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Point de presse de Mme Maïté Blanchette Vézina, députée de Rimouski

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Thursday, June 11, 2026, 9 h

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Neuf heures douze minutes)

Mme Blanchette Vézina : Bonjour, tout le monde! Alors, je cède la parole au chef du Parti conservateur, M. Éric Duhaime.

M. Duhaime (Éric) : Merci beaucoup Maïté. On veut commencer le point de presse, évidemment, en commentant la nouvelle du jour, là, où on apprend le congédiement d'un sonneur d'alerte. Ce qui est très préoccupant dans ce cas-ci, c'est que c'est une histoire, là, qui déjà fait jaser depuis quelque temps sur la colline, hein? La priorité de la première ministre, rappelez-vous, il y a quelques jours, c'était de savoir qui a coulé l'information au sujet d'un courriel, parce que le ministre des Finances lui a dit de faire attention avec le gaspillage des fonds publics. Et ce qui semblait la préoccuper, ce n'était pas l'aspect économique, c'était de savoir qui est le coupable, comment ça se fait que le courriel du ministre s'est retrouvé dans les mains des médias? Et là, aujourd'hui, on apprend en plus que l'UPAC aurait enquêté, qu'un employé aurait été congédié et que... tu sais, tout est... tout est mauvais dans cette histoire-là, là.

Comment ça se fait que l'UPAC enquête sur du monde, sur des fuites politiques? Moi, je pensais que l'UPAC, c'était une unité contre la corruption, pas pour... pas une unité policière politique. Et ça pose des questions qui sont assez majeures par rapport à l'intervention politique dans les enquêtes policières au Québec. La première ministre doit s'expliquer aujourd'hui. C'est inacceptable, ce qui vient de se passer. Puis je ne suis pas en train de dire qu'il faut que des employés de l'État coule de l'information, puis qu'il y ait... il ne faut pas que ça soit sanctionné ou pas, là, je ne suis pas en train de dire ça du tout, là. Je comprends que les employés de l'État ont quand même un devoir de réserve, puis ils ont des obligations professionnelles.

Cela étant dit, quand c'est rendu qu'au niveau politique, on envoie des enquêteurs anticorruption contre des employés de l'État, là, c'est une autre paire de manches, là, on est en train de tuer une mouche avec un bazooka. Et je pense que c'est inacceptable et que la première ministre va devoir, au cours des prochaines heures, là, faire la lumière sur cette histoire-là, s'excuser, si, effectivement, toutes les révélations sont vraies, sont fondées et j'espère qu'on va aller au fond de cette question. Ça fait déjà plusieurs jours que ça défraie les manchettes puis, encore une fois, elle aurait dû se soucier du contenu du courriel du ministre Girard il y a quelques jours, plutôt que de partir une chasse aux sorcières à laquelle on assiste présentement.

Journaliste : À la lecture du texte de Radio-Canada, on comprend que l'enquête est déclenchée à la suite, là, des révélations de Monsef Derraji où il montre un document où on verrait, là, des informations sur des entreprises puis des investissements qu'elles vont faire dans le futur qui ne sont pas publics. Sur ce point-là, est-ce que vous reconnaissez... et qu'est-ce que vous auriez fait, vous, si vous étiez au pouvoir?

M. Duhaime (Éric) : La dernière fois qu'elle a parlé de ça, rappelez-vous, là, c'est quand elle a reçu le courriel de M. Girard, là, c'est là qu'on en a entendu parler...

Journaliste : Oui, mais, moi, je vous parle du texte de ce matin.

M. Duhaime (Éric) : Moi, ce que je vous dis, là, c'est que les employés de l'État ont un devoir de réserve, ça, c'est clair. Puis, tout le monde, on a tous un devoir de réserve comme employé envers notre employeur, je pense que c'est normal dans une société. Cela étant dit, moi, je veux savoir comment ça se fait que l'unité qui est supposée s'occuper... contre la corruption, est rendu qu'elle parle... qu'elle enquête sur du coulage politique. Est-ce qu'il y a un mélange entre les deux? Parce que c'est ça qui est dangereux, là. Puis, surtout, on le sait, là, l'UPAC, vous le savez tous, là, ils sont en... il y a des allégations excessivement sérieuses qui pèsent présentement contre le Parti libéral du Québec. Moi, je veux que... comme tous les Québécois, là, on veut aller au fond des choses sur la corruption potentielle au Parti libéral. Tout le monde veut savoir la vérité.

