Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.
(Dix heures quarante et une minutes)
M. St-Pierre Plamondon : Bonjour,
tout le monde. Donc évidemment, on revient, ce matin, sur le dossier Nemaska
Lithium, un autre fiasco caquiste qui s'avérera vraisemblablement plus coûteux
que Northvolt. Donc, ce n'est pas rien, on parle de 1,2 milliard de dollars
de fonds publics engloutis dans cette entreprise. Je vous rappelle que la perte,
dans Northvolt, s'élevait à 710 millions, et nous étions tous indignés,
pour cause.
Important de dire que sur ces 1,2 milliard
qui ont été dépensés et, essentiellement, là, l'histoire de Nemaska Lithium, c'est
un peu comme au Bye bye, au casino, là, ce fameux sketch sur Northvolt,
c'est la même chose, c'est que tu perds une fois, bien, tu refais une mise. Je
vais me refaire, là. Mais en 2014, on a mis 10 millions; en 2015, on a mis
10 millions; en 2018, on a mis 80 millions; en 2021, on a mis
95 millions; en 2022, on a mis 80 millions; en 2023, on a mis
250 millions; en 2024, on a remis un autre 250 millions; 2025,
150 millions; et 2026, 275 millions. Et c'est un projet qui, d'année
en année, requiert un sauvetage, tout le temps. Mais comme dans Le bye-bye
au casino, la décision de la CAQ, c'est de remettre une autre mise. On va se
refaire. Et sur les 1,2 milliard, bien 675 millions ont en fait été
autorisés par Christine Fréchette lorsqu'elle était ministre de l'Économie.
Donc, je tiens à dire qu'on a flambé l'argent des contribuables, malgré les
avis internes.
Et c'est là la clé, c'est... La similarité
avec Northvolt, c'est qu'on s'est fait dire par des gens qui connaissent ça, ça
ne tient pas la route, le projet est très risqué, on ne vous le recommande pas
et comme la CAQ sait très bien le faire, tant Pierre Fitzgibbon que Christine
Fréchette, ils semblent penser qu'ils connaissent mieux ça et prennent le risque
à même les fonds publics, comme si c'était justement de l'argent du casino, ils
vont au pif. Et on a appris cela dans le rapport du Commissaire au
développement durable, qui rapportait la semaine dernière qu'on a ignoré tous
les drapeaux rouges du côté du gouvernement. À noter au passage également que
c'est Maïté Blanchette Vézina qui était alors ministre des Ressources
naturelles, qui a émis un avis favorable sans condition pour la demande
d'investissement.
Donc, c'est un autre cas où le politique
s'ingère et prend des décisions fondées sur pas grand-chose. Ce sont des sommes
colossales. Je rappelle que le fonds d'investissement, le Fonds de
développement économique, qui est un peu l'outil discrétionnaire
d'investissement économique politique, sous la CAQ, on aura perdu
6,1 milliards de dollars en subventions qui s'envolent en fumée. Plus
de 6 milliards. Et dans quel cas, qu'est ce qu'on aurait pu faire en
itinérance? Qu'est-ce qu'on aurait pu faire en éducation? Qu'est-ce qu'on
aurait pu faire en santé? La note ne peut pas être parfaite, mais on parle de
chiffres astronomiques, toujours avec la même témérité.
Rappelez-vous que dans Northvolt
également, un autre parallèle, on avait décidé de contourner le BAPE. On avait
ignoré les avertissements. Dans Lion Électrique, on avait fait le même genre
d'erreur. Pensez au troisième lien, aux maternelles quatre ans, à la Maison des
aînés. La CAQ a comme caractéristique d'ignorer l'expertise disponible,
d'ignorer les drapeaux rouges et de simplement s'entêter en ayant peu de
respect pour les fonds publics durement gagnés par la population. Donc, je
pense que c'est un dossier à surveiller et je rappelle, en terminant, que,
lorsqu'on regarde combien Pierre Fitzgibbon dépensait en moyenne en chèque à
des entreprises, le plus souvent des entreprises étrangères, il dépensait moins
par année comme ministre de l'Économie que Christine Fréchette ne l'a fait
lorsqu'elle était ministre de l'Économie.
Donc, on ne peut pas s'empêcher... je ne
peux même pas sourire, mais on ne peut pas s'empêcher de sourciller lorsqu'on
entend Christine Fréchette dire que maintenant, ça prend moins
d'interventionnisme de l'État et plus de prudence. Son bilan est, à ce
niveau-là, très, très, très difficile à défendre. Récemment, on parle de 65 millions
à Kruger, un autre 65 millions à groupe Meloche. Il n'y a rien qui a
changé à la CAQ. Ce sont les mêmes personnes, le même gouvernement et la même
philosophie dépensière. Donc, un dossier qui est à suivre.
