Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.
(Huit heures vingt-trois minutes)
M.
Grandmont : Bonjour, tout le monde, content de vous retrouver. Je
pensais vous parler d'environnement ce matin, puis, finalement, l'actualité
nous amène ailleurs. Parce que c'est les crédits en environnement, mais c'est
plutôt la nouvelle sur le déficit de maintien d'actifs en transport qui a
retenu notre attention, en tout cas la mienne, 31 milliards de déficit de
maintien d'actifs contrairement aux 24,5 qui sont inscrits dans le PQI 2026-20236.
C'est quand même surprenant parce qu'encore hier, mon collègue, Haroun Bouazzi,
questionnait le ministre des Infrastructures, Eric Girard, puis qui lui
répondait que, finalement, c'était un chiffre qui était fiable, puis tout ça, puis
que c'était une bonne estimation, en fait, du déficit de maintien d'actifs au
Québec. 31 milliards, c'est ça, le vrai chiffre quand on tient en compte
notamment les données de 2025. C'est vraiment inquiétant.
Qu'est-ce
qui explique cette différence entre le chiffre de 31 milliards puis le
24,5? Le fait qu'on a décidé de ne pas prendre les chiffres les plus récents
pour faire la planification pour les 10 prochaines années dans le PQI, à
part peut être l'élection qui s'en vient, pour ne pas avoir un déficit trop
important à annoncer ou à mettre devant les yeux des Québécois à la veille
d'une élection. Ça m'inquiète énormément.
Puis
je rajouterais à travers ça aussi que le troisième lien, encore cet entêtement-là
à vouloir réaliser ce projet-là à l'Est, un projet de... selon le ministre de l'Économie
actuel, qui pourrait coûter jusqu'à 20 milliards de dollars... Pour
vrai, dans quel monde la CAQ vit actuellement? Ça n'a pas de bon sens d'avoir
un déficit de 31 milliards de dollars, puis, de l'autre côté, vouloir
ajouter encore des nouvelles infrastructures à coup de vingtaine de milliards
de dollars. Ils sont complètement déconnectés. Je trouve ça aberrant,
inquiétant. Je ne peux pas comprendre comment ce gouvernement-là veut se
représenter devant la population en ayant l'air sérieux. C'est une honte. Merci.
M. Cliche-Rivard : Merci,
Etienne. Bonjour, tout le monde. C'est malheureusement passé trop inaperçu, mais
le 30 avril dernier, c'était les sept ans du terrible décès de la fillette
de Granby qui a profondément marqué le Québec puis qui a mené à la commission
puis ensuite au rapport Laurent, là, qui a maintenant cinq ans.
On se rappelle que les parlementaires, on
a pris l'engagement, tous ensemble, un engagement fort envers les Québécois,
les Québécoises, plus jamais, plus jamais on n'allait fermer les yeux, plus
jamais on n'allait oublier. Puis, la semaine dernière, on apprenait que c'est
moins de la moitié des recommandations du rapport Laurent, cinq ans plus tard,
qui avaient été réalisées. C'est évidemment trop peu.
Donc, aujourd'hui, dans un contexte
transpartisan, moi, je dépose une motion à l'Assemblée nationale, une motion
afin de confier à la nouvelle Commissaire au bien-être et aux droits de
l'enfant le mandat d'évaluer de manière indépendante la mise en œuvre du
rapport Laurent et de formuler toutes les recommandations nécessaires à l'Assemblée
nationale. Au moment où le rapport Laurent a été déposé, là, contrairement au
rapport Viens qui, lui, a un suivi avec le Protecteur du citoyen, aucun suivi
autonome, neutre et indépendant n'avait été confié à aucune institution pour le
rapport Laurent, c'est le gouvernement qui fait cette propre évaluation là,
mais il n'y a pas d'organisme neutre et indépendant de suivi. Donc, aujourd'hui,
on espère que ce soit différent puis on espère que l'Assemblée nationale puisse
formellement mandater la nouvelle Commissaire au bien-être et au droit de l'enfant
de ce mandat-là de suivre le rapport Laurent pour que plus jamais, là, au Québec,
on n'ait des événements aussi dramatiques et traumatisants que ce qu'on a vécu.
