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(Huit heures)
M. Fortin :Bonjour. Bonjour, tout le monde. Merci d'être là si tôt, si
tôt ce matin. Je commence en vous présentant le chef du Parti libéral du
Québec, M. Charles Milliard.
M. Milliard (Charles) : Excellent.
Merci beaucoup, André. Donc, effectivement, on en parlait avant que ça débute,
on revient de Toronto. On a passé deux jours, André et moi, avec un objectif
très clair qui est de rebâtir des alliances économiques fortes avec l'Ontario,
dans un premier temps, puis avec le reste du Canada. On pense que c'est
important de créer de la richesse, de générer des nouveaux revenus. Alors, dans
les deux derniers jours, ce qu'on a fait, on a rencontré des gens du milieu
manufacturier, du milieu des PME, du secteur minier et aussi la Fédération des
gens d'affaires francophones de l'Ontario et on veut donc couvrir des nouveaux
partenariats avec l'Ontario.
Donc, j'en ai profité pour faire deux
annonces hier, lors de l'allocution au Economic Club, au club économique à
Toronto. Premièrement, on souhaiterait, si les Québécois nous font confiance en
octobre prochain, relancer des conseils des ministres conjoints entre le Québec
et l'Ontario, comme ça se faisait à l'époque, avant que M. Legault prenne le
pouvoir, et on veut aussi développer une entente de réciprocité sur le commerce
interprovincial entre le Québec et l'Ontario. On sait que l'Ontario a déjà
signé, et on vous en a parlé hier et avant-hier, des ententes avec d'autres
provinces maritimes, entre autres avec le Manitoba. Alors, on souhaite faire
partie de ces ententes-là, nous aussi.
On veut évidemment aussi utiliser le
français comme outil de développement économique. On sait que c'est un marché
important à l'échelle mondiale. Alors, on a eu l'occasion de parler de ça, et
le Canada peut se distinguer à ce... à ce titre-là. Donc, la culture du oui
économique dont je vous parle depuis longtemps, d'avoir davantage d'opportunités
d'affaires, d'avoir davantage de capitaux qui viennent et qui choisissent le
Québec et davantage de talents aussi qui entrent dans la danse économique au
Québec.
Et, pendant ce temps-là, ici, durant...
durant mon absence de 48 heures, bien, on a enlevé la taxe sur les muffins
et sur les ananas coupés. On a fait la démonstration que rien n'a changé avec
Mme Fréchette. C'est la même stratégie électorale que M. Legault. On dépense de
l'argent qu'on n'a pas. Alors, tout ce qui a changé, c'est qu'on a maintenant
un peu le pointage de qui voterait oui, qui voterait non à la Coalition avenir
Québec. Alors, j'espère que Mme Fréchette entrera dans la danse et nous fera
part de sa décision à elle, dans l'éventualité, qu'on ne souhaite pas
évidemment, d'un autre référendum. Alors, je vais céder la parole à André.
M. Fortin :Oui, merci, merci. Je me permets de revenir rapidement, là,
sur l'article du journal ce matin par rapport aux 31 milliards de déficit
d'infrastructures cachés par le gouvernement de la CAQ. Hier, le ministre des
Finances, qui est aussi le ministre de l'Infrastructure, là, Éric Girard, s'est
présenté en commission parlementaire et a fait comme si ces chiffres-là n'existaient
pas. Pourtant, ce qui semble clair aujourd'hui, c'est qu'il y a une analyse
gouvernementale, il y a des tableaux gouvernementaux, il y a des chiffres
gouvernementaux qui énoncent très clairement qu'il y a un déficit d'infrastructures
de 31 milliards, que ça s'est... que ça l'a augmenté de façon
significative dans la dernière année et même qu'il y a une stratégie pour
cacher ces chiffres-là aux Québécois d'ici à la prochaine campagne électorale.
