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(Treize heures trois minutes)
Mme Blanchette Vézina : Bonjour,
tout le monde! Bon mardi. Je cède la parole à Éric Duhaime, chef du Parti
conservateur du Québec.
M. Duhaime (Éric) : Merci
beaucoup, Maïté. On voulait vous parler aujourd'hui un peu parce qu'il va y
avoir une annonce à Montréal dans quelques minutes au sujet du tramway de Québec.
D'abord, on peut se poser la question pourquoi Montréal, hein? C'est quand même
assez particulier qu'on va annoncer du financement pour le plus... le plus
important projet de l'histoire de la ville de Québec en termes de montant d'argent,
que ça va se faire entre deux premiers ministres, et que c'est à Montréal. C'est
un projet de la... de la région de Québec, un, puis deux, on est quand même une
capitale nationale. Quand Mme Fréchette est allée visiter M. Carney récemment,
elle est allée à Ottawa, elle n'est pas allée à la Toronto ou à Edmonton. Donc,
c'est encore une fois, là, un manque de respect pour notre capitale nationale.
Puis on se demande bien qu'est-ce que ça veut dire pour la CAQ, une capitale
nationale, quand ce n'est pas supposé être une succursale de la métropole.
Deuxièmement, aujourd'hui,
vraisemblablement, on n'aura toujours pas le montant final de combien ça va
coûter aux contribuables. C'est quoi le montant exact que le tramway de Québec
va coûter maintenant qu'ils ont du financement fédéral? Est-ce qu'ils peuvent
nous garantir un coût? Qu'est-ce qui arrive si les coûts explosent, comme c'est
malheureusement trop souvent le cas dans des projets publics? On aimerait bien
le savoir avant de continuer à mettre des centaines de millions ou des
milliards de dollars dans un tramway, qui, je vous rappelle aussi, va à l'encontre
de la volonté de la majorité des gens de Québec. Tous les sondages ont démontré
qu'il y a beaucoup plus de gens à Québec qui s'opposent à ce projet de tramway
que de gens qui appuient le projet.
Puis tout ça arrive après quelques jours
après qu'on ait vu, par exemple, l'Union des municipalités du Québec, la
Fédération québécoise des municipalités, et même la première ministre Fréchette
nous dire que le financement pour le maintien des infrastructures actuelles au
Québec est déficient, qu'on a un très gros problème à ce niveau-là. Il y a un
déficit énorme. Il y a même des gens, comme... par exemple Mme Jérôme-Forget et
M. Marceau, qui ont déposé un rapport pour dire qu'il faut augmenter des taxes.
La FQM parle d'une taxe dédiée pour financer ça. Et là le... le gouvernement s'en
va mettre des milliards et des milliards dans un nouveau projet encore pour
couper des rubans, alors qu'on venait de se faire dire qu'il fallait ranger les
rubans puis les ciseaux au garde-robe, tant que nos infrastructures n'étaient
pas en ordre.
Puis finalement la question qui tue :
Pourquoi le projet de tramway à Québec avance à la vitesse grand V, alors que
le projet que les gens veulent, pas le projet que les gens sont contre, là, le
projet que les gens veulent, le troisième lien, lui, il avance à pas de tortue?
Il faut faire, à un moment donné, se poser la question : Pourquoi Mme
Fréchette en a autant pour un projet que les gens de Québec ne veulent pas?
Puis pourquoi elle veut tuer, comme dirait Bernard Drainville, le projet de
troisième lien que les gens de Québec souhaitent et attendent depuis un
demi-siècle? C'est la question aujourd'hui à laquelle elle doit répondre.
Quant à nous, c'est décevant de constater
ce qui est en train de se passer à Montréal. Et j'aurai l'occasion, dans les
prochains jours, de revenir aussi sur l'importance de la capitale nationale,
puis qu'est-ce que ça veut dire, une capitale nationale au Québec, parce que j'ai
l'impression, malheureusement, que les gens de la CAQ n'en ont pas... n'ont
aucune idée de ce que ça signifie. Puis on continue à faire tout à Montréal,
pareil comme si la capitale avait déménagé à 250 kilomètres à l'ouest.
Sur ce.
