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Home > News and Press Room > Press Conferences and Scrums > Point de presse de M. Paul St-Pierre Plamondon, chef du troisième groupe d’opposition, M. Pascal Bérubé, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière d’éducation , M. Joël Arseneau, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de sécurité publique, M. Pascal Paradis, porte-parole du troisième groupe d’opposition pour le Conseil du trésor et l’efficacité gouvernementale, Mme Catherine Gentilcore, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière d’habitation et d’accès à la propriété, M. Alex Boissonneault, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de relations canadiennes, et Mme Marie-Karlynn Laflamme, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de solidarité sociale et d’action communautaire

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Point de presse de M. Paul St-Pierre Plamondon, chef du troisième groupe d’opposition, M. Pascal Bérubé, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière d’éducation , M. Joël Arseneau, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de sécurité publique, M. Pascal Paradis, porte-parole du troisième groupe d’opposition pour le Conseil du trésor et l’efficacité gouvernementale, Mme Catherine Gentilcore, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière d’habitation et d’accès à la propriété, M. Alex Boissonneault, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de relations canadiennes, et Mme Marie-Karlynn Laflamme, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de solidarité sociale et d’action communautaire

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Friday, June 12, 2026, 9 h 15

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Neuf heures dix-neuf minutes)

M. St-Pierre Plamondon : Alors, bonjour à tous. Voilà, nous y sommes, c'est le moment de dresser un bilan au terme de toute une législature qui s'achève, et je pense qu'on peut dire aussi au terme de ce qui ressemble drôlement à la fin d'un régime, à la fin d'un cycle politique. Et, avant de rentrer dans le détail de ce bilan, je tiens à dire que, quand même, les derniers mois auront eu le mérite de clarifier les choix devant les Québécoises et les Québécois en octobre prochain. Aux prochaines élections, les Québécois auront le choix entre la continuité — rappelons que le slogan de la CAQ, c'était Continuons — et le changement. Le choix, donc, entre 12 ans de caquisme ou un gouvernement du Parti québécois qui va incarner un changement réel dans la manière de gouverner.

Après huit ans de pouvoir de François Legault et de Christine Fréchette, ce qui ressort... et ça me désole de le dire, mais je pense que ce n'est pas exagéré de dire qu'en ce moment on voit plusieurs Québécoises et Québécois davantage découragés, davantage pessimistes vis-à-vis ce qui est un délabrement de nos affaires au Québec. Découragés de nos écoles, de nos hôpitaux, de nos routes, du déficit, donc, d'infrastructures. Inquiets des finances publiques. Inquiets également de la détérioration des services publics et l'incapacité du gouvernement à livrer des projets dans le temps et dans les coûts convenus. Ils constatent également la piètre qualité de notre gouvernance, et c'est un peu le coeur de cet enjeu de confiance envers la suite des choses, la piètre qualité du processus décisionnel, la piètre qualité de la transparence également, ce qui mène à du gaspillage, des cafouillages qui s'accumulent. Je ne les nommerai pas tous, là, mais SAAQclic, DSN dans le domaine numérique. L'actualité de cette semaine est remplie de nouvelles révélations dans Nemaska, dans Northvolt. Puis, pendant ce temps-là, les gens voient bien que les services ne sont pas à la hauteur, au moment où des fonds publics ont été vraisemblablement gaspillés.

Donc, pour tous ces gens qui ont de la misère à se loger, pour qui... qui ont de la misère à arriver à la fin du mois, il y a un signal vraiment qui peut être décourageant. Mais c'est là que je pense qu'on apporte quelque chose. Là où on se démarque vis-à-vis ce gouvernement qui n'est jamais responsable de quoi que ce soit, c'est une manière responsable de travailler, une manière sérieuse, constante de travailler qui, je pense, peut nous resituer dans l'espoir, l'espoir de faire différemment, l'espoir de faire mieux, parce que nous pensons, et je pense que la grande, très grande majorité des Québécoises et des Québécois sont là, nous pensons qu'on est capable de faire mieux et qu'on mérite mieux. Donc, si on souhaite... pardon, réellement changer les choses, on a un devoir de lucidité, de prendre conscience du vrai bilan de la CAQ et de l'ampleur de ces échecs-là, et on a la responsabilité de former une équipe qui est à la hauteur du nombre et de l'ampleur des défis, qui atteindra le gouvernement qui est appelé à succéder à cette ère caquiste qui aura duré, en toute probabilité, huit ans.

J'aimerais mentionner également que cette période politique, elle n'est pas que marquée par les déboires caquistes, elle est également marquée par les déboires non résolus des libéraux en matière d'éthique et de corruption. On a utilisé les ressources de l'Assemblée nationale pour mener des campagnes à la direction, ce qui implique des dizaines de témoins et de gens qui sont partis à ça. On a également fait du financement qui est, à l'évidence, illicite, et ce sont des activités qui impliquaient des dizaines de personnes. Il y a des liens qui ont été faits avec un député fédéral. Est-ce qu'il y a des liens avec le crime organisé? Ce qu'on sait avec certitude, c'est qu'il y a un événement de financement pour créer une caisse occulte qui a eu lieu. Et ça aussi, ça fait partie d'un bilan, mais non résolu au terme d'une session, parce qu'on s'en va en élections et on n'aura pas eu l'heure juste sur ce qui en est véritablement de ces gestes qui sont éthiquement indéfendables peu importe le parti. Et donc c'est ça aussi, le bilan de cette session.

Et, là-dedans, je pense que le Parti québécois se distingue complètement, dans ce qu'on incarne, dans notre audace, dans notre courage, dans notre authenticité, et la suite des choses, pour nous, c'est de continuer à faire preuve de rigueur, c'est d'être constant, arriver avec du travail bien fait, être honnête envers nous-mêmes, sur ce qu'on pense véritablement être le diagnostic et les solutions. Des fois, ça demande un peu de courage, ça demande d'aller un peu à contre-courant, mais la plupart du temps, le temps vient démontrer qu'on avait bien travaillé et qu'on avait réfléchi avant de prendre position. Et donc on a été fidèle à des standards de rigueur élevés. Parce que notre ambition est d'améliorer la qualité de vie des Québécoises et des Québécois et d'arriver à un point où on va au bout de notre destin comme peuple.