Journaliste : Bien dans ce cas-ci, là, on revient au cas qui nous occupe de ce matin, c'est que...

M. Duhaime (Éric) : Mais... Non, non, mais, laissez-moi juste finir, parce que c'est important. Si l'UPAC perd sa crédibilité puis qu'effectivement il y a de la manipulation politique, là, bien, toutes les accusations qui pourraient sortir de l'UPAC vont être entachées par ce processus-là.

Journaliste : ...juste de voir elle est où, la manipulation politique? De ce qu'on comprend, c'est parce qu'il y avait un soupçon qu'il y avait un délit d'initié. Donc, c'est ça qui aurait déclenché une enquête policière. Ça, vous trouvez que, dans le fond, c'est de la poudre aux yeux, puis...

M. Duhaime (Éric) : Bien, ça ressemble à une excuse, là, dans ce cas-ci, moi, c'est ça que j'ai... Parce qu'on est capable de mettre les... Rappelez-vous là, quand il y a eu le coulage du courriel du ministre Girard, moi, c'est ça qui m'a... qui a été l'élément, quant à moi, déclencheur, là, quand elle a dit qu'ils cherchaient le coupable, là, tu sais, puis qu'ils ouvraient une enquête. Rappelez-vous, là, ce n'est pas moi qui... vous l'avez écrit, là, ce n'est pas moi qui l'ai inventé, là. Et c'est là que moi j'ai... Déjà, à ce moment-là, on avait sonné l'alerte puis aujourd'hui, bien, malheureusement, c'est peut-être l'aboutissement de tout ça.

Journaliste : Parce que c'est plus que ça, vous dîtes... vous dites le gouvernement envoie la police après un fonctionnaire parce qu'il a coulé, supposément, un document, mais il semble que le gouvernement envoie aussi la police envers un député qui a exhibé un document à l'endroit même où vous êtes en ce moment.

M. Duhaime (Éric) : Ça, c'est un autre problème, effectivement.

Journaliste : ...c'est problématique et qu'en est...

M. Duhaime (Éric) : Bien oui. C'est parce que ça devient politique. Il faut qu'il y ait un mur... un pare-feu entre le politique puis les enquêtes judiciaires pour les enquêtes criminelles. On ne peut pas... on ne peut pas mélanger les deux, puis ça ne peut pas être des «calls» politiques qui manipulent les policiers, là.

Journaliste : Êtes-vous surpris que l'Assemblée nationale ait accepté de censurer un député qui prenait la parole à l'endroit où vous êtes en ce moment?

M. Duhaime (Éric) : Bien, normalement, là, il y a... il y a quand même... Je veux dire, si on n'est pas capable de prendre une information qu'on a puis de la diffuser, je me demande à quoi on sert. Je veux dire, c'est le rôle de l'opposition, justement, de prendre des documents qui, des fois, oui, sont publics, des fois, le sont moins, et de faire son travail pour questionner le gouvernement. La vraie... Le vrai questionnement puis le vrai scandale, c'est ce qu'on déniche puis ce qu'on... les questions qu'on pose au gouvernement. Ce n'est pas de savoir qui sont nos sources.

Et là, malheureusement, j'ai l'impression que la chasse aux sorcières est enclenchée avec la CAQ et moi, ça, ça m'inquiète. Puis j'espère que la première ministre, aujourd'hui, va avoir le courage de venir devant vous puis répondre à vos questions, pas juste aux questions de l'opposition. Il faut qu'elle réponde aux questions des médias également. Parce que vos sources, il y a... Oui, les politiciens ont des sources, mais vous autres aussi, vous avez des sources. Puis la protection des sources, là, est importante. On vit en démocratie, la liberté de presse existe, puis les parlementaires doivent pouvoir faire leur travail, comme les journalistes. Et ça, quant à moi, ça entache le processus au complet.

Journaliste : Si vous prenez le pouvoir, est-ce que vous allez réintégrer le fonctionnaire qui a perdu son emploi?