Ça, c'est bien le comble du comble des
façons de faire de la CAQ, là. Je refuse de donner, je fais comme s'ils n'existaient
pas, ces chiffres-là, à la population québécoise. L'exercice électoral, c'est
supposé d'être un exercice où les Québécois, avec toute la transparence
nécessaire sur l'état des finances publiques, l'état des infrastructures
publiques, peuvent se prononcer à savoir c'est quoi, les meilleures façons de s'y
prendre pour s'attaquer au problème, c'est qui les meilleures personnes pour s'attaquer
au problème, puis là on a un gouvernement qui cache ces données-là aux
Québécois de façon volontaire, de façon organisée. Franchement, là, c'est... c'est
bien le bout des façons de faire de la CAQ.
Journaliste : M. Milliard.
M. Milliard (Charles) : Oui.
Journaliste : Quelle est
votre position sur la loi sur la clarté ?
M. Milliard (Charles) : Ma
position est très, très claire, c'est la même que celle de tous les élus de
l'Assemblée nationale, c'est-à-dire que la loi n° 99
est très claire, c'est 50 % plus un. Alors, on est à la fois fédéralistes
et démocrates au Parti libéral du Québec. Alors, j'ai entendu les propos de M.
Carney hier, pour moi, c'est très clair.
Journaliste
:
...comment vous interprétez les propos du premier ministre canadien?
M. Milliard (Charles) : Bien,
je n'ai pas à interpréter ses propos, en fait, j'ai à...
Journaliste
: ...vous
avez deux partis souverainistes ici, au Québec, qui veulent, entre autres, un
qui veut lancer un processus référendaire. Et vous, vous allez être dans le
camp du Non avec Jean Boulet. Alors, comment, comment vous interprétez ça?
M. Milliard (Charles) : Entre
autres. J'ai hâte de voir s'il y en aura d'autres dans le caucus de la CAQ, on
verra ça aujourd'hui. Je n'ai pas à interpréter les propos de M. Carney. Il y a
deux partis souverainistes au Québec, de toute évidence, mais il y a cinq
partis politiques, je dirais, largement reconnus, et ils sont tous démocrates.
Alors, on a tous été d'accord à dire que 50 plus un, c'est la règle qui
prévaut. Alors, moi, je n'ai pas changé d'idée là-dessus d'aucune façon.
Journaliste
: Le
Commissaire au lobbyisme hier a déposé un projet de loi, ce qui est un peu
inusité, là, en disant adopter ça parce que notre loi est désuète, puis, si
vous ne le faites pas, il y a des risques de scandale. Et là il pointe du doigt
SAAQclic, il n'a pas été capable de déterminer s'il y avait de l'influence
d'entreprises privées à cause des trous dans la loi. Alors, est-ce qu'il faut
adopter cette loi-là, qui a été créée par le Commissaire au lobbyisme?
M. Milliard (Charles) : On va
le regarder avec avec plaisir. J'ai pris connaissance de ça comme vous très
récemment. Donc, moi, je suis tout à fait en faveur d'avoir des règles de
lobbyisme qui sont le plus clair possible. Puis, à l'aube de la prochaine
campagne électorale, c'est important que ces règles-là soient précisées. Alors,
on veut... on veut tout à fait collaborer là-dessus.
Journaliste
: Juste
pour finir, si c'est possible, sur le sujet précédent. C'était quoi, votre
objectif hier, tu sais, avec le ministre Boulet, là? Bien, je comprends qu'il
est ministre des Relations canadiennes au Parti libéral, c'était de prouver
quoi au gouvernement actuel?
M. Milliard (Charles) : Bien,
écoutez, là, vous demanderez à Marc Tanguay quand il viendra vous voir. Mais ce
que je peux vous dire, c'est que la Coalition avenir Québec...
Journaliste
: Vous
n'étiez pas au courant de cette stratégie-là?
