To use the Calendar, Javascript must be activated in your browser.
For more information

Home > News and Press Room > Press Conferences and Scrums > Point de presse de Mme Maïté Blanchette Vézina, députée de Rimouski

Advanced search in the News and Press Room section

Start date must precede end date.

Point de presse de Mme Maïté Blanchette Vézina, députée de Rimouski

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Tuesday, June 2, 2026, 13 h

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Treize heures trois minutes)

Mme Blanchette Vézina : Bonjour, tout le monde! Bon mardi. Je cède la parole à Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec.

M. Duhaime (Éric) : Merci beaucoup, Maïté. On voulait vous parler aujourd'hui un peu parce qu'il va y avoir une annonce à Montréal dans quelques minutes au sujet du tramway de Québec. D'abord, on peut se poser la question pourquoi Montréal, hein? C'est quand même assez particulier qu'on va annoncer du financement pour le plus... le plus important projet de l'histoire de la ville de Québec en termes de montant d'argent, que ça va se faire entre deux premiers ministres, et que c'est à Montréal. C'est un projet de la... de la région de Québec, un, puis deux, on est quand même une capitale nationale. Quand Mme Fréchette est allée visiter M. Carney récemment, elle est allée à Ottawa, elle n'est pas allée à la Toronto ou à Edmonton. Donc, c'est encore une fois, là, un manque de respect pour notre capitale nationale. Puis on se demande bien qu'est-ce que ça veut dire pour la CAQ, une capitale nationale, quand ce n'est pas supposé être une succursale de la métropole.

Deuxièmement, aujourd'hui, vraisemblablement, on n'aura toujours pas le montant final de combien ça va coûter aux contribuables. C'est quoi le montant exact que le tramway de Québec va coûter maintenant qu'ils ont du financement fédéral? Est-ce qu'ils peuvent nous garantir un coût? Qu'est-ce qui arrive si les coûts explosent, comme c'est malheureusement trop souvent le cas dans des projets publics? On aimerait bien le savoir avant de continuer à mettre des centaines de millions ou des milliards de dollars dans un tramway, qui, je vous rappelle aussi, va à l'encontre de la volonté de la majorité des gens de Québec. Tous les sondages ont démontré qu'il y a beaucoup plus de gens à Québec qui s'opposent à ce projet de tramway que de gens qui appuient le projet.

Puis tout ça arrive après quelques jours après qu'on ait vu, par exemple, l'Union des municipalités du Québec, la Fédération québécoise des municipalités, et même la première ministre Fréchette nous dire que le financement pour le maintien des infrastructures actuelles au Québec est déficient, qu'on a un très gros problème à ce niveau-là. Il y a un déficit énorme. Il y a même des gens, comme... par exemple Mme Jérôme-Forget et M. Marceau, qui ont déposé un rapport pour dire qu'il faut augmenter des taxes. La FQM parle d'une taxe dédiée pour financer ça. Et là le... le gouvernement s'en va mettre des milliards et des milliards dans un nouveau projet encore pour couper des rubans, alors qu'on venait de se faire dire qu'il fallait ranger les rubans puis les ciseaux au garde-robe, tant que nos infrastructures n'étaient pas en ordre.

Puis finalement la question qui tue : Pourquoi le projet de tramway à Québec avance à la vitesse grand V, alors que le projet que les gens veulent, pas le projet que les gens sont contre, là, le projet que les gens veulent, le troisième lien, lui, il avance à pas de tortue? Il faut faire, à un moment donné, se poser la question : Pourquoi Mme Fréchette en a autant pour un projet que les gens de Québec ne veulent pas? Puis pourquoi elle veut tuer, comme dirait Bernard Drainville, le projet de troisième lien que les gens de Québec souhaitent et attendent depuis un demi-siècle? C'est la question aujourd'hui à laquelle elle doit répondre.

Quant à nous, c'est décevant de constater ce qui est en train de se passer à Montréal. Et j'aurai l'occasion, dans les prochains jours, de revenir aussi sur l'importance de la capitale nationale, puis qu'est-ce que ça veut dire, une capitale nationale au Québec, parce que j'ai l'impression, malheureusement, que les gens de la CAQ n'en ont pas... n'ont aucune idée de ce que ça signifie. Puis on continue à faire tout à Montréal, pareil comme si la capitale avait déménagé à 250 kilomètres à l'ouest.

