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Point de presse de Mme Isabelle Poulet, députée de Laporte

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Wednesday, May 6, 2026, 11 h 45

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Onze heures quarante-quatre minutes)

Mme Poulet : Alors, bonjour à tous. Merci de vous être déplacés. Je suis accompagnée de M. Éric Simard, docteur en biologie et président de l'Association professionnelle pour la santé intégrative, ainsi que de Mme Marie-Hélène Lessard, directrice générale de l'Institut d'enseignement en science naturopathique.

Plus tôt, aujourd'hui, j'ai présenté un projet de loi pour la mise en place de mesures concernant les approches complémentaires et intégratives en santé. À l'heure actuelle, des millions de Québécoises et de Québécois se tournent déjà vers des approches complémentaires, notamment pour la gestion de la douleur et le mieux-être, et ce, souvent à leurs frais et en l'absence d'un encadrement de l'État. Plus de 48 000 personnes ont signé une lettre ouverte en faveur d'un modèle de santé plus intégratif, ce qui témoigne d'un intérêt marqué de la population pour des approches axées sur la prévention, les habitudes de vie, une prise en charge globale de la santé. Bien que notre système de santé comporte déjà plusieurs initiatives importantes en matière de prévention, il demeure principalement structuré autour du traitement de la maladie, une fois celle-ci déclarée ou lorsque les facteurs de risque sont déjà avancés.

Soyons clairs, il ne s'agit pas de remplacer les soins reconnus de médecine conventionnelle, mais d'encadrer rigoureusement ce qui peut les compléter de façon sécuritaire lorsque les données le démontrent. Ces approches ne doivent, en aucun cas, retarder, interrompre ou se substituer à des soins reconnus lorsque cela comporte des risques de préjudices. Sans encadrement, on laisse place à l'incertitude. Avec un encadrement, on protège la population et on s'appuie sur la science.

Le projet de loi propose d'élargir notre vision en offrant une approche davantage axée sur la prévention, sur les habitudes de vie et les déterminants de la santé, notamment comportementaux et sociaux, ainsi que sur des méthodes complémentaires à la médecine conventionnelle, en s'appuyant sur la science. Nous avons besoin de recommandations des experts. Tel que recommandé par l'Organisation mondiale de la santé, le projet de loi propose la création d'un comité d'experts sur les approches complémentaires et intégratives en santé au sein de l'INESSS, c'est l'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux.

En collaboration avec l'Institut national de santé publique, ce comité aura un mandat clair : structurer, analyser et rassembler les connaissances scientifiques les plus récentes dans ce domaine. Concrètement, ce rôle... son rôle sera stratégique : déterminer les priorités, identifier ce que... ce qu'on ne sait pas encore, coordonner les avis, les recommandations, les guides, les actions en santé publique. Ces travaux devront reposer sur une base incontournable, une évaluation scientifique rigoureuse et transparente, sur l'efficacité, l'innocuité, les risques, les niveaux de preuve ainsi que sur le rapport bénéfice... coût-bénéfice. Parce qu'au final la question n'est pas de croire, c'est de savoir ce qui fonctionne réellement. Ces connaissances ne resteront pas théoriques, elles seront traduites en outils concrets, validés, utiles pour les professionnels, les ordres professionnels et les décideurs publics pour mieux intervenir, mieux orienter et mieux protéger. Aussi, le projet de loi prévoit élargir la mission du Fonds de recherche du Québec pour y inclure les approches complémentaires et intégratives en santé, les facteurs de risque et de protection ainsi que les déterminants de la santé.

Sans recherche indépendante, une... et sans formation universitaire sérieuse, il est impossible d'avoir un encadrement crédible. Et cette réflexion a aussi des implications concrètes. On le sait, plusieurs services professionnels ne sont pas couverts par la RAMQ. Le rôle de l'État n'est pas de reconnaître indistinctement toutes les pratiques, mais de tracer un cadre, une ligne claire entre ce qui est démontré scientifiquement et ce qui ne l'est pas. Ce cadre permettra, le cas échéant, d'intégrer certains services comme les services assurés sur la base de recommandations d'experts. Ce que nous proposons, c'est simple : encadrer ce qui fonctionne et écarter ce qui ne tient pas la route.

Alors, je cède maintenant la parole à Éric Simard.

