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(Treize heures)
La Modératrice : Bonjour à
tous, merci d'être présents. Nous tenons aujourd'hui ce point de presse
conjointement avec la députée de Rimouski, Maïté Blanchette-Vézina, le chef du
Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, et M. Nicolas Gagnon, directeur
Québec de la Fédération des contribuables. Les prises de paroles se feront dans
l'ordre suivant. Maïté Blanchette Vézina, député de Rimouski, Éric Duhaime,
chef du Parti conservateur du Québec, et Nicolas Gagnon, directeur Québec de la
Fédération des contribuables.
Mme Blanchette Vézina : Merci,
merci. Bonjour à tous, merci d'être là aujourd'hui. On est réunis pour remettre
officiellement à l'Assemblée nationale une pétition qui a recueilli plus de
50 000 signatures de Québécois qui sont préoccupés par le coût de la vie et par
l'impact de la taxe carbone sur leur budget familial. Donc, c'est des dizaines
de milliers de travailleurs, de familles, d'aînés, d'entrepreneurs, de citoyens
de toutes les régions du Québec qui demandent au gouvernement d'entendre cette
réalité. Et là, rien de mieux que de prendre les boîtes — pouvez-vous
m'aider, messieurs? — pour voir visuellement ce que peut représenter
50 000 signataires. On en a peu, à l'Assemblée nationale, des
pétitions qui recueillent autant de signatures. 50 000 personnes, je le
rappelle.
Depuis plus d'un an, le Québec, il est
devenu la seule juridiction, la seule province canadienne où les consommateurs
continuent de payer une taxe carbone lorsqu'ils font le plein d'essence. Et
dans un contexte où le coût du logement, les constructions augmentent, l'alimentation,
le transport, tout ça augmente, plusieurs Québécois se demandent pourquoi ils
doivent continuer d'assumer ce fardeau supplémentaire. Alors, aujourd'hui, il
ne s'agit pas seulement de remettre cette pétition, il s'agit de faire entendre
cette voix de plus de 50 000 citoyens qui demandent un débat sérieux sur l'abordabilité
et sur la place qu'occupe encore cette taxe dans le portefeuille des Québécois.
Et je tiens, d'ailleurs, àr19275emercier
la Fédération canadienne des contribuables qui sont avec nous aujourd'hui pour
leur travail exemplaire de mobilisation dans ce dossier. Alors, sans plus
attendre, je vais céder la parole à M. Nicolas Gagnon, directeur Québec de
la Fédération canadienne des contribuables, qui va présenter les détails de
cette démarche et les demandes qui sont portées par les signataires.
M. Gagnon (Nicolas) : Merci
beaucoup. Bonjour à tous. Merci d'être présent aujourd'hui. Mon nom est Nicolas
Gagnon, directeur Québec pour la Fédération canadienne des contribuables, et
nous sommes réunis aujourd'hui pour remettre à l'Assemblée nationale une
pétition signée par plus de 50 000 Québécois, qui demande au
gouvernement de la première ministre, Mme Christine Fréchette, d'abolir la taxe
carbone du Québec. Ces signatures représentent des citoyens qui ont pris le
temps de se mobiliser pour envoyer un message clair au gouvernement : Le
coût de la vie est déjà suffisamment élevé, il est temps d'alléger concrètement
le fardeau fiscal des familles québécoises. Cette demande est d'autant plus
légitime que le Québec se retrouve, depuis plus d'un an, dans une situation
unique au pays. Depuis l'abolition de la taxe carbone fédérale et le retrait
des autres provinces, qui imposent encore une taxe similaire aux consommateurs,
le Québec est devenu la seule province canadienne où les automobilistes
continuent de payer une taxe carbone lorsqu'ils font le plein.
Selon les plus récents résultats du marché
du carbone Québec-Californie, la taxe carbone représente aujourd'hui environ
10,8 cennes par litre d'essence quand on prend en considération
l'application de la TVQ et de la TPS sur cette même taxe. Pour une famille
possédant une minivan, ça représente près de 7 $ par plein d'essence.
Selon l'Institut du Québec, la taxe carbone coûte environ 260 $ par année
à un ménage possédant une voiture. Or, de nombreuses familles québécoises possèdent
deux voitures. Et lorsqu'on tient compte de son impact sur les prix des biens
de consommation, notamment à l'épicerie, la facture peut atteindre près de
600 $ par année, par ménage. Depuis la mise en place de cette taxe en
2013, plus de 11 milliards de dollars ont été prélevés auprès des
contribuables québécois. L'an dernier seulement, le gouvernement a collecté
plus de 1,3 milliard de dollars.
Contrairement à ce que certains
prétendent, l'abolition de cette taxe peut se faire à coût nul pour les finances
publiques du Québec. Les revenus de la taxe carbone ne servent pas à financer
les écoles ni les hôpitaux, ils sont versés dans le Fonds d'électrification et
de changement climatique, le FECC, communément nommé le Fonds vert, puis
redistribué sous forme de programmes et de subventions gouvernementales.