M. Milliard (Charles) : Oui,
mais la Coalition avenir Québec, la Coalition avenir Québec, c'est une coalition
de fédéralistes et de souverainistes. Alors, c'est important qu'on sache
qu'est-ce qu'il en est. Moi, là, quand je parle de la question référendaire,
j'en parle par respect pour les Québécois, parce que ça fait quand même un
certain temps que le Parti québécois est en tête dans les sondages. Alors, je
pense qu'on a le droit de vouloir savoir, ces gens-là qui sont au gouvernement
en ce moment, dans quel camp ils se rangeraient. Et ce n'est pas un jugement
qu'on porte, c'est juste factuel. Alors...
Journaliste
: ...
M. Milliard (Charles) : Bien
moi je pense que oui, moi, je pense que oui. Alors je vous laisserai faire
votre travail, puis on continuera de le faire, nous aussi.
Journaliste
: Ça change
quoi?
M. Milliard (Charles) : Bien,
je pense que la question nationale au Québec, c'est un sujet important, c'est
un sujet qui est clivant. C'est un... c'est un sujet, pardon, où les zones
grises n'ont pas lieu d'être, selon moi. Alors, M. Boulet s'est prononcé, M.
Lacombe, mais moi, j'aimerais bien que Mme Fréchette se prononce, le camp des
Québécois...
Journaliste
: ...a voté
oui en 1995 de mémoire, là.
M. Milliard (Charles) :
Pardon?
Journaliste
: Celui qui
a posé la question a voté oui en 1995, de mémoire.
M. Milliard (Charles) : Tout
à fait. Puis, encore une fois, bien, c'est la démonstration que ce n'est pas
grave, on a voté quoi en 1995. Ce qui est important, c'est d'être clair sur
qu'est-ce qu'on ferait dans le prochain référendum. Alors, moi, je n'ai
aucun... je n'ai aucun problème que M. Tanguay, pour pour ne pas le nommer, ait
voté oui en 1995, ce qui est important, c'est la suite des choses.
Journaliste
: M.
Fortin, là, vous avez averti les électeurs de l'Outaouais que M. Lacombe
allait... voulait voter oui, en français et en anglais. Pourquoi c'est
important de porter ce message-là?
M. Fortin :
Bien, je pense que les électeurs ont le droit de savoir, d'ici à la prochaine
campagne électorale, comment, dans l'éventualité, et ce n'est pas ce qu'on
souhaite, nous, on va tout faire pour que ça n'arrive pas, mais, dans
l'éventualité d'un référendum, comment leurs élus, comment les candidats aux
élections se positionneraient? Alors, M. Lacombe se présente dans un comté de
l'Outaouais, pour lesquelles, dans l'éventualité d'un référendum, il y aurait
des répercussions importantes, notamment sur les fonctionnaires fédéraux de sa
circonscription. Alors, c'est important que les gens sachent dans quel camp il
logerait.
Journaliste
: Est-ce
que la position, entre deux chaises, de la CAQ depuis huit ans, ne sera pas
tenable pendant la prochaine campagne électorale, ça va être vraiment clivant,
oui, non?
M. Fortin :
Bien, il y a un... il y a un parti politique au Québec en ce moment, là, qui
propose, et qui mène dans les sondages aux dernières nouvelles, qui propose
d'entamer une démarche référendaire. Et donc, s'il est élu, encore là, ce n'est
pas ce qu'on souhaite, on va tout faire pour ne pas arriver à une démarche
comme celle-là. Et, s'il y en a une, nous, le camp dans lequel on est très
clair, mais c'est normal que les gens sachent, au moment de voter pour un
candidat ou un autre, dans quel camp ils logeraient.
Journaliste
: Mais
pourquoi c'est important? Parce que la CAQ l'a dit, c'est même dans leurs...
eux autres, ils ne veulent pas faire de référendum. S'ils sont réélus, il n'y
en aura pas, de référendum avec la CAQ. Alors, pourquoi ça devient important de
savoir s'ils voteraient oui ou non dans un référendum qu'ils ne feraient pas?