Donc, ce qu'on compte proposer aux Québécois pendant la prochaine élection, c'est exactement ce qu'on a montré depuis quatre ans. On a été constants. Les gens, je pense, ont appris à nous connaître et nous connaissent bien maintenant. Et, il n'y aura pas de surprise, c'est exactement ces personnes-là, cette manière de travailler là, des positions qui ont été constantes, donc, qui vont être, sans surprise, les mêmes. Et ce qui distingue, donc, notre approche, c'est qu'on va arriver avec une vision qui est définie et constante. Rien à voir avec la gouvernance par sondages. Le Québec mérite mieux et ça commence par bien se gouverner.

Donc, j'ai hâte à cette prochaine campagne électorale. Sans présumer des choix des électeurs le 5 octobre prochain, j'ai confiance que les Québécois choisiront le parti qui incarne le mieux leurs aspirations et leurs attentes, à travers une volonté de changement qui est indéniable sur le terrain.

Le Parti libéral du Québec ne peut pas incarner ce changement tant souhaité par les Québécois parce qu'il est incapable de changer lui-même. Son incapacité à sortir des problèmes de corruption et de révélations douteuses, son refus également de prendre des positions claires et raisonnées sur des questions fondamentales comme le français, la laïcité et les rapports avec le fédéral le disqualifient complètement par rapport aux aspirations puis aux attentes des Québécois.

Et, de notre côté, bien, on est prêt à tourner la page sur la CAQ. Le Parti québécois est prêt et capable de former un gouvernement qui va rehausser les standards lors de la prochaine législature. Donc, on a hâte de soumettre notre option et notre équipe aux Québécois.

Et, alors que la fête nationale est à nos portes, bien, j'invite tout simplement les Québécoises et les Québécois à choisir l'espoir. C'est ce qu'on incarne, c'est ce qu'on veut incarner. Et j'invite toutes les Québécoises et les Québécois à ce changement qui va avoir plusieurs répercussions. On veut se donner un momentum autour que... de l'espoir que, lorsque les Québécois et Québécoises 19289 se font confiance, choisissent de se faire confiance, on a déjà démontré qu'on est capables de réaliser de très grandes choses au Québec, et c'est ce qu'on veut faire lors de la prochaine législature.

Là-dessus, je vais prendre vos questions.

Le Modérateur : On va être prêts à prendre vos questions. On demande de respecter une question, une sous-question par journaliste...

Journaliste : Bonjour. C'est le moment de l'introspection. Je sais que Louis et Laura vous ont préparé, là, mais écoutez bien la question, hein?

M. St-Pierre Plamondon : Est-ce que... Est-ce que c'est une balle courbe?

Journaliste : Non, mais je vais attendre la réponse, je veux voir. Bon coup, mauvais coup, mais pas pour la session, pour les quatre dernières années, parce qu'on s'en va en campagne électorale.

M. St-Pierre Plamondon : Bon coup, mauvais coup sur quatre ans? Bien, évidemment, le bon coup... Rappelez-vous, là, on ressort de l'élection à trois députés, Joël et Pascal. Tout le monde disait que ce parti-là serait inaudible et invisible. C'était unanime. Regardez le chemin parcouru, donc notre progression à même des victoires dans chacune des partielles, mais également au niveau de l'influence et du rôle de surveillance d'un gouvernement aux pratiques douteuses. Cette progression-là, elle est indéniable, et c'est clairement un bon coup.

Mauvais coup sur quatre ans? Je pense qu'on peut dire que c'est arrivé souvent que j'aie été très généreux dans mes réponses. Je sais que ça vous plaît, chers journalistes, mais, des fois, j'y vais avec un certain degré de spontanéité qui fait en sorte qu'à l'évidence je sous-estime le cycle médiatique que je viens de créer, et c'est bien involontaire. Vous l'avez vu il y a deux semaines à peine. Vous me posez une question sur l'espionnage, et je réponds quelque chose qui, de mon point de vue, est absolument évident. Et je me suis rendu compte, dans les heures qui ont suivi, que ce n'était pas évident pour tous. Et des fois ça crée, donc, de manière assez involontaire, des cycles médiatiques qui ne sont pas intentionnels et ça crée, peut-être, des coups qu'on aurait faits différemment. Donc, je pense, les gens nous connaissent et me connaissent à ce stade-ci. Ça fait près de six ans que je suis chef du Parti québécois. Il y a du pour et du contre, mais on ne peut pas nous accuser de ne pas avoir de contenu ou de réflexion. Des fois, c'est peut-être un peu... un peu spontané.

Journaliste : Défi de la campagne, est-ce que c'est de faire comprendre aux Québécois que l'indépendance, ce n'est pas dangereux?

M. St-Pierre Plamondon : Le défi de la campagne? Je... Moi, je vous répondrais qu'on a juste hâte que la campagne arrive et que c'est un environnement qu'on aime. Une campagne électorale, c'est le moment où les gens écoutent, puis il y a une journée par sujet, donc on peut aller au fond des choses...

Journaliste : Ce n'est pas ma question.

M. St-Pierre Plamondon : Bien...

Journaliste : C'est bien quoi, votre défi? Qu'est-ce qui peut être risqué pour vous durant cette campagne?

M. St-Pierre Plamondon : On ne pense pas comme ça. On a hâte. Donc, je n'ai pas de réflexion sur nos risques. Évidemment, là, je veux dire, une campagne électorale, c'est rempli de rebondissements, d'attaques, ce n'est pas simple, mais on le voit... on voit la prochaine campagne électorale comme un moment qu'on attend depuis longtemps et dans le cadre duquel on aura vraiment l'occasion de démontrer à quel point on a travaillé. Donc, je ne vois pas un défi. Ça va être exigeant, mais on a hâte à cet exercice-là. Je pense qu'on est dus aussi, au Québec, pour mettre de l'ordre dans nos affaires, puis c'est un moment de discussion qui est requis en ce moment.

