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Point de presse de Mme Maïté Blanchette Vézina, députée de Rimouski

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Thursday, June 4, 2026, 9 h

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Neuf heures douze minutes)

Mme Blanchette Vézina : Bonjour. Merci d'être là ce matin. Je suis accompagnée de Catherine Morissette, qui est candidate dans Dubuc pour le Parti conservateur du Québec mais qui est aussi porte-parole des dossiers forestiers.

On voulait ce matin vous parler d'une sortie qui a fait grand bruit dans les régions, mais qui est un peu comme, malheureusement, parfois, passée sous silence ici, à l'Assemblée nationale, une sortie des acteurs du milieu forestier, autant de la forêt privée que de la forêt publique, la semaine dernière. Un cri du cœur, disons-le, parce que des pertes d'emplois, il y en a dans le secteur forestier. Le premier ministre l'a... l'ex-premier ministre avait même annoncé qu'à risque, il y avait 30 000 emplois dans nos régions. Donc, c'est un secteur d'activité qui est... un secteur d'activité économique qui est important pour les régions du Québec, pour le Québec, et on n'en entend pas parler ici, malheureusement. Alors, j'ai envie de vous poser la question que les acteurs posaient la semaine dernière : Combien d'emplois faudra-t-il perdre avant qu'on agisse?

Il y avait un projet de loi qui était à l'étude, projet de loi n° 11, dont les consultations et l'étude détaillée s'est terminée avant la prorogation de la session, devrait être adopté prochainement. Il y avait des mesurettes pour la forêt publique, rien pour le secteur de la forêt privée, et les acteurs de la forêt privée, la semaine dernière, ont sorti en disant : Écoutez, ça va faire une concurrence déloyale aux dizaines de milliers de propriétaires et d'entreprises privées qui sont dans le secteur de la forêt privée, ce qui est annoncé dans le projet de loi n° 11.

Donc, le gouvernement, en plus de ne pas agir correctement, n'a pas de solution à offrir du tout aux acteurs de la forêt privée, fait de la concurrence déloyale. Alors, c'est vraiment un abandon des gens des régions. On oublie, le gouvernement a oublié qu'ils existaient.

Il y a des mesures qui pourraient être mises en place. On parle... on parlait de remboursement de taxe sur l'essence pour les agriculteurs. On n'a rien entendu pour la forêt publique, pour les acteurs de la filière forestière. Ils pourraient abolir la taxe carbone. Ça éviterait d'augmenter l'inflation. Parce que, ce que les gens nous disent, c'est des hausses de coûts de 50 % dans les quatre dernières... les quatre dernières années, c'est majeur, puis il n'y a pas un secteur d'activité qui subit les contrecoups autant des mesures du gouvernement américain. Mais on n'entend rien de la part du gouvernement, malheureusement, pour ce secteur-là.

Donc, pour nous, bien, je le répète, il y aurait des solutions : Abolition de la taxe carbone, à la limite remboursement, comme l'a fait la première ministre pour le secteur agricole, remboursement de la taxe carbone pour le secteur forestier. J'aimerais entendre le gouvernement sur cette question-là, mais, pour nous, il en va de la survie, la survie d'une industrie qui contribue de manière importante au PIB du Québec.

Puis, ce matin, bien, je pense que la question du jour sera... votre question, messieurs dames les journalistes, sera sur le dossier des boissons énergisantes. Je pense que, ce qui est important de rappeler, là, c'est que c'est un dossier qui est très important, c'est la santé de nos enfants. Étant moi-même mère de jeunes enfants, ce débat-là, je le trouve important. Puis c'est pour ça que nous, on s'oppose à une précipitation dans ce dossier-là, on s'oppose au populisme dans le dossier. Chacun des partis politiques, là, aujourd'hui, veut adopter un projet de loi très rapidement sur un dossier qui est important, on parle de la santé de nos enfants, mais les boissons énergisantes, là, c'est la pointe de l'iceberg de la caféine qui est consommée par nos enfants, là, c'est seulement 11 % de la caféine que nos jeunes consomment qui proviennent de boissons énergisantes, et ce n'est pas la concentration la plus élevée. Mais là, on élude la question, on s'attaque à une mesure qui ne va peut-être pas régler le problème.

Il y a d'autres solutions qui devraient être envisagées qu'on devrait avoir le temps d'entendre, comme l'affichage, comme on le fait pour d'autres produits qui peuvent avoir des interactions sur la santé des gens lorsqu'ils consomment des médicaments, comme la sensibilisation. Mais là, rapidement, depuis trois ans, le gouvernement aurait pu agir, puis là souhaite, par populisme, adopter un projet de loi très rapidement. De un, on ne l'a pas encore vu. Donc, on va prendre connaissance du projet de loi lorsqu'il va être déposé. Mais, de deux, nous, on s'engage, comme gouvernement conservateur, à poursuivre ce débat-là à l'automne.

Donc, le but, ce n'est pas de s'opposer pour s'opposer, c'est de se dire : Bien, prenons le temps, parce que nos enfants le méritent, de faire un débat qui est sain et centré sur le vrai enjeu. Si c'est la caféine, l'enjeu, bien, regardons l'ensemble du problème puis trouvons les bonnes solutions aussi.

Journaliste : Vous dénoncez la précipitation, là, est-ce qu'il n'y a pas une urgence? Tu sais, est-ce que, dans ce cas-ci, le mieux n'est pas l'ennemi du bien? Parce que l'enfant qui est mort, là, il n'avait pas bu un café latté, là, il y avait bu une boisson énergisante.

Mme Blanchette Vézina : Bien, dans le rapport...

Journaliste : Vous n'avez pas peur qu'en attendant il y en a un autre enfant qui meurt entre-temps?

Mme Blanchette Vézina : Bien, je pense que l'important, c'est la sensibilisation. On l'a dit, c'est nommé dans le rapport du coroner que c'est la caféine, l'enjeu. Si c'est seulement 11 % de la caféine qui est consommé par des boissons énergisantes, bien, je pense que c'est important qu'on en parle puis qu'on fasse un débat. Si on agit de manière précipitée, ce dossier-là va être réglé sur le coin d'une table, il pourrait y avoir d'autres décès...

Journaliste : ...

Mme Blanchette Vézina : Je vais juste terminer, je vais juste terminer...

Journaliste : ...

Mme Blanchette Vézina : J'aimerais juste terminer.

Journaliste : ...l'argument que vous donnez, là, c'est... l'argument de l'industrie. Vous vous rangez du côté de l'industrie là-dedans?

Mme Blanchette Vézina : Moi, je me range du côté des enfants, et du fait que, rapidement, au Québec, la solution, c'est souvent interdire puis vouloir régler ça, puis ça met encore en place de la bureaucratie. Moi, ce que je vous dis, c'est : Prenons le temps. Est-ce que c'est ça, l'interdiction à 16 ans ou 14 ans... je ne sais pas ce que la ministre va proposer exactement, est-ce que c'est ça, la bonne solution? Peut-être, mais prenons le temps, prenons le temps.

Journaliste : ...aggraver la situation, vous dites que ça ne va pas nécessairement régler le problème ou ce n'est peut-être pas la bonne solution.

Mme Blanchette Vézina : Bien, je pense que d'en parler puis ne serait-ce que de...

Journaliste : ...cette solution-là va aggraver la situation?

Mme Blanchette Vézina : Vous voulez dire d'interdire?

Journaliste : Oui.

Mme Blanchette Vézina : Bien, les jeunes consomment, et on le sait, on l'a vu pour le vapotage, ils continuent de consommer malgré des interdictions. Moi, je pense qu'il faut que les jeunes soient avisés, lorsqu'ils consomment des médicaments, qu'il y a une interaction avec la caféine, pas uniquement les boissons énergisantes.

Journaliste : ...c'est un peu ça que vous dites, ce n'est pas parce qu'il y a des interdictions que...

Mme Blanchette Vézina : Bien, je vais vous donner un exemple. Ma mère et d'autres gens consomment des médicaments qui interagissent... qu'il y a une interaction avec le pamplemousse. Ça peut causer des décès, là, ça peut interagir avec des médicaments. Est-ce qu'on va interdire le pamplemousse? Non. Là je sais qu'on parle de la santé des jeunes et qu'il y a eu un décès. C'est tragique. Puis c'est vrai que c'est tragique. Mais est-ce qu'on va utiliser la mort d'un enfant pour précipiter une interdiction, mais surtout par partisanerie ou intérêt politique? Moi, je trouve que ce débat-là mérite d'être fait de manière saine, pas de manière précipitée.

Je ne vous dis même pas... je ne vous dis pas que je suis contre, je vous dis : Prenons le temps de faire le débat et d'entendre. Parce que moi, ce que je vois comme données, c'est que certains cafés ont des taux de caféine plus élevés. Si c'est la caféine, l'enjeu, bien, il pourrait y avoir d'autres décès par consommation de pilules contenant de la caféine pour les jeunes qui étudient, par exemple, qui consomme du Biphentin ou d'autres médicaments, il pourrait y avoir des décès autrement. Ça fait que c'est ça qu'il faut regarder de manière...

Journaliste : ...loin du projet de loi, là.

Mme Blanchette Vézina : Je ne le sais pas, j'ai envie et j'ai besoin... je pense qu'on a besoin... Bien, je pense qu'il faut faire le débat.

Mme Morissette (Catherine) : Exactement, il faut que le débat soit plus long puis il faut que ce soit la bonne cause. Il faut... Maïté l'a dit très bien, il faut que ce soit la bonne cause. Ça fait que moi, je pense que s'ils vont... la caféine, on a vu tantôt sur le... on a un tableau et c'est très peu...

Mme Blanchette Vézina : On pourra le transmettre.

Mme Morissette (Catherine) : ...oui, on vous le transmettra, c'est très peu à côté d'un café latté ordinaire. Ça fait que si c'est la caféine, le problème, on peut-tu l'élargir un petit peu, ce projet-là, puis le regarder?

Journaliste : Mais étudions, étudions...

Des voix : ...

Mme Blanchette Vézina : Bien, ce n'est pas ça. Ce que je vous dis, c'est : Étudions, étudions le projet de loi, regardons-le de manière... avec un débat sain, avec des parties prenantes qui peuvent nous aiguiller d'un côté comme de l'autre. Là, le gouvernement, depuis trois ans, depuis trois ans, aurait pu déposer ce projet de loi là. Là, décide de le faire par populisme pour faire des gains politiques, utiliser le décès d'un enfant pour se remonter dans les sondages. Moi, je m'excuse, mais je pense que c'est sain de résister à ce populisme-là puis de prendre le temps. Et nous, on s'engage à prendre le temps à l'automne, à faire ce débat-là correctement.

Journaliste : ...des boissons, parce que, comme disait ma collègue, c'est dans leurs propos que vous rapportez, c'est leurs arguments. Les avez-vous rencontrés?

Mme Blanchette Vézina : Oui, on les a rencontrés.

Journaliste : ...

Mme Blanchette Vézina : Bien, écoutez, moi, j'aimerais ça. Ce serait... ce serait l'occasion, en consultations particulières, d'entendre d'autres gens, puis c'est ce que je demande. Je ne prends pas un parti ou un autre.

Journaliste : ...personne d'autre?

Mme Blanchette Vézina : Moi, je veux rencontrer la famille aussi. On est en train d'organiser une rencontre avec la famille.

Journaliste : ...pas répondu.

Mme Blanchette Vézina : Bien, moi, ils ne m'ont pas écrit personnellement, là.

Journaliste : ...minimalement, c'est ça que ça prend.

Mme Blanchette Vézina : Bien, c'est ce que je vous dis. Moi, je souhaite les rencontrer cette semaine, en sachant que le projet de loi va être déposé, je veux... je veux entendre leur version. On a rencontré la Santé publique, parce que la ministre a fait une rencontre aussi. On a eu un rapport lundi dernier. Quand je vous dis, tu sais, que c'est fait de manière très précipitée, là, ça fait trois ans que ce rapport-là a été commandé. Et là, aujourd'hui, parce que c'est dans les médias, le gouvernement, tout d'un coup, veut se remonter dans les sondages.

Journaliste : ...

Mme Blanchette Vézina : Je le sais. Non, mais je ne vous dis pas que... je ne vous dis pas qu'il n'y a pas d'enjeu. Je vous dis, prenons le temps, prenons le temps.

Journaliste : ...partis de l'opposition organisée par la Santé publique. Vous n'avez pas participé. Pourquoi?

Mme Blanchette Vézina : Parce qu'elle a été convoquée à quelques heures d'avis. Puis, malheureusement, j'avais des rencontres avec des citoyens dans mon comté.

Journaliste : Moi, j'ai du mal à suivre votre raisonnement. Interdire les boissons énergisantes, c'est trop de bureaucratie. Vous venez de dire ça...

Mme Blanchette Vézina : Non, je vous ai dit, avant de remettre... Attendez, j'ai dit, avant de remettre des couches de bureaucratie, il faut faire la réflexion correctement.

Journaliste : ...toute la caféine, ce n'est pas plus de bureaucratie, ça?

Mme Blanchette Vézina : Je ne vous ai pas dit que la solution, c'est ça. Je vous ai dit que si l'enjeu, c'est la caféine, bien, faisons le débat réellement pour s'assurer... si l'objectif c'est de protéger nos jeunes face à des interactions de médicaments...

Journaliste : ...c'est juste les boissons...

Mme Blanchette Vézina : Non, ce n'est pas ça que vous dis. Ce que...

Journaliste : ...

Mme Blanchette Vézina : Bien, moi, ce que je vous dis, c'est l'enjeu qui est nommé dans le rapport du coroner, c'est l'interaction entre la caféine et les médicaments. Là, on s'attaque aux boissons énergisantes, qui est la pointe de l'iceberg de la consommation de la caféine chez les jeunes. Donc, je...

Journaliste : ...

Mme Blanchette Vézina : Non, moi, je... Ce que je vous propose, c'est de dire : Bien, si c'est ça... si c'est... bien, moi, ce que je veux, c'est qu'on regarde : Est-ce que c'est de l'affichage, plutôt? Si... si c'est impossible, disons, d'interdire, parce que ce n'est pas la bonne mesure. Moi, ce que je pense en ce moment. Mais si ce n'est pas la bonne mesure d'interdire toute la caféine chez les jeunes, parce que ça ne réduira pas leur consommation comme ça s'est fait pour le vapotage, bien, alors, comment on fait correctement au Québec? Et il faut résister à cette envie d'interdire à chaque fois rapidement, parce que c'est comme ça qu'on se retrouve avec de la réglementation, des couches de réglementation au Québec, malheureusement.

Journaliste : ...ça fait que... est-ce que la cigarette devrait être permise pour les 18 ans et moins?

Mme Blanchette Vézina : Ce n'est pas ce que je vous dis, mais l'effet, l'effet de la réduction n'a pas été senti sur le... les saveurs de vapotage. Ça, c'est les données de la Santé publique.

Journaliste : Est-ce que vous êtes d'avis... Est-ce que les boissons énergisantes, à votre avis, c'est un bon produit pour les jeunes?

Mme Blanchette Vézina : Non, ce n'est pas un bon produit. Mais est-ce qu'on a interdit toutes les boissons sucrées, toute la consommation de café? Tu sais, je pense que ce débat-là, et on l'a aujourd'hui, c'est sain d'avoir un débat, puis c'est sain de prendre le temps de faire ce débat-là. C'est ce qu'on nous empêche de faire parce que le gouvernement veut agir par populisme. Puis nous, on veut faire ce débat-là et on s'engage à le faire à l'automne. Prenons le temps de faire les choses correctement.

Journaliste : ...approche libertarienne que vous proposez dans ce dossier-là?

Mme Blanchette Vézina : Moi, ce que je vous dis, là, ce n'est pas une question de liberté individuelle du tout. C'est une question de bonne gestion puis de bonnes décisions d'un gouvernement puis des parlementaires. Est-ce que c'est des bonnes idées, à chaque fois, de précipiter des décisions puis de précipiter de la réglementation? C'est comme ça qu'on se retrouve avec des... avec de la réglementation, avec des coches de réglementation au Québec.

Journaliste : ...parce que, là, vous dites : Clairement, on ne va pas interdire la caféine, clairement. Il n'y a aucun scénario où j'entends que vous pourriez interdire les boissons énergisantes pour les moins de 16 ans.

Mme Blanchette Vézina : Je n'ai jamais dit ça. Je n'ai jamais dit que j'étais contre. Bien non, parce que j'ai besoin d'entendre les parties prenantes pour me faire une tête. Uniquement entendre ce que la Santé publique puis le ministre nous poussent... la ministre nous pousse à faire rapidement, je ne pense pas que c'est bien investi, comme travail de parlementaires, que de faire des législations aussi rapidement. Puis c'est ça que le gouvernement a fait. Elle l'a fait avec la carte électorale, là, elle le fait avec les boissons énergisantes. Ce sont des dossiers que le gouvernement aurait pu mettre sur la table pour qu'on ait un débat sain et serein avec des experts, des experts pour entendre l'ensemble des parties prenantes. Là, on est à quelques jours d'une fin de session, juste avant l'élection. Moi, je résiste au populisme des autres partis, qui, eux, veulent se faire du gain politique sur le dos de ce dossier.

Journaliste : ...votre position sur la carte électorale?

Mme Blanchette Vézina : La même que j'avais avant, c'est-à-dire... je pense qu'il y a des projets de loi qui sont déposés. Sur le projet de loi trois, je le rappelle, il y a de la négociation de je protège Montréal pour protéger la Gaspésie qui s'est faite. Je ne suis pas en faveur de ça. Ceci étant, le projet de loi peut cheminer, et le gouvernement a beau dire que c'est la faute du député de Saint-Jérôme ou de la mienne si le dossier n'avance pas, ça fait trois ans que le dossier aurait pu être réglé en protégeant le statut... par un statut particulier, la Gaspésie, les deux comtés, il ne l'a pas fait. C'est encore un autre dossier où le gouvernement a tardé à agir, puis là voudrait rapidement, sur le coin d'une table, faire des cartes électorales, alors que le DGEQ nous le dit, il... puis la Cour suprême nous l'a dit, il faut un processus indépendant, et ce n'est pas ça qui se passe dans le projet de loi n° 3, mais on s'entend tous qu'il faut revoir les critères. Puis nous, ce qu'on a proposé, c'est la bonne position, c'est-à-dire protéger, par un statut particulier, les deux comtés de la Gaspésie, et revoir les critères surtout.

Journaliste : Pourquoi ça, ce n'est ni politique ni fait dans la précipitation, ça, votre projet de loi?

Mme Blanchette Vézina : Parce que c'est un pouvoir qui a déjà été utilisé, parce que la cour nous dit que c'est la façon de procéder. Donc, c'est ce qu'on fait, on se limite à ça.

Journaliste : ...vous le déposez en fin de session. On pourrait avoir le même argument que c'est fait rapidement sur le coin d'une table.

Mme Blanchette Vézina : Parce que le gouvernement n'a pas agi. On n'est pas au gouvernement. Moi, je vous le dis, si on avait été au gouvernement, il y aurait autre chose qui aurait pu se faire. Puis j'étais à l'interne, je sais que le gouvernement aurait pu faire autrement, là, il ne l'a pas fait.

Journaliste : ...que les boissons énergisantes, là, c'est une mesure populiste qui est faite pour avoir des gains politiques. Est-ce que c'est possible que ce soit fait aussi pour sauver des vies? Envisagez-vous cette possibilité-là?

Mme Blanchette Vézina : Je pense que chaque fois qu'on interdit pour la santé publique, on peut, oui, protéger les gens, puis c'est vrai, là. Mais est-ce que c'est le bon projet de loi pour protéger les gens... les jeunes? Je ne le sais pas. Un, on n'a pas le projet de loi encore, alors que ça fait plusieurs semaines que le gouvernement en parle, là, disons-le aussi. Et, deux, est-ce que c'est... on s'attaque à la bonne cause en interdisant les boissons énergisantes, alors que le problème, c'est la caféine? Est-ce que c'est l'affichage? Est-ce que c'est la bonne solution? C'est tout ça qu'il faut mettre en ligne de compte. Parce que, si l'interdiction ne fait pas réduire la consommation, on va se retrouver avec le même problème, la même dangerosité.

Journaliste : ...de s'ajuster après, pour vous?

Mme Blanchette Vézina : Bien, moi, ce que je vous dis, c'est : Prenons le temps de faire le débat puis d'adopter des règlements, des lois qui sont des bonnes lois puis qui ne viennent pas simplement répondre à un enjeu populiste.

Journaliste : ...des parents du jeune Miron, là, qui disent qu'ils ont voulu vous rencontrer, des courriels où ils vous demandent de vous rencontrer. Pourquoi avoir refusé?

Mme Blanchette Vézina : Je n'ai pas... Moi, je n'ai pas refusé, là... je n'ai pas eu de courriel...

Journaliste : ...

Mme Blanchette Vézina : Ah! mais je vous confirme que moi, je n'ai pas eu ce courriel-là, là.

Journaliste : Mais votre parti n'a pas rencontré la famille, n'a pas rencontré aucun expert, mais a rencontré l'industrie, c'est ça?

Mme Blanchette Vézina : Moi, j'ai rencontré la Santé publique...

Journaliste : ...

Mme Blanchette Vézina : ...puis le rapport de la santé publique. Je demande... Ça fait quelques jours que je demande à mon équipe de me... de faire la rencontre avec les parents. Donc, j'ai vraiment l'intention de les rencontrer.

Journaliste : Est-ce que vous vous estimez bien informée dans ce dossier-là?

Mme Blanchette Vézina : Bien, non, et, justement, c'est pour ça qu'on souhaite avoir un débat qui se fasse avec des experts, des consultations particulières, si la famille souhaite être présente à ces consultations-là. Il faut qu'on fasse... qu'on prenne le temps, c'est ce que je vous dis. Là, on fait ça... le gouvernement souhaite qu'on fasse ça vite, vite, vite, à la fin de la session parlementaire. Puis, encore une fois, c'est parce que l'opinion populaire a changé dans ce dossier-là.

Journaliste : Mais, en attendant, est-ce que le principe de prévention ne doit pas primer?

Mme Blanchette Vézina : Bien, une fois qu'on a interdit, là, puis si la solution, ce n'est pas d'interdire, là, qu'est-ce qu'on va faire après? C'est comme la mesure extrême, là, l'interdiction.

Journaliste : ...

Mme Blanchette Vézina : Bien, je ne le sais pas. C'est ce que j'ai envie... Ce que j'ai envie de vous dire, c'est : Prenons le temps, justement, de savoir : Est-ce que c'est l'interdiction qui va réellement avoir un impact? Est-ce que l'interdiction du vapotage, des saveurs de vapotage a eu un impact sur la réduction de la consommation? La réponse, c'est non. Ça fait que... est-ce que... si je fais le parallèle, est-ce que c'est la bonne solution? Je ne le sais pas, mais je ne pense pas.

Journaliste : ...ne pas interdire, ça fait aussi l'affaire de l'industrie, là.

Mme Blanchette Vézina : Mais moi, je ne travaille pas pour l'industrie, je travaille pour les Québécois.

Journaliste : Est-ce que vous avez eu accès au rapport du comité d'experts qui a été publié il y a trois ans?

Mme Blanchette Vézina : Bien, celui que la ministre nous a transmis, là, la semaine dernière.

Journaliste : ...

Mme Blanchette Vézina : Yes?

Journaliste : …articulate a little bit more clearly? I think, we're… having trouble understanding your position. You say there's no time… you need time to study, and there isn't time. All the other parties are lined up behind it. Why is no measure… because that's what is going to happen if you block, there will be no bill, why is no bill better?

Mme Blanchette Vézina : No bill right now, but what we say is that we will and we undertake to do this debate on… after the election. So, we don't… we don't want to stop it just for stopping it, we want to stop the bill just because we don't have enough time to make sure that we have a position of the right answer to the right problem.

Journaliste : Could you articulate what could go wrong or what you fear might go wrong if energy drinks were banned for…

Mme Blanchette Vézina : It's... It will give a false…

Journaliste : En français...

Mme Blanchette Vézina : Oui. Ça va donner une fausse impression de sécurité. C'est ce que je pense, moi. Tu sais, l'interdiction, on va dire : Bien, ah! on a réglé le problème, alors que c'est quoi, le problème? Est-ce que c'est la caféine et l'interaction des médicaments?

Journaliste : ...

Mme Blanchette Vézina : Bien, comme plusieurs boissons nuisent à la santé des enfants, des boissons sucrées...

Mme Morissette (Catherine) : J'aurais envie de dire quelque chose. C'est que, mettons que l'interdiction est là, c'est vrai que ça ne peut pas nuire, mais, si après on ne reprend pas le débat... Il faut s'assurer qu'il faut prendre le débat de la base. Il est là, le problème.

Mme Blanchette Vézina : C'est la caféine, l'enjeu, là.

Mme Morissette (Catherine) : C'est que, si on dit oui...

Journaliste : ...

Mme Blanchette Vézina : À l'automne, à l'automne.

Mme Morissette (Catherine) : Après le 5, qui va être là?

Mme Blanchette Vézina : C'est ça. Mais moi, je pense qu'il faut faire ce débat-là de manière sereine, prendre le temps. We need time. We need to take time. It's important that the... that's the health of our children that it... in game. Sorry.

Journaliste : ...on the bill that will be tabled today, the expansion of Bill 101?

Mme Blanchette Vézina : About the...

Journaliste : The French language.

Mme Blanchette Vézina : I will read the bill when it's going be filed. Thank you.

(Fin à 9 h 31)

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