Journaliste : ...êtes-vous d'accord
avec ça?
M. Duhaime (Éric) : Bien,
comme avait dit Bruno Marchand, à 10 milliards, c'est non. Je ne sais pas
si vous vous rappelez de ça, là, mais...
Journaliste : ...le fédéral
aujourd'hui annonce qu'il va verser 10 milliards au Québec pour différents
projets d'infrastructures, là.
M. Duhaime (Éric) : Bien, c'est
sûr qu'il faut que le gouvernement du Québec puisse avoir l'argent qui lui
revient au niveau des programmes d'infrastructures nationals. Moi, je suis un
autonomiste. Le Parti conservateur du Québec, c'est un parti autonomiste. On
souhaite que cet argent-là soit donné aux provinces, puis que le fédéral n'ait
pas son mot à dire parce que c'est comme ça que ça devrait fonctionner. Le
Québec est souverain dans la décision puis il est le maître d'oeuvre des
projets comme ceux-là. Et ça ne devrait pas être au fédéral de dicter dans quel
projet il veut saupoudrer puis combien il souhaite mettre. Ça, c'est un
principe fondamental.
Journaliste : ...condition?
M. Duhaime (Éric) : Sans
condition. J'ai toujours parlé du fédéralisme toxique, là. Ça, ça en est un
autre exemple du fédéralisme toxique, quand le fédéral essaie de décider les
projets à la place des provinces, ou qu'il essaie, encore pire, de passer
par-dessus la tête des provinces pour aller directement faire affaire avec des
municipalités.
Journaliste : Sur les
boissons énergisantes, là, qu'est-ce qui se passe de votre côté? Est-ce que
vous allez accepter? Parce qu'on attend de voir s'il y a un projet de loi qui va
être déposé. Et donc, pour qu'il soit déposé, il faut qu'il y ait unanimité
pour qu'on aille à l'adoption, et tout ça. Qu'est-ce qui se passe de votre côté
là-dessus?
Mme Blanchette Vézina : Bien,
écoutez, on va voir le projet de loi quand... quand et s'il est déposé. Moi, ce
que je déplore dans ce dossier-là et dans d'autres, là, on voit, là, la CAQ se
précipiter pour déposer des projets de loi vite, vite, vite avant d'arriver en
campagne électorale. Ça ressemble plus à des engagements électoraux qu'à
réellement de pouvoir livrer.
Sur la question des...
Journaliste : ...électoraliste,
ça, là, tu sais. Il y a quand même un jeune qui est décédé, il y a comme une
pression sociale. Tu sais, c'est...
Mme Blanchette Vézina : Tout
à fait. Puis je... Tu sais, d'ailleurs, tu sais, je l'ai souligné sur les
réseaux sociaux, puis on l'a mentionné à quelques reprises, ça, c'est une
histoire qui... qui est tragique, mais moi, je pense que la Coalition avenir
Québec a dans ses cartons depuis plusieurs mois, je parle en connaissance de
cause, ce projet de loi là. Il ne l'a pas fait. Donc, arrive aujourd'hui en
mettant la faute sur les oppositions, dans ce projet de loi là mais dans
d'autres aussi, en mettant la faute sur les oppositions, si des projets de loi
n'avancent pas. La CAQ n'a qu'à se regarder elle-même si des projets de loi
comme ceux-là, qu'elle dit si importants... et j'en conviens que c'est un
dossier d'importance. Nous, ce qu'on dit, c'est qu'on ne fera pas des projets
de loi sur le coin d'une table parce que la CAQ, elle a négligé d'agir dans les
derniers mois, parce qu'elle a préféré faire une course à la chefferie, parce
qu'elle a préféré proroger le Parlement trois semaines. Écoutez, on va regarder
le projet de loi lorsqu'il sera déposé. C'est une question importante qui
mérite qu'on étudie correctement le dossier.
Journaliste
:
...qu'est-ce qui vous dérange dans le fait de légiférer des boissons
énergisantes pour les... contre les jeunes de 16 ans?
