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Point de presse de M. Pascal Paradis, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de cybersécurité et du numérique, et M. Alex Boissonneault, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de relations canadiennes

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Wednesday, June 3, 2026, 8 h

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Huit heures trois minutes)

M. Paradis : Bonjour à toutes et à tous. Il y a eu un moment assez étonnant hier, à la période de questions, au salon rouge, et la question concerne la sécurité des données personnelles et confidentielles des Québécois. C'est un dossier très important parce qu'on parle, par exemple, des données concernant la santé des Québécois, quelles maladies, quelles infections, quels traitements, quels diagnostics. Ce sont aussi des données qui concernent, par exemple, nos enfants, quelles sont leurs conditions particulières lorsqu'on les a inscrits dans un service de garde. Ce sont des informations judiciaires des Québécoises et des Québécois. Donc, ça concerne tout le monde qui nous regarde.

Et, depuis très longtemps, Santé Québec, la ministre de la Famille, le ministre... l'ancien ministre de la Cybersécurité, du Numérique, tout le monde nous affirme que les données des Québécois sont en sécurité 19999 et non, les autorités américaines ne peuvent pas les saisir sur demande d'une autorité. J'ai moi-même posé la question le 26 novembre dernier en Chambre, et voici ce que le gouvernement me répondait, là, à l'époque : «Ça prend un jugement de la cour pour être capable d'accéder à ces informations-là.» Donc, il faudrait que les tribunaux américains interviennent, et ce n'est pas le cas, ce n'est pas ça que le Cloud Act dit.

Et, hier, il y a eu une première question de ma collègue Michelle Setlakwe, et la ministre de la Cybersécurité et du Numérique a encore répondu ça très officiellement. Elle a dit ça, en Chambre : Ça prend un jugement de la cour, les données des Québécois sont en sécurité. Mais je suis revenu ensuite en question et j'ai cité son propre sous-ministre, qui a dit en crédits la semaine dernière, en étude de crédits : «Les données peuvent être obtenues sur demande d'une institution fédérale américaine sans même passer par un juge.» Et là la ministre a fini par m'avouer, en réponse à ma complémentaire, que oui, c'est ça, la... c'est ça, la vérité. Les données des Québécois ne sont pas en sécurité. Le transfert, d'ailleurs, des données de santé n'est pas terminé. Les données sont encore aux États-Unis. Donc, il y a une vulnérabilité. Et le sous-ministre a même parlé d'une dépendance toxique aux entreprises américaines en matière de cybersécurité.

Donc, malheureusement, on ne s'en va pas vers plus de souveraineté numérique avec ce gouvernement-là, on s'en va vers moins de souveraineté numérique, et les Québécois devraient s'en inquiéter, surtout quand il y a un tel manque de transparence. Et c'est ce que nous, on propose. On est arrivés, nous, avec des propositions concrètes, dès l'automne dernier, sur la souveraineté numérique du Québec et on a un plan ambitieux là-dessus.

M. Boissonneault : Je veux revenir sur ce que mon chef vous a dit hier à propos des députés de la CAQ. Hier, mon chef vous a dit qu'il y a 36 caquistes qui partent, sont partis ou sont devenus indépendants. On apprend ce matin qu'on est rendus à 37. Mathieu Lemay, député de Masson, a annoncé qu'il ne se représenterait pas.

Donc, moi, je veux souligner le fait qu'on a une première ministre qui fait des annonces, qui se promène un peu partout, mais le véritable test de leadership pour Christine Fréchette est auprès de ses députés. Est-ce qu'elle est en mesure de convaincre ses députés, convaincre des candidats de se joindre à son projet? Parce que là, en ce moment, ça regarde plutôt mal. On est à neuf départs annoncés en neuf jours. On comprend qu'il y avait une date butoir pour la CAQ pour annoncer ses intentions, là, pour le caucus. On disait que c'était le 31 mai. On est rendus au 3 juin. Or, il y a seulement 19 députés de la CAQ qui ont confirmé leur retour, mais ça nous laisse à 32 députés et ministres dont on ignore encore les intentions à la CAQ. Donc, moi, je serais curieux de savoir ce qui se passe avec ces gens-là, parce qu'il est là, le véritable test de leadership de la nouvelle première ministre, en rappelant qu'elle est nouvelle première ministre, mais, quand même, c'est au bout de huit années de caquisme et après François Legault. Donc, c'est là que les... peut-être, les pièces se mettent en place.