Sur ce.

Journaliste : ...êtes-vous d'accord avec ça?

M. Duhaime (Éric) : Bien, comme avait dit Bruno Marchand, à 10 milliards, c'est non. Je ne sais pas si vous vous rappelez de ça, là, mais...

Journaliste : ...le fédéral aujourd'hui annonce qu'il va verser 10 milliards au Québec pour différents projets d'infrastructures, là.

M. Duhaime (Éric) : Bien, c'est sûr qu'il faut que le gouvernement du Québec puisse avoir l'argent qui lui revient au niveau des programmes d'infrastructures nationals. Moi, je suis un autonomiste. Le Parti conservateur du Québec, c'est un parti autonomiste. On souhaite que cet argent-là soit donné aux provinces, puis que le fédéral n'ait pas son mot à dire parce que c'est comme ça que ça devrait fonctionner. Le Québec est souverain dans la décision puis il est le maître d'oeuvre des projets comme ceux-là. Et ça ne devrait pas être au fédéral de dicter dans quel projet il veut saupoudrer puis combien il souhaite mettre. Ça, c'est un principe fondamental.

Journaliste : ...condition?

M. Duhaime (Éric) : Sans condition. J'ai toujours parlé du fédéralisme toxique, là. Ça, ça en est un autre exemple du fédéralisme toxique, quand le fédéral essaie de décider les projets à la place des provinces, ou qu'il essaie, encore pire, de passer par-dessus la tête des provinces pour aller directement faire affaire avec des municipalités.

Journaliste : Sur les boissons énergisantes, là, qu'est-ce qui se passe de votre côté? Est-ce que vous allez accepter? Parce qu'on attend de voir s'il y a un projet de loi qui va être déposé. Et donc, pour qu'il soit déposé, il faut qu'il y ait unanimité pour qu'on aille à l'adoption, et tout ça. Qu'est-ce qui se passe de votre côté là-dessus?

Mme Blanchette Vézina : Bien, écoutez, on va voir le projet de loi quand... quand et s'il est déposé. Moi, ce que je déplore dans ce dossier-là et dans d'autres, là, on voit, là, la CAQ se précipiter pour déposer des projets de loi vite, vite, vite avant d'arriver en campagne électorale. Ça ressemble plus à des engagements électoraux qu'à réellement de pouvoir livrer.

Sur la question des...

Journaliste : ...électoraliste, ça, là, tu sais. Il y a quand même un jeune qui est décédé, il y a comme une pression sociale. Tu sais, c'est...

Mme Blanchette Vézina : Tout à fait. Puis je... Tu sais, d'ailleurs, tu sais, je l'ai souligné sur les réseaux sociaux, puis on l'a mentionné à quelques reprises, ça, c'est une histoire qui... qui est tragique, mais moi, je pense que la Coalition avenir Québec a dans ses cartons depuis plusieurs mois, je parle en connaissance de cause, ce projet de loi là. Il ne l'a pas fait. Donc, arrive aujourd'hui en mettant la faute sur les oppositions, dans ce projet de loi là mais dans d'autres aussi, en mettant la faute sur les oppositions, si des projets de loi n'avancent pas. La CAQ n'a qu'à se regarder elle-même si des projets de loi comme ceux-là, qu'elle dit si importants... et j'en conviens que c'est un dossier d'importance. Nous, ce qu'on dit, c'est qu'on ne fera pas des projets de loi sur le coin d'une table parce que la CAQ, elle a négligé d'agir dans les derniers mois, parce qu'elle a préféré faire une course à la chefferie, parce qu'elle a préféré proroger le Parlement trois semaines. Écoutez, on va regarder le projet de loi lorsqu'il sera déposé. C'est une question importante qui mérite qu'on étudie correctement le dossier.

Journaliste : ...qu'est-ce qui vous dérange dans le fait de légiférer des boissons énergisantes pour les... contre les jeunes de 16 ans?

