Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.
(Neuf heures dix-neuf minutes)
M. St-Pierre Plamondon :
Alors,
bonjour à tous. Voilà, nous y sommes, c'est le moment de dresser un bilan au
terme de toute une législature qui s'achève, et je pense qu'on peut dire aussi
au terme de ce qui ressemble drôlement à la fin d'un régime, à la fin d'un
cycle politique. Et, avant de rentrer dans le détail de ce bilan, je tiens à
dire que, quand même, les derniers mois auront eu le mérite de clarifier les
choix devant les Québécoises et les Québécois en octobre prochain. Aux
prochaines élections, les Québécois auront le choix entre la continuité — rappelons
que le slogan de la CAQ, c'était Continuons — et le changement.
Le choix, donc, entre 12 ans de caquisme ou un gouvernement du Parti
québécois qui va incarner un changement réel dans la manière de gouverner.
Après huit ans de pouvoir de François
Legault et de Christine Fréchette, ce qui ressort... et ça me désole de le dire,
mais je pense que ce n'est pas exagéré de dire qu'en ce moment on voit
plusieurs Québécoises et Québécois davantage découragés, davantage pessimistes
vis-à-vis ce qui est un délabrement de nos affaires au Québec. Découragés de
nos écoles, de nos hôpitaux, de nos routes, du déficit, donc, d'infrastructures.
Inquiets des finances publiques. Inquiets également de la détérioration des
services publics et l'incapacité du gouvernement à livrer des projets dans le
temps et dans les coûts convenus. Ils constatent également la piètre qualité de
notre gouvernance, et c'est un peu le coeur de cet enjeu de confiance envers la
suite des choses, la piètre qualité du processus décisionnel, la piètre qualité
de la transparence également, ce qui mène à du gaspillage, des cafouillages qui
s'accumulent. Je ne les nommerai pas tous, là, mais SAAQclic, DSN dans le
domaine numérique. L'actualité de cette semaine est remplie de nouvelles
révélations dans Nemaska, dans Northvolt. Puis, pendant ce temps-là, les gens
voient bien que les services ne sont pas à la hauteur, au moment où des fonds
publics ont été vraisemblablement gaspillés.
Donc, pour tous ces gens qui ont de la
misère à se loger, pour qui... qui ont de la misère à arriver à la fin du mois,
il y a un signal vraiment qui peut être décourageant. Mais c'est là que je
pense qu'on apporte quelque chose. Là où on se démarque vis-à-vis ce
gouvernement qui n'est jamais responsable de quoi que ce soit, c'est une
manière responsable de travailler, une manière sérieuse, constante de
travailler qui, je pense, peut nous resituer dans l'espoir, l'espoir de faire
différemment, l'espoir de faire mieux, parce que nous pensons, et je pense que
la grande, très grande majorité des Québécoises et des Québécois sont là, nous
pensons qu'on est capable de faire mieux et qu'on mérite mieux. Donc, si on
souhaite... pardon, réellement changer les choses, on a un devoir de lucidité,
de prendre conscience du vrai bilan de la CAQ et de l'ampleur de ces échecs-là,
et on a la responsabilité de former une équipe qui est à la hauteur du nombre
et de l'ampleur des défis, qui atteindra le gouvernement qui est appelé à
succéder à cette ère caquiste qui aura duré, en toute probabilité, huit ans.
J'aimerais mentionner également que cette
période politique, elle n'est pas que marquée par les déboires caquistes, elle
est également marquée par les déboires non résolus des libéraux en matière d'éthique
et de corruption. On a utilisé les ressources de l'Assemblée nationale pour
mener des campagnes à la direction, ce qui implique des dizaines de témoins et
de gens qui sont partis à ça. On a également fait du financement qui est, à l'évidence,
illicite, et ce sont des activités qui impliquaient des dizaines de personnes.
Il y a des liens qui ont été faits avec un député fédéral. Est-ce qu'il y a des
liens avec le crime organisé? Ce qu'on sait avec certitude, c'est qu'il y a un
événement de financement pour créer une caisse occulte qui a eu lieu. Et ça
aussi, ça fait partie d'un bilan, mais non résolu au terme d'une session, parce
qu'on s'en va en élections et on n'aura pas eu l'heure juste sur ce qui en est
véritablement de ces gestes qui sont éthiquement indéfendables peu importe le
parti. Et donc c'est ça aussi, le bilan de cette session.
Et, là-dedans, je pense que le Parti
québécois se distingue complètement, dans ce qu'on incarne, dans notre audace,
dans notre courage, dans notre authenticité, et la suite des choses, pour nous,
c'est de continuer à faire preuve de rigueur, c'est d'être constant, arriver
avec du travail bien fait, être honnête envers nous-mêmes, sur ce qu'on pense
véritablement être le diagnostic et les solutions. Des fois, ça demande un peu
de courage, ça demande d'aller un peu à contre-courant, mais la plupart du
temps, le temps vient démontrer qu'on avait bien travaillé et qu'on avait
réfléchi avant de prendre position. Et donc on a été fidèle à des standards de
rigueur élevés. Parce que notre ambition est d'améliorer la qualité de vie des
Québécoises et des Québécois et d'arriver à un point où on va au bout de notre
destin comme peuple.
Donc, ce qu'on compte proposer aux
Québécois pendant la prochaine élection, c'est exactement ce qu'on a montré
depuis quatre ans. On a été constants. Les gens, je pense, ont appris à
nous connaître et nous connaissent bien maintenant. Et, il n'y aura pas de
surprise, c'est exactement ces personnes-là, cette manière de travailler là,
des positions qui ont été constantes, donc, qui vont être, sans surprise, les
mêmes. Et ce qui distingue, donc, notre approche, c'est qu'on va arriver avec
une vision qui est définie et constante. Rien à voir avec la gouvernance par
sondages. Le Québec mérite mieux et ça commence par bien se gouverner.