Journaliste : Bonjour. Fanny Lévesque, La Presse. J'aimerais connaître votre stratégie de publication pour le livre bleu.

M. St-Pierre Plamondon : Bien, en fait, le livre bleu va sortir avant la Saint-Jean, avec les chapitres complémentaires. Certains chapitres pourront attendre après l'élection, dépendamment de certaines consultations qui n'ont pas été terminées. Mais l'essentiel du livre bleu est publié avant la fête nationale.

Journaliste : Mais comment vous expliquez que la stratégie d'effeuillage promise, là, avec les 20 chapitres d'ici l'élection n'est pas survenue? Puis de présenter ça, ce que j'ai compris, en conseil général, là, les membres vont voter avant la Saint-Jean, là, possiblement 21, 22 juin, est-ce que c'est mettre la question du livre bleu, de l'indépendance, qui doit quand même définir, là, tout... tout le projet d'indépendance, un peu sous le tapis? Parce que ça va être l'été, vous allez arriver en campagne.

M. St-Pierre Plamondon : Bien, c'est-à-dire que...

Journaliste : Est-ce qu'il y a de ça dans votre stratégie?

M. St-Pierre Plamondon : Bien, premièrement, il ne faut pas confondre stratégie et engagement, là. C'est vrai qu'on a mis en valeur certains chapitres, mais l'engagement, c'est simplement de déposer le livre bleu, ce qu'on va faire. Il y a un peu de stratégie dans le fait de le coller à la fête nationale, parce que c'est un moment de fierté dans le cadre duquel on est... on a l'espace pour voir plus grand. Il y avait des... je ne le cache pas, là, il y avait des enjeux d'espace dans l'actualité et de la pression qu'une équipe de sept députés peut prendre en termes de livrables. Mais, en même temps, est-ce qu'on va livrer ce qu'on a dit qu'on livrerait? Totalement. Puis, ensuite, bien, ça a lieu 19289 un peu avant la Saint-Jean.

Journaliste : Mais il n'est pas question pour vous, dans cette stratégie-là, de, je vais dire, de mettre ça un peu en veilleuse, là. Pendant l'été, vous pensez que les gens vont lire ça, le livre bleu?

M. St-Pierre Plamondon : Bien, c'est-à-dire que, pour la fête nationale, c'est un bon moment de discuter d'avenir et de ces questions-là. Donc, nous, on pense que c'est un moment intéressant. Et, pour la campagne électorale, parce que la question va venir, souvenez-vous que les gouvernements Lévesque et Parizeau ont été précédés par des campagnes électorales où on faisait pas mal les deux, là, c'est-à-dire parler d'un projet de société fondamental pour les Québécois et parler de comment on est utile et pertinent sur chaque sujet urgent. Jacques Parizeau, en 1994, c'était L'autre façon de gouverner, le slogan, et, en 1976, c'était... bien, c'est le thème du bon gouvernement, là.

Donc, dans toute l'histoire du Parti québécois, il y a toujours eu une capacité de combiner le fait d'être porteur d'un projet de société fondamental et le fait de régler des problèmes avec des gens compétents. Et ce que j'ai fait valoir le mieux que je pouvais, je le réitère, c'est que parce qu'on a un projet de société, on attire des gens de talent, et ça devient drôlement pratique quand les problèmes sont complexes. Donc, ce n'est vraiment pas un frein, c'est un levier notamment de recrutement.

Journaliste : Donc, ce sera le cas aussi, cette campagne-ci, vous allez présenter des engagements du livre bleu pendant la campagne.

M. St-Pierre Plamondon : Exact, les deux sujets coexistent.

Journaliste : Merci.

Journaliste : Bonjour. Louis Lacroix de Cogeco. Vous avez dit d'entrée de jeu que les Québécois vont avoir le choix entre la continuité ou le changement. Et après, vous avez dit que le Parti libéral s'est comme disqualifié. Est-ce à dire que, dans cette campagne-là, votre adversaire, maintenant que Christine Fréchette monte dans les sondages, bien, c'est rendu la CAQ? Parce que vous visiez le Parti libéral pendant un bout de temps en disant : Bien, il va y avoir la fameuse question fédéraliste, souverainiste, etc. Alors, est-ce que votre adversaire naturel, maintenant, c'est rendu la CAQ?

M. St-Pierre Plamondon : Mais le gouvernement qui a un bilan, fait toujours l'objet d'un examen de ce bilan-là. L'avantage, avec le bilan de la CAQ, c'est qu'il est limpide. Regardez la fin de session, là. Donc, c'est certain qu'un des thèmes de campagne, c'est le bilan de la CAQ. Du côté des libéraux, c'est parce qu'on présente l'idée de réparer le Québec, et le constat, c'est qu'ils n'ont pas été en mesure de réparer leur propre parti vis-à-vis les enjeux de corruption. Donc, comment est-ce qu'on peut prétendre gérer le Québec si on n'est pas capable de gérer son propre parti, par rapport à des questions de confiance fondamentale? Et donc il n'y aura pas un adversaire, je pense qu'on va mener une campagne assez constante vis-à-vis ce que vous connaissez de nous, puisqu'on a déjà dit dans les cinq dernières... les quatre dernières années : Chaque parti va être critique du Parti québécois, et on aura nos observations sur l'offre politique.

Mais, en général, ce sera une campagne qui est axée sur ce que nous, on a à offrir d'abord et avant tout. Mais évidemment que le bilan du gouvernement, c'est partie intégrante du discours de ce qu'on veut changer au Québec, surtout avec ce que vous connaissez dans les dernières semaines, sur ce qu'on apprend de comment fonctionnait ce gouvernement-là.

Journaliste : Vous avez fait une attaque également sur le Parti libéral en termes d'éthique, et vous avez dit : Est-ce qu'il y a des liens avec le crime organisé? À quel groupe criminel faites-vous référence exactement? Et pouvez-vous élaborer là-dessus? Parce que là c'est quand même assez... assez sérieux comme allégation de dire qu'il pourrait être...

M. St-Pierre Plamondon : Évidemment.

Journaliste : ...sous la férule d'un groupe organisé. Alors, à qui vous faites référence?