M. Duhaime (Éric) : Bien, là, écoutez, là, je ne peux pas... je ne peux pas parler pour l'individu. Ce que j'ai compris, là, il est même sorti de l'ombre, de lui-même, il n'était pas obligé de faire ce qu'il a fait ce matin, là. C'est un geste volontaire. Je ne sais pas si cette personne-là va vouloir continuer à travailler dans la fonction publique...

Journaliste : Parce qu'il aimait beaucoup son travail, là.

M. Duhaime (Éric) : Bien, c'est... Écoutez, moi, les lanceurs d'alerte, je les vois souvent comme des gens, justement, qui jouent un rôle important dans une société. Les... il y a eu, déjà, des lanceurs d'alerte, ce n'est pas la première fois que ça arrive, là, rappelez-vous qu'on a vécu quelques enquêtes précédemment, là, mais il faut que les lanceurs d'alerte, on puisse, d'une façon, les protéger, parce que... surtout quand...

Journaliste : Vous parlez d'un devoir de réserve quand même, là, des fonctionnaires. Elle est où, la ligne à ne pas franchir?

M. Duhaime (Éric) : C'est une très bonne question. Récemment, vous avez eu un sous-ministre qui est allé dénoncer les coupures de postes au ministère de l'Environnement, je ne sais pas si vous vous rappelez. Moi, j'étais... j'étais très choqué de ça. Puis lui, il n'a pas eu de sanction, alors qu'il est intervenu à visage découvert, publiquement, faire une déclaration quant à moi très politique, qui allait complètement contre son devoir de réserve, puis lui n'a pas été sanctionné, mais quelqu'un qui coule de l'information qu'il juge d'intérêt public, puis qui met le gouvernement dans l'embarras, bien ça, ça ne passe plus. Puis j'ai de la difficulté à comprendre pourquoi il y en a un qui est acceptable, puis l'autre n'est pas acceptable. Quant à moi, c'est encore pire quand la personne intervient elle-même pour faire de la politique sur la place publique puis que c'est un sous-ministre en plus. Ça, ça a passé au gouvernement de la CAQ. Ça fait que... Vous avez raison que, la ligne, elle n'est vraiment pas claire, là.

Journaliste : Compte tenu de ce que l'on a appris dans le rapport du Vérificateur général hier, est-ce que le fonctionnaire en question devrait obtenir réparation?

M. Duhaime (Éric) : Bien, c'est sûr que les motifs... les motifs de son congédiement, en fait... Puis le pire, c'est qu'on... on ne connaît même pas le fond de l'histoire, là, ça fait qu'il faut faire attention, il faut quand même se garder une petite retenue, là, parce que, moi, je ne connais pas les tenants et aboutissants, là, puis je pense qu'il n'y a personne qui les connaît au moment... au moment où on se parle, là. Ça fait que je vais attendre de voir qu'est-ce qu'ils vont... qu'est-ce qui va ressortir de cette histoire-là, mais je pense qu'on va en parler abondamment dans les prochaines semaines, parce que c'est excessivement préoccupant, ce qui s'est passé aujourd'hui.

Journaliste : ...sur les lanceurs d'alerte. Vous dites que la ligne est floue, mais est-ce qu'il faut mieux les protéger, lorsque l'information est d'intérêt public?

M. Duhaime (Éric) : Bien oui, il faut mieux les protéger. Rappelez-vous la commission Charbonneau. Je veux dire, on a... s'il n'y avait pas eu de lanceurs d'alerte, là, on n'aurait jamais rien su, et les Québécois, peut-être qu'ils auraient continué à perdre des milliards en corruption puis en collusion. Donc, je pense qu'effectivement, quand on dénonce des crimes, il ne faut pas que ce soit la personne qui dénonce le crime qui se fait criminaliser.

Journaliste : ... la loi, là.

M. Duhaime (Éric) : Oui, à ce niveau-là, oui.

Journaliste : Bien là, dans ce cas-là, est-ce qu'il y a un crime qui a été...