Donc, j'ai hâte à cette prochaine campagne
électorale. Sans présumer des choix des électeurs le 5 octobre prochain, j'ai
confiance que les Québécois choisiront le parti qui incarne le mieux leurs
aspirations et leurs attentes, à travers une volonté de changement qui est
indéniable sur le terrain.
Le Parti libéral du Québec ne peut pas
incarner ce changement tant souhaité par les Québécois parce qu'il est
incapable de changer lui-même. Son incapacité à sortir des problèmes de
corruption et de révélations douteuses, son refus également de prendre des
positions claires et raisonnées sur des questions fondamentales comme le
français, la laïcité et les rapports avec le fédéral le disqualifient
complètement par rapport aux aspirations puis aux attentes des Québécois.
Et, de notre côté, bien, on est prêt à
tourner la page sur la CAQ. Le Parti québécois est prêt et capable de former un
gouvernement qui va rehausser les standards lors de la prochaine législature. Donc,
on a hâte de soumettre notre option et notre équipe aux Québécois.
Et, alors que la fête nationale est à nos
portes, bien, j'invite tout simplement les Québécoises et les Québécois à
choisir l'espoir. C'est ce qu'on incarne, c'est ce qu'on veut incarner. Et j'invite
toutes les Québécoises et les Québécois à ce changement qui va avoir plusieurs
répercussions. On veut se donner un momentum autour que... de l'espoir que,
lorsque les Québécois et Québécoises 19289 se
font confiance, choisissent de se faire confiance, on a déjà démontré qu'on est
capables de réaliser de très grandes choses au Québec, et c'est ce qu'on veut
faire lors de la prochaine législature.
Là-dessus, je vais prendre vos questions.
Le Modérateur
: On va
être prêts à prendre vos questions. On demande de respecter une question, une
sous-question par journaliste...
Journaliste : Bonjour. C'est
le moment de l'introspection. Je sais que Louis et Laura vous ont préparé, là,
mais écoutez bien la question, hein?
M. St-Pierre Plamondon : Est-ce
que... Est-ce que c'est une balle courbe?
Journaliste : Non, mais je
vais attendre la réponse, je veux voir. Bon coup, mauvais coup, mais pas pour
la session, pour les quatre dernières années, parce qu'on s'en va en campagne
électorale.
M. St-Pierre Plamondon : Bon
coup, mauvais coup sur quatre ans? Bien, évidemment, le bon coup...
Rappelez-vous, là, on ressort de l'élection à trois députés, Joël et Pascal.
Tout le monde disait que ce parti-là serait inaudible et invisible. C'était
unanime. Regardez le chemin parcouru, donc notre progression à même des
victoires dans chacune des partielles, mais également au niveau de l'influence
et du rôle de surveillance d'un gouvernement aux pratiques douteuses. Cette
progression-là, elle est indéniable, et c'est clairement un bon coup.
Mauvais coup sur quatre ans? Je pense
qu'on peut dire que c'est arrivé souvent que j'aie été très généreux dans mes
réponses. Je sais que ça vous plaît, chers journalistes, mais, des fois, j'y
vais avec un certain degré de spontanéité qui fait en sorte qu'à l'évidence je
sous-estime le cycle médiatique que je viens de créer, et c'est bien
involontaire. Vous l'avez vu il y a deux semaines à peine. Vous me posez une
question sur l'espionnage, et je réponds quelque chose qui, de mon point de
vue, est absolument évident. Et je me suis rendu compte, dans les heures qui
ont suivi, que ce n'était pas évident pour tous. Et des fois ça crée, donc, de
manière assez involontaire, des cycles médiatiques qui ne sont pas
intentionnels et ça crée, peut-être, des coups qu'on aurait faits différemment.
Donc, je pense, les gens nous connaissent et me connaissent à ce stade-ci. Ça
fait près de six ans que je suis chef du Parti québécois. Il y a du pour et du
contre, mais on ne peut pas nous accuser de ne pas avoir de contenu ou de
réflexion. Des fois, c'est peut-être un peu... un peu spontané.
Journaliste : Défi de la
campagne, est-ce que c'est de faire comprendre aux Québécois que
l'indépendance, ce n'est pas dangereux?
M. St-Pierre Plamondon : Le
défi de la campagne? Je... Moi, je vous répondrais qu'on a juste hâte que la
campagne arrive et que c'est un environnement qu'on aime. Une campagne
électorale, c'est le moment où les gens écoutent, puis il y a une journée par
sujet, donc on peut aller au fond des choses...
Journaliste : Ce n'est pas ma
question.
M. St-Pierre Plamondon : Bien...
Journaliste : C'est bien
quoi, votre défi? Qu'est-ce qui peut être risqué pour vous durant cette
campagne?
M. St-Pierre Plamondon : On
ne pense pas comme ça. On a hâte. Donc, je n'ai pas de réflexion sur nos
risques. Évidemment, là, je veux dire, une campagne électorale, c'est rempli de
rebondissements, d'attaques, ce n'est pas simple, mais on le voit... on voit la
prochaine campagne électorale comme un moment qu'on attend depuis longtemps et
dans le cadre duquel on aura vraiment l'occasion de démontrer à quel point on a
travaillé. Donc, je ne vois pas un défi. Ça va être exigeant, mais on a hâte à
cet exercice-là. Je pense qu'on est dus aussi, au Québec, pour mettre de
l'ordre dans nos affaires, puis c'est un moment de discussion qui est requis en
ce moment.
Journaliste : Bonjour. Fanny
Lévesque, La Presse. J'aimerais connaître votre stratégie de publication
pour le livre bleu.
