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(Neuf heures douze minutes)
Mme Blanchette Vézina :
Bonjour, tout le monde! Alors, je cède la parole au chef du Parti conservateur,
M. Éric Duhaime.
M. Duhaime (Éric) : Merci
beaucoup Maïté. On veut commencer le point de presse, évidemment, en commentant
la nouvelle du jour, là, où on apprend le congédiement d'un sonneur d'alerte.
Ce qui est très préoccupant dans ce cas-ci, c'est que c'est une histoire, là,
qui déjà fait jaser depuis quelque temps sur la colline, hein? La priorité de
la première ministre, rappelez-vous, il y a quelques jours, c'était de savoir
qui a coulé l'information au sujet d'un courriel, parce que le ministre des
Finances lui a dit de faire attention avec le gaspillage des fonds publics. Et
ce qui semblait la préoccuper, ce n'était pas l'aspect économique, c'était de
savoir qui est le coupable, comment ça se fait que le courriel du ministre
s'est retrouvé dans les mains des médias? Et là, aujourd'hui, on apprend en
plus que l'UPAC aurait enquêté, qu'un employé aurait été congédié et que... tu
sais, tout est... tout est mauvais dans cette histoire-là, là.
Comment ça se fait que l'UPAC enquête sur
du monde, sur des fuites politiques? Moi, je pensais que l'UPAC, c'était une
unité contre la corruption, pas pour... pas une unité policière politique. Et
ça pose des questions qui sont assez majeures par rapport à l'intervention
politique dans les enquêtes policières au Québec. La première ministre doit
s'expliquer aujourd'hui. C'est inacceptable, ce qui vient de se passer. Puis je
ne suis pas en train de dire qu'il faut que des employés de l'État coule de
l'information, puis qu'il y ait... il ne faut pas que ça soit sanctionné ou
pas, là, je ne suis pas en train de dire ça du tout, là. Je comprends que les
employés de l'État ont quand même un devoir de réserve, puis ils ont des
obligations professionnelles.
Cela étant dit, quand c'est rendu qu'au
niveau politique, on envoie des enquêteurs anticorruption contre des employés
de l'État, là, c'est une autre paire de manches, là, on est en train de tuer
une mouche avec un bazooka. Et je pense que c'est inacceptable et que la
première ministre va devoir, au cours des prochaines heures, là, faire la
lumière sur cette histoire-là, s'excuser, si, effectivement, toutes les
révélations sont vraies, sont fondées et j'espère qu'on va aller au fond de
cette question. Ça fait déjà plusieurs jours que ça défraie les manchettes
puis, encore une fois, elle aurait dû se soucier du contenu du courriel du
ministre Girard il y a quelques jours, plutôt que de partir une chasse aux
sorcières à laquelle on assiste présentement.
Journaliste
: À la
lecture du texte de Radio-Canada, on comprend que l'enquête est déclenchée à la
suite, là, des révélations de Monsef Derraji où il montre un document où on
verrait, là, des informations sur des entreprises puis des investissements
qu'elles vont faire dans le futur qui ne sont pas publics. Sur ce point-là,
est-ce que vous reconnaissez... et qu'est-ce que vous auriez fait, vous, si
vous étiez au pouvoir?
M. Duhaime (Éric) : La
dernière fois qu'elle a parlé de ça, rappelez-vous, là, c'est quand elle a reçu
le courriel de M. Girard, là, c'est là qu'on en a entendu parler...
Journaliste
: Oui,
mais, moi, je vous parle du texte de ce matin.
M. Duhaime (Éric) : Moi, ce
que je vous dis, là, c'est que les employés de l'État ont un devoir de réserve,
ça, c'est clair. Puis, tout le monde, on a tous un devoir de réserve comme employé
envers notre employeur, je pense que c'est normal dans une société. Cela étant
dit, moi, je veux savoir comment ça se fait que l'unité qui est supposée s'occuper...
contre la corruption, est rendu qu'elle parle... qu'elle enquête sur du coulage
politique. Est-ce qu'il y a un mélange entre les deux? Parce que c'est ça qui
est dangereux, là. Puis, surtout, on le sait, là, l'UPAC, vous le savez tous,
là, ils sont en... il y a des allégations excessivement sérieuses qui pèsent
présentement contre le Parti libéral du Québec. Moi, je veux que... comme tous
les Québécois, là, on veut aller au fond des choses sur la corruption
potentielle au Parti libéral. Tout le monde veut savoir la vérité.