Le Modérateur
:
...prendre vos questions.
Journaliste
: Vous avez
entendu M. Bélanger... bien, peut-être M. Bélanger, dans nos pages ce matin,
est-ce qu'il y a une... quand vous regardez le portrait de la transformation
numérique au Québec, vous êtes en accord avec lui qu'il y a une dérive suicidaire
sur le plan budgétaire de ces grands projets, parce qu'on est attachés aux
géants du numérique, les géants américains?
M. St-Pierre Plamondon : Je
pense qu'on peut dire que M. Bélanger est un lanceur d'alerte, et je pense que
la manière dont il est traité dans sa façon de lever la main comme plusieurs
professionnels du milieu de la santé ont levé la main, témoignent de la même
témérité que dans Northvolt et Nemaska, là. C'est-à-dire que peu importe les
avertissements et peu importe ce qu'il nous en coûtera, on fait les mêmes
erreurs. Et en effet, il y a un lien avec la commission Gallant. Parce que,
dans la commission Gallant, essentiellement, ce qu'on se fait dire, c'est la
raison pour laquelle on a englouti 1,2 milliard dans SAAQclic, c'est qu'on
dépend de fournisseurs étrangers, les dépassements de coûts à répétition sont
ignorés par le pouvoir politique. Il y a clairement des lobbies qui sont impliqués,
des fractionnements de contrats pour masquer la situation. Et donc on a des
avertissements puis on ne les écoute pas.
Journaliste
: Mais sur
le modèle, ils prônent la souveraineté numérique, ça pourrait peut-être vous...
je ne sais pas, vous faire plaisir.
M. St-Pierre Plamondon :
C'est de la musique à mes oreilles.
Journaliste
: Donc, il
a tenté, dit-il, de nationaliser... de nationaliser, comme Hydro-Québec, tous
les... bon, les centres de données... Excusez, j'essaie de... j'entendais...
Puis, la même chose pour... Bon, il a voulu créer une coentreprise pour que le
Québec soit propriétaire de son code. Est-ce que c'était des avenues qui... que
le gouvernement du Parti québécois pourrait mettre de l'avant, la souveraineté
numérique comme ça?
M. St-Pierre Plamondon : On
trouve ça suffisamment intéressant pour avoir fait une invitation à
M. Bélanger à venir nous parler puis à venir nous livrer ce qu'il pense
pourrait être une avenue différente.
Journaliste
: Dans quel
contexte?
M. St-Pierre Plamondon :
On l'invite à notre caucus pour qu'il nous présente ce qu'il a à dire.
M. Bérubé : Il n'est pas
disponible cette semaine, mais au retour de la relâche.
M. St-Pierre Plamondon : Au
retour de la relâche. Mais...
Journaliste : ...est-ce
qu'il a accepté votre invitation?
M.
Bérubé
: Il y
a une raison... il y a une raison personnelle qui explique qu'il n'est pas
disponible cette semaine, il est au chevet de quelqu'un, mais il est très
ouvert, alors on pense pouvoir l'accueillir au retour de la relâche pour qu'il
puisse nous présenter son expérience et son expertise en matière numérique.
Journaliste
: Pour être
candidat?
M. St-Pierre Plamondon : Non,
vraiment, c'est dans la perspective que quelqu'un entende les lanceurs d'alerte
et qu'on réfléchisse, justement, à la manière dont on peut devenir souverain
numériquement, compte tenu des difficultés, parce que ce n'est pas simple. On
est devant des géants et les données sont déjà stockées aux États-Unis, et il y
a déjà, donc, un cadre juridique qui ne favorise pas l'autonomie et la
souveraineté et la protection de nos données. C'est un gros sujet pour lequel
on va entendre tous ceux qui lèvent le drapeau rouge et qui... Oui, mais je
parle du sujet en général...
Journaliste
: ...
M. St-Pierre Plamondon :
Là, on parlait de souveraineté numérique... on parlait de souveraineté
numérique.
Journaliste
: Est-ce
que vous pourriez inviter Éric Caire, aussi?
M. St-Pierre Plamondon :
Bien, je pense qu'on va se limiter à une invitation.