Donc, je vous invite à poser la question aux députés, aux ministres, quelles sont leurs intentions, parce qu'on a passé le 31 mai, puis c'est important, quand même, ce qui est en train de se jouer là.

Journaliste : ...

M. Boissonneault : Oui.

Journaliste : ...hier, votre chef a dit que les milliards coulaient du fédéral parce que l'élection s'en venait. La réponse de M. Carney, c'est : «No politic at all.»

M. Boissonneault : Bon. Moi, ce que j'aurais envie de vous dire là-dessus, c'est : le diable est dans les détails. Quels sont les détails des ententes? Nous, on veut voir ces ententes-là. Quelles concessions ont été faites pour pouvoir obtenir des ententes qui traînaient depuis longtemps? Là, rappelons que c'est notre argent, des ententes qui sont intervenues déjà dans d'autres provinces. Et on vient d'avoir un déblocage, mais ça faisait longtemps qu'on y travaillait. Il y a déjà des signaux qui sont inquiétants sur ce que Québec et la première ministre Christine Fréchette a été prêt à... prêt à donner pour pouvoir obtenir ces ententes-là. On parle de... On parle de partage de données, on parle de demandes qui étaient faites traditionnellement, qui... En tout cas, nous, on a des gens qui semblent inquiets, là. Puis, comme je vous dis, on va donner la chance au coureur. Il y a des ententes qui sont intervenues, mais nous, on veut voir le détail, parce que... est-ce qu'on est en train de créer des précédents? Est-ce qu'on renonce à des demandes qu'on faisait depuis déjà longtemps pour obtenir ces ententes-là à quelques mois des élections? On veut que ce soit sans condition. Ça, ça a toujours été la même chose.

Journaliste : ...des données? Le fait qu'on dise : Il y a 25 personnes dans l'autobus plutôt que 15...

M. Boissonneault : Bien, écoutez, a priori, là, ce qu'on veut, c'est avoir le détail des ententes. Là, on demande de la transparence. Il y a un enjeu de transparence ici. Est-ce qu'on est prêts à montrer aux gens sur quoi on s'est entendu puis qu'est-ce qu'on est prêt... qu'est-ce qu'on a été prêt à laisser aller pour pouvoir obtenir ces ententes? Quand on dit qu'il y a des signes inquiétants, partage de données, ce sont les signes. Moi, je comprends qu'on ne voulait pas avoir... on ne voulait pas qu'il y ait de reddition de comptes à Ottawa pour l'utilisation de ces deniers-là, parce que c'est notre argent dans nos champs de compétence. C'était... On y tenait mordicus depuis plusieurs années. Ces ententes-là ont traîné. Là, il y a un déblocage. Évidemment qu'on est... on est contents qu'il y ait... qu'il y ait de l'argent pour les Québécois. Tout ce qui est bon pour les Québécois, nous, on s'en réjouit. Mais ce qui peut être problématique, par contre, et ce qui est problématique, c'est si on accepte des conditions du fédéral pour recevoir le financement, puis il y a des raisons de croire que c'est peut-être le cas. Donc, transparence, nous on veut de la transparence. Puis j'ajouterais une chose aussi. Je lisais le texte de Paul Journet ce matin qui nous rappelait une citation de la première ministre, Christine Fréchette, qui a dit que le Québec n'a pas toujours été un bon partenaire dans la fédération. Bien, moi, je veux des exemples de cette... de... Lorsque Christine Fréchette dit que le Québec n'a peut-être pas toujours été un bon partenaire dans la fédération, je veux des exemples, je veux savoir qu'est-ce que ça veut dire. Puis en même temps, ça aussi, je trouve que c'est un signal inquiétant. Est-ce qu'elle s'est présentée à la table des négociations avec une attitude comme celle-là, en commençant à discuter avec Ottawa en disant : C'est vrai qu'on n'a pas toujours été un bon partenaire? Moi, je trouve que ça n'augure rien pour le Québec... ça n'augure pas bien pour le Québec.

Journaliste : ...juste pour être clair, donc, les signaux dont vous faites mention, vous parlez principalement de fournir les données, là, c'est ça qui...

M. Boissonneault : Je parle de reddition de comptes parce que...

Journaliste : Mais c'est ça. Est-ce que vous êtes à l'aise avec le fait qu'on partage les données ou que ces... vous êtes inconfortable avec le fait que ces données-là soient utilisées pour ensuite demander des comptes au Québec?

