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Point de presse de M. Alexandre Leduc, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de travail, et M. Etienne Grandmont, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de transports et de mobilité durable

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Thursday, June 11, 2026, 8 h 40

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Neuf heures une minute)

M. Leduc : Bonjour, tout le monde. Dernier point de presse régulier de cette législature et je veux conclure, pour ma part, avec le dossier de la réforme du mode de scrutin. C'est quelque chose qu'on aurait dû faire assez tôt dans le précédent mandat, on aurait dû le faire aussi tôt dans ce mandat-ci, et malheureusement ça n'a pas été fait. Ça va avoir des conséquences assez étonnantes. On est devant une situation où on a cinq partis politiques qui sont à l'intérieur d'une fourchette entre 10 % et 30 % d'intentions de vote. C'est assez inusité dans l'histoire du Québec, et ça fait en sorte que le résultat va être assez particulier, je vous explique.

Quand on regarde les projections de Qc125, on voit que le parti qui est en tête, dans la fourchette de 10 % à 30 %, pourrait obtenir une majorité avec à peine 30 % des votes. Donc, il faut y réfléchir. Moins d'un électeur sur trois pourrait donner une majorité à un parti politique dans le système électoral brisé qui est celui du Québec en ce moment. Ça n'a pas de bon sens. Je suis allé voir les chiffres des élections précédentes. D'habitude, pour avoir une majorité au Québec, il faut avoir alentour de 40 % et en haut. La seule exception qu'il y avait à ce chiffre de 40 %, c'était l'élection de 2018 avec la CAQ, à 37 %. Mais là obtenir une majorité avec, je le répète, 30 à 31 % du vote, ce n'est pas sain. Ce n'est pas comme ça que devrait fonctionner notre mode de scrutin.

Il y a une campagne du Mouvement Démocratie nouvelle, le MDN, qui a commencé pour inciter les partis politiques à intégrer la réforme du mode de scrutin dans leur plateforme. Et j'appelle les autres partis à faire de même, pour s'assurer que ce soit la dernière élection avec ce vieux mode de scrutin qui fait des distorsions électorales, ça, on le connaissait déjà, mais qui pourrait donner une majorité avec un parti qui a à peine un tiers des électeurs avec eux.

M. Grandmont : Merci, Alex. De mon côté, moi, ce matin, je vous emmène du côté de Laval, Laval qui se voit retirer 50 millions de dollars d'un projet, le SRB sur Notre-Dame, 50 millions de dollars, en fait, qui était un engagement du gouvernement depuis 2022. On voulait réaliser ce projet-là. Malheureusement, ce qu'on a appris aujourd'hui dans le texte de Radio-Canada, c'est que cet argent-là a été envoyé pour la réalisation de la ligne bleue, même chose que ce que la ville de Québec a vécu il n'y a pas si longtemps, 200 millions qui étaient réservés pour le projet de garage électrique Newton qui a été transféré aussi sur le projet de la ligne bleue.

Je ne suis pas contre le projet de la ligne bleue, évidemment c'est un projet qu'on veut qui se réalise, mais ça dénote deux choses. La première, c'est qu'à force de ne rien faire depuis huit ans, la CAQ a retardé les projets, et finissent par coûter plus cher, et on est obligé d'aller chercher de l'argent ailleurs. L'inflation, l'inflation, particulièrement dans la construction, est très élevée. Donc, l'inaction de la CAQ en transport collectif finit par nous coûter très cher, et ça, c'en est un des exemples. L'autre chose, c'est que la CAQ, pendant ces huit ans-là, n'a pas été obsédée par le transport en commun, mais par le troisième lien. Et, là-dessus, 400 millions de dollars qui a déjà été engagé sur le projet de troisième lien, et c'est de l'argent qui aurait dû aller au transport collectif, notamment à Québec et à Laval pour le SRB Notre-Dame.

Journaliste : ...par rapport au lanceur d'alerte, avec toute l'histoire qui se passe de l'UPAC qui vient intervenir, interroger un député...

M. Leduc : Bien, c'est certain...

Journaliste : ...congédiement d'un employé?

M. Leduc : Ce n'est pas la première fois qu'on vit ça au Québec. Les lanceurs d'alerte, c'est important. Il y a des lois qui les protègent, il y a une motion qu'on va déposer ce matin pour protéger... pas pour protéger, mais pour dénoncer la situation et l'agissement du gouvernement. C'est sain dans une démocratie, qu'il y a des lanceurs d'alerte.

Et, dans ce cas-là particulier, visiblement, il avait raison de le faire. Le rapport de la VGQ d'hier est terrible pour le gouvernement, un gaspillage éhonté de l'argent public dans une filière batterie, avec un travail bâclé, une gestion d'argent de poche des anciens ministres de l'Économie et de l'Énergie. Alors, salutations aux lanceurs d'alerte, on les remercie. Et il faut que le gouvernement change d'attitude par rapport à ça.

M. Grandmont : Et je... et je... et je rajouterai...

Des voix : ...

M. Grandmont : S'il vous plaît...

Journaliste : Mais que pensez-vous des gestes qui ont été posés personnellement par Christine Fréchette, qui est première ministre?

M. Grandmont : Je rajouterais quelque chose d'important aussi. C'est que, pour moi... pour nous, ça rappelle aussi un autre lanceur d'alerte en 2018, Louis Robert, qui était agronome au ministère de l'Agriculture, qui avait été donc suspendu, là, suite à... après avoir envoyé des documents à Radio-Canada, et il y avait eu une enquête de la Protectrice du citoyen qui avait, à la suite de son rapport, blâmé sévèrement le gouvernement. Alors, nous demandons exactement la même chose dans le cas présent, une enquête de la Protectrice du citoyen. Il faut absolument qu'elle fasse la lumière sur le genre de comportement du gouvernement sur les lanceurs d'alerte.

Journaliste : Mais les critères d'enquête de la Protectrice du citoyen ne s'appliquent pas à ce cas-ci, contrairement au cas de M. Robert dont vous faites mention. Ce lanceur d'alerte là qui nous occupe, Olivier Smith, n'est pas protégé par la Protectrice du citoyen selon les critères du Protecteur du citoyen.

M. Grandmont : Bien, vous m'apprenez quelque chose.

Journaliste : Bien, j'en suis heureux.

Journaliste : Alors, si je peux...

M. Grandmont : Mais les critères qui ne s'appliquent pas, juste pour savoir...

Journaliste : Alors... Bien, les critères, il faut que le lanceur d'alerte sonne l'alarme sur un danger qui est imminent, urgent par rapport au public. Donc, dans le cas de M. Robert, on tirait la sonnette par rapport à l'usage de pesticides qui étaient nuisibles à la santé de la population. Dans ce cas-ci, c'est davantage au niveau économique, donc il n'y a... il n'y a pas de danger public, là, qui viendrait.

M. Leduc : Bien, on peut... on peut certainement demander à ce que la Protectrice du citoyen s'en... regarde ça. Elle nous dira si elle considère que les critères ne s'appliquent pas, mais il faut certainement lui demander.

Journaliste : Je vous repose ma question. Concernant Mme Fréchette, vous pensez quoi, des interventions qu'elle a faites personnellement, notamment auprès du député de Derraji, en l'appelant, en lui disant : Heille! Il va avoir une enquête de l'UPAC, puis la vidéo de la... sur le site... le site Internet de l'Assemblée nationale est retirée.

M. Leduc : Je trouve ça particulier qu'elle se mêle à ce point-là de cette enquête-là. Moi, j'ai eu... Vous vous rappelez de deux projets de loi que j'avais coulés, hein, du ministère du Travail, qui étaient dénoncés par des analyses internes. Donc, c'est évidemment un lanceur d'alerte aussi qui faisait ça. Et je n'ai pas... je n'ai pas eu de connaissance que le ministre du Travail avait fait des appels, en tous cas, pas à moi, pour commencer à... il lance une enquête puis il ne touche pas à ça. Mais que Mme Fréchette s'en mêle directement, ce n'est pas... ce n'est pas son rôle.

Journaliste : Et que l'Assemblée nationale, comme institution indépendante, là, obtempère à la demande faite par le gouvernement de retirer une vidéo, donc de censurer la parole, ici même, d'un député, est-ce que ça vous choque?

M. Leduc : D'habitude, l'Assemblée nationale a plutôt coutume de travailler en concertation avec l'ensemble des partis puis à chercher des consensus avant de prendre des décisions de ce genre-là. Ça aurait été mieux de le faire cette fois-là.

Journaliste : ...vous renseigner sur comment ça s'est fait?

M. Leduc : Certainement.

Journaliste : Est-ce que le fonctionnaire en question... Vous demandez de faire une enquête de la Protectrice du citoyen, mais est-ce qu'il... à votre avis, est-ce qu'il devrait être réintégré dans sa fonction? Est-ce que de donner des documents confidentiels à un journaliste, ça devrait être pénalisé de cette façon-là, c'est-à-dire perdre son emploi?

M. Leduc : Bien, c'est parce que, si ce n'est pas ça, il n'y en aura plus, des lanceurs d'alerte. C'est la définition même d'un lanceur d'alerte. C'est de considérer qu'il y a quelque chose qui se fait qui n'est visiblement pas dans l'intérêt public et qui aurait intérêt à être analysé par plus de personnes. Ça fait que, oui, il faut que cette personne-là soit protégée dans son emploi. C'est certain.

Journaliste : ...soit réintégrée.

M. Leduc : C'est la même... Oui, c'est ça, protégée et réintégrée, exact.

Journaliste : Parce que la loi les protège mal, donc, à votre avis.

M. Leduc : Ça fait longtemps qu'on dit qu'il faut resserrer les critères de protection de lanceurs d'alerte.

Journaliste : M. Milliard, par exemple, lui ne veut pas dire qu'il va le réintégrer, en disant qu'il y a une enquête administrative...

M. Leduc : Bien, parce que ça voudrait dire qu'il faudrait qu'il réintègre Mme Rizqy. Ça serait malaisant.

Journaliste : Pour lui.

Journaliste : What do you make of Mme Fréchette's approach in this situation in... against the whistleblower case?

M. Leduc : It's weird that she had... she's been involved personally in this case. She should have not touched it. I was referring, in French, as... I lived a case with the Minister of Labor who... I had to... I received documents about bills that they were preparing inside of their Minister, and I revealed them to the public, and I didn't receive any call from Jean Boulet. And, in my knowing, he didn't get involved himself in the... in the inquiry. So, it's very weird that she's done that.

Journaliste : Do you think she's abusing her power? Would you go that far?

M. Leduc : Abusing her power? I don't know enough details to make that statement, but what I can certainly say is it shouldn't... she shouldn't get involved in this.

Journaliste : How big of a deal do you think this is?

M. Leduc : Well, if you look at the report of the Vérificatrice générale yesterday, it's very big. It's millions and millions of dollars. It's...  How do you say «gaspillage» in English?

Journaliste : Waste.

M. Leduc : Waste. It's a big waste of money, not done in a good way. You can argue that, sometime, you invest things, but, if you've done it the good way, not... fair enough. But it has been done like it was pocket money from M. Fitzgibbon and Mme Fréchette afterwards, when she was Minister of Energy and Economy. So, it's... it's... it's a lot damaging to the CAQ, this... this story.

Journaliste : ...Est-ce que vous jugez que l'UPAC a outrepassé son mandat dans le cas du lanceur d'alerte? La compréhension, c'est qu'on a déclenché une enquête par rapport à un document confidentiel que le député de Nelligan a brandi publiquement, que, dans le cadre de cette enquête-là, on a trouvé qu'un fonctionnaire avait divulgué des documents, des informations à des journalistes. Et donc cette information-là, dans le cadre de l'enquête, a été partagée, visiblement, à des gens qui étaient en position de le mettre à la porte, ce monsieur-là. Est-ce que l'UPAC a bien agi dans ce dossier-là?

M. Leduc : Vous m'en posez une bonne, là, il faudrait que je réfléchisse davantage. Vous me donnez beaucoup de faits, là. Honnêtement, bien, il faudrait que je réfléchisse davantage à cette situation, là. L'UPAC, est-ce qu'elle a outrepassé son mandat?

Journaliste : J'ai peut-être simplifié, mais...

M. Leduc : Allez-y donc.

Journaliste : À la lecture de l'article du reportage de Thomas Gerbet, ce matin, est-ce que l'implication de l'UPAC dans cette histoire-là vous a troublé? Sur son indépendance, sur son autonomie, par exemple.

M. Leduc : À ma connaissance, l'UPAC n'a pas reçu de mandat du gouvernement de faire enquête là-dessus. Si c'est le cas, là, il y a une autre... là, il y a une autre histoire à creuser. L'UPAC est supposée de se donner elle-même des mandats, là. S'il y a une ingérence politique à l'idée que l'UPAC... vous allez faire une enquête là-dessus, là, on est dans un autre... un autre univers.

Journaliste : C'est ce que le PQ suggérait, en disant c'est une commande qui politise...

M. Leduc : C'est une accusation grave envers l'UPAC, il faut le démontrer, si c'est le cas.

Journaliste : Mais, à partir du moment où Christine Fréchette dit : Il y a eu un autre cas avant même que ces fonctionnaires-là soient congédiés, est-ce que ça ne prouve pas qu'elle est de concert avec l'UPAC dans cette affaire-là?

M. Leduc : C'est une bonne question. Je n'ai pas d'opinion tranchée pour l'instant là-dessus, malheureusement, pour vous.

(Fin à 9 h 11)

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