M. St-Pierre Plamondon : Bien,
en fait, le livre bleu va sortir avant la Saint-Jean, avec les chapitres
complémentaires. Certains chapitres pourront attendre après l'élection,
dépendamment de certaines consultations qui n'ont pas été terminées. Mais
l'essentiel du livre bleu est publié avant la fête nationale.
Journaliste : Mais comment
vous expliquez que la stratégie d'effeuillage promise, là, avec les 20
chapitres d'ici l'élection n'est pas survenue? Puis de présenter ça, ce que
j'ai compris, en conseil général, là, les membres vont voter avant la
Saint-Jean, là, possiblement 21, 22 juin, est-ce que c'est mettre la question
du livre bleu, de l'indépendance, qui doit quand même définir, là, tout... tout
le projet d'indépendance, un peu sous le tapis? Parce que ça va être l'été,
vous allez arriver en campagne.
M. St-Pierre Plamondon : Bien,
c'est-à-dire que...
Journaliste : Est-ce qu'il y
a de ça dans votre stratégie?
M. St-Pierre Plamondon : Bien,
premièrement, il ne faut pas confondre stratégie et engagement, là. C'est vrai
qu'on a mis en valeur certains chapitres, mais l'engagement, c'est simplement
de déposer le livre bleu, ce qu'on va faire. Il y a un peu de stratégie dans le
fait de le coller à la fête nationale, parce que c'est un moment de fierté dans
le cadre duquel on est... on a l'espace pour voir plus grand. Il y avait des...
je ne le cache pas, là, il y avait des enjeux d'espace dans l'actualité et de
la pression qu'une équipe de sept députés peut prendre en termes de livrables.
Mais, en même temps, est-ce qu'on va livrer ce qu'on a dit qu'on livrerait?
Totalement. Puis, ensuite, bien, ça a lieu 19289 un
peu avant la Saint-Jean.
Journaliste
: Mais il
n'est pas question pour vous, dans cette stratégie-là, de, je vais dire, de
mettre ça un peu en veilleuse, là. Pendant l'été, vous pensez que les gens vont
lire ça, le livre bleu?
M. St-Pierre Plamondon :
Bien, c'est-à-dire que, pour la fête nationale, c'est un bon moment de discuter
d'avenir et de ces questions-là. Donc, nous, on pense que c'est un moment
intéressant. Et, pour la campagne électorale, parce que la question va venir,
souvenez-vous que les gouvernements Lévesque et Parizeau ont été précédés par
des campagnes électorales où on faisait pas mal les deux, là, c'est-à-dire
parler d'un projet de société fondamental pour les Québécois et parler de
comment on est utile et pertinent sur chaque sujet urgent. Jacques Parizeau, en
1994, c'était L'autre façon de gouverner, le slogan, et, en 1976, c'était...
bien, c'est le thème du bon gouvernement, là.
Donc, dans toute l'histoire du Parti
québécois, il y a toujours eu une capacité de combiner le fait d'être porteur
d'un projet de société fondamental et le fait de régler des problèmes avec des
gens compétents. Et ce que j'ai fait valoir le mieux que je pouvais, je le
réitère, c'est que parce qu'on a un projet de société, on attire des gens de
talent, et ça devient drôlement pratique quand les problèmes sont complexes.
Donc, ce n'est vraiment pas un frein, c'est un levier notamment de recrutement.
Journaliste
: Donc, ce
sera le cas aussi, cette campagne-ci, vous allez présenter des engagements du
livre bleu pendant la campagne.
M. St-Pierre Plamondon :
Exact, les deux sujets coexistent.
Journaliste
: Merci.
Journaliste
: Bonjour.
Louis Lacroix de Cogeco. Vous avez dit d'entrée de jeu que les Québécois vont
avoir le choix entre la continuité ou le changement. Et après, vous avez dit
que le Parti libéral s'est comme disqualifié. Est-ce à dire que, dans cette
campagne-là, votre adversaire, maintenant que Christine Fréchette monte dans
les sondages, bien, c'est rendu la CAQ? Parce que vous visiez le Parti libéral pendant
un bout de temps en disant : Bien, il va y avoir la fameuse question
fédéraliste, souverainiste, etc. Alors, est-ce que votre adversaire naturel,
maintenant, c'est rendu la CAQ?
M. St-Pierre Plamondon : Mais
le gouvernement qui a un bilan, fait toujours l'objet d'un examen de ce
bilan-là. L'avantage, avec le bilan de la CAQ, c'est qu'il est limpide.
Regardez la fin de session, là. Donc, c'est certain qu'un des thèmes de
campagne, c'est le bilan de la CAQ. Du côté des libéraux, c'est parce qu'on
présente l'idée de réparer le Québec, et le constat, c'est qu'ils n'ont pas été
en mesure de réparer leur propre parti vis-à-vis les enjeux de corruption.
Donc, comment est-ce qu'on peut prétendre gérer le Québec si on n'est pas
capable de gérer son propre parti, par rapport à des questions de confiance
fondamentale? Et donc il n'y aura pas un adversaire, je pense qu'on va mener
une campagne assez constante vis-à-vis ce que vous connaissez de nous,
puisqu'on a déjà dit dans les cinq dernières... les quatre dernières
années : Chaque parti va être critique du Parti québécois, et on aura nos
observations sur l'offre politique.
Mais, en général, ce sera une campagne qui
est axée sur ce que nous, on a à offrir d'abord et avant tout. Mais évidemment
que le bilan du gouvernement, c'est partie intégrante du discours de ce qu'on
veut changer au Québec, surtout avec ce que vous connaissez dans les dernières
semaines, sur ce qu'on apprend de comment fonctionnait ce gouvernement-là.
Journaliste
: Vous avez
fait une attaque également sur le Parti libéral en termes d'éthique, et vous
avez dit : Est-ce qu'il y a des liens avec le crime organisé? À quel
groupe criminel faites-vous référence exactement? Et pouvez-vous élaborer
là-dessus? Parce que là c'est quand même assez... assez sérieux comme
allégation de dire qu'il pourrait être...
