aussi. On n'a pas été rassurés du tout des réponses qu'on a obtenues. Puis
là on voit que des experts à l'interne de la machine ne sont pas rassurés non
plus. N'importe qui à qui on pose la question : On va régler des bogues de
sécurité après avoir commencé le projet, là, n'importe qui entend cette phrase-là,
je pense que les voyants sont au rouge, là. Comment se fait-il qu'on ne règle
pas et qu'on ne met pas en place tous les mécanismes avant le dépôt puis le
départ? Là, on parle de la sécurité des patients, là. C'était une chose, là, la
file pour un permis de conduire, c'était une chose, la file pour renouveler une
plaque d'immatriculation. Là, on parle du dossier de santé, là, on parle de
chirurgies, on parle de médecins qui ne sont pas certains de comment ils vont
pouvoir entrer une posologie puis des prescriptions dans le système puis on
parle de gens qui nous disent : Il y a des failles sécuritaires. Là, on se
devrait... dans la machine, là, on devrait être au plus haut niveau de
standards parce qu'on parle de la vie puis de la sécurité puis de la santé des
Québécois. Ça fait que moi, je ne peux même pas concevoir qu'on se dise :
Oui, oui, on va régler ça à la fin mai. C'est trop tard.
Journaliste
: ...me dire :
Posez-leur la question. Mais vous me dites : Tout le milieu veut mettre un
break là-dessus, dire que ça n'a pas de bon sens, que les données sont en
danger, même M. Bélanger, qui est un... vous le qualifiez de lanceur
d'alerte, là, à l'intérieur même du gouvernement. Mais pourquoi vous pensez que
le gouvernement s'entête avec le... Avez-vous une petite idée? Est-ce qu'il
essaie de se sauver la face d'une quelconque manière?
M. Cliche-Rivard : Bien, je
pense que Mme Fréchette veut mettre de quoi dans son bilan rapidement, là,
je pense que c'est ça. Puis c'est ce qu'on a vu aussi avec le deal à l'époque
avec la FMOQ, là, où, finalement, quand on gratte puis qu'on apprend les
résultats puis les informations, il n'y avait pas de garantie d'accès aux soins
pour les patients. Je veux dire, le gouvernement essaie d'avoir des choses
rapidement sur son bulletin puis de dire : On a fait ceci, on a mis en
place le DSN, tout ça, mais à quel prix? À quel prix? c'est la vraie question.
Journaliste : Oui, mais je
comprends, mais ils ont quand même SAAQclic, là, je veux dire, qui n'est pas
trop loin dans leur esprit derrière. Ça fait que, se sauver la face, je pense
que ça a déjà été très difficile quand même, là, avec SAAQclic. Ça peut-tu être
lié aux coûts, à des dépassements de coûts qu'ils veulent éviter? C'est-tu ça?
M. Cliche-Rivard : Bien,
inévitablement, c'est une vraie question, là, il y aura des coûts au report,
là, il y aura des coûts au report. Mais ces coûts-là, proportionnellement au
risque pour la vie puis la sécurité des Québécois, il faut qu'on se pose la
question. Là, on reporte des chirurgies parce que le personnel n'est pas prêt.
On ferme des lits d'hôpital parce que le personnel n'est pas prêt. Il y a des
médecins, à 40 %, la semaine passée, qui n'avaient pas été formés dans
certains établissements. Je veux dire, à un moment donné, il y a une
responsabilité aussi à la première ministre puis à la ministre de la Santé par
rapport à Santé Québec. Je comprends que Santé Québec veut peut-être aller de
l'avant, là, mais là, la ministre de la Santé puis la première ministre est
responsable de la sécurité de tous les Québécois, là. Ça fait que ce n'est
pas parce que Santé Québec dit : Oui, oui, oui, allons-y, on réglera à vue
d'oeil que moi, ça me rassure comme responsable ici, comme élu qui pose des
questions. Donc, on en est conscients qu'il y aurait des coûts additionnels à
un report, mais il y aura des coûts graves, là aussi, à réduire les services, à
avoir des bogues informatiques énormes, à des fuites de données qui vont durer
pour toujours, là. Quand on parle des données une fois, on les a perdues pour
toujours, on ne va pas les rechercher, ces données-là, là. Parlez-en aux gens
de Desjardins à l'époque, leurs données sont encore sur Internet, là.
Ça fait que moi, ce que je demande, c'est
une prudence supplémentaire. Puis moi, je vois les mêmes unes que vous, là.