Donc, aujourd'hui, on propose un geste fort pour nos jeunes pour l'assurance
d'un suivi constant, neutre et indépendant, porté par une voix forte, porté par
la voix des enfants, une voix qu'on ne pourra jamais faire taire, qu'on ne
pourra jamais oublier. Et j'espère sincèrement que mes collègues vont l'adopter
de manière unanime à l'Assemblée nationale, pour qu'on puisse vraiment savoir
de quoi il en retourne puis qu'on puisse avoir des documentations puis des
recommandations qui soient neutres, autonomes et indépendantes pour l'application
de l'ensemble du rapport qui est déterminant pour les suites de nos services
sociaux.
Journaliste : Concernant ce
qui s'est passé avec la flottille, il y a... je pense que c'est la semaine
dernière, il y a eu une condamnation... une intervention du premier ministre Carney
hier. Sauf erreur, on n'a rien entendu de la part du gouvernement du Québec.
Est-ce que le gouvernement du Québec aurait dû, devrait dénoncer ou intervenir
d'une quelconque façon par rapport à ça?
M. Cliche-Rivard : Définitivement,
c'était l'objet de notre motion hier, notamment, là, sur cette condamnation-là,
qui rappelait qu'il n'y a pas seulement le Canada, mais plusieurs autres pays,
dont la France, avaient vivement condamné ces violations-là du droit
international, de la Convention de Vienne, des règles fondamentales. Donc, moi,
de voir le Québec actuellement garder le silence, je ne me l'explique pas. On
parle du fondement à la base du droit international. Et hier, ce qu'on disait,
c'est qu'il y a des... Il doit y avoir des conséquences diplomatiques à des
violations aussi flagrantes du droit international. Et on rappelait encore une
fois, comme plusieurs l'ont demandé, par milliers, là, dans des signatures de
pétition, à fermer le bureau du Québec à Tel-Aviv. On parle d'un gouvernement
qui est poursuivi pour crimes de guerre, en quête de crimes de génocide devant
la Cour internationale de justice, quand même de manière assez probante.
Donc, moi, je ne comprends pas qu'on
maintienne des relations diplomatiques avec des régimes qui sont sur le banc
des accusés puis qu'on maintienne ces missions-là. Hier, la CAQ a raté une
belle occasion de démontrer du leadership sur cette question-là puis sur cette
scène-là, puis, encore pire, son silence total sur la question est tout à fait
inacceptable.
Journaliste
: En tant
que parti indépendantiste, comment interprétez-vous les propos du premier
ministre Carney sur la Loi sur la clarté?
M. Cliche-Rivard : Bien, c'est
absolument inacceptable. La question est fondamentale, elle est réglée, elle
est scellée. J'étais content d'entendre les libéraux avant dire que la question
était claire, nette et précise en ce qui concernait le Québec. Donc, M. Carney
n'a pas d'affaire là-dedans. Cette question-là, elle va être réglée à 50 %
plus un. Et c'est la fin de la discussion, c'est la fin de l'histoire, vraiment.
C'est les Québécois qui vont décider, «that's it».
Journaliste
: ...est-ce
qu'elle doit se prononcer là-dessus aujourd'hui?
M. Cliche-Rivard :
Complètement, absolument. Puis, si elle n'est pas capable de le faire
rapidement, un gros signal d'alarme, gros, gros signal d'alarme. Il faut être
limpide et clair, surtout que, là, on voit qu'elle a des membres
indépendantistes dans son caucus, là. On voit que M. Lacombe, tout d'un coup,
après huit ans de caquisme, décide que, pour lui, le... son parti, c'est
conciliable avec la... avec le fait d'être souverainiste. Ça n'a tout
simplement aucun sens, là, être souverainiste puis être caquiste. C'est irréconciliable.
Ça ne fonctionne pas du tout.
Que Mme Fréchette envoie un signal clair,
là. Son parti, fondamentalement, est un parti fédéraliste qui milite pour le
Québec à l'intérieur du Canada. Moi, que non seulement des députés caquistes,
mais des ministres caquistes, à la table du caucus, à la table du Conseil des
ministres, soient finalement... Puis tant mieux, là, pour Mathieu... M.