Mme Blanchette Vézina : Bien,
on pourra regarder le projet de loi lorsqu'il va être déposé. Nous, ce qu'on...
ce qu'on considère, c'est : est-ce qu'on peut entendre les parties
prenantes et les experts dans le dossier, pas juste le gouvernement et la Santé
publique? On parle ici de caféine. Puis nous, ce qu'on a eu comme information,
c'est que l'agent problématique en lien avec la prise de médicament, c'est la
caféine. Donc, est-ce qu'on va aller... Si on... si on se dit que c'est la
caféine, l'enjeu, est-ce qu'on va aller jusqu'à réglementer et interdire la
caféine chez les jeunes jusqu'à 16 ans? Est-ce que ça va toucher... c'est
pour ça qu'on vous dit : Soyons prudents, regardons correctement le
dossier de manière neutre. Et bien sûr que c'est triste ce qui arrive. Puis moi,
je suis maman de deux enfants, là, on veut le bien de nos enfants, mais est-ce
qu'à chaque fois qu'il arrive une situation c'est au gouvernement de légiférer
en vitesse, vite, vite, vite pour... par électoralisme? Moi, je vous dis,
soyons prudents puis jouons notre rôle correctement, de parlementaires.
Journaliste
: ...à
partir d'aujourd'hui, le Parti conservateur du Québec va toujours s'opposer à
l'adoption, un, deux, trois, l'adoption accélérée, le bâillon? Est-ce que c'est
une position de principe que vous adoptez aujourd'hui?
Mme Blanchette Vézina : ...je
pense qu'on ne ralentit pas les travaux sur des projets de loi importants.
Prenez le projet de loi Gabie Renaud, on n'a pas... On n'est pas intervenus. Je
pense qu'il faut que les projets de loi cheminent par contre de manière
ordonnée et ne pas jouer le jeu du gouvernement de la CAQ qui, à la dernière
minute, veut couper des rubans, comme M. Duhaime le mentionnait, ou faire des
effets de marketing pour dire : Oui, oui, on a agi. Mais est-ce que, sur
le fond, c'est la bonne politique? Est-ce que sur le fond on a bien réglementé?
Est-ce que c'est la réglementation qui est la solution? Entendons des experts.
Parce qu'en ce moment on n'a pas de projet de loi, de un, il reste huit jours à
siéger, je pense que le gouvernement, s'il... s'il avait tant d'importance, ce
dossier-là, l'aurait déjà fait.
Journaliste
: ...je
m'excuse, mais je ne comprends pas votre position, J'ai besoin de mieux la
comprendre, là. Tous les autres partis sont en faveur. Vous êtes les seuls.
Puis là je comprends qu'ils veulent rédiger un projet de loi où tous les
partis... c'est, comme, on va rédiger un projet de loi pour s'assurer que les
partis vont l'appuyer. Ça fait que, là, il y a eu des réunions. Vous avez...
Mme Blanchette Vézina : Moi,
la ministre ne m'a... on a eu une rencontre, elle nous a envoyé, lundi dernier,
un rapport qui est émis par la Santé publique. Je sais que ce rapport-là traîne
dans les cartons depuis plusieurs mois, je vous l'ai mentionné. Et là la
ministre de la Santé m'a dit : Il faudrait qu'on se parle. Et elle m'a...
J'ai dit : Pas de problème, appelle-moi, pas eu de nouvelle de leur part.
Moi, je veux bien collaborer. Puis le but, ce n'est pas d'empêcher que les
projets de loi avancent, mais là, ici, soyons prudents. La CAQ, par
électoralisme, dans ce dossier-là, dans le dossier du tramway, dans le dossier
des infrastructures, fait des annonces, vite, vite, vite, on veut régler des
choses. Elle avait quatre ans, même huit ans, j'oserais vous dire, parce que je
n'étais pas là les quatre premières années, pour agir sur des dossiers, et là,
tout d'un coup se réveille puis aimerait ça comme confirmer qu'elle a agi.
Soyons prudents, c'est un dossier important. Puis je ne dis pas qu'on est... on
est contre, là. Je dis juste que, pour nous, la Coalition avenir Québec, elle
agit de manière précipitée dans un dossier qui mérite qu'on prenne le temps
d'étudier correctement.
Journaliste
: ...vous
ne considérez pas que c'est suffisant comme expert?
