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Point de presse de Mme Sonia Bélanger, ministre de la Santé

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Wednesday, May 27, 2026, 9 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Neuf heures quatre minutes)

La Modératrice : Bonjour à tous! Donc, vous allez... on va commencer la conférence de presse. Ensuite, on va avoir une période de questions et, après, on aura une prise de photo officielle si jamais on a le temps. Donc, on va commencer tout de suite avec Mme Sonia Bélanger, ministre de la Santé et ministre responsable des Aînés et des proches aidants.

Mme Bélanger : Oui. Alors, bonjour à toutes et à tous! Alors, c'est avec beaucoup de fierté que je suis ici, aujourd'hui, pour souligner une avancée concrète pour des centaines de milliers de Québécois et Québécoises, grâce à la mobilisation de l'ensemble du réseau et, en particulier, des médecins de famille et de leurs équipes. Alors, je suis accompagnée d'ailleurs de médecins de famille. Nous avons atteint et même devancé un objectif majeur que nous nous étions fixé dans le cadre de notre entente avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec. Concrètement, qu'est-ce que ça veut dire? Alors, ça signifie qu'au moment où on se parle, il y a 556 000 personnes, 556 473 personnes — pour être exacte — supplémentaires qui ont maintenant accès à un médecin de famille ou à un groupe de médecins de famille. Parmi ces 556 000 personnes, on compte plus de 220 836 personnes vulnérables qui sont donc affiliées directement à un médecin de famille. Derrière ces chiffres, il y a des réalités bien humaines, on le sait, et c'est pourquoi notre gouvernement a pris le temps de faire une entente avec la FMOQ qui visait, justement, à faire en sorte que, d'ici le 30 juin, on puisse atteindre plus de 500 000 Québécois, Québécoises ayant accès à un médecin de famille ou à un GMF.

Alors, aujourd'hui, on dépasse cette cible-là. Et je tiens à souligner le travail de collaboration avec la FMOQ, mais aussi avec les médecins du Québec qui travaillent au sein des GMF et nos équipes professionnelles interdisciplinaires, vous le savez, les IPS, nos infirmières, infirmières auxiliaires, travailleurs sociaux, tellement importants pour l'accès aux soins et aux services.

Alors, c'est une réussite, on peut le dire comme ça. Puis ce n'est pas un hasard. Ce n'est pas un hasard, parce qu'on a travaillé très fort, à tous les niveaux, au niveau stratégique, au niveau des opérations sur le terrain avec l'ensemble des GMF. Et ça découle directement de changements importants qu'on veut amener dans l'organisation du travail pour améliorer la première ligne au Québec. Alors, on veut passer à une première ligne qui est plus accessible. Et, bien sûr, ça passe avec l'entente avec la FMOQ, avec l'accès à un médecin de famille qui est tellement important, mais aussi avec l'accès aux autres professionnels. Alors, aujourd'hui, ce que ça témoigne, c'est que, quand nous travaillons ensemble, quand on se donne des objectifs clairs, mesurables — très important — mesurables et que nous mettons les efforts nécessaires, nous sommes capables de livrer des services à la population. Et je tiens sincèrement à remercier l'engagement des médecins de famille du Québec qui sont au cœur de cette première ligne. Ils ne sont pas seuls cependant. Et ça, j'aime le répéter. Les médecins de famille sont au cœur de la première ligne, mais on a aussi, et c'est très important, l'implication de plusieurs professionnels qui peuvent faire la différence aussi dans la vie des personnes. Le travail des médecins de famille fait une grande différence chaque jour dans la vie des gens. Alors, comme je le disais tantôt, notre objectif initial, qui était d'atteindre plus de 500 000 personnes d'ici le 30 juin, est atteint au moment où on se parle. Alors, on est très contents de ça. Il faut se féliciter. On a réussi à faire bouger ce curseur en peu de temps et ça va continuer.

Le défi maintenant va être vraiment de continuer à faire progresser cette cible avec d'autres professionnels de la santé, notamment avec les IPS. Alors, vous le savez, j'ai aussi annoncé qu'on souhaitait avoir des cliniques IPS au Québec. Ça fait aussi partie de la première ligne, des cliniques IPS publiques avec les CLSC. Alors, ce n'est pas en contradiction avec ce qu'on annonce aujourd'hui, c'est en complémentarité. Les besoins sont importants au Québec, notamment en lien avec le vieillissement de la population. Et notre ambition ne s'arrêtera pas ici. On veut continuer d'améliorer. Bien sûr, le curseur a bougé. On est à plus de 500 000, plus de 19281200 000 personnes vulnérables. Mais il faut que ça continue. Alors, on a une population qui vieillit au Québec, notamment avec des problèmes de santé dans certains cas, alors il faut donc continuer à s'assurer de répondre aux besoins des Québécois, Québécoises.

Alors, aujourd'hui, l'objectif de cette conférence de presse, c'était d'annoncer une étape importante qui est franchie, mais aussi un moment charnière qui est très encourageant pour la suite des choses. D'ailleurs, je veux aussi en profiter pour souligner l'arrivée, dès le 1er juillet, d'une nouvelle cohorte de médecins, plus de 400 médecins qui viendront renforcer les soins et les services. Ce n'est pas rien. C'est un engagement que le gouvernement avait pris, d'augmenter le nombre de médecins au Québec. Alors, au 1er juillet, c'est du concret, il y en a 400 qui arrivent. Et puis je ne veux pas les stresser, mais on va les accueillir à bras ouverts puis on va surtout les accompagner, parce que c'est important quand on débute une pratique, et notamment au niveau de la médecine familiale.

Alors, c'est une collaboration de tous, et je suis très heureuse de ça. Et on va continuer. On a encore du travail à faire pour améliorer plusieurs choses. Je suis certaine que j'aurai des questions à ce sujet-là tantôt. Je vous reviendrai pour la période de questions. Merci.

La Modératrice : Merci, Mme Bélanger. Je vais laisser la parole maintenant à M. Dr Amyot, président de la FMOQ.