M. Fortin :
Bien, parce qu'il y a un parti politique qui mène dans les sondages aujourd'hui
et qui, lui, propose ce référendum.
Journaliste
: M.
Milliard, vous avez dit que vous étiez le seul à avoir votre permis pour
conduire l'autobus du camp du Non. Hier, on a appris que M. Boulet, il aimerait
peut-être ça aussi le conduire, l'autobus du camp du Non. Est-ce que vous
seriez prêt à être dans le même bus que des caquistes fédéralistes?
M. Milliard (Charles) : Je
fais partie de la majorité des Québécois qui ne veulent pas de référendum. Si
jamais le Parti québécois arrive au pouvoir et fait un référendum, on va devoir
se rassembler. C'est juste... c'est juste comme respectueux de dire ça. Et moi,
j'ai mentionné et je l'ai mentionné ici, je l'ai mentionné à Toronto hier, je
suis le seul chef, qui a dit clairement qui voterait non dans un éventuel
référendum. Alors, tous les gens... je vais juste terminer, tous les gens qui
veulent... qui veulent partager cette option-là seront le bienvenu, mais on va
tout faire pour pas qu'il y ait de référendum et respecter la volonté des
Québécois.
Journaliste : Concernant Gaza,
le premier ministre canadien a dénoncé hier, là, le traitement des gens de la
flottille. Il ne s'est rien rendu du côté du gouvernement du Québec jusqu'à
présent. Est-ce que, selon vous, le gouvernement du Québec devrait le dénoncer
d'une quelconque façon? Puis qu'est-ce qu'il devrait faire par rapport à ça?
M. Milliard (Charles) : Bien,
écoutez, c'est une situation qui, au niveau humanitaire, qui est... qui est
très déplorable, je pense que le... Le gouvernement du Québec, soyons
transpartisans là-dessus, s'est prononcé aussi contre ce drame humain là à
plusieurs reprises. Alors, on souhaite... on souhaite un règlement du conflit,
bien entendu. Les Affaires étrangères, évidemment, sont de compétence fédérale,
mais je pense qu'on peut être solidaires avec les peuples qui sont touchés dans
cet... dans ce conflit-là.
Journaliste : Mais ,
concernant ce qui s'est passé, là, ça a été dénoncé partout dans le monde, là,
le traitement des militants, tout ça.
M. Milliard (Charles) : Oui.
Bien, c'est regrettable. C'est certain que moi, sur une base humaine, je trouve
ça... je trouve ça regrettable. Moi, je pense qu'on veut... on veut avoir la
paix au Moyen-Orient, bien entendu, mais donc... Mais je ne suis pas au courant
si le gouvernement s'est prononcé ou pas, bien honnête.
Journaliste : Mais le
gouvernement devrait-il le faire, selon vous?
M. Milliard (Charles) : Ce
sera à lui de décider. Moi, je vous donne mon opinion en tant qu'humain avant
que politicien, je vous dirais.
Journaliste : Vous avez parlé
d'une taxe sur les ananas coupés et les muffins, là. Est-ce que vous ramèneriez
la TVQ sur les produits qui vont être détaxés?
M. Milliard (Charles) : On
va... on va étudier, là, l'ensemble, là, du fameux bouquet de mesures de la CAQ
et on verra qu'est-ce qu'on va garder ou pas dans la prochaine campagne
électorale, mais, écoutez, on nous sort un lapin du chapeau à chaque jour.
Journaliste
: Mais vous
dénoncez...
M. Milliard (Charles) : Bien,
écoutez, ce n'est certainement pas une priorité. Et moi, je voudrais avoir des
mesures sur le coût de la vie qui sont beaucoup plus ciblées. Alors, moi, ça
m'arrive parfois d'acheter des ananas coupés, je n'ai pas besoin que ce soit
détaxé.