Puis, à tous les jours, il y a des gens qui sortent pour dire : Nous ne
sommes pas prêts, on n'est pas prêts. Et là on essaie de faire un spin d'un
chaos organisé, là. Ça n'existe pas, ça, le chaos organisé, là. Ou bien c'est
organisé puis ça fonctionne ou bien c'est un chaos, là, on ne peut pas avoir
les deux en même temps. Et là de savoir qu'il y a des gens à l'intérieur du
réseau qui parlent de ça, d'un chaos organisé puis de voir des médecins sortir
en disant : On va frapper le mur, moi, ça m'inquiète, puis je pense que
beaucoup de Québécois sont inquiets aussi.
Journaliste : Sur
l'encadrement de la clause dérogatoire, vous avez entendu, M. Milliard, ce
matin, vous avez donc potentiellement un allié. Est-ce que ça... qu'est-ce que
ça vous dit? Vous êtes à la bonne place?
M. Cliche-Rivard : Bien, je
pense qu'on est à la bonne place. Puis, par ailleurs, là, ça vient de la
société civile, ça vient du Barreau du Québec aussi qui a fait ces
présentations-là, ça vient de la Ligue des droits et libertés. Il y a des
véritables questions à se poser sur les balises, l'encadrement. La clause
dérogatoire va toujours être un outil disponible pour le Québec, même après
l'éventuelle adoption de cette proposition-là, mais on va renforcer notre
Charte des droits et libertés si on applique ça. On va renforcer aussi les
droits qui y sont consentis. De voir le Parti libéral avancer, là,
conjointement avec nous, tant mieux. J'espère que les autres élus vont se poser
la même question. Trop souvent, là, dans les dernières années, on a banalisé la
clause dérogatoire, et puis on a banalisé l'effet de déroger au final à des
droits fondamentaux, là.
Tu sais, à la base, on s'est donné un
cadre démocratique de droits minimums fondamentaux. À chaque fois qu'on y
déroge, on devrait avoir véritablement des sérieuses questions puis des
sérieuses réserves. Et c'est ce que ce projet de loi prévoit, notamment un
rapport explicatif détaillé sur les conséquences pour les gens visés, que ce
soit discuté en commission parlementaire, qu'on ait l'avis de la Cour d'appel,
notamment aussi sur la constitutionnalité ou pas de cette disposition-là, et
qu'on adopte ça ensemble aux deux tiers avec un parti qui appuie. On va avoir
beaucoup plus d'appui sur notre Charte des droits et libertés, sur nos droits
fondamentaux de cette façon-là. Évidemment, on a mis là-dedans des protections
du français, parce que, pour la question du français puis la pérennité du
français, il y a là matière, selon nous, à être davantage protecteurs, mais,
pour le reste, la question mérite d'être posée. Puis de voir la société civile,
potentiellement le Parti libéral avancer, moi, ça me rassure pour la suite des
choses.
Journaliste : ...ça n'aurait
pas pour effet de retirer des outils au Québec dans son rapport de force face à
Ottawa?
M. Cliche-Rivard : Il n'y a
pas de retrait d'outils, là, il y a une balise d'outils puis il y a un
renforcement de nos droits individuels. Moi, je le vois clairement comme ça,
puis c'est comme ça que le Barreau le présente aussi, puis n'importe qui aussi
qui a la défense du Québec, comme première priorité, ne va pas accepter que
ceci empêche le Québec d'invoquer ses droits face à Ottawa. Donc, moi, je le
vois, au contraire, comme une protection de nos garanties constitutionnelles
puis de nos protections.
Journaliste : À la lumière de
ce que vous proposez, qu'est-ce qui ne... dans quel cas on n'aurait pas pu
l'appliquer?
M. Cliche-Rivard : Bien, ce
sont essentiellement des garanties procédurales. Dans le cas où le gouvernement
ne serait pas capable d'aller chercher les deux tiers puis dans le cas où il
n'y aurait pas un autre parti qui appuie le gouvernement sur ces clauses
dérogatoires là, dans le cas où on n'a pas saisi la Cour d'appel, ce sont tous
des éléments où il faudrait véritablement se poser la question. Là, c'est
difficile à poser a posteriori sur l'étude de chaque loi puis de chaque
disposition, mais c'est justement ça, l'objectif du projet de loi, c'est qu'on
ait des discussions de manière informée. Est-ce qu'on le sait, finalement, si
la loi n° 21 est inconstitutionnelle ou pas? Les
cours, les tribunaux ne se prononceront peut-être jamais sur la question parce
qu'elle est protégée. Mais est-ce qu'en amont on pourrait avoir des discussions
avec le judiciaire? Puis, au final, la décision va toujours, et je réitère
là-dessus, toujours appartenir au Parlement du Québec avec des balises. Mais ce
sont les élus, les législateurs, les gens élus par la population qui vont
décider à la fin, en toute connaissance de cause et avec un poids substantif de
son deux tiers.