M. St-Pierre Plamondon : Moi, je ne suis pas enquêteur de l'UPAC, mais je sais que, lorsque l'UPAC enquête, c'est parce qu'on soupçonne des activités criminelles. Donc, c'est simplement, c'est...

Journaliste : ...criminel, d'un groupe criminalisé. C'est qui, le groupe criminalisé?

M. St-Pierre Plamondon : Bien, allez demander à l'UPAC ou à certaines de nos forces policières qui sont sensées, justement, enquêter là-dessus. Moi, ce que je vous dis, c'est que c'est quand même une position inconfortable que de se rendre aux élections avec des enjeux graves qui sont non résolus, par rapport à ce parti-là, pour des faits qui sont limpides. Il n'y a pas, en ce moment, de doute sur l'existence d'événements de financement où on crée une caisse illicite en remboursant instantanément la donation à même les fonds de on ne sait pas qui. Puis c'est ça que je veux savoir, à savoir : Est-ce qu'il y a des ramifications criminelles puisque l'UPAC enquête? Est-ce qu'il y a des ramifications avec le Parti libéral du Canada? Normalement, l'électeur devrait pouvoir, au moins, avoir un minimum d'information au moment de se faire une tête sur qui mérite d'exercer le pouvoir ou pas lors des prochaines élections.

Le Modérateur : Merci beaucoup. Prochaine question.

Journaliste : Bonjour. Juliette Nadeau-Besse, Le Soleil. Cette semaine, il y a plusieurs maires et mairesses qui ont réagi un peu à l'encontre de votre proposition au sujet du TGV. Est-ce que ce sera une priorité pour vous d'être à l'écoute de ce que les villes, les grandes villes ou les plus petites municipalités vous disent pour les propositions de la campagne électorale?

M. St-Pierre Plamondon : Bien, premièrement, par souci d'exactitude et d'équilibre, il y a des maires qui se sont prononcés en faveur du TGV, mais d'autres qui sont sortis — ils sont nombreux quand même — pour dire : On n'en veut pas. Donc, en toute équité, il y a des deux.

J'ai rencontré très récemment les maires de l'UMQ et de la FQM et, dans les deux cas, on m'a parlé presque exclusivement ou en très grande priorité du déficit d'infrastructures. Donc, vous comprenez que, si déjà le PQI au Québec, qui est une file d'attente interminable de projets qui ne se sont pas réalisés et que les maires des villes, à juste titre, réclament qu'une partie du PQI soit désormais consacrée à essayer de réparer tout ce qui tombe en ruines, si on demande une contribution du gouvernement du Québec, c'est normal que le gouvernement du Québec, voyant que ça va retarder potentiellement d'autres projets, exige du gouvernement fédéral que les sommes qui doivent revenir au Québec, auxquelles on a contribué avec nos impôts, là, à même le fédéral, soient allouées à ce qu'il y a d'urgent en réparation de... d'infrastructures désuètes. C'est une question pour nous de cohérence dans la planification financière de ce qui est faisable dans l'éventualité d'un gouvernement du Parti québécois.

Journaliste : Puis sur la souveraineté, est-ce que... considérant que l'appui à la souveraineté est un peu moins élevé que celui pour votre parti en tant que tel, est-ce que le référendum dans un premier mandat, ça restera au premier plan dans la campagne électorale?

M. St-Pierre Plamondon : Bien, premièrement, l'indépendance a de meilleurs appuis en pourcentage que le Parti québécois dans les derniers sondages, là, mais c'est à peu près... Mais là-dessus, on a été très, très constants, là. Donc, attendez-vous pas à une surprise. Notre force, c'est la constance. Donc, on a toujours réussi à parler du fait qu'on serait mieux de décider par nous même et qu'on rayonnerait puis on solutionnerait un certain nombre de problèmes en éliminant un gouvernement de trop qui gaspille les fonds publics et crée des politiques contre nos intérêts, tout en parlant de choses très concrètes sur comment en économie l'État devrait intervenir ou pas. Comment en itinérance il y a une urgence puis qu'il y a moyen de faire un plan basé sur les meilleures pratiques en Finlande, à Houston et ailleurs. Je ne ferai pas la liste de toutes nos interventions, mais ce que vous avez vu pendant quatre ans, c'est nous, puis ça ne changera pas. Donc, il n'y aura pas de grande surprise lors de la campagne.

Journaliste : Merci.

Journaliste : Bonjour à vous tous. Bonjour, M. St-Pierre Plamondon. Patrice Bergeron, LaPresse canadienne. J'aimerais revenir sur votre affirmation tout à l'heure concernant le crime organisé, parce que c'est quand même quelque chose. Est-ce que vous avez eu vent d'allégations de liens avec des groupes criminels organisés, puis à qui vous faites référence dans le financement du parti, là, qu'on puisse...

M. St-Pierre Plamondon : Je n'ai pas fait référence à personne. Je constate que l'UPAC enquête sur des activités de financement illicites qui, vraisemblablement, visent à créer une caisse occulte. Vous savez, ça sert à quoi, créer une caisse occulte? Ça sert à avoir du financement en échange d'une dette qui se matérialisera, supposons qu'on prend la commission Gomery ou la commission Charbonneau, par des contrats juteux. Si l'UPAC intervient, c'est parce qu'il y a potentiellement des activités criminelles. Donc, moi, après, je veux dire, je ne peux pas vous dire si j'ai des hypothèses ou pas. Ce que je peux dire par contre, c'est que l'électeur québécois, devant des faits qui sont avérés, devrait pouvoir se faire une tête à savoir qu'est-ce qu'il en est véritablement, surtout à la lumière d'une historique assez lourde chez les libéraux sur ces questions-là.

