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Point de presse de M. Marc Tanguay, leader parlementaire de l’opposition officielle

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Tuesday, June 2, 2026, 11 h 20

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Onze heures vingt-quatre minutes)

M. Tanguay : ... à chacun et chacune. Je cède maintenant la parole au chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard.

M. Milliard (Charles) : Excellent. Merci beaucoup, Marc. Bon matin, tout le monde. Donc, évidemment, aujourd'hui, c'est le début de la session intensive à l'Assemblée nationale. Donc, dans quelques jours, on aura la tombée de rideau de huit ans de caquisme à l'Assemblée nationale. On a huit jours, il nous reste huit jours de travaux. Donc, huit jours ne feront pas oublier, évidemment, huit ans de déception de la part du gouvernement, à la fois de M. Legault et de Mme Fréchette. On a la même équipe, on a la même stratégie aussi, c'est-à-dire de dépenser de l'argent qu'on n'a pas. On le voit à tous les jours qui passent depuis... depuis quelques semaines. Et évidemment, on a aussi un certain nombre de cachettes. On parle du maintien des actifs routiers, hein, qui... dont on a voulu nous cacher la vraie teneur qui est de 31 milliards plutôt que de 24 milliards.

Donc, en attendant, pour les huit prochains jours, le menu législatif est quand même assez... assez joufflu, assez garni, hein? On a huit jours puis on a près d'une dizaine de projets de loi actifs. Alors, soyons honnêtes, ça va être difficile de faire rentrer un rond dans un carré au cours des huit prochains jours, puis on va vouloir travailler avec sérieux, avec collaboration, mais avec méthode au Parti libéral du Québec. Surtout qu'il y a, selon nous, deux projets de loi qui méritent une attention particulière. J'en ai parlé à plusieurs reprises. Premièrement, le projet de loi n° 4 sur la loi de Clare ou la loi Gabbie Renaud. Donc, on a entendu hier un témoignage intéressant de la SQ qui annonce un certain nombre ou qui mentionne un certain nombre d'inquiétudes qu'ils ont par rapport à la main-d'œuvre qui sera nécessaire pour accomplir potentiellement cette nouvelle loi-là. Et je pense aussi au projet de loi n° 23 sur la réforme du P-38. On a une manifestation aujourd'hui à l'Assemblée nationale, des gens qui manifestent des inquiétudes par rapport aux hospitalisations forcées. Alors, nous, on est favorables conceptuellement avec ces deux projets de loi là, mais on va devoir les étudier avec sérieux, et ça prend du temps, et il ne reste que huit jours.

Pendant ce temps-là, on nous rassoit dans la salle de commission parlementaire pour nous parler du projet de loi n° 1, alors que moi, j'ai envoyé une lettre il y a déjà deux mois pour demander le retrait de ce projet de loi là, qui est vicié dès le départ et qui ne répond pas aux aspirations de la plupart des communautés au Québec, à commencer par l'Assemblée des Premières Nations Québec Labrador, à laquelle j'ai... avec laquelle j'ai eu l'occasion d'échanger la semaine dernière.

Alors, beaucoup de travail au cours des huit prochains jours, mais toujours le même gouvernement, et nous, on va continuer de travailler quand même avec sérieux. Et je vais demander à Marc de prendre la parole.

M. Tanguay : Merci beaucoup, chef. Alors, la session parlementaire a commencé avec François Legault et va terminer avec Christine Fréchette. Pour nous, c'est du pareil au même. Le gouvernement Legault-Fréchette aujourd'hui est en fin de session, est en fin de régime. Vous voyez la liste qui s'allonge, des sujets importants qu'ils n'ont pas jugé bon, dans les dernières semaines, mois, années, de régler et de faire avancer le Québec. Alors, nous, on est là pour collaborer. On n'est pas là, l'opposition officielle libérale, pour bâcler. Alors, oui, collaborer, mais pas bâcler. Et le gouvernement, si d'aventure veut rajouter d'autres projets de loi à une liste qui est déjà bien longue, surtout s'ils veulent nous faire consacrer énormément d'heures sur la Constitution qui fait la quasi-unanimité contre elle, même si elle a été rédigée par le souverain, à un moment donné, il y a un débat qui doit être fait. Le souverain étant Simon Jolin-Barrette, on le sait tous.

Alors, nous serons, comme nous l'avons toujours été... l'opposition officielle libérale, nous serons rigoureux, on va collaborer, on ne va pas bâcler. Mais, encore une fois, comme le dit notre chef, Charles Milliard, ce n'est pas huit jours qui va faire oublier huit ans, huit ans d'un gouvernement brouillon qui a abandonné les Québécoises et Québécois et qui aura été, en bout de piste, je termine là-dessus, le gouvernement, de la décote, du gaspillage et incapable de donner des services à la population.