Parce que là je rappelle qu'on déroge à
des droits fondamentaux, là. Ce n'est pas n'importe quelles lois... n'importe
quels droits qui sont protégés par la Constitution, on parle du droit à la vie,
à la liberté, à la sécurité. On devrait quand même, tous, comme société, se
poser des sérieuses questions de manière démocratique. Quand un gouvernement
arrive en nous disant : Nous allons déroger aux droits fondamentaux, ça
mérite quand même qu'une cloche sonne, puis c'est ce que le Barreau du Québec
dit. Puis nous, on s'enligne avec le Barreau du Québec, notamment, là-dessus, à
savoir que ça prend, des balises. Mais la décision finale va toujours reposer
sur le Parlement du Québec, malgré les balises qu'on se donnerait, nous-mêmes
aussi, par ailleurs, là, pas quelqu'un qui viendrait de nous imposer ces
balises-là. Nous, on met ça au jeu. Si le Parlement, démocratiquement, venait à
les adopter, bien, alors, on aurait une décision démocratique, aussi,
parlementaire de bouger en ce sens-là. Après, si les autres partis décident de
pas aller là, bien, ils répondront aux critiques puis aux questions, par
ailleurs.
Journaliste
: Sur le
troisième lien, M. Grandmont, vous l'avez mentionné, Mme Fréchette a annoncé
qu'elle allait lancer un appel d'intérêt privé d'ici l'été. Pendant toute la
campagne à la chefferie de la CAQ. M. Drainville disait que le projet de Mme
Fréchette, c'était la fin effective du troisième lien. Est-ce qu'en annonçant
ce qu'elle a annoncé hier, Mme Fréchette ne vient pas d'enterrer le projet de
troisième lien?
M. Grandmont : C'est une
bonne question. Moi, je pense qu'elle va vouloir prouver qu'elle est... elle
veut vraiment le réaliser. En même temps, on le sait, puis on l'a déjà dit
aussi, ce projet-là, c'est, d'abord et avant tout, un hochet électoral, mais
tout est techniquement possible, tout peut se faire. Donc, de voir la première
ministre lancer un appel d'offres international, ça envoie le signal que le
projet commence pour vrai, annoncé dans sa septième mouture. Le ministre de
l'Économie, Bernard Drainville, pendant la course à la chefferie de la CAQ,
disait : Ça va coûter, ça va être pharaonique, ça va coûter 12, 15, voire
20 milliards de dollars. Bien, effectivement, je pense qu'on est
probablement proche du prix que ça pourrait effectivement coûter si ce
projet-là voyait le jour. Donc, à chaque fois qu'on le fait avancer, c'est un pas
vers la réalisation de ce projet-là qui pourrait effectivement voir le jour. Je
veux dire, techniquement, les ingénieurs sont capables de nous faire des
projets qui sont... tu sais, ils sont capables de le faire.
On a fait le Golden Gate, là, c'est juste
une version sur les stéroïdes du Golden Gate. Puis au-delà de tout ça, il y a
le projet en lui-même qui peut se réaliser. Il faut toujours rester... il faut
toujours demeurer vigilants par rapport à ça, en tout cas, c'est notre... notre
position, notre posture. Mais pendant que ce projet-là avance, il y a quand
même des sous qui sont investis là-dedans. On est à 400 millions de
dollars qui ont été engagés pour ce projet-là. 400 millions de
dollars, là, qu'est-ce qu'on peut faire avec ça? On peut faire bien des
affaires au Québec avec ça. On peut réparer une couple de stations du métro de
Montréal, certainement, on peut le mettre dans le tramway pour accélérer sa
réalisation. On peut construire quatre, cinq écoles facilement aussi, là.