Mme Blanchette Vézina : Bien, on pourra regarder le projet de loi lorsqu'il va être déposé. Nous, ce qu'on... ce qu'on considère, c'est : est-ce qu'on peut entendre les parties prenantes et les experts dans le dossier, pas juste le gouvernement et la Santé publique? On parle ici de caféine. Puis nous, ce qu'on a eu comme information, c'est que l'agent problématique en lien avec la prise de médicament, c'est la caféine. Donc, est-ce qu'on va aller... Si on... si on se dit que c'est la caféine, l'enjeu, est-ce qu'on va aller jusqu'à réglementer et interdire la caféine chez les jeunes jusqu'à 16 ans? Est-ce que ça va toucher... c'est pour ça qu'on vous dit : Soyons prudents, regardons correctement le dossier de manière neutre. Et bien sûr que c'est triste ce qui arrive. Puis moi, je suis maman de deux enfants, là, on veut le bien de nos enfants, mais est-ce qu'à chaque fois qu'il arrive une situation c'est au gouvernement de légiférer en vitesse, vite, vite, vite pour... par électoralisme? Moi, je vous dis, soyons prudents puis jouons notre rôle correctement, de parlementaires.

Journaliste : ...à partir d'aujourd'hui, le Parti conservateur du Québec va toujours s'opposer à l'adoption, un, deux, trois, l'adoption accélérée, le bâillon? Est-ce que c'est une position de principe que vous adoptez aujourd'hui?

Mme Blanchette Vézina : ...je pense qu'on ne ralentit pas les travaux sur des projets de loi importants. Prenez le projet de loi Gabie Renaud, on n'a pas... On n'est pas intervenus. Je pense qu'il faut que les projets de loi cheminent par contre de manière ordonnée et ne pas jouer le jeu du gouvernement de la CAQ qui, à la dernière minute, veut couper des rubans, comme M. Duhaime le mentionnait, ou faire des effets de marketing pour dire : Oui, oui, on a agi. Mais est-ce que, sur le fond, c'est la bonne politique? Est-ce que sur le fond on a bien réglementé? Est-ce que c'est la réglementation qui est la solution? Entendons des experts. Parce qu'en ce moment on n'a pas de projet de loi, de un, il reste huit jours à siéger, je pense que le gouvernement, s'il... s'il avait tant d'importance, ce dossier-là, l'aurait déjà fait.

Journaliste : ...je m'excuse, mais je ne comprends pas votre position, J'ai besoin de mieux la comprendre, là. Tous les autres partis sont en faveur. Vous êtes les seuls. Puis là je comprends qu'ils veulent rédiger un projet de loi où tous les partis... c'est, comme, on va rédiger un projet de loi pour s'assurer que les partis vont l'appuyer. Ça fait que, là, il y a eu des réunions. Vous avez...

Mme Blanchette Vézina : Moi, la ministre ne m'a... on a eu une rencontre, elle nous a envoyé, lundi dernier, un rapport qui est émis par la Santé publique. Je sais que ce rapport-là traîne dans les cartons depuis plusieurs mois, je vous l'ai mentionné. Et là la ministre de la Santé m'a dit : Il faudrait qu'on se parle. Et elle m'a... J'ai dit : Pas de problème, appelle-moi, pas eu de nouvelle de leur part. Moi, je veux bien collaborer. Puis le but, ce n'est pas d'empêcher que les projets de loi avancent, mais là, ici, soyons prudents. La CAQ, par électoralisme, dans ce dossier-là, dans le dossier du tramway, dans le dossier des infrastructures, fait des annonces, vite, vite, vite, on veut régler des choses. Elle avait quatre ans, même huit ans, j'oserais vous dire, parce que je n'étais pas là les quatre premières années, pour agir sur des dossiers, et là, tout d'un coup se réveille puis aimerait ça comme confirmer qu'elle a agi. Soyons prudents, c'est un dossier important. Puis je ne dis pas qu'on est... on est contre, là. Je dis juste que, pour nous, la Coalition avenir Québec, elle agit de manière précipitée dans un dossier qui mérite qu'on prenne le temps d'étudier correctement.