M. Boissonneault : Bien, de là l'enjeu de la transparence. Première chose, on veut voir les ententes, on veut le détail des ententes, parce qu'on n'a pas ce détail-là. Deuxième chose, nous, on veut des ententes sans condition. On ne veut pas de reddition de comptes à Ottawa, on ne veut pas devoir se soumettre à des critères qui viennent d'Ottawa. Cet argent-là, c'est notre argent et on doit l'utiliser comme on veut ou... et selon notre... selon nos besoins puisque ce sont nos champs de compétence.

Donc, il est là, l'enjeu pour nous. Quand on commence à parler de reddition de comptes, à donner des... à offrir des données, à répondre à des critères qui sont imposés par Ottawa, c'est là qu'il y a un problème. Puis ça a toujours été... ça a toujours été un élément auquel on a... on a tenu mordicus à Québec. Ça a été le cas pour tous les premiers ministres précédents. Ça a été le cas pour François Legault. C'était le cas, même, pour Philippe Couillard, pour des premiers ministres, là. Peu importe qu'on soit fédéralistes ou souverainistes, on tenait à ça. Ce sont nos champs de compétence. On doit pouvoir utiliser nos... les sommes qui nous sont dues comme on le souhaite.

Et là ce qu'on comprend ou ce qu'on craint, c'est qu'on ait fait des concessions à ce niveau-là, qu'il y ait une reddition de comptes obligatoire, qu'on dise à Ottawa comment on dépense cet argent puis qu'on réponde à certains critères. Donc, il est là, l'enjeu. C'est pour ça, qu'il y a un enjeu de transparence, puis on veut avoir le détail de l'entente pour savoir qu'est ce qui a été donné à Ottawa pour pouvoir faire débloquer ça à quelques mois des élections.

Journaliste : ...d'achalandage de transport en commun, c'est-tu un problème pour vous? C'est assez... c'est assez facile à répondre, là.

M. Boissonneault : Bien, la question, c'est de savoir qu'est-ce que le fédéral va faire avec ça. Pourquoi ils ont besoin de ça? Pourquoi le fédéral a besoin qu'on transmette des données sur l'achalandage dans nos réseaux de transport ou pour... ou dans des champs de compétence qui relèvent du Québec? C'est... c'est... C'est une question de principe. C'est la reddition de comptes, c'est répondre à des critères du fédéral. Pour nous, c'est très clair, on doit... on ne doit pas faire de concession sur l'utilisation des deniers qui sont les nôtres, l'argent qui est le nôtre dans nos champs de compétence. Ça a toujours été ça au Québec. On veut s'assurer que c'est toujours le cas.

Journaliste : ...qui dit que le gouvernement de la CAQ n'a pas été un bon partenaire. Vous lui demandez des précisions. Vous, est-ce que vous estimez qu'il a été un bon partenaire jusqu'à présent dans leur... Pourquoi ça vous dérange, cette affirmation-là? Parce qu'on...

M. Boissonneault : Bien, parce que le Québec veut faire respecter ses champs de compétence. Ce n'est pas... On demande... on demande que l'ordre constitutionnel, qui nous a été imposé par ailleurs, soit respecté minimalement. Dans nos champs de compétence, on fait nos affaires. Donc, je ne vois pas de quelle façon on a été... on doit se présenter avec une attitude comme celle-là, à savoir on est un mauvais partenaire, puis se présenter à la table avec cette attitude-là devant la négociation.

C'est pour ça que je demande des... je demande des exemples à la première ministre, Christine Fréchette, parce qu'elle arrive, elle, dit-on, avec un changement de ton, une nouvelle attitude par rapport à Ottawa qui permettrait de faire des gains administratifs, mais en laissant tomber les demandes structurantes qu'avait son prédécesseur, François Legault, sur des pouvoirs qu'on... vous pouvez rapatrier. Donc, dans cette optique-là, qu'est-ce qu'elle veut dire lorsqu'elle arrive à la table en disant : On n'a pas toujours été un bon partenaire?

Journaliste : ...François Legault avait quand même une bonne approche à...

M. Boissonneault : Bien, François Legault demandait des gains structurants, mais lui, il parlait... comme on dit en bon Québécois, les bobines... les bottines ne suivaient pas les babines, là, avec François Legault. Il parlait très, très fort, mais il n'y avait pas d'actions qui étaient prises puis il n'était incapable de livrer la marchandise. Donc, il pouvait faire des demandes, il y avait 21 demandes, tout ça a été un échec. C'est la démonstration de l'échec de la troisième voie. Ça, on l'a déjà dit.