M. Amyot (Marc-André) : Alors, bonjour. Effectivement, c'est une bonne nouvelle ce matin. Puis le contexte n'est pas nécessairement facile au Québec avec la pénurie d'au moins 2 000 médecins de famille. L'objectif était ambitieux, 500 000 patients, dont 180 000 vulnérables. Mais on peut dire ce matin mission accomplie. Mission accomplie, mais il restera des éléments à suivre, là. La vie ne s'arrête pas aujourd'hui. Le processus continue. Il y aura la mise en place du nouveau mode de rémunération. Et tout ça, ça s'inscrit dans un continuum pour améliorer l'accessibilité des soins à la population.

Merci aux médecins de famille du Québec qui ont contribué. Merci aux équipes du gouvernement, de Santé Québec. Merci pour la collaboration, Mme la ministre. On est dans une nouvelle ère. Et c'est dans cet esprit de collaboration là qu'on peut améliorer le réseau de la santé.

Maintenant, les GMF ont accepté de revoir leur mode d'organisation. Et le degré d'avancement varie d'un GMF à l'autre. Et le fait, pour le programme GMF, qu'on ait réussi à s'entendre pour le geler pour les cinq prochaines années, ça donne une prévisibilité pour les médecins pour louer des locaux supplémentaires, embaucher des professionnels avec qui les médecins vont pouvoir travailler en interdisciplinarité.

Il y a même des médecins de deuxième ligne, hein? Quand je dis la deuxième ligne, là, des médecins qui travaillent à l'hôpital, des médecins d'urgence qui sont venus prêter main-forte en première ligne pour offrir des services. Docteur Renaud en est un bon exemple. Docteur Renaud, c'est un médecin d'urgence, mais il est venu prêter main-forte en première ligne.

On a demandé aussi, depuis deux ans, compte tenu de la pénurie, aux médecins qui sont près de la retraite de pouvoir reporter le plus possible leur prise de retraite. Ce que ça fait, là, chaque mois supplémentaire qu'un médecin près de la retraite donne, bien, c'est des services supplémentaires aux patients. Puis Mme la ministre, vous l'avez nommé, il y a une nouvelle cohorte de nouveaux médecins qui arrivent le 1er juillet, alors c'est important, ça.

La population, particulièrement les vulnérables, vont être pris en charge, et ça, c'est important, les patients qui en ont le plus besoin. Puis c'est dans... c'est dans la nature même du médecin de famille, de s'occuper des patients, de donner des soins. Les médecins de famille, là, ils décident de faire cette profession-là, une des plus belles, en passant... décident de faire cette profession-là pour donner des soins, pour donner des services à la... pour aider la population. Donc, ça fait partie de notre ADN. Et on est très fiers ce matin d'avoir atteint l'objectif. Mais je vous le dis, on ne s'arrête pas là. Le travail continue en collaboration pour améliorer les services avec tous les autres professionnels de la santé. Puis je remercie aussi le comité de suivi qui regroupait Santé Québec, le ministère, qui regroupait la RAMQ, pour justement aplanir les difficultés puis les défis qu'on a rencontrés durant les derniers mois pour atteindre l'objectif. Alors, merci.

La Modératrice : Merci. Donc, on va ouvrir la période de questions. Je tiens à souligner aussi la présence de la Dre Anne-Marie Beaulieu, qui est médecin de Québec, si jamais vous avez des questions. Donc, n'oubliez pas de vous nommer, aussi le média que vous représentez. Une question, sous question par journaliste et uniquement sur l'annonce du jour. Merci.

Journaliste : Bonjour.

Mme Bélanger : Bonjour.

Journaliste : Je voudrais savoir... J'aimerais que vous précisiez pour les patients vulnérables, là. Vous en avez parlé un petit peu, mais est-ce que... donc... bien, je recommence. Il y a toujours la première question, c'est-à-dire : Bon, les patients sont inscrits, mais est-ce qu'ils vont voir un médecin? Donc, quelle garantie vous avez que ces 500 nouveaux patients inscrits, là, ne feront pas juste figurer sur une liste, mais vont vraiment avoir un accès à en cabinet?

Mme Bélanger : Bien, d'abord, c'est extrêmement important. Là, on le voit, 556 000 patients au total qui, donc, sont confirmés, soit en mode d'inscription collective, donc ça veut dire qu'on est affilié à un GMF, ou, dans le cas des personnes vulnérables, 220 000, ceux-là se voient affiliés, donc, directement à un médecin.

Puis, vous savez, je pense que c'est important qu'on se dise les choses au Québec, là. Ce n'est pas tous les Québécois, Québécoises qui ont toujours besoin de voir un médecin. Les Québécois, Québécoises ont besoin de voir le bon professionnel en fonction de leur problématique de santé ou de leur évaluation de leur état de santé, et c'est là que les GMF ont un rôle extrêmement important. Et puis il y a des personnes qui peuvent être prises en charge par une IPS, d'autres vont être prises en charge par le médecin, mais n'auront peut-être pas besoin de le voir dans l'année, mais ils vont avoir besoin, pour la represcription des médicaments ou pour d'autres suivis, d'avoir accès à un professionnel, et ça va très bien répondre aux besoins.

Ça fait que c'est cet équilibre-là qui est important. Mais, pour les patients vulnérables, ce qu'on appelle les vulnérables, puis on a eu beaucoup de discussions, Dr Amyot et moi, puis d'ailleurs on a eu une entente à ce niveau-là, c'est extrêmement important. Comme ministre de la Santé, mon message, c'est que les personnes qui sont dans la catégorie vulnérable, c'est-à-dire que les gens qui ont des maladies chroniques, plusieurs maladies chroniques, qui ont un cancer, par exemple, bien, ça va de soi, qu'il faut qu'il y ait un médecin qui soit dans leur parcours de suivi. C'est extrêmement important. C'est une question de qualité des soins et services.

Journaliste : Mais justement, pour les vulnérables, il était question de leur offrir la possibilité de voir un médecin dans un délai d'un an. Ça, est-ce que c'est maintenu? Et quelle proportion pourrait voir, donc, leur médecin dans au moins une année, là?

Mme Bélanger : Oui. Bien, en fait, j'ai le goût de vous dire : C'est en fonction des besoins. Puis ça, c'est extrêmement important parce que, oui, il y a une cible d'un an, mais un an, ce n'est pas... je veux dire, si quelqu'un a des besoins de santé, il faut que ça soit répondu. Alors, il n'y a pas une proportion qui est identifiée. Aujourd'hui, l'étape, c'était de s'assurer qu'on avait les inscriptions. Maintenant, on doit travailler à améliorer le fonctionnement de nos GMF, et c'est ça qui s'en vient dans les prochaines étapes.

