Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.
(Quinze heures quinze minutes)
La Modératrice : Bonjour,
tout le monde. Merci beaucoup d'être là. Donc, bienvenue à la conférence de
presse expliquant les modalités pour la réouverture du Programme de
l'expérience québécoise, le PEQ. Donc, prendront la parole le ministre de l'Immigration,
de la Francisation et de l'Intégration, M. François Bonnardel, ensuite M.
Guillaume Tremblay, maire de Mascouche et président de l'Union des
municipalités du Québec, et enfin M. Guy St-Pierre, maire de Manseau et membre
du comité exécutif de la Fédération québécoise des municipalités. Ensuite, on
va faire une période de questions sur le sujet du jour. Donc, M. le ministre, à
vous la parole.
M. Bonnardel : Merci, Mona. Je
veux remercier sincèrement Guillaume Tremblay, le maire de Mascouche et président
de l'UMQ, d'être avec moi aujourd'hui, et Guy St-Pierre, maire de Manseau et
membre du comité exécutif. Bonjour à toutes et à tous. Bonjour à ceux qui nous
écoutent présentement. Merci de votre présence. Je suis très heureux aujourd'hui
de m'adresser à vous concernant la réactivation du Programme de l'expérience
québécoise.
Avant d'entrer dans les détails,
permettez-moi de rappeler brièvement le contexte qui a mené à l'abolition du
programme. On a mis en place un nouveau programme, le Programme de sélection
des travailleurs qualifiés, afin de mieux arrimer la sélection des personnes
immigrantes aux besoins du marché du Québec... du travail et des régions du
Québec. Cela dit, nous avons entendu les préoccupations soulevées par les
travailleurs et diplômés qui avaient choisi de bâtir leur avenir ici et qui
remplissaient déjà les conditions du PEQ au moment de son abolition. En l'absence
de mesures transitoires, plusieurs d'entre eux ont vécu une période d'incertitude
dans les derniers mois. Des parcours de vie ont été bousculés, et nous avons
voulu en tenir compte. Les échanges avec les partenaires du marché du travail,
les employeurs et les municipalités nous ont aussi permis de mieux mesurer les
impacts de cette absence de transition. Dans plusieurs régions, on nous a
exprimé clairement la volonté de pouvoir retenir les travailleurs déjà établis
et intégrés qui contribuent depuis plusieurs années à leur communauté.
Pour ces raisons, je vous annonce donc que
nous réactivons les deux volets du PEQ, pour une période de deux ans, à compter
du 2 juillet 8 h 30. Il s'agit d'un engagement cher pour la première ministre,
vous le savez. Cela dit, nous devons réouvrir le PEQ de façon responsable, en
tenant compte des cibles d'immigration que le Québec s'est données pour les
prochaines années. C'est pourquoi il sera possible de présenter une demande
lors de périodes déterminées.
La première période de réception des
demandes sera ouverte du 2 juillet au 31 octobre, et ce, dans les deux volets
du programme, Travailleurs et Diplômés. Pour cette première période, nous
allons cibler les personnes qui auraient été admissibles au programme avant son
abolition le 19 novembre 2025. Concrètement, pour les volets Diplômés du
Québec, elles devront avoir obtenu au Québec le 19 novembre 2025 un diplôme
admissible, pour le volet Travailleurs étrangers temporaires, elles devront
avoir acquis également, au 19 novembre 2025, une expérience de travail au
Québec admissible d'au moins deux ans dans les trois dernières années. Je
souhaite rassurer les personnes admissibles : il n'y aura pas de plafond,
puisque toutes les demandes reçues pendant cette période et qui répondent à ces
critères seront traitées par le ministère. Ces personnes devront aussi s'assurer
de répondre à l'ensemble des conditions de sélection du programme pour pouvoir
être sélectionnées de façon permanente et obtenir leur CSQ, dont celle de
séjourner au Québec au moment de présenter leur demande. Cette approche va nous
permettre d'avoir un portrait très précis du volume de demandes reçues au
31 octobre et de planifier la suite de façon responsable, en cohérence
avec nos cibles d'immigration. On est conscients que certaines personnes déjà
bien intégrées au Québec ne pourront pas présenter une demande pendant cette
période d'ouverture. Comme on réouvre le PEQ pour deux ans, nous pourrons
ouvrir d'autres périodes de réception des demandes d'ici la fin du programme en
juillet 2028.