M. Duhaime (Éric) : Non, mais, c'est ça, dans ce cas-là, on ne le sait pas, là, parce que là, on ne sait pas s'il y a un délit d'initié ou pas, on ne sait pas... Tu sais, c'est... il y a beaucoup de flous, là, sur la façon dont ça s'est fait, là. Ça fait qu'on va attendre de savoir si, oui ou non, il y avait, effectivement, des actions criminelles ou non. Mais... mais je parlais plus pour ce qui s'est passé à la commission Charbonneau.

Journaliste : Parce que vous avez commencé en disant : Tout, tout, tout sent mauvais, dans cette histoire-là.

M. Duhaime (Éric) : Oui.

Journaliste : Et là, vous nuancez beaucoup en disant : On ne connaît pas les tenants et aboutissants, on ne sait pas si on va le réintégrer, on ne sait pas s'il faut le protéger, vous suggérez que l'UPAC a été manipulée par le gouvernement, là.

M. Duhaime (Éric) : Ce qui sent mauvais... Moi, je fais juste la chronologie des faits, là. On a un courriel qui apparaît, d'abord, entre le ministre des Finances et la première ministre, où le premier... où le ministre des Finances envoie un avertissement sur la façon de dépenser de la première ministre, qui est dommageable politiquement pour elle. Cette correspondance-là est rendue publique. Ce n'est pas moi, là, le gouvernement, puis vous l'avez rapporté, la nouvelle, annonce qu'il y a une enquête pour savoir c'est qui, la fuite. Ça fait que la première ministre, ce qui l'intéressait, ce n'était pas le contenu du courriel, c'était qui a donné le courriel. Ça, tant qu'à moi, ça, c'est ça qui commence à sentir mauvais. Puis là, quelques jours ou semaines plus tard, on se ramasse ce qu'on apprend qu'un employé a été congédié.        Évidemment, il y a toute l'histoire, aussi, d'un député de l'opposition qui aurait eu des documents qui auraient peut-être été visibles, là, ou... ou dont il aurait cité. Mais... mais la conclusion, puis de voir qu'un employé, aujourd'hui, est congédié, puis de voir que l'UPAC est impliquée là-dedans, puis il y a... Qui a appelé l'UPAC? Comment ça s'est... Tu sais, on n'a pas... on n'a pas tous les détails de comment ça s'est fait, là. Mais moi, je veux savoir c'est quoi l'enquête, exactement, qui a été faite? Qui a été mandaté pour faire l'enquête suite au coulage du courriel de M. Girard à Mme Fréchette? Qu'est-ce qu'ils ont trouvé, les enquêteurs, à ce niveau-là? Est-ce qu'il y a un lien entre les deux histoires, entre celle-là et celle de ce matin? Puis si oui, lequel? Puis c'est quoi, cette histoire de délit d'initié dont il est question? Puis pourquoi ils n'ont pas... ils n'ont pas fait une enquête interne? Puis pourquoi l'UPAC a été mêlée à ça? Je veux dire, c'est toutes des questions qui, quant à moi, sont légitimes, mais le fait que ça parte du politique et que ça se ramasse à l'UPAC, moi, je pense que c'est là que c'est... c'est... c'est ce lien-là qui, quant à nous, est très préoccupant, là.

Journaliste : Le contenu du document que M. Derraji a exhibé, là, le prédécesseur de Mme Fréchette, M. Fitzgibbon, lui, avait toujours été transparent sur ces éléments-là. Alors, pourquoi, du jour au lendemain, ça deviendrait criminel?

M. Duhaime (Éric) : C'est une très bonne question que vous posez, comme je vous ai dit tantôt, je n'ai pas tous les éléments pour répondre à cette question-là. Il va falloir que la première ministre réponde, aussi, à ça. Pourquoi M. Fitzgibbon rendait ça public puis elle, non? Puis pourquoi ça deviendrait un délit d'initié alors qu'à l'époque, c'était de l'information d'intérêt public?

Journaliste : Sur le TGV.

M. Duhaime (Éric) : Oui.

Journaliste : Vous pensez quoi de la sortie de M. de Belleval, ce matin?