Donc, on a tenté de minimiser en réduisant à une seule personne, Mme Lakhoyan, l'utilisation de fonds publics pour un bureau de campagne. Un bureau de campagne, là, c'est un moulin à vent, il rentre des dizaines de personnes, là. Donc, il n'y avait pas une seule personne de témoin. L'activité de financement en question, il y avait des dizaines de personnes. Donc, la preuve, elle n'est pas facile... elle n'est pas difficile à constituer, là. Donc, je fais juste mentionner que ce n'est pas léger et que, si le Parti libéral vient à nouveau de démontrer qu'il n'est pas capable de se gérer lui-même en matière d'éthique et de corruption, comment peut-il prétendre gérer le Québec et réparer ce qu'il ne fonctionne pas en matière de transparence et de politique publique qui découle de la CAQ? Ça me semble être une question assez fondamentale.

Journaliste : Et, par ailleurs, j'aimerais vous ramener à une déclaration qu'a dite Mme Fréchette, hier, concernant le fait que le Québec a obtenu plus que sa juste part du fédéral, donc même plus que ce qu'on devrait obtenir. Est-ce que c'est une bonne position de négociation avec Ottawa, ça? Parce qu'avant de faire votre référendum, vous devrez former un gouvernement. Donc, est-ce que c'est une bonne position de négociation?

M. St-Pierre Plamondon : Bien, ce serait une bonne question à poser à Bernard Drainville et ceux qui ont soutenu la campagne de Bernard Drainville, parce que là, ça fait deux affirmations. La première, c'est : «Le Québec n'a pas toujours été gentil avec le Canada»... Là, je veux bien le citer...

Des voix : ...

M. St-Pierre Plamondon : ...«n'a pas toujours été un bon partenaire.» Ça, c'était la position de négociation, puis ensuite quand on obtient notre argent, c'est ça, le fédéralisme, hein, c'est quémander pour notre propre argent. Là, on dit : On en a eu plus que ce qu'on attendait, mais vous remarquerez qu'on n'a jamais eu aucune transparence sur les conditions réelles de cette entente-là. Normalement, quand on est fier de ce qu'on a obtenu, on prend le papier, là, puis on dit : Ça, c'est l'entente avec le fédéral. Puis regardez, moi, je n'ai rien à cacher, voici ce à quoi on a consenti pour avoir cet argent-là. Vous noterez que, comme dans Nemaska, puis dans la chasse aux lanceurs d'alerte... Northvolt, Mme Fréchette n'a aucune transparence. Et je veux cette réponse-là, qu'est-ce qui a vraiment été l'objet de l'entente qui a mené à ces sommes-là. Et ce sont des déclarations, donc, qui amènent, qui amènent à penser que c'était une posture de négociation qui n'est pas à l'avantage du Québec. Et évidemment que le Parti québécois, dans sa personnalité, va se tenir debout et aller... Il va toujours faire le maximum pour l'intérêt du Québec et seulement l'intérêt du Québec. Merci.

Journaliste : Bonjour. Geneviève Lajoie, Journal de Québec, Journal de Montréal. Vous aspirez à devenir premier ministre. Évidemment, il y a votre idée de souveraineté, que vous faites la promotion de la souveraineté. Mais il y a des gens au Québec que vous ne convaincrez pas, qui ne veulent absolument rien savoir de la souveraineté, mais vous aspirez quand même à devenir leur premier ministre. Alors, comment... Qu'est-ce que vous... Qu'est-ce que vous leur direz pour les séduire tout de même lors de la prochaine campagne électorale?

M. St-Pierre Plamondon : On m'a déjà posé la question en 2022, je pense, de mémoire, c'était juste avant un débat et c'était votre collègue, M. Laforest. Il m'avait demandé : Quelle est votre stratégie pour le débat ce soir? Puis je lui avais répondu : Ne pas avoir de stratégie. On est mieux d'être authentique, cohérent, puis de mettre de l'avant ce qu'on pense est la meilleure solution.

Journaliste : Mais c'est ma question, ce n'est pas la question de M. Laforest sur le débat de la stratégie. Moi, je vous pose une question ce matin...

M. St-Pierre Plamondon : C'est parce que j'ai la même réponse, mais j'ai la même réponse.

Journaliste : ...comment vous allez séduire les gens qui ne veulent pas de la souveraineté, vous aspirez à devenir premier ministre?

M. St-Pierre Plamondon : Nous allons être nous-mêmes et ne pas avoir de stratégie de séduction, mais plutôt la responsabilité et le sens éthique de donner l'heure juste et d'arriver avec les meilleures candidatures puis les meilleures solutions. On va être nous-mêmes. Il n'y a pas de stratégie spécifique, on n'est pas là-dedans, on n'a jamais été là-dedans. Les gens, je pense, nous connaissent et ils comprennent ça à ce stade-ci.

Journaliste : Lorsqu'on regarde les sondages, on remarque que vous traînez un peu de la patte chez l'électorat féminin, hein, qui n'est pas la même hauteur que l'électorat masculin dans les appuis au Parti québécois. Vous avez deux femmes, notamment devant vous, comme autres cheffes...

M. Bérubé : Oui, à mes côtés.

Journaliste : Oui, oui, mais vous avez, donc, Mme Fréchette et Mme Ghazal qui vont... Est-ce que... Comment ça va changer, justement, votre stratégie de campagne, est-ce que vous allez faire attention à votre ton davantage? Et comment séduire l'électorat féminin qui est quand même 50 % de la population?

M. St-Pierre Plamondon : Même réponse. On n'est pas dans de la stratégie et du clientélisme, on est dans livrer le meilleur travail possible avec les meilleures candidatures possibles, en demeurant le plus authentique et constant possible. Parce qu'on pense, et à juste titre, on pense que c'est comme ça qu'on bâtit de la confiance puis on bâtit un momentum de société. Donc c'est la même réponse que pour l'autre question.

Journaliste : Donc, le fait que vous ayez Mme Ghazal et Mme Fréchette, ça ne change absolument rien pour vous dans votre ton, dans votre stratégie, absolument rien.

M. St-Pierre Plamondon : Absolument rien.

Le Modérateur : Merci. Prochaine question. 

Journaliste : Bonjour. Sébastien Desrosiers, de Radio-Canada. Je reviens... J'ai peut-être mal compris, là, à cette question des questionnements en matière d'éthique qui touchent le Parti libéral du Québec. Vous avez laissé entendre qu'il y avait des liens avec le crime organisé. Alors, j'ai compris...

