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(Neuf heures quatre minutes)
La Modératrice : Bonjour à
tous! Donc, vous allez... on va commencer la conférence de presse. Ensuite, on
va avoir une période de questions et, après, on aura une prise de photo
officielle si jamais on a le temps. Donc, on va commencer tout de suite avec Mme Sonia
Bélanger, ministre de la Santé et ministre responsable des Aînés et des proches
aidants.
Mme Bélanger : Oui.
Alors, bonjour à toutes et à tous! Alors, c'est avec beaucoup de fierté que je
suis ici, aujourd'hui, pour souligner une avancée concrète pour des centaines
de milliers de Québécois et Québécoises, grâce à la mobilisation de l'ensemble
du réseau et, en particulier, des médecins de famille et de leurs équipes.
Alors, je suis accompagnée d'ailleurs de médecins de famille. Nous avons
atteint et même devancé un objectif majeur que nous nous étions fixé dans le
cadre de notre entente avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec.
Concrètement, qu'est-ce que ça veut dire? Alors, ça signifie qu'au moment où on
se parle, il y a 556 000 personnes, 556 473 personnes — pour
être exacte — supplémentaires qui ont maintenant accès à un médecin
de famille ou à un groupe de médecins de famille. Parmi ces 556 000 personnes,
on compte plus de 220 836 personnes vulnérables qui sont donc
affiliées directement à un médecin de famille. Derrière ces chiffres, il y a
des réalités bien humaines, on le sait, et c'est pourquoi notre gouvernement a
pris le temps de faire une entente avec la FMOQ qui visait, justement, à faire
en sorte que, d'ici le 30 juin, on puisse atteindre plus de 500 000 Québécois,
Québécoises ayant accès à un médecin de famille ou à un GMF.
Alors, aujourd'hui, on dépasse cette cible-là.
Et je tiens à souligner le travail de collaboration avec la FMOQ, mais aussi
avec les médecins du Québec qui travaillent au sein des GMF et nos équipes
professionnelles interdisciplinaires, vous le savez, les IPS, nos infirmières,
infirmières auxiliaires, travailleurs sociaux, tellement importants pour l'accès
aux soins et aux services.
Alors, c'est une réussite, on peut le dire
comme ça. Puis ce n'est pas un hasard. Ce n'est pas un hasard, parce qu'on a
travaillé très fort, à tous les niveaux, au niveau stratégique, au niveau des
opérations sur le terrain avec l'ensemble des GMF. Et ça découle directement de
changements importants qu'on veut amener dans l'organisation du travail pour
améliorer la première ligne au Québec. Alors, on veut passer à une première
ligne qui est plus accessible. Et, bien sûr, ça passe avec l'entente avec la FMOQ,
avec l'accès à un médecin de famille qui est tellement important, mais aussi
avec l'accès aux autres professionnels. Alors, aujourd'hui, ce que ça témoigne,
c'est que, quand nous travaillons ensemble, quand on se donne des objectifs
clairs, mesurables — très important — mesurables et que
nous mettons les efforts nécessaires, nous sommes capables de livrer des
services à la population. Et je tiens sincèrement à remercier l'engagement des
médecins de famille du Québec qui sont au cœur de cette première ligne. Ils ne
sont pas seuls cependant. Et ça, j'aime le répéter. Les médecins de famille
sont au cœur de la première ligne, mais on a aussi, et c'est très important, l'implication
de plusieurs professionnels qui peuvent faire la différence aussi dans la vie
des personnes. Le travail des médecins de famille fait une grande différence
chaque jour dans la vie des gens. Alors, comme je le disais tantôt, notre
objectif initial, qui était d'atteindre plus de 500 000 personnes d'ici
le 30 juin, est atteint au moment où on se parle. Alors, on est très
contents de ça. Il faut se féliciter. On a réussi à faire bouger ce curseur en
peu de temps et ça va continuer.
Le défi maintenant va être vraiment de
continuer à faire progresser cette cible avec d'autres professionnels de la
santé, notamment avec les IPS. Alors, vous le savez, j'ai aussi annoncé qu'on
souhaitait avoir des cliniques IPS au Québec. Ça fait aussi partie de la
première ligne, des cliniques IPS publiques avec les CLSC. Alors, ce n'est pas
en contradiction avec ce qu'on annonce aujourd'hui, c'est en complémentarité.
Les besoins sont importants au Québec, notamment en lien avec le vieillissement
de la population. Et notre ambition ne s'arrêtera pas ici. On veut continuer d'améliorer.
Bien sûr, le curseur a bougé. On est à plus de 500 000, plus de 19281200 000 personnes vulnérables. Mais
il faut que ça continue. Alors, on a une population qui vieillit au Québec,
notamment avec des problèmes de santé dans certains cas, alors il faut donc
continuer à s'assurer de répondre aux besoins des Québécois, Québécoises.
Alors, aujourd'hui, l'objectif de cette
conférence de presse, c'était d'annoncer une étape importante qui est franchie,
mais aussi un moment charnière qui est très encourageant pour la suite des
choses. D'ailleurs, je veux aussi en profiter pour souligner l'arrivée, dès le
1er juillet, d'une nouvelle cohorte de médecins, plus de 400 médecins
qui viendront renforcer les soins et les services. Ce n'est pas rien. C'est un
engagement que le gouvernement avait pris, d'augmenter le nombre de médecins au
Québec. Alors, au 1er juillet, c'est du concret, il y en a 400 qui
arrivent. Et puis je ne veux pas les stresser, mais on va les accueillir à bras
ouverts puis on va surtout les accompagner, parce que c'est important quand on
débute une pratique, et notamment au niveau de la médecine familiale.
Alors, c'est une collaboration de tous, et
je suis très heureuse de ça. Et on va continuer. On a encore du travail à faire
pour améliorer plusieurs choses. Je suis certaine que j'aurai des questions à
ce sujet-là tantôt. Je vous reviendrai pour la période de questions. Merci.
La Modératrice : Merci, Mme
Bélanger. Je vais laisser la parole maintenant à M. Dr Amyot, président de la
FMOQ.
M. Amyot (Marc-André) : Alors,
bonjour. Effectivement, c'est une bonne nouvelle ce matin. Puis le contexte
n'est pas nécessairement facile au Québec avec la pénurie d'au moins
2 000 médecins de famille. L'objectif était ambitieux, 500 000
patients, dont 180 000 vulnérables. Mais on peut dire ce matin
mission accomplie. Mission accomplie, mais il restera des éléments à suivre,
là. La vie ne s'arrête pas aujourd'hui. Le processus continue. Il y aura la
mise en place du nouveau mode de rémunération. Et tout ça, ça s'inscrit dans un
continuum pour améliorer l'accessibilité des soins à la population.