M. St-Pierre Plamondon :
Évidemment.
Journaliste
: ...sous
la férule d'un groupe organisé. Alors, à qui vous faites référence?
M. St-Pierre Plamondon : Moi,
je ne suis pas enquêteur de l'UPAC, mais je sais que, lorsque l'UPAC enquête,
c'est parce qu'on soupçonne des activités criminelles. Donc, c'est simplement,
c'est...
Journaliste
:
...criminel, d'un groupe criminalisé. C'est qui, le groupe criminalisé?
M. St-Pierre Plamondon :
Bien, allez demander à l'UPAC ou à certaines de nos forces policières qui sont
sensées, justement, enquêter là-dessus. Moi, ce que je vous dis, c'est que
c'est quand même une position inconfortable que de se rendre aux élections avec
des enjeux graves qui sont non résolus, par rapport à ce parti-là, pour des
faits qui sont limpides. Il n'y a pas, en ce moment, de doute sur l'existence
d'événements de financement où on crée une caisse illicite en remboursant
instantanément la donation à même les fonds de on ne sait pas qui. Puis c'est
ça que je veux savoir, à savoir : Est-ce qu'il y a des ramifications
criminelles puisque l'UPAC enquête? Est-ce qu'il y a des ramifications avec le
Parti libéral du Canada? Normalement, l'électeur devrait pouvoir, au moins,
avoir un minimum d'information au moment de se faire une tête sur qui mérite
d'exercer le pouvoir ou pas lors des prochaines élections.
Le Modérateur
: Merci
beaucoup. Prochaine question.
Journaliste
: Bonjour.
Juliette Nadeau-Besse, Le Soleil. Cette semaine, il y a plusieurs
maires et mairesses qui ont réagi un peu à l'encontre de votre proposition au
sujet du TGV. Est-ce que ce sera une priorité pour vous d'être à l'écoute de ce
que les villes, les grandes villes ou les plus petites municipalités vous
disent pour les propositions de la campagne électorale?
M. St-Pierre Plamondon : Bien,
premièrement, par souci d'exactitude et d'équilibre, il y a des maires qui se
sont prononcés en faveur du TGV, mais d'autres qui sont sortis — ils
sont nombreux quand même — pour dire : On n'en veut pas. Donc,
en toute équité, il y a des deux.
J'ai rencontré très récemment les maires
de l'UMQ et de la FQM et, dans les deux cas, on m'a parlé presque exclusivement
ou en très grande priorité du déficit d'infrastructures. Donc, vous comprenez
que, si déjà le PQI au Québec, qui est une file d'attente interminable de
projets qui ne se sont pas réalisés et que les maires des villes, à juste
titre, réclament qu'une partie du PQI soit désormais consacrée à essayer de
réparer tout ce qui tombe en ruines, si on demande une contribution du
gouvernement du Québec, c'est normal que le gouvernement du Québec, voyant que
ça va retarder potentiellement d'autres projets, exige du gouvernement fédéral
que les sommes qui doivent revenir au Québec, auxquelles on a contribué avec
nos impôts, là, à même le fédéral, soient allouées à ce qu'il y a d'urgent en
réparation de... d'infrastructures désuètes. C'est une question pour nous de cohérence
dans la planification financière de ce qui est faisable dans l'éventualité d'un
gouvernement du Parti québécois.
Journaliste : Puis sur la
souveraineté, est-ce que... considérant que l'appui à la souveraineté est un
peu moins élevé que celui pour votre parti en tant que tel, est-ce que le
référendum dans un premier mandat, ça restera au premier plan dans la campagne
électorale?
M. St-Pierre Plamondon : Bien,
premièrement, l'indépendance a de meilleurs appuis en pourcentage que le Parti
québécois dans les derniers sondages, là, mais c'est à peu près... Mais
là-dessus, on a été très, très constants, là. Donc, attendez-vous pas à une
surprise. Notre force, c'est la constance. Donc, on a toujours réussi à parler
du fait qu'on serait mieux de décider par nous même et qu'on rayonnerait puis
on solutionnerait un certain nombre de problèmes en éliminant un gouvernement
de trop qui gaspille les fonds publics et crée des politiques contre nos
intérêts, tout en parlant de choses très concrètes sur comment en économie
l'État devrait intervenir ou pas. Comment en itinérance il y a une urgence puis
qu'il y a moyen de faire un plan basé sur les meilleures pratiques en Finlande,
à Houston et ailleurs. Je ne ferai pas la liste de toutes nos interventions, mais
ce que vous avez vu pendant quatre ans, c'est nous, puis ça ne changera pas.
Donc, il n'y aura pas de grande surprise lors de la campagne.
Journaliste
: Merci.
Journaliste : Bonjour à vous
tous. Bonjour, M. St-Pierre Plamondon. Patrice Bergeron, LaPresse
canadienne. J'aimerais revenir sur votre affirmation tout à l'heure
concernant le crime organisé, parce que c'est quand même quelque chose. Est-ce
que vous avez eu vent d'allégations de liens avec des groupes criminels
organisés, puis à qui vous faites référence dans le financement du parti, là,
qu'on puisse...
M. St-Pierre Plamondon : Je
n'ai pas fait référence à personne. Je constate que l'UPAC enquête sur des
activités de financement illicites qui, vraisemblablement, visent à créer une
caisse occulte. Vous savez, ça sert à quoi, créer une caisse occulte? Ça sert à
avoir du financement en échange d'une dette qui se matérialisera, supposons
qu'on prend la commission Gomery ou la commission Charbonneau, par des contrats
juteux. Si l'UPAC intervient, c'est parce qu'il y a potentiellement des
activités criminelles. Donc, moi, après, je veux dire, je ne peux pas vous dire
si j'ai des hypothèses ou pas. Ce que je peux dire par contre, c'est que
l'électeur québécois, devant des faits qui sont avérés, devrait pouvoir se
faire une tête à savoir qu'est-ce qu'il en est véritablement, surtout à la
lumière d'une historique assez lourde chez les libéraux sur ces questions-là.