M. St-Pierre Plamondon : Attention, attention.

Journaliste : Oui, vous avez dit : Est-ce qu'il y a des liens avec le crime organisé...

M. St-Pierre Plamondon : C'est ça, c'est ça. 

Journaliste : ...point d'interrogation. Donc...

M. St-Pierre Plamondon : Exact. Non, mais je pose une question qui est absolument légitime et logique. L'UPAC enquête.

Journaliste : Non, mais... OK. Donc, l'UPAC enquête. L'UPAC peut enquêter pour un cas de corruption, ça n'implique pas nécessairement le crime organisé. Est-ce que vous en convenez? Est-ce que vous avez des indications que le crime organisé a des liens avec le Parti libéral du Québec?

M. St-Pierre Plamondon : Non. Je pose une question qui est normale, lorsque l'UPAC, qui recherche des activités criminelles, a décidé d'intervenir. Donc, c'est une question qui est absolument légitime et logique. Qui... Comment se finançait cette caisse occulte là? Si vous, demain matin, M. Desrosiers, vous êtes capable de financer à coups de 500 $ cash à peu près n'importe qui qui vient dans un cocktail de financement, la première question qu'on va vous poser, c'est : D'où vient l'argent? L'argent ne pousse pas dans les arbres. Il a fallu que quelqu'un finance cette affaire-là. Et là des sources de financement occultes, il y en a plusieurs, et ça peut venir d'activités criminelles, mais ça peut venir aussi du fédéral, ça peut venir de je ne sais pas où. Mais il me semble que ce sont des questions très fondamentales pour un électorat qui se demande à qui on confie les rênes du Québec dans quelques mois. Et on n'a pas de réponse. Donc, le fait, pour moi, de poser des questions, ce n'est pas de faire des allégations ou de pointer une des hypothèses, c'est de dire : J'ai besoin... je pense que la population a besoin de réponses à ces questions légitimes.

Journaliste : Bon, justement, quand vous dites ça, est-ce que... puis on a abordé la question il y a quelques mois, il me semble, là, mais est-ce que vous demandez formellement à l'UPAC de rendre les conclusions de son enquête avant les élections?

M. St-Pierre Plamondon : Mais je ne peux pas, parce qu'évidemment c'est toujours... C'est ce qu'on a vécu avec les enquêtes sur le PLQ à l'époque Charest puis c'est ce qu'on a vécu... Il y a une bonne chronique de Patrick Lagacé, en fait, qui fait l'historique, ce matin, de moments où logiquement on devrait avoir des résultats, mais, en même temps, ne sachant pas comment se déroule l'enquête et quelles sont les contraintes, on ne peut pas exiger non plus un résultat puisqu'on ne sait pas où en est rendu l'enquête. Mais j'ai trouvé que la chronique de Patrick Lagacé ce matin était quand même très, très éloquente sur l'historique qui amène des questions à se poser sur pourquoi on irait aux urnes à nouveau en n'ayant pas l'heure juste et en n'ayant pas fait la lumière sur des faits qui sont explicitement confirmés. Là, je veux dire, l'événement de financement en question, il ne fait aucun doute, là, il a eu lieu et c'est illicite. Et la question que je pose, «qui finance?», il me semble, elle devrait être répondue à ce stade-ci.

Journaliste : Donc, vous ne l'exigez pas, mais vous aimeriez vraiment ça.

M. St-Pierre Plamondon : Je ne suis pas en mesure d'exiger ça.

Le Modérateur : Merci beaucoup. Prochaine question.

Journaliste : Bonjour. Je vous ramène à l'actualité. Est-ce que vous avez l'impression que le gouvernement de la CAQ a trompé les Québécois en 2023 en n'expliquant pas l'ampleur de l'argent qu'il comptait mettre dans Nemaska Lithium?

M. St-Pierre Plamondon : C'est une très bonne question. Je pense qu'il y a, en effet, un manque de transparence volontaire dans ce dossier-là. Et, savez-vous, le plus intéressant, c'est que, si on fait le lien avec la première ministre actuelle, en crédits, je lui ai demandé spécifiquement dans ce dossier-là : Vous, l'avez-vous eu, l'avis, qui vous disait de ne plus mettre d'argent là-dedans, l'avis du ministère? Est-ce que vous avez eu cet avis-là? Elle n'a jamais accepté de répondre à cette question-là. Ça, c'est un manque de transparence qui parle de ce que vous avez détaillé ce matin, à savoir, à plusieurs reprises, au lieu de donner l'heure juste aux Québécois, on a embelli, comme on a fait dans tant de dossiers, la réalité. Puis, pendant ce temps-là, par contre, les centaines de millions, pas de problème, là, on en écrivait, des chèques. Donc, oui, il y a un manque de transparence qui est volontaire dans ce dossier-là, c'est évident.

Journaliste : Sur le TGV, on comprend que vous êtes contre, là, mais quelle solution de mobilité proposez-vous entre Québec et Montréal?

M. St-Pierre Plamondon : Mais c'est parce que mon point, c'est de dire : Je vais trouver une solution de mobilité pour l'est de Montréal avant de trouver une solution de mobilité entre Montréal et Toronto, là.

Journaliste : Oui, mais moi, je vous dis : Entre Québec et Montréal, quelle... Ça fait longtemps aussi qu'on parle de... Est-ce qu'il y a une seule une meilleure solution de mobilité qu'actuellement entre Québec et Montréal?

M. St-Pierre Plamondon : À nouveau, il y a une hiérarchie des besoins en infrastructure au Québec. Je me suis déjà engagé à ce qu'on respecte la hiérarchie de la désuétude et de l'urgence dans les projets qu'on choisit. Et, en transport collectif, des projets urgents structurants pour qu'une ville ait des transports collectifs fonctionnels, là, moi, je suis le député d'une circonscription littéralement enclavée. Il y a... il n'y a pas de connexion avec le reste de Montréal. Donc, en hiérarchie des priorités, avant de dépenser 150, 200 milliards dans un TGV qui relie Toronto et Montréal, est-ce qu'on peut injecter ces sommes-là, qui est notre argent envoyé à Ottawa, dans de l'infrastructure urgente qui ferait une différence bien plus grande dans la vie des gens que ce projet-là qui est motivé par des considérations politiques, à l'évidence?