Merci aux médecins de famille du Québec
qui ont contribué. Merci aux équipes du gouvernement, de Santé Québec. Merci
pour la collaboration, Mme la ministre. On est dans une nouvelle ère. Et c'est
dans cet esprit de collaboration là qu'on peut améliorer le réseau de la santé.
Maintenant, les GMF ont accepté de revoir
leur mode d'organisation. Et le degré d'avancement varie d'un GMF à l'autre. Et
le fait, pour le programme GMF, qu'on ait réussi à s'entendre pour le geler
pour les cinq prochaines années, ça donne une prévisibilité pour les médecins
pour louer des locaux supplémentaires, embaucher des professionnels avec qui
les médecins vont pouvoir travailler en interdisciplinarité.
Il y a même des médecins de deuxième
ligne, hein? Quand je dis la deuxième ligne, là, des médecins qui travaillent à
l'hôpital, des médecins d'urgence qui sont venus prêter main-forte en première
ligne pour offrir des services. Docteur Renaud en est un bon exemple. Docteur
Renaud, c'est un médecin d'urgence, mais il est venu prêter main-forte en
première ligne.
On a demandé aussi, depuis deux ans,
compte tenu de la pénurie, aux médecins qui sont près de la retraite de pouvoir
reporter le plus possible leur prise de retraite. Ce que ça fait, là, chaque
mois supplémentaire qu'un médecin près de la retraite donne, bien, c'est des
services supplémentaires aux patients. Puis Mme la ministre, vous l'avez nommé,
il y a une nouvelle cohorte de nouveaux médecins qui arrivent le
1er juillet, alors c'est important, ça.
La population, particulièrement les
vulnérables, vont être pris en charge, et ça, c'est important, les patients qui
en ont le plus besoin. Puis c'est dans... c'est dans la nature même du médecin
de famille, de s'occuper des patients, de donner des soins. Les médecins de
famille, là, ils décident de faire cette profession-là, une des plus belles, en
passant... décident de faire cette profession-là pour donner des soins, pour
donner des services à la... pour aider la population. Donc, ça fait partie de
notre ADN. Et on est très fiers ce matin d'avoir atteint l'objectif. Mais je
vous le dis, on ne s'arrête pas là. Le travail continue en collaboration pour
améliorer les services avec tous les autres professionnels de la santé. Puis je
remercie aussi le comité de suivi qui regroupait Santé Québec, le ministère,
qui regroupait la RAMQ, pour justement aplanir les difficultés puis les défis
qu'on a rencontrés durant les derniers mois pour atteindre l'objectif. Alors,
merci.
La Modératrice : Merci. Donc,
on va ouvrir la période de questions. Je tiens à souligner aussi la présence de
la Dre Anne-Marie Beaulieu, qui est médecin de Québec, si jamais vous avez des
questions. Donc, n'oubliez pas de vous nommer, aussi le média que vous
représentez. Une question, sous question par journaliste et uniquement sur
l'annonce du jour. Merci.
Journaliste : Bonjour.
Mme Bélanger : Bonjour.
Journaliste : Je voudrais
savoir... J'aimerais que vous précisiez pour les patients vulnérables, là. Vous
en avez parlé un petit peu, mais est-ce que... donc... bien, je recommence. Il
y a toujours la première question, c'est-à-dire : Bon, les patients sont
inscrits, mais est-ce qu'ils vont voir un médecin? Donc, quelle garantie vous
avez que ces 500 nouveaux patients inscrits, là, ne feront pas juste
figurer sur une liste, mais vont vraiment avoir un accès à en cabinet?
Mme Bélanger : Bien, d'abord,
c'est extrêmement important. Là, on le voit, 556 000 patients au
total qui, donc, sont confirmés, soit en mode d'inscription collective, donc ça
veut dire qu'on est affilié à un GMF, ou, dans le cas des personnes
vulnérables, 220 000, ceux-là se voient affiliés, donc, directement à un
médecin.
Puis, vous savez, je pense que c'est
important qu'on se dise les choses au Québec, là. Ce n'est pas tous les
Québécois, Québécoises qui ont toujours besoin de voir un médecin. Les
Québécois, Québécoises ont besoin de voir le bon professionnel en fonction de
leur problématique de santé ou de leur évaluation de leur état de santé, et
c'est là que les GMF ont un rôle extrêmement important. Et puis il y a des
personnes qui peuvent être prises en charge par une IPS, d'autres vont être
prises en charge par le médecin, mais n'auront peut-être pas besoin de le voir
dans l'année, mais ils vont avoir besoin, pour la represcription des
médicaments ou pour d'autres suivis, d'avoir accès à un professionnel, et ça va
très bien répondre aux besoins.
Ça fait que c'est cet équilibre-là qui est
important. Mais, pour les patients vulnérables, ce qu'on appelle les
vulnérables, puis on a eu beaucoup de discussions, Dr Amyot et moi, puis
d'ailleurs on a eu une entente à ce niveau-là, c'est extrêmement important.
Comme ministre de la Santé, mon message, c'est que les personnes qui sont dans
la catégorie vulnérable, c'est-à-dire que les gens qui ont des maladies
chroniques, plusieurs maladies chroniques, qui ont un cancer, par exemple,
bien, ça va de soi, qu'il faut qu'il y ait un médecin qui soit dans leur parcours
de suivi. C'est extrêmement important. C'est une question de qualité des soins
et services.
Journaliste : Mais justement,
pour les vulnérables, il était question de leur offrir la possibilité de voir
un médecin dans un délai d'un an. Ça, est-ce que c'est maintenu? Et quelle
proportion pourrait voir, donc, leur médecin dans au moins une année, là?
Mme Bélanger : Oui. Bien, en
fait, j'ai le goût de vous dire : C'est en fonction des besoins. Puis ça,
c'est extrêmement important parce que, oui, il y a une cible d'un an, mais
un an, ce n'est pas... je veux dire, si quelqu'un a des besoins de santé, il
faut que ça soit répondu. Alors, il n'y a pas une proportion qui est
identifiée. Aujourd'hui, l'étape, c'était de s'assurer qu'on avait les inscriptions.