Journaliste : 10 milliards du fédéral, 10 milliards du fédéral qui arrivent aujourd'hui dans différents projets, une bonne, une mauvaise chose? On se réjouit, on se questionne?

M. Milliard (Charles) : Bien, c'est une bonne nouvelle. C'est une bonne nouvelle pour les Québécois, c'est de l'argent dont on a besoin pour nos transports collectifs, nos infrastructures. Mais je ne vais pas non plus féliciter Mme Fréchette d'être la... d'être la dirigeante de la dernière province à signer une entente avec le gouvernement fédéral. C'est de l'argent qui, pour le tramway de Québec, à titre d'exemple, est attendu depuis 2019. Et qui était au gouvernement en 2019? La Coalition avenir Québec. Alors, moi, je me réjouis, je me réjouis pour les Québécois aujourd'hui. On verra évidemment les conditions rattachées à ça. Donc, on va essayer de comprendre pourquoi ça a pris autant de temps avant que cette entente-là soit signée. Alors, on verra les conditions. Et on rappelle que, dans plusieurs champs de compétence, le Québec... le Québec doit exercer ses champs de compétence avec sérieux.

Journaliste : Est-ce que c'est acceptable?

M. Milliard (Charles) : Bien, on va aller voir. Moi, je veux voir c'est quoi, les conditions avant, mais on va surveiller ça de près. J'ai vu que M. Plamondon voulait surveiller ça de près. On partage cet... ce questionnement-là aujourd'hui.

Journaliste : Quelles seraient vos conditions si vous prenez le pouvoir pour boucler du financement avec le fédéral?

M. Milliard (Charles) : Bien, premièrement, on va vouloir collaborer avec le gouvernement du Canada. Donc, je ne vois pas... je ne vois pas cette entente-là comme une conspiration en vue de la prochaine campagne électorale comme le pense le chef du Parti québécois. Mais ce que je peux vous dire, c'est qu'on va vouloir faire respecter nos champs de compétence. Alors, s'il y a des investissements... puis là je ne dis pas que c'est le cas ici aujourd'hui, mais en santé, en éducation, dans des dossiers où on a pleine juridiction, on va vouloir négocier à l'avantage du Québec en respectant les champs de compétence. C'est ça, la fédération canadienne. Puis je vous rappelle qu'être fédéraliste, c'est vouloir que le Canada fonctionne. Mais c'est... on fait de la politique québécoise, Marc et moi, donc l'important, ça va être de respecter les prérogatives du Québec.

Journaliste : ...une reddition de comptes, par exemple, est-ce c'est acceptable de devoir fournir des données d'achalandage?

M. Milliard (Charles) : Bien, on va voir, on va voir les détails, là. Mais ce que je peux vous dire, c'est que la reddition de comptes ne doit pas... C'est comme la reddition de comptes qu'on demande aux municipalités en ce moment, là, il y a des limites à la reddition de comptes. Donc, on verra c'est quoi, les conditions puis on pourra juger à ce moment-là.

Journaliste : ...le chef du PQ dit, c'est que le fédéralisme fonctionne quand le mouvement indépendantiste prend de la vigueur. Ça, ce n'est pas vrai de dire ça?

M. Milliard (Charles) : Là, son analyse politique, à M. Plamondon, lui appartient. Moi, ce que je peux vous dire, c'est qu'on souhaite former un gouvernement, le 5 octobre prochain, qui va être profondément québécois, mais qui va vouloir collaborer avec le gouvernement du Canada pour aller chercher des sommes, pour aller chercher des gains pour l'ensemble des Québécois, puis, si c'est bon pour le reste du Canada, bien, tant mieux.

Journaliste : La province, en ce moment, qui a beaucoupl'attention du gouvernement fédéral, c'est l'Alberta, qui propose un référendum. Quel... Comment allez-vous avoir un levier face au fédéral si jamais il ne collabore pas comme vous voulez bien qu'il collabore?

M. Milliard (Charles) : Bien, écoutez, là, en négociation, les intentions sont importantes. Quand on a deux parties dont le but est de s'entendre, ça donne des résultats différents que quand il y a une des parties qui ne veut pas s'entendre ou qu'il y a une autre des parties qui changent d'idée, dépendant des sondages puis des unes des journaux. Alors, les gens seront bien avisés de se rappeler que le Parti libéral du Québec est un parti qui est à la fois nationaliste et fédéraliste. Donc, on va vouloir aller chercher des gains pour le Québec puis on va le prendre pièce par pièce, mais on va essayer de ne pas attendre sept ans pour aller chercher des gains comme l'a fait la Coalition avenir Québec jusqu'à aujourd'hui.