Journaliste : Est-ce qu'on peut juste entendre M. Arseneau? M. Arseneau, en 2025, là, vous disiez que tout le monde rêve d'un TGV entre Québec et Toronto. Qu'est-ce qui a changé depuis un an pour vous convaincre que c'est un train de l'unité canadienne?

M. Arseneau : 200 milliards de dollars plus tard, nous, on pense que la priorité doit aller sur la réfection des infrastructures, comme le dit le chef. C'est une question d'ordonnancement des priorités. Il faut choisir. Si on veut gouverner, il faut choisir, et le choix est clair pour nous.

Journaliste : Donc, vous n'en rêvez plus? Vous n'en rêvez plus?

M. St-Pierre Plamondon : Est-ce que tu rêves toujours?

M. Arseneau : On est dans le pragmatisme, là.

M. St-Pierre Plamondon : Mais il y a eu... Entre les deux aussi, il y a eu une rencontre très récente avec les maires. Ils ont raison. Le rapport Marceau-Forget qui démontre un déficit monstrueux de nos infrastructures, qui tombent en ruine. Donc, quand un potentiel gouvernement du Québec, une formation politique qui aspire à la gouvernance, s'engage à injecter des sommes pour régler le déficit d'infrastructures, bien, ça crée d'autres enjeux au niveau du financement des nouveaux projets. S'il y a de l'argent qui est à nous, qu'on a contribué au fédéral, et qui nous revient, pourquoi ça n'irait pas en fonction des priorités de tous les acteurs?

Le Modérateur : Alors, François Carabin...

Journaliste : Bonjour, M. Paul St-Pierre Plamondon . Vous êtes, veux veux pas, le chef avec le plus d'expérience à l'Assemblée nationale. Ça fait plusieurs années que...

M. St-Pierre Plamondon : Ça fait drôle d'entendre ça.

Journaliste : ...que vous êtes là. Et, dans les dernières années, vous avez fait plusieurs déclarations qui ont fait réagir sur la place publique, là. Je peux vous en lire quelques-unes pour vous rafraîchir la mémoire.

M. St-Pierre Plamondon : Pour me faire plaisir.

Journaliste : Vous disiez, par exemple, qu'une partie substantielle du milieu culturel québécois faisait preuve de vacuité intellectuelle et d'aplaventrisme face au Canada, que des marxistes ont envahi les ondes de Radio-Canada, que des idéologies radicales qui prônent la déconstruction des familles sont présentes dans le discours public.

M. St-Pierre Plamondon : Oui. Est-ce que... est-ce que votre...

Journaliste : Croyez-vous toujours à tout ce que vous avez dit?

M. St-Pierre Plamondon : Est-ce que votre lectorat a vécu une microagression?

Journaliste : Je n'en sais rien. Croyez-vous toujours ce que vous avez dit? Et à qui vous adressez-vous quand vous tenez des discours comme ceux-là?

M. St-Pierre Plamondon : Là, je pense que vous confondez stratégie et prise de parole à travers... Sur quatre ans, j'ai fait combien de tweets puis de publications, 1 000? Combien de fois est-ce que... Puis je... vous ne pouvez pas dire que je ne suis pas un chef indisponible ou qui manque de générosité lorsque vous avez des questions. Donc, au volume, il y a toutes sortes de déclarations pour lesquelles, là, on a eu amplement l'espace d'expliquer ce qu'on veut dire puis de corriger s'il y a lieu, on a tout fait ça, et ça vient, donc, avec le pour et le contre d'une approche où, au lieu de suivre strictement le sondage et d'être purement dans la tactique politique, on se permet des réflexions.

Puis des fois... En fait, j'ai concédé dans le mauvais coup du quatre ans, qu'on m'a demandé. C'est sûr qu'il y a des avantages à la spontanéité et l'authenticité, mais il y a également des risques que, peut-être, on sous-estime quand, justement, on prend de l'expérience, là, à savoir, des fois, on déclenche une situation puis, en fait, on n'avait aucunement l'intention de faire ça. Donc, il y a là-dedans, justement, la prise d'une expérience, là, j'approche de six ans comme chef du Parti québécois. Puis c'est un cheminement que je veux faire sans non plus me dénaturer puis devenir une cassette. La dernière chose qu'on peut me reprocher, c'est d'être une cassette puis d'être une langue de bois, mais ça vient avec une part de risques un peu plus grands que d'autres politiciens qui sont dans les lieux communs tout le temps.

Journaliste : Pour conclure sur la question de la souveraineté...

Le Modérateur : ...dernière en français.

Journaliste : Pardon?

Le Modérateur : C'est la dernière en français...

Journaliste : Oui. Pour conclure, sur la question de la souveraineté, je remarque quand même que, depuis le début du point de presse, vous parlez davantage... vous utilisez, par exemple, les termes «choisir l'espoir», mais vous êtes moins clair sur l'utilisation du terme dont je... que vous proposez un référendum dans un premier mandat, même que vous avez fait paraître une publicité hier, il y a eu une publicité qui a commencé à rouler, puis à aucun moment, dans cette publicité, vous utilisez les termes «référendum», «consultation populaire», «indépendance». Pourquoi?

M. St-Pierre Plamondon : Oui. Bien, en fait, ce qui est intéressant, sur le cycle de quatre ans, c'est qu'il y a eu des périodes où on me posait la question : Vous êtes jusqu'au-boutiste?, puis vous parlez beaucoup trop de l'indépendance, puis ça n'intéresse pas la population, puis il y a eu d'autres cycles, exactement comme en ce moment, où on me disait : Ah! là, on pense que vous abandonnez votre option, vous parlez d'autre chose. Et c'est cyclique, ça a eu lieu au moins trois, quatre fois durant cet espace de quatre ans. Et ça s'explique par le fait qu'on fait les deux. Donc, il y a des certains messages où on parle de gouvernance et d'urgence à court terme, parce que les gouvernements du Parti québécois, historiquement, ont toujours été solides en matière d'amener les bonnes politiques publiques, les bonnes solutions, puis il y a... des fois, on revient sur le fait qu'on a un projet de société puis qu'on aspire à plus que simplement le déclin imposé par le Canada, et ça, les deux, on le fait. Puis, étant donné que c'est cyclique, bien, des fois on nous pose la question : Est-ce que vous allez trop sur l'indépendance?, puis des fois on nous pose la question : Est-ce que vous n'allez pas assez sur l'indépendance? Et je vous le dis, là, en campagne électorale, vous allez retrouver les deux de manière très, très représentative de ce qu'on aura fait pendant quatre ans.

