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Point de presse de M. Guillaume Cliche-Rivard, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de santé, et M. Etienne Grandmont, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de transports et de mobilité durable

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Wednesday, May 6, 2026, 8 h 40

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Huit heures cinquante-six minutes)

M. Grandmont : Bonjour, tout le monde. Content de vous retrouver. D'abord, je vais vous parler un peu d'environnement. Hier, la première ministre a parlé dans son discours d'audace, voulait avoir des gestes concrets pour les générations à venir. Bien, s'il y a un enjeu qui touche les générations à venir, évidemment, c'est l'environnement, les changements climatiques. Alors, je voudrais commencer d'abord par saluer un geste qu'elle a... qu'elle a fait : appuyer le tramway de Québec. C'est un engagement important qui devait être réaffirmé. Donc, je suis content de voir qu'on continue à avancer avec ce projet-là.

Pour le reste, la CAQ demeure la même que sous François Legault. La première ministre nous a présenté... a annoncé une septième, c'est fou, hein, septième version du troisième lien, plus à l'est, une septième version qui risque de coûter quelque chose comme 15, voire 20 milliards de dollars, plus imposante que le Golden Gate. Puis ça risque surtout d'étouffer d'autres projets d'infrastructure qui ont des besoins très urgents. La première ministre a parlé d'investir... d'être responsable, d'investir dans les infrastructures que nous possédons déjà, mais elle est restée muette sur le métro de Montréal, qui a besoin d'investissements de 7 milliards de dollars pour être réparé, 7 milliards qui vont devenir 9 milliards en 2030 si on ne fait rien. Alors, j'ai trouvé ça vraiment surprenant d'une première ministre qui était anciennement PDG de la Chambre de commerce de l'est de Montréal et qui, à cette époque, disait que le métro était une composante, un pilier majeur de la mobilité sur l'île de Montréal et dans la métropole.

Enfin, la première ministre, pendant sa course au leadership, a dit vouloir relancer l'exploitation des gaz de schiste. Or, hier, dans son discours, elle a été muette. Est-ce qu'elle a été volontairement muette? Est-ce qu'elle a toujours l'intention de continuer à le faire? Est-ce qu'elle veut faire avancer ce projet-là, ce retour aux énergies fossiles made in Québec contre l'avis et contre la volonté des Québécoises et des Québécois? Est-ce qu'elle veut faire avancer ce projet-là en catimini?

Alors, voilà, c'est ça. Un pas en avant pour le tramway, mais, pour le reste, avec Christine Fréchette, c'est la même chose qu'avec François Legault. On recule en matière d'environnement et de changements climatiques.

M. Cliche-Rivard : Merci beaucoup, Etienne. Bonjour, tout le monde. Encore beaucoup d'articles sur le Dossier santé numérique ce matin. Depuis quelques semaines, on anticipe d'importantes baisses de services, là, dans le réseau de la santé dans les deux endroits visés, vraiment, c'est jusqu'à 50 % de réduction. Les médias en ont fait part, vous en avez fait part. L'annulation de chirurgies aussi, là, ça, ça inquiète beaucoup sur le terrain puis le report de rendez-vous.

Moi, je suis en contact avec des patients, avec des médecins, avec du personnel soignant qui sont très inquiets, là, des effets de la mise en œuvre dès cette fin de semaine du DSN, donc pour le volet, là, formation, préparation, report de chirurgies et de rendez-vous pour le volet médical, mais aussi pour le volet de failles de sécurité, aussi pour le volet technique. On se souvient d'un ex-ministre qui a claqué la porte spécifiquement en raison de ces motifs-là de sécurité. Et là on apprend ce matin, là, de la bouche de ceux qui travaillent au projet : On n'est pas prêts. C'est ce qu'ils citent quand même, c'est assez préoccupant. Et les failles de sécurité ne seront pas réglées à temps, là. Ils vont peut-être être réglés plus tard. Les garanties vont peut-être venir plus tard. Ce n'est pas suffisant. Ce n'est pas suffisant, parce qu'on parle de garanties qui sont minces, qui sont nulles aussi en ce qui a trait à la propriété de nos données puis en ce qui a trait au gouvernement américain, là, la capacité... très facile et très clair pour le gouvernement américain, avec le Patriot Act, avec le Cloud Act, d'aller chercher nos données, en plus des risques de rançon-logiciels, de pertes de données, de fuites de données. De voir les mêmes acteurs et actrices travailler au dossier sécuritaire nous dire qu'on n'est pas prêts, on est vraiment inquiets dans ce scénario-là.