Alors, les besoins sont urgents. On avance
le projet. Est-ce qu'il se réalisera ou pas? Je ne sais pas, moi, je demeure
toujours sur mes gardes parce que je ne veux pas qu'il se réalise. Je pense que
ce n'était appuyé sur aucune donnée scientifique, puis, je veux dire, le montant
astronomique que ça représente vis-à-vis des besoins, des besoins, je le mets
en gros guillemets, auxquels ça répond, je veux dire, c'est une catastrophe.
Mais, je veux dire, il avance, elle va faire un appel d'offres international,
puis on continue à mettre de l'argent là-dedans encore.
Journaliste
: Vous avez
mentionné le tramway, est ce que... et d'un appui du gouvernement, mais là
est-ce que c'est même une accélération que vous constatez? Est-ce que c'est une
bonne chose?
M. Grandmont : Bien oui,
effectivement, on n'avait pas vu ça arriver. On l'a vu hier, puis on... bien,
c'est une surprise quand même assez agréable de voir qu'on accélère la
réalisation, en tout cas les étapes pour réaliser la partie tunnel à la ville
de Québec. Donc, oui, c'est une bonne nouvelle. Toute mesure qui va permettre
de contrebalancer le temps qu'on a perdu avec la CAQ dans la réalisation de ce
projet-là, d'un projet d'infrastructure majeur, qui était prévu pour cette
année, 2026, qui a été repoussé par les différentes tergiversations des
différents ministres, responsable de Capitale-Nationale, ministre responsable
des Transports. Donc, on a perdu sept ans pendant tout ce temps-là. Donc, toute
mesure qui va venir contrebalancer le temps qu'on a perdu avec la même CAQ,
c'est une bonne nouvelle.
Journaliste
: Qu'est-ce
que vous dites aux gens... M. Duhaime va venir présenter une pétition de gens
qui s'opposent à l'abattage des arbres. Qu'est-ce que vous dites aux gens qui
ont signé cette pétition-là?
M. Grandmont : Bien, je
serais content de voir M. Duhaime s'opposer au prolongement de
l'autoroute 20 vers Rimouski, dans l'Est, parce qu'on va briser plusieurs
milieux agricoles, on va passer dans des milieux humides, on va abattre
certainement beaucoup d'arbres aussi dans ce cas-là. Donc, tous des projets
pour lesquels M. Duhaime... en tout cas, je ne l'ai jamais entendu se
positionner contre l'abattage des arbres ou la protection des milieux humides
dans d'autres projets. Donc, c'est de l'électoralisme pur de la part de
M. Duhaime.
Jamais, il a été intéressé par la
sauvegarde des arbres, tout ce qui l'intéresse, et c'était dans sa plateforme
de 2022, j'imagine, ça va se retrouver encore dans celle de 2026, un moratoire
sur le tramway. Son seul objectif, c'est d'essayer de planter ce projet-là,
dont la ville a nécessairement besoin. On est rendus à une époque où on a
besoin d'offrir davantage de choix aux gens pour se déplacer. On a besoin de
restructurer... c'est un projet structurant, de restructurer l'occupation de
notre territoire. Le tramway, c'est le meilleur outil pour être capable de le
faire. On le sait, on va avoir des rails dans les rues de Québec qui vont être
là pour 100 ans. Pour les promoteurs immobiliers, là, c'est la
meilleure... le meilleur signal qu'on ne peut pas avoir, à savoir que le
transport en commun de haute capacité, à haute performance, à haute fréquence
va passer en face de ton building pendant 100 ans, c'est une maudite bonne
affaire. Donc, M. Duhaime, c'est simplement parce qu'il veut planter ce
projet-là qu'il s'oppose à l'abattage des arbres.
Journaliste :
Just on the notwithstanding clause. The
bill that you want to table tomorrow. You want to have… Can you explain?
Because the CAQ has invoked the notwithstanding clause for several bills since
2018. So, what are you trying to do here?
M.
Cliche-Rivard :
Well, this comes with the initiative of Le Barreau du Québec and
other civil society members, and it brings safeguards regards to our
constitutional rights and the Charts of Rights and Freedom. It brings for the
Parliament to… to get more cautious when it comes to invoke limitations and
withstanding clauses with regards to those rights. Those bills are having the
fundamental rights of Quebeckers, that which we decided together, that were the
strict minimal guarantees that the democratic society will live through, and
having the CAQ government using bill after bills, the notwithstanding clause to
withdraw those fundamental guarantees is concerning. We've been rising this
multiple times within this Assembly, and this bill would continue to allow the
notwithstanding clause used but would limit with procedural guarantees and with
fundamental guarantees its usage. Most and most important of it would be that
two thirds of the chamber would be necessary, and the support of at least one
opposition party would also be necessary for us to decide that the very rights
and freedom that are supposed to protect us as a society could be infringed.