Mais là il y a un changement d'attitude, dit-on, dans ce gouvernement-là de Christine Fréchette et de Jean Boulet, qui, eux, veulent être sur un mode plus collaboratif. Elle dit : Je ne déchirai pas ma chemise. Puis, en plus, elle se présente avec Mark Carney en disant : On n'a pas toujours été un bon partenaire, sur un podium où il est écrit Construisons un Canada fort. Donc...

Journaliste : Comment vous la qualifiez, cette nouvelle attitude de Mme Fréchette auprès du gouvernement fédéral?

M. Boissonneault : Bien, moi, je l'ai dit, c'est la CAQ rouge comme Jean Charest. C'est la CAQ qui est un Parti libéral 2.0. C'est essentiellement ce qu'on est en train de voir, puis on en a une autre démonstration. Moi, je vous le dis, de voir Christine Fréchette dire que le Québec n'a pas toujours été un bon partenaire sur un podium avec une pancarte rouge qui était... oui, c'est écrit Bâtir un Canada fort, je trouve, quand même, c'est une image qui est parlante.

Journaliste : ...Est-ce que la... Est-ce que l'entente... De la manière dont ça s'est déroulé hier, comment vous avez trouvé ça? Donc, la deuxième question est en anglais. C'était très bilingue comme annonce. Comment vous avez trouvé l'image de cette annonce là, hier?

M. Boissonneault : C'est très «canadian». Je le dirais comme ça. C'est très «canadian». Et là, on se réjouit d'une entente, on se réjouit essentiellement d'avoir donné aux Québécois l'argent qui leur était dû pour des ententes qui traînaient. D'ailleurs, ces ententes-là ont traîné puis on comprend bien ce que ça veut dire, là, pour l'explosion des coûts, dans le contexte actuel, quand les ententes traînent, et ce, à quelques semaines des élections.

Journaliste : ...vous vous en êtes réjoui aussi, là.

M. Boissonneault : Bien, on se réjouit du fait que s'il y a de l'argent qui... qui pourra profiter aux Québécois, c'est sûr qu'on ne peut pas se... on se... On ne boudera pas notre plaisir à ce niveau-là. Nous, on est... on se réjouit de ce qui est bon pour le Québec, par contre, c'est qu'il faut aller au-delà de ces ententes-là pour voir de quelle façon ça a été obtenu, puis rappeler aussi, parce que c'est important de mettre ça en perspective, rappeler aussi que c'est notre argent pour des ententes qui étaient déjà intervenues dans les autres provinces puis qui ont traîné. Donc, on peut être contents que ça débloque, mais il faut quand même voir comment ça a débloqué. Qu'est-ce qu'on a donné pour que ça débloque, à quelques semaines des élections? Qu'est-ce que ça veut dire pour le Québec? Puis rappeler aussi qu'effectivement, c'est notre argent, puis ces ententes-là, bien, on était condamnés, à un moment donné, à s'entendre. Le problème, c'est que le gouvernement fédéral est un gouvernement centralisateur et prédateur qui ne respecte pas ses propres règles constitutionnelles. C'est ça qu'on veut défendre.

Journaliste : Oui, je... pour la région de Québec, le projet de tramway, est-ce que vous avez l'impression que ça va un peu apaiser ceux qui doutent encore?

M. Paradis : Bien, c'est sûr que c'est un pas quand, enfin, après des années, le gouvernement fédéral finit par confirmer sa participation. Et donc, ça sécurise le montage financier. Mais ce que mon collègue Alex vient de dire s'applique également pour le tramway à Québec. Comment ça se fait qu'il ait fallu quêter pendant des années pour obtenir des fonds qui sont les fonds des Québécoises et des Québécois? Il ne faudrait pas que personne ne pense que, là, on reçoit un cadeau du fédéral. Parce que, là, le fédéral, hier, je regardais, là, les ministres qui disaient : Heille, on est tellement contents de venir contribuer à ce tramway-là. C'est notre argent! c'est notre argent! Et le gouvernement fédéral n'a pas été tant que ça un élément, un joueur qui a contribué, en retardant autant que ça à confirmer sa participation. Et ce retard du fédéral à confirmer sa participation, ça a engendré des coûts. Il y a eu beaucoup de retard dans ce projet de transport collectif dont la ville de Québec, dont la Capitale-Nationale a besoin. Le premier responsable, c'est le gouvernement de la CAQ qui a tergiversé, qui a retourné sa veste, qui a mis ses billes dans un troisième lien autoroutier dont tout le monde sait, à Québec, que ça ne sera jamais réalisé, que c'est une fumisterie électoraliste. Ça, qu'est ce que ça fait? Ça a augmenté les coûts. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est les... les études indépendantes qui ont été faites sur le tramway à Québec et qui disent que c'est un malheureux exemple d'ingérence politique. Et l'autre responsable, c'est le gouvernement fédéral qui a trop tardé. Alors là, il nous dit, aujourd'hui : Je mets plus d'argent que prévu. Un, ce n'est pas la demande du gouvernement du Québec, qui dit : C'est 40 % qu'on attend du gouvernement fédéral. Le gouvernement fédéral ne s'est pas rendu là, de un. Deuxièmement, à quelles conditions cet argent-là a été donné? Puis, troisièmement, les délais, ça a fait en sorte que le projet coûte plus cher.