Journaliste
: ...
M. Milliard (Charles) :
Pardon?
Journaliste
: Est-ce
que vous êtes contre, philosophiquement, les bases de taxes?
M. Milliard (Charles) : Les
baisses de taxes en général? Bien, écoutez, je ne suis pas... je ne suis pas
contre les baisses de taxes, mais je suis contre le déficit de
10 milliards qu'on a actuellement. Alors, on va devoir... on va devoir
repenser les finances publiques. Et la CAQ a perdu toute crédibilité dans la
gestion des finances publiques. Et plusieurs personnes l'ont dit depuis deux
jours, on dépense de l'argent qu'on n'a pas. Donc là, on finance des baisses de
taxes sur la carte de crédit. Ça, c'est finance 101, ça.
Journaliste : Mais hier,
M. Girard a reconnu en commission parlementaire qu'actuellement on laisse
les routes se détériorer parce qu'on n'est pas capables payer pour et puis
qu'on a priorisé la santé, l'éducation, l'enseignement supérieur. C'est ce
qu'il a dit hier. Autrement dit, là on a de l'argent, mais il faut décider où
on le met puis... Alors, est-ce que le Québec, en ce moment, compte tenu de ça
et de l'état des finances publiques, a les moyens de baisser les impôts et les
taxes des Québécois?
M. Milliard (Charles) : Je ne
pense pas que c'est une priorité pour l'instant, je pense que la priorité,
c'est d'avoir un gouvernement qui veut avoir une vision différente de la
gestion des finances publiques. On va devoir... N'oubliez pas que le déficit,
ça touche les gens dans leur quotidien, parce que le service de la dette coûte
extrêmement cher aux Québécois. Alors, on doit être prudents là-dessus et on
doit avoir des mesures qui sont plus ciblées.
Donc, moi, je ne suis pas contre qu'il y
ait des mesures d'aide à certaines personnes, mais ce n'est pas vrai, exemple,
que des gens qui ont des Mercedes et des Audi ont besoin d'avoir un rabais de
50 $ sur l'immatriculation, en plus le 1er septembre 1 mois
avant les élections.
Journaliste : Une fois qu'on
a dit ça, vous êtes en train de dire qu'un gouvernement libéral ne baissera pas
les impôts des Québécois.
M. Milliard (Charles) : Ce
n'est pas l'intention. Ce n'est pas l'intention dans un premier mandat.
Écoutez, regardez l'état lamentable des finances publiques. Il faut être
responsable.
Journaliste
: Mais les
taxes qui ont été annoncées, là, par Mme Fréchette, vous prenez... vous
arrivez au gouvernement, est-ce que vous voulez remonter au niveau... au niveau
précédent sur les ananas coupés?
M. Milliard (Charles) : On va
réétudier ces mesures-là une à la fois, mais je pense qu'on doit avoir des
mesures, encore une fois, qui sont plus ciblées. Je ne crois pas aux mesures
qui ont été annoncées cette semaine.
Journaliste
: Si vous
n'y croyez pas pourquoi ne pas les annuler?
M. Milliard (Charles) : Parce
que je ne veux pas vous donner des réponses à la pièce comme ça, ce n'est pas
comme ça que... Je ne suis pas venu en politique vous donner des réponses à la
pièce, de répondre à ce que Mme Fréchette a dit dans un Metro à
Sherbrooke, sur le coin de la table, comme ça. Ça nous prend une... ça nous
prend une politique plus claire de gestion des finances publiques.
Journaliste : ...les
Québécois doivent savoir pour qui votent... pour qui voteraient les députés de
la CAQ. Il me semble que les Québécois doivent aussi savoir quelle est votre
position sur les baisses d'impôt, les taxes, etc.
M. Milliard (Charles) : Mais,
bien sûr, c'est pour ça qu'on va présenter un cadre financier.
Journaliste : Donc, je pense
que la question de mon collègue est tout à fait...