Journaliste
: Bien dans
ce cas-ci, là, on revient au cas qui nous occupe de ce matin, c'est que...
M. Duhaime (Éric) : Mais... Non,
non, mais, laissez-moi juste finir, parce que c'est important. Si l'UPAC perd
sa crédibilité puis qu'effectivement il y a de la manipulation politique, là, bien,
toutes les accusations qui pourraient sortir de l'UPAC vont être entachées par
ce processus-là.
Journaliste : ...juste de
voir elle est où, la manipulation politique? De ce qu'on comprend, c'est parce
qu'il y avait un soupçon qu'il y avait un délit d'initié. Donc, c'est ça qui
aurait déclenché une enquête policière. Ça, vous trouvez que, dans le fond, c'est
de la poudre aux yeux, puis...
M. Duhaime (Éric) : Bien, ça
ressemble à une excuse, là, dans ce cas-ci, moi, c'est ça que j'ai... Parce qu'on
est capable de mettre les... Rappelez-vous là, quand il y a eu le coulage du
courriel du ministre Girard, moi, c'est ça qui m'a... qui a été l'élément, quant
à moi, déclencheur, là, quand elle a dit qu'ils cherchaient le coupable, là, tu
sais, puis qu'ils ouvraient une enquête. Rappelez-vous, là, ce n'est pas moi
qui... vous l'avez écrit, là, ce n'est pas moi qui l'ai inventé, là. Et c'est
là que moi j'ai... Déjà, à ce moment-là, on avait sonné l'alerte puis aujourd'hui,
bien, malheureusement, c'est peut-être l'aboutissement de tout ça.
Journaliste
: Parce que
c'est plus que ça, vous dîtes... vous dites le gouvernement envoie la police
après un fonctionnaire parce qu'il a coulé, supposément, un document, mais il
semble que le gouvernement envoie aussi la police envers un député qui a exhibé
un document à l'endroit même où vous êtes en ce moment.
M. Duhaime (Éric) : Ça, c'est
un autre problème, effectivement.
Journaliste
: ...c'est
problématique et qu'en est...
M. Duhaime (Éric) : Bien oui.
C'est parce que ça devient politique. Il faut qu'il y ait un mur... un pare-feu
entre le politique puis les enquêtes judiciaires pour les enquêtes criminelles.
On ne peut pas... on ne peut pas mélanger les deux, puis ça ne peut pas être
des «calls» politiques qui manipulent les policiers, là.
Journaliste : Êtes-vous
surpris que l'Assemblée nationale ait accepté de censurer un député qui prenait
la parole à l'endroit où vous êtes en ce moment?
M. Duhaime (Éric) : Bien,
normalement, là, il y a... il y a quand même... Je veux dire, si on n'est pas
capable de prendre une information qu'on a puis de la diffuser, je me demande à
quoi on sert. Je veux dire, c'est le rôle de l'opposition, justement, de
prendre des documents qui, des fois, oui, sont publics, des fois, le sont
moins, et de faire son travail pour questionner le gouvernement. La vraie... Le
vrai questionnement puis le vrai scandale, c'est ce qu'on déniche puis ce qu'on...
les questions qu'on pose au gouvernement. Ce n'est pas de savoir qui sont nos
sources.
Et là, malheureusement, j'ai l'impression
que la chasse aux sorcières est enclenchée avec la CAQ et moi, ça, ça m'inquiète.
Puis j'espère que la première ministre, aujourd'hui, va avoir le courage de
venir devant vous puis répondre à vos questions, pas juste aux questions de l'opposition.
Il faut qu'elle réponde aux questions des médias également. Parce que vos
sources, il y a... Oui, les politiciens ont des sources, mais vous autres
aussi, vous avez des sources. Puis la protection des sources, là, est importante.
On vit en démocratie, la liberté de presse existe, puis les parlementaires
doivent pouvoir faire leur travail, comme les journalistes. Et ça, quant à moi,
ça entache le processus au complet.
Journaliste : Si vous prenez
le pouvoir, est-ce que vous allez réintégrer le fonctionnaire qui a perdu son
emploi?