Journaliste : Ce matin, il y
a la rectrice de l'Université Laval, Sophie D'Amours, le recteur de
l'Université de Montréal, plein de personnalités influentes du monde des
affaires qui appellent à réfléchir à ce dont le Québec a besoin en termes de
formation de métiers, ils veulent créer un plan de talent, là, pour le Québec,
un regroupement. Je ne sais pas si vous avez une réaction sur ça.
M. St-Pierre Plamondon : Bien,
on est très intéressés à connaître ces réflexions-là, surtout si on met, dans
le mix, l'intelligence artificielle. Parce que la réflexion, en ce moment, elle
est non seulement sur l'influence de l'intelligence artificielle en matière de
démocratie, en matière de réorganisation du travail. On a des statistiques
quand même invraisemblables. Les jeunes travailleurs utilisent beaucoup
l'intelligence artificielle sans le dire à leurs supérieurs. Mais
l'intelligence artificielle fait déjà partie de la manière, aussi, «d'étudier»,
là, puis je le mets entre guillemets, parce que des fois, ça devient un peu du
plagiat. Et dans ce contexte-là, quel sera le marché du travail dans
15 ans? Ça vaut la peine de se pencher là-dessus, parce que ça... on est
probablement à l'aube d'une réorganisation majeure du travail, dans quel cas,
la formation devrait anticiper ce qui s'en vient et non pas être à la remorque.
Donc, évidemment qu'on va accueillir des réflexions en ce sens là.
Journaliste : ...sur les
examens du ministère et de l'Enseignement supérieur, là, qui... Vous pensez
qu'il y avait plusieurs cas de plagiat, finalement, ce n'était pas le cas.
Comment on... D'abord, vos réactions là-dessus, puis qu'est ce qu'on peut faire
pour prévenir ça?
M. Bérubé : D'abord,
j'avais été prévenu par le réseau collégial que ça s'en venait, que les
étudiants indiquaient qu'il était non coupable, que ça pourrait être très
préjudiciable s'ils étaient reconnus coupables de ça. Finalement, ça s'est
avéré que ce n'est pas le cas, alors, la nécessité d'avoir une expertise pour
bien savoir ce qui en est, ce qui n'en est pas, ce qui est de bonne foi, ce qui
est une coïncidence. Si on avait disqualifié ces étudiants du cégep, les
conséquences auraient été fort préjudiciables pour la suite. Alors, on l'a
échappé belle, mais il faut se donner des outils vraiment sérieux pour juger
des travaux qui sont remis.
Journaliste : Et comment on
fait ça?
M. Bérubé : Il existe...
à la fois, il existe l'intelligence artificielle et, un peu, une contre
intelligence artificielle qui permet de détecter ce qui relève... ce qui relève
de cette intelligence. Donc vous comprenez que c'est d'équiper les enseignants
au collégial, entre autres, de ces dispositifs et de ces formations. Ce n'est
pas simple, mais la technologie va plus vite que notre réaction. Alors, on a eu
un bel exemple dans les derniers jours.
Journaliste : Ce n'est pas
ça, justement? Ils ont utilisé la contre-intelligence artificielle pour
déceler, justement, des redondances, ou...
M. Bérubé : Mais comment
trancher, avant de dire, par exemple, à une étudiante du cégep : Vous avez
copié, vous avez utilisé l'intelligence artificielle pour l'essentiel de votre
travail. C'est une accusation qui a un impact, quand même, qui peut porter.
Alors, j'avais été prévenu il y a déjà une semaine de ça.
Journaliste : La
modernisation du système judiciaire informatique. Est-ce que ça prend un audit?
M. St-Pierre Plamondon : Oui,
définitivement, parce que c'est... ce sont les mêmes «patterns» dont on vient à
peine de discuter. C'est-à-dire qu'on a le même entêtement à dépendre de
fournisseurs étrangers, puis il y a plusieurs dépassements de coûts. Ce matin,
on avait une discussion très ouverte sur le mode de rémunération de ces
projets-là, parce qu'on a voulu, quand même, s'adapter puis commencer à avoir
une rémunération aux résultats et non pas un bar ouvert où est-ce que, peu
importe le dépassement de coûts, on réécrit un autre chèque. Et clairement, là,
il y a des enjeux de fractionnement des étapes du projet, de résultats qui sont
plus ou moins atteints. Donc, oui, ça prend une compréhension, grâce à des
audits, de ce qu'un gouvernement pourrait faire de mieux. On a quelques
hypothèses de travail là-dessus.