Maintenant, on doit travailler à améliorer le fonctionnement de nos GMF, et
c'est ça qui s'en vient dans les prochaines étapes.
Journaliste
: Bien, je
veux juste être claire. Vous dites donc aux patients vulnérables qui sont
nouvellement inscrits qu'ils pourront voir un médecin dans un minimum
d'un an ou plus tôt.
Mme Bélanger : Au plus tôt,
au plus tôt, s'ils en ont de besoin, parce que c'est toujours selon le besoin
de la personne. Tu sais, la promesse, ce n'est pas : À l'intérieur
d'un an, vous allez voir un médecin, c'est si vous en avez de besoin.
C'est extrêmement important. Alors...
Puis je veux revenir avec
l'interdisciplinarité. On a eu beaucoup de discussions sur
l'interdisciplinarité, puis notamment quand j'ai mené les travaux sur le projet
de loi l'hiver dernier, donc, projet de loi qui venait abolir plusieurs
articles du projet de loi précédent, et on a mis un article dans ce projet de
loi pour parler des IPS, des autres professionnels de l'interdisciplinarité des
pharmaciens. Ça fait qu'il faut voir ça comme un ensemble d'éléments. Alors,
c'est important.
Puis... donc... Alors, voilà, on va de
l'avant, on continue, puis on va améliorer nos GMF, le fonctionnement de nos
GMF, s'assurer qu'ils aient le personnel nécessaire aussi. C'est extrêmement
important.
Journaliste
: Merci.
Journaliste
: Oui,
bonjour. C'est sûr que l'arrivée de 500 000, ça va forcément créer une
espèce de goulot, puis vous n'avez pas plus de médecins. Donc, comment vous
allez faire pour accueillir ce nouveau flot de patients là? Je comprends que
vous dites : Ça va être aux besoins, là. Il y a-tu plus de monde au GAP?
Il y a-tu plus d'infirmières dans les cliniques? Il y a... tu sais, il...
Mme Bélanger : Oui, mais
n'oublions pas qu'on a quand même une cohorte de 400 médecins qui arrivent
au 1er juillet, là, qu'ils... ça... et ça va... ça va rendre service
vraiment. On a augmenté le nombre d'inscriptions dans les facultés de médecine
au Québec. On a fait ça, comme gouvernement, au début des années 2020, et
là on voit les résultats, là. Ces cohortes-là qui ont été augmentées dans les
quatre facultés de médecine, ils arrivent sur le terrain, là, au fur et à
mesure, et ça va aider grandement 19281et
ça va aider grandement. Je laisserais peut-être Dr Amyot pour répondre.
M. Amyot (Marc-André) : Oui.
Bien, concrètement, là, je vais vous donner un exemple. Auparavant, un
diabétique était vu trois, quatre fois par année par son médecin. Maintenant,
en travaillant en interprofessionnalisme avec des infirmières, des pharmaciens,
d'autres professionnels, le patient va être vu une fois par année par son
médecin, trois fois par année par les autres professionnels. Évidemment, s'il y
a besoin de voir le médecin deux, trois fois...
Journaliste
: C'est une
moyenne que vous anticipez?
M. Amyot (Marc-André) :
Bien, c'est un exemple concret, là, mais c'est vrai avec le patient hypertendu.
Alors, l'infirmière... le médecin fait le diagnostic, peut amorcer une
médication, puis l'ajustement se fait par l'infirmière. Ça libère des plages
pour offrir des services à davantage de population. C'est ça, l'avantage de
l'interprofessionnalisme, de travailler en groupe. Et là quand je disais tantôt
le programme GMF... si on le gèle pour cinq ans, on peut louer des locaux
supplémentaires, embaucher des professionnels supplémentaires, justement, pour
améliorer puis augmenter l'offre de services. Mais je veux être bien clair,
là : le patient qui a besoin de voir le docteur, qu'il soit vulnérable ou
pas, il va pouvoir voir le médecin.
Journaliste : J'aimerais ça
peut-être entendre un des deux médecins là-dessus, justement, comment vous vous
organisez dans votre clinique ou individuellement comme professionnel. Tu sais,
par exemple, dans... Je pense que vous, vous êtes à Lebourgneuf?
Mme Beaulieu (Anne-Marie) :
Oui.
Journaliste
: Bon,
est-ce que Lebourgneuf... vous avez accepté de prendre, je ne sais pas moi,
1 000 patients? Puis est-ce que vous avez embauché un ergothérapeute?
Tu sais, comment vous vous organisez dans la clinique pour ça?
Mme Beaulieu (Anne-Marie) : Bien,
en fait, concrètement, ce qui arrive en ce moment, c'est qu'il y a une
prévisibilité pour les médecins sur le terrain. On connaît notre programme, on
connaît les ressources pour les cinq prochaines années pour nous supporter dans
le suivi de ces patients-là qui sont vulnérables. Alors, ça fait longtemps
qu'on est organisés, nous, en collaboration. Puis, en sachant ce qui s'en
vient, on peut s'engager du personnel personnellement, des infirmières
cliniciennes, par exemple, qui travaillent en collaboration, en dyade avec
nous, qui nous permet de prendre en charge plus de patients, parce que, nos
infirmières cliniciennes, elles ont énormément de connaissances au niveau de la
santé puis de... du suivi des maladies chroniques. C'est des spécialistes de ça
dans nos GMF. Donc, ces professionnels-là peuvent nous aider. Évidemment, quand
il y a un débalancement qui survient au niveau d'une maladie, là, le médecin
est utile. Alors, voir mon patient diabétique quatre fois par année pour lui
dire : Ça va bien ton diabète, continue le même traitement, est-ce que
c'est un bon rendez-vous ou je serais mieux de voir un nouveau patient qui a un
nouveau diabète qui est débalancé? Donc, je pense que c'est comme ça qu'on va
s'organiser...
Journaliste : Mais
concrètement, savez-vous, dans votre clinique, par exemple, combien de patients
de plus vous allez...
Mme Beaulieu (Anne-Marie) :
Dans notre clinique, c'est des milliers de patients de plus qu'on a... qu'on a
inscrit, là, dans les derniers mois. On en avait pris énormément dans les
dernières années aussi. Alors, j'ai un collègue qui a pris plus de
1 000 patients qui s'était engagé une infirmière, un pharmacien pour
travailler avec lui en collaboration. Donc, il y a des médecins qui sont en
train de s'organiser pour offrir un accès adapté à tous ces patients-là.
Journaliste : Merci.