Journaliste : Bien, je veux juste être claire. Vous dites donc aux patients vulnérables qui sont nouvellement inscrits qu'ils pourront voir un médecin dans un minimum d'un an ou plus tôt.

Mme Bélanger : Au plus tôt, au plus tôt, s'ils en ont de besoin, parce que c'est toujours selon le besoin de la personne. Tu sais, la promesse, ce n'est pas : À l'intérieur d'un an, vous allez voir un médecin, c'est si vous en avez de besoin. C'est extrêmement important. Alors...

Puis je veux revenir avec l'interdisciplinarité. On a eu beaucoup de discussions sur l'interdisciplinarité, puis notamment quand j'ai mené les travaux sur le projet de loi l'hiver dernier, donc, projet de loi qui venait abolir plusieurs articles du projet de loi précédent, et on a mis un article dans ce projet de loi pour parler des IPS, des autres professionnels de l'interdisciplinarité des pharmaciens. Ça fait qu'il faut voir ça comme un ensemble d'éléments. Alors, c'est important.

Puis... donc... Alors, voilà, on va de l'avant, on continue, puis on va améliorer nos GMF, le fonctionnement de nos GMF, s'assurer qu'ils aient le personnel nécessaire aussi. C'est extrêmement important.

Journaliste : Merci.

Journaliste : Oui, bonjour. C'est sûr que l'arrivée de 500 000, ça va forcément créer une espèce de goulot, puis vous n'avez pas plus de médecins. Donc, comment vous allez faire pour accueillir ce nouveau flot de patients là? Je comprends que vous dites : Ça va être aux besoins, là. Il y a-tu plus de monde au GAP? Il y a-tu plus d'infirmières dans les cliniques? Il y a... tu sais, il...

Mme Bélanger : Oui, mais n'oublions pas qu'on a quand même une cohorte de 400 médecins qui arrivent au 1er juillet, là, qu'ils... ça... et ça va... ça va rendre service vraiment. On a augmenté le nombre d'inscriptions dans les facultés de médecine au Québec. On a fait ça, comme gouvernement, au début des années 2020, et là on voit les résultats, là. Ces cohortes-là qui ont été augmentées dans les quatre facultés de médecine, ils arrivent sur le terrain, là, au fur et à mesure, et ça va aider grandement 19281et ça va aider grandement. Je laisserais peut-être Dr Amyot pour répondre.

M. Amyot (Marc-André) : Oui. Bien, concrètement, là, je vais vous donner un exemple. Auparavant, un diabétique était vu trois, quatre fois par année par son médecin. Maintenant, en travaillant en interprofessionnalisme avec des infirmières, des pharmaciens, d'autres professionnels, le patient va être vu une fois par année par son médecin, trois fois par année par les autres professionnels. Évidemment, s'il y a besoin de voir le médecin deux, trois fois...

Journaliste : C'est une moyenne que vous anticipez?

M. Amyot (Marc-André) : Bien, c'est un exemple concret, là, mais c'est vrai avec le patient hypertendu. Alors, l'infirmière... le médecin fait le diagnostic, peut amorcer une médication, puis l'ajustement se fait par l'infirmière. Ça libère des plages pour offrir des services à davantage de population. C'est ça, l'avantage de l'interprofessionnalisme, de travailler en groupe. Et là quand je disais tantôt le programme GMF... si on le gèle pour cinq ans, on peut louer des locaux supplémentaires, embaucher des professionnels supplémentaires, justement, pour améliorer puis augmenter l'offre de services. Mais je veux être bien clair, là : le patient qui a besoin de voir le docteur, qu'il soit vulnérable ou pas, il va pouvoir voir le médecin.

Journaliste : J'aimerais ça peut-être entendre un des deux médecins là-dessus, justement, comment vous vous organisez dans votre clinique ou individuellement comme professionnel. Tu sais, par exemple, dans... Je pense que vous, vous êtes à Lebourgneuf?

Mme Beaulieu (Anne-Marie) : Oui.

Journaliste : Bon, est-ce que Lebourgneuf... vous avez accepté de prendre, je ne sais pas moi, 1 000 patients? Puis est-ce que vous avez embauché un ergothérapeute? Tu sais, comment vous vous organisez dans la clinique pour ça?

Mme Beaulieu (Anne-Marie) : Bien, en fait, concrètement, ce qui arrive en ce moment, c'est qu'il y a une prévisibilité pour les médecins sur le terrain. On connaît notre programme, on connaît les ressources pour les cinq prochaines années pour nous supporter dans le suivi de ces patients-là qui sont vulnérables. Alors, ça fait longtemps qu'on est organisés, nous, en collaboration. Puis, en sachant ce qui s'en vient, on peut s'engager du personnel personnellement, des infirmières cliniciennes, par exemple, qui travaillent en collaboration, en dyade avec nous, qui nous permet de prendre en charge plus de patients, parce que, nos infirmières cliniciennes, elles ont énormément de connaissances au niveau de la santé puis de... du suivi des maladies chroniques. C'est des spécialistes de ça dans nos GMF. Donc, ces professionnels-là peuvent nous aider. Évidemment, quand il y a un débalancement qui survient au niveau d'une maladie, là, le médecin est utile. Alors, voir mon patient diabétique quatre fois par année pour lui dire : Ça va bien ton diabète, continue le même traitement, est-ce que c'est un bon rendez-vous ou je serais mieux de voir un nouveau patient qui a un nouveau diabète qui est débalancé? Donc, je pense que c'est comme ça qu'on va s'organiser...

Journaliste : Mais concrètement, savez-vous, dans votre clinique, par exemple, combien de patients de plus vous allez...

Mme Beaulieu (Anne-Marie) : Dans notre clinique, c'est des milliers de patients de plus qu'on a... qu'on a inscrit, là, dans les derniers mois. On en avait pris énormément dans les dernières années aussi. Alors, j'ai un collègue qui a pris plus de 1 000 patients qui s'était engagé une infirmière, un pharmacien pour travailler avec lui en collaboration. Donc, il y a des médecins qui sont en train de s'organiser pour offrir un accès adapté à tous ces patients-là.

Journaliste : Merci.