J'ai un point qui semble peut-être moins
vous intéresser, mais j'ai été interpelé, je pense, ce matin, par Mme Setlakwe,
qui dit que je suis malhonnête intellectuellement pour oser affirmer que ce
qu'on a appris sur Mme Lakhoyan, ce n'est qu'un des morceaux du puzzle. Et elle
dit que c'est très, très dangereux d'affirmer ça.
Laissez-moi poser des questions
directement à Mme Setlakwe, parce qu'il y a certains du morceau... des morceaux
du puzzle que moi, je cherche, qui sont sûrement en sa possession. Lorsqu'une
campagne a comme quartier général un bureau de l'Assemblée nationale, combien
de personnes rentrent et sortent de ce bureau-là? Elle est elle-même présidente
de la campagne de Pablo Rodriguez et elle nous a expliqué que c'est le
leadership rassembleur et authentique de Pablo dont on avait de besoin,
j'imagine qu'il est allé une fois au quartier général? N'a-t-elle jamais
entendu parler d'un quartier général à Laval dans les bureaux de l'Assemblée
nationale de Mme Lakhoyan?
Toute la thèse en ce moment du Parti
libéral, c'est qu'il y a une seule personne qui est au courant de ce qui est
dans le rapport de la Commissaire à l'éthique. Ça n'a aucun sens. Et je réitère
ce que j'ai dit, et ce n'est pas de la malhonnêteté intellectuelle, c'est de la
curiosité intellectuelle, je veux savoir qui, au Parti libéral, est allé au
quartier général et qui savait que tout le monde allait au quartier général.
Et, plus tard, on va pouvoir ouvrir une autre discussion : Qui savait que
Pablo Rodriguez se faisait rembourser cash ses donations, comme la bonne
vieille caisse électorale qu'on avait découverte dans la commission Charbonneau
sur l'époque Charest? Et ça, ce n'est pas de la malhonnêteté. C'est simplement
des questions de base pour quiconque décide de ne pas s'aveugler sur ce qui se
passe. Allez-y.
Journaliste : ...Charles
Milliard peut se dissocier de tout ça en disant : Ce n'est pas ma campagne,
ce n'est pas... ce n'est pas mon équipe?
M. St-Pierre Plamondon : Bien,
c'est-à-dire qu'on va savoir dans les prochains mois combien de personnes sont
impliquées, étaient au courant. Et rappelez-vous, là, si on ressort tous les
«tapes» de l'époque, là, tu avais, là, la présidence du parti qui disait :
On vient de l'apprendre, on n'a aucune idée de quoi on parle, on essaie d'en
savoir plus. Donc, moi, je réitère qu'on est au début d'un narratif puis un
portrait beaucoup plus large. On a un seul... morceau du casse-tête, mais vous
allez voir apparaître un casse-tête beaucoup plus large.
Journaliste : ...sur la
possible utilisation par le fédéral de la Loi sur la clarté dans l'Alberta.
J'imagine, ça ne vous surprend pas du fédéral, là, mais qu'est-ce que vous en
pensez? Est-ce que ça peut justement lever des drapeaux rouges pour
éventuellement votre démarche à vous?
M. St-Pierre Plamondon : Bien,
c'est-à-dire que nous, ce qu'on peut faire, c'est réitérer l'adhésion à la
loi 99. Donc, on est un Parlement qui a réitéré ce que tout le monde sait
déjà, à savoir qu'on a le droit de s'autodéterminer au Québec. Le Canada a déjà
reconnu la règle du 50 % plus un puisque les référendums de 1980 et de
1995 se sont tenus sur ces prémisses-là. Mais le Canada a également toujours
abusé de ses pouvoirs pour empêcher l'émergence du Québec comme pays. C'est
vrai pour l'arrestation arbitraire de poètes et de membres du Parti québécois à
la saisie des listes, l'espionnage, à toutes les époques, sur les communications
des élus du Parti québécois, c'est vrai pour le financement occulte qu'un jour
on va divulguer, parce qu'on va rendre publique la commission Grenier, mais il
y a eu Option Canada et toutes sortes de tricheries. Donc, ils ne sont pas à
une tricherie puis à une manœuvre mensongère près. Et là, clairement, ce qu'ils
tentent de faire à travers peut-être l'Alberta, en prévention de ce qui se
passe au Québec, c'est d'abuser de leur pouvoir à nouveau en changeant les
règles du jeu puis en inventant que finalement, ce qu'ils ont toujours reconnu
comme règles du jeu ne tient plus, puis que la démocratie, finalement, ne tient
plus. Et ils ont cette faculté de présenter ça comme la règle de droit, alors
que c'est... en fait, c'est un groupuscule de personnes qui abusent de leur
pouvoir en ne respectant même pas la Constitution du Canada elle-même. Donc, le
devoir des élus de l'Assemblée nationale, ce qu'on va faire aujourd'hui
d'ailleurs... On a une motion. Je vais demander une motion. Puis on va réitérer
qu'on est un Parlement et que, suivant le droit international et suivant les
règles que le Canada a lui-même reconnues, parce qu'il y a déjà eu deux
référendums, c'est à nous de s'autodéterminer suivant la règle du 50 %
plus un. Et je m'attends à ce que l'Alberta ait exactement la même position.