M. Renaud (Pascal) : Oui,
je vais peut-être ajouter. Comme, dans la région de la Capitale-Nationale,
c'est 160 médecins qui ont pris des inscriptions supplémentaires de façon
individuelle. Donc, c'est à peu près 30 % des médecins. Donc, les médecins
qui ont pris la décision d'en prendre plus savent qui ont la capacité de les
voir. Donc, ça peut, un peu, peut-être, répondre à la première question sur
cette inquiétude-là. Donc, ce n'est pas tous les médecins qui en ont pris de
façon individuelle, mais ils ont regardé leurs horaires, ils ont regardé leurs
ressources puis ils ont dit : Bien, moi, je peux me permettre de me
libérer des rendez-vous pour prendre ces patients supplémentaires là. En
inscription collective, c'est 33 cliniques GMF dans la région qui en ont
pris aussi. Pour un chiffre... pour Québec, c'est plus de
38 000 inscriptions individuelles supplémentaires qui ont été pris
depuis le 15 novembre puis 64 000 inscriptions collectives de
plus. Donc, c'est 100 000 patients de plus pour la région de la
Capitale-Nationale qui ont une prise en charge individuelle ou collective. Puis
ce qu'on a aussi par rapport à ça, c'est qu'à chaque inscription collective, ça
s'assure qu'il y a un rendez-vous supplémentaire qui se donne. Donc, oui, il va
y avoir des rendez-vous supplémentaires puis de l'accès supplémentaire pour les
patients dans la région.
Journaliste : Bonjour. Juste
avant mes questions, je suis désolée, je vous ai mal entendue tantôt,
Mme Bélanger, là...
Mme Bélanger : Oui, il y
a beaucoup de bruit, hein? Je fais juste vous dire, c'est très difficile.
Est-ce qu'on peut aller peut-être apaiser un peu... Merci.
Journaliste : Vous avez dit
les 220 000 patients vulnérables. Est-ce qu'ils ont des inscriptions
individuelles ou collectives?
Mme Bélanger : Je
m'excuse, je ne vous entends pas du tout. Il y a vraiment trop de bruit.
Une voix : ...
Mme Bélanger : Merci.
Très difficile d'entendre.
Journaliste : Les
220 000 patients vulnérables, est-ce qu'ils ont des inscriptions
collectives ou individuelles? Vous avez dit tantôt...
Mme Bélanger : Dans les
220 000 personnes vulnérables, ce qui était visé, c'étaient des
inscriptions individuelles.
Journaliste : Mais est-ce que
c'est le cas en ce moment?
Mme Bélanger : Bien,
écoutez, on est en train de valider tout ça. C'est la consigne qui a été
donnée. Et initialement, 19281au début
de l'entente, ce n'est pas comme ça que ça avait été compris. On peut se dire
ça comme ça. Puis, en cours de route, bien, il y a des médecins qui nous ont
dit : Nous, on est capables d'en prendre en inscription individuelle, des
patients vulnérables, et on en veut. Moi, j'ai rencontré des médecins, là, qui
nous disaient : Mme Bélanger, on veut prendre des vulnérables. Alors, on a
ajusté, on s'est entendus là-dessus. Alors, dans les 200 villes... dans
les 220 000 personnes qui sont catégorisées vulnérables, c'est aussi
le jugement clinique des médecins. Puis un médecin peut prendre des gens en
collectif puis décider qu'il va les prendre par la suite en individuel. Ça fait
qu'il y a tout ça aussi, là, qu'il faut évaluer. Puis il faut laisser le
jugement clinique, vraiment, donc qu'il soit omniprésent, bien sûr, là.
Journaliste : ...pour
l'instant, on ne le sait pas. OK. Mes questions maintenant. Il y a quand
même... puis là, ce n'est pas moi qui le dis, là, c'est la RAMQ ou c'est le
collège ou votre propre ministère, là, il y a quand même 22 % des patients
inscrits collectivement qui ne vont jamais mettre leur pied dans leur... le
pied dans leur GMF, de référence, qui vont aller ailleurs dans le réseau. Les
rendez-vous en collectif coûtent deux fois plus cher à l'État. Puis le
collège...
M. Amyot (Marc-André) : Non.
Journaliste : Je vous... Je
vous invite à me corriger si vous n'êtes pas d'accord. Puis le Collège des
médecins, votre ordre professionnel, dit que ce n'est pas de la prise en
charge, ce qui est offert. Puis j'ai remarqué, Mme la ministre, que vous
n'utilisez plus cette expression-là. Vous, Dr Amyot, vous l'utilisez encore.
Donc, je voulais justement vous offrir l'occasion : Est-ce que vous êtes
en désaccord avec le fait que le collège, notamment, dise que ce n'est pas de
la prise en charge ou que ça coûte plus cher, ce type de rendez-vous là?
Mme Bélanger : OK.
M. Amyot (Marc-André) : Je
peux le prendre.
Mme Bélanger : Bien oui.
Allez-y.
M. Amyot (Marc-André) : C'est
une réelle prise en charge. Puis ça, le collège l'a reconnue, là. Dans les
échanges qu'on a eus au début avec le Collège des médecins, il parle d'une
prise en charge par un groupe de professionnels. L'inscription, là, collective,
ce n'est pas un GMF qui prend collectivement des patients. C'est un groupe,
collectivement, qui prend en charge un ou des patients, et ils le suivent.
Vous avez raison, il y a un certain nombre
de patients qui ne sont pas orientés dans leur clinique. On travaille là-dessus
pour les orienter dans la bonne clinique. Mais quand un patient est vu dans une
clinique, il peut être réorienté par le médecin dans sa clinique d'origine.
Puis il y a un épisode de soins. Quand on appelle un épisode de soins, là, si
vous faites une pneumonie puis vous avez besoin d'un suivi, bien, vous allez
être pris en charge par l'équipe. Si vous avez un problème de santé chronique,
vous allez être pris en charge par l'équipe.
Est-ce que c'est plus... Est-ce que ça
coûte plus cher? Non. Ça, les chiffres, là, on pourra les regarder ensemble.
Mais c'est clair que l'inscription collective, ça ne coûte pas nécessairement
plus cher. L'objectif, c'est de donner des services à la population dans un
contexte de pénurie de médecins de famille puis d'offrir le bon rendez-vous au
bon professionnel.