M. Renaud (Pascal) : Oui, je vais peut-être ajouter. Comme, dans la région de la Capitale-Nationale, c'est 160 médecins qui ont pris des inscriptions supplémentaires de façon individuelle. Donc, c'est à peu près 30 % des médecins. Donc, les médecins qui ont pris la décision d'en prendre plus savent qui ont la capacité de les voir. Donc, ça peut, un peu, peut-être, répondre à la première question sur cette inquiétude-là. Donc, ce n'est pas tous les médecins qui en ont pris de façon individuelle, mais ils ont regardé leurs horaires, ils ont regardé leurs ressources puis ils ont dit : Bien, moi, je peux me permettre de me libérer des rendez-vous pour prendre ces patients supplémentaires là. En inscription collective, c'est 33 cliniques GMF dans la région qui en ont pris aussi. Pour un chiffre... pour Québec, c'est plus de 38 000 inscriptions individuelles supplémentaires qui ont été pris depuis le 15 novembre puis 64 000 inscriptions collectives de plus. Donc, c'est 100 000 patients de plus pour la région de la Capitale-Nationale qui ont une prise en charge individuelle ou collective. Puis ce qu'on a aussi par rapport à ça, c'est qu'à chaque inscription collective, ça s'assure qu'il y a un rendez-vous supplémentaire qui se donne. Donc, oui, il va y avoir des rendez-vous supplémentaires puis de l'accès supplémentaire pour les patients dans la région.

Journaliste : Bonjour. Juste avant mes questions, je suis désolée, je vous ai mal entendue tantôt, Mme Bélanger, là...

Mme Bélanger : Oui, il y a beaucoup de bruit, hein? Je fais juste vous dire, c'est très difficile. Est-ce qu'on peut aller peut-être apaiser un peu... Merci.

Journaliste : Vous avez dit les 220 000 patients vulnérables. Est-ce qu'ils ont des inscriptions individuelles ou collectives?

Mme Bélanger : Je m'excuse, je ne vous entends pas du tout. Il y a vraiment trop de bruit.

Une voix : ...

Mme Bélanger : Merci. Très difficile d'entendre.

Journaliste : Les 220 000 patients vulnérables, est-ce qu'ils ont des inscriptions collectives ou individuelles? Vous avez dit tantôt...

Mme Bélanger : Dans les 220 000 personnes vulnérables, ce qui était visé, c'étaient des inscriptions individuelles.

Journaliste : Mais est-ce que c'est le cas en ce moment?

Mme Bélanger : Bien, écoutez, on est en train de valider tout ça. C'est la consigne qui a été donnée. Et initialement, 19281au début de l'entente, ce n'est pas comme ça que ça avait été compris. On peut se dire ça comme ça. Puis, en cours de route, bien, il y a des médecins qui nous ont dit : Nous, on est capables d'en prendre en inscription individuelle, des patients vulnérables, et on en veut. Moi, j'ai rencontré des médecins, là, qui nous disaient : Mme Bélanger, on veut prendre des vulnérables. Alors, on a ajusté, on s'est entendus là-dessus. Alors, dans les 200 villes... dans les 220 000 personnes qui sont catégorisées vulnérables, c'est aussi le jugement clinique des médecins. Puis un médecin peut prendre des gens en collectif puis décider qu'il va les prendre par la suite en individuel. Ça fait qu'il y a tout ça aussi, là, qu'il faut évaluer. Puis il faut laisser le jugement clinique, vraiment, donc qu'il soit omniprésent, bien sûr, là.

Journaliste : ...pour l'instant, on ne le sait pas. OK. Mes questions maintenant. Il y a quand même... puis là, ce n'est pas moi qui le dis, là, c'est la RAMQ ou c'est le collège ou votre propre ministère, là, il y a quand même 22 % des patients inscrits collectivement qui ne vont jamais mettre leur pied dans leur... le pied dans leur GMF, de référence, qui vont aller ailleurs dans le réseau. Les rendez-vous en collectif coûtent deux fois plus cher à l'État. Puis le collège...

M. Amyot (Marc-André) : Non.

Journaliste : Je vous... Je vous invite à me corriger si vous n'êtes pas d'accord. Puis le Collège des médecins, votre ordre professionnel, dit que ce n'est pas de la prise en charge, ce qui est offert. Puis j'ai remarqué, Mme la ministre, que vous n'utilisez plus cette expression-là. Vous, Dr Amyot, vous l'utilisez encore. Donc, je voulais justement vous offrir l'occasion : Est-ce que vous êtes en désaccord avec le fait que le collège, notamment, dise que ce n'est pas de la prise en charge ou que ça coûte plus cher, ce type de rendez-vous là?

Mme Bélanger : OK.

M. Amyot (Marc-André) : Je peux le prendre.

Mme Bélanger : Bien oui. Allez-y.

M. Amyot (Marc-André) : C'est une réelle prise en charge. Puis ça, le collège l'a reconnue, là. Dans les échanges qu'on a eus au début avec le Collège des médecins, il parle d'une prise en charge par un groupe de professionnels. L'inscription, là, collective, ce n'est pas un GMF qui prend collectivement des patients. C'est un groupe, collectivement, qui prend en charge un ou des patients, et ils le suivent.

Vous avez raison, il y a un certain nombre de patients qui ne sont pas orientés dans leur clinique. On travaille là-dessus pour les orienter dans la bonne clinique. Mais quand un patient est vu dans une clinique, il peut être réorienté par le médecin dans sa clinique d'origine. Puis il y a un épisode de soins. Quand on appelle un épisode de soins, là, si vous faites une pneumonie puis vous avez besoin d'un suivi, bien, vous allez être pris en charge par l'équipe. Si vous avez un problème de santé chronique, vous allez être pris en charge par l'équipe.

Est-ce que c'est plus... Est-ce que ça coûte plus cher? Non. Ça, les chiffres, là, on pourra les regarder ensemble. Mais c'est clair que l'inscription collective, ça ne coûte pas nécessairement plus cher. L'objectif, c'est de donner des services à la population dans un contexte de pénurie de médecins de famille puis d'offrir le bon rendez-vous au bon professionnel.