Mme Blanchette Vézina : Bien,
moi, quand je lis ce qu'on nous a transmis comme informations, c'est que
l'agent problématique, c'est la caféine. Donc, ma question pour le
gouvernement, la Santé publique, et d'autres, c'est : Jusqu'où ira cette
interdiction? Parce qu'en fait, est-ce que c'est la bonne solution? Si les
jeunes ne sont pas conscients du problème... puis ça s'est fait aussi avec le
vapotage des saveurs, l'interdiction ne vient pas réduire l'usage de la
substance problématique, au contraire. Donc, quelle est la bonne solution? Moi,
je pense qu'il faut entendre aussi la Santé publique, mais d'autres gens, pour
nous expliquer comment ce serait la...quelle serait la bonne solution. Puis,
malheureusement, la Coalition avenir Québec n'a pas déposé le projet de loi
encore, il n'en a pas déposé.
Journaliste
: ...pour
les entendre, c'est ça?
Mme Blanchette Vézina : Bien,
écoutez, exactement. Bien, je ne sais pas, parce que, comme je vous dis, la
ministre ne m'a pas contactée, mais, si son but, c'est d'aller vite, vite,
vite, nous, on dit : Attendez, là, écoutons les experts, entendons
peut-être les jeunes aussi qu'ils ont... qui ont leur mot à dire. Mais est-ce
que c'est la bonne solution à chaque fois au Québec d'adopter des lois, surtout
en vitesse dans un dossier aussi important? Je pense qu'il faut aussi, puis
c'est notre position au Parti conservateur, se poser la question : Est-ce
que c'est à chaque fois au gouvernement d'interdire? C'est ça, la question.
Puis je pense qu'il faut se la poser avec les experts puis en toute
transparence dans le débat.
Journaliste
: La
première ministre de l'Alberta sera ici, à Québec, demain. Avez-vous demandé,
M. Duhaime, à rencontrer Mme Smith?
M. Duhaime (Éric) : Écoutez,
on s'est... on s'est texté hier, on s'en ai parlé. Elle m'a dit qu'elle s'en
venait à Québec, qu'elle est en train de voir avec son équipe, là, l'horaire,
comment... quand est-ce qu'on pourrait se voir ou se parler. Ça fait qu'on va
se texter dans les prochaines heures pour la suite des choses.
Journaliste : ...vous
intéresse, vous, de la rencontrer?
M. Duhaime (Éric) : Bien, je
l'ai rencontrée, effectivement, il y a deux... il y a quoi, trois semaines
peut-être.
Journaliste
: ...
M. Duhaime (Éric) : Bien,
elle est au Québec, là. Tu sais, je voulais... cordialement... J'aurais aimé ça
aussi lui présenter notre députée Maïté BlanchetteVézina et... parce qu'on
s'est parlé de Maïté quand on était à Edmonton il y a quelques semaines, mais
c'est sûr que je lui avais laissé mon livre aussi. J'aurais aimé ça savoir un
peu qu'est-ce qu'elle en a pensé. Je lui avais laissé Destination Autonomie
lors de mon dernier passage à Edmonton, donc... Puis j'ai vu que... depuis ce
temps-là, j'ai vu aussi, là... vous l'avez peut-être vu passer dans les
dernières heures, mais l'Alberta vient d'adopter... vient de déposer un projet
de réforme du système de santé qui... en fait, pour nous, là, c'est la même
chose que ce qu'on propose, le Parti conservateur du Québec, depuis de
nombreuses années, par rapport au fait que l'argent suive le patient, que le
financement du réseau soit fait en fonction des actes. Donc, je vois que
l'Alberta est en train de mettre ça en place, est en train de déployer ça. Ça
fait que j'ai aussi posé quelques questions à cet égard-là, je pense qu'on a
intérêt à collaborer parce que nos systèmes de santé ont des difficultés, les
monopoles publics ne répondent pas aux attentes. L'accès est de plus en plus
difficile. Et là on voit que, par une nouvelle façon de financer, on pourrait
améliorer les choses. Je pense qu'on a intérêt donc à échanger sur cet
enjeu-là.