Journaliste : ...vous ne considérez pas que c'est suffisant comme expert?

Mme Blanchette Vézina : Bien, moi, quand je lis ce qu'on nous a transmis comme informations, c'est que l'agent problématique, c'est la caféine. Donc, ma question pour le gouvernement, la Santé publique, et d'autres, c'est : Jusqu'où ira cette interdiction? Parce qu'en fait, est-ce que c'est la bonne solution? Si les jeunes ne sont pas conscients du problème... puis ça s'est fait aussi avec le vapotage des saveurs, l'interdiction ne vient pas réduire l'usage de la substance problématique, au contraire. Donc, quelle est la bonne solution? Moi, je pense qu'il faut entendre aussi la Santé publique, mais d'autres gens, pour nous expliquer comment ce serait la...quelle serait la bonne solution. Puis, malheureusement, la Coalition avenir Québec n'a pas déposé le projet de loi encore, il n'en a pas déposé.

Journaliste : ...pour les entendre, c'est ça?

Mme Blanchette Vézina : Bien, écoutez, exactement. Bien, je ne sais pas, parce que, comme je vous dis, la ministre ne m'a pas contactée, mais, si son but, c'est d'aller vite, vite, vite, nous, on dit : Attendez, là, écoutons les experts, entendons peut-être les jeunes aussi qu'ils ont... qui ont leur mot à dire. Mais est-ce que c'est la bonne solution à chaque fois au Québec d'adopter des lois, surtout en vitesse dans un dossier aussi important? Je pense qu'il faut aussi, puis c'est notre position au Parti conservateur, se poser la question : Est-ce que c'est à chaque fois au gouvernement d'interdire? C'est ça, la question. Puis je pense qu'il faut se la poser avec les experts puis en toute transparence dans le débat.

Journaliste : La première ministre de l'Alberta sera ici, à Québec, demain. Avez-vous demandé, M. Duhaime, à rencontrer Mme Smith?

M. Duhaime (Éric) : Écoutez, on s'est... on s'est texté hier, on s'en ai parlé. Elle m'a dit qu'elle s'en venait à Québec, qu'elle est en train de voir avec son équipe, là, l'horaire, comment... quand est-ce qu'on pourrait se voir ou se parler. Ça fait qu'on va se texter dans les prochaines heures pour la suite des choses.

Journaliste : ...vous intéresse, vous, de la rencontrer?

M. Duhaime (Éric) : Bien, je l'ai rencontrée, effectivement, il y a deux... il y a quoi, trois semaines peut-être.

Journaliste : ...

M. Duhaime (Éric) : Bien, elle est au Québec, là. Tu sais, je voulais... cordialement... J'aurais aimé ça aussi lui présenter notre députée Maïté BlanchetteVézina et... parce qu'on s'est parlé de Maïté quand on était à Edmonton il y a quelques semaines, mais c'est sûr que je lui avais laissé mon livre aussi. J'aurais aimé ça savoir un peu qu'est-ce qu'elle en a pensé. Je lui avais laissé Destination Autonomie lors de mon dernier passage à Edmonton, donc... Puis j'ai vu que... depuis ce temps-là, j'ai vu aussi, là... vous l'avez peut-être vu passer dans les dernières heures, mais l'Alberta vient d'adopter... vient de déposer un projet de réforme du système de santé qui... en fait, pour nous, là, c'est la même chose que ce qu'on propose, le Parti conservateur du Québec, depuis de nombreuses années, par rapport au fait que l'argent suive le patient, que le financement du réseau soit fait en fonction des actes. Donc, je vois que l'Alberta est en train de mettre ça en place, est en train de déployer ça. Ça fait que j'ai aussi posé quelques questions à cet égard-là, je pense qu'on a intérêt à collaborer parce que nos systèmes de santé ont des difficultés, les monopoles publics ne répondent pas aux attentes. L'accès est de plus en plus difficile. Et là on voit que, par une nouvelle façon de financer, on pourrait améliorer les choses. Je pense qu'on a intérêt donc à échanger sur cet enjeu-là.