Journaliste : Est-ce que c'est le dernier clou dans le cercueil, pour l'opposition à ce projet de tramway? Parce que ça aussi, ça a contribué à alimenter les discussions, l'opposition quand même assez forte.

M. Paradis : Le projet, il est en marche actuellement. Les travaux ont commencé et les travaux ont commencé à la suite de longues études, de longues analyses des besoins, et quelles sont les solutions qu'on peut mettre sur la table pour les réels problèmes de circulation qu'il y a à Québec. Parce que moi, les gens qui sont... qui sont fatigués d'être stationnés, littéralement, sur les autoroutes de Québec, là, je les comprends. Je les vois de mon bureau de circonscription. J'ai une vue sur l'autoroute Duplessis à l'heure de pointe, je sais ce que ça veut dire. Malheureusement, il y a des gens qui continuent à penser, à présenter des solutions qui ne sont pas des solutions. CDPQ Infra, ils l'ont étudié, le dossier. Ils ont dit que si on veut vraiment faire en sorte que les temps de déplacement diminuent, qu'on allège la circulation et qu'on dote Québec, enfin, du système de transport collectif structurant dont il a besoin, il faut avancer avec ce projet-là. Donc, oui, on continue à avancer.

Journaliste : M. Boissonneault, la capitale de l'érable, elle est où?

M. Boissonneault : Ah! la capitale de l'érable est à Plessisville. Moi, je vais être très clair, c'est la capitale de l'érable depuis 1976. Écoutez, moi, je serai... je me présenterai, cet automne, comme candidat dans Arthabaska et L'Érable, ça s'appelle L'Érable, on a la production, on exporte, on a les entreprises pour exporter. Je pense que c'est clair. Sentez-vous un peu que je me... émotivement, je suis là, là...

Journaliste : ...vous dites quoi à Mirabel, la mairesse qui s'est excusée ce matin en disant : On n'a pas voulu prendre la place, c'est une... c'est une mésentente, c'est comme les relations canado-américaines?

M. Boissonneault : Bien, moi, je demande juste de rectifier. C'est correct qu'on contribue...

Journaliste : ...

M. Boissonneault : Ça a été fait ce matin? Bien, je m'en réjouis, je m'en réjouis parce que, pour nous, c'était très clair. Puis, franchement, je pense que c'est une position qui est indéfendable de dire que mondial puis international, ce n'est pas la même chose. Pour moi, c'est... c'est la bonne chose, là. Si on...

Journaliste : ...

M. Boissonneault : Ça, il y a un gros débat là-dessus. Je ne suis pas sûr que je veux m'avancer là.

Journaliste : ...Canada-États-Unis, on entend... on a entendu ce matin l'ambassadeur venir dire que ça pourrait créer de l'emploi au Québec, la situation actuelle avec les États-Unis. Qu'est-ce que vous pensez de cette déclaration-là? Est-ce que la situation actuelle pourrait vraiment être gagnante pour le Québec et le Canada?

M. Paradis : J'étais à la conférence de l'ambassadeur des États-Unis au Canada, qui avait lieu dans Jean-Talon, lundi. Il a lancé des messages à l'effet que la renégociation qui s'ouvre peut mener à une entente gagnant-gagnant. C'est ce qu'on souhaite. C'est un... C'est un message qui était constructif. Tant mieux. Parce qu'en attendant, on entend encore parler de tarifs, de possibles nouveaux tarifs. Et je voudrais rappeler qu'actuellement c'est le Québec qui est le plus touché par les tarifs. Donc, le taux moyen de tarifs touchant les produits et services, il est beaucoup plus élevé au Québec, là, à neuf point quelque chose pour cent, par rapport à l'ensemble canadien.