Alors, en plus, on sait que l'AMP a ouvert enquête, là, puis enquête sur l'attribution du contrat. Puis on sait aussi que le gouvernement cherche à remplacer Epic Systems parce qu'il va y avoir des coûts d'exploitation puis des coûts qui ont complètement explosé sur le projet, là. Véritablement, on n'est pas sur la bonne route.

Alors, Québec solidaire appuie le DSN, ça, c'est clair, mais c'est évident qu'on ne doit pas aller de l'avant actuellement. Il faut reporter la mise en œuvre du DSN. Il ne faut pas l'appliquer et le mettre en place au détriment de la sécurité des patients, au détriment de la sécurité des Québécois et des Québécoises. Il faut prendre le temps de mettre en place tout ce qui est possible pour éviter un SAAQclic 2.0. Et là la première ministre, la nouvelle première ministre, en début de semaine, là, elle, elle a mis son sceau d'approbation personnel sur ledit Dossier santé numérique. Donc, ce qui va arriver, là, puis ce qui est craint, puis ce qui est dénoncé par les médecins, par les infirmières, par les agents qui travaillent au dossier, elle ne pourra pas dire qu'elle ne le savait pas, là, elle ne pourra pas dire qu'elle n'aura pas été au courant, elle ne pourra pas faire comme François Legault en disant : Ils nous ont caché des choses, là. Ça, ça ne fonctionnera pas. Les informations sont là, l'ensemble des données sont là. Le milieu demande le report du projet. Allons de l'avant mais de manière convenable. Mme Fréchette, elle joue quand même très gros là-dessus, et les Québécois et les Québécoises vont s'en souvenir. Merci.

Journaliste : Santé Québec parle de failles résiduelles qui pourraient être réglées après le déploiement. Qu'est-ce que ça vous dit, vous, sur peut-être les connaissances? Comment on rassure sur les failles de cybersécurité, comme vous l'avez dit? Puis Gilles Bélanger a quitté en lien avec ce sujet-là.

M. Cliche-Rivard : Nous, on a eu un briefing technique avec Santé Québec. Mon collègue Haroun Bouazzi était là aussi. On n'a pas été rassurés du tout des réponses qu'on a obtenues. Puis là on voit que des experts à l'interne de la machine ne sont pas rassurés non plus. N'importe qui à qui on pose la question : On va régler des bogues de sécurité après avoir commencé le projet, là, n'importe qui entend cette phrase-là, je pense que les voyants sont au rouge, là. Comment se fait-il qu'on ne règle pas et qu'on ne met pas en place tous les mécanismes avant le dépôt puis le départ? Là, on parle de la sécurité des patients, là. C'était une chose, là, la file pour un permis de conduire, c'était une chose, la file pour renouveler une plaque d'immatriculation. Là, on parle du dossier de santé, là, on parle de chirurgies, on parle de médecins qui ne sont pas certains de comment ils vont pouvoir entrer une posologie puis des prescriptions dans le système puis on parle de gens qui nous disent : Il y a des failles sécuritaires. Là, on se devrait... dans la machine, là, on devrait être au plus haut niveau de standards parce qu'on parle de la vie puis de la sécurité puis de la santé des Québécois. Ça fait que moi, je ne peux même pas concevoir qu'on se dise : Oui, oui, on va régler ça à la fin mai. C'est trop tard.