Journaliste : Juste pour finir sur le... législatif, M. Duhaime ou... c'est comme vous voulez, mais le gouvernement va déposer prochainement un projet de loi pour étendre la portée de la loi n° 101 à la formation professionnelle, l'éducation aux adultes. Sur le principe, êtes-vous pour ou contre ce projet de loi là?

M. Duhaime (Éric) : Écoutez, nous, c'est sûr qu'on est un parti qui est favorable à la promotion du français. On a un préjugé favorable pour l'enseignement supérieur, évidemment, en français au Québec. Maintenant, pour ce qui est de la coercition, quand c'est rendu à des adultes, c'est sûr que ça pose une autre... une autre question. Et, pour nous, c'est... on aime mieux adopter une position qui soit incitative plutôt que coercitive pour ce qui est de l'enseignement aux adultes.

Journaliste :  J'ai des questions aussi sur le redécoupage électoral. Là, il ne reste vraiment plus beaucoup de temps, là, puis vous n'êtes pas en faveur de ce que suggère le gouvernement. Puis je comprends qu'en coulisse il y a plein d'appels qui se font. Est-ce qu'il y a des chances que, d'ici vendredi prochain, on ait quelque chose à ce niveau-là, un projet de loi qui fonctionne et que tous les partis sont d'accord ou...

Mme Blanchette Vézina : Bien, écoutez, encore une fois, c'est un dossier où la Coalition avenir Québec aurait pu agir avant. Ils ont négligé d'agir, là. La solution que nous, on a proposée, oui, mais de manière illégale. Et là encore, du... dans la carte électorale, la Commission de la représentation électorale, le DGE a mentionné que la façon de faire de la Coalition avenir Québec n'est pas la bonne façon pour garder une institution indépendante. Rappelons-le, le principe derrière. Mais ceci étant, on discute pour trouver une voie de passage parce qu'on a... Moi, je l'ai toujours dit, on a la volonté que le poids des régions demeure, le poids politique des régions demeure dans nos institutions.

Journaliste : ...négocier avec vous, par exemple? Tu sais, est-ce qu'ils vous ont appelé pour essayer de trouver une voie de passage?

Mme Blanchette Vézina : On a eu des rencontres, mais, pour moi, les négociations sur une carte électorale, je le dis, je suis très frileuse à dire : C'est aux parlementaires de découper une carte électorale.

Ceci étant, on s'entend sur les principes du fait qu'il faut revoir les critères qui mènent à l'élaboration de la carte électorale, puis on continue de discuter pour voir qu'est-ce qui peut être fait d'ici la fin du mandat. Mais, encore une fois, on est à huit jours.

Journaliste : À moins que je me trompe, mais vous avez déposé un projet de loi.

Mme Blanchette Vézina : Tout à fait.

Journaliste : Donc, est-ce que la voie de passage serait finalement de prendre votre projet de loi?

Mme Blanchette Vézina : Bien, nous, on a proposé celui-là, on a utilisé un pouvoir qui est reconnu par la... bien, qui est reconnu, que la Cour suprême a nommé comme étant celui qu'on peut utiliser dans notre démocratie, la protection par un statut d'exception, comme les Îles-de-la-Madeleine ont eu, en attendant de revoir les critères. Parce que l'idée, c'est bien sûr de revoir ces critères qui sont... qui font qu'il y a une distorsion dans la façon de déterminer de la carte par la commission indépendante. C'est une solution, et moi, je l'ai nommée. C'est un projet de loi qui est court, qui utilise un pouvoir qui a déjà été reconnu. C'est la solution, à mon avis, la plus... la plus chirurgicale, disons, d'agir dans un dossier où il faut garder une indépendance. Et, je le répète, c'est une nuance importante, indépendance et non transpartisanerie dans le dossier.

Journaliste : ...est-ce qu'on pourrait, par exemple, faire 127 comtés en donnant un statut particulier au comté de la Gaspésie?