Journaliste : Craignez-vous qu'il y ait des bâillons en fin de session pour faire aboutir les projets de loi, là, qui...

M. Milliard (Charles) : Bien, la réponse, c'est oui, je crains qu'il y ait des bâillons, parce qu'un bâillon, ce n'est jamais l'expression totale de la démocratie, on le sait. Alors, si jamais le gouvernement veut aller en bâillon sur certains projets de loi, puis Marc pourra compléter, on verra, mais est-ce qu'ils auront l'odieux et l'indécence de le faire sur le projet de loi n° 1 de la Constitution du Québec? On verra, puis les Québécois jugeront de ça. Je ne sais pas si tu veux rajouter.

Journaliste : ...

M. Tanguay : Pardon?

Journaliste : La carte électorale, est-ce que ça va passer, ça?

M. Tanguay : La carte électorale, merci pour la question, il y a des discussions actives en cours et on a l'intention... on a l'intention... avec tout le monde, qui inclut tout le monde. Alors, c'est une belle nouvelle, hein? Alors, on aimerait ça que ça marche, puis dans un esprit rassembleur, et je suis confiant.

Journaliste : Mais est-ce que Youri Chassin est l'empêcheur de danser en rond?

M. Tanguay : Je ne dirais pas ça, je ne dirais pas ça, parce qu'on est positif et constructif.

Des voix : ...

M. Tanguay : Ah! des fois.

Journaliste : Je ne le dirais pas comme ça, hein? Comment on le dit?

M. Tanguay : Non, il y a une belle collaboration. Je suis confiant.

Journaliste : ...pour étendre la loi n° 101 à la formation professionnelle et à la formation générale aux adultes. Est-ce que ça, vous êtes favorable à ça?

M. Milliard (Charles) : Alors, écoutez, ça fait depuis novembre 2023 que j'entends cette volonté-là. À l'époque, c'était M. Roberge qui était le ministre de M. Legault. Là, c'est M. Roberge qui est ministre de Mme Fréchette. Donc, moi, si on nous présente un projet de loi, ça va me faire plaisir de le regarder, mais moi, j'ai fini de donner mon opinion sur des projets de loi qui ne sont pas déposés. S'il des gens qui veulent des partis politiques qui prennent des décisions sur le bord de comptoir sans avoir lu ce qu'il en est, bien, ce ne sera pas chez nous.

Journaliste : ...ça pourrait être adopté. Si vous êtes d'accord, ça pourrait être adopté.

M. Milliard (Charles) : On va voir quand on... Ça va me faire plaisir de le commenter quand je vais le voir, s'il arrive.

Journaliste : ...sur la loi n° 101, on apprend ce matin que les municipalités sont obligées maintenant de vérifier pour chaque contractant, à chaque achat, si la compagnie respecte la loi n° 101. Ça ajoute un côté administratif. Est-ce qu'elle va trop loin cette loi n° 101?

M. Milliard (Charles) : Écoutez, je suis deux en deux avec M. Plamondon ce matin, parce que je suis content qu'il pense la même chose que moi, c'est une aberration de mettre un autre fardeau de la preuve sur les municipalités. Ce gouvernement-là, quand ce n'est pas les entrepreneurs qui traînent dans la boue, là, c'est rendu les municipalités. Et pourtant madame Fréchette a fait des grands discours à l'Union des municipalités du Québec, à la Fédération québécoise des municipalités, dans les deux dernières semaines, là, pas dans les huit dernières années, pour aller dire qu'ils allaient réduire le fardeau administratif. On sait très bien que pour des grandes villes comme Québec et Montréal, ça pourra... ça pourrait vouloir dire plusieurs dizaines de personnes à embaucher pour faire ces vérifications-là. Ça n'a absolument aucun sens. C'est... C'est risible.

Journaliste : ...quiz: Êtes-vous d'accord avec monsieur Roberge qui pense que le PQ est trop radical sur la laïcité en voulant interdire les signes dans les écoles ou vous êtes d'accord avec monsieur Plamondon?

M. Milliard (Charles) : Écoutez, là, vous voulez me faire dire que je suis d'accord que monsieur Roberge. Ce serait tout un accomplissement. Ce que je peux vous dire, c'est que je vais laisser... moi, je vais laisser la CAQ puis le PQ se faire de la surenchère identitaire, là. Ils sont très, très bons là-dedans, certains, depuis 50 ans, d'autres, depuis quinze ans. Je vais les laisser. Puis je vais laisser les Québécois juger de la proposition que nous, on va faire.

