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(Neuf heures six minutes)
Mme Blanchette Vézina : Bonjour.
Bonjour, tout le monde. Point de presse aujourd'hui en compagnie d'Éric
Duhaime, le chef du Parti conservateur, et notre candidat dans Taschereau, Eliot
Estévez-Verville. Donc, très contente aussi de pouvoir mettre de l'avant des
gens... des jeunes qui s'impliquent en politique.
Je pense qu'il est important aujourd'hui
de mettre en lumière le fait que des données sont sorties récemment concernant
la création d'emplois ou plutôt les pertes d'emplois importantes qui se sont
faites dans les derniers mois au Québec par rapport au reste du Canada. Donc,
on parle de pertes d'emplois substantielles. Dans le dernier mois, c'est plus
de 42 000 emplois qui ont été perdus au Québec. Et, contrairement au
reste du Canada ou en Ontario, où des créations d'emplois du même chiffre ont
eu lieu, donc il ne crée pas d'emplois au Québec en ce moment, là, grand ralentissement
économique.
Et, pendant ce temps-là, bien, la première
ministre décide d'aller... d'aller rencontrer le président de la France. C'est
une priorité pour elle, visiblement, mais, pour nous, je pense qu'il est
important de rappeler que les Québécois en arrachent. Le prix de l'essence a
dépassé la barre des 2 $. Elle a promis en engagement pendant la course à
la chefferie qu'elle allait baisser la taxe sur l'essence. On attend toujours.
Elle a donné une mission au ministre des Finances, mais je pense que la
situation, elle est critique. Il ne se crée pas de richesse au Québec en ce
moment, et c'est... ça devrait être ça, la priorité, là, donc, de la première
ministre et du gouvernement. C'est primordial pour maintenir des services pour
les Québécois, mais aussi s'assurer que les Québécois puissent arriver à la fin
du mois. Alors, on attend toujours qu'elle réalise ses engagements.
M. Duhaime (Éric) : Merci
beaucoup, Maïté. Ça fait un mois aujourd'hui, hein, jour pour jour, que la
nouvelle première ministre est entrée en fonction, qu'elle a été élue
officiellement à la direction de la Coalition avenir Québec. Et, un mois plus
tard, les Québécois qui nous écoutent, là, se demandent encore qu'est-ce qu'elle
va faire pour leur portefeuille, pour leur coût de la vie. Parce que c'était
son principal engagement lors de sa course à la direction. Et il n'y a toujours
pas d'annonce concrète par rapport notamment au prix de l'essence. Les gens,
les Québécois en arrachent, Maïté vient de parler des chiffres de l'emploi, là.
Elle a parlé du dernier mois qui a été particulièrement mauvais pour le Québec,
mais, si vous le prenez sur une base annuelle, il s'est perdu, au Québec, 64 800 emplois
au cours de la dernière année, alors qu'il s'en est créé 67 000 au Canada.
Donc, j'arrive d'une tournée au Canada anglais, là, ils ne vivent pas la même
réalité, là, il y a un boom économique qui n'existe pas ici. Et, pendant ce
temps-là, ça ne semble pas être la priorité du gouvernement.
Pour nous, là, c'est... c'est à ça dont le
gouvernement doit répondre. C'est là-dessus, ça devrait être la priorité
absolue au moment où on se parle. Puis, malheureusement, oui, c'est vrai, ils
ont fait une belle campagne marketing depuis le début, là. C'est très beau,
très gentil, très bienveillant, mais malheureusement il n'y a absolument rien
pour relancer l'économie du Québec, qui en a pourtant grandement besoin. Sur
ce, ça va maintenant nous faire plaisir de répondre à vos questions.
Journaliste
: Mme
Blanchette-Vézina, est-ce que vous avez subi des pressions de la part de Mme
Fréchette, à l'époque où elle était ministre de l'Économie, pour que vous
changiez votre avis sur Nemaska Lithium?