Donc...
Journaliste : ...ils
devraient faire... ce qu'ils devraient faire, autrement dit, c'est ne pas s'en
préoccuper, faire leurs affaires puis ne pas se préoccuper de la Loi sur la
clarté?
M. St-Pierre Plamondon : C'est-à-dire
que la Loi sur la clarté, ce n'est pas un plaidoyer sur pourquoi on devrait
rester dans le Canada. Je m'attends à ce qu'il y ait une campagne du non avec
des arguments. Mais il n'y a plus d'arguments très solides en faveur de l'adhésion
du Québec dans le Canada. Donc, ce qu'ils font, c'est de faire des manoeuvres,
finalement, pour rendre ça impossible, décourager. C'est en fait l'essence du
plan B. Si on retourne à l'époque de Jean Chrétien, la conclusion après le
deuxième référendum qui a fait l'objet de manipulations frauduleuses et on va
pouvoir en découvrir l'amplitude quand on aura divulgué tous les documents, la
technique Chrétien-Sheila Copps, c'était tapisser le Québec de drapeaux
canadiens, corrompre des entreprises qui obtenaient des contrats juteux en
échange de leur adhésion au fédéralisme et couper le mouvement indépendantiste
par tous les moyens d'intimidation et de peur possibles. Et ça n'a pas changé,
ça n'a pas changé dans leur approche.
Et donc, je ne dis pas que le camp du non
ne pourra pas faire ses arguments en faveur, ça, évidemment, c'est une campagne
électorale, mais de s'immiscer puis tenter de changer les règles du jeu d'une
campagne électorale qui suit des principes universels et reconnus par le Canada
lui-même, ça, c'est très dangereux.
Journaliste
: Pour
revenir à ma question sur... vous n'avez pas répondu directement. Si le... si
vous étiez en Alberta, vous iriez selon vos principes à vous, puis vous
laisseriez de côté... Vous ne vous préoccuperiez pas de la loi sur la clarté,
vous feriez vos affaires.
M. St-Pierre Plamondon :
C'est à dire que si moi j'étais Danielle Smith...
Journaliste
: Vous avez
déjà dit que vous ne la respecteriez pas, là.
M. St-Pierre Plamondon : Si
j'étais Daniel Smith, je ferais une loi 99. D'ailleurs, elle est dans
cette mentalité-là, là. À chaque fois qu'elle a la chance de réitérer que le
Parlement de l'Alberta décide par lui-même, puis que le fédéral devrait se
mêler de ses affaires, elle le fait, pour des raisons très différentes que le
Québec, hein, ce n'est pas les mêmes philosophies politiques, mais l'abus de
pouvoir du fédéral, l'Alberta s'est toujours défendue contre ça.
Des voix : ...
Journaliste
: Je veux
juste comprendre. Donc, vous maintenez ce que vous avez déjà dit...
M. St-Pierre Plamondon :
Évidemment.
Journaliste
: ...que
vous ne pensez pas que c'est nécessaire de respecter une loi sur la clarté.
M. St-Pierre Plamondon : Non,
parce que j'ai une loi de l'Assemblée nationale, 99, qui réitère ce que le
Canada a lui-même déjà reconnu en 1995, en 1980, ce que l'Angleterre a reconnu
pour l'Écosse. C'est du droit de base, mais on sent la nervosité. Quand tu es
obligé d'essayer de changer les règles du jeu in extremis en abusant de ton
pouvoir à nouveau, ce n'est sûrement pas que t'as des arguments solides en
faveur de l'adhésion libre dans le Canada.
Des voix : ...
Journaliste
: En
rapport avec ce que la presse a dit hier, est-ce que les producteurs privés
indépendants sont en danger au Québec actuellement au niveau du financement?
M.