Donc, on a tenté de minimiser en réduisant
à une seule personne, Mme Lakhoyan, l'utilisation de fonds publics pour un
bureau de campagne. Un bureau de campagne, là, c'est un moulin à vent, il
rentre des dizaines de personnes, là. Donc, il n'y avait pas une seule personne
de témoin. L'activité de financement en question, il y avait des dizaines de
personnes. Donc, la preuve, elle n'est pas facile... elle n'est pas difficile à
constituer, là. Donc, je fais juste mentionner que ce n'est pas léger et que,
si le Parti libéral vient à nouveau de démontrer qu'il n'est pas capable de se gérer
lui-même en matière d'éthique et de corruption, comment peut-il prétendre gérer
le Québec et réparer ce qu'il ne fonctionne pas en matière de transparence et
de politique publique qui découle de la CAQ? Ça me semble être une question
assez fondamentale.
Journaliste : Et, par
ailleurs, j'aimerais vous ramener à une déclaration qu'a dite
Mme Fréchette, hier, concernant le fait que le Québec a obtenu plus que sa
juste part du fédéral, donc même plus que ce qu'on devrait obtenir. Est-ce que
c'est une bonne position de négociation avec Ottawa, ça? Parce qu'avant de
faire votre référendum, vous devrez former un gouvernement. Donc, est-ce que
c'est une bonne position de négociation?
M. St-Pierre Plamondon :
Bien, ce serait une bonne question à poser à Bernard Drainville et ceux qui ont
soutenu la campagne de Bernard Drainville, parce que là, ça fait deux
affirmations. La première, c'est : «Le Québec n'a pas toujours été gentil
avec le Canada»... Là, je veux bien le citer...
Des voix : ...
M. St-Pierre Plamondon :
...«n'a pas toujours été un bon partenaire.» Ça, c'était la position de
négociation, puis ensuite quand on obtient notre argent, c'est ça, le
fédéralisme, hein, c'est quémander pour notre propre argent. Là, on dit :
On en a eu plus que ce qu'on attendait, mais vous remarquerez qu'on n'a jamais
eu aucune transparence sur les conditions réelles de cette entente-là.
Normalement, quand on est fier de ce qu'on a obtenu, on prend le papier, là,
puis on dit : Ça, c'est l'entente avec le fédéral. Puis regardez, moi, je
n'ai rien à cacher, voici ce à quoi on a consenti pour avoir cet argent-là.
Vous noterez que, comme dans Nemaska, puis dans la chasse aux lanceurs
d'alerte... Northvolt, Mme Fréchette n'a aucune transparence. Et je veux cette
réponse-là, qu'est-ce qui a vraiment été l'objet de l'entente qui a mené à ces
sommes-là. Et ce sont des déclarations, donc, qui amènent, qui amènent à penser
que c'était une posture de négociation qui n'est pas à l'avantage du Québec. Et
évidemment que le Parti québécois, dans sa personnalité, va se tenir debout et
aller... Il va toujours faire le maximum pour l'intérêt du Québec et seulement
l'intérêt du Québec. Merci.
Journaliste : Bonjour.
Geneviève Lajoie, Journal de Québec, Journal de Montréal. Vous
aspirez à devenir premier ministre. Évidemment, il y a votre idée de
souveraineté, que vous faites la promotion de la souveraineté. Mais il y a des
gens au Québec que vous ne convaincrez pas, qui ne veulent absolument rien
savoir de la souveraineté, mais vous aspirez quand même à devenir leur premier
ministre. Alors, comment... Qu'est-ce que vous... Qu'est-ce que vous leur direz
pour les séduire tout de même lors de la prochaine campagne électorale?
M. St-Pierre Plamondon : On
m'a déjà posé la question en 2022, je pense, de mémoire, c'était juste avant un
débat et c'était votre collègue, M. Laforest. Il m'avait demandé : Quelle
est votre stratégie pour le débat ce soir? Puis je lui avais répondu : Ne
pas avoir de stratégie. On est mieux d'être authentique, cohérent, puis de
mettre de l'avant ce qu'on pense est la meilleure solution.
Journaliste
: Mais
c'est ma question, ce n'est pas la question de M. Laforest sur le débat de la
stratégie. Moi, je vous pose une question ce matin...
M. St-Pierre Plamondon :
C'est parce que j'ai la même réponse, mais j'ai la même réponse.
Journaliste
:
...comment vous allez séduire les gens qui ne veulent pas de la souveraineté,
vous aspirez à devenir premier ministre?
M. St-Pierre Plamondon : Nous
allons être nous-mêmes et ne pas avoir de stratégie de séduction, mais plutôt
la responsabilité et le sens éthique de donner l'heure juste et d'arriver avec
les meilleures candidatures puis les meilleures solutions. On va être
nous-mêmes. Il n'y a pas de stratégie spécifique, on n'est pas là-dedans, on
n'a jamais été là-dedans. Les gens, je pense, nous connaissent et ils
comprennent ça à ce stade-ci.
Journaliste
: Lorsqu'on
regarde les sondages, on remarque que vous traînez un peu de la patte chez
l'électorat féminin, hein, qui n'est pas la même hauteur que l'électorat
masculin dans les appuis au Parti québécois. Vous avez deux femmes, notamment
devant vous, comme autres cheffes...
M.
Bérubé
: Oui,
à mes côtés.
Journaliste
: Oui, oui,
mais vous avez, donc, Mme Fréchette et Mme Ghazal qui vont... Est-ce que...