Journaliste : ...me dire : Posez-leur la question. Mais vous me dites : Tout le milieu veut mettre un break là-dessus, dire que ça n'a pas de bon sens, que les données sont en danger, même M. Bélanger, qui est un... vous le qualifiez de lanceur d'alerte, là, à l'intérieur même du gouvernement. Mais pourquoi vous pensez que le gouvernement s'entête avec le... Avez-vous une petite idée? Est-ce qu'il essaie de se sauver la face d'une quelconque manière?

M. Cliche-Rivard : Bien, je pense que Mme Fréchette veut mettre de quoi dans son bilan rapidement, là, je pense que c'est ça. Puis c'est ce qu'on a vu aussi avec le deal à l'époque avec la FMOQ, là, où, finalement, quand on gratte puis qu'on apprend les résultats puis les informations, il n'y avait pas de garantie d'accès aux soins pour les patients. Je veux dire, le gouvernement essaie d'avoir des choses rapidement sur son bulletin puis de dire : On a fait ceci, on a mis en place le DSN, tout ça, mais à quel prix? À quel prix? c'est la vraie question.

Journaliste : Oui, mais je comprends, mais ils ont quand même SAAQclic, là, je veux dire, qui n'est pas trop loin dans leur esprit derrière. Ça fait que, se sauver la face, je pense que ça a déjà été très difficile quand même, là, avec SAAQclic. Ça peut-tu être lié aux coûts, à des dépassements de coûts qu'ils veulent éviter? C'est-tu ça?

M. Cliche-Rivard : Bien, inévitablement, c'est une vraie question, là, il y aura des coûts au report, là, il y aura des coûts au report. Mais ces coûts-là, proportionnellement au risque pour la vie puis la sécurité des Québécois, il faut qu'on se pose la question. Là, on reporte des chirurgies parce que le personnel n'est pas prêt. On ferme des lits d'hôpital parce que le personnel n'est pas prêt. Il y a des médecins, à 40 %, la semaine passée, qui n'avaient pas été formés dans certains établissements. Je veux dire, à un moment donné, il y a une responsabilité aussi à la première ministre puis à la ministre de la Santé par rapport à Santé Québec. Je comprends que Santé Québec veut peut-être aller de l'avant, là, mais là, la ministre de la Santé puis la première ministre est responsable de la sécurité de tous les Québécois, là.    Ça fait que ce n'est pas parce que Santé Québec dit : Oui, oui, oui, allons-y, on réglera à vue d'oeil que moi, ça me rassure comme responsable ici, comme élu qui pose des questions. Donc, on en est conscients qu'il y aurait des coûts additionnels à un report, mais il y aura des coûts graves, là aussi, à réduire les services, à avoir des bogues informatiques énormes, à des fuites de données qui vont durer pour toujours, là. Quand on parle des données une fois, on les a perdues pour toujours, on ne va pas les rechercher, ces données-là, là. Parlez-en aux gens de Desjardins à l'époque, leurs données sont encore sur Internet, là.

Ça fait que moi, ce que je demande, c'est une prudence supplémentaire. Puis moi, je vois les mêmes unes que vous, là. Puis, à tous les jours, il y a des gens qui sortent pour dire : Nous ne sommes pas prêts, on n'est pas prêts. Et là on essaie de faire un spin d'un chaos organisé, là. Ça n'existe pas, ça, le chaos organisé, là. Ou bien c'est organisé puis ça fonctionne ou bien c'est un chaos, là, on ne peut pas avoir les deux en même temps. Et là de savoir qu'il y a des gens à l'intérieur du réseau qui parlent de ça, d'un chaos organisé puis de voir des médecins sortir en disant : On va frapper le mur, moi, ça m'inquiète, puis je pense que beaucoup de Québécois sont inquiets aussi.

Journaliste : Sur l'encadrement de la clause dérogatoire, vous avez entendu, M. Milliard, ce matin, vous avez donc potentiellement un allié. Est-ce que ça... qu'est-ce que ça vous dit? Vous êtes à la bonne place?