Bérubé
:
Bien, il manque clairement de financement, les revenus ne sont pas au
rendez-vous, il y a un déplacement de l'enveloppe publicitaire vers les GAFAM,
ce que vous appelez souvent vous-même les plateformes américaines. C'est clair
que l'argent, il n'est pas là. J'ai vu des premiers éléments de la situation de
Noovo et de Québecor qui sont fort préoccupants pour la culture québécoise
quant à des créations originales.
Donc, on va poser, nous, un premier geste
au cours des prochains jours quant à l'édition. Ça peut paraître un peu
étranger, là, à votre question, mais il y a toutes sortes de magazines qui ont
des frais impressionnants en matière de récupération et ça joue sur leur
avenir. Donc on va poser un geste, on a parlé avec Ricardo Larrivée, on a parlé
avec Louis Morissette, on a parlé avec Québecor. Mais sur la production, là on
n'est plus dans l'information, souvent on oublie cette question-là, dans la
production, c'est fort préoccupant pour la suite. Alors, je pense qu'il y a des
décisions qui auront à être prises...
Journaliste
: Quand la
première ministre va à Paris puis de dire... va aller à Paris et dire :
Moi, je vais faire la promotion de la production québécoise. Vous lui dites
quoi, aujourd'hui, quand tout le monde est sur respirateur artificiel?
M.
Bérubé
:
Alors, pour exporter, il faut d'abord produire et il faut s'assurer qu'on a les
moyens de production à la hauteur de ce qu'on veut créer pour ensuite exporter.
Et présentement, à peu près tous les créateurs, puis je vous révèle que je suis
quand même en couple avec une productrice de télévision, elle me parle de son
expérience, et l'argent n'est plus au rendez-vous pour faire des œuvres à la
hauteur de ce qu'on aimerait. Puis évidemment, exporter, c'est possible. Mais
là, la crise est au Québec, elle n'est pas en France, donc...
Journaliste
: M. St-Pierre
Plamondon, hier, à M. Arcand, je pense vous avez dit... je voudrais juste que
vous précisiez, là, pour justement, la rédaction...
M. St-Pierre Plamondon : Les
podcasts sont écoutés, hein?
Journaliste
: ...la
rédaction de la question référendaire. Donc, on comprend que ça dépendrait d'un
comité, pouvez-vous expliquer ça?
M. St-Pierre Plamondon : Oui,
oui. Bien, évidemment, elle n'est pas rédigée cette question-là, puis ce serait
vraiment bizarre si on était déjà rendu là dans notre esprit, on a une campagne
électorale à préparer, il y a plusieurs enjeux urgents, la CAQ ne laisse pas un
beau bilan au Québec. Donc, on travaille en ce moment sur la campagne
électorale, et un gouvernement du Parti québécois va mettre entre les mains
d'un comité la rédaction d'une question que je veux la plus... la plus efficace
possible.
Des voix : ...
M. St-Pierre Plamondon : Pas
maintenant.
Des voix : ...
Journaliste
: Avec le
décès de M. Morin la semaine passée, puis, bon, la montée, le retour de... Non
mais attendez. Est-ce que vous craignez d'être espionné présentement,
justement?
M. St-Pierre Plamondon : S'il
y a une constance dans l'histoire du Parti québécois, c'est que le chef et les
élus influents sont espionnés. Puis à cette époque-ci, l'espionnage s'est quand
même transformé parce que le numérique et les téléphones intelligents font en
sorte que c'est drôlement plus facile qu'à l'époque où quelqu'un devait se
«taper» une enregistreuse sur le ventre.
Des voix : ...
M. St-Pierre Plamondon : Je
vais juste...
Journaliste : Craignez-vous
des taupes à l'intérieur de votre parti?
M. St-Pierre Plamondon : Le
problème, c'est que je vous rappelle qu'on était seulement trois élus avec un
budget minime au terme de l'élection de 2022. Souvent, on me pose des questions
sur l'ingérence étrangère, qu'on a pourtant vastement documentée en Europe. On
me pose des questions sur les chances que la GRC ou les services secrets
canadiens, comme ils l'ont toujours fait, espionnent, présentement, le Parti
québécois. La vérité, c'est qu'on n'a pas les moyens de vérifier ça, on est une
toute petite organisation. On sait notre histoire, donc on sait qu'à chaque
décennie le gouvernement du Canada a posé des gestes, éthiquement et
légalement, très douteux, de surveillance sur les élus du Parti québécois, ils
sont même allés jusqu'à saisir nos listes de membres puis à arrêter du monde,
là. Tu sais, il n'y a pas de... Donc, on travaille en se disant que c'est très
possible que ce soit le cas, mais on n'aura jamais les moyens, en tout cas,
dans... à court terme, on n'aura jamais les moyens d'enquêter là-dessus.