M. Duhaime (Éric) : Bien, écoutez, je pense que M. de Belleval est sorti contre son propre parti, contre le Parti québécois, ce matin. Je vois que ça brasse au Parti québécois, que la décision ne fait pas consensus chez les péquistes. Moi, je peux vous dire qu'au Parti conservateur du Québec, on a toujours été contre. Et je peux vous dire qu'on est assez unis, je n'ai pas personne dans le parti qui m'a dit qu'il n'était pas... qu'il était d'accord avec un TGV, au contraire. Même hier, on avait un rassemblement, dans Charlesbourg, pour le lancement de campagne de notre candidate, Éloïse Coulombe. J'ai rencontré des agriculteurs qui étaient là, qui étaient très heureux de notre positionnement dans cet enjeu, sur cet enjeu-là. Donc, je vois que chez nous, ça fait consensus. Puis je vous dis qu'aussi, sur la scène fédérale, vous l'avez vu cette semaine, même la manifestation qu'il y a eu devant la colline parlementaire, les conservateurs fédéraux se sont joints à la manifestation. Ils sont, eux aussi opposés au projet. Donc, je pense qu'il y a de plus en plus d'opposition, moi, je vois ça de façon très positive, puis qu'il y ait une partie du Parti québécois qui commence à être contre, je pense que c'est de bon augure pour la suite des choses.

Journaliste : Mais partagez-vous les chiffres du Parti québécois?

M. Duhaime (Éric) : J'aimerais ça que le PQ fasse la même chose avec le tramway, parce que quand on nous dit 7,6 milliards, il y a trois ans, puis qu'on nous dit que c'est le même chiffre, j'ai les mêmes doutes que le PQ. Mais je suis d'accord avec eux que c'est rare, au Québec, qu'on voit des projets avec... de multimilliardaires respecter les budgets initiaux. Là, je voulais vous parler du bilan de session, mais là, on me parle de toutes sortes de questions. Je voulais... on voulait faire un bilan, mais là, on a perdu le contrôle de la période des questions. Allez-y, vous aviez une question?

Journaliste : Non, mais... Oui, juste une petite dernière sur Mme Déry, ce matin, qui... qui abaisse, là, la cible pour les véhicules zéro émission. C'est une bonne chose que le gouvernement recule là-dessus?

M. Duhaime (Éric) : Bien, justement, ça fait partie de notre bilan. Je pense, tu sais, le Parti conservateur a influencé plusieurs des politiques au cours des derniers mois. On n'a pas encore un caucus représenté à l'Assemblée nationale, on a eu... ça a été la bonne nouvelle de la session, une députée qui est venue siéger avec nous. Mais on voit l'impact des idées conservatrices qui font du chemin, on le voit encore aujourd'hui, Pascale Déry va annoncer un deuxième recul du gouvernement sur l'interdiction de vente des véhicules à essence. Ça fait des mois, des années que le Parti conservateur a lancé sa campagne Mon char, mon choix. C'est, pour nous... Au début, on a ri de nous et, aujourd'hui, on est en train, lentement mais sûrement, d'adopter des politiques de plus en plus conservatrices. Ce qu'on disait à l'époque est en train de se concrétiser. On disait que les cibles étaient irréalistes, que ce n'était pas... que les concessionnaires ne pourraient pas respecter les quotas, que les gens en région ne voulaient pas parce qu'ils ont des distances trop grandes puis les... ces autos-là n'ont pas suffisamment d'autonomie pour eux, que les gens à faibles revenus n'ont pas les moyens de s'acheter des véhicules à 83 000 $, en moyenne. Toutes ces vérités-là, aujourd'hui, s'avèrent, puis le gouvernement est obligé de faire la seule chose faisable dans les circonstances, c'est-à-dire de reculer sur ce qu'ils avaient pris comme engagement.

Mais là je ne sais pas si je peux continuer aussi sur notre bilan. Je peux vous parler d'autres idées conservatrices qui ont connu du succès au cours des dernières semaines. Peut-être, veux-tu que je te laisse parler, Maïté, pour commencer? Je vais laisser Maïté...