M. Milliard (Charles) : Je ne
juge la question de mon collègue et vous jugerez ma réponse. J'apprécie votre
camaraderie. Mais j'ai envie de vous dire que, moi, je vais présenter un cadre
financier complet, sérieux, solide, ciblé dans le cadre de la prochaine
campagne électorale. Il n'y a personne au Québec qui ne saura pas où on s'en va
au niveau des finances publiques avec le PLQ le 5 octobre prochain.
Journaliste
: Le
porte-parole en matière de finances a été très clair, hier, mais je veux savoir
si vous embrassez ce qu'il a dit, ça va prendre un gouvernement sobre.
M. Milliard (Charles) : Je
suis tout à fait d'accord. J'ai mentionné à la Chambre de commerce de Montréal,
il y a trois semaines, qu'on n'a pas les moyens d'avoir des programmes
électoraux de 150 pages au Québec à cause des dégâts de la CAQ dans les 8 dernières
années. Alors, oui, ça va prendre un programme électoral... sobre, c'est un
qualificatif qu'on... oui, sobre, effectivement, parce que les finances du
Québec ne vont pas dans la bonne direction. Alors, les Québécois jugeront de
ça.
Journaliste : ...une nouvelle
taxe, comme le demande la FQM, dédiée aux infrastructures au Québec?
M. Milliard (Charles) : Alors,
j'ai pris connaissance de ça. Je vais rencontrer la FQM cet après-midi, dans le
cadre du congrès avec tous les préfets, donc, je vais faire une allocution cet
après-midi. On aura l'occasion d'en discuter, mais le fardeau fiscal des
Québécois est quand même déjà assez joufflu, je vous dirais. Donc, je vais
avoir cette discussion-là avec eux. Ça va faire partie de mon discours cet
après-midi.
Journaliste : ...est-ce que
c'est un beau mot pour dire «austérité»?
M. Milliard (Charles) : Non,
moi, je ne veux pas utiliser le terme d'«austérité», je veux avoir...
Journaliste
: ...
M. Milliard (Charles) : Bien,
sobre, ça veut dire qui est réaliste de la situation économique du Québec en ce
moment. Là, on a un déficit de près de 10 milliards de dollars. On apprend
qu'on a un réseau routier qui va 5 milliards de dollars, plus mal
qu'on pensait. On voulait nous donner cette information-là le 1er septembre. Ce
gouvernement-là n'a plus de crédibilité économique. C'était supposé être un
gouvernement de comptables... qui n'a pas su compter.
Journaliste : ...des coupes,
des compressions, il va falloir se serrer la ceinture...
M. Milliard (Charles) : On va
présenter un plan financier solide. J'ai déjà mentionné que je n'avais pas
l'intention de couper dans les services en santé, en éducation et en culture,
qui sont d'ailleurs trois de mes grandes priorités. Alors, les Québécois vont
nous trouver sur ce chemin-là dans la campagne électorale.
Journaliste
: ...dans
le trou?
M. Milliard (Charles) : Mais
bien sûr qu'on est dans le trou! On est dans le trou de 10 milliards de
dollars en ce moment. C'est inacceptable, et, en plus, on nous fait des
annonces sur la carte de crédit, on finance le propre programme électoral de la
CAQ avec des mesures bonbon qui ne sont pas ciblées, qui ne répondent pas aux
besoins des Québécois. Puis d'ailleurs la clameur populaire des derniers jours
prouve que les Québécois ne sont pas fous puis savent compter.
Journaliste
: ...quand,
votre...
M. Milliard (Charles) : Ça
s'en vient très bientôt, vous allez être les premiers invités.
Journaliste
: On a très
hâte.
M. Milliard (Charles) : Puis
d'ailleurs j'en ai parlé un peu hier, comme outil de développement économique,
parce que c'est important d'utiliser le fait que 300 millions et plus de
personnes sont francophones au quotidien, dans le monde, puis c'est un outil de
développement important. Il y a plein...
Journaliste
: ...
M. Milliard (Charles) : ...je
veux juste terminer, il y a plein de marchés francophones qui sont
sous-utilisés, dans le monde, et ça, je veux qu'on se serve de ça comme un
outil de développement.
Journaliste : ...à Toronto?
M. Milliard (Charles) : C'était
majoritairement en français. Vous pouvez réécouter la bande. Je me suis exprimé
majoritairement français.
Journaliste
:
...d'atteindre le 500 000 patients, là, inscrits, ils vont dire ça à 9
heures, avec la ministre de la Santé, mais les patients sont inscrits
collectivement et non individuellement, il n'y a pas nécessairement un
rendez-vous rapidement. Est-ce que vous croyez qu'ils ont atteint l'objectif?
M. Fortin :Bien, l'objectif du gouvernement, c'était de faire en sorte
que 500 000 patients soient inscrits. L'objectif des médecins, c'était
d'accepter le 75 millions en retour du gouvernement. Et, depuis le début,
là, on le savait, depuis le début, c'était clair que les médecins inscriraient
500 000 patients pour obtenir de l'argent additionnel que le gouvernement
leur donne. Mais ce qui n'est pas clair, c'est est-ce que les patients vont
avoir plus de services. Ce qui n'est pas clair, c'est est-ce qu'il va y avoir plus
de rendez-vous disponibles, c'est est-ce que ça va être plus simple de voir un
médecin?
Ça, il y a... Ce que le patient québécois
a besoin, c'est de savoir, est-ce que je vais être capable de voir un médecin,
est-ce que je vais être capable de le voir rapidement, est-ce que mes enfants
vont avoir un accès facile, comment je vais faire, le matin, quand ça ne va pas
bien, pour trouver un rendez-vous? Ça, ce n'est pas plus clair qu'avant. Tout
ce qu'on sait, là, c'est qu'ils ont envoyé 500 000 lettres aux Québécois
pour dire : Bon, bien, vous avez maintenant une clinique attitrée, mais on
ne sait pas si les gens vont avoir plus d'accès ou non.
Journaliste : ...
M. Fortin :
Bien, c'était prévu comme ça. Le gouvernement a choisi de donner 75 millions
aux médecins pour inscrire 500 000 patients. Donc, c'était clair dès le
début qu'il y allait avoir une inscription de 500 000 patients de façon
collective. Ce qui n'est toujours pas clair, aujourd'hui, c'est est-ce qu'il va
y avoir plus d'accès? C'est là-dessus qu'on aurait dû se concentrer.
Journaliste : M. Fortin, vous
avez dû le voir ce matin, là, il y a 200 organismes du gouvernement qui ont été
fraudés pour plus de 230 millions de dollars. Est-ce qu'il manque de
chiens de garde au gouvernement, actuellement, là, pour empêcher ça?
M. Fortin :Bien, ce qu'on constate, c'est certains stratagèmes qui ont
été utilisés à répétition avant de... avant que les fautifs soient attrapés.
Et, là-dessus, très certainement, là, il y a des mécanismes à resserrer au
gouvernement.
Journaliste :
On the FMOQ and the fact that the
Health Minister is holding a press conference at 9 o'clock to say that we got,
we achieved, we reached that objective of 500 000 patients that are now
related to a GMF or a doctor, how do you react? Because I heard in French and
you are repeating the same questions than last year.
M. Fortin :
Because there is no more answers than last year. It was
obvious to everybody that if the Government were to give $75 million to doctors to sign more patients,
then they would sign more patients. What's not clear, however, is will those
patients have more access, wii they be able to see a doctor, where will they be
able to call when their kids is not doing well that morning? So, yes, there may
be 500 000 letters that were sent out to Quebeckers, but are there really 500 000 Quebecker who have more access? That, the Government15383has never said
anything about that.
Journaliste :
…between like having a... directly a
doctor for a patient and having access to a family medicine group, it's two
different things.
M. Fortin :
Well, it's two different things, and
one of the commitments the Government had made was that people who were... who
had chronic illnesses or who were a certain age would have a family doctor, and
that was not at all what happened initially. So, patients who were who were
most affected, who were most in need of doctors weren't the ones who were
getting doctors. So, yes, there may be 500,000 patients who got a letter
saying : You now have a clinic. Are they the right patients? Are they the
patients who need it the most? Are the ones who need it the most, do they have
a more direct access? Will there be more appointments available? That's very
much unclear today. What's clear is that the Government gave $75 million
dollars in additional dollars to doctors.
Journaliste :
Mr. Milliard, yesterday, we saw Mr.
Boulet with your deputy, Mr. Tanguay, say he would say he'd be in the No camp.
And then we saw Mr. Lacombe saying he would be in the Yes camp. Do you think
all CAQ MNAs need to say which camp they would be in?
M. Milliard
(Charles) :
Well,
I think it would be interesting because, you know, this is a very fundamental
question for the future of Québec. And we have again, and I say that
respectfully, we have a Parti québécois that has been leading in the polls for the past two years, and
their first idea is to do the separation of Québec. So, we it would be useful
to know where all the CAQ MNAs stand, especially Premier Fréchette. She hasn't
been able... and so is Mr. Duhaime, she hasn't been able, as of now, to say
frankly, clearly, bluntly, what she would vote for in an eventual referendum,
and I think it's a problem.
Journaliste :
Well, we know she was... she worked for
Mr. Lisée in the PQ in the past.
M. Milliard
(Charles) : I do know that.
Journaliste
: You may have a hint of what she might think.
M. Milliard
(Charles) :
Well,
you're going to have to ask her because I think she... she's leading Québec
right now, she needs to be clear. There's no grey zone when it comes to the
national question in Québec.
Journaliste :
Steven Guilbault, would you like to
recruit him?
M. Milliard
(Charles) :
Steven
Gilbault. I've known him for a long time, he's very much appreciated, but we'll
see what he says in his press conference. But I don't think he's going to come
another level of politics for now. You should ask him.
Journaliste :
Why does it matter now knowing...
M. Milliard
(Charles) :
That's
his life.
Journaliste : ...why does it matter right now knowing who's in which camp? The PQ
hasn't even been elected. Sure, they're leading the polls, but would it not
matter more in October?
M. Milliard
(Charles) :
I
think it matters now because we're 130 days away from a very, you know,
transformational election for Québec. And this party is a coalition of many
people, and they need to choose their camp because the Parti
québécois is very adamant and very clear about doing a
potential referendum. So, we need to know where people stand. And so, Mr.
Boulet and Mr. Lacombe have been, you know, frank enough, honest enough to say
that, so let's see what happens for the rest.
Journaliste
: But the CAQ is against a referendum. So, how...
M. Milliard
(Charles) : I know the CAQ is against a
referendum, but if there is a referendum, why not be clear about what would
happen? Anyway, I'm clear, and I've said that many times for the past 25 years,
and I said that in Toronto yesterday also, that, at the next leader's debate, I
will be surrounded by all people that voted yes in the 1995 referendum. It's
just a basic fact.
Journaliste :
Are you closed to a new tax to help our
sagging infrastructure?
M. Milliard
(Charles) :
A
new tax about...? I'm sorry.
Journaliste :
To help make up the infrastructure
deficit.
M. Milliard
(Charles) :
Well,
I'll be discussing this, among other things, with the Fédération
québécoise des municipalités this afternoon. I think
that Quebeckers are overtaxed in a way. We're going to need to find new
solutions than just taxing and taxing Quebeckers. But I'll be discussing that
with them this afternoon. Merci. Bonne journée.
(Fin à 8 h 23)