Journaliste : ...s'est passé à Shawinigan, est-ce que... il y a des choses qui se sont passées dans les dernières années, là, depuis que la CAQ est au pouvoir, qui a dédouané des discours comme ce qu'on a vu, par exemple, à Shawinigan en fin de semaine?

M. Milliard (Charles) : Évidemment, c'est... je l'ai mentionné sur les réseaux sociaux, c'est absolument immonde, ignoble, là, ce qu'on a vu à Shawinigan. Moi, j'ai de la famille qui habite dans la région, donc je suis particulièrement troublé par ça. Je n'ai pas envie de condamner qui que ce soit dans la classe politique québécoise. D'ailleurs, toute la classe politique a condamné ça. Il y a des enquêtes en cours. Il faut absolument que, dans le ton général, que ce soit en politique québécoise, canadienne, américaine... les politiciens ont un certain rôle à jouer dans l'ambiance qu'ils créent sur des enjeux de société. Et nous, on est un parti qui se veut rassembleur, qui veut... qui veut exprimer la diversité du Québec, alors, c'est sûr qu'on est en désaccord avec tout ce qu'on a vu là.

Journaliste : ...attention à ce niveau-là? Tu sais, dans le discours qu'il emploie concernant l'immigration par rapport à, je ne sais pas, moi, d'autres juridictions?

M. Milliard (Charles) : Oui. Ce serait facile pour moi de commencer un procès. Je n'embarquerai pas là-dedans. Je pense que madame Fréchette a condamné ça, M. Plamondon, Madame Ghazal, moi, monsieur Duhaime. C'est grand... C'est grand bien. Puis que ça nous serve de leçon sur l'importance de hausser le discours, d'élever le débat dans les 130 prochains jours qui vont nous mener la prochaine campagne électorale.

Journaliste : Last week, your MNA Elizabeth Prass had a very interesting debate with Christopher Skeete at the spending estimates about the bill that the Government wants to present, imposing bill 101, the Charter the French language, on vocational and adult education. And I can run down the points that she made if you like. She says: The school boards were not consulted on this manner, 27,000 students will have to be moved from the English system to the French system, it fragilize... it will weaken... sorry, that's the French word, it will weaken the English system because they will lose financial support of those students, and they... there has been... there has been absolutely no consultation. And yet today, you say you have no position on this, but she does very clearly. I could be play you the tape.

M. Milliard (Charles) : Well I... I don't need... I don't need to listen to the tape cause... because I know what you are talking about. And she has been very adamant about these points. That being said, I am going to comment on a bill when I will have the opportunity to actually read that bill. We've heard in the past weeks Mrs. Fréchette saying that it would... it would... il touches, you know, 10,000 people. Mister... Mr. Roberge said 27,000, so I want to see what's in the bill and what does it entail. But this is not the first time and unfortunately not the last, or hopefully the last, if they lose in the next election, that the CAQ says that it... it is consulting people and then it is not. That's not the first time. It's their modus operandi.

Journaliste : ...speaking for the party or you?

M. Milliard (Charles) : Well, she's asking questions to a relevant minister about a relevant point. So, yes, she speaks for the party. But we need to see the bill before we... we made it clear what is our... what our position is.

Journaliste : Just your reaction to the pro-right, pro-white... that took place a couple of days ago.

M. Milliard (Charles) : Well, it's... it's a total shame. And, as I mentioned in French, parts of my family are from Shawinigan, and that does not represent in any way what the people in this part of Québec think about the diversity in Québec. There are inquiries right now that are in progress, so we'll see what happens. But we need to elevate that the discourse and the tone in general in Québec politics, in Canadian politics... enough, in international politics. And that's... that's our duty, and that's my duty as a leader, to stay the course and be as respectful as possible.

Journaliste : With the… will your party have a harder time of getting…

M. Milliard (Charles) : If we… I'm sorry?

Journaliste : …finding funds from Ottawa than the PQ will as…

M. Milliard (Charles) : Well… well, no matter who's… who's in power in Québec, negotiation with the federal is a normal thing. That's what the federation is all about so, we'll be... if Quebeckers choose... choose us, we'll be very adamant about protecting and promoting Québec economy and rights, and... but, hopefully, we'll get, you know, more rapid results than the CAQ, because we've been waiting for that money for a long time.

Journaliste : Let me take Alberta as an example. They were saying that... Carney pay them more attention than B.C., for example, is the threat of the referendum going away...

M. Milliard (Charles) : I think that... I think that Mr. Carney is attending to, you know, his normal business about having Canada work. This... this news today, we'll see the details, but it seems to be a very good news for Quebeckers, and if it's good news for Quebeckers, it's a good news for me.

(Fin à 11 h 38)

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