Journaliste : Là, juste pour être claire, là, je m'excuse, mais le collège, je leur ai parlé encore la semaine dernière, là, puis eux disent : Ce n'est pas de la prise en charge. Mais vous, vous êtes... C'est correct, là, si ce n'est pas votre opinion. Mais vous n'êtes pas d'accord avec ça?

M. Amyot (Marc-André) : Bien, c'est... ce n'est pas une prise en charge individuelle, ce n'est pas une prise en charge individuelle, c'est vrai. Ce n'est pas une prise en charge par un médecin de famille, mais c'est une prise en charge par un groupe de professionnels.

Journaliste : Puis autre précision. Vous dites, vos collègues également, il y a quand même... il y a à peu près 150 millions, là, attachés à ça, puis vous dites : Ça va permettre d'embaucher des ressources dans les GMF. Mais vous aviez déjà de l'argent. Tu sais, pour l'embauche d'une IPS, c'étaient 36 000 $, par exemple. Là, pour les pharmaciens, pour les ergos, les autres professionnels, je ne sais pas. Mais je ne comprends pas pourquoi... Pourriez-vous m'expliquer, en fait, pourquoi vous dites que ça va permettre l'embauche quand il y avait déjà des primes associées à l'embauche de ces professionnels-là?

Mme Bélanger : Bien, il y a deux choses, là.

Journaliste : Même chose pour les locaux d'ailleurs dans les GMF, il y avait des sous rattachés à ça.

Mme Bélanger : Bien oui, c'est-à-dire qu'il y a un modèle GMF qui a été écrit il y a déjà plusieurs, plusieurs années. Et, comme tout modèle, bien, tu sais, les frais de bureau augmentent, le salaire des employés augmente, le salaire des employés de la fonction publique augmente. Alors, quand un médecin veut engager une infirmière, bien, vous comprenez qu'il faut qu'il considère ces éléments-là aussi. Alors, c'est normal, c'est juste normal, après 10 ans, 15 ans, 20 ans, de revoir le modèle GMF. Alors, c'est ça qui est en... qui est en train d'être révisé. Puis, si on demande aux médecins de voir plus de patients, d'ouvrir plus de plages horaires... puis je vais dire aussi que dans certains GMF, il y a des obligations de donner, selon le niveau de GMF puis le contrat qu'on a, d'offrir des services sept jours sur sept, là, alors, bien, ça va de soi que le personnel ne travaillera pas sept jours sur sept. Alors, il va falloir qu'ils doublent les équipes, si on veut. Alors, c'est juste normal qu'ils ajoutent des ressources humaines. Puis, vous savez, quand on travaille en interdisciplinarité, si on veut dégager les médecins pour que les médecins puissent voir vraiment les personnes qui sont malades ou qui ont des situations un peu plus aiguës, bien, il faut permettre qu'il y ait des professionnels qui soient formés. Alors, il faut renforcer nos équipes interdisciplinaires. Je vous rappelle que les IPS, on en a formé plus de 2 000 au Québec, 2 000. On va continuer à former des IPS parce qu'on va aussi développer la prise en charge sur les IPS, notamment avec les cliniques CLSC. Ça fait qu'il ne faut pas regarder la première ligne seulement avec les GMF. Aujourd'hui, on parle des GMF, mais il y a toute une évolution qui a été faite, puis je peux vous le dire parce que j'en ai été témoin au fil des 10 dernières années de la volonté de travailler en équipe interdisciplinaire.

Journaliste : Donc, ce que vous me dites, c'est les montants dans les lettres d'entente pour le loyer, pour l'embauche d'IPS, etc., n'étaient pas suffisants, c'est ça?

Mme Bélanger : Bien, je n'ai pas dit que ce n'était pas suffisant. Non, je n'ai pas dit ça. J'ai dit que ce qui a été négocié dans la lettre d'entente, c'est normal qu'il y ait eu, donc, les montants qui ont été négociés avec l'entente. Je ne faisais pas partie du... du comité de négo, mais, dans l'entente, on vient renforcer nos GMF, ce n'est pas seulement des primes et des primes. On n'est pas seulement là-dedans.

Journaliste : Juste une dernière petite chose, il y avait eu un édito dans La Presse, entre autres, là-dessus, il y a des patients, là, en CHSLD, etc., qui n'avaient pas besoin d'être inscrits, qui avaient reçu des lettres. Là, je comprends que vous n'envoyez plus de lettres. Vous considérez les patients comme inscrits. Donc, comment on fait pour s'assurer qu'il n'y a pas d'erreur dans le chiffre que vous donnez ce matin? Tu sais, quel suivi on fait sur le besoin réel, là, du patient qui a son inscription?

M. Amyot (Marc-André) : Bien, puis l'autre exemple, c'est des patients qui peuvent décéder entre le moment où le processus est fait et l'inscription, mais ces patients-là vont être remplacés par d'autres, d'autres patients, tout simplement, là. Quand le médecin va se rendre compte que le patient est décédé ou que le patient est en CHSLD... Parce que, dans la période de transition, là, le patient peut être en attente d'un lit en CHSLD, il est éligible à avoir un médecin de famille parce qu'il est à domicile puis, quand il est admis en CHSLD, bien, dans cette période-là.

Journaliste : Mais ça peut prendre un an avant que le médecin s'en rende compte, puisque tantôt vous avez parlé d'un délai d'un an.

M. Amyot (Marc-André) : Bien non, non, non, ça va prendre beaucoup moins de temps que ça.

Mme Bélanger : OK. OK. Les systèmes d'information au Québec, là, on en a parlé amplement dans les derniers jours, nos systèmes doivent être mieux intégrés, hein? Alors, on a le registre des décès. On a donc différents systèmes d'information, des patients qui arrivent, par exemple, en hébergement de soins de longue durée. Alors, c'est normal qu'à partir du moment, avec la RAMQ, qu'on envoie des lettres, ces systèmes-là ne sont pas nécessairement parfaitement harmonisés, mais il n'y a pas un problème là, là, ne faisons pas un problème là. Toutes ces situations... toutes ces...

Journaliste : Mais, Mme la ministre, mais la dame de 99 ans en CHSLD...

Mme Bélanger : Je veux juste quand même revenir. Toutes ces situations-là sont regardées en individuel et sont corrigées. Mais, c'est très important, on parle de quelques cas. Les gens qui ont reçu des lettres étaient en grande majorité les bonnes personnes, alors...

Journaliste : Comment vous le savez que c'était...

Mme Bélanger : Bien, en fait, on le sait parce que les médecins ont reçu, là, ces patients-là. Alors... Puis la RAMQ fait la vigie de tout ça. Alors, c'est important, puis on n'est pas pour s'empêcher d'aller de l'avant à inscrire des patients en attendant que tous les registres soient harmonisés. Ça ne fonctionne pas comme ça, malheureusement. Un jour, oui, si on continue de bien travailler au niveau des TI. Mais moi, je suis très satisfaite, là.

Aujourd'hui, il y a une majorité de patients qui vont avoir accès à un médecin de famille ou affilié à un GMF. Alors, je pense qu'on doit se réjouir de ça. C'est une immense avancée.

La Modératrice : On va passer à la prochaine question, vraiment s'en tenir à une question, sous question pour laisser la place à vos collègues journalistes. Merci.

Journaliste : Vous avez dit : Il y aura 400 nouvelles ou nouveaux médecins qui seront dans le réseau à partir de juillet. Combien de médecins ont pris leur retraite cette année?

Mme Bélanger : Je peux laisser Dr Amyot en parler, mais si on veut faire, tu sais, référence au départ versus l'année passée, parce qu'à chaque année il y a des médecins qui quittent la profession, soit pour aller à la retraite, ou pour aller travailler ailleurs, ou pour d'autres situations, grosso modo, c'est environ 30 médecins cette année de plus que l'année passée qui ont quitté, donc qui ont quitté...

Journaliste : Le chiffre global.

Mme Bélanger : Le chiffre global, je pourrais vous le donner tantôt, j'ai eu l'occasion de le sortir hier.

Journaliste : Donc, 518.

Mme Bélanger : C'était combien?

Journaliste : Donc, il y a 518. Il y a 30 de plus à ce 518, donc 548. Donc, puis il y a 400 nouveaux qui rentrent. Donc, il y a un manque à gagner d'une centaine, 150 médecins environ.

Mme Bélanger : Oui, Mais à chaque année, il y avait un manque à gagner. Je veux quand même le dire, hein, cette année, c'est l'année quand même... Puis quand on regarde l'évolution, à chaque année, on est à 400, 500 médecins qui quittent, là. C'est un roulement qui est naturel. Alors, cette année, ce qu'il y a de nouveau, c'est qu'on en fait rentrer plus fait, ça qu'il faut vraiment le regarder comme ça aussi. L'an prochain, c'est un autre 400, et etc., là. Ça fait qu'on s'en va vers l'augmentation du nombre de médecins au Québec pour justement19281travailler à améliorer cette tendance de médecins, plus de médecins qui sortent que d'autres qui rentrent. Ça fait qu'on arrive, on s'en vient à la bonne place.

Journaliste : Ce que M., Mme Tout-le-monde risque de se dire ce matin, et j'oublie votre nom...

Une voix : ...

Journaliste : Docteur Renaud a dit : On a regardé nos plages horaires, puis on s'est rendu compte qu'on avait de la place, ça fait qu'on a pu ajouter du monde. Donc, pourquoi ça a pris... ça a pris cette entente-là pour finalement que les médecins réalisent qu'il y avait peut-être de la place pour accueillir ou envoyer 500 000 lettres?

Mme Bélanger : Non, mais écoutez, je pense que, là, vous faites référence à l'entente en lien avec la FMOQ. Cette entente-là devait être... renégociée. On fonctionne avec entente avec le gouvernement et la FMOQ...

Journaliste : ...ma question, c'est : Il y a de l'espace soudainement, pourquoi là, là?

Mme Bélanger : Oui. Bien, il y a... il n'y a pas de... il n'y a pas de l'espace soudainement. Il y a une volonté des médecins d'améliorer la prise en charge. Puis on travaille dans l'organisation du travail. Alors, c'est tout un travail de fond. Il ne faut pas penser que c'est quelque chose qui est facile comme ça. Si ça avait été si facile que ça, on l'aurait fait. Ce n'est pas ça du tout. On est dans un changement de perspective. Puis je vais laisser le médecin, c'est la meilleure personne pour vous répondre.

M. Renaud (Pascal) : Bonjour. Donc, les médecins ont changé leur façon de travailler. Docteur Amyot l'a souligné tout à l'heure, c'est ça, la clé, là. Par exemple, moi, je faisais... j'ai une pratique exclusive à l'urgence. J'ai décidé de venir donner un coup de main en première ligne avec des patients GAP, mais je ne le fais pas seul. À travers ma rémunération, je paie de mes... de ma rémunération une infirmière qui m'aide, avec moi, qui n'est pas fournie par le GMF, qui n'est pas fournie par le réseau. C'est moi qui a décidé de travailler et de... avec elle parce que j'étais plus productif quand je faisais ça, je pouvais avoir plus de patients puis plus... donner plus d'accès à la population. Donc...

Journaliste : ...déjà une enveloppe budgétaire que... pour que vous puissiez engager...

M. Renaud (Pascal) : Non. C'est... C'est ma rémunération à moi qui le paie. Puis cette nouvelle entente-là m'a permis de dégager des sommes, qui fait que je ne travaille pas à perte. J'ai un revenu supplémentaire qui me permet d'engager un autre professionnel à même ma rémunération pour offrir des services à la population, ce qui n'était pas aussi facile avant.

Maintenant aussi, on peut prévoir pendant cinq ans qu'est-ce qui va se passer, donc c'est plus facile pour les GMF de se dire : Oui, j'engage quelqu'un. Puis Dre Beaulieu travaille en dyade aussi avec une infirmière qu'elle rémunère elle-même avec sa rémunération, qui lui fait voir plus de patients. Donc, ce changement de mode de pratique là, des médecins, fait en sorte qu'on est capables de faire plus parce qu'il y a d'autres professionnels pour nous aider. Avant, c'était beaucoup plus difficile de pouvoir faire ça.

Journaliste : Merci.

La Modératrice : Merci. Prochaine question.

Journaliste : Bonjour, Mme la ministre. À quel point... Vous dites : Il y a 30 départs supplémentaires cette année. À quel point vous avez l'impression que la loi deux a forcé des médecins à partir, à prendre cette décision-là?

Mme Bélanger : Bien, écoutez, je pense qu'il faut faire attention, là, pour ne pas faire cette relation de cause à effet. Il y a des médecins là-dedans qui ont quitté pour leur retraite. Puis vous avez vu tantôt, là, au contraire, on demande à certains médecins qui veulent continuer. On a... On veut des assouplissements pour que des médecins qui avaient l'intention de partir à la retraite puissent continuer leur pratique selon leurs capacités et leurs disponibilités. Alors, c'est sûr que la loi deux, ça a été difficile, là. Je ne nie pas ça. Mais maintenant, moi, je ne suis pas prête à faire cette relation de cause à effet.

Et puis on a des nouveaux médecins qui s'en viennent. Ça fait qu'on se tourne vers l'avenir. On va bien les accueillir. Puis c'est important au Québec qu'on puisse renforcer nos équipes médicales. C'est ce qu'on est en train de faire.

Journaliste : Dre Beaulieu, peut-être une question pour vous. Vous dites : Notre clinique prendra des milliers de patients de plus. À quand le premier patient? Dans quels délais? Est-ce que vous avez déjà établi, genre : Bien là, le premier patient de cette nouvelle cohorte de patients, je l'ai déjà accueilli, ou dans deux semaines, dans trois semaines?

Mme Beaulieu (Anne-Marie) : C'est déjà commencé. Nos équipes travaillent activement à donner les rendez-vous de prise en charge, des médecins qui sont rentrés des samedis, des journées entières pour voir, pour effectuer le premier rendez-vous de ces patients-là, les vulnérables, notamment. On priorise les patients les plus vulnérables dans les premiers rendez-vous de prise en charge.

Donc, il faut bien comprendre, quand on dit un an, c'est... c'est une obligation administrative pour le médecin d'offrir un premier rendez-vous dans l'année après la réception de l'inscription de ce patient-là. Sur le terrain, moi, ce que j'observe, c'est que les médecins s'organisent rapidement en supplément de leurs activités actuelles parce que nos activités ne diminuent pas. Donc, en plus de nos gardes, on fait des journées supplémentaires pour voir ces patients-là, pour les prendre en charge, pour s'assurer que les patients vulnérables qui n'ont pas été vus depuis longtemps, qu'on ne passe pas à côté d'une maladie qui nécessite une attention immédiate. Donc, ce que je vois sur le terrain, c'est que les médecins sont déjà à pied d'œuvre pour voir ces patients-là. Je pense que ça va se faire avant la prochaine année. Puis les patients qui ont un besoin urgent, qui sont déjà inscrits auprès de leur médecin, peuvent prendre rendez-vous au sans rendez-vous de leur clinique, peuvent demander un rendez-vous avec leur médecin avant le rendez-vous qu'on appelle officiel de prise en charge. Alors, il y a une différence entre le rendez-vous de prise en charge, qui est la révision complète du dossier, la mise à jour, et le «docteur, j'ai mal au ventre, j'ai besoin de vous voir».

Journaliste : Bonjour. Dr Amyot, j'ai une question pour vous en lien avec la question de ma collègue. Est-ce que vous concluez qu'il n'y a pas eu de vague de départs de médecins de famille qui ont été causés par la loi n° 2?

M. Amyot (Marc-André) : Bien, je vous dirais, ça dépend de ce qu'on définit comme une vague de départs, là. Est-ce qu'il y a des tendances? Je n'ai pas les chiffres exacts, mais c'est sûr que c'était inquiétant. Bon, c'est réglé, la loi n° 2, là. Moi, je préfère qu'on regarde en avant, qu'on la valorise, cette profession-là. Je l'ai dit tantôt, j'ai exercé l'une des plus belles professions dont je suis fier. J'espère que mes collègues vivent... puis je... on veut travailler en collaboration.

Journaliste : Oui, oui. Donc, vous dites que ça dépend de l'interprétation de chacun. Vous, est-ce que...

M. Amyot (Marc-André) : Non, mais...

Journaliste : Selon vous, est-ce qu'il y a eu une vague de départs suite à la loi n° 2?

M. Amyot (Marc-André) : Bien, il y a eu des départs. Est-ce que c'est une vague? Je ne sais pas.

Journaliste : Oui, on parle... on parlait du nombre de médecins qui entrent à chaque année versus le nombre de médecins qui partent. Mme la ministre, quand est-ce qu'on... D'après vous, quand est-ce qu'on va voir le nombre de médecins... de nouveaux médecins... comment dire... je reformule. Quand est-ce qu'il va y avoir plus de médecins au Québec qui vont entrer dans la profession plutôt que de sortir? En quelle année vous pensez qu'on va voir ça?

Mme Bélanger : Bien, écoutez, là, on travaille aussi selon la capacité de nos facultés de médecine, hein? Alors donc, on a établi un nombre à chaque année pour que les facultés de médecine, puis ça, c'est une bonne nouvelle, puissent accueillir plus d'étudiants. Alors, on est très contents de ça. Il y a quatre facultés de médecine au Québec, alors... Donc, on y va à chaque année avec une augmentation. Cette année, c'est la première année où on va sentir cet effet-là. L'an prochain, ça va s'accumuler, et ainsi de suite. Alors... Et on travaille en étroite collaboration pour la planification des effectifs médicaux, on travaille ça avec les universités, avec les facultés de médecine, puis on a des projections à faire. On parle aujourd'hui des médecins de famille, on a aussi un travail à faire pour la médecine de spécialité. Alors, on est en train de rétablir ça. Mais là où on s'en va, c'est plus d'étudiants puis une plus grande attraction aussi vers la médecine familiale.

Je veux quand même revenir. On parle beaucoup des médecins de famille en GMF, mais vous avez tout à fait raison, vous avez un exemple ici d'un médecin de famille qui travaille à l'urgence, médecins qui font de l'hospitalisation, qui travaillent en CHSLD, en soins palliatifs. Alors, les médecins qui travaillent en GMF ont souvent des pratiques complémentaires aussi. Alors, c'est... c'est très complexe, l'organisation de la médecine familiale. Mais, aujourd'hui, je pense qu'on doit se réjouir. Il y a une réelle volonté d'une meilleure prise en charge individuelle ou collective selon les besoins des personnes.

Journaliste : Bonjour. J'aimerais savoir : Le principe d'être suivi par un groupe de médecins plutôt que par un médecin de famille, est-ce que c'est ce qu'on vise à terme ou c'est une transition pour permettre l'accès à un médecin de famille?

Mme Bélanger : Mais, vous savez, l'objectif à terme, ce n'est pas un Québécois, un médecin de famille. Ce n'est pas l'objectif. Il faut même changer ce paradigme-là. On n'est plus là-dedans. C'est en fonction des besoins des personnes. Puis je laisserais peut-être docteure ou docteur vous... vous parler un petit peu de comment on voit ça.

Mme Beaulieu (Anne-Marie) : En fait, quand on parle d'inscription collective, on parle d'un patient qui est affilié à un groupe de médecins. Il y a des patients qui nécessitent des soins ponctuels puis il y a des patients qui nécessitent des suivis longitudinaux. Donc, pour répondre à votre question, actuellement, il y a une pénurie de médecins de famille. Alors, l'inscription collective, c'est quelque chose qui nous permet au moins d'offrir un accès à une portion de la population qui n'est pas inscrite individuellement.

L'objectif des médecins de famille, c'est de traiter les patients qui sont vulnérables et de les inscrire individuellement. Si je vois un patient pour un épisode de soins en inscription collective, je vais faire le suivi jusqu'à ce que le patient soit rétabli. Puis, en cours de route, c'est possible, que je règle plusieurs problématiques de santé, et donc qu'il y ait une prise en charge ponctuelle, mais qui peut s'étendre. J'ai parfois suivi des patients pendant plus d'un an qui étaient inscrits collectivement et non individuellement à moi parce qu'ils avaient une problématique qui nécessitait plusieurs suivis. Une fois la maladie stabilisée, le patient peut rappeler à la clinique, via le 811, l'option 3, et être revu. Le dossier est disponible pour mes collègues, si c'est un de mes collègues qui revoit le patient.

Donc, l'objectif à terme, je pense, c'est que les patients aient un accès quand ils en ont de besoin. C'est l'objectif du gouvernement, c'est l'objectif de la FMOQ, puis je peux vous dire que c'est l'objectif de mes collègues sur le terrain aussi. Nous, ce qu'on veut, c'est voir les patients quand ils sont malades ou au moment où ils en ont besoin.

Journaliste : Juste pour être certaine de comprendre. Donc, ce sera ça la norme éventuellement, les gens qui sont inscrits à un groupe de médecine familiale, par exemple, ne doivent pas s'attendre à éventuellement être suivis par un médecin de famille, là.

Mme Beaulieu (Anne-Marie) : Si je peux vous donner un exemple récent qui m'est arrivé récemment, j'ai vu un patient en inscription collective, donc il était référé par le guichet d'accès pour un renouvellement de sa médication. Puis finalement, quand j'ai vu le patient, il avait de multiples maladies chroniques, dont un cancer actif, j'ai trouvé, j'ai évalué que ce patient-là nécessitait une prise en charge individuelle parce qu'il était trop malade pour demeurer collectif. Et je l'ai inscrit, j'ai dégagé de la disponibilité pour ce patient-là qui en a grandement besoin actuellement. Puis je pense que la plupart de mes collègues au Québec font la même chose.

M. Amyot (Marc-André) : J'ai des données par rapport à ça. Jusqu'à la fin 2025, on avait autour de 1 million de patients inscrits collectivement. Dans ce bassin-là de patients inscrits collectivement, il y en a 300 000 qui ont été pris de façon individuelle, qui avaient besoin d'un suivi longitudinal. Donc, c'est vraiment une des façons d'identifier les patients, selon le jugement clinique du médecin, d'identifier les patients qui ont besoin d'un suivi plus serré avec un médecin de famille.

Journaliste : Puis, deuxième question, c'est quoi, la suite des choses? Il y a combien de médecins qui n'ont toujours pas... combien de patients n'ont toujours pas d'accès à un médecin de famille? Puis c'est quoi, les prochains objectifs, là? M'entendez-vous?

M. Amyot (Marc-André) : Je n'ai pas compris. Je m'excuse.

M. Renaud (Pascal) : Votre question était bien : Combien de patients n'ont pas accès à un médecin de famille? Mais en fait, actuellement, avec le guichet, les patients orphelins peuvent appeler au guichet d'accès et auront quand même un rendez-vous donné dans un des GMF de la région qui offrent des rendez-vous en collectif. Donc, théoriquement, tout le monde qui appelle l'option... 8-1-1, option 3, va pouvoir avoir accès à des rendez-vous médicaux ou être réorienté vers un autre professionnel selon la nature de son besoin. Donc, je vous dirais que tout le monde a un accès, actuellement, là.

Mme Bélanger : Oui, très important de dire, là, que, grosso modo, avec le 500 000 de plus, c'est près de 7 600 000 Québécois qui ont accès à un médecin de famille ou à un GMF sur une population de 9 millions. Alors, on est dans la... on est sur la bonne voie. On va passer cette étape-là, on va bien l'évaluer, puis on va continuer. L'objectif, c'est que les Québécois aient accès selon leurs besoins. Alors, on poursuivra au fur et à mesure, mais c'est important de bien franchir cette étape qui est sur la bonne voie. Et puis je suis convaincue qu'on va arriver avec le déploiement aussi de nos autres cliniques professionnelles puis avec les autres professionnels, à faire en sorte qu'on va avoir un beau modèle au Québec. Il faut être fier du modèle GMF. C'est un modèle qui est vraiment unique au Québec puis qui est vraiment intéressant.

Journaliste : Mme Bélanger, when will Quebeckers tangibly see a difference in their access to doctors after today's announcement?

Mme Bélanger : Okay. I will begin with some words in English Today, we are announcing an important step to improve access to care in Québec, 566 000 and 473 000 persons will be affiliated at a GMF or at physicians. We reached this goal one month ahead. It's very good news. This progress comes from strong collaboration with family doctors and other health professionals, including nurses, nurse practitioners and pharmacists. More work remains and we will keep working to improve access with the right research and teamwork.

Je ne sais pas s'il y a quelqu'un qui veut me parler en anglais. Ça va?

Journaliste : Les autres, est-ce qu'il y a des autres intervenants qui pourraient dire un mot en anglais? Do you guys… Are you guys comfortable to say a few words in English? No?

(Fin à 9 h 48)

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