Lacombe, je veux dire, je... on va prendre tous ceux qu'on a... qu'on est
capables de prendre dans le camp du oui, mais de savoir que ces gens-là siègent
à la table du Conseil des ministres d'un parti fédéraliste... Christine
Fréchette doit sincèrement poser des questions parce que c'est... pour moi,
c'est irréconciliable.
Journaliste : Qu'est-ce que
ça veut dire, le fait que les ministres sont à l'aise maintenant de sortir
comme ça puis de dire : Bien oui, moi, je suis fédéraliste, moi, je suis
souverainiste?
M. Cliche-Rivard : Ça en...
ça en dit très long. Le fondement de la CAQ, là, puis les statuts de la CAQ
sont à l'effet que la CAQ est un parti fédéraliste qui milite pour le Québec à
l'intérieur du Canada. Qu'ils soient fédéralistes... Qu'ils soient
nationalistes ou pas, ce n'est pas la question, là. Ils ont droit d'être bien
fiers d'être Québécois, mais leur militance puis leur... leur... leur statut
est à l'effet qu'ils vont se battre dans le camp du non, là. Il n'y a pas
d'autre question que... que ça.
Journaliste
: Leur
position va devenir difficile lors...
M. Cliche-Rivard : Bien,
complètement, complètement, complètement. Et que les autres se prononcent, là.
S'il y en a plusieurs autres comme ça, je vous inviterais à poser la question,
à Simon Jolin-Barrette par exemple, je me demande à quel point Simon
Jolin-Barrette va faire une profession de fédéralisme, à Jean-François Roberge,
posez la question. Moi, je serais très, très, très intéressé de savoir combien
il y en a d'autres comme M. Lacombe, qui pensent que c'est possible d'être
caquiste et souverainiste. Pour moi, ça n'a juste aucun sens, et ça en dit
vraiment long sur le leadership de Mme Fréchette.
Journaliste
: ...
Journaliste : ...MmeGhazal
parlait de bonbons électoraux... excusez-moi, juste pour la TVQ. C'est vrai,
les bonbons électoraux, je sais que vous l'avez proposé dans le passé, là, mais
est-ce qu'on doit comprendre que Québec solidaire ramènerait la TVQ sur ces
produits-là ou est-ce que vous... mettre... mettre en place même si ça coûte
100 millions par année?
M. Grandmont : Je ne suis pas
sûr de comprendre tout le début de la question, je m'excuse.
Journaliste : Oui. Hier, Mme
Ghazal parlait de bonbons électoraux, là, pour la TVQ qu'on a enlevée sur
certains produits à l'épicerie. Je veux savoir... Je sais que Québec solidaire
l'a proposé dans le passé, là, mais est-ce que vous ramèneriez la TVQ sur ces
produits-là même... même si ça coûte 100 millions par année et avec les
déficits qu'on a évidemment?
M. Grandmont : Bien, c'est
sûr que c'est quelque chose qu'on a déjà proposé, puis on l'avait fait... puis
après ça on a étoffé aussi, là, le travail qu'on a besoin de faire pour essayer
de soulager à la fois les... les... les... le coût de la vie, là, les gens qui
sont pris à la gorge, vraiment, puis il y en a beaucoup, de plus en plus, de la
classe moyenne qui trouve que la vie coûte vraiment très, très cher. Donc,
évidemment, il y a, dans la proposition de Mme Fréchette, des choses qu'on
avait déjà proposées puis, bon, on en est... on en est bien contents, qu'elle
reprenne nos bonnes idées. Cela dit, nous, ce qu'on demande, c'est d'aller
vraiment plus loin que ça parce qu'il faut arrêter de regarder simplement des
façons de...
Journaliste : ...dans le sens
qu'on a un déficit historique présentement.
M. Grandmont : Oui,
exactement. C'est exactement ça.
Journaliste
: Si ça
coûte 100 millions, ça a peu d'impact. Donc, vous dites : Il faut
quand même aller de l'avant même si ça creuse le déficit.