Mme Blanchette Vézina : Bien, en fait, nous, ce qu'on vient dire, c'est on protège les comtés de la Gaspésie parce que c'est le poids politique de la Gaspésie, mais c'est ce qui est proposé dans la loi qui est déposée, le projet de loi n° 3 déjà, de dire : On met 127 avec le comté, mais on négocie la protection de la Gaspésie contre d'Anjou—Louis-Riel. C'est ça qui est déposé par la Coalition avenir Québec en ce moment puis par les partis d'opposition. Et Youri s'est opposé au processus accéléré. Nous aussi, on souhaite entendre le DGE. Je pense que c'est la moindre 19275 des choses dans un dossier d'importance comme celui-là, le Directeur général des élections, les membres de la Commission de la représentation électorale. Donc, ce ne serait pas un processus accéléré. Mais là, en ce moment, il n'y a pas de place dans la... en fait, il n'y a pas de place... il y a plusieurs projets de loi qui sont à l'étude qui risquent de ne pas cheminer. Si c'est une priorité pour la Coalition avenir Québec, qu'ils l'appellent, qu'ils appellent le nôtre, je pense que ça peut avancer plus rapidement.

Journaliste : Sur le principe, M. Duhaime, pour le Parti conservateur, est-ce que vous souhaitez protéger toutes les régions éloignées?

M. Duhaime (Éric) : Bien, depuis le début, dans ce dossier-là, c'est toujours délicat pour des parlementaires de définir... de découper une carte électorale. Moi, j'ai bien connu Sylvie Roy, à l'époque, j'ai travaillé avec elle à l'ADQ. Vous vous rappelez quand ils ont fait disparaître son comté. Sylvie ne s'est pas objectée, puis ce n'est pas parce qu'elle était contente de voir son comté disparaître. Au contraire, pour elle, c'était... Elle se représentait dans une circonscription, par la suite, qui était beaucoup plus difficile puis qui n'était pas où elle habitait, mais elle l'a fait parce qu'elle croyait à un principe. Puis elle avait même, à cette époque-là, si vous vous souvenez, déposé une motion à l'Assemblée nationale, qui a été adoptée à l'unanimité, donc certains parlementaires sont encore là aujourd'hui pour dire que les députés ne devraient jamais, par projet de loi, imposer une carte électorale, exactement ce qu'ils sont en train d'essayer de faire à l'heure actuelle. Donc, je pense que c'est important de le rappeler.

J'ai noté aussi, en fin de semaine, la lettre ouverte qui a été envoyée, là, par le directeur des élections et par la Commission de la représentation électorale, qui, eux aussi, s'inquiètent de la distorsion démocratique qu'ils sont en train de... qu'on est en train de créer là, l'espèce de tripotage, par des élus, d'une carte électorale. On joue avec quelque chose qui est très, très sensible dans toutes les démocraties, et, pour moi, ce n'est pas un signe de santé démocratique que des parlementaires veulent dessiner une carte électorale.

Maintenant, il y a des exceptions, puis c'est normal, là, parce qu'on a un territoire au Québec qui est immensément grand puis on a certaines régions qui sont exceptionnelles, je pense, évidemment, aux Îles, mais là on parle aussi de la Gaspésie, on peut penser à Ungava. Et c'est clair qu'un député qui est capable de marcher sa circonscription d'un bout à l'autre n'a pas les mêmes défis que celui que ça prend huit heures d'auto faire le tour. Donc, il faut tenir ça en considération. Puis c'est... puis, présentement, le problème qu'on a, c'est que c'est tellement du tripotage de carte qu'on est en train d'essayer de sauver une circonscription qui se marche d'un bout à l'autre, là, et c'est ça qui, pour nous, est inacceptable.

Puis ça pose des défis tellement bizarres, là. En fin de semaine, j'ai fait un podcast avec un de nos candidats dans l'est de l'île de Montréal puis je n'étais même pas capable de lui dire dans quel comté il se présentait, puis lui-même ne sait même pas c'est quoi, son comté. Parce que lui, il se présentait, au début, dans... à Rivière-des-Prairies... pas Rivière-des-Prairies, mais dans Pointe-aux-Trembles, puis qu'ils vont avoir une partie de Rivière-des-Prairies, donc ça va s'appeler Pointe-aux Prairies, si et seulement si la circonscription de Louis-Riel disparaît, sinon, ça reste Pointe-aux-Trembles. Ça fait que le gars... On ne peut pas faire faire de dépliants présentement, on ne peut pas faire d'affiches, on ne peut pas rien faire. On est à quatre mois de l'élection, trois mois du déclenchement de la campagne, puis on ne sait même pas dans quel comté il se présente. Ça pose des problèmes énormes.