M. Duhaime (Éric) : Bien, là,
écoutez, là, je ne peux pas... je ne peux pas parler pour l'individu. Ce que j'ai
compris, là, il est même sorti de l'ombre, de lui-même, il n'était pas obligé
de faire ce qu'il a fait ce matin, là. C'est un geste volontaire. Je ne sais
pas si cette personne-là va vouloir continuer à travailler dans la fonction
publique...
Journaliste
: Parce
qu'il aimait beaucoup son travail, là.
M. Duhaime (Éric) : Bien,
c'est... Écoutez, moi, les lanceurs d'alerte, je les vois souvent comme des
gens, justement, qui jouent un rôle important dans une société. Les... il y a
eu, déjà, des lanceurs d'alerte, ce n'est pas la première fois que ça arrive,
là, rappelez-vous qu'on a vécu quelques enquêtes précédemment, là, mais il faut
que les lanceurs d'alerte, on puisse, d'une façon, les protéger, parce que...
surtout quand...
Journaliste : Vous parlez d'un
devoir de réserve quand même, là, des fonctionnaires. Elle est où, la ligne à
ne pas franchir?
M. Duhaime (Éric) : C'est une
très bonne question. Récemment, vous avez eu un sous-ministre qui est allé
dénoncer les coupures de postes au ministère de l'Environnement, je ne sais pas
si vous vous rappelez. Moi, j'étais... j'étais très choqué de ça. Puis lui, il
n'a pas eu de sanction, alors qu'il est intervenu à visage découvert,
publiquement, faire une déclaration quant à moi très politique, qui allait complètement
contre son devoir de réserve, puis lui n'a pas été sanctionné, mais quelqu'un
qui coule de l'information qu'il juge d'intérêt public, puis qui met le
gouvernement dans l'embarras, bien ça, ça ne passe plus. Puis j'ai de la
difficulté à comprendre pourquoi il y en a un qui est acceptable, puis l'autre
n'est pas acceptable. Quant à moi, c'est encore pire quand la personne
intervient elle-même pour faire de la politique sur la place publique puis que
c'est un sous-ministre en plus. Ça, ça a passé au gouvernement de la CAQ. Ça fait
que... Vous avez raison que, la ligne, elle n'est vraiment pas claire, là.
Journaliste : Compte tenu de
ce que l'on a appris dans le rapport du Vérificateur général hier, est-ce que
le fonctionnaire en question devrait obtenir réparation?
M. Duhaime (Éric) : Bien, c'est
sûr que les motifs... les motifs de son congédiement, en fait... Puis le pire,
c'est qu'on... on ne connaît même pas le fond de l'histoire, là, ça fait qu'il
faut faire attention, il faut quand même se garder une petite retenue, là,
parce que, moi, je ne connais pas les tenants et aboutissants, là, puis je
pense qu'il n'y a personne qui les connaît au moment... au moment où on se
parle, là. Ça fait que je vais attendre de voir qu'est-ce qu'ils vont... qu'est-ce
qui va ressortir de cette histoire-là, mais je pense qu'on va en parler
abondamment dans les prochaines semaines, parce que c'est excessivement
préoccupant, ce qui s'est passé aujourd'hui.
Journaliste : ...sur les
lanceurs d'alerte. Vous dites que la ligne est floue, mais est-ce qu'il faut
mieux les protéger, lorsque l'information est d'intérêt public?
M. Duhaime (Éric) : Bien
oui, il faut mieux les protéger. Rappelez-vous la commission Charbonneau. Je
veux dire, on a... s'il n'y avait pas eu de lanceurs d'alerte, là, on n'aurait
jamais rien su, et les Québécois, peut-être qu'ils auraient continué à perdre
des milliards en corruption puis en collusion. Donc, je pense qu'effectivement,
quand on dénonce des crimes, il ne faut pas que ce soit la personne qui dénonce
le crime qui se fait criminaliser.
Journaliste
: ... la
loi, là.
M. Duhaime (Éric) : Oui,
à ce niveau-là, oui.
Journaliste : Bien là, dans
ce cas-là, est-ce qu'il y a un crime qui a été...