Journaliste : Juste pour
finir sur le... législatif, M. Duhaime ou... c'est comme vous voulez, mais
le gouvernement va déposer prochainement un projet de loi pour étendre la
portée de la loi n° 101 à la formation
professionnelle, l'éducation aux adultes. Sur le principe, êtes-vous pour ou
contre ce projet de loi là?
M. Duhaime (Éric) : Écoutez,
nous, c'est sûr qu'on est un parti qui est favorable à la promotion du
français. On a un préjugé favorable pour l'enseignement supérieur, évidemment,
en français au Québec. Maintenant, pour ce qui est de la coercition, quand
c'est rendu à des adultes, c'est sûr que ça pose une autre... une autre
question. Et, pour nous, c'est... on aime mieux adopter une position qui soit
incitative plutôt que coercitive pour ce qui est de l'enseignement aux adultes.
Journaliste : J'ai des
questions aussi sur le redécoupage électoral. Là, il ne reste vraiment plus
beaucoup de temps, là, puis vous n'êtes pas en faveur de ce que suggère le
gouvernement. Puis je comprends qu'en coulisse il y a plein d'appels qui se
font. Est-ce qu'il y a des chances que, d'ici vendredi prochain, on ait quelque
chose à ce niveau-là, un projet de loi qui fonctionne et que tous les partis
sont d'accord ou...
Mme Blanchette Vézina : Bien,
écoutez, encore une fois, c'est un dossier où la Coalition avenir Québec aurait
pu agir avant. Ils ont négligé d'agir, là. La solution que nous, on a proposée,
oui, mais de manière illégale. Et là encore, du... dans la carte électorale, la
Commission de la représentation électorale, le DGE a mentionné que la façon de
faire de la Coalition avenir Québec n'est pas la bonne façon pour garder une
institution indépendante. Rappelons-le, le principe derrière. Mais ceci étant,
on discute pour trouver une voie de passage parce qu'on a... Moi, je l'ai
toujours dit, on a la volonté que le poids des régions demeure, le poids
politique des régions demeure dans nos institutions.
Journaliste : ...négocier
avec vous, par exemple? Tu sais, est-ce qu'ils vous ont appelé pour essayer de
trouver une voie de passage?
Mme Blanchette Vézina : On a
eu des rencontres, mais, pour moi, les négociations sur une carte électorale,
je le dis, je suis très frileuse à dire : C'est aux parlementaires de
découper une carte électorale.
Ceci étant, on s'entend sur les principes
du fait qu'il faut revoir les critères qui mènent à l'élaboration de la carte
électorale, puis on continue de discuter pour voir qu'est-ce qui peut être fait
d'ici la fin du mandat. Mais, encore une fois, on est à huit jours.
Journaliste
: À moins
que je me trompe, mais vous avez déposé un projet de loi.
Mme Blanchette Vézina : Tout
à fait.
Journaliste
: Donc,
est-ce que la voie de passage serait finalement de prendre votre projet de loi?
Mme Blanchette Vézina : Bien,
nous, on a proposé celui-là, on a utilisé un pouvoir qui est reconnu par la...
bien, qui est reconnu, que la Cour suprême a nommé comme étant celui qu'on peut
utiliser dans notre démocratie, la protection par un statut d'exception, comme
les Îles-de-la-Madeleine ont eu, en attendant de revoir les critères. Parce que
l'idée, c'est bien sûr de revoir ces critères qui sont... qui font qu'il y a
une distorsion dans la façon de déterminer de la carte par la commission
indépendante. C'est une solution, et moi, je l'ai nommée. C'est un projet de
loi qui est court, qui utilise un pouvoir qui a déjà été reconnu. C'est la
solution, à mon avis, la plus... la plus chirurgicale, disons, d'agir dans un
dossier où il faut garder une indépendance. Et, je le répète, c'est une nuance
importante, indépendance et non transpartisanerie dans le dossier.
Journaliste : ...est-ce qu'on
pourrait, par exemple, faire 127 comtés en donnant un statut particulier
au comté de la Gaspésie?