Mme Blanchette Vézina : Allons-y, allons-y, mais rapidement, parce que, oui, c'est ça, on a passé beaucoup temps sur autre chose, mais... Dépôt de projet de loi, immigration, régionalisation de l'immigration. On parlait du PEQ, bon, un autre recul du gouvernement. Nous, depuis le début, on prônait qu'il y ait une clause de droits acquis. C'est ce que le gouvernement a fait, aujourd'hui, en revenant et en remettant le PEQ. Nous, on va plus loin, on est allés plus loin, on a déposé un projet de loi pour régionaliser l'immigration, projet de loi en santé, aussi, avec mon collègue Youri Chassin, en collaboration avec le Parti conservateur.

M. Duhaime mentionnait également, là, qu'il y avait eu des reculs là, en termes aussi de ce qui est des... je vais le dire... des codes du bâtiment. Donc, il y avait eu une volonté, là, du gouvernement d'appliquer un nouveau code du bâtiment. Le gouvernement a reporté cette... cette application, sur demande, notamment, du Parti conservateur. Boissons énergisantes, on va voter aujourd'hui sur un projet de loi, mais, grâce à nos interventions de la semaine dernière, on a pu avoir un minimum de débat et de consultations sur le dossier, sinon le gouvernement et les oppositions allaient passer ça dans le beurre, alors qu'il y a beaucoup de questions qui demeurent sans réponse. Mais, au moins, on aura pu entendre certains experts.

Journaliste : Vous allez voter comment là-dessus, finalement?

Mme Blanchette Vézina : Je n'ai pas pris de décision encore...

Journaliste : C'est tout à l'heure.

Mme Blanchette Vézina : ...mais je prendrai une décision. Mais je vais être là, en Chambre, pour voter. Ceci étant, j'ai émis de grandes réserves dans le débat d'hier. Je vous invite à aller écouter mon allocution, mais notamment, là, sur les conclusions même de... du rapport de l'INSPQ, l'Institut national de santé publique, quand on parle de science qui émet de grandes réserves sur l'efficacité de l'interdiction réelle, sans autres mesures, et ce que... c'est ce que nous, nous disions depuis le début.

Donc, voilà, des bons gains, et des très bons gains, pour une seule députée à l'Assemblée nationale, comme quoi même un député, un seul, peut faire avancer les choses. Puis imaginez si on était plusieurs, puis quand on sera plusieurs, j'ai envie de dire...

M. Duhaime (Éric) : Puis, sur un plan plus partisan, je vous dirais qu'on a aussi eu un congrès à la fin janvier, début février, qui a été un succès, qui a professionnalisé le parti. On a eu une élection partielle dans Chicoutimi, où le Parti conservateur est passé de 8 % à 26 % le 23 février dernier. Pour nous, ça a été un gain important dans cette session-ci. J'ai fait une tournée et j'ai lancé un livre, Destination Autonomie, il y a un peu plus d'un mois, qui a beaucoup fait jaser, qui, je pense, a bien positionné le Parti conservateur du Québec dans le débat constitutionnel. Finalement, j'ai annoncé ce que les médias me demandaient depuis des mois, où j'allais me présenter. J'ai finalement annoncé que j'allais être candidat dans la circonscription de Bellechasse, où on a procédé à un lancement important il y a deux semaines.

Donc, ça complète notre bilan pour la session, et on espère qu'au prochain bilan on sera beaucoup plus nombreux, puis notre... notre bilan sera encore davantage reluisant, parce que, comme Maïté vient de le dire, imaginez ce qu'on a fait avec un député, quand on sera un groupe parlementaire, ce qu'on pourra faire et je pense que c'est... de plus en plus, les gens le voient puis ils le disent, là. Même nos adversaires politiques concèdent que la voix conservatrice, une voix un peu plus à droite, doit être entendue à l'Assemblée nationale. Je pense que c'est... On le voit encore, ce matin, avec les voitures électriques. Ça prend une...

Mme Blanchette Vézina : Gros bon sens.

M. Duhaime (Éric) : ...ça prend le gros bon sens sur les banquettes de l'Assemblée nationale, et j'ai confiance que les Québécois vont envoyer une forte délégation de députés à compter du 5 octobre prochain. Merci.

Journaliste : ...gros bon sens... un slogan de M. Poilievre.

M. Duhaime (Éric) : Qui a repris lui-même un slogan de Mike Harris, d'une autre époque.

Journaliste : Exact.

M. Duhaime (Éric) : Merci beaucoup.

(Fin à 9 h 29)

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