M. Cliche-Rivard : Bien, je pense qu'on est à la bonne place. Puis, par ailleurs, là, ça vient de la société civile, ça vient du Barreau du Québec aussi qui a fait ces présentations-là, ça vient de la Ligue des droits et libertés. Il y a des véritables questions à se poser sur les balises, l'encadrement. La clause dérogatoire va toujours être un outil disponible pour le Québec, même après l'éventuelle adoption de cette proposition-là, mais on va renforcer notre Charte des droits et libertés si on applique ça. On va renforcer aussi les droits qui y sont consentis. De voir le Parti libéral avancer, là, conjointement avec nous, tant mieux. J'espère que les autres élus vont se poser la même question. Trop souvent, là, dans les dernières années, on a banalisé la clause dérogatoire, et puis on a banalisé l'effet de déroger au final à des droits fondamentaux, là.

Tu sais, à la base, on s'est donné un cadre démocratique de droits minimums fondamentaux. À chaque fois qu'on y déroge, on devrait avoir véritablement des sérieuses questions puis des sérieuses réserves. Et c'est ce que ce projet de loi prévoit, notamment un rapport explicatif détaillé sur les conséquences pour les gens visés, que ce soit discuté en commission parlementaire, qu'on ait l'avis de la Cour d'appel, notamment aussi sur la constitutionnalité ou pas de cette disposition-là, et qu'on adopte ça ensemble aux deux tiers avec un parti qui appuie. On va avoir beaucoup plus d'appui sur notre Charte des droits et libertés, sur nos droits fondamentaux de cette façon-là. Évidemment, on a mis là-dedans des protections du français, parce que, pour la question du français puis la pérennité du français, il y a là matière, selon nous, à être davantage protecteurs, mais, pour le reste, la question mérite d'être posée. Puis de voir la société civile, potentiellement le Parti libéral avancer, moi, ça me rassure pour la suite des choses.

Journaliste : ...ça n'aurait pas pour effet de retirer des outils au Québec dans son rapport de force face à Ottawa?

M. Cliche-Rivard : Il n'y a pas de retrait d'outils, là, il y a une balise d'outils puis il y a un renforcement de nos droits individuels. Moi, je le vois clairement comme ça, puis c'est comme ça que le Barreau le présente aussi, puis n'importe qui aussi qui a la défense du Québec, comme première priorité, ne va pas accepter que ceci empêche le Québec d'invoquer ses droits face à Ottawa. Donc, moi, je le vois, au contraire, comme une protection de nos garanties constitutionnelles puis de nos protections.

Journaliste : À la lumière de ce que vous proposez, qu'est-ce qui ne... dans quel cas on n'aurait pas pu l'appliquer?

M. Cliche-Rivard : Bien, ce sont essentiellement des garanties procédurales. Dans le cas où le gouvernement ne serait pas capable d'aller chercher les deux tiers puis dans le cas où il n'y aurait pas un autre parti qui appuie le gouvernement sur ces clauses dérogatoires là, dans le cas où on n'a pas saisi la Cour d'appel, ce sont tous des éléments où il faudrait véritablement se poser la question. Là, c'est difficile à poser a posteriori sur l'étude de chaque loi puis de chaque disposition, mais c'est justement ça, l'objectif du projet de loi, c'est qu'on ait des discussions de manière informée. Est-ce qu'on le sait, finalement, si la loi n° 21 est inconstitutionnelle ou pas? Les cours, les tribunaux ne se prononceront peut-être jamais sur la question parce qu'elle est protégée. Mais est-ce qu'en amont on pourrait avoir des discussions avec le judiciaire? Puis, au final, la décision va toujours, et je réitère là-dessus, toujours appartenir au Parlement du Québec avec des balises. Mais ce sont les élus, les législateurs, les gens élus par la population qui vont décider à la fin, en toute connaissance de cause et avec un poids substantif de son deux tiers.

