Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.
(Neuf heures une minute)
M. Leduc : Bonjour, tout le
monde. Dernier point de presse régulier de cette législature et je veux
conclure, pour ma part, avec le dossier de la réforme du mode de scrutin. C'est
quelque chose qu'on aurait dû faire assez tôt dans le précédent mandat, on
aurait dû le faire aussi tôt dans ce mandat-ci, et malheureusement ça n'a pas
été fait. Ça va avoir des conséquences assez étonnantes. On est devant une
situation où on a cinq partis politiques qui sont à l'intérieur d'une fourchette
entre 10 % et 30 % d'intentions de vote. C'est assez inusité dans
l'histoire du Québec, et ça fait en sorte que le résultat va être assez
particulier, je vous explique.
Quand on regarde les projections de Qc125,
on voit que le parti qui est en tête, dans la fourchette de 10 % à
30 %, pourrait obtenir une majorité avec à peine 30 % des votes.
Donc, il faut y réfléchir. Moins d'un électeur sur trois pourrait donner une
majorité à un parti politique dans le système électoral brisé qui est celui du
Québec en ce moment. Ça n'a pas de bon sens. Je suis allé voir les chiffres des
élections précédentes. D'habitude, pour avoir une majorité au Québec, il faut
avoir alentour de 40 % et en haut. La seule exception qu'il y avait à ce
chiffre de 40 %, c'était l'élection de 2018 avec la CAQ, à 37 %. Mais
là obtenir une majorité avec, je le répète, 30 à 31 % du vote, ce n'est
pas sain. Ce n'est pas comme ça que devrait fonctionner notre mode de scrutin.
Il y a une campagne du Mouvement
Démocratie nouvelle, le MDN, qui a commencé pour inciter les partis politiques
à intégrer la réforme du mode de scrutin dans leur plateforme. Et j'appelle les
autres partis à faire de même, pour s'assurer que ce soit la dernière élection
avec ce vieux mode de scrutin qui fait des distorsions électorales, ça, on le
connaissait déjà, mais qui pourrait donner une majorité avec un parti qui a à
peine un tiers des électeurs avec eux.
M. Grandmont : Merci, Alex.
De mon côté, moi, ce matin, je vous emmène du côté de Laval, Laval qui se voit
retirer 50 millions de dollars d'un projet, le SRB sur Notre-Dame, 50 millions de
dollars, en fait, qui était un engagement du gouvernement depuis 2022. On
voulait réaliser ce projet-là. Malheureusement, ce qu'on a appris aujourd'hui
dans le texte de Radio-Canada, c'est que cet argent-là a été envoyé pour la
réalisation de la ligne bleue, même chose que ce que la ville de Québec a vécu
il n'y a pas si longtemps, 200 millions qui étaient réservés pour le
projet de garage électrique Newton qui a été transféré aussi sur le projet de
la ligne bleue.
Je ne suis pas contre le projet de la
ligne bleue, évidemment c'est un projet qu'on veut qui se réalise, mais ça
dénote deux choses. La première, c'est qu'à force de ne rien faire depuis
huit ans, la CAQ a retardé les projets, et finissent par coûter plus cher,
et on est obligé d'aller chercher de l'argent ailleurs. L'inflation,
l'inflation, particulièrement dans la construction, est très élevée. Donc,
l'inaction de la CAQ en transport collectif finit par nous coûter très cher, et
ça, c'en est un des exemples. L'autre chose, c'est que la CAQ, pendant ces huit
ans-là, n'a pas été obsédée par le transport en commun, mais par le troisième
lien. Et, là-dessus, 400 millions de dollars qui a déjà été engagé sur le
projet de troisième lien, et c'est de l'argent qui aurait dû aller au transport
collectif, notamment à Québec et à Laval pour le SRB Notre-Dame.
Journaliste
: ...par
rapport au lanceur d'alerte, avec toute l'histoire qui se passe de l'UPAC qui
vient intervenir, interroger un député...
M. Leduc : Bien, c'est
certain...
Journaliste
:
...congédiement d'un employé?
M. Leduc : Ce n'est pas la
première fois qu'on vit ça au Québec. Les lanceurs d'alerte, c'est important.
Il y a des lois qui les protègent, il y a une motion qu'on va déposer ce matin
pour protéger... pas pour protéger, mais pour dénoncer la situation et
l'agissement du gouvernement. C'est sain dans une démocratie, qu'il y a des
lanceurs d'alerte.
Et, dans ce cas-là particulier,
visiblement, il avait raison de le faire. Le rapport de la VGQ d'hier est
terrible pour le gouvernement, un gaspillage éhonté de l'argent public dans une
filière batterie, avec un travail bâclé, une gestion d'argent de poche des
anciens ministres de l'Économie et de l'Énergie. Alors, salutations aux
lanceurs d'alerte, on les remercie. Et il faut que le gouvernement change
d'attitude par rapport à ça.
M. Grandmont : Et je... et
je... et je rajouterai...
Des voix : ...
M. Grandmont : S'il vous
plaît...
Journaliste
: Mais que
pensez-vous des gestes qui ont été posés personnellement par Christine
Fréchette, qui est première ministre?
M. Grandmont : Je rajouterais
quelque chose d'important aussi. C'est que, pour moi... pour nous, ça rappelle
aussi un autre lanceur d'alerte en 2018, Louis Robert, qui était agronome
au ministère de l'Agriculture, qui avait été donc suspendu, là, suite à...
après avoir envoyé des documents à Radio-Canada, et il y avait eu une enquête
de la Protectrice du citoyen qui avait, à la suite de son rapport, blâmé
sévèrement le gouvernement. Alors, nous demandons exactement la même chose dans
le cas présent, une enquête de la Protectrice du citoyen. Il faut absolument
qu'elle fasse la lumière sur le genre de comportement du gouvernement sur les
lanceurs d'alerte.
Journaliste : Mais les
critères d'enquête de la Protectrice du citoyen ne s'appliquent pas à ce
cas-ci, contrairement au cas de M. Robert dont vous faites mention. Ce lanceur
d'alerte là qui nous occupe, Olivier Smith, n'est pas protégé par la
Protectrice du citoyen selon les critères du Protecteur du citoyen.
M. Grandmont : Bien, vous
m'apprenez quelque chose.
Journaliste
: Bien,
j'en suis heureux.
Journaliste
: Alors, si
je peux...
M. Grandmont : Mais les
critères qui ne s'appliquent pas, juste pour savoir...
Journaliste
: Alors...
Bien, les critères, il faut que le lanceur d'alerte sonne l'alarme sur un
danger qui est imminent, urgent par rapport au public. Donc, dans le cas de M.
Robert, on tirait la sonnette par rapport à l'usage de pesticides qui étaient
nuisibles à la santé de la population. Dans ce cas-ci, c'est davantage au
niveau économique, donc il n'y a... il n'y a pas de danger public, là, qui
viendrait.
M. Leduc : Bien, on peut...
on peut certainement demander à ce que la Protectrice du citoyen s'en...
regarde ça. Elle nous dira si elle considère que les critères ne s'appliquent
pas, mais il faut certainement lui demander.
Journaliste : Je vous repose
ma question. Concernant Mme Fréchette, vous pensez quoi, des interventions
qu'elle a faites personnellement, notamment auprès du député de Derraji, en
l'appelant, en lui disant : Heille! Il va avoir une enquête de l'UPAC,
puis la vidéo de la... sur le site... le site Internet de l'Assemblée nationale
est retirée.
M. Leduc : Je trouve ça
particulier qu'elle se mêle à ce point-là de cette enquête-là. Moi, j'ai eu...
Vous vous rappelez de deux projets de loi que j'avais coulés, hein, du
ministère du Travail, qui étaient dénoncés par des analyses internes. Donc,
c'est évidemment un lanceur d'alerte aussi qui faisait ça. Et je n'ai pas... je
n'ai pas eu de connaissance que le ministre du Travail avait fait des appels,
en tous cas, pas à moi, pour commencer à... il lance une enquête puis il ne
touche pas à ça. Mais que Mme Fréchette s'en mêle directement, ce n'est pas...
ce n'est pas son rôle.
Journaliste
: Et que
l'Assemblée nationale, comme institution indépendante, là, obtempère à la demande
faite par le gouvernement de retirer une vidéo, donc de censurer la parole, ici
même, d'un député, est-ce que ça vous choque?
M. Leduc : D'habitude,
l'Assemblée nationale a plutôt coutume de travailler en concertation avec
l'ensemble des partis puis à chercher des consensus avant de prendre des
décisions de ce genre-là. Ça aurait été mieux de le faire cette fois-là.
Journaliste
: ...vous
renseigner sur comment ça s'est fait?
M. Leduc : Certainement.
Journaliste
: Est-ce
que le fonctionnaire en question... Vous demandez de faire une enquête de la
Protectrice du citoyen, mais est-ce qu'il... à votre avis, est-ce qu'il devrait
être réintégré dans sa fonction? Est-ce que de donner des documents
confidentiels à un journaliste, ça devrait être pénalisé de cette façon-là,
c'est-à-dire perdre son emploi?
M. Leduc : Bien, c'est parce
que, si ce n'est pas ça, il n'y en aura plus, des lanceurs d'alerte. C'est la
définition même d'un lanceur d'alerte. C'est de considérer qu'il y a quelque
chose qui se fait qui n'est visiblement pas dans l'intérêt public et qui aurait
intérêt à être analysé par plus de personnes. Ça fait que, oui, il faut que
cette personne-là soit protégée dans son emploi. C'est certain.
Journaliste : ...soit
réintégrée.
M. Leduc : C'est la même...
Oui, c'est ça, protégée et réintégrée, exact.
Journaliste
: Parce que
la loi les protège mal, donc, à votre avis.
M. Leduc : Ça fait longtemps
qu'on dit qu'il faut resserrer les critères de protection de lanceurs d'alerte.
Journaliste
: M.
Milliard, par exemple, lui ne veut pas dire qu'il va le réintégrer, en disant
qu'il y a une enquête administrative...
M. Leduc : Bien, parce que ça
voudrait dire qu'il faudrait qu'il réintègre Mme Rizqy. Ça
serait malaisant.
Journaliste : Pour lui.
Journaliste :
What do you make of Mme Fréchette's approach in this
situation in... against the whistleblower case?
M. Leduc :
It's weird that she had... she's been
involved personally in this case. She should have not touched it. I was
referring, in French, as... I lived a case with the Minister of Labor who... I
had to... I received documents about bills that they were preparing inside of
their Minister, and I revealed them to the public, and I didn't receive any
call from Jean Boulet. And, in my knowing, he didn't get involved himself in
the... in the inquiry. So, it's very weird that she's done that.
Journaliste :
Do you think she's abusing her power?
Would you go that far?
M. Leduc :
Abusing her power? I don't know enough
details to make that statement, but what I can certainly say is it shouldn't...
she shouldn't get involved in this.
Journaliste :
How big of a deal do you think this is?
M. Leduc :
Well, if you look at the report of the Vérificatrice générale yesterday, it's very
big. It's millions and millions of dollars. It's... How do you say «gaspillage»
in English?
Journaliste
: Waste.
M. Leduc : Waste. It's a big waste of money, not done in a good way. You can
argue that, sometime, you invest things, but, if you've done it the good way,
not... fair enough. But it has been done like it was pocket money from M. Fitzgibbon
and Mme Fréchette afterwards, when she was Minister of Energy and Economy. So,
it's... it's... it's a lot damaging to the CAQ, this... this story.
Journaliste
:
...Est-ce que vous jugez que l'UPAC a outrepassé son mandat dans le cas du
lanceur d'alerte? La compréhension, c'est qu'on a déclenché une enquête par
rapport à un document confidentiel que le député de Nelligan a brandi
publiquement, que, dans le cadre de cette enquête-là, on a trouvé qu'un
fonctionnaire avait divulgué des documents, des informations à des
journalistes. Et donc cette information-là, dans le cadre de l'enquête, a été
partagée, visiblement, à des gens qui étaient en position de le mettre à la
porte, ce monsieur-là. Est-ce que l'UPAC a bien agi dans ce dossier-là?
M. Leduc : Vous m'en posez une
bonne, là, il faudrait que je réfléchisse davantage. Vous me donnez beaucoup de
faits, là. Honnêtement, bien, il faudrait que je réfléchisse davantage à cette
situation, là. L'UPAC, est-ce qu'elle a outrepassé son mandat?
Journaliste
: J'ai
peut-être simplifié, mais...
M. Leduc : Allez-y donc.
Journaliste
: À la
lecture de l'article du reportage de Thomas Gerbet, ce matin, est-ce que
l'implication de l'UPAC dans cette histoire-là vous a troublé? Sur son
indépendance, sur son autonomie, par exemple.
M. Leduc : À ma connaissance,
l'UPAC n'a pas reçu de mandat du gouvernement de faire enquête là-dessus. Si
c'est le cas, là, il y a une autre... là, il y a une autre histoire à creuser.
L'UPAC est supposée de se donner elle-même des mandats, là. S'il y a une
ingérence politique à l'idée que l'UPAC... vous allez faire une enquête
là-dessus, là, on est dans un autre... un autre univers.
Journaliste
: C'est ce
que le PQ suggérait, en disant c'est une commande qui politise...
M. Leduc : C'est une
accusation grave envers l'UPAC, il faut le démontrer, si c'est le cas.
Journaliste
: Mais, à
partir du moment où Christine Fréchette dit : Il y a eu un autre cas avant
même que ces fonctionnaires-là soient congédiés, est-ce que ça ne prouve pas
qu'elle est de concert avec l'UPAC dans cette affaire-là?
M. Leduc : C'est une bonne
question. Je n'ai pas d'opinion tranchée pour l'instant là-dessus,
malheureusement, pour vous.
(Fin à 9 h 11)