Ce qui m'amène à vous parler du PSTQ. Je
tiens à être clair, là, la réouverture temporaire ne remplace pas le PSTQ. Il y
a un dernier exercice d'invitation qui a eu lieu la semaine dernière où
2 549 personnes ont été invitées. Je l'ai déjà dit publiquement, vous le
savez, le PSTQ est né pour mieux régionaliser, donc, les demandeurs et
s'assurer de répondre à des créneaux d'emploi et des modèles spécifiques dans
les différentes régions. On est à la hauteur de près de 60 % de
régionalisation avec le PSTQ. Et ce qu'on souhaite faire aussi dans un contexte
à moyen terme, c'est d'encore mieux cibler les demandes des différentes régions
pour se dire : Un jour, bien, on a des demandes en santé du côté de la
Côte-Nord, donc, dans les invitations, on va cibler plus précisément certaines
régions qui pourraient être ciblées.
Donc, le PSQT demeure au cœur de notre
stratégie visant à favoriser une immigration économique permanente qui répond
aux besoins du Québec et de ses régions. Les invitations au PSTQ vont donc se
poursuivre. D'ici le 31 octobre, le ministère continuera à faire des
invitations, mais en nombre, vous comprenez, plus limité. Les personnes qui ne
sont pas admissibles au PEQ pourront recevoir... pourraient recevoir une
invitation, puis on va se concentrer du côté du PSTQ dans les volets deux et
les volets quatre. Volet deux, ce sont les... trois, quatre, cinq, qui ne sont
pas assujettis au PEQ. Volet quatre, ce sont les talents d'exception. Donc,
dans l'horizon de quatre mois, on va travailler sur le PSTQ dans les volets...
les volets deux et les volets quatre.
Par la suite, par la suite, une fois connu
le volume réel de demandes présentées dans le PEQ, on pourra déterminer le
nombre d'invitations à réaliser pour les prochains mois dans l'ensemble des
volets du PSTQ. En conclusion, la réactivation temporaire du PEQ est une
décision pour nous qui est équilibrée. Elle permet de répondre à une situation
qui était... avec des incertitudes qui étaient vécues par des travailleurs et
diplômés qui étaient déjà admissibles au programme au moment de son abolition,
sans compromettre nos cibles d'immigration. On s'était engagés à offrir une
solution transitoire à ces personnes. Aujourd'hui, je pense qu'on concrétise
cet engagement. Je reste confiant qu'on va être capables de réellement.... Je
reste confiant, pas pour rien que les... l'UMQ et la FQM sont avec nous
aujourd'hui. Je pense qu'on répond aux incertitudes puis aux inquiétudes que
certains pouvaient avoir puis je les remercie encore une fois d'être là.
Puis je termine en vous disant, côté
fédéral, on a eu des bonnes discussions. Présentement, le fédéral renouvelle
les permis fermés pour le PSTQ. On a fait des demandes au fédéral, Joël
Lightbound, Mme Diab, pour être capable de renouveler les permis, pas juste
fermés, mais les permis ouverts du côté du PSTQ et du côté du PEQ, quand le PEQ
va réouvrir à partir du 2 juillet prochain. Il y a eu déjà un début
d'ouverture du côté du fédéral la semaine passée. Donc, le requérant qui a un
permis fermé, qui a déclaré son intérêt au PSTQ, la conjointe... ou le conjoint
ou la conjointe qui a un permis ouvert va être renouvelé. Donc, il y a déjà une
ouverture au côté fédéral. On reste convaincus que le fédéral va répondre
positivement à notre demande d'ici le 2 juillet pour être capables de
s'assurer que tous ceux qui ont un permis de travail qui pourrait se terminer
avant que le traitement soit fait... que le permis soit renouvelé pour une
période de 12 mois. Je termine avec ça.
La Modératrice
: Merci,
M. le ministre. M. Tremblay.
M. Tremblay (Guillaume) :
Bien, merci beaucoup. Merci beaucoup, M. le ministre. Vraiment apprécié,
vraiment content d'être ici aujourd'hui. Mon ami Guy, administrateur de la
Fédération québécoise des municipalités et maire de Manseau. Bonjour à toutes
et à tous.
Je tiens à saluer la réouverture du
programme de l'expérience québécoise. C'était une décision attendue, mais
surtout importante pour des milliers de personnes qui ont choisi le Québec pour
étudier, travailler et bâtir leur vie ici. Ces personnes avaient déjà entrepris
des démarches en fonction des règles en vigueur. C'est aussi une décision importante
pour les municipalités du Québec, parce que sur le terrain, l'immigration,
c'est du concret. Ce sont des travailleurs et des travailleuses qui font
tourner nos entreprises, maintiennent des services essentiels et contribuent à
la vitalité de nos communautés, le tout en français.