Parce que là je rappelle qu'on déroge à des droits fondamentaux, là. Ce n'est pas n'importe quelles lois... n'importe quels droits qui sont protégés par la Constitution, on parle du droit à la vie, à la liberté, à la sécurité. On devrait quand même, tous, comme société, se poser des sérieuses questions de manière démocratique. Quand un gouvernement arrive en nous disant : Nous allons déroger aux droits fondamentaux, ça mérite quand même qu'une cloche sonne, puis c'est ce que le Barreau du Québec dit. Puis nous, on s'enligne avec le Barreau du Québec, notamment, là-dessus, à savoir que ça prend, des balises. Mais la décision finale va toujours reposer sur le Parlement du Québec, malgré les balises qu'on se donnerait, nous-mêmes aussi, par ailleurs, là, pas quelqu'un qui viendrait de nous imposer ces balises-là. Nous, on met ça au jeu. Si le Parlement, démocratiquement, venait à les adopter, bien, alors, on aurait une décision démocratique, aussi, parlementaire de bouger en ce sens-là. Après, si les autres partis décident de pas aller là, bien, ils répondront aux critiques puis aux questions, par ailleurs.

Journaliste : Sur le troisième lien, M. Grandmont, vous l'avez mentionné, Mme Fréchette a annoncé qu'elle allait lancer un appel d'intérêt privé d'ici l'été. Pendant toute la campagne à la chefferie de la CAQ. M. Drainville disait que le projet de Mme Fréchette, c'était la fin effective du troisième lien. Est-ce qu'en annonçant ce qu'elle a annoncé hier, Mme Fréchette ne vient pas d'enterrer le projet de troisième lien?

M. Grandmont : C'est une bonne question. Moi, je pense qu'elle va vouloir prouver qu'elle est... elle veut vraiment le réaliser. En même temps, on le sait, puis on l'a déjà dit aussi, ce projet-là, c'est, d'abord et avant tout, un hochet électoral, mais tout est techniquement possible, tout peut se faire. Donc, de voir la première ministre lancer un appel d'offres international, ça envoie le signal que le projet commence pour vrai, annoncé dans sa septième mouture. Le ministre de l'Économie, Bernard Drainville, pendant la course à la chefferie de la CAQ, disait : Ça va coûter, ça va être pharaonique, ça va coûter 12, 15, voire 20 milliards de dollars. Bien, effectivement, je pense qu'on est probablement proche du prix que ça pourrait effectivement coûter si ce projet-là voyait le jour. Donc, à chaque fois qu'on le fait avancer, c'est un pas vers la réalisation de ce projet-là qui pourrait effectivement voir le jour. Je veux dire, techniquement, les ingénieurs sont capables de nous faire des projets qui sont... tu sais, ils sont capables de le faire.

On a fait le Golden Gate, là, c'est juste une version sur les stéroïdes du Golden Gate. Puis au-delà de tout ça, il y a le projet en lui-même qui peut se réaliser. Il faut toujours rester... il faut toujours demeurer vigilants par rapport à ça, en tout cas, c'est notre... notre position, notre posture. Mais pendant que ce projet-là avance, il y a quand même des sous qui sont investis là-dedans. On est à 400 millions de dollars qui ont été engagés pour ce projet-là. 400 millions de dollars, là, qu'est-ce qu'on peut faire avec ça? On peut faire bien des affaires au Québec avec ça. On peut réparer une couple de stations du métro de Montréal, certainement, on peut le mettre dans le tramway pour accélérer sa réalisation. On peut construire quatre, cinq écoles facilement aussi, là.

Alors, les besoins sont urgents. On avance le projet. Est-ce qu'il se réalisera ou pas? Je ne sais pas, moi, je demeure toujours sur mes gardes parce que je ne veux pas qu'il se réalise. Je pense que ce n'était appuyé sur aucune donnée scientifique, puis, je veux dire, le montant astronomique que ça représente vis-à-vis des besoins, des besoins, je le mets en gros guillemets, auxquels ça répond, je veux dire, c'est une catastrophe. Mais, je veux dire, il avance, elle va faire un appel d'offres international, puis on continue à mettre de l'argent là-dedans encore.