M. Duhaime (Éric) : Non,
mais, c'est ça, dans ce cas-là, on ne le sait pas, là, parce que là, on ne sait
pas s'il y a un délit d'initié ou pas, on ne sait pas... Tu sais, c'est... il y
a beaucoup de flous, là, sur la façon dont ça s'est fait, là. Ça fait qu'on va
attendre de savoir si, oui ou non, il y avait, effectivement, des actions
criminelles ou non. Mais... mais je parlais plus pour ce qui s'est passé à la
commission Charbonneau.
Journaliste : Parce que vous
avez commencé en disant : Tout, tout, tout sent mauvais, dans cette
histoire-là.
M. Duhaime (Éric) : Oui.
Journaliste
: Et là,
vous nuancez beaucoup en disant : On ne connaît pas les tenants et
aboutissants, on ne sait pas si on va le réintégrer, on ne sait pas s'il faut
le protéger, vous suggérez que l'UPAC a été manipulée par le gouvernement, là.
M. Duhaime (Éric) : Ce
qui sent mauvais... Moi, je fais juste la chronologie des faits, là. On a un
courriel qui apparaît, d'abord, entre le ministre des Finances et la première
ministre, où le premier... où le ministre des Finances envoie un avertissement
sur la façon de dépenser de la première ministre, qui est dommageable
politiquement pour elle. Cette correspondance-là est rendue publique. Ce n'est
pas moi, là, le gouvernement, puis vous l'avez rapporté, la nouvelle, annonce
qu'il y a une enquête pour savoir c'est qui, la fuite. Ça fait que la première
ministre, ce qui l'intéressait, ce n'était pas le contenu du courriel, c'était
qui a donné le courriel. Ça, tant qu'à moi, ça, c'est ça qui commence à sentir
mauvais. Puis là, quelques jours ou semaines plus tard, on se ramasse ce qu'on
apprend qu'un employé a été congédié. Évidemment, il y a toute
l'histoire, aussi, d'un député de l'opposition qui aurait eu des documents qui
auraient peut-être été visibles, là, ou... ou dont il aurait cité. Mais... mais
la conclusion, puis de voir qu'un employé, aujourd'hui, est congédié, puis de
voir que l'UPAC est impliquée là-dedans, puis il y a... Qui a appelé l'UPAC?
Comment ça s'est... Tu sais, on n'a pas... on n'a pas tous les détails de
comment ça s'est fait, là. Mais moi, je veux savoir c'est quoi l'enquête,
exactement, qui a été faite? Qui a été mandaté pour faire l'enquête suite au
coulage du courriel de M. Girard à Mme Fréchette? Qu'est-ce qu'ils
ont trouvé, les enquêteurs, à ce niveau-là? Est-ce qu'il y a un lien entre les
deux histoires, entre celle-là et celle de ce matin? Puis si oui, lequel? Puis
c'est quoi, cette histoire de délit d'initié dont il est question? Puis
pourquoi ils n'ont pas... ils n'ont pas fait une enquête interne? Puis pourquoi
l'UPAC a été mêlée à ça? Je veux dire, c'est toutes des questions qui, quant à
moi, sont légitimes, mais le fait que ça parte du politique et que ça se
ramasse à l'UPAC, moi, je pense que c'est là que c'est... c'est... c'est ce
lien-là qui, quant à nous, est très préoccupant, là.
Journaliste : Le contenu du
document que M. Derraji a exhibé, là, le prédécesseur de
Mme Fréchette, M. Fitzgibbon, lui, avait toujours été transparent sur
ces éléments-là. Alors, pourquoi, du jour au lendemain, ça deviendrait
criminel?
M. Duhaime (Éric) : C'est
une très bonne question que vous posez, comme je vous ai dit tantôt, je n'ai
pas tous les éléments pour répondre à cette question-là. Il va falloir que la
première ministre réponde, aussi, à ça. Pourquoi M. Fitzgibbon rendait ça
public puis elle, non? Puis pourquoi ça deviendrait un délit d'initié alors
qu'à l'époque, c'était de l'information d'intérêt public?
Journaliste
: Sur le
TGV.
M. Duhaime (Éric) : Oui.
Journaliste : Vous pensez
quoi de la sortie de M. de Belleval, ce matin?
M. Duhaime (Éric) :
Bien, écoutez, je pense que M. de Belleval est sorti contre son propre
parti, contre le Parti québécois, ce matin. Je vois que ça brasse au Parti
québécois, que la décision ne fait pas consensus chez les péquistes. Moi, je
peux vous dire qu'au Parti conservateur du Québec, on a toujours été contre. Et
je peux vous dire qu'on est assez unis, je n'ai pas personne dans le parti qui
m'a dit qu'il n'était pas... qu'il était d'accord avec un TGV, au contraire.