La réouverture du PEQ vient corriger le
changement soudain des règles du jeu, qui a été très difficile pour tout le
monde ces derniers mois. Une modification qui a été impacter des parcours de
vie, la planification des entreprises, l'équilibre de nos milieux de vie,
particulièrement en région. Aujourd'hui, le gouvernement pose un geste
important. Il répond aussi à l'appel unanime lancé en février dernier par les
municipalités et les acteurs de la société civile avec le mouvement des cœurs
bleus. Notre demande était claire, mettre en œuvre une clause de droits acquis
pour les personnes déjà engagées dans un projet d'établissement afin d'offrir
une transition ordonnée et prévisible entre le PEQ et le programme de sélection
des travailleurs qualifiés. Et cette prévisibilité, elle est essentielle pour tout
le monde, pour les personnes immigrantes, pour les entreprises, pour les
municipalités et pour les MRC, c'est un excellent pas dans la bonne direction.
Mais la suite va être tout aussi importante : continuer à bâtir un système
d'immigration stable, prévisible et adapté aux... à toutes les régions et les
réalités de l'ensemble des régions du Québec. Je le répète à nouveau, les
municipalités sont toujours prêtes à collaborer avec le gouvernement. C'est
comme ça qu'on va renforcer nos communautés partout au Québec et qu'on va bâtir
un avenir plus collectif. Merci beaucoup, M. le ministre. Très content d'être
ici.
La Modératrice : Merci
beaucoup. M. St-Pierre.
M. St-Pierre (Guy) : M.
le ministre, Guillaume, bonjour, tout le monde. Je tiens d'abord à remercier le
ministre de sa décision de pouvoir... de l'annonce, qui est aujourd'hui, de la
réouverture du Programme d'expérience québécoise. Souvenons-nous que, le
13 février dernier, l'UMQ et la FQM et une... et un grand nombre de
groupes... de groupes nationaux ont interpelé le gouvernement pour... au sujet
de notre demande de réouvrir le PEQ. Et aujourd'hui, M. le ministre, on vous en
remercie encore d'ouvrir, de procéder et de répondre à notre demande, et nous
l'apprécions beaucoup.
Pour la FQM, il est important de mettre un
terme à l'incertitude causée pour le non-respect des permis émis aux personnes
immigrantes installées dans nos régions, et ça créait aussi de l'incertitude au
niveau des entrepreneurs. Le remplacement du PEQ par le Programme de sélection
des travailleurs qualifiés était aussi critiqué par tous. Ces personnes, les
immigrants, les personnes immigrantes contribuent au développement de nos... de
nos collectivités. Ils ont fait le choix du Québec et de nos régions, et il est
essentiel que la parole du Québec et les engagements pris à leur égard soient
respectés, et ce, rapidement.
Je tiens également à vous... Vous savez
qu'un immigrant n'est pas seulement un travailleur, c'est un membre à part
entière de nos collectivités qui... qui... lorsqu'il arrive dans nos
collectivités, il s'intègre et il y a des associations pour les accompagner
dans leur intégration. Donc, c'est un membre à part entière de nos
collectivités et de nos communautés. Au moment où 12 des 17 régions sont
en déclin démographique, nous demandons de revoir les niveaux d'immigration
pour garantir aux régions l'accueil d'un nombre suffisant de nouveaux arrivants
pour maintenir leur poids démographique. Je rappelle qu'en 2024-2025, 63 %
des immigrants arrivaient à Montréal, Québec et Laval, et que ces villes-là
comptent pour à peu près 37 % du poids démographique du Québec. Donc, les
régions veulent aussi collaborer avec le ministère pour régler cette
situation-là.
L'annonce d'aujourd'hui constitue donc un pas
dans la bonne direction. Et soyez assuré, M. le ministre, de notre volonté de
collaborer pour poursuivre le travail avec le gouvernement afin de renforcer
l'immigration dans l'ensemble des régions du Québec et de répondre aux besoins
des régions du Québec dans les différents domaines d'activité, des... des
besoins en main-d'oeuvre. Donc, merci. Merci encore, M. le ministre.
La Modératrice : Merci à vous
trois. On va passer maintenant à la période de questions, donc si vous avez des
questions, j'invite les journalistes à s'avancer au micro, vous nommer et
nommer votre média, s'il vous plaît. Questions sur le sujet du jour, bien sûr.
Journaliste : Oui, bonjour,
Hugo Pilon-Larose de La Presse.
M.
Bonnardel
:
Salut, Hugo.
Journaliste
: Peut-être
ma première question sera pour préciser certaines choses que vous avez données
comme information pendant le point de presse. Donc, un... un immigrant du PEQ,
qui était en train de compléter les exigences du programme au moment de sa
fermeture, là, il n'a pas nécessairement fini son diplôme, là, il n'avait pas
nécessairement complété l'ensemble des heures requises, si j'ai bien compris,
il ne pourra pas appliquer... Oui?
M. Bonnardel : Il y aura
une deuxième période de réception pour ces gens post 19 novembre 2025.
Journaliste : OK, parce que
vous avez dit, justement, qu'il n'y aurait pas de plafond dans la première
ronde. Avez-vous, donc, au ministère, une estimation de combien de personnes
seraient éligibles?
M. Bonnardel : L'estimation
que le ministère a présentement, on parle de 8 000 à 12 000 pour...
pour la première réception, donc la première ouverture pour ceux qui
répondaient aux conditions au 19 novembre 2025, PEQ diplôme, PEQ
travailleur. Comme je l'ai exposé tantôt, on est dans un horizon de 8 000
à 12 000 selon les prévisions.
Journaliste : Puis ces
gens-là sont encore sur le territoire?
M. Bonnardel : La
plupart, j'imagine. La plupart, j'imagine.
Journaliste : OK.
Mme Fréchette avait déjà dit, justement, qu'au final, pour les deux
prochaines années, ce serait environ 29 000 au total qui pourraient
recevoir leur CSQ, parce que c'était la logique du cinquante-cinquante avec le
PSTQ. Je veux juste savoir si c'est encore la... la même logique, qui...
M. Bonnardel : C'est une
bonne... c'est une bonne question, dans le sens où je dois respecter la cible
de la planification pluriannuelle. Il faut savoir que la cible, c'était
45 000, 29 000 immigrants économiques, 10 500 regroupement familial,
5 500 autres réfugiés. Je pars avec le 29 000. L'objectif que nous
avons, c'est d'avoir autant, sur 29 000, 14 500 PSTQ, 14 500 PEQ, mais je
ne suis pas dogmatique, là. Si je dois jouer de quelques points de pourcentage
pour dire : Bien, à la fin, ça va peut-être être 55... 55 PEQ, 45 PSTQ, on
va s'ajuster selon le flux. Si j'ai plus de personnes qui déclarent leur
intérêt, puis je dépasse le 12 000, puis je suis à 13 000,
14 000, bien, je suis capable de jouer. J'ai 29 000 en 2027, j'ai
29 000 en 2028 puis j'ai 29 000 en 2029.
Journaliste : ...c'était :
Est-ce qu'au terme du deux ans il restera des orphelins du PEQ qui n'auront pas
pu obtenir leur CSQ?
M. Bonnardel : Bien, si
j'avais... si j'avais dans l'horizon de deux ans, dans la prochaine période...
je ne sais pas, je vous donne un exemple, j'ai 50 000 personnes qui
déclarent leur intérêt dans les quatre prochains mois, c'est beaucoup plus que
ce qu'on pouvait avoir prévu. Donc, c'est certain que je suis capable de les
rentrer... ça va être serré, je suis capable de les rentrer dans 2027-2028,
mais il se pourrait que je le lisse sur une troisième année, il se pourrait,
mais tout le monde, tout le monde, qu'on me comprenne bien, tout le monde qui
va déclarer son intérêt va être traité, tout le monde.
Journaliste : Bonjour à vous
trois. M. Bonnardel — François Carabin, Le Devoir — qu'adviendra-t-il
du dossier d'une personne qui est admissible au PEQ... était admissible au PEQ
à sa fermeture, mais qui a déjà amorcé un processus avec le PSTQ, sans recevoir
d'invitation, là?
M. Bonnardel : Bien, il se
peut... il se peut que certains, vu qu'on va concentrer, pendant les quatre
mois, le volet deux et le volet quatre... parce que 80 % des profils PEQ,
c'est des profils PSTQ. Donc, celui ou celle qui était PSTQ volet un ou volet
trois, on va l'inviter à aller déclarer son intérêt dans le... dans le PEQ,
dans le PEQ.
Journaliste : ...juste pour
être clair, est-ce que son dossier va mourir au PSTQ?
M. Bonnardel : Bien, PSTQ,
c'est qu'à court terme, s'il veut accélérer le processus, on va l'inviter à
aller au PEQ, parce que, veux veux pas, dans les quatre mois, moi, je vais
travailler surtout dans les volets qui ne correspondent pas à celui du PEQ, le
volet deux, qui sont les FEER 3, 4, 5, et le volet quatre, les talents
d'exception. Donc, oui, on va... on va demander à ces gens d'aller... d'aller
du côté du PEQ.
Journaliste : Juste pour bien
comprendre également... Bon, je comprends que vous fixez certains critères, là,
avec ces fenêtres d'admissibilité, mais, à la base, le PEQ, c'est un programme
qui se veut premier arrivé, premier servi. Est-ce qu'on demeure dans la même
logique?
M. Bonnardel : Bien oui, oui
oui. Comme j'ai dit tantôt, il n'y a pas de plafond. Donc, les gens vont
s'inscrire 8 h 30 le 2 juillet au matin, les premiers dossiers vont commencer à
être traités immédiatement, puis on va se donner encore un horizon... un
horizon de six mois, sept mois pour être capables de traiter leurs demandes,
comme on le faisait au PEQ, pour livrer le CSQ par la suite.
Journaliste : Juste pour
conclure, est-ce que c'était une erreur d'abolir le PEQ?
M. Bonnardel : Ce n'est
pas... La question... La question n'est pas là. Je pense que, quand on a mis
fin au PEQ, on a mis fin au PRTQ puis aux trois projets pilotes, M. Manseau l'a mentionné, M. le maire...
Une voix : ...
M.
Bonnardel
:
...St-Pierre, pardon, maire de Manseau, le maire de Manseau, M. St-Pierre, le
but, c'était de régionaliser, c'était d'améliorer la... d'améliorer la
régionalisation puis de répondre aux besoins des différentes régions du Québec.
C'était ça qui était l'exercice. Donc, aujourd'hui... aujourd'hui, oui, ça a
créé de l'incertitude pour certaines personnes puis je pense qu'on répond
positivement, comme la première ministre le souhaitait, à ces gens qui ont été
inquiets.
Journaliste : Bonjour à vous
trois. M. Bonnardel, vous avez dit, donc, qu'il y a des possibilités de lisser
les demandes, parce que, bon, il y a beaucoup... il y a un certain flux qui va
rentrer, là.
M. Bonnardel : Possible.
Possible.
Journaliste : Est-ce que ça
voudrait donc dire que ça pourrait être prolongé plus que deux ans si...
M. Bonnardel : Ce n'est
pas... Non, le programme va rester ouvert. Si j'ai un flux de déclarations plus
important que ma règle de 29 000, où je répartis PSTQ, PEQ, bien, il est
certain que je pourrais aller sur une troisième année...
Journaliste
: OK. Et...
M.
Bonnardel
:
...pour respecter mes cibles. N'oubliez pas que c'est 29 000 qu'il faut
retenir, puis, dans le 29 000, je souhaite avoir autant 50 % PSTQ que
50 % PEQ, mais je ne suis pas dogmatique, comme je l'ai dit, là, ça se
peut que je joue de quelques points de pourcentage pour répondre à un flux plus
important PEQ versus le PSTQ. Mais le PSTQ, il n'est pas mort, là, il ne sera
pas mort. C'est le PSTQ qui va accompagner les nouveaux arrivants pour les
prochaines années, là. Le PEQ, on les réouvre, on met une période... une
première période de réception pour ceux qui répondaient aux conditions au 19
novembre, puis on va rouvrir par la suite pour post 19 novembre.
Journaliste : On... Vous
l'avez dit, donc, ça a représenté des difficultés pour les municipalités, pour
les entreprises. Mais, depuis 2022, comment vous qualifieriez le bilan de votre
gouvernement en matière d'immigration? Parce que ça a été difficile, là.
M. Bonnardel : Bien, écoutez,
le fédéral a pris des décisions. Je vous ai... Je peux même vous exposer, si
vous le souhaitez, là. J'avais prévu peut-être la question. On a reçu, en
termes de demandeurs d'asile, en termes de PMI, un flot d'immigrants plus
important que notre capacité d'accueil pouvait nous le permettre. Pour les
demandeurs d'asile, en 2024, je vous donne un exemple, on était à
57 000, 2025, on était à 38 000, je fais un chiffre rond, là, puis le
1er janvier au 31... le 1er janvier... le mois de janvier 2026, on était à
2 000. Donc, il y a une baisse. Le fédéral a entendu nos récriminations.
On souhaite qu'il y a une meilleure répartition du côté 11fédéral, on souhaite que ça ne dépasse pas notre... notre poids
démographique qui est de 21 % présentement. On était... dans les derniers
chiffres, si ça suit la tendance cette année, on va être à 24, 25, encore un
peu trop, mais il y a une baisse du côté des PMI, du programme de mobilité
internationale. Il y a une baisse du côté des travailleurs étrangers
temporaires, il y a une baisse du côté des demandeurs d'asile. Donc, il y a
une... il y avait une pression qui était extrêmement forte pendant les années
post... post-pandémie. Aujourd'hui, là, on respire un peu mieux dans le sens où
le fédéral a compris nos... nos récriminations en termes de capacité. On est
une belle terre d'accueil, là, tout le monde est... tout le monde, quand ils
arrivent au Québec se disent : C'est une belle terre pour... pour
immigrer, pour participer à la vie économique. Puis aujourd'hui, la réouverture
du PEQ, bien, c'est pour répondre aussi à ces personnes qui ont été inquiètes,
qui... de ne pas voir de période de transition lors de la... de l'ouverture du
PSTQ et de la fermeture du PEQ.
Journaliste
: Bonjour.
Sébastien Desrosiers de Radio-Canada. Donc, si j'ai bien compris, M. Bonnardel,
vous dites, on réactive le PEQ pendant deux ans, donc on va traiter des
nouvelles demandes pendant deux ans, mais, si ça excède nos seuils, on pourrait
étaler ça plus longtemps.
M.
Bonnardel
:
Les CSQ... Les CSQ vont être délivrés peut-être sur une troisième année. Donc,
moi, je n'ai pas de plafond. Alors, ce que je dis, c'est que les gens...
vous... vous déclarez votre intérêt. Notre prévision, nous, présentement, au
MIFI, est entre 8 000 et 12 000 pour la première période de réception,
première période d'admissibilité, ceux qui répondaient aux conditions du
19 novembre. Donc, si c'est 12 000... 15 000, ça répond amplement à la
cible que j'ai pour 2027. Et, si la prochaine... et si j'ai plus, j'ai 15 000
ou j'ai 20 000 ou j'ai 25 000, bien là, ça va aller sur le... On va regarder
comment on va répartir les certificats... les CSQ entre le PSTQ et le PEQ, puis
ça va s'ajuster pour la suite.
Journaliste
: Et donc, en
2030, est-ce qu'il pourrait y encore avoir des des gens du PEQ?
M.
Bonnardel
:
Si on a un flux très, très, très important, il se pourrait que ça dépasse la
planification. Mais sincèrement, je ne pense pas qu'on va dépasser 2028-2029,
mais il se pourrait.
Journaliste
: Votre
ministère, en fait, avait analysé la promesse de Mme Fréchette de relancer le
PEQ pendant deux ans durant la course à la chefferie de la CAQ, puis on avait
évalué qu'il y aurait environ 125 000 personnes qui étaient admissibles.
M.
Bonnardel
:
C'étaient des prévisions à très haut niveau, à très haut niveau. Là, on est...
là, on est plus précis sur la... comme je l'ai mentionné, sur la période
d'admissibilité de réception, qui est celle de répondre aux conditions au
19 novembre, mais il y aura... il y aura une autre période pour répondre
aux conditions post 19 novembre.
Journaliste : Mais est-ce
qu'il y a un scénario dans lequel il y a 125 000 personnes qui appliquent
dans le PEQ?
M.
Bonnardel
:
Je ne peux pas répondre à ça, là, je ne peux pas répondre à ça. L'objectif...
Moi, je réponds... je vous donne les prévisions que le ministère a
présentement. Si on va à 15 000, si on va à 18 000, si on va à 19 000, on
va travailler avec ça.
Journaliste
: Qu'est-ce
que vous dites... Parce que, dans l'intervalle, il y a des gens que... dont le
permis de travail a expiré, qui ont quitté le territoire du Québec. Qu'est-ce
que vous dites à cette personne-là aujourd'hui?
M.
Bonnardel
:
C'est justement pourquoi on ouvre quatre mois, on ouvre quatre mois, du
2 juillet au 31 octobre. Il y a peut-être des gens en France ou au
Maroc qui se disent : Bien, moi, je répondais aux conditions. Pour
répondre aux conditions du PEQ pour déclarer son intérêt, il faut résider au
Québec, il faut résider au Québec. Donc, peut-être que ces gens pourraient
revenir au Québec et déclarer leur intérêt parce qu'ils répondaient aux
conditions au 19 novembre 2025.
Journaliste
: Bonjour,
Laurence Royer, Noovo info. Dans quel horizon vous prévoyez les autres... ceux
qui ne pourraient pas faire leur demande entre... oui?
M.
Bonnardel
:
Post 19 novembre, là?
Journaliste
: Oui,
exactement.
M.
Bonnardel
:
Ça peut être à la fin de l'année 2027, ça peut être au début de
l'année 2027. Ça peut être au début de la deuxième année, le
2 juillet 2027, ça va être à évaluer... ça va être à évaluer par le MIFI.
Tout dépend du flux qu'on va... qu'on va recevoir. Est-ce qu'on va être précis
sur le chiffre que le MIFI prétend qu'on pourrait avoir comme... comme
déclarations? Ça va être à évaluer.
Journaliste
: Ça va
être notamment de dépendre du nombre de demandes que vous....
M.
Bonnardel
:
Bien, comme j'ai mentionné, il n'y a pas de plafond. Tu sais, je dis aux gens,
là, il n'y a pas d'inquiétude, là, même si vous envoyez votre demande le
2 octobre, bien, vous allez être traité à partir du 2 octobre. Il y
en a qui auront déjà déclaré leur intérêt, mais il n'y aura pas de plafond.
Journaliste
: ...de
demandes là pourrait avoir un impact sur...
M.
Bonnardel
:
Ça va être à évaluer. Comme je vous dis tantôt, moi, l'objectif, il faut que je
respecte la cible, là. Il faut que je respecte la cible. Si je reçois un trop
grand nombre, il se pourrait. Ces gens-là, il n'y a aucun problème, ils vont
être traités, ils vont recevoir leur CSQ, mais moi, je reste... Moi, je
souhaite entrer tout ce beau monde, tout ce monde-là dans la
planification 2027-2028, mais on va s'ajuster s'il faut aller à 2029.
Journaliste
:
Rebonjour. Encore sur les chiffres, je ne comprends vraiment pas, pour être
bien franc avec vous. 125 000, là, c'étaient les personnes admissibles
selon l'évaluation de votre ministère, M. Roberge à l'époque. Là, on est tombés
à 12 000 pour le 19 novembre dernier. Il y en a quelques-uns qui se
sont rajoutés depuis entre novembre dernier et aujourd'hui, là. Le nombre de
personnes admissibles présentement au PEQ sur l'ensemble de la période, là, pas
jusqu'au 19 novembre, là, jusqu'à aujourd'hui, c'est combien de personnes?
M.
Bonnardel
:
Impossible à déterminer, là. Moi, c'est pour ça... c'est pour ça...
Journaliste
: ...M.
Roberge?
M.
Bonnardel
:
Bien, c'était à très haut niveau, c'était à très haut niveau. Moi, je vous
réponds aujourd'hui. Moi, je... répondre à ceux qui répondaient aux conditions,
premier... premier facteur.
Journaliste
:
...125 000 à 12 000, là, je vous avoue qu'il y a une marge quand même
importante... pouvez-vous donner une fourchette...
M.
Bonnardel
:
C'est ce que... les chiffres que je vous donne. C'est pour ça... c'est pour ça
que je vous dis qu'il n'y a pas de plafond. Moi, je vous donne 12 000 comme
prévision, si je finis à 20 000...
Journaliste
: ...par
année, là, vous dites, on pourrait dépasser sur trois ans?
M.
Bonnardel
:
Plafond de 29, immigrants économiques.
Journaliste
: 29...
oui, 45 000 permanents, 29 pour économiques. J'essaie de comprendre, vous
avez quand même certainement une fourchette entre 12 000 et 125 000.
D'après moi, là, vous avez une petite idée.
M.
Bonnardel
:
Non. Non. Le chiffre que je vous donne, c'est la prévision que le ministère a
au 19 novembre 2025. Après ça, on va répondre... on va répondre au post
19 novembre 2025. Là, si vous me demandez un chiffre, je ne peux pas vous
en donner.
Journaliste
: ...à
125 000.
M.
Bonnardel
:
Bien, c'est peu probable. C'est le MIFI me dit aujourd'hui : Bien, on va
être entre huit et 12, je... c'est pour ça que je dis aux gens qui nous
écoutent, il n'y a pas de plafond, là, si j'ai 25 000 invitations au...
Journaliste
: Je
comprends la... Je comprends votre message, là, mais si vous me dites, il y en
a 12 pour les années précédentes, il reste seulement quelques mois, entre
novembre et juillet, est-ce qu'on pourrait aller jusqu'à 125 000 ou on risque
d'être autour de...
M.
Bonnardel
:
Ça me surprendrait qu'on aille là, là, mais je ne peux pas prétendre... je ne
peux pas donner de chiffre. C'est pour ça, comme je vous dis, les prévisions,
c'est ceux que le MIFI m'a donnés. Puis on... on va évaluer la situation, mais
il n'y a pas de plafond, pas de plafond.
Journaliste :
Merci.
Journaliste
: Hi. Dan Spector from Global News. There's going to be a lot of
people who don't trust your government on this file anymore. You know, people
who feel like you sort of pulled the rug out from under so many people that
they're not going to trust the reliability, you know, to treat their files with
respect. What do you say to them?
M.
Bonnardel
: It's important for me to say to them that it's important for the
Government, for Prime Minister Fréchette, to… to reopen the PEQ for a period.
Like I said, from July the 2nd to October the 31st, for a period of
two years, first, there will be a first period of admissions, that people will
be able to table… table their demand concerning the PEQ, on the two conditions,
PEQ diplômés, a having a diploma on November 19th, 2025, and having a working
experience… a work experience of two years on November 19th. So, if you respond
to those two conditions, you will be able to declare your interest in the… in
the Programme de l'expérience québécoise.
Journaliste
: Are you… is the ministry prepared to deal with all these new
requests? Are you adding staff? Like, how can you assure people that it's not
going to take forever?
M.
Bonnardel
: Yes, we are expecting maybe between 8,000 to 12,000 people that
will… they will table their demands in the PEQ, in the reopening of the PEQ.
And the minister will be able to treat the CSQ, the certificat de sélection du
Québec in a… in a timeline of 6 to 7 months.
Journaliste
: Hi. Jack Wilson from the Montreal Gazette. It has been over six
months since… since the PEQ was canceled. And until this announcement… I
understand what you say about the PEQ being abandoned not being a mistake, but
in terms of the people who were left anxious for that time, some of whom left
Québec, was a mistake made? Do you think this was handled properly?
M.
Bonnardel
: Well, you know, you have to understand that the end of the PEQ and
the programme régulier des travailleurs qualifiés was… was for us a condition
to prepare ourselves to a transition to the programme de sélection des
travailleurs qualifiés, to determine and be able to better… immigrants… move
immigrants in certain regions, in Abitibi or in Côte-Nord. So, that was the main… the main thing that we put… concerning the
PSTQ. We understand that some people were concerned when the PEQ was… was
closed on November 2025. So, for us, it's important today to respond to them,
for those who respond to conditions, PEQ travailleurs, PEQ diplômés, on
November 19th, and we're sure that we will be able to respond to those who was…
was uncertain of their future.
Journaliste
: And just briefly revisit the… the fact that there was no transition
plan, now you're presenting it, you know, retroactively. Could that have been handled better? And maybe if
your answer involves someone from the UMQ.
M.
Bonnardel
: …you know, it takes time. It takes time. It took… it took us about
five, six, seven weeks to prepare… to prepare this… this announcement. So, for
us, it was… it was important to do the best thing for the opening of the PEQ,
to respond to those who were respecting the conditions on November 19th. And
after that, we will respond to those post November 19th for a further period of
admission.
Journaliste
: …I'm sorry, you are expecting 12,000 people to… to apply.
M.
Bonnardel
: Yes.
Journaliste
: But at the same time there could be a… much more... much more
people.
M.
Bonnardel
: Yes. The… Yes. Maybe we will receive 15,000, 16,000. We're
expecting at the… at the Minister 8,000 to 12,000. But, like I said, there's
no… have a top, «là». So…
Journaliste
: …
M.
Bonnardel
: There's no cap, pardon me. There's no cap. So, if we're receiving
15,000 or 20,000 people who declare their interest in the… in the Programme de l'expérience québécoise, we
will treat these admissions.
Journaliste :
So, the program will remain open?
M. Bonnardel :
For two years.
Journaliste
: For two years.
M.
Bonnardel
: And there will be a second period of admission, maybe at the end of
2027 or the… or in 2028, to those who respond to the conditions post November
19th. Thank you.
La Modératrice
: Merci
beaucoup.
(Fin à 15 h 44)