Journaliste : Là, juste pour
être claire, là, je m'excuse, mais le collège, je leur ai parlé encore la
semaine dernière, là, puis eux disent : Ce n'est pas de la prise en
charge. Mais vous, vous êtes... C'est correct, là, si ce n'est pas votre
opinion. Mais vous n'êtes pas d'accord avec ça?
M. Amyot (Marc-André) : Bien,
c'est... ce n'est pas une prise en charge individuelle, ce n'est pas une prise
en charge individuelle, c'est vrai. Ce n'est pas une prise en charge par un
médecin de famille, mais c'est une prise en charge par un groupe de
professionnels.
Journaliste : Puis autre
précision. Vous dites, vos collègues également, il y a quand même... il y a à
peu près 150 millions, là, attachés à ça, puis vous dites : Ça va
permettre d'embaucher des ressources dans les GMF. Mais vous aviez déjà de
l'argent. Tu sais, pour l'embauche d'une IPS, c'étaient 36 000 $, par
exemple. Là, pour les pharmaciens, pour les ergos, les autres professionnels,
je ne sais pas. Mais je ne comprends pas pourquoi... Pourriez-vous m'expliquer,
en fait, pourquoi vous dites que ça va permettre l'embauche quand il y avait
déjà des primes associées à l'embauche de ces professionnels-là?
Mme Bélanger : Bien, il y a
deux choses, là.
Journaliste : Même chose pour
les locaux d'ailleurs dans les GMF, il y avait des sous rattachés à ça.
Mme Bélanger : Bien oui,
c'est-à-dire qu'il y a un modèle GMF qui a été écrit il y a déjà plusieurs,
plusieurs années. Et, comme tout modèle, bien, tu sais, les frais de bureau
augmentent, le salaire des employés augmente, le salaire des employés de la
fonction publique augmente. Alors, quand un médecin veut engager une
infirmière, bien, vous comprenez qu'il faut qu'il considère ces éléments-là
aussi. Alors, c'est normal, c'est juste normal, après 10 ans, 15 ans,
20 ans, de revoir le modèle GMF. Alors, c'est ça qui est en... qui est en
train d'être révisé. Puis, si on demande aux médecins de voir plus de patients,
d'ouvrir plus de plages horaires... puis je vais dire aussi que dans certains
GMF, il y a des obligations de donner, selon le niveau de GMF puis le contrat
qu'on a, d'offrir des services sept jours sur sept, là, alors, bien, ça va de
soi que le personnel ne travaillera pas sept jours sur sept. Alors, il va
falloir qu'ils doublent les équipes, si on veut. Alors, c'est juste normal
qu'ils ajoutent des ressources humaines. Puis, vous savez, quand on travaille
en interdisciplinarité, si on veut dégager les médecins pour que les médecins
puissent voir vraiment les personnes qui sont malades ou qui ont des situations
un peu plus aiguës, bien, il faut permettre qu'il y ait des professionnels qui
soient formés. Alors, il faut renforcer nos équipes interdisciplinaires. Je
vous rappelle que les IPS, on en a formé plus de 2 000 au Québec,
2 000. On va continuer à former des IPS parce qu'on va aussi développer la
prise en charge sur les IPS, notamment avec les cliniques CLSC. Ça fait qu'il
ne faut pas regarder la première ligne seulement avec les GMF. Aujourd'hui, on
parle des GMF, mais il y a toute une évolution qui a été faite, puis je peux
vous le dire parce que j'en ai été témoin au fil des 10 dernières années
de la volonté de travailler en équipe interdisciplinaire.
Journaliste : Donc, ce que
vous me dites, c'est les montants dans les lettres d'entente pour le loyer,
pour l'embauche d'IPS, etc., n'étaient pas suffisants, c'est ça?
Mme Bélanger : Bien, je n'ai
pas dit que ce n'était pas suffisant. Non, je n'ai pas dit ça. J'ai dit que ce
qui a été négocié dans la lettre d'entente, c'est normal qu'il y ait eu, donc,
les montants qui ont été négociés avec l'entente. Je ne faisais pas partie
du... du comité de négo, mais, dans l'entente, on vient renforcer nos GMF, ce
n'est pas seulement des primes et des primes. On n'est pas seulement là-dedans.
Journaliste : Juste une
dernière petite chose, il y avait eu un édito dans La Presse, entre autres,
là-dessus, il y a des patients, là, en CHSLD, etc., qui n'avaient pas besoin
d'être inscrits, qui avaient reçu des lettres. Là, je comprends que vous
n'envoyez plus de lettres. Vous considérez les patients comme inscrits. Donc,
comment on fait pour s'assurer qu'il n'y a pas d'erreur dans le chiffre que
vous donnez ce matin? Tu sais, quel suivi on fait sur le besoin réel, là, du
patient qui a son inscription?
M. Amyot (Marc-André) : Bien,
puis l'autre exemple, c'est des patients qui peuvent décéder entre le moment où
le processus est fait et l'inscription, mais ces patients-là vont être
remplacés par d'autres, d'autres patients, tout simplement, là. Quand le
médecin va se rendre compte que le patient est décédé ou que le patient est en
CHSLD... Parce que, dans la période de transition, là, le patient peut être en
attente d'un lit en CHSLD, il est éligible à avoir un médecin de famille parce
qu'il est à domicile puis, quand il est admis en CHSLD, bien, dans cette
période-là.
Journaliste : Mais ça peut
prendre un an avant que le médecin s'en rende compte, puisque tantôt vous avez
parlé d'un délai d'un an.
M. Amyot (Marc-André) : Bien
non, non, non, ça va prendre beaucoup moins de temps que ça.
Mme Bélanger : OK. OK. Les
systèmes d'information au Québec, là, on en a parlé amplement dans les derniers
jours, nos systèmes doivent être mieux intégrés, hein? Alors, on a le registre
des décès. On a donc différents systèmes d'information, des patients qui
arrivent, par exemple, en hébergement de soins de longue durée. Alors, c'est
normal qu'à partir du moment, avec la RAMQ, qu'on envoie des lettres, ces
systèmes-là ne sont pas nécessairement parfaitement harmonisés, mais il n'y a
pas un problème là, là, ne faisons pas un problème là. Toutes ces situations...
toutes ces...
Journaliste
: Mais, Mme
la ministre, mais la dame de 99 ans en CHSLD...
Mme Bélanger : Je veux juste
quand même revenir. Toutes ces situations-là sont regardées en individuel et
sont corrigées. Mais, c'est très important, on parle de quelques cas. Les gens
qui ont reçu des lettres étaient en grande majorité les bonnes personnes,
alors...
Journaliste : Comment vous le
savez que c'était...
Mme Bélanger : Bien, en fait,
on le sait parce que les médecins ont reçu, là, ces patients-là. Alors... Puis
la RAMQ fait la vigie de tout ça. Alors, c'est important, puis on n'est pas
pour s'empêcher d'aller de l'avant à inscrire des patients en attendant que
tous les registres soient harmonisés. Ça ne fonctionne pas comme ça, malheureusement.
Un jour, oui, si on continue de bien travailler au niveau des TI. Mais moi, je
suis très satisfaite, là.
Aujourd'hui, il y a une majorité de
patients qui vont avoir accès à un médecin de famille ou affilié à un GMF.
Alors, je pense qu'on doit se réjouir de ça. C'est une immense avancée.
La Modératrice
: On va
passer à la prochaine question, vraiment s'en tenir à une question, sous
question pour laisser la place à vos collègues journalistes. Merci.
Journaliste : Vous avez
dit : Il y aura 400 nouvelles ou nouveaux médecins qui seront dans le
réseau à partir de juillet. Combien de médecins ont pris leur retraite cette
année?
Mme Bélanger : Je peux
laisser Dr Amyot en parler, mais si on veut faire, tu sais, référence au départ
versus l'année passée, parce qu'à chaque année il y a des médecins qui quittent
la profession, soit pour aller à la retraite, ou pour aller travailler
ailleurs, ou pour d'autres situations, grosso modo, c'est environ
30 médecins cette année de plus que l'année passée qui ont quitté, donc
qui ont quitté...
Journaliste
: Le
chiffre global.
Mme Bélanger : Le chiffre
global, je pourrais vous le donner tantôt, j'ai eu l'occasion de le sortir
hier.
Journaliste : Donc, 518.
Mme Bélanger : C'était
combien?
Journaliste : Donc, il y a
518. Il y a 30 de plus à ce 518, donc 548. Donc, puis il y a 400 nouveaux
qui rentrent. Donc, il y a un manque à gagner d'une centaine, 150 médecins
environ.
Mme Bélanger : Oui, Mais à
chaque année, il y avait un manque à gagner. Je veux quand même le dire, hein,
cette année, c'est l'année quand même... Puis quand on regarde l'évolution, à
chaque année, on est à 400, 500 médecins qui quittent, là. C'est un
roulement qui est naturel. Alors, cette année, ce qu'il y a de nouveau, c'est
qu'on en fait rentrer plus fait, ça qu'il faut vraiment le regarder comme ça
aussi. L'an prochain, c'est un autre 400, et etc., là. Ça fait qu'on s'en va
vers l'augmentation du nombre de médecins au Québec pour justement19281travailler à améliorer cette tendance de
médecins, plus de médecins qui sortent que d'autres qui rentrent. Ça fait qu'on
arrive, on s'en vient à la bonne place.
Journaliste : Ce que M., Mme
Tout-le-monde risque de se dire ce matin, et j'oublie votre nom...
Une voix : ...
Journaliste : Docteur Renaud
a dit : On a regardé nos plages horaires, puis on s'est rendu compte qu'on
avait de la place, ça fait qu'on a pu ajouter du monde. Donc, pourquoi ça a
pris... ça a pris cette entente-là pour finalement que les médecins réalisent
qu'il y avait peut-être de la place pour accueillir ou envoyer
500 000 lettres?
Mme Bélanger : Non, mais
écoutez, je pense que, là, vous faites référence à l'entente en lien avec la
FMOQ. Cette entente-là devait être... renégociée. On fonctionne avec entente
avec le gouvernement et la FMOQ...
Journaliste : ...ma question,
c'est : Il y a de l'espace soudainement, pourquoi là, là?
Mme Bélanger : Oui. Bien, il
y a... il n'y a pas de... il n'y a pas de l'espace soudainement. Il y a une
volonté des médecins d'améliorer la prise en charge. Puis on travaille dans
l'organisation du travail. Alors, c'est tout un travail de fond. Il ne faut pas
penser que c'est quelque chose qui est facile comme ça. Si ça avait été si
facile que ça, on l'aurait fait. Ce n'est pas ça du tout. On est dans un
changement de perspective. Puis je vais laisser le médecin, c'est la meilleure
personne pour vous répondre.
M. Renaud (Pascal) : Bonjour.
Donc, les médecins ont changé leur façon de travailler. Docteur Amyot l'a
souligné tout à l'heure, c'est ça, la clé, là. Par exemple, moi, je faisais...
j'ai une pratique exclusive à l'urgence. J'ai décidé de venir donner un coup de
main en première ligne avec des patients GAP, mais je ne le fais pas seul. À
travers ma rémunération, je paie de mes... de ma rémunération une infirmière qui
m'aide, avec moi, qui n'est pas fournie par le GMF, qui n'est pas fournie par
le réseau. C'est moi qui a décidé de travailler et de... avec elle parce que
j'étais plus productif quand je faisais ça, je pouvais avoir plus de patients
puis plus... donner plus d'accès à la population. Donc...
Journaliste : ...déjà une
enveloppe budgétaire que... pour que vous puissiez engager...
M. Renaud (Pascal) : Non.
C'est... C'est ma rémunération à moi qui le paie. Puis cette nouvelle entente-là
m'a permis de dégager des sommes, qui fait que je ne travaille pas à perte.
J'ai un revenu supplémentaire qui me permet d'engager un autre professionnel à
même ma rémunération pour offrir des services à la population, ce qui n'était
pas aussi facile avant.
Maintenant aussi, on peut prévoir pendant
cinq ans qu'est-ce qui va se passer, donc c'est plus facile pour les GMF de se
dire : Oui, j'engage quelqu'un. Puis Dre Beaulieu travaille en dyade aussi
avec une infirmière qu'elle rémunère elle-même avec sa rémunération, qui lui fait
voir plus de patients. Donc, ce changement de mode de pratique là, des
médecins, fait en sorte qu'on est capables de faire plus parce qu'il y a
d'autres professionnels pour nous aider. Avant, c'était beaucoup plus difficile
de pouvoir faire ça.
Journaliste : Merci.
La Modératrice : Merci.
Prochaine question.
Journaliste : Bonjour, Mme la
ministre. À quel point... Vous dites : Il y a 30 départs
supplémentaires cette année. À quel point vous avez l'impression que la loi
deux a forcé des médecins à partir, à prendre cette décision-là?
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
je pense qu'il faut faire attention, là, pour ne pas faire cette relation de
cause à effet. Il y a des médecins là-dedans qui ont quitté pour leur retraite.
Puis vous avez vu tantôt, là, au contraire, on demande à certains médecins qui
veulent continuer. On a... On veut des assouplissements pour que des médecins
qui avaient l'intention de partir à la retraite puissent continuer leur
pratique selon leurs capacités et leurs disponibilités. Alors, c'est sûr que la
loi deux, ça a été difficile, là. Je ne nie pas ça. Mais maintenant, moi, je ne
suis pas prête à faire cette relation de cause à effet.
Et puis on a des nouveaux médecins qui
s'en viennent. Ça fait qu'on se tourne vers l'avenir. On va bien les
accueillir. Puis c'est important au Québec qu'on puisse renforcer nos équipes
médicales. C'est ce qu'on est en train de faire.
Journaliste : Dre Beaulieu,
peut-être une question pour vous. Vous dites : Notre clinique prendra des
milliers de patients de plus. À quand le premier patient? Dans quels délais?
Est-ce que vous avez déjà établi, genre : Bien là, le premier patient de
cette nouvelle cohorte de patients, je l'ai déjà accueilli, ou dans deux
semaines, dans trois semaines?
Mme Beaulieu (Anne-Marie) : C'est
déjà commencé. Nos équipes travaillent activement à donner les rendez-vous de
prise en charge, des médecins qui sont rentrés des samedis, des journées
entières pour voir, pour effectuer le premier rendez-vous de ces patients-là,
les vulnérables, notamment. On priorise les patients les plus vulnérables dans
les premiers rendez-vous de prise en charge.
Donc, il faut bien comprendre, quand on
dit un an, c'est... c'est une obligation administrative pour le médecin
d'offrir un premier rendez-vous dans l'année après la réception de
l'inscription de ce patient-là. Sur le terrain, moi, ce que j'observe, c'est
que les médecins s'organisent rapidement en supplément de leurs activités
actuelles parce que nos activités ne diminuent pas. Donc, en plus de nos
gardes, on fait des journées supplémentaires pour voir ces patients-là, pour
les prendre en charge, pour s'assurer que les patients vulnérables qui n'ont
pas été vus depuis longtemps, qu'on ne passe pas à côté d'une maladie qui nécessite
une attention immédiate. Donc, ce que je vois sur le terrain, c'est que les
médecins sont déjà à pied d'œuvre pour voir ces patients-là. Je pense que ça va
se faire avant la prochaine année. Puis les patients qui ont un besoin urgent,
qui sont déjà inscrits auprès de leur médecin, peuvent prendre rendez-vous au
sans rendez-vous de leur clinique, peuvent demander un rendez-vous avec leur
médecin avant le rendez-vous qu'on appelle officiel de prise en charge. Alors,
il y a une différence entre le rendez-vous de prise en charge, qui est la
révision complète du dossier, la mise à jour, et le «docteur, j'ai mal au
ventre, j'ai besoin de vous voir».
Journaliste : Bonjour.
Dr Amyot, j'ai une question pour vous en lien avec la question de ma
collègue. Est-ce que vous concluez qu'il n'y a pas eu de vague de départs de
médecins de famille qui ont été causés par la loi n° 2?
M. Amyot (Marc-André) : Bien,
je vous dirais, ça dépend de ce qu'on définit comme une vague de départs, là.
Est-ce qu'il y a des tendances? Je n'ai pas les chiffres exacts, mais c'est sûr
que c'était inquiétant. Bon, c'est réglé, la loi n° 2, là. Moi, je
préfère qu'on regarde en avant, qu'on la valorise, cette profession-là. Je l'ai
dit tantôt, j'ai exercé l'une des plus belles professions dont je suis fier.
J'espère que mes collègues vivent... puis je... on veut travailler en
collaboration.
Journaliste : Oui, oui. Donc,
vous dites que ça dépend de l'interprétation de chacun. Vous, est-ce que...
M. Amyot (Marc-André) : Non,
mais...
Journaliste
: Selon
vous, est-ce qu'il y a eu une vague de départs suite à la loi n° 2?
M. Amyot (Marc-André) : Bien,
il y a eu des départs. Est-ce que c'est une vague? Je ne sais pas.
Journaliste : Oui, on
parle... on parlait du nombre de médecins qui entrent à chaque année versus le
nombre de médecins qui partent. Mme la ministre, quand est-ce qu'on... D'après
vous, quand est-ce qu'on va voir le nombre de médecins... de nouveaux
médecins... comment dire... je reformule. Quand est-ce qu'il va y avoir plus de
médecins au Québec qui vont entrer dans la profession plutôt que de sortir? En
quelle année vous pensez qu'on va voir ça?
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
là, on travaille aussi selon la capacité de nos facultés de médecine, hein?
Alors donc, on a établi un nombre à chaque année pour que les facultés de
médecine, puis ça, c'est une bonne nouvelle, puissent accueillir plus
d'étudiants. Alors, on est très contents de ça. Il y a quatre facultés de
médecine au Québec, alors... Donc, on y va à chaque année avec une
augmentation. Cette année, c'est la première année où on va sentir cet
effet-là. L'an prochain, ça va s'accumuler, et ainsi de suite. Alors... Et on
travaille en étroite collaboration pour la planification des effectifs
médicaux, on travaille ça avec les universités, avec les facultés de médecine,
puis on a des projections à faire. On parle aujourd'hui des médecins de
famille, on a aussi un travail à faire pour la médecine de spécialité. Alors,
on est en train de rétablir ça. Mais là où on s'en va, c'est plus d'étudiants
puis une plus grande attraction aussi vers la médecine familiale.
Je veux quand même revenir. On parle
beaucoup des médecins de famille en GMF, mais vous avez tout à fait raison,
vous avez un exemple ici d'un médecin de famille qui travaille à l'urgence,
médecins qui font de l'hospitalisation, qui travaillent en CHSLD, en soins
palliatifs. Alors, les médecins qui travaillent en GMF ont souvent des
pratiques complémentaires aussi. Alors, c'est... c'est très complexe,
l'organisation de la médecine familiale. Mais, aujourd'hui, je pense qu'on doit
se réjouir. Il y a une réelle volonté d'une meilleure prise en charge
individuelle ou collective selon les besoins des personnes.
Journaliste : Bonjour.
J'aimerais savoir : Le principe d'être suivi par un groupe de médecins
plutôt que par un médecin de famille, est-ce que c'est ce qu'on vise à terme ou
c'est une transition pour permettre l'accès à un médecin de famille?
Mme Bélanger : Mais, vous
savez, l'objectif à terme, ce n'est pas un Québécois, un médecin de famille. Ce
n'est pas l'objectif. Il faut même changer ce paradigme-là. On n'est plus
là-dedans. C'est en fonction des besoins des personnes. Puis je laisserais
peut-être docteure ou docteur vous... vous parler un petit peu de comment on
voit ça.
Mme Beaulieu (Anne-Marie) : En fait,
quand on parle d'inscription collective, on parle d'un patient qui est affilié
à un groupe de médecins. Il y a des patients qui nécessitent des soins
ponctuels puis il y a des patients qui nécessitent des suivis longitudinaux.
Donc, pour répondre à votre question, actuellement, il y a une pénurie de médecins
de famille. Alors, l'inscription collective, c'est quelque chose qui nous
permet au moins d'offrir un accès à une portion de la population qui n'est pas
inscrite individuellement.
L'objectif des médecins de famille, c'est
de traiter les patients qui sont vulnérables et de les inscrire
individuellement. Si je vois un patient pour un épisode de soins en inscription
collective, je vais faire le suivi jusqu'à ce que le patient soit rétabli.
Puis, en cours de route, c'est possible, que je règle plusieurs problématiques
de santé, et donc qu'il y ait une prise en charge ponctuelle, mais qui peut
s'étendre. J'ai parfois suivi des patients pendant plus d'un an qui
étaient inscrits collectivement et non individuellement à moi parce qu'ils
avaient une problématique qui nécessitait plusieurs suivis. Une fois la maladie
stabilisée, le patient peut rappeler à la clinique, via le 811,
l'option 3, et être revu. Le dossier est disponible pour mes collègues, si
c'est un de mes collègues qui revoit le patient.
Donc, l'objectif à terme, je pense, c'est
que les patients aient un accès quand ils en ont de besoin. C'est l'objectif du
gouvernement, c'est l'objectif de la FMOQ, puis je peux vous dire que c'est
l'objectif de mes collègues sur le terrain aussi. Nous, ce qu'on veut, c'est
voir les patients quand ils sont malades ou au moment où ils en ont besoin.
Journaliste : Juste pour être
certaine de comprendre. Donc, ce sera ça la norme éventuellement, les gens qui
sont inscrits à un groupe de médecine familiale, par exemple, ne doivent pas
s'attendre à éventuellement être suivis par un médecin de famille, là.
Mme Beaulieu (Anne-Marie) : Si
je peux vous donner un exemple récent qui m'est arrivé récemment, j'ai vu un
patient en inscription collective, donc il était référé par le guichet d'accès
pour un renouvellement de sa médication. Puis finalement, quand j'ai vu le
patient, il avait de multiples maladies chroniques, dont un cancer actif, j'ai
trouvé, j'ai évalué que ce patient-là nécessitait une prise en charge
individuelle parce qu'il était trop malade pour demeurer collectif. Et je l'ai
inscrit, j'ai dégagé de la disponibilité pour ce patient-là qui en a grandement
besoin actuellement. Puis je pense que la plupart de mes collègues au Québec
font la même chose.
M. Amyot (Marc-André) : J'ai
des données par rapport à ça. Jusqu'à la fin 2025, on avait autour de
1 million de patients inscrits collectivement. Dans ce bassin-là de
patients inscrits collectivement, il y en a 300 000 qui ont été pris de
façon individuelle, qui avaient besoin d'un suivi longitudinal. Donc, c'est
vraiment une des façons d'identifier les patients, selon le jugement clinique
du médecin, d'identifier les patients qui ont besoin d'un suivi plus serré avec
un médecin de famille.
Journaliste : Puis, deuxième
question, c'est quoi, la suite des choses? Il y a combien de médecins qui n'ont
toujours pas... combien de patients n'ont toujours pas d'accès à un médecin de
famille? Puis c'est quoi, les prochains objectifs, là? M'entendez-vous?
M. Amyot (Marc-André) : Je
n'ai pas compris. Je m'excuse.
M. Renaud (Pascal) : Votre
question était bien : Combien de patients n'ont pas accès à un médecin de
famille? Mais en fait, actuellement, avec le guichet, les patients orphelins
peuvent appeler au guichet d'accès et auront quand même un rendez-vous donné
dans un des GMF de la région qui offrent des rendez-vous en collectif. Donc,
théoriquement, tout le monde qui appelle l'option... 8-1-1, option 3,
va pouvoir avoir accès à des rendez-vous médicaux ou être réorienté vers un
autre professionnel selon la nature de son besoin. Donc, je vous dirais que
tout le monde a un accès, actuellement, là.
Mme Bélanger : Oui, très
important de dire, là, que, grosso modo, avec le 500 000 de plus, c'est
près de 7 600 000 Québécois qui ont accès à un médecin de
famille ou à un GMF sur une population de 9 millions. Alors, on est dans
la... on est sur la bonne voie. On va passer cette étape-là, on va bien
l'évaluer, puis on va continuer. L'objectif, c'est que les Québécois aient
accès selon leurs besoins. Alors, on poursuivra au fur et à mesure, mais c'est
important de bien franchir cette étape qui est sur la bonne voie. Et puis je
suis convaincue qu'on va arriver avec le déploiement aussi de nos autres
cliniques professionnelles puis avec les autres professionnels, à faire en
sorte qu'on va avoir un beau modèle au Québec. Il faut être fier du modèle GMF.
C'est un modèle qui est vraiment unique au Québec puis qui est vraiment
intéressant.
Journaliste :
Mme Bélanger, when will Quebeckers tangibly see a difference in
their access to doctors after today's announcement?
Mme Bélanger :
Okay. I will begin with some words in
English Today, we are announcing an important step to improve access to care in
Québec, 566 000 and 473 000 persons will be affiliated at a GMF or at
physicians. We reached this goal one month ahead. It's very good news. This
progress comes from strong collaboration with family doctors and other health
professionals, including nurses, nurse practitioners and pharmacists. More work
remains and we will keep working to improve access with the right research and
teamwork.
Je ne sais pas
s'il y a quelqu'un qui veut me parler en anglais. Ça va?
Journaliste : Les autres,
est-ce qu'il y a des autres intervenants qui pourraient dire un mot en anglais?
Do you guys… Are you guys comfortable to say a few words in
English? No?
(Fin à 9 h 48)