Journaliste : Avez-vous donné
des consignes, par exemple, à l'interne, pour éviter que des renseignements
sensibles...
M. St-Pierre Plamondon : Bien
sûr.
Journaliste
: Oui?
M. St-Pierre Plamondon : Bien
sûr.
Journaliste
: Vous avez
donné des consignes? Par exemple, c'est quoi les consignes? De ne pas... je ne
sais pas, moi...
M. St-Pierre Plamondon : Ah!
à chaque fois que... à chaque fois que j'ai la chance... à chaque fois que je
sais qu'on a une rencontre ou est-ce qu'on réfléchit à ce qu'on va faire les
téléphones vont dans des... du Faraday, puis on sort ça de la pièce,
automatique. Parce qu'on le sait.
Journaliste : Puis vous
n'avez pas eu d'indication comme quoi vous le sauriez, dans le doute, là? Vous
dites que c'est probable, mais il y a-tu des éléments qui sont arrivés qui vous
disent : Ah! on est peut-être espionnés, finalement?
M. St-Pierre Plamondon : C'est
parce que... On le sait, ce qu'on sait, on a de l'info, mais ce n'est pas
destiné à l'espace public. On est vigilants, on a des bribes d'informations. Si
vous, comme journaliste, vous voulez vous intéresser à ça, je vous encourage à
le faire. Mais la vérité, c'est qu'on n'aura pas les moyens de démontrer quoi
que ce soit. Donc, plutôt que d'envoyer ça dans l'espace public, nous, on présume
que ce qui est arrivé dans les autres décennies va nous arriver puis on se
donne des règles de prudence pour essayer...
Journaliste : ...de
télécommunication ou le SCRS?
Le Modérateur : On va
devoir... on va devoir passer en anglais. Je suis désolé, on va devoir passer
en anglais.
Journaliste
: Je pense
qu'on peut aller au fond de la chose, là.
Journaliste
: Vous
craignez le SCRS ou le système de télécommunication?
M. St-Pierre Plamondon : Je
n'ai pas les moyens de savoir ce qui se produit.
Journaliste : Non, non, mais
vous devez avoir des craintes, là.
M. St-Pierre Plamondon : Ma
crainte... ma crainte se limite à...
Journaliste
: Quand
vous dites que vous mettez vos téléphones dans des sacs de Faraday, à
l'extérieur, c'est parce que...
M. St-Pierre Plamondon : Ma
crainte...
Journaliste
: ...ou
vous êtes parano ou vous pensez que ça arrive?
M. St-Pierre Plamondon : Ça,
ce n'est pas gentil.
Journaliste
: Non, non,
mais c'est... c'est pour ça que je vous demande, là. «Ma crainte»... Votre
crainte, ça va jusqu'où, là?
M. St-Pierre Plamondon : Ma
crainte, et notez-la, là, ma crainte, c'est que, fondé sur des décennies
d'espionnage et de gestes douteux de surveillance des élus du Parti québécois,
particulièrement dans les séquences qui ont mené à des référendums, on n'a pas
les moyens de vérifier ce qui se produit en ce moment, mais on est obligés de
présumer que le gouvernement fédéral n'a pas changé, et qu'il fait ce genre de
surveillance là, surtout qu'à cette époque-ci les technologies ont changé, de
sorte que c'est beaucoup plus facile qu'à l'époque. Mais tout ce qu'on a, c'est
l'historique du Parti québécois, où ce genre de geste douteux là a toujours eu
lieu. Mais, ensuite, idéalement, c'est des journalistes qui vont mettre la main
sur de l'information. Mais moi, je n'ai absolument pas les moyens... mais j'ai
un devoir de prudence, et ce n'est pas de la paranoïa, c'est simplement de connaître
son histoire récente à chaque décennie et poser des gestes les plus prudents
possibles, en sachant que probablement que c'est intercepté, ce qu'on se dit au
téléphone.
Journaliste : Avez-vous
quelqu'un pour vous conseiller là-dessus?
M. St-Pierre Plamondon : Oui,
on est allés chercher des avis.
Journaliste
: ...sur
Bedford.
M.