Journaliste : Vous avez mentionné le tramway, est ce que... et d'un appui du gouvernement, mais là est-ce que c'est même une accélération que vous constatez? Est-ce que c'est une bonne chose?

M. Grandmont : Bien oui, effectivement, on n'avait pas vu ça arriver. On l'a vu hier, puis on... bien, c'est une surprise quand même assez agréable de voir qu'on accélère la réalisation, en tout cas les étapes pour réaliser la partie tunnel à la ville de Québec. Donc, oui, c'est une bonne nouvelle. Toute mesure qui va permettre de contrebalancer le temps qu'on a perdu avec la CAQ dans la réalisation de ce projet-là, d'un projet d'infrastructure majeur, qui était prévu pour cette année, 2026, qui a été repoussé par les différentes tergiversations des différents ministres, responsable de Capitale-Nationale, ministre responsable des Transports. Donc, on a perdu sept ans pendant tout ce temps-là. Donc, toute mesure qui va venir contrebalancer le temps qu'on a perdu avec la même CAQ, c'est une bonne nouvelle.

Journaliste : Qu'est-ce que vous dites aux gens... M. Duhaime va venir présenter une pétition de gens qui s'opposent à l'abattage des arbres. Qu'est-ce que vous dites aux gens qui ont signé cette pétition-là?

M. Grandmont : Bien, je serais content de voir M. Duhaime s'opposer au prolongement de l'autoroute 20 vers Rimouski, dans l'Est, parce qu'on va briser plusieurs milieux agricoles, on va passer dans des milieux humides, on va abattre certainement beaucoup d'arbres aussi dans ce cas-là. Donc, tous des projets pour lesquels M. Duhaime... en tout cas, je ne l'ai jamais entendu se positionner contre l'abattage des arbres ou la protection des milieux humides dans d'autres projets. Donc, c'est de l'électoralisme pur de la part de M. Duhaime.

Jamais, il a été intéressé par la sauvegarde des arbres, tout ce qui l'intéresse, et c'était dans sa plateforme de 2022, j'imagine, ça va se retrouver encore dans celle de 2026, un moratoire sur le tramway. Son seul objectif, c'est d'essayer de planter ce projet-là, dont la ville a nécessairement besoin. On est rendus à une époque où on a besoin d'offrir davantage de choix aux gens pour se déplacer. On a besoin de restructurer... c'est un projet structurant, de restructurer l'occupation de notre territoire. Le tramway, c'est le meilleur outil pour être capable de le faire. On le sait, on va avoir des rails dans les rues de Québec qui vont être là pour 100 ans. Pour les promoteurs immobiliers, là, c'est la meilleure... le meilleur signal qu'on ne peut pas avoir, à savoir que le transport en commun de haute capacité, à haute performance, à haute fréquence va passer en face de ton building pendant 100 ans, c'est une maudite bonne affaire. Donc, M. Duhaime, c'est simplement parce qu'il veut planter ce projet-là qu'il s'oppose à l'abattage des arbres.

Journaliste : Just on the notwithstanding clause. The bill that you want to table tomorrow. You want to have… Can you explain? Because the CAQ has invoked the notwithstanding clause for several bills since 2018. So, what are you trying to do here?

M. Cliche-Rivard : Well, this comes with the initiative of Le Barreau du Québec and other civil society members, and it brings safeguards regards to our constitutional rights and the Charts of Rights and Freedom. It brings for the Parliament to… to get more cautious when it comes to invoke limitations and withstanding clauses with regards to those rights. Those bills are having the fundamental rights of Quebeckers, that which we decided together, that were the strict minimal guarantees that the democratic society will live through, and having the CAQ government using bill after bills, the notwithstanding clause to withdraw those fundamental guarantees is concerning. We've been rising this multiple times within this Assembly, and this bill would continue to allow the notwithstanding clause used but would limit with procedural guarantees and with fundamental guarantees its usage. Most and most important of it would be that two thirds of the chamber would be necessary, and the support of at least one opposition party would also be necessary for us to decide that the very rights and freedom that are supposed to protect us as a society could be infringed. So, more details to come tomorrow as to exactly what procedures would be imposed. But for sure, without this two thirds majority and the support of another party, it would be impossible to decide to completely quash fundamental rights that we Quebeckers decided for ourselves. Québec charters and freedom is our charter, Québec charter, and to see a government that claim itself to be nationalist, continuously imposing notwithstanding clause to limit those rights seems to be extremely concerning, and we've been very vocal at this time and again to oppose it.