Même hier, on avait un rassemblement, dans Charlesbourg, pour le lancement de
campagne de notre candidate, Éloïse Coulombe. J'ai rencontré des agriculteurs
qui étaient là, qui étaient très heureux de notre positionnement dans cet
enjeu, sur cet enjeu-là. Donc, je vois que chez nous, ça fait consensus. Puis
je vous dis qu'aussi, sur la scène fédérale, vous l'avez vu cette semaine, même
la manifestation qu'il y a eu devant la colline parlementaire, les conservateurs
fédéraux se sont joints à la manifestation. Ils sont, eux aussi opposés au
projet. Donc, je pense qu'il y a de plus en plus d'opposition, moi, je vois ça
de façon très positive, puis qu'il y ait une partie du Parti québécois qui
commence à être contre, je pense que c'est de bon augure pour la suite des
choses.
Journaliste : Mais
partagez-vous les chiffres du Parti québécois?
M. Duhaime (Éric) : J'aimerais
ça que le PQ fasse la même chose avec le tramway, parce que quand on nous dit
7,6 milliards, il y a trois ans, puis qu'on nous dit que c'est le même
chiffre, j'ai les mêmes doutes que le PQ. Mais je suis d'accord avec eux que
c'est rare, au Québec, qu'on voit des projets avec... de multimilliardaires
respecter les budgets initiaux. Là, je voulais vous parler du bilan de session,
mais là, on me parle de toutes sortes de questions. Je voulais... on voulait
faire un bilan, mais là, on a perdu le contrôle de la période des questions.
Allez-y, vous aviez une question?
Journaliste : Non, mais...
Oui, juste une petite dernière sur Mme Déry, ce matin, qui... qui abaisse,
là, la cible pour les véhicules zéro émission. C'est une bonne chose que le
gouvernement recule là-dessus?
M. Duhaime (Éric) : Bien,
justement, ça fait partie de notre bilan. Je pense, tu sais, le Parti
conservateur a influencé plusieurs des politiques au cours des derniers mois.
On n'a pas encore un caucus représenté à l'Assemblée nationale, on a eu... ça a
été la bonne nouvelle de la session, une députée qui est venue siéger avec
nous. Mais on voit l'impact des idées conservatrices qui font du chemin, on le
voit encore aujourd'hui, Pascale Déry va annoncer un deuxième recul du
gouvernement sur l'interdiction de vente des véhicules à essence. Ça fait des
mois, des années que le Parti conservateur a lancé sa campagne Mon char, mon
choix. C'est, pour nous... Au début, on a ri de nous et, aujourd'hui, on est en
train, lentement mais sûrement, d'adopter des politiques de plus en plus
conservatrices. Ce qu'on disait à l'époque est en train de se concrétiser. On
disait que les cibles étaient irréalistes, que ce n'était pas... que les
concessionnaires ne pourraient pas respecter les quotas, que les gens en région
ne voulaient pas parce qu'ils ont des distances trop grandes puis les... ces
autos-là n'ont pas suffisamment d'autonomie pour eux, que les gens à faibles
revenus n'ont pas les moyens de s'acheter des véhicules à 83 000 $,
en moyenne. Toutes ces vérités-là, aujourd'hui, s'avèrent, puis le gouvernement
est obligé de faire la seule chose faisable dans les circonstances,
c'est-à-dire de reculer sur ce qu'ils avaient pris comme engagement.
Mais là je ne sais pas si je peux
continuer aussi sur notre bilan. Je peux vous parler d'autres idées
conservatrices qui ont connu du succès au cours des dernières semaines. Peut-être,
veux-tu que je te laisse parler, Maïté, pour commencer? Je vais laisser
Maïté...
Mme Blanchette Vézina : Allons-y,
allons-y, mais rapidement, parce que, oui, c'est ça, on a passé beaucoup temps
sur autre chose, mais... Dépôt de projet de loi, immigration, régionalisation
de l'immigration. On parlait du PEQ, bon, un autre recul du gouvernement. Nous,
depuis le début, on prônait qu'il y ait une clause de droits acquis. C'est ce
que le gouvernement a fait, aujourd'hui, en revenant et en remettant le PEQ.