So, more details to come tomorrow as to exactly what procedures would be
imposed. But for sure, without this two thirds majority and the support of
another party, it would be impossible to decide to completely quash fundamental
rights that we Quebeckers decided for ourselves. Québec charters and freedom is
our charter, Québec charter, and to see a government that claim itself to be
nationalist, continuously imposing notwithstanding clause to limit those rights
seems to be extremely concerning, and we've been very vocal at this time and
again to oppose it.
Journaliste :
You know that when Mr. Fraser
spoke about creating a framework around the use of the clause,
Mme Fréchette went to Ottawa and screamed loudly and gave… asked the Prime
Minister for a commitment that that would not happen. And after what she said
yesterday about the importance of the democratic tool of the clause, how do you
think the CAQ will react to this proposal of yours?
M.
Cliche-Rivard :
Mr. Fraser's position was unacceptable and was related to
Canadian Charter of Rights and Freedom. The proposal we're tabling is what
regards the Québec Charter, our rights, our freedom, and Québec provincial
assembly as decision to impose for itself and not for the federal to impose
anything on Quebeckers, but for Québec Parliament to decide how it's going to conduct
itself. So, for us, this is a solid nationalist move that Quebeckers will
respect and will keep reinforcing its own charter of rights and freedom, and
that moving forward, we would hope, to give it more strength and more
guarantee. And as an assembly, we would decide for ourselves when and how we
would decide democratically to impose a notwithstanding clause, when necessary,
with a vast majority of members of Québec charter… of Québec Chamber. This has
nothing to do with the minister Fraser's ridiculous proposition to try and
limit itself by its own Québec's... the federal charter, which is completely
different.
Journaliste :
For the ban of energy drinks, you've
been meeting with the Miron family, and you've been kind of championing this
issue for a while now. So, what's your reaction to the Order of pharmacists
saying that energy drinks shouldn't be sold in establishments connected to
pharmacies?
M.
Cliche-Rivard : So, the support with regard to
this proposal that we brought here at the National assembly is growing every
day. There is op-eds and letters and support that is growing, and today, we're
tabling a petition that had 35 000 signatures, which is quite impressive
with regard to do the number of the civil society people coming up and supporting
it. And we're going to have a conference... a press conference later today with
the parents and with the most important elements of this fight to support and
ask the government now to move into a bill. I think this is the steps coming up
forward. I think there is a vast consensus. A Léger poll stated 86% of
Quebecors are supporting the measure to ban the cell for sixteen years old and
under, I think it's now time for the government to move upon, and to move with
a serious piece of legislation that would allow us to protect the children.
Journaliste
: C'est
possible, juste en français, sur cette dernière partie, juste que vous demandez
à Mme Bélanger, parce que vous avez votre conférence de presse
directement.
M. Cliche-Rivard : Bien, je
suis content de voir la coalition puis la mobilisation sur ce dossier-là
s'accentuer, là. Aujourd'hui, on a un point de presse tout à l'heure dans
lequel, là, moi, je vous soumettrai puis les parents vous soumettront qu'il est
temps de passer à l'action. Il est temps de bouger, là, avec une loi
directement qui va permettre d'encadrer la vente aux moins de 16 ans. Mais je vous en parle un petit peu
plus de manière détaillée cet après-midi.
Journaliste
: Juste
pour les pharmacies, qu'ils retirent des tablettes, les boissons...
M. Cliche-Rivard : Bien,
c'est très intéressant de voir que la société elle-même s'autorégule ou que les
pharmaciens décident eux-mêmes d'avancer sans même que le gouvernement l'ait
fait, là. Ça fait que si on peut avoir un autre indicateur de plus que les gens
sont rendus là, c'est que les pharmacies, les pharmaciens eux-mêmes, les
bannières elles-mêmes ont décidé d'emboîter le pas de cette mobilisation. Donc,
pour moi, honnêtement, de voir que la société civile est même au-devant des
élus et de la Coalition avenir Québec, là-dessus, là, c'est encourageant. En
espérant, là, que Mme Bélanger embarque dans le train puis qu'on soit
capable de sceller quelque chose rapidement d'ici la fin de la session.
(Fin à 9 h 19)