Journaliste : You know that when Mr. Fraser spoke about creating a framework around the use of the clause, Mme Fréchette went to Ottawa and screamed loudly and gave… asked the Prime Minister for a commitment that that would not happen. And after what she said yesterday about the importance of the democratic tool of the clause, how do you think the CAQ will react to this proposal of yours?

M. Cliche-Rivard : Mr. Fraser's position was unacceptable and was related to Canadian Charter of Rights and Freedom. The proposal we're tabling is what regards the Québec Charter, our rights, our freedom, and Québec provincial assembly as decision to impose for itself and not for the federal to impose anything on Quebeckers, but for Québec Parliament to decide how it's going to conduct itself. So, for us, this is a solid nationalist move that Quebeckers will respect and will keep reinforcing its own charter of rights and freedom, and that moving forward, we would hope, to give it more strength and more guarantee. And as an assembly, we would decide for ourselves when and how we would decide democratically to impose a notwithstanding clause, when necessary, with a vast majority of members of Québec charter… of Québec Chamber. This has nothing to do with the minister Fraser's ridiculous proposition to try and limit itself by its own Québec's... the federal charter, which is completely different.

Journaliste : For the ban of energy drinks, you've been meeting with the Miron family, and you've been kind of championing this issue for a while now. So, what's your reaction to the Order of pharmacists saying that energy drinks shouldn't be sold in establishments connected to pharmacies?

M. Cliche-Rivard : So, the support with regard to this proposal that we brought here at the National assembly is growing every day. There is op-eds and letters and support that is growing, and today, we're tabling a petition that had 35 000 signatures, which is quite impressive with regard to do the number of the civil society people coming up and supporting it. And we're going to have a conference... a press conference later today with the parents and with the most important elements of this fight to support and ask the government now to move into a bill. I think this is the steps coming up forward. I think there is a vast consensus. A Léger poll stated 86% of Quebecors are supporting the measure to ban the cell for sixteen years old and under, I think it's now time for the government to move upon, and to move with a serious piece of legislation that would allow us to protect the children.

Journaliste : C'est possible, juste en français, sur cette dernière partie, juste que vous demandez à Mme Bélanger, parce que vous avez votre conférence de presse directement.

M. Cliche-Rivard : Bien, je suis content de voir la coalition puis la mobilisation sur ce dossier-là s'accentuer, là. Aujourd'hui, on a un point de presse tout à l'heure dans lequel, là, moi, je vous soumettrai puis les parents vous soumettront qu'il est temps de passer à l'action. Il est temps de bouger, là, avec une loi directement qui va permettre d'encadrer la vente aux moins de 16 ans. Mais je vous en parle un petit peu plus de manière détaillée cet après-midi.

Journaliste : Juste pour les pharmacies, qu'ils retirent des tablettes, les boissons...

M. Cliche-Rivard : Bien, c'est très intéressant de voir que la société elle-même s'autorégule ou que les pharmaciens décident eux-mêmes d'avancer sans même que le gouvernement l'ait fait, là. Ça fait que si on peut avoir un autre indicateur de plus que les gens sont rendus là, c'est que les pharmacies, les pharmaciens eux-mêmes, les bannières elles-mêmes ont décidé d'emboîter le pas de cette mobilisation. Donc, pour moi, honnêtement, de voir que la société civile est même au-devant des élus et de la Coalition avenir Québec, là-dessus, là, c'est encourageant. En espérant, là, que Mme Bélanger embarque dans le train puis qu'on soit capable de sceller quelque chose rapidement d'ici la fin de la session.

(Fin à 9 h 19)