M. Grandmont : Bien, ce qu'on
dit en fait, puis c'est ce que j'allais répondre, c'était qu'il faut aller
chercher l'argent là où elle est aussi. Puis on est le seul parti,
actuellement, qui se permet d'avancer des idées pour aller chercher, regarder
la colonne des revenus. On a proposé puis on a adopté en congrès une
proposition qui vient taxer les ultrariches, à partir de
25 millions de dollars, sur leur fortune. On est les seuls qui
regardent ça.
Alors, qu'est-ce que vont proposer les
autres partis si on veut vraiment travailler sur l'enjeu du coût de la vie?
Puis on le sait, que c'est ça qui préoccupe actuellement les gens, les
Québécoises et les Québécois. Si ce n'est pas à aller chercher du nouvel
argent, qu'est-ce qu'ils vont proposer? Ils vont proposer de... soit de
continuer à aller piger dans leurs poches à travers des nouvelles taxes, des
nouveaux impôts ou, encore une fois, on va vivre des cycles d'austérité comme
on a vécus sous les libéraux et qu'on a vécus aussi sous la CAQ.
Donc, on est les seuls à proposer quelque
chose qui va chercher l'argent où elle est. Puis je pense que c'est la
meilleure stratégie pour garder un équilibre, à la fois avoir un État qui est
capable de bien fonctionner, offrir des services de qualité puis, de l'autre,
aussi trouver une façon de soulager ceux qui en ont vraiment besoin.
Journaliste : Dans un geste
inusité, le commissaire ou le ministre, hier, a carrément déposé un projet de
loi, là, dans son rapport. Bien, il dit aux parlementaires : Adoptez-le, s'il
vous plaît. Là, il y a des gros trous dans la loi. Il ne faut pas attendre le
prochain scandale. Il faisait référence à ce SAAQclic, là. Donc, qu'est-ce
que... Est-ce qu'il faut adopter ce projet de loi là? Qu'est-ce que vous pensez
de ça?
M. Grandmont : Bien, il
faudrait voir. On n'a pas pris connaissance, en fait, du projet de loi pour
l'instant, mais on est très contents de voir que le Commissaire au lobbyisme est
très proactif, plus que le gouvernement lui-même. C'est quand même une
recommandation du commissaire Gallant, que d'aller renforcer les lois sur le
lobbyisme. On sait combien ça nous coûte cher au Québec. On sait combien aussi
il y a d'immenses pressions qui sont mises sur les différents ministres et ça
fait prendre toutes sortes de mauvaises décisions. Donc, pour sortir de ce
cycle infernal de scandales financiers au gouvernement, on doit effectivement
aller renforcer cette loi-là. On a adopté une motion qui allait dans ce
sens-là.
Donc, on va prendre connaissance, évidemment,
du projet de loi, mais je salue l'initiative de proposer un projet de loi clé
en main au gouvernement pour qu'il y ait... pour voir à son adoption. C'est
vrai, là, les Québécois en ont marre, ils sont vraiment tannés de voir que
l'argent est mal géré suite à des mauvaises... à toutes sortes de pressions 19267qui viennent d'acteurs privés de
l'extérieur. Donc, on va prendre connaissance du projet de loi, mais je salue
l'initiative, là, du Commissaire au lobbyisme, Jean-François Routhier.
Journaliste : Rapport
Laurent, vous dites, M. Cliche-Rivard, il est toujours temps, en fait, de
mettre en œuvre. Parce que vous dites : Ça fait cinq ans, est-ce que
justement ça n'aurait pas dû être fait avant? Et comment on peut rattraper un
suivi cinq ans plus tard?
M. Cliche-Rivard : Il est...
Il est plus que temps. Puis sur la question du suivi, vous vous souvenez qu'il
y avait eu un comité, là, indépendant qui avait été vertement critiqué par M.
Legault à l'époque, là, qui avait fini par, je pense, s'excuser aux auteurs,
là, à l'époque. Et là, par la suite, ce comité-là avait comme été avalé, là,
par la structure du MSSS. Il y avait comme été dissous. Et là, depuis deux ans
à peu près, deux ans et demi, on n'a rien, là, qui fait des rapports de suivi
indépendants.