M. Simard (Éric) : Mesdames, messieurs. Merci, Mme la députée Isabelle Poulet, pour votre leadership et votre courage dans le dépôt de ce projet de loi. Je prends la parole aujourd'hui au nom de l'Association professionnelle pour la santé intégrative, qui représente des professionnels, des chercheurs, des praticiens en approche complémentaire et des acteurs engagés à faire évoluer la santé au Québec vers une approche plus complète, plus rigoureuse, plus humaine.

Aujourd'hui, nous assistons à un moment charnière pour la santé au Québec, un moment où l'on reconnaît enfin que la santé ne se résume pas uniquement au traitement de la maladie mais qu'elle repose aussi sur la prévention, sur les habitudes de vie et sur les déterminants biologiques, comportementaux, sociaux et environnementaux, et surtout un moment où l'on ouvre la porte à une approche plus complète, plus humaine, plus cohérente de la santé en réponse aux demandes de la population.

Ce projet de loi propose quelque chose de fondamental : mettre en place des mécanismes rigoureux d'évaluation scientifique, de coordination, de formation et de diffusion de l'information concernant les approches complémentaires et intégratives. Ce n'est pas un saut dans l'inconnu, c'est l'inverse. Il s'agit d'un rattrapage au vu de ce qui se fait ailleurs dans le monde. C'est la volonté d'encadrer, de structurer et d'évaluer ces approches avec la même rigueur que toutes les interventions en santé. Et ça, c'est essentiel, parce qu'aujourd'hui la réalité est la suivante : des millions de Québécois utilisent déjà les approches complémentaires, mais, trop souvent, ils le font sans accompagnement adéquat, sans intégration dans leur parcours de soins et parfois sans accès à une information claire, validée et nuancée. Ce projet de loi vient corriger cela, il vient dire oui aux approches complémentaires, mais oui dans un cadre scientifique, sécuritaire et responsable.

Avec l'intégration d'un comité dédié au sein de l'INESSS, on crée enfin un lieu où l'on pourra évaluer l'efficacité et l'innocuité des approches, identifier les lacunes de connaissances, orienter la recherche et surtout guider les décisions publiques. C'est exactement ce qu'il manquait. Parce que le véritable enjeu n'a jamais été de choisir entre la médecine et les approches complémentaires. Le véritable enjeu, c'est de mieux intégrer et de mieux former et informer.

Ce projet de loi le dit clairement, les approches complémentaires ne remplacent pas la médecine conventionnelle, elles viennent s'y associer pour améliorer le mieux-être global de la personne. Et c'est là toute la puissance de cette vision. On ne parle pas d'opposition, on parle de collaboration. On ne parle pas de croyance, on parle de science. On ne parle pas d'alternatif, on parle d'intégratif.

Il y a un autre élément majeur dans ce projet de loi qui mérite d'être souligné, c'est l'ouverture vers une reconnaissance progressive de certains services comme étant assurés dans des conditions encadrées et basées sur les recommandations d'experts. C'est une avancée historique et cela se fait avec prudence, avec rigueur, avec des critères clairs efficacité, sécurité et un troisième élément très important, le rapport coûts-bénéfices.

Enfin, ce projet de loi investit dans l'avenir en soutenant la formation universitaire, en encourageant la recherche et en reconnaissant que la santé de demain nécessitera des expertises nouvelles, interdisciplinaires et ouvertes. Mesdames, messieurs, ce projet de loi n'est pas seulement une réforme technique, c'est un changement de paradigme. Au nom de l'Association professionnelle pour la santé intégrative, nous accueillons ce projet de loi comme une étape essentielle et nous réaffirmons notre volonté de collaborer avec les institutions pour assurer une mise en œuvre rigoureuse, scientifique et centrée sur les besoins de la population. Merci.

Mme Poulet : Alors, en terminant, je remercie Éric Simard ainsi que Mme Lessard, de même que les professionnels, chercheurs, experts qui ont contribué à cette réflexion et à l'élaboration de ce projet de loi. Aussi, un remerciement tout aussi sincère à M. Joël Monzée, docteur en neurosciences, dont l'engagement et la contribution soutenus ont été précieux dans l'élaboration de ce projet de loi. Merci de votre attention.

(Fin à 11 h 54)

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