Mme Blanchette Vézina : Bien,
en fait, nous, ce qu'on vient dire, c'est on protège les comtés de la Gaspésie
parce que c'est le poids politique de la Gaspésie, mais c'est ce qui est
proposé dans la loi qui est déposée, le projet de loi n° 3
déjà, de dire : On met 127 avec le comté, mais on négocie la protection de
la Gaspésie contre d'Anjou—Louis-Riel. C'est ça qui est déposé par la Coalition
avenir Québec en ce moment puis par les partis d'opposition. Et Youri s'est
opposé au processus accéléré. Nous aussi, on souhaite entendre le DGE. Je pense
que c'est la moindre 19275 des choses
dans un dossier d'importance comme celui-là, le Directeur général des élections,
les membres de la Commission de la représentation électorale. Donc, ce ne
serait pas un processus accéléré. Mais là, en ce moment, il n'y a pas de place
dans la... en fait, il n'y a pas de place... il y a plusieurs projets de loi
qui sont à l'étude qui risquent de ne pas cheminer. Si c'est une priorité pour
la Coalition avenir Québec, qu'ils l'appellent, qu'ils appellent le nôtre, je pense
que ça peut avancer plus rapidement.
Journaliste : Sur le
principe, M. Duhaime, pour le Parti conservateur, est-ce que vous souhaitez
protéger toutes les régions éloignées?
M. Duhaime (Éric) : Bien,
depuis le début, dans ce dossier-là, c'est toujours délicat pour des
parlementaires de définir... de découper une carte électorale. Moi, j'ai bien
connu Sylvie Roy, à l'époque, j'ai travaillé avec elle à l'ADQ. Vous vous
rappelez quand ils ont fait disparaître son comté. Sylvie ne s'est pas objectée,
puis ce n'est pas parce qu'elle était contente de voir son comté disparaître.
Au contraire, pour elle, c'était... Elle se représentait dans une
circonscription, par la suite, qui était beaucoup plus difficile puis qui
n'était pas où elle habitait, mais elle l'a fait parce qu'elle croyait à un
principe. Puis elle avait même, à cette époque-là, si vous vous souvenez,
déposé une motion à l'Assemblée nationale, qui a été adoptée à l'unanimité,
donc certains parlementaires sont encore là aujourd'hui pour dire que les
députés ne devraient jamais, par projet de loi, imposer une carte électorale,
exactement ce qu'ils sont en train d'essayer de faire à l'heure actuelle. Donc,
je pense que c'est important de le rappeler.
J'ai noté aussi, en fin de semaine, la
lettre ouverte qui a été envoyée, là, par le directeur des élections et par la Commission
de la représentation électorale, qui, eux aussi, s'inquiètent de la distorsion
démocratique qu'ils sont en train de... qu'on est en train de créer là,
l'espèce de tripotage, par des élus, d'une carte électorale. On joue avec
quelque chose qui est très, très sensible dans toutes les démocraties, et, pour
moi, ce n'est pas un signe de santé démocratique que des parlementaires veulent
dessiner une carte électorale.
Maintenant, il y a des exceptions, puis
c'est normal, là, parce qu'on a un territoire au Québec qui est immensément
grand puis on a certaines régions qui sont exceptionnelles, je pense,
évidemment, aux Îles, mais là on parle aussi de la Gaspésie, on peut penser à Ungava.
Et c'est clair qu'un député qui est capable de marcher sa circonscription d'un
bout à l'autre n'a pas les mêmes défis que celui que ça prend huit heures
d'auto faire le tour. Donc, il faut tenir ça en considération. Puis c'est...
puis, présentement, le problème qu'on a, c'est que c'est tellement du tripotage
de carte qu'on est en train d'essayer de sauver une circonscription qui se
marche d'un bout à l'autre, là, et c'est ça qui, pour nous, est inacceptable.
Puis ça pose des défis tellement bizarres,
là. En fin de semaine, j'ai fait un podcast avec un de nos candidats dans l'est
de l'île de Montréal puis je n'étais même pas capable de lui dire dans quel
comté il se présentait, puis lui-même ne sait même pas c'est quoi, son comté.
Parce que lui, il se présentait, au début, dans... à Rivière-des-Prairies... pas
Rivière-des-Prairies, mais dans Pointe-aux-Trembles, puis qu'ils vont avoir une
partie de Rivière-des-Prairies, donc ça va s'appeler Pointe-aux Prairies, si et
seulement si la circonscription de Louis-Riel disparaît, sinon, ça reste Pointe-aux-Trembles.