La CAQ a complètement foiré dans ce dossier-là, là. Ce n'est pas un accident si ça arrive, c'est parce qu'ils ont déposé un projet de loi qui a été jugé illégal par les tribunaux, parce qu'ils se sont traîné les pieds, ils n'ont pas fait leur job, ils ont refusé d'appliquer un principe fondamental du Parlement, puis, aujourd'hui, c'est le bordel. Puis le plus odieux, c'est qu'ils vont essayer de faire porter ça à des députés indépendants ou au Parti conservateur, ils vont essayer de mettre ça sur le dos d'autres personnes, en raison de leur propre incompétence puis incurie depuis des années. Ça, je pense que c'est important de le souligner aujourd'hui.

Journaliste : ...des régions, c'est parce que... Je comprends, c'est parce que, si on protège la Gaspésie, le directeur général des élections, il dit : Oui, on va se retourner vers d'autres régions, mais ça va être la Côte-Nord. Puis, après ça, on dit : Bien, est-ce qu'on protège la Côte-Nord? Bien, ça va être l'Abitibi. Bien, est-ce qu'on protège l'Abitibi? Bien, ça va être le Saguenay. Donc, c'est quoi, votre vision par rapport à ça?

M. Duhaime (Éric) : Mais ça, c'est important. Je suis content, M. Lecavalier, que vous souligniez cette question-là, parce qu'il faut qu'on s'entende sur des critères objectifs, puis c'est justement ça qu'il faut faire. Il faut dire c'est quoi, la barre, c'est combien de kilomètres carrés, combien d'heures est-ce que ça vous prend pour parcourir le comté, pour qu'on juge que votre tâche de travail est supérieure à un député en zone plus densément peuplée. Et ça, il faut qu'on s'entende sur des critères objectifs puis qu'on s'assoie puis qu'on fasse comme le projet de loi de Maïté a fait puis qu'on dise : OK, il y a une région qui va... qui va être sous-représentée puis qui va avoir une circonscription qui va être beaucoup trop grande. Mais là ce n'est pas ça qu'on fait là. Là, c'est qu'on marchande puis qu'on est là puis qu'on regarde combien de sections de vote vont transférer dans mon comté si on adopte tel type de réforme puis là ils collent deux sortes de cartes différentes en fonction de la région puis des circonscriptions. Puis vous savez comme moi que ça a un effet domino, parce que là, ils disent deux comtés, mais ce n'est pas deux comtés dont on parle, là. Je viens de vous parler d'un comté qui n'a rien à voir avec le découpage, officiellement, mais qui est durement impacté par ce genre de changements là.

Donc, il faut qu'on ait des critères objectifs, où tous les partis s'entendent, puis ensuite, on laisse au directeur général des élections et à la Commission de représentation électorale le soin de faire le travail pour s'assurer qu'il n'y ait pas de «gerrymandering». Mais, présentement, ce n'est pas ça qui se passe. Puis j'espère... J'en appelle au gouvernement, là, il n'est pas trop tard, là. Je pense que c'est le temps pour eux de dire : Regardez, on s'est encore gourés pour une troisième fois consécutive. Puis là il faut remettre les choses en ordre, là. Ou bien non on prend l'ancienne carte qu'on...c'est une carte. Mais la carte qui a été proposée par la Commission de la réforme électorale ou... la représentation électorale, pardon, ou on adopte le projet de loi de la députée de Rimouski. Mais on ne peut pas continuer avec le projet de loi qui a été déposé par le gouvernement à l'heure actuelle. C'est bon? Merci à vous!

(Fin à 13 h 23)

Participants


Document(s) Related