Comment ça va changer, justement, votre stratégie de campagne, est-ce que vous
allez faire attention à votre ton davantage? Et comment séduire l'électorat
féminin qui est quand même 50 % de la population?
M. St-Pierre Plamondon : Même
réponse. On n'est pas dans de la stratégie et du clientélisme, on est dans
livrer le meilleur travail possible avec les meilleures candidatures possibles,
en demeurant le plus authentique et constant possible. Parce qu'on pense, et à
juste titre, on pense que c'est comme ça qu'on bâtit de la confiance puis on
bâtit un momentum de société. Donc c'est la même réponse que pour l'autre
question.
Journaliste
: Donc, le
fait que vous ayez Mme Ghazal et Mme Fréchette, ça ne change absolument rien
pour vous dans votre ton, dans votre stratégie, absolument rien.
M. St-Pierre Plamondon : Absolument
rien.
Le Modérateur
: Merci.
Prochaine question.
Journaliste
: Bonjour.
Sébastien Desrosiers, de Radio-Canada. Je reviens... J'ai peut-être mal
compris, là, à cette question des questionnements en matière d'éthique qui
touchent le Parti libéral du Québec. Vous avez laissé entendre qu'il y avait
des liens avec le crime organisé. Alors, j'ai compris...
M. St-Pierre Plamondon :
Attention, attention.
Journaliste
: Oui, vous
avez dit : Est-ce qu'il y a des liens avec le crime organisé...
M. St-Pierre Plamondon :
C'est ça, c'est ça.
Journaliste
: ...point
d'interrogation. Donc...
M. St-Pierre Plamondon :
Exact. Non, mais je pose une question qui est absolument légitime et logique.
L'UPAC enquête.
Journaliste
: Non,
mais... OK. Donc, l'UPAC enquête. L'UPAC peut enquêter pour un cas de corruption,
ça n'implique pas nécessairement le crime organisé. Est-ce que vous en
convenez? Est-ce que vous avez des indications que le crime organisé a des
liens avec le Parti libéral du Québec?
M. St-Pierre Plamondon : Non.
Je pose une question qui est normale, lorsque l'UPAC, qui recherche des
activités criminelles, a décidé d'intervenir. Donc, c'est une question qui est
absolument légitime et logique. Qui... Comment se finançait cette caisse
occulte là? Si vous, demain matin, M. Desrosiers, vous êtes capable de financer
à coups de 500 $ cash à peu près n'importe qui qui vient dans un cocktail
de financement, la première question qu'on va vous poser, c'est : D'où
vient l'argent? L'argent ne pousse pas dans les arbres. Il a fallu que quelqu'un
finance cette affaire-là. Et là des sources de financement occultes, il y en a
plusieurs, et ça peut venir d'activités criminelles, mais ça peut venir aussi
du fédéral, ça peut venir de je ne sais pas où. Mais il me semble que ce sont
des questions très fondamentales pour un électorat qui se demande à qui on
confie les rênes du Québec dans quelques mois. Et on n'a pas de réponse. Donc,
le fait, pour moi, de poser des questions, ce n'est pas de faire des
allégations ou de pointer une des hypothèses, c'est de dire : J'ai
besoin... je pense que la population a besoin de réponses à ces questions
légitimes.
Journaliste : Bon, justement,
quand vous dites ça, est-ce que... puis on a abordé la question il y a quelques
mois, il me semble, là, mais est-ce que vous demandez formellement à l'UPAC de
rendre les conclusions de son enquête avant les élections?
M. St-Pierre Plamondon : Mais
je ne peux pas, parce qu'évidemment c'est toujours... C'est ce qu'on a vécu
avec les enquêtes sur le PLQ à l'époque Charest puis c'est ce qu'on a vécu...
Il y a une bonne chronique de Patrick Lagacé, en fait, qui fait l'historique,
ce matin, de moments où logiquement on devrait avoir des résultats, mais, en
même temps, ne sachant pas comment se déroule l'enquête et quelles sont les
contraintes, on ne peut pas exiger non plus un résultat puisqu'on ne sait pas
où en est rendu l'enquête. Mais j'ai trouvé que la chronique de Patrick Lagacé
ce matin était quand même très, très éloquente sur l'historique qui amène des
questions à se poser sur pourquoi on irait aux urnes à nouveau en n'ayant pas
l'heure juste et en n'ayant pas fait la lumière sur des faits qui sont
explicitement confirmés. Là, je veux dire, l'événement de financement en
question, il ne fait aucun doute, là, il a eu lieu et c'est illicite. Et la
question que je pose, «qui finance?», il me semble, elle devrait être répondue
à ce stade-ci.
Journaliste : Donc, vous ne
l'exigez pas, mais vous aimeriez vraiment ça.
M. St-Pierre Plamondon : Je
ne suis pas en mesure d'exiger ça.
Le Modérateur
: Merci
beaucoup. Prochaine question.
Journaliste : Bonjour. Je
vous ramène à l'actualité. Est-ce que vous avez l'impression que le
gouvernement de la CAQ a trompé les Québécois en 2023 en n'expliquant pas
l'ampleur de l'argent qu'il comptait mettre dans Nemaska Lithium?
M. St-Pierre Plamondon : C'est
une très bonne question. Je pense qu'il y a, en effet, un manque de
transparence volontaire dans ce dossier-là. Et, savez-vous, le plus
intéressant, c'est que, si on fait le lien avec la première ministre actuelle,
en crédits, je lui ai demandé spécifiquement dans ce dossier-là : Vous,
l'avez-vous eu, l'avis, qui vous disait de ne plus mettre d'argent là-dedans,
l'avis du ministère? Est-ce que vous avez eu cet avis-là? Elle n'a jamais
accepté de répondre à cette question-là. Ça, c'est un manque de transparence
qui parle de ce que vous avez détaillé ce matin, à savoir, à plusieurs
reprises, au lieu de donner l'heure juste aux Québécois, on a embelli, comme on
a fait dans tant de dossiers, la réalité. Puis, pendant ce temps-là, par
contre, les centaines de millions, pas de problème, là, on en écrivait, des
chèques. Donc, oui, il y a un manque de transparence qui est volontaire dans ce
dossier-là, c'est évident.