Ça fait que le gars... On ne peut pas faire faire de dépliants présentement, on
ne peut pas faire d'affiches, on ne peut pas rien faire. On est à quatre mois
de l'élection, trois mois du déclenchement de la campagne, puis on ne sait même
pas dans quel comté il se présente. Ça pose des problèmes énormes.
La CAQ a complètement foiré dans ce
dossier-là, là. Ce n'est pas un accident si ça arrive, c'est parce qu'ils ont
déposé un projet de loi qui a été jugé illégal par les tribunaux, parce qu'ils
se sont traîné les pieds, ils n'ont pas fait leur job, ils ont refusé
d'appliquer un principe fondamental du Parlement, puis, aujourd'hui, c'est le
bordel. Puis le plus odieux, c'est qu'ils vont essayer de faire porter ça à des
députés indépendants ou au Parti conservateur, ils vont essayer de mettre ça
sur le dos d'autres personnes, en raison de leur propre incompétence puis
incurie depuis des années. Ça, je pense que c'est important de le souligner
aujourd'hui.
Journaliste : ...des régions,
c'est parce que... Je comprends, c'est parce que, si on protège la Gaspésie, le
directeur général des élections, il dit : Oui, on va se retourner vers
d'autres régions, mais ça va être la Côte-Nord. Puis, après ça, on dit :
Bien, est-ce qu'on protège la Côte-Nord? Bien, ça va être l'Abitibi. Bien,
est-ce qu'on protège l'Abitibi? Bien, ça va être le Saguenay. Donc, c'est quoi,
votre vision par rapport à ça?
M. Duhaime (Éric) : Mais ça,
c'est important. Je suis content, M. Lecavalier, que vous souligniez cette
question-là, parce qu'il faut qu'on s'entende sur des critères objectifs, puis
c'est justement ça qu'il faut faire. Il faut dire c'est quoi, la barre,
c'est combien de kilomètres carrés, combien d'heures est-ce que ça vous prend
pour parcourir le comté, pour qu'on juge que votre tâche de travail est
supérieure à un député en zone plus densément peuplée. Et ça, il faut qu'on
s'entende sur des critères objectifs puis qu'on s'assoie puis qu'on fasse comme
le projet de loi de Maïté a fait puis qu'on dise : OK, il y a une région
qui va... qui va être sous-représentée puis qui va avoir une circonscription
qui va être beaucoup trop grande. Mais là ce n'est pas ça qu'on fait là. Là,
c'est qu'on marchande puis qu'on est là puis qu'on regarde combien de sections
de vote vont transférer dans mon comté si on adopte tel type de réforme puis là
ils collent deux sortes de cartes différentes en fonction de la région puis des
circonscriptions. Puis vous savez comme moi que ça a un effet domino, parce que
là, ils disent deux comtés, mais ce n'est pas deux comtés dont on parle, là. Je
viens de vous parler d'un comté qui n'a rien à voir avec le découpage,
officiellement, mais qui est durement impacté par ce genre de changements là.
Donc, il faut qu'on ait des critères
objectifs, où tous les partis s'entendent, puis ensuite, on laisse au directeur
général des élections et à la Commission de représentation électorale le soin
de faire le travail pour s'assurer qu'il n'y ait pas de «gerrymandering». Mais,
présentement, ce n'est pas ça qui se passe. Puis j'espère... J'en appelle au
gouvernement, là, il n'est pas trop tard, là. Je pense que c'est le temps pour
eux de dire : Regardez, on s'est encore gourés pour une troisième fois
consécutive. Puis là il faut remettre les choses en ordre, là. Ou bien non on
prend l'ancienne carte qu'on...c'est une carte. Mais la carte qui a été
proposée par la Commission de la réforme électorale ou... la représentation
électorale, pardon, ou on adopte le projet de loi de la députée de Rimouski.
Mais on ne peut pas continuer avec le projet de loi qui a été déposé par le
gouvernement à l'heure actuelle. C'est bon? Merci à vous!
(Fin à 13 h 23)