Mme Blanchette Vézina :
Nemaska Lithium, c'est un dossier où j'ai des réserves, là, d'un point de vue
éthique, là. On vous rappellera qu'on a un code d'éthique, les anciens
ministres. Donc, je suis limitée dans ce que je peux vous dire quant aux
échanges qui sont confidentiels. Ceci étant dit, vous avez vu comme moi le
rapport qui a été transmis la semaine dernière aux parlementaires. S'il y a eu
de l'influence, ce que vous voyez dans le rapport est vrai, ça vient du
ministère de l'Économie et de l'Innovation.
Journaliste
: Donc,
vous reconnaissez qu'on a... qu'on a essayé d'influencer votre décision pour
que vous donniez un avis favorable.
Mme Blanchette Vézina : Moi,
ce que j'ai toujours dit à mes fonctionnaires, c'est que, s'il y a des
conditions qui doivent être mises pour s'assurer que le Conseil des ministres
prenne de bonnes décisions, bien, et que vous n'êtes pas convaincus que ces
conditions doivent être levées, gardez-le. C'est important que les ministres
puissent prendre des décisions sur la base d'informations qui sont justes et
complètes. Mais c'est certain qu'il y a des échanges entre les ministères pour
clarifier certains points, là, d'un point de vue économique ou d'un point de
vue de développement minier. Et c'est normal qu'il y en ait. Ceci étant dit, je
pense qu'il... ce qui est dit dans le rapport est exact.
Journaliste
: ...des
pressions qui étaient seulement du ministère de l'Économie, ça devait venir
aussi, j'imagine, du bureau... du bureau du premier ministre, si vous avez
changé... c'est que la pression était forte, là.
Mme Blanchette Vézina : Bien,
comme je vous dis, moi, j'ai toujours répété à mes fonctionnaires : Si
vous avez des réserves, donnez l'information qui est juste. Ne vous laissez pas
influencer d'un point de vue politique. Il faut s'assurer que le Conseil des
ministres puisse prendre des décisions justes. Et j'ai confiance au
ministère... aux fonctionnaires du ministère des Ressources naturelles sur ce
point-là.
Journaliste
: ...est-ce
que ça vous dérange que Mme Vézina ait autorisé qu'on verse comme ça des
centaines de millions à une entreprise?
M. Duhaime (Éric) :
Absolument pas, parce que j'ai lu le rapport, et le rapport dit justement que
la pression est venue d'un autre ministère. Donc, je pense que les Québécois
sont capables de tirer leurs conclusions.
Journaliste
: ...
M. Duhaime (Éric) : Oui.
Bien, écoutez, c'est... c'est clair qu'il y a eu de la pression politique, mais
ça ne venait pas de Maïté Blanchette-Vézina, ça, je peux vous le garantir.
Journaliste
:
...faisait pression aussi?
M. Duhaime (Éric) : Bien,
comme je vous dis, je suis limitée dans ce que je peux vous donner comme
informations, parce qu'il y a des choses qui ne sont pas publiques. Puis ça,
bien, c'est clair dans le... dans le code d'éthique des ex-élus, des ex-membres
du Conseil des ministres, là, que je dois garder la confidentialité, mais vous
avez lu comme moi le rapport. C'était une priorité pour le ministère de
l'Économie de développer la filière batterie. Je pense, c'est une priorité pour
le gouvernement. Ceci étant dit, moi, j'ai gardé... J'ai toujours dit aux
fonctionnaires que, si... si vous changez des conditions, c'est parce que vous
êtes convaincus que ces conditions-là doivent être levées, parce que vous avez
été répondus, ou les réponses aux questions que vous aviez ont été répondues...
Vous avez... vous les avez obtenues.
Journaliste
: ...parce
qu'ultimement je comprends les fonctionnaires, là, mais ultimement, la
responsabilité revient au ministre, de cette décision-là.
Mme Blanchette Vézina : Tout à
fait.
Journaliste
: Et
c'était vous, la ministre.
Mme Blanchette Vézina : Bien,
quand on reçoit un avis comme celui-là, de l'interne, tu sais, je peux vous
expliquer la mécanique, là. Il y a bien sûr un avis qui est donné. S'il y a des
conditions, bien, il y a... il peut y avoir des échanges entre les
fonctionnaires. Ensuite, moi, je m'en remets aussi au... à l'expertise, disons,
des professionnels du ministère, et c'est comme ça que je fonctionnais aussi.