Et j'aimerais qu'on se souvienne que c'est la promesse principale du gouvernement libéral fédéral lors de la dernière élection générale. Il a dit : Élisez-nous, nous autres, on va vous régler ça, cette question des tarifs. Non seulement elle n'est pas réglée, mais, comme le PQ le dit constamment, les intérêts du Québec sont passés sous les roues de l'autobus. Et le gouvernement de la CAQ a lui aussi proposé toutes sortes de solutions. Le gouvernement de la CAQ, c'est lui qui voulait se précipiter pour renégocier l'accord de libre-échange tout de suite après l'élection de Donald Trump. Qu'est-ce qu'on a dit, nous? On a dit : C'est une erreur, il faut attendre que le processus de révision s'enclenche, qu'on soit proche notamment des «midterms». C'est ce qui se passe. Tant mieux si l'ambassadeur des États-Unis lance des messages constructifs. Mais, en attendant, surveillons la question aussi des tarifs additionnels qui pourraient être imposés par l'administration américaine.

Le Modérateur : On va passer en anglais.

Journaliste : Good morning. …what your point is about sharing of data. This is data that's public. You know, any reporter, any person could theoretically get it. What's your issue with that data being shared with Ottawa?

M. Boissonneault : Well, first thing is we want to have the details of those agreements, what it means exactly, because there's an intervention again in responsibilities that are due to Québec, and we want to make sure that there is no accountability that is necessary to have access to those funds, data that we have to transfer to Ottawa, because it's a way for the federal government to intervene in our jurisdiction. That's…

Journaliste :

M. Boissonneault : There's a reason why this data… they didn't want to share that data out of a matter of a principle. However, I'm talking here with the details that we have already. It's… There's some complexities in those files. That's why we want transparency and we want to see what are those agreements, we want to see the detail of it. But the idea that we have to give numbers to have access to those funds is the idea that we have a duty of accountability to the federal government to use the money in our jurisdiction. And this is our responsibility. Those funds are our money. So… And these agreements already intervened in other provinces. It took too long to make sure that it works here. So, it had an impact on the cost of the different projects that are going to be funded by those agreements. Obviously, it's a good thing if we can have agreements that permit to start working on those projects, but we want to make sure, when we see the details, that we didn't make concessions that we shouldn't make to Ottawa and create… «jurisprudence»….

M. Paradis : Jurisprudence.

M. Boissonneault : …jurisprudence on those matters. It's important to have those details. That's why we ask transparency, because we are actually worried that we have a government here… and the CAQ has been doing that every election, give, give, give, don't think about what's going to happen after the election, make concessions and then we'll figure it out. Did they do the same thing for those agreements in making concessions to Ottawa, that's going to be detrimental to Québec in the months to come.

Journaliste : French language report comes out today. What are you looking for in it? How do you assess the state of the French language going into the next election?

M. Boissonneault : We want to see progress in the use of French in Québec, obviously. We want to see progress in the application of the law. We want to make sure t20141hat the Government is a partner in this application, that... in the application of the law.

Journaliste : ...

M. Boissonneault : Well, of what we hear on the field, it's not always the case. There is... The government must be a partner. When we apply a law like this, we understand that there's a... there can be a number of responsibilities for companies, for universities, for schools, for municipalities, for example. So, it's important that the Government is a partner in that to make sure that it works well. But obviously, for us, everything that is good for the French language in Québec, making sure that we can preserve our specificity in our culture is a... is a good thing. So, we... we... I'm curious to see what's going to... what's going to be the report.

Journaliste : ...in French, you mentioned : The $10 billion ultimately belongs to Québec. If you can repeat that point in English.

M. Boissonneault : This is our money. This is our money that we're going to have access to. So, that's why we want transparency for those agreements. What did Christine Fréchette had to do to get those agreements working, considering the fact that we've been waiting for that for months, if not years, those agreements intervene already in other provinces, so we're going to have access to our funds? It's good for the projects. We need funds for those projects; those projects are important. But we want transparency because we want to see what we had... what did we have to do to get access to those funds. And there's a couple of red flags that we see that's... that indicates that there could have been concessions that have been done to be able to have an agreement with Ottawa, and that would be problematic.

Journaliste : Can you tell me what those red flags were?

M. Boissonneault : Different sources, I would say, for now, that tell us to be careful with what's inside those agreements. So, we want the detail. We ain't going to start speculating on what's inside those agreements, but we want to make sure that the jurisdiction and the responsibilities of Québec are respected. That's the most important thing. But we need to have access to those funds. It's our money.

(Fin à 8 h 26)

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