Là, M. Carmant et Mme Hill ont déposé, la
semaine passée, un rapport, mais duquel nous, on ne peut effectuer, puis la
société civile ne peut effectuer aucune contre-vérification. Puis déjà, selon
leur rapport, la moitié des recommandations sont... ne sont pas suivies, donc
c'est hautement insuffisant.
Moi, ce que... ce que je veux, c'est
quelqu'un, quelqu'une, porte-étendard, qui nous rappelle sur la place publique
puis qui prend la voix de ces recommandations-là puis qui les porte. Puis que
ce ne soit pas une question d'un rapport quinquennal, que ce soit la... des
mentions fréquentes, des rappels à l'ordre fréquents, des recommandations
fréquentes sur le fait que nos jeunes souffrent encore. Pas plus tard que la
semaine passée, je vous parlais de 3 000 fouilles en centres
jeunesse. La commissaire va... va devoir regarder ça.
Évidemment, je parlais aussi en crédits de
la secte, là, de l'Esprit-Saint, qui, encore, a des centaines de jeunes enfants
de 14, 15, 16 ans pour lesquels il y a... il n'y a rien véritablement qui
est fait, là. Donc, on a une nouvelle entité, là, qui part, là, la Commissaire
au bien-être et aux droits de l'enfant, qui va être autonome, qui est autonome,
qui est indépendante puis qui a la capacité de faire des solides rappels à
l'ordre, et je voudrais donc qu'elle soit aussi responsable du suivi du rapport
Laurent. Mais, disons-le, on n'est pas du tout satisfaits du fait que, cinq ans
après le rapport, puis sept ans après le décès de la fillette, bien, que
finalement, il y a la moitié de ces recommandations-là qui n'aient pas été
adoptées, c'est... ce n'est pas acceptable.
Journaliste : ...deux
semaines, la Commissaire aux droits de l'enfant, puis elle a commandé une
charte des droits de l'enfant, qui était une recommandation phare aussi de
Régine Laurent. Mais c'est... c'est insuffisant, dans le fond, son constat? Ou
ça en prend plus? Ou...
M. Cliche-Rivard : Bien, elle
a fait un rapport dans lequel il y a trois recommandations, dont la plupart
émanent du rapport Laurent. Mais elle ne s'est pas saisie puis elle n'a pas eu
mandat ni du gouvernement ni de l'Assemblée nationale de faire le suivi concret
de ces recommandations-là. Donc, oui, elle a pris sur elle-même. Puis c'est la
deuxième recommandation du rapport. La première, c'était d'établir le
commissaire aux droits de l'enfant. On l'a fait. La deuxième, c'était d'avoir
cette charte-là, des droits de l'enfant, qui devait être faite, là, le plus
vite possible. C'était la deuxième recommandation. Ça n'a toujours pas été
fait. M. Carmant a dit : Vraisemblablement, ça ne se fait pas dans ce
mandat-là. Ça fait que...
Journaliste : Bien, c'est
peut-être ça, l'enjeu. Ça prend une volonté politique.
M. Cliche-Rivard : Ça...
Véritablement. Mais ça prend...
Journaliste : Parce que...
Mais, elle, elle est arrivée...
M. Cliche-Rivard : Mais ça
prend quelqu'un pour porter haut et fort. Moi, je suis là, je le dis, il y a
d'autres gens qui sont là puis qui le disent. Mais, si la commissaire, un peu
comme le Protecteur au citoyen... du citoyen, un peu comme le commissaire de la
langue française, là... Tu sais, de temps en temps, M. Dubreuil vient ici, fait
un rapport, ramène des questions sur la place publique, fait des
recommandations, puis ça part un débat public. Je veux que la commissaire au
Bien-être et aux droits de l'enfant soit capable de faire la même chose pour ce
qui est des droits de la jeunesse. Puis là, actuellement, ce n'est pas le cas
parce qu'on ne lui a pas mandaté de le faire.
Journaliste : ...en
terminant, sur les fraudes des ministères et organismes.
230 millions de dollars, là, ce n'est quand même pas léger. Est-ce
que ça vous préoccupe? Est-ce que c'est facile de frauder le gouvernement,
selon vous?
M. Grandmont : Bien,
visiblement, ce l'est trop. C'est beaucoup d'argent quand même qui est envoyé,
qui est... qui est perdu. C'est beaucoup trop d'argent qui est perdu. Quels
mécanismes on va mettre en place pour essayer de faire mieux? En tout cas, nous
autres, on demande vraiment au gouvernement qu'il y ait une réflexion
là-dessus, là. Puis on comprend que, tu sais, c'est des... c'est des faux appels
d'offres, c'est des... c'est un paquet de mécanismes qui sont utilisés. Puis,
encore une fois, on est... on est incapables de... Tu sais, on voit combien, en
fait, c'est spécialisé, en fait, de l'autre côté.
On pourrait parler peut-être
d'intelligence artificielle aussi, à travers ça, peut-être, qui est utilisée
aussi pour être capables d'accélérer ou de faciliter le recours... la mise en
place de fraudes. Puis ça nous amène sur toute la question, là, de comment on
légifère puis comment on encadre l'intelligence artificielle au Québec. Ça,
c'est une question qui n'est toujours pas répondue, là, sur laquelle on se
penche quand même beaucoup, là, chez Québec solidaire. Alexandre Leduc a posé
des questions là-dessus, notamment, là, au ministre du Travail. Puis il y a
toute la question, là, évidemment, là aussi, du milieu artistique.
Mais, bref, les fraudes, effectivement,
là, il va falloir se pencher réellement là-dessus parce que c'est trop d'argent
qui est perdu. Ça n'a pas de bon sens. Puis les Québécois sont écoeurés de
payer pour des mauvaises... des mauvais systèmes qui encadrent mal, en fait,
les différents processus à l'intérieur de chacun des ministères et organismes,
là.
Journaliste : Les médecins
vont dire qu'ils ont réussi leur objectif de 500 000 patients, là, de
l'inscription, mais c'est des inscriptions collectives et non individuelles.
Vous en pensez quoi, de cette réussite?
M. Cliche-Rivard : Oui. En
fait, les médecins ont envoyé 500 000 lettres. C'est ça qu'on a
appris par les questions puis les études de crédits. Ce n'est pas
500 000 rendez-vous, ce n'est pas 500 000 patients qui vont
être vus, c'est 500 000 lettres qui ont été envoyées. Après ça, les
Québécois ne sont pas dupes, là, ils le savent très bien, puis ça a été très
clairement dit, que ce ne sont pas des prises en charge. La plupart de ça, ce
sont des inscriptions collectives. Puis dans l'inscription 19593collective, il faut quand même appeler au
GAP pour avoir un rendez-vous puis ce n'est même pas sûr qu'on va être envoyé à
la clinique auquel on est inscrit. Ça fait qu'à un moment donné, moi, je pense
que Mme Bélanger n'a pas du tout livré là-dessus. Et même que, la semaine
passée, là, Le Devoir rapportait que tous les obstacles ou les éléments de
vérification avaient été levés, puis là, pouf, tout d'un coup, on est rendus à
500 000, parce que toutes les étapes RAMQ de vérification de liste, à
savoir si quelqu'un est déjà dans un CHSLD avec un médecin, à savoir que quelqu'un
est décédé, toutes ces étapes de vérification là ont été levées, ça fait que
là, évidemment, que, tout d'un coup, les... les quelques dizaines de milliers
de places qui manquaient pour atteindre le 500 000 ont été... ont été
atteintes. Donc, je veux dire, pour moi, c'était évident qu'ils allaient
réclamer réussite, là. Je veux dire, tout a été mis en place puis le
gouvernement, au fur et à mesure qu'on a avancé sur cette affaire-là, a
simplifié le travail.
Moi, ce que je vais véritablement
vouloir voir dans les prochaines semaines, dans les prochains mois, c'est
l'accès aux rendez-vous. Est-ce que les 500 000 Québécois inscrits
collectivement vont être capables enfin d'avoir un rendez-vous dans leur
clinique? Est-ce que les plages horaires qui ont été ou qui seront mises à
disposition des Québécois vont être comblées? Puis est-ce que ça va désengorger
les urgences? C'est là où on va savoir si ça fonctionne.
Et moi, je m'explique mal pourquoi
l'argent vient avant et non pas après. Donc, il est véritablement... Vous avez
inscrit 500 000 patients, tant mieux. Là, le chèque est déjà dans la
malle, là. Mais comment se fait-il que ce n'est pas de l'année prochaine, après
évaluation de combien de ces 500 000-là qui ont eu véritablement des
rendez-vous dans le système, qu'on n'envoie pas le chèque? Comment ça se fait
que la job se fasse avant? Moi, je connais peu de gens qui reçoivent un bonus,
là, avant même d'avoir effectué le travail. Je pense que la même question
mérite d'être posée à Mme Bélanger sur les bonis, là. Ça, c'est une
question qui est différente d'avoir un argent qui est envoyé, là, à peu près
150 $, la lettre qui est envoyée en plus du 100 $ du rendez-vous GAP,
en plus de la facturation du rendez-vous. On est rendus à pas mal de primes additionnelles
sans avoir encore vu le patient, là.
Journaliste :
So, if we go back to this objective
that at 9 :00, the health minister and the president of the General
practitioner's federation will say, we reached it. We got it. What do you say?
Like, you still have a question regarding the access for patients.
M.
Cliche-Rivard :
Of course, I mean, what the federation and the minister will
announce is that they sent 500,000 letters. This is not… 500,000 appointments,
it's 500,000 letters, half a million letters. And there's no concrete or
engagement for direct access for those patients directly to those clinics. So,
it's very questioning as to why those bonuses, the bonus that was promised is
already sent and already sent to… to the doctors without any consideration or
proof that the services are being given to the population. So, our really
question the fact, how is it that this money is not sent next year after a year
of review, after us making sure that the services were given to the population.
So, of course, I mean,
it's a good thing that Quebeckers are receiving letters and are being connected
to a clinic, but if they can't access it, if there's no appointments, they
still have to go through the GAP and to go… to be sent to another clinic. And
if, at the end of the day, there is no appointment and they still go to the to
the E.R. because there is no spaces, how is it that this check was sent anyway?
So, I would really more
appreciate for minister Bélanger to come down with some engagement, with some
data stating, yes, appointments are available, yes, Quebeckers are using them
versus then to simply announcing today that the check is being sent in the mail
for doctors. I mean, I don't understand why she's acting this way.
Journaliste :
And, Mr. Grandmont, can I ask you about
the decision of Mr. Guilbeault to finally say, okay, I cannot change things,
I'll leave. How do you relate to that? Because I'm sure that you know Mr.
Guilbeault for years.
M. Grandmont :
Well, it's a good question because I
know his engagement for… for environment is very strong. So, he decided to go
with the Liberal Party of Canada. That's his decision. He tried to change
things from the… from the… from inside of this government. Finally, it's… I
don't know the expression, but it's like the canary in the… «dans la mine». So,
it's a… it's a big signal for Canadians that… and for Québec that the Liberal
Party of Canada is no longer a party that is working for… for the environment,
to protect it. So, I don't know, I just… «je salue», I salute, I salute is
engagement through is work at… as a minister, as a federal minister of
Environment, I think he tried to do his best for… for this important issue. But
yes, it's a sign that it's no longer a party19267
that will protect environment, and we see it through the...
Journaliste
: The project with...
M. Grandmont : ...the project with Alberta, exactly, that will allow to export
more natural gaz from Canada to other countries in the world, and we see it
through new project like a Marinvest that is a threat for Québec. If this project
goes forward, it's a real treath for Québec and for the environment. So you
know, that's it.
Journaliste
: ...are saying that the CAQ MNA's need to divuldge whether or not
they would vote yes or no in a referendum before the next election. Do you
agree? Would that be helpful at all to Quebeckers?
M.
Cliche-Rivard : A 100%, I believe Quebeckers
are entitled to know who they are voting for and what their convictions are. I
firmly believe, and we are all given the assurance that the CAQ was a
Federalist party, that they would fight for Québec's place within Canada. So I
am... I really don't understand how ministers now can publicly state otherwise,
so they have a lot of explanation to give to their own constituants and to
Quebeckers in general.
Des voix :
Merci.
(Fin à 8 h 45)