Journaliste : Sur le TGV, on
comprend que vous êtes contre, là, mais quelle solution de mobilité
proposez-vous entre Québec et Montréal?
M. St-Pierre Plamondon : Mais
c'est parce que mon point, c'est de dire : Je vais trouver une solution de
mobilité pour l'est de Montréal avant de trouver une solution de mobilité entre
Montréal et Toronto, là.
Journaliste : Oui, mais moi,
je vous dis : Entre Québec et Montréal, quelle... Ça fait longtemps aussi
qu'on parle de... Est-ce qu'il y a une seule une meilleure solution de mobilité
qu'actuellement entre Québec et Montréal?
M. St-Pierre Plamondon : À
nouveau, il y a une hiérarchie des besoins en infrastructure au Québec. Je me
suis déjà engagé à ce qu'on respecte la hiérarchie de la désuétude et de
l'urgence dans les projets qu'on choisit. Et, en transport collectif, des
projets urgents structurants pour qu'une ville ait des transports collectifs
fonctionnels, là, moi, je suis le député d'une circonscription littéralement
enclavée. Il y a... il n'y a pas de connexion avec le reste de Montréal. Donc,
en hiérarchie des priorités, avant de dépenser 150, 200 milliards dans un
TGV qui relie Toronto et Montréal, est-ce qu'on peut injecter ces sommes-là,
qui est notre argent envoyé à Ottawa, dans de l'infrastructure urgente qui
ferait une différence bien plus grande dans la vie des gens que ce projet-là
qui est motivé par des considérations politiques, à l'évidence?
Journaliste : Est-ce qu'on
peut juste entendre M. Arseneau? M. Arseneau, en 2025, là, vous
disiez que tout le monde rêve d'un TGV entre Québec et Toronto. Qu'est-ce qui a
changé depuis un an pour vous convaincre que c'est un train de l'unité
canadienne?
M. Arseneau : 200
milliards de dollars plus tard, nous, on pense que la priorité doit aller
sur la réfection des infrastructures, comme le dit le chef. C'est une question
d'ordonnancement des priorités. Il faut choisir. Si on veut gouverner, il faut
choisir, et le choix est clair pour nous.
Journaliste : Donc, vous n'en
rêvez plus? Vous n'en rêvez plus?
M. St-Pierre Plamondon : Est-ce
que tu rêves toujours?
M. Arseneau : On est dans le
pragmatisme, là.
M. St-Pierre Plamondon : Mais
il y a eu... Entre les deux aussi, il y a eu une rencontre très récente avec
les maires. Ils ont raison. Le rapport Marceau-Forget qui démontre un déficit
monstrueux de nos infrastructures, qui tombent en ruine. Donc, quand un
potentiel gouvernement du Québec, une formation politique qui aspire à la gouvernance,
s'engage à injecter des sommes pour régler le déficit d'infrastructures, bien,
ça crée d'autres enjeux au niveau du financement des nouveaux projets. S'il y a
de l'argent qui est à nous, qu'on a contribué au fédéral, et qui nous revient,
pourquoi ça n'irait pas en fonction des priorités de tous les acteurs?
Le Modérateur
: Alors,
François Carabin...
Journaliste
: Bonjour,
M. Paul St-Pierre Plamondon . Vous êtes, veux veux pas, le chef avec le plus
d'expérience à l'Assemblée nationale. Ça fait plusieurs années que...
M. St-Pierre Plamondon : Ça
fait drôle d'entendre ça.
Journaliste
: ...que
vous êtes là. Et, dans les dernières années, vous avez fait plusieurs
déclarations qui ont fait réagir sur la place publique, là. Je peux vous en lire
quelques-unes pour vous rafraîchir la mémoire.
M. St-Pierre Plamondon : Pour
me faire plaisir.
Journaliste
: Vous
disiez, par exemple, qu'une partie substantielle du milieu culturel québécois
faisait preuve de vacuité intellectuelle et d'aplaventrisme face au Canada, que
des marxistes ont envahi les ondes de Radio-Canada, que des idéologies
radicales qui prônent la déconstruction des familles sont présentes dans le
discours public.
M. St-Pierre Plamondon : Oui.
Est-ce que... est-ce que votre...
Journaliste
:
Croyez-vous toujours à tout ce que vous avez dit?
M. St-Pierre Plamondon :
Est-ce que votre lectorat a vécu une microagression?
Journaliste
: Je n'en
sais rien. Croyez-vous toujours ce que vous avez dit? Et à qui vous
adressez-vous quand vous tenez des discours comme ceux-là?
M. St-Pierre Plamondon : Là,
je pense que vous confondez stratégie et prise de parole à travers... Sur
quatre ans, j'ai fait combien de tweets puis de publications, 1 000?
Combien de fois est-ce que... Puis je... vous ne pouvez pas dire que je ne suis
pas un chef indisponible ou qui manque de générosité lorsque vous avez des
questions. Donc, au volume, il y a toutes sortes de déclarations pour
lesquelles, là, on a eu amplement l'espace d'expliquer ce qu'on veut dire puis
de corriger s'il y a lieu, on a tout fait ça, et ça vient, donc, avec le pour
et le contre d'une approche où, au lieu de suivre strictement le sondage et
d'être purement dans la tactique politique, on se permet des réflexions.
Puis des fois... En fait, j'ai concédé
dans le mauvais coup du quatre ans, qu'on m'a demandé. C'est sûr qu'il y a des
avantages à la spontanéité et l'authenticité, mais il y a également des risques
que, peut-être, on sous-estime quand, justement, on prend de l'expérience, là,
à savoir, des fois, on déclenche une situation puis, en fait, on n'avait
aucunement l'intention de faire ça. Donc, il y a là-dedans, justement, la prise
d'une expérience, là, j'approche de six ans comme chef du Parti québécois. Puis
c'est un cheminement que je veux faire sans non plus me dénaturer puis devenir
une cassette. La dernière chose qu'on peut me reprocher, c'est d'être une
cassette puis d'être une langue de bois, mais ça vient avec une part de risques
un peu plus grands que d'autres politiciens qui sont dans les lieux communs
tout le temps.
Journaliste
: Pour
conclure sur la question de la souveraineté...
Le Modérateur
:
...dernière en français.
Journaliste
: Pardon?
Le Modérateur
: C'est
la dernière en français...
Journaliste
: Oui. Pour
conclure, sur la question de la souveraineté, je remarque quand même que,
depuis le début du point de presse, vous parlez davantage... vous utilisez, par
exemple, les termes «choisir l'espoir», mais vous êtes moins clair sur
l'utilisation du terme dont je... que vous proposez un référendum dans un
premier mandat, même que vous avez fait paraître une publicité hier, il y a eu
une publicité qui a commencé à rouler, puis à aucun moment, dans cette
publicité, vous utilisez les termes «référendum», «consultation populaire»,
«indépendance». Pourquoi?
M. St-Pierre Plamondon : Oui.
Bien, en fait, ce qui est intéressant, sur le cycle de quatre ans, c'est qu'il
y a eu des périodes où on me posait la question : Vous êtes
jusqu'au-boutiste?, puis vous parlez beaucoup trop de l'indépendance, puis ça
n'intéresse pas la population, puis il y a eu d'autres cycles, exactement comme
en ce moment, où on me disait : Ah! là, on pense que vous abandonnez votre
option, vous parlez d'autre chose. Et c'est cyclique, ça a eu lieu au moins
trois, quatre fois durant cet espace de quatre ans. Et ça s'explique par le
fait qu'on fait les deux. Donc, il y a des certains messages où on parle de
gouvernance et d'urgence à court terme, parce que les gouvernements du Parti
québécois, historiquement, ont toujours été solides en matière d'amener les
bonnes politiques publiques, les bonnes solutions, puis il y a... des fois, on
revient sur le fait qu'on a un projet de société puis qu'on aspire à plus que
simplement le déclin imposé par le Canada, et ça, les deux, on le fait. Puis,
étant donné que c'est cyclique, bien, des fois on nous pose la question :
Est-ce que vous allez trop sur l'indépendance?, puis des fois on nous pose la
question : Est-ce que vous n'allez pas assez sur l'indépendance? Et je
vous le dis, là, en campagne électorale, vous allez retrouver les deux de
manière très, très représentative de ce qu'on aura fait pendant quatre ans.
Le Modérateur
: On va
passer en anglais. On doit aller à la chambre à 10 heures, donc...
Journaliste
: Yes. Good day, Mr.
Plamondon...
M. St-Pierre
Plamondon :
Good
day.
Journaliste :
How can you find the right balance
between being spontaneous but, at the same time, sparking debate, and getting
people mad, and creating a free-for-all?
M. St-Pierre
Plamondon :
I
think, your point of view is a bit utilitaristic. Most of the time, the
questions from the journalists, they start from the assumption that everything
you say and you do in politics is about trying to gain one percentage more at
the next poll. Another vision of politics is that politics is about finding the
truth or finding the best policy possible, and then, engage in public debates
that will maybe spark reactions, but that will have their use for the common
understanding of debates that are legitimate.
Journaliste :
And your policies, future policies?
M. St-Pierre
Plamondon :
I
mean, what I'm trying to say is that, on several topics, we have taken the
freedom to express ourselves or to express some thoughts disregard…
disregarding the next poll and disregarding which group will be in favor, will…
which group will be against. Look at the TGV, the federal train. I mean, it
sparks reaction, some favorable, some none, but is it the right policy? I'm
convinced that we put forward the right policy. Did we choose the best timing?
Maybe not. But that's who we are. We think about the best policy, and we're not
afraid to have public debates whereby people agree, they disagree, but we talk
with the ambition to find the best public policy and serve the best interest of
Québec.
Journaliste :
Your allegations today, your question
mark, can you explain to me why do you mean about having perhaps organized
groups involved in the financing practices of the Québec Liberal Party? Because
that's kind of big to raise that question…
M. St-Pierre
Plamondon :
Oh!
it is… but it's… it's such an obvious question. UPAC is inquiring into an event
where illicit financing comes from somewhere. You cannot print money. Money
needs to come from somewhere. And so where does the money come from when you're
capable of telling someone : If you contribute to my campaign, you get
your money back right away and I will remember you later on? Where is the money
coming from? I mean, it's not clean money, obviously. So, those are fundamental
questions. And I think we should ask those questions, including journalists. We
should not let go fundamental questions about corruption and lack of ethics a
few months before a very, very important election in Québec.
Journaliste
:
How do you…
Le Modérateur
:
Prochaine question.
Journaliste :
How do you convince people that a
referendum is not scary?
M. St-Pierre
Plamondon :
It's
not. It's not scary. It's just fundamental democratic… democracy. It's just
pure democracy. And it's… it's not harmful, it's not scary.
Journaliste :
And, you know, Charles
Milliard, he's here now, he's their leader, he hasn't
had any corruption scandals that we know of yet. Are you thinking it's just a
matter of time?
M. St-Pierre
Plamondon :
No.
I'm thinking that, