Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.
(Huit heures une minute)
M. St-Pierre Plamondon : Alors,
bonjour, tout le monde! Je veux revenir évidemment ce matin sur un reportage
important, mais surtout troublant de Radio-Canada. Le journaliste Thomas Gerbet,
qui nous apprend essentiellement que le gouvernement est à la chasse aux
lanceurs d'alerte, un lanceur d'alerte qui a alimenté la Vérificatrice générale.
Donc, cette semaine a été marquée par des révélations qu'on connaissait, mais
qui étaient plus graves qu'on croyait en matière d'incompétence et en matière
de manque de prudence dans le dossier Northvolt. Or, ce qu'on comprend des
révélations de ce matin sur le plan éthique, c'est que la première ministre, et
ce gouvernement de la CAQ, non seulement n'a pas mis ses énergies à voir ce qui
pouvait être corrigé par rapport à tout ce qu'on a appris de dilapidation
publique dans Northvolt, mais a décidé de mettre ses énergies sur une enquête
de police pour trouver qui avait été le lanceur d'alerte. Et rappelons qu'un
lanceur d'alerte, ce n'est pas de la corruption, c'est en fait essentiel au
fonctionnement de démocratie. Il y avait une motion unanime de l'Assemblée
nationale, votée en 2019, qui rappelait le rôle des lanceurs d'alerte.
Qu'est-ce qu'a fait la CAQ? Qu'est-ce qu'a
fait Christine Fréchette? Ce n'est pas de se remettre en question par rapport à
la dilapidation dans Northvolt, mais de lancer une enquête qui politise l'UPAC,
là. On donne une commande politique à l'UPAC. Et il y a une implication
politique, on le sait, parce que la première ministre a annoncé le congédiement
de la personne en question avant que le congédiement ait lieu. Ce qui est
absolument impossible, à moins que le politique, la première ministre
elle-même, soit impliqué dans la démarche de congédiement de cette personne-là.
Donc, Christine Fréchette, ce matin, doit
s'expliquer. Et c'est très grave sur le plan de l'éthique, à savoir comment
peut-elle justifier que sa priorité, lorsqu'on attribue des milliards de
dollars qui sont dilapidés, qui s'envolent en... en fumée, sa priorité, c'est d'appeler
la police pour savoir qui a été lanceur d'alerte. Elle doit nous dire pourquoi
sa priorité, ce ne serait pas plutôt de faire en sorte que de tels gaspillages
ne se reproduisent plus.
Et rappelons à ce titre que Christine Fréchette,
lorsqu'elle était à l'Économie, donc ministre de l'Économie, elle a été plus
dépensière que Pierre Fitzgibbon, si une telle chose est possible, là. Lorsque
vous mesurez le nombre de subventions octroyées tous azimuts pour la période de
temps, elle dépensait plus que Pierre Fitzgibbon.
Donc, des questions très troublantes sur
le fonctionnement même du Parlement, je dirais, parce qu'un lanceur d'alerte ne
devrait pas faire l'objet de commandes politiques et d'enquêtes policières qui
sont demandées par le politique.
Journaliste : ...québécois
changerait les lois pour permettre aux fonctionnaires, par exemple, de
communiquer aux médias sans crainte de représailles?
M. St-Pierre Plamondon : On
peut considérer quel l'encadrement juridique le permettrait. Mais juste dans le
cadre actuel, c'est complètement impensable que le politique passe une commande
à l'UPAC pour trouver qui est le lanceur d'alerte, là. Et le prix politique, à
mon avis, sera élevé parce qu'éthiquement c'est absolument indéfendable. Et ça
parle de la CAQ dans ce qui est prioritaire pour elle, c'est-à-dire son image.
Donc, pour répondre à votre question, oui, on peut considérer. C'est juste, je
n'ai pas en tête exactement qu'est-ce qui peut être ajouté. Mais le principe
existe déjà qu'un lanceur d'alerte ne peut pas être persécuté par des commandes
politiques à travers, par exemple, l'UPAC. Parce que ça implique aussi la
politisation de l'UPAC, ce qui est très dangereux.
Journaliste : Le geste que le
fonctionnaire à qui on reproche... qui a perdu son emploi, il va contester, là,
mais le geste qu'il a posé, c'est-à-dire de donner des documents à un
journaliste, est-ce que vous croyez que ça devrait être pénalisé par une perte
d'emploi?
M. St-Pierre Plamondon : Non.
Et, normalement, la source est protégée. Donc là, ce qui se passe, c'est que le
politique dit : OK, moi, je vais mettre l'UPAC pour essayer de trouver
c'est qui. Donc, est-ce qu'il y a un encadrement? Mais un encadrement de base,
c'est que les tribunaux, à mon avis, risquent de réinstaurer cet employé-là
dans son emploi.
Journaliste
: Une...
Mais qu'est-ce qui vous fais dire que c'est le politique... que le bureau de la
première ministre a demandé cette enquête à l'UPAC? C'est quoi, votre...
M. St-Pierre Plamondon : Ce
qui est... bien, ce qui est... bien, ce qui est frappant dans le... Moi, je me
fie sur le papier publié par M. Gerbet dans Radio-Canada. Clairement, le
politique détient de l'information qui n'existe pas au moment de le dire. C'est
spécial, là. La première ministre dit : Cet employé-là a été congédié. Il
ne l'est pas. Puis non seulement il n'a pas été congédié, il n'a pas été
rencontré pour donner sa version des faits. Donc, on est devant
vraisemblablement une commande politique. Parce qu'un congédiement, lorsqu'il y
a cause, ça vient avec l'obligation d'entendre la version de l'employé, de
mener le processus. Comment est-ce que la première ministre a pu savoir et
penser que le congédiement avait déjà eu lieu ou allait avoir lieu? Il faut que
le politique soit impliqué.
Journaliste : ...deux cas,
M. Plamondon, là. Ce qu'elle a expliqué, la première ministre, la première
fois, c'est qu'il y a une enquête qui était ouverte. Elle ne savait pas que
c'était le secrétaire général qui avait ouvert l'enquête, David Bahan, et elle
a dit que, par le passé, il y a un autre employé qui a été congédié pour une
situation similaire, en ne sachant pas si cet employé-là serait congédié.
M. St-Pierre Plamondon : Dans
le papier de Thomas Gerbet, il affirme que c'est... cet employé-là...
Journaliste : Oui, mais moi,
je vous... moi, je vous parle de ce que la première ministre a dit...
M. St-Pierre Plamondon : Oui,
mais on... Évidemment, mais... mais c'est la même chose...
Journaliste : Non, non, mais
c'est... Elle était devant vous, là. Vous vous rappelez? C'est aux crédits
qu'elle a parlé de ça, là.
M. St-Pierre Plamondon : Exact,
puis j'ai... Puis vous vous rappelez de mon sourire?
Journaliste
: Oui, oui,
oui, mais... Alors là, vous remettez...
M. St-Pierre Plamondon : Non,
mais... Non, mais vous vous rappelez de la scène épique, là, pour ceux qui
aiment la politique.
Journaliste
:
Pouvez-vous me laisser finir ma question. Vous...
M. St-Pierre Plamondon : Oui,
je peux.
Journaliste
: Désolé.
Donc, vous remettez en cause ce que la première ministre vous a dit, vous a
donné comme explication lors des crédits.
M. St-Pierre Plamondon : J'invite
la population à regarder cet extrait-là où la première ministre tente de me
faire croire qu'elle n'a aucune idée de ce qui a déclenché une enquête pour
trouver qui a coulé le courriel de son ministre des Finances, et c'est cette
scène surréelle où elle regarde le secrétaire général en riant puis ils se
regardent. Comme si le secrétaire général ne parle pas à la première ministre.
Voyons! Et ça, là, pour vulgariser, le secrétaire général est en contact
constant avec la première ministre. C'est...
Journaliste : Mais moi, je
vous parle du congédiement, parce qu'elle, elle parlait d'un autre
congédiement. Ce que vous affirmez ce matin, c'est que cet employé a été
congédié, celui dont on parle ce matin. On ne parle pas de l'autre, là, parce
qu'il y en a eu deux, là.
M. St-Pierre Plamondon : Moi,
je me fie à l'enquête journalistique qui démontre qu'il y avait connaissance de
Christine Fréchette de faits qui étaient en fait encore non annoncés, même à
l'employé lui-même. Donc, il y a forcément une implication politique.
Journaliste : ...des choses
qui... qui m'étonnent dans le texte de ce matin aussi, c'est que l'Assemblée
nationale ait retirée un extrait vidéo enregistré ici même. Je n'ai pas
souvenir de précédents. Est-ce que vous partagez mon étonnement?
M. St-Pierre Plamondon : Oui,
on en a discuté ce matin. Maintenant, on se posait la question, quelles
pourraient être les raisons d'un geste comme celui-là? Donc, est-ce qu'il y a
des questions juridiques qui peuvent l'expliquer ou est-ce qu'on est
forcément... Donc, je ne suis pas en mesure d'être aussi affirmatif sur
l'implication politique découlant d'un geste comme celui-là. Est-ce qu'il y a
des considérations juridiques ou autres? Mais est-ce que c'est étonnant? Est-ce
que c'est anormal? C'est définitivement anormal.
Journaliste : Est-ce que vous
le saviez? Est-ce qu'à votre connaissance c'est quelque chose qui s'est
retrouvé à l'ordre du jour du BAN?
M. St-Pierre Plamondon : Pas
à ma connaissance, non.
Journaliste : Mais vous,
comme...
Journaliste
: Parce que
l'image aurait pu être brouillée, par exemple, là, l'image du document, sans
que la vidéo soit... soit retirée.
M. St-Pierre Plamondon : Oui,
oui. On en a discuté ce matin, on va vous revenir si on est plus solide sur la
compréhension des faits. Mais, sur ça, il y a des choses qui nous échappent un
peu.
Journaliste : ...vous allez
poser des questions à l'Assemblée nationale.
M. St-Pierre Plamondon : Exact.
Laissez-nous faire du travail avant de vous revenir sur cet aspect-là. Mais...
mais l'autre aspect est vraiment grave, là, parce que ça soulève aussi la
question : Mais comment... Si jamais un gouvernement est devant des lanceurs
d'alerte qui disent : On est en train de pelleter de l'argent par les
fenêtres puis de gaspiller des fonds publics, comment est-ce qu'on peut se
retrouver avec l'UPAC qui enquête là-dessus? Clairement à des fins politiques.
Parce que ça veut dire que le politique n'est pas content d'avoir des gens qui
lancent un signal d'alarme, alors qu'on le voit, ça a permis d'alimenter le
rapport de la Vérificatrice générale. Qu'est-ce que l'UPAC vient faire là-dedans?...
Journaliste : ...la question
de la vidéo. Vous avez l'air d'être moins choqué. Je veux dire, pour vous, il y
a... il peut y avoir des raisons légitimes de retirer un vidéo d'un
parlementaire à l'Assemblée nationale?
M. St-Pierre Plamondon : En
principe, non. En principe, non, mais laissez-nous essayer de prendre toutes
les pièces de ce casse-tête-là avant d'être catégoriques. Alors...
Journaliste : ...de vous
faire appeler par la première ministre pour vous dire : On va retirer un
de vos vidéos?
M. St-Pierre Plamondon : Non,
ça ne nous est jamais arrivé.
Journaliste : C'est non...
M. St-Pierre Plamondon : Non,
mais... Non, mais je viens quand même de dire que c'est anormal.
Journaliste : ...là, et que
vous vous retrouvez dans la situation de Mme Fréchette, où il y a un autre
parti qui sort des documents sur une entreprise privée cotée en bourse, et que,
là, cette entreprise-là appelle le gouvernement en disant : Écoutez,
comment ça se fait que ces informations-là circulent, ça a des incidences en
bourse, etc., vous faites quoi?
M. St-Pierre Plamondon : Bien,
c'est-à-dire que la fonction publique doit remplir certaines obligations de
fonctionnement, là, parce qu'en effet, sinon, certains dossiers sont
impossibles à mener. Mais est-ce que c'est au politique de passer des commandes
et d'intervenir? Est-ce que le politique devrait t'impliquer au point d'être au
courant de choses qui n'ont pas eu lieu? C'est là qu'il doit y avoir une certaine
séparation, là.
Journaliste : ...Mme
Fréchette qui a demandé une enquête de l'UPAC?
M. St-Pierre Plamondon : Tout
ce que je sais, suivant sur le papier de ce matin, qui est suffisamment
troublant, c'est qu'elle sait un congédiement qui, en fait, n'a pas eu lieu,
pour lequel l'employé n'est même pas rencontré. Donc, ça présuppose qu'il y a
une intention préméditée de congédier cette personne-là puis qu'il y a juste un
glitch dans la compréhension d'on est rendus où dans ce dossier-là.
Journaliste : ...revenir sur
le...
Journaliste : ...je veux
juste finir là-dessus.
Journaliste : ...file, là.
Journaliste : Oui. Mais vous
dites : Cet employé-là peut gagner sa cause devant les tribunaux, être
réintégré. Est-ce qu'il y a une volonté du côté du Parti québécois de
peut-être... de demander qu'il y ait quelque chose qui soit fait à l'Assemblée
nationale pour qu'il soit réintégré?
M. St-Pierre Plamondon : Non,
parce que ça, on l'a déjà eu avec les motions, là. Donc, on n'est pas un
tribunal de justice, puis il n'y a pas de garantie d'équité procédurale, de
justice naturelle. Il y a des tribunaux pour ça. Tout ce que je vous dis, c'est
qu'en toute vraisemblance, s'il n'y a pas d'autres faits manquants, il y a de
bonnes chances que les tribunaux se penchent là-dessus et disent : Vous
avez complètement manqué à vos obligations d'équité, vous n'avez pas entendu
l'employé, il y avait clairement une commande quelque part, et au final, cet
employé-là doit donc être... réinstauré dans... dans ses fonctions. Donc, moi,
en toute vraisemblance, les tribunaux ont leur travail à faire, mais ce n'est
pas l'institution de l'Assemblée nationale qui peut faire ce travail-là. On l'a
déjà... notamment dans l'affaire Michaud, là, on a déjà traité de ça.
Journaliste : ...Éric Duhaime
aussi, le chef du Parti conservateur du Québec, a été questionné là-dessus et
lui-même reconnaît que votre position, finalement, dans ce dossier-là, est très
conservatrice.
M. St-Pierre Plamondon : Bien,
elle n'est pas conservatrice, elle n'est pas progressiste non plus.
Journaliste : ...que les
conservateurs, à l'évidence.
M. St-Pierre Plamondon : Oui.
Et puis? En quoi... Je veux dire, il s'agit de 200 milliards de
dollars.
Journaliste : ...M. St-Pierre
Plamondon, il n'existe pas nulle part.
M. St-Pierre Plamondon : Non.
Il existe. Il existe.
Journaliste : Bien oui, il
existe dans la bouche de M. Garon.
M. St-Pierre Plamondon : Exact.
Journaliste : Mais c'est
tout. Je veux dire, il n'a pas été corroboré par personne.
M. St-Pierre Plamondon : Hier...
Hier, à LCN... Non, non. Hier, à LCN, un expert vient dire : Bien, moi,
j'ai pris la moyenne des dépassements de coûts en Europe, puis j'arrive à
170 milliards. À votre avis, est-ce que 170 milliards a plus de bon
sens? Je vous pose la question.
Journaliste : ...c'est des
extrapolations... Mais ce chiffre-là, en réalité, il n'existe pas pour vrai.
M. St-Pierre Plamondon : OK.
Est-ce... Est-ce que le fait que le gouvernement fédéral ne peut pas s'engager
à limiter le projet à 90 milliards, c'est une extrapolation, à votre avis?
Journaliste : ...vous
demandez 40 milliards basés sur 200...
M. St-Pierre Plamondon : Non,
non, c'est un fait. C'est un fait. C'est un fait. Donc... Donc...
Journaliste : Bien non. Mais
le chiffre n'existe pas. Vous.... Vous basez votre jugement sur un chiffre qui
n'existe.
M. St-Pierre Plamondon : Non.
C'est une... C'est une estimation basée sur un certain nombre de scénarios.
Puis, si on veut discuter de combien va coûter ce projet-là, il existe
plusieurs projets de TGV qui ont... dont le prix a explosé. Et, lorsqu'on pose
la question au gouvernement fédéral : Est-ce que vous pouvez vraiment vous
engager à ce que ça coûte seulement 90 milliards? Je répète le chiffre,
90 milliards. Savez-vous qu'avec 90 milliards, on peut régler pas mal
l'entièreté du déficit d'entretien d'infrastructures, hôpitaux, REM de l'Est.
Des projets, là, puis des choses urgentes au Québec, il y en a.
Et une grave erreur, je pense, dans
l'analyse de ce projet en ce moment, dans... dans le dialogue, c'est de penser
que l'argent du fédéral, ce n'est pas notre argent. Le fédéral doit faire sa
part en infrastructures au Québec. On envoie nos impôts à Ottawa, on est en
droit de demander à ce que l'impôt revienne. Si l'impôt revient sur un projet
qui n'est pas urgent et qui coûte 90 milliards, il y aura des conséquences
sur la disponibilité des fonds pour des besoins urgents, hôpitaux, écoles, REM
de l'Est...
Journaliste : ...quelque
chose qui existe, là? Qu'est-ce que vous répondez à Denis de Belleval ce matin
qui dit que vous vous tirez dans le pied sur le TGV, là? C'est un des
fondateurs du Parti québécois.
M. St-Pierre Plamondon : Bien,
évidemment, mais en même temps, c'est sûr que sur 50 000 membres, au Parti
québécois, tu peux en trouver un puis le mettre en vedette qui sera en
désaccord avec l'une ou l'autre des...
Journaliste : Vous pensez que
c'est un cas isolé? Parce que ça rejoint beaucoup de commentaires que je
reçois, tu sais, quand M. de Belleval dit : C'est comme si on
excluait le Québec du monde moderne.
M. St-Pierre Plamondon : Ce
n'est pas la première fois qu'il fait ça, en passant, hein? Il était sorti
exactement dans les mêmes termes sur l'amphithéâtre de Québec, comme quoi il ne
reconnaissait plus son parti, là. Donc, on peut toujours prendre un individu.
Nous, on prend des experts qui nous disent : On doit couper moins de
rubans, inaugurer moins de nouvelles infrastructures et se concentrer sur le
maintien des infrastructures.
Journaliste : ...je me
souviens qu'il y a des députés du Parti québécois, après ça, qui ont claqué la
porte, donc ce n'était certainement pas un cas isolé, là... Non, mais si vous
voulez faire le parallèle pour faire le parallèle, on va le faire. Mais si on
revient dans le cas...
M. St-Pierre Plamondon : Ce
n'est pas la première fois qu'on ressort un ancien...
Journaliste : ...du TGV, vous
croyez que l'opinion de M. de Belleval, c'est un cas isolé?
M. St-Pierre Plamondon : Non,
que c'est une opinion parmi d'autres, et moi, je vous dis qu'on se fie sur
l'opinion d'experts qui nous disent : Au Québec, en ce moment, moins de
rubans, plus d'entretien d'infrastructures désuètes. Nos hôpitaux tombent en
ruine, nos écoles tombent en ruine, nos routes tombent en ruine, puis il y a des
projets d'infrastructures de transport collectif, comme dans l'Est de Montréal,
qui n'ont pas avancé. Donc, si des sommes sont disponibles du fédéral, que
c'est notre argent, elle devrait nous revenir, elle devrait aller sur les
besoins urgents avant...
Journaliste : ...
M. St-Pierre Plamondon :
Ça... ça, vous faites de l'opinion, monsieur.
Journaliste : Si le
fédéral...
M. St-Pierre Plamondon : Ça,
ce n'est pas... c'est de l'opinion.
Journaliste : C'est parce que
ce n'est pas de l'argent que vous êtes capable d'aller chercher du jour au
lendemain.
M. St-Pierre Plamondon : C'est
votre opinion.
Journaliste : Bien, c'est la
réalité.
Journaliste
: Sur le
PEQ, vous faites quoi? Vous prenez le pouvoir, je veux dire, advenant que vous
preniez le pouvoir, vous faites quoi avec le PEQ qui a été rouvert, maintenant,
là?
19289
20141
M. Boissonneault : Bon,
là, juste pour être bien clair, il y a plusieurs drapeaux rouges qui sont levés
dans ce qui a été annoncé par le ministre Bonnardel hier. Il offre une première
période sans plafond où tout le monde pourra réappliquer au PEQ, qui étaient...
qui répondaient aux critères, en 2025, au moment de la suspension du programme.
Il y a une estimation des chiffres, entre 8 000 et 12 000, on ne sait pas
trop ça vient d'où, il dit que ça va cadrer dans les seuils pluriannuels qui
avaient été établis. Mais rappelez-vous que le ministère de l'Immigration,
pendant la course à la direction de la CAQ, est arrivé avec un chiffre de
126 000. Ce qu'on voit, là, ce qu'on... ce que nous, on perçoit, premier regard
qu'on jette là-dessus, c'est que c'est, encore une fois, un travail comme la
CAQ l'a déjà fait, un travail qui est bâclé, un travail qui est fait
rapidement. Il ne sait pas trop c'est quoi, les chiffres, il ne sait pas trop
où ça va nous mener, parce qu'après ça, il va y avoir d'autres périodes
d'ouverture de l'accès au programme, puis moi, ma grande crainte, avec ça,
c'est qu'on refasse exactement ce qu'on a fait, ce qui a été reproché à la CAQ lorsque
le PEQ a été suspendu, c'est-à-dire créer des attentes parce qu'on ouvre le
programme sans plafond aux étudiants, aux travailleurs étrangers, puis ça va
créer... on va revenir à la case départ, là, à moins qu'on attache les mains du
Québec encore pour des années en matière d'immigration économique.
Journaliste : Vous, vous
faites quoi?
M. Boissonneault : Nous,
ce qu'on va faire, nous... notre position a été très claire là-dessus, pour
nous, c'est droit acquis pour les personnes qui étaient, en vertu du programme
québécois, travailleurs étrangers temporaires au moment de la suspension du
PEQ, en 2025. C'est ces gens-là, on veut circonscrire l'accès à ce programme et
à la résidence permanente à ces gens-là. Et nous, on avait une estimation, à
peu près, du chiffre que ça pourrait représenter. Ça cadre avec une politique
qui nous apparaît saine, qui nous apparaît honnête, équitable en matière
d'immigration.
Journaliste : Vous voulez
refermer ce qui a été rouvert.
M. Boissonneault : Notre...
notre position a toujours été claire, là-dessus. Si la CAQ, pour des raisons
souvent électoralistes, à la va-vite, fait un programme bâclé où on ne sait pas
trop où ça nous mène, nous, on va mettre de l'ordre là-dedans avec des bonnes
politiques publiques en immigration.
Le Modérateur
: On va
en prendre une dernière en français.
Journaliste : Oui, j'ai...
question, sous-question, si vous le permettez. Sur le TGV, M. St-Pierre
Plamondon, est-ce que votre pensée peut évoluer? Si le fédéral... Parce que je
le concède, il n'y a pas de données probantes sur les retombées économiques
favorables pour le Québec, en ce moment. Si Ottawa prouve que ce projet-là est
favorable et bénéfique pour l'économie québécoise, est-ce que votre pensée peut
évoluer et peut, éventuellement, susciter votre adhésion, à l'égard du TGV?
M. St-Pierre Plamondon : C'est
plutôt si on constate que les besoins les plus urgents sont comblés par ces
fonds fédéraux qui nous reviennent, parce que c'est notre argent qui doit nous
revenir. Et là, le subterfuge, c'est de nous faire croire qu'il y a des sommes
qui existent, au fédéral, pour de l'infrastructure au Québec, seulement si on
fait du «nation building» canadien, mais que la somme disparaît si on parle du
REM de l'Est, de l'entretien de nos hôpitaux puis de l'entretien de besoins
urgents. Et ça, c'est vraiment un faux raisonnement. Donc, un gouvernement du
Parti québécois va exiger, du gouvernement du Canada, que nous reviennent les
sommes pour lesquelles on a contribué, à travers nos impôts, dans les besoins
qui sont identifiés comme urgents sur une base démocratique et non pas sur la
discrétion de Mark Carney et ses amis. Et ça, cette demande là, c'est la plus
responsable, parce que les études démontrent qu'on doit se concentrer sur le
déficit d'entretien, qui est chiffré à 40 milliards. Est-ce que c'est
logique de mettre encore bien plus de milliards sur un projet qui est moins
urgent? C'est une question de logique.
Journaliste : ... si on
prenait juste le temps de travailler comme tout du monde, un an, deux ans de
plus, ce n'est pas exactement mettre le projet aux poubelles. C'est... C'est
prendre le temps de faire les choses comme du monde.
M. St-Pierre Plamondon : Ah,
mais évidemment, évidemment, le gouvernement... Le Parti québécois aspire à...
à gouverner au gouvernement du Québec. Ce n'est pas la même mission que celle
du Bloc. Donc, nous, évidemment que notre vision est en fonction de l'état du
PQI. Oui, parce que, faites... Il faut faire le lien aussi avec les demandes
des municipalités. Moi, j'ai eu des rencontres légitimes, là, des demandes
légitimes des municipalités qui nous disent : On est devant un déficit
d'entretien spectaculaire, est-ce qu'on peut créer un fonds à même le PQI, où
est-ce que Québec et les villes contribuent pour renipper, là, pour rénover
tout ce qu'il y a de désuet? Mais, si on fait ça, on a moins de place pour des
nouveaux projets au PQI, qui est déjà une file d'attente qui déborde. Donc,
vous comprenez que dans ce contexte-là, évidemment qu'en politique québécoise
l'angle va être beaucoup sur est-ce qu'on a la capacité de rénover
l'infrastructure désuète.
Et, ce que le Bloc a fait, c'est de
soulever un autre pan qui est problématique, duquel j'ai moins parlé, mais ils
ont raison sur toute la ligne, c'est de dire : Regardez correctement, dans
le détail, là, regardez le... tous les problèmes qu'on... qu'on identifie dans
ce projet-là, notamment sur le fait qu'il y a des expropriations sans
évaluation, il n'y a pas de transparence, il y a plusieurs risques au niveau
des coûts parce qu'on n'a pas évalué correctement le projet, tous ces
manquements-là font également partie de la prudence que nous, on veut incarner
dans... dans ce dossier-là, à savoir que ça ressemble beaucoup à un éléphant
blanc à la Northvolt. C'est-à-dire que c'est très populaire au moment de
l'annonce. Mais, si on ne pose pas les questions d'est-ce que c'est bien
ficelé, combien ça va coûter, puis est-ce que vraiment ça répond à un besoin
qui est logique dans les circonstances, si personne ne fait ce travail-là,
bien, des fois... en fait, souvent on se retrouve dans des dossiers comme
Northvolt. Ou faites référence par exemple au chemin de fer canadien. Si on
retourne dans les grands... parce que M. Carney se vante que c'est le plus
grand projet de l'histoire du Canada depuis très longtemps. Bien, l'histoire du
Canada est remplie de gaspillage des fonds publics à travers des projets comme
ça qui se veulent... pharaoniques, mais également douteux dans la manière
d'avancer l'agenda et de gérer le projet.
Journaliste :
On Thomas Gerbet's story. Sorry, we
have to jump in English. On Thomas Gerbet's story...
M. St-Pierre
Plamondon :
Hi
there. I'm there.
Journaliste :
You are there. Glad you are. OK. Two
years ago...
Journaliste :
...
Journaliste :
Yes. Two years ago, MNAs adopted a law
to better protect whistleblowers. What's happening? You're... I mean, like
this...
M. St-Pierre
Plamondon :
Yes,
but... but that was my point. Earlier, I said, I mean, we have the framework
currently to protect whistleblowers. But we're before acts or decisions that
are irregular, maybe illegal. So, from an ethical standpoint, what has been
revealed by Thomas Gervais... Gerbet is really troubling.
So, Christine Fréchette
will need to come with very clear answers as to how that process was conducted,
so that the employee never got a chance to say anything. The political power,
namely Christine Fréchette, knew about that guy being fired and yet it was not
announced. I mean, how can you explain that? So, it looks like the political...
the CAQ used UPAC for political purposes and put in place an inquiry. And they
knew the end-result before there was an equitable hearing of that employee and
an equitable process to find out what were the facts. So, that's very, very
troubling in terms of interference.
Journaliste :
And they may not be related. The
document that was revealed, they may not.
M. St-Pierre
Plamondon :
They
may or may not. But we know...
Journaliste :
But since when UPAC is supposed to
chase sources?
M. St-Pierre
Plamondon :
That's
the real question. I think that's the only question this morning. Since when...
Since when, in Québec, and I will repeat it in French in case... Since when, in
Québec, UPAC, its job is supposed to chase whistleblowers? What's going on? And
this is very, very serious. It's really serious in terms of ethics.
Journaliste :
On the TGV, since you're there, why you
haven't consulted mayors of biggest cities? We have... We had the reactions of
Québec City Mayor, Montréal Mayor, Gatineau Mayor, Laval Mayor, Trois-Rivières
Mayor, they were all on shock that you... about... to hear your position on the
TGV.
M. St-Pierre
Plamondon :
They
shouldn't, they shouldn't be in shock for the... for a simple reason...
Journaliste
: You haven't talked to them.
M. St-Pierre
Plamondon : Yes, I talked to them a week and a
half ago. And you know what we discussed? The deficit in infrastructure. And
they asked for the Government of Québec to create a fund where both cities and
Government of Québec have reserved funds for simply renovating current
infrastructures. If the Government of Québec does that, it doesn't have the
funds for all the projects that are in line currently at in the PQI.
So, in terms of
coherence, if there's money that is ours coming from Ottawa, in that context,
you cannot put $170 or $200 billion in one project that is non-urgent
while requesting from the Government of Québec to deliver all new projects and
create a fund at the same time to renovate all the $40 billion of deficit
we have in renovating our current structure.
So, it's just a matter of
coherence. You can't have... you cannot have your cake and eat it. And funds
are not unlimited. And funds from the federal, if they go in the TGV for more
than $100 billion, they will not go in a REM de l'Est to have infrastructure
for collective transport, they will not go in a tramway in Gatineau, they will
not go in hospitals that are in line and that are actually... absolutely
dysfunctional.
So, we need to make a
decision that is coherent with needs that are legitimate from cities saying: We
have a huge deficit in renovating our current assets. And I think our position
is just coherent with the will of renovating those assets.
Le Modérateur
:
...une dernière en...
Journaliste
: Do you think the train could
be the next Northvolt...
M. St-Pierre
Plamondon : The next what?
Journaliste
: The high-speed rail could be the next?
M. St-Pierre
Plamondon : I'm just saying that, when we
took... I think we can say a hard stance on Northvolt from the beginning, the narrative was that it was the biggest
announcement since the Baie-James and it was such a positive moment. Why does the PQ criticize things
that are so positive, and so on? And, with time, we realized that, when a
project has a lot of red flags and a lot of lack of transparency, lack of
planning, lack of evaluation and proposals also to expropriate without a due
process, all those red flags have to be mentioned, have to be considered in
time. Otherwise, sometimes, often, you're stuck with a Northvolt, funds... public funds that are down the drain.
Le Modérateur
:
On va devoir conclure.
Journaliste :
Does the federal Government need the
Government of Québec support if the Government of Québec is not putting any
money into this train for it to come into the province? I'm genuinely curious.
M. St-Pierre
Plamondon :
Of
course. Of course, because... What were before essentially is half of our tax
is going to Ottawa and they want to determine the needs in infrastructure based
on their interest and not the democracy and the needs of the population in
Québec. So, of course, the National Assembly will have their word on that.
And a Government of
Québec will tell the federal Government: If you really have $200 billion
to spend on that project in infrastructure in Québec, we ask you to spend that
money where it's badly needed before you do such a project. And the way the
project is set up is very likely to create a price that is out of... out of
control and hence a waste of public money. So, that's going to happen. I think,
very likely, it's really likely to happen, that dialog.
Le Modérateur
:
...
Journaliste
:
...44 seats in Québec. The Quebeckers voted for us, and
this was a key part of our platform.
M. St-Pierre
Plamondon : Sure, and they will see for who
they voted at the National Assembly in October.
Le Modérateur
:
Merci beaucoup. Merci. Ça fait déjà près de 30 minutes. On
va devoir quitter...
Journaliste :
...a little bit better your position.
What delineates... What you're saying is you would have an acquired right. What
the announcement yesterday was, at least, the first phase is an acquired right.
So, what's the difference between the first phase of the Government now and
what you are saying?
M.
Boissonneault : What we... what we observe is
that the Government doesn't have any numbers, it doesn't know how many people
is going to be involved. He's opening the PEQ for political reasons because it
was a promise that had been made by the Premier. And again, we see a CAQ that
has been doing always the same, working quickly, working badly, with a plan
that we... that that doesn't have all the equation, we don't have all the facts
in front of us on what it means. So, for us...
Journaliste
:
So, you are saying...
M.
Boissonneault : Exactly. The difference...
M.
Boissonneault :
…exactly, the difference is, for us, it is limited to the people who
were here at the moment where the PEQ was suspended in 2025, that were with the
Québec program for foreign workers that were here. So, it's circumscribed, we
have a clear idea where we are going, the CAQ doesn't have a clear idea and
that's worries… that's worrisome.
(Fin à 8 h 30)