Bérubé
: Bon,
je m'en occupe. C'était la... révoquer les brevets d'enseignement, c'était la
chose à faire. C'est un privilège. D'ailleurs, j'en ai un moi-même, un brevet
d'enseignement. Mais je vous mets sur la piste qu'il y a présentement une
enquête sur la Mission de l'Esprit-Saint, qui est une secte. L'enquête a été
lancée en octobre, on n'a toujours pas de réponse, et les enfants
continueraient d'aller dans une école illégale, qui est autorisée par le
ministère de l'Éducation. Alors, je veux saluer que c'est le travail de Noovo,
pour beaucoup, mais c'est inquiétant. Alors, les enfants auront fait toute
l'année scolaire dans un lieu illégal, et il y a une enquête très sérieuse.
J'ai des témoignages très poignants, encore, ce matin. Donc, qu'arrive-t-il
avec cette enquête de la Mission de l'Esprit-Saint, qui est notamment dans
Lanaudière et dans l'est de Montréal? C'est fort préoccupant.
Journaliste :
Just on Bedford Elementary School…
actually, I will have to question, sorry… the fact that those 11 teachers saw
their teaching credentials being revoked, that's a good news for you?
M. Bérubé :
That was the… that was the thing to do.
When you have a legal teaching certificate, it's an honor, it's a privilege,
and you have to be at the… of what it means. So, that was the thing to do. But
I want to pinpoint that there's an inquiry right now about Mission de
l'Esprit-Saint, which is a cult, and youngsters, students go to illegal school,
mostly in Lanaudière, when… where the learn that there's no planet, that you
can marry someone of twice your age when you're 16, things like that. So, we
have a lot of messages about it... It's about time that we have a result about
this inquiry, since October 2025. So, let's give the credit to Noovo and CTV to
work on this... on this file. But we're going to have the credit tomorrow on
education, and I hope the Minister is going to have an answer on this... on
this topic.
Journaliste :
And on the digital transformation, the
fact that it's taking a lot of time, almost like more than ten years to do that
digital transformation of the justice system, it's another case. Are we in
crisis in Québec for the Government's digital transformation projects?
M. St-Pierre
Plamondon :
We
clearly don't have that money to waste. So, while we're not getting results in
terms of services to the population, we're really wasting huge amounts of money
because we can't get a grip on those projects. And I think it has to do with
the way it's financed. So of course, it was the same case in construction, if
the State says : Whatever you do, you can come back and ask for some more
money, I mean, there's... the incentive to deliver is way weaker than if you
tell the entrepreneur : I will pay you when the system actually works, and
you will take the risk, you will set a price that is... according to that risk,
but you will take the risk to deliver or not. But, right now, the whole risk is
on the shoulders of the State, who will just write another cheque. And each
project... And look at the amounts : like $1.2 billion in SAAQclic, how
much is it here? Like it's going to reach hundreds of millions easily. And you
have that in several projects. So, we need to change the framework. We need to
change the mindset. And the risk needs to be on the company that pretends that
it's feasible to make those data changes or way of... new ways of functioning.
It's on... It should be on their shoulders, not for the State to just write new
cheques.
Le
Modérateur : On va en prendre une dernière.
Journaliste :
And who would you say is spying on you
exactly? Could you be more specific? You suspected, you said.
M. St-Pierre
Plamondon :
All
I've said is : Historically, the federal Government has spied and made a
lot of illegal and unethical moves to have a surveillance over the Parti
québécois. And it's been done in each decade. So, what I said is : I don't
have the means to verify any of those facts as of today, but given the history,
constant history of illegal and unjustifiable moves by the federal Government,
I need to assume that it might happen as well today. Because, as well as of new
technologies that make it much more easier than at the time of Claude Morin,
where somebody who wants to record something would need to tape something on
his belly, I mean, we're done with that, it's very easy to get all the
information through data. And, which case, I have... I have no means to make an
inquiry on those topics, but I need to take into account the constant history,
decade after decade, of the federal Government abusing its powers against the
independentist movement.
Journaliste :
...did I understand you correctly to
say that when you are in a meeting about a delicate matter, you put the phones
away like you leave them outside?
M. St-Pierre Plamondon :
Yes. Oh yes. Always. As much as I can.
But I'm still aware that what we know about where technology is and where
services from many countries, I mean, what is really secure as of today? It's a
good... It's a big question mark. And it's a big question mark for every
citizen. Our data is supposed to be safe, but what we're told is that it's
possible to crack mostly... almost every protection there is, if you have
secret services or people that are specialized in that field. So, I need to
take into account that environment, and... most importantly, take into account
the behavior of the federal Government in the 70s, in the 80s, in the 90s, and
so on and so forth. So, that's just the reality.
Le Modérateur : Merci
beaucoup.
(Fin à 11 h 12)