Autrement dit, le gouvernement peut abolir la taxe carbone sans compromettre
les services publics. Il suffit de mettre fin aux dépenses financées par cette
taxe et de laisser cet argent dans les poches des contribuables. Face à une
crise de l'abordabilité, maintenir une telle taxe sur le dos des contribuables
les plus taxés en Amérique du Nord est non seulement injuste, mais
contre-productif.
Le gouvernement Fréchette reconnaît
d'ailleurs lui-même que la taxe carbone impose des coûts bien réels aux
Québécois. Le mois dernier, Mme Fréchette annonçait qu'elle rembourserait aux
agriculteurs québécois les sommes qu'ils paient en taxe carbone au cours des
deux prochaines années. Cette décision est, ma foi, révélatrice. En accordant
cette compensation, le gouvernement admet implicitement que la taxe carbone
alourdit les coûts et exerce une pression financière importante sur un secteur
essentiel de notre économie. Si la taxe carbone est suffisamment coûteuse pour
justifier un remboursement aux agriculteurs, pourquoi les familles, les
travailleurs et les petites entreprises n'auraient-ils pas droit au même répit?
Aujourd'hui, nous remettons cette pétition
au nom de plus de 50 000 citoyens qui demandent un changement de cap.
Nous demandons à la première ministre Christine Fréchette d'écouter ce message
et de poser un geste concret pour aider les Québécois à faire face au coût de
la vie. Abolissez la taxe carbone du Québec une fois pour toutes, pour tous les
Québécois. Nous tendons également la main à tous les partis représentés à
l'Assemblée nationale, qui ont à cœur le portefeuille des contribuables. Il
n'est jamais trop tard pour changer d'idée. Et au-delà des lignes partisanes,
on peut au moins tous s'entendre sur une chose : les Québécois méritent un
véritable répit fiscal. Bien que nous espérons une action concrète et rapide de
la part du gouvernement actuel, nous nous permettons de mentionner que nous
ferons tout ce qui est nécessaire pour que la taxe carbone soit un enjeu
débattu et entendu jusqu'aux urnes en octobre prochain. D'ici là, plus de 50 000 citoyens
ont parlé, les sondages sont clairs, le coût est réel, il est maintenant temps
d'agir et d'abolir la taxe carbone. Merci à vous.
M. Duhaime (Éric) : Merci,
Nicolas Gagnon. Effectivement, aujourd'hui, on est ici pour présenter la
pétition, là, 50 000 Québécois qui ont signé ça, dans les dernières
semaines, les derniers jours. Plus de 50 000 personnes qui
disent : La taxe carbone, c'est assez. Je suis convaincu que, si on avait
fait du porte-à-porte, puis si on avait mis plus de temps et plus de
ressources, ça serait en millions que les signatures se compteraient
aujourd'hui. Ça fait des années que les Québécois... qu'on dénonce, hein, le
Parti conservateur. Rappelez-vous, même à la dernière élection, on était le
seul parti qui proposait de baisser les taxes sur l'essence. Et cette taxe
carbone, elle est encore pire depuis le moment où on a dénoncé ça il y a quatre
ans, parce qu'aujourd'hui il y a juste les Québécois qui paient cette taxe
injuste, inefficace et avec un Fonds vert dont les résultats sont plus que
douteux. Donc, il est temps, vraiment, de donner du répit aux Québécois à coût
nul pour les fonds publics, c'est-à-dire que le fonds consolidé du gouvernement
ne sera pas affecté d'aucune espèce de façon. Et Mme Fréchette a choisi de
faire du cherry picking, là, elle a décidé qu'elle allait renvoyer des chèques
seulement aux agriculteurs. Je suis très heureux pour les agriculteurs
québécois, parce que c'était effectivement totalement injuste qu'ils continuent
à payer de la taxe sur l'essence alors que les autres agriculteurs ailleurs au
Canada... contre qui ils sont en concurrence ne paient pas un sou. Mais là, il
n'y a pas juste... il n'y a pas juste l'agriculture au Québec, hein?
L'industrie forestière vit les mêmes problèmes, toutes les industries vivent
les mêmes problèmes. Les contribuables, les automobilistes vivent les mêmes
problèmes. Ça va être un enjeu de la campagne électorale, peut-être autant,
sinon bien plus que les 19 projets de loi qui sont encore à l'étude au
parlement pour les trois derniers jours où l'Assemblée nationale va siéger.
Et, pour nous, ça va être un enjeu majeur
lors de la prochaine élection, est-ce que, oui ou non, vous voulez une taxe
carbone. Il y a quatre partis ici, à l'Assemblée nationale, qui disent non,
puis il y a le parti... qui disent oui, qu'ils en veulent une, et il y a un
parti qui dit non à la taxe carbone, c'est le Parti conservateur du Québec. Et
on... on entend en faire un enjeu réel et important en vue des élections du 5
octobre. Merci beaucoup.
La Modératrice : Merci à tous
de votre présence. Nous allons passer à la période de questions.
Journaliste : Bonjour!
Marie-Josée de Radio-Canada. Donc, hier, le Comité consultatif du gouvernement
sur les changements climatiques a transmis son neuvième avis en demandant de...
en recommandant 14 recommandations pour les bâtiments pour être
carboneutres. Et des entreprises comme Beneva étaient sur place en disant :
La taxe carbone nous sert parce que ça nous permet de construire de nouveaux
édifices en respectant une meilleure résilience, en étant carboneutres
éventuellement, ce qui va nous coûter moins cher à long terme. Qu'est-ce que
vous répondez à ça?
M. Duhaime (Éric) : Je
réponds que les Québécois ont payé 1.3 milliard dans la dernière année,
ont payé plus de 11 milliards depuis l'arrivée de cette taxe carbone au
Québec, et que l'impact réel sur les gaz à effet de serre au Québec, ça a été
une fraction de 1 %. Combien d'autres milliards ou dizaines de milliards
ces gens-là veulent-ils qu'on mette? Puis pourquoi les Québécois seraient les
seuls à payer pour ça? Pourquoi les autres contribuables ne paient pas, et les
Québécois doivent être les seuls dindons de la farce à payer une taxe? Je pense
que tout le monde a compris que ça ne peut d'impact puis ce n'est pas juste aux
Québécois à faire des efforts. Si le reste de la planète veut faire des
efforts, si les autres provinces font des efforts, le Québec est partie
prenante. Mais, d'être les seuls, ça n'a plus aucun sens. Merci beaucoup.
Journaliste : Bonjour!
Marc-André Gagnon du Journal de Québec.
M. Duhaime (Éric) : Bonjour.
Journaliste : Je me
demandais, concernant le projet de TGV, là, vous avez vu la sortie ce matin du
Parti québécois qui en a surpris plusieurs, vous, vous logez à quelle enseigne
par rapport au projet de TGV Québec-Windsor?
M. Duhaime (Éric) : Bien,
comme je l'ai dit souvent, pour nous, la priorité au niveau de l'investissement
dans des infrastructures, c'est de réparer celles qu'on a déjà. Vous savez que
la semaine dernière encore, l'UMQ, la FQM, là, la Fédération québécoise des
municipalités, l'Union... l'Union des municipalités du Québec sont venues ici
pour nous dire que les états... l'état des infrastructures au Québec est
délabré, qu'on a un déficit majeur en termes d'investissements, et ça devrait
être la priorité numéro un. On est contre certaines des solutions qui ont été
mises de l'avant par eux, notamment le rapport Forget-Marceau, là. Mais, quand
même, il y avait... On ne veut pas de taxes de plus, mais on est d'accord avec
le constat au niveau des infrastructures existantes. Puis, pour nous, avant de
construire des nouvelles infrastructures, parce que, là, on parle du TGV, mais
je pourrais vous parler du tramway de Québec aussi, là...
Journaliste : ...
M. Duhaime (Éric) : Le
troisième lien, ça fait 60 ans qu'il est dans les cartons du gouvernement.
Mais laissez-moi juste terminer ma... ma réponse. Avant d'investir là-dedans,
on pense qu'il faut en cibler en priorité les infrastructures qui sont dans un
état délabré à l'heure actuelle.
Journaliste : Donc
finalement, vous partagez essentiellement la même position que celle annoncée
par le PQ ce matin.
M. Duhaime (Éric) : Bien, je
ne sais pas si le Parti québécois pour ou contre le tramway à Québec. Je pense
qu'ils ont toujours été pour.
Journaliste : ...je vous
parle spécifiquement du TGV.
M. Duhaime (Éric) : Oui. Le
TGV. On n'a pas... Puis je sais que... Je sais que le Parti conservateur du
Canada aussi a fait une sortie aujourd'hui là-dessus.
Journaliste : ...c'est là où
j'allais en venir. Parce que, finalement, la position du Parti québécois
ressemble, à certains égards, à celle de M. Poilievre.
M. Duhaime (Éric) : Oui.
Journaliste : Donc,
finalement, la position de M. Paul St-Pierre Plamondon, ce matin, elle est très
conservatrice.
M. Duhaime (Éric) : À ce
niveau-là, oui, mais sur le tramway, non. Ça fait que, tu sais, je vous dirais
oui, non, un noui, comme il aime dire. Mais oui, c'est ça, on va... Nous, on ne
pense pas que c'est le temps de faire des investissements comme ceux-là, là.
Les Québécois n'ont pas les moyens. On est les citoyens les plus taxés
d'Amérique, on vient d'enregistrer des déficits records année après année sous
la CAQ, il est temps de donner du répit aux contribuables. Il est temps de
rénover nos infrastructures puis de donner un peu de... Puis l'exemple de la
taxe carbone aujourd'hui est un autre exemple, là. Notre priorité, nous, c'est
de mettre de l'argent dans les poches du monde pour aller chercher plus
d'argent.
Journaliste : Merci!
M. Duhaime (Éric) : Merci à
vous. Merci, tout le monde. Bonne journée.
(Fin à 13 h 11)