Nous, on va plus loin, on est allés plus loin, on a déposé un projet de loi
pour régionaliser l'immigration, projet de loi en santé, aussi, avec mon
collègue Youri Chassin, en collaboration avec le Parti conservateur.
M. Duhaime mentionnait également, là,
qu'il y avait eu des reculs là, en termes aussi de ce qui est des... je vais le
dire... des codes du bâtiment. Donc, il y avait eu une volonté, là, du
gouvernement d'appliquer un nouveau code du bâtiment. Le gouvernement a reporté
cette... cette application, sur demande, notamment, du Parti conservateur.
Boissons énergisantes, on va voter aujourd'hui sur un projet de loi, mais,
grâce à nos interventions de la semaine dernière, on a pu avoir un minimum de
débat et de consultations sur le dossier, sinon le gouvernement et les
oppositions allaient passer ça dans le beurre, alors qu'il y a beaucoup de
questions qui demeurent sans réponse. Mais, au moins, on aura pu entendre
certains experts.
Journaliste
: Vous
allez voter comment là-dessus, finalement?
Mme Blanchette Vézina : Je
n'ai pas pris de décision encore...
Journaliste
: C'est tout
à l'heure.
Mme Blanchette Vézina :
...mais je prendrai une décision. Mais je vais être là, en Chambre, pour voter.
Ceci étant, j'ai émis de grandes réserves dans le débat d'hier. Je vous invite
à aller écouter mon allocution, mais notamment, là, sur les conclusions même
de... du rapport de l'INSPQ, l'Institut national de santé publique, quand on
parle de science qui émet de grandes réserves sur l'efficacité de
l'interdiction réelle, sans autres mesures, et ce que... c'est ce que nous,
nous disions depuis le début.
Donc, voilà, des bons gains, et des très
bons gains, pour une seule députée à l'Assemblée nationale, comme quoi même un
député, un seul, peut faire avancer les choses. Puis imaginez si on était
plusieurs, puis quand on sera plusieurs, j'ai envie de dire...
M. Duhaime (Éric) : Puis, sur
un plan plus partisan, je vous dirais qu'on a aussi eu un congrès à la fin
janvier, début février, qui a été un succès, qui a professionnalisé le parti.
On a eu une élection partielle dans Chicoutimi, où le Parti conservateur est
passé de 8 % à 26 % le 23 février dernier. Pour nous, ça a été
un gain important dans cette session-ci. J'ai fait une tournée et j'ai lancé un
livre, Destination Autonomie, il y a un peu plus d'un mois, qui a
beaucoup fait jaser, qui, je pense, a bien positionné le Parti conservateur du
Québec dans le débat constitutionnel. Finalement, j'ai annoncé ce que les
médias me demandaient depuis des mois, où j'allais me présenter. J'ai
finalement annoncé que j'allais être candidat dans la circonscription de Bellechasse,
où on a procédé à un lancement important il y a deux semaines.
Donc, ça complète notre bilan pour la
session, et on espère qu'au prochain bilan on sera beaucoup plus nombreux, puis
notre... notre bilan sera encore davantage reluisant, parce que, comme Maïté
vient de le dire, imaginez ce qu'on a fait avec un député, quand on sera un
groupe parlementaire, ce qu'on pourra faire et je pense que c'est... de plus en
plus, les gens le voient puis ils le disent, là. Même nos adversaires
politiques concèdent que la voix conservatrice, une voix un peu plus à droite,
doit être entendue à l'Assemblée nationale. Je pense que c'est... On le voit
encore, ce matin, avec les voitures électriques. Ça prend une...
Mme Blanchette Vézina : Gros
bon sens.
M. Duhaime (Éric) : ...ça
prend le gros bon sens sur les banquettes de l'Assemblée nationale, et j'ai
confiance que les Québécois vont envoyer une forte délégation de députés à
compter du 5 octobre prochain. Merci.
Journaliste : ...gros bon
sens... un slogan de M. Poilievre.
M. Duhaime (Éric) : Qui a
repris lui-même un slogan de Mike Harris, d'une autre époque.
Journaliste
: Exact.
M. Duhaime (Éric) : Merci
beaucoup.
(Fin à 9 h 29)