Le Modérateur : On va passer en anglais. On doit aller à la chambre à 10 heures, donc...

Journaliste : Yes. Good day, Mr. Plamondon...

M. St-Pierre Plamondon : Good day.

Journaliste : How can you find the right balance between being spontaneous but, at the same time, sparking debate, and getting people mad, and creating a free-for-all?

M. St-Pierre Plamondon : I think, your point of view is a bit utilitaristic. Most of the time, the questions from the journalists, they start from the assumption that everything you say and you do in politics is about trying to gain one percentage more at the next poll. Another vision of politics is that politics is about finding the truth or finding the best policy possible, and then, engage in public debates that will maybe spark reactions, but that will have their use for the common understanding of debates that are legitimate.

Journaliste : And your policies, future policies?

M. St-Pierre Plamondon : I mean, what I'm trying to say is that, on several topics, we have taken the freedom to express ourselves or to express some thoughts disregard… disregarding the next poll and disregarding which group will be in favor, will… which group will be against. Look at the TGV, the federal train. I mean, it sparks reaction, some favorable, some none, but is it the right policy? I'm convinced that we put forward the right policy. Did we choose the best timing? Maybe not. But that's who we are. We think about the best policy, and we're not afraid to have public debates whereby people agree, they disagree, but we talk with the ambition to find the best public policy and serve the best interest of Québec.

Journaliste : Your allegations today, your question mark, can you explain to me why do you mean about having perhaps organized groups involved in the financing practices of the Québec Liberal Party? Because that's kind of big to raise that question…

M. St-Pierre Plamondon : Oh! it is… but it's… it's such an obvious question. UPAC is inquiring into an event where illicit financing comes from somewhere. You cannot print money. Money needs to come from somewhere. And so where does the money come from when you're capable of telling someone : If you contribute to my campaign, you get your money back right away and I will remember you later on? Where is the money coming from? I mean, it's not clean money, obviously. So, those are fundamental questions. And I think we should ask those questions, including journalists. We should not let go fundamental questions about corruption and lack of ethics a few months before a very, very important election in Québec.

Journaliste : How do you…

Le Modérateur : Prochaine question.

Journaliste : How do you convince people that a referendum is not scary?

M. St-Pierre Plamondon : It's not. It's not scary. It's just fundamental democratic… democracy. It's just pure democracy. And it's… it's not harmful, it's not scary.

Journaliste : And, you know, Charles Milliard, he's here now, he's their leader, he hasn't had any corruption scandals that we know of yet. Are you thinking it's just a matter of time?

M. St-Pierre Plamondon : No. I'm thinking that, if the Liberal Party of Québec cannot govern itself, cannot manage itself in terms of corruption, it can difficultly tell Quebeckers : We're the right people to manage Québec. I mean, the corruption issue has been long-lasting with that party, and they're yet in the same situation. So, in what parallel world will they be able to manage and solve problems for Québec as a whole? I don't understand.

Le Modérateur : Merci beaucoup. Prochaine question.

Journaliste : We understand your ambition is…

M. St-Pierre Plamondon : Première fois que je dis ça en anglais, «parallel world». Sorry.

Journaliste : No worries. Jack Wilson, The Gazette, by the way.

Your ambition is to secure independence by the end of your mandate. But, between a possible election and then, and we saw with the TGV suggestions that you're not going to cooperate with Ottawa, how do you convince Quebeckers… or can you convince Quebeckers to trust you to be constructive with Ottawa sort of in the meantime?

M. St-Pierre Plamondon : Well, it's not about being constructive, it's about being strong and solid so that you get what you deserve. It's about negotiation. And, if the federal government has a share of its money, it should be around 20%, because that's what we contribute in general. If that money is around 200 billion, if they have that amount to spend in infrastructure in Québec, we have way more urgent priorities right now, in terms of public transportation or hospitals or projects, than getting a very, very fast train between Toronto and Montréal. And I repeat that we are a democracy. So, our choice here, at the National Assembly, should be the starting point of where… of where that money goes and not Mark Carney's political interests.

Journaliste : We heard you on how you kind of have started news cycles with spontaneous comments. Is what you're saying to us that you're going to talk less?

M. St-Pierre Plamondon : Well, what do you think about it? Like, you'd be sorry if I wouldn't give answers that are authentic or as true as I think I can give them. I don't think I need to change. I mean, I can improve in terms of understanding how things can grow very big with social 19289media and opponents that will try to create situations where there's no really… no real situation. So, I think I will not change and I will try to get debates going with the most respect possible, and it has an added value.

Le Modérateur : On va prendre une dernière. Assez rapidement, s'il vous plaît.

Journaliste : And just no matter the party, English speaking Quebeckers are always going to stand up for their rights, and they will always be concerned no matter who is in government. So how do you reassure English speaking Quebeckers?

M. St-Pierre Plamondon : Well, I tell them: We shouldn't have a starting point for that election, that if you're an anglophone, you need automatically to vote for the Liberal Party of Québec. Once there was a columnist who wrote "better crooks than separatists". We need to get rid of that thinking. If we come up with the best offer, you will see in our program that there is nothing working against rights of anglophones. We have measures for the French language that... for… is for education of francophones and allophones. We've been open to take off some red tape and Bill 96. I hope that anglophones will evaluate the quality of our offer based on merits and not stay in that old thinking of "better crooks than separatists", because crooks are dangerous for society.

(Fin à 10 h 03)