S'il y avait eu des réserves à conserver, les fonctionnaires les auraient
conservées. Ils avaient toute la latitude de les conserver venant de moi.
Journaliste
: ...l'avis
à la fin, là, vous étiez à l'aise de le signer?
Mme Blanchette Vézina : Oui.
Journaliste
: M.
Duhaime, il y a un sondage ce matin qui montre que la CAQ remonte quand même un
peu, là, vous a dépassés. Comment vous expliquer, ça? Est-ce que les gens, ils
ont oublié François Legault?
M. Duhaime (Éric) : Bien, je
pense qu'il y a eu beaucoup de visibilité, comme je l'ai dit tantôt, depuis un
mois, le... On ne peut pas dire que la CAQ a manqué de visibilité, bien au
contraire. Et malgré... Puis il y a un phénomène aussi, là, tu sais, on regarde
les sondages puis regardez-les sur presque un an, là, tu sais, on voit qu'il y
a... la saveur du mois ou la saveur du jour, là, c'était le Parti québécois.
Après ça, ça a été les libéraux, après ça, ça... les libéraux l'ont perdue
rapidement, puis ils l'ont regagnée un peu. Là, aujourd'hui, la saveur du jour,
ça semble être Mme Fréchette. Mais ce que je note, surtout, c'est que nous,
notre vote est stable. Moi, j'espère que notre «peak», on ne le connaîtra pas
au mois de mai, on va le connaître le 5 octobre au soir. Je pense que
c'est ça qui est important.
On note de façon générale de ça, là, si on
prend un pas de recul puis si on regarde l'ensemble des sondages sur une
période un peu plus grande, on note quand même que, depuis un an, il y a une
lente mais constante glissade du Parti québécois. Je pense que c'est surtout ça
qu'on voit, là. Tu sais, ils ont quand même perdu pas loin de 10 points en
l'espace de huit, neuf mois. On voit que le Parti libéral, c'est en dents de
scie. Et... et là la CAQ, il y aurait une petite remontée. Donc, il n'y a pas
de... c'est... Les mouvements ne sont pas... ne sont pas drastiques,
aujourd'hui, là. Ce n'est quand même pas... On aurait pu s'attendre à ce que
l'arrivée, justement, de Mme Fréchette aurait... aurait donné un petit
bump, là. Quand on... on regarde ce qui s'est passé avec l'arrivée de Pablo
Rodriguez, par exemple, au Parti libéral, on avait noté une hausse beaucoup
plus importante et beaucoup plus rapide que celle qui est notée ce matin, là,
dans les sondages par rapport à la CAQ, là. On parle de quoi, 2 %,
3 % de plus? Donc, on est quasiment dans la marge d'erreur.
Journaliste
: Comment
vous expliquez la popularité, là, presque historique de Mark Carney, au Québec,
presque à 50 %?
M. Duhaime (Éric) :
C'est un... Ça, c'est une très bonne question. J'arrive d'une tournée au
Canada, justement, là, j'ai fait quatre, cinq provinces, au cours des derniers
jours, et c'est d'autant plus difficile à expliquer que c'est un premier
ministre qui, quand même, envahit les champs de compétence des provinces, ce
qui est une position historique que le Québec a... a toujours défendue de ne
pas... de ne pas avoir un gouvernement qui s'ingère. Moi, ce que j'appelle le
fédéralisme toxique, un gouvernement qui nous endette comme jamais, à un
déficit plus élevé, beaucoup plus élevé, presque deux fois plus élevé que ce
que Justin Trudeau nous a donné dans ses pires jours. Donc, c'est difficile de
comprendre qu'est-ce qui explique une popularité aussi grande. J'ai l'impression
que le vrai test pour M. Carmey, malheureusement pour lui, il n'est pas
encore arrivé. Le test ça va être cet été. Est-ce que oui ou non, il va réussir
à conclure une entente avec les Américains? C'est ce pour quoi il a été élu et
c'est ce que les Canadiens et les Québécois attendent. Maintenant, il va
falloir qu'on le juge surtout au résultat de ses négociations au cours de
l'été.
Merci beaucoup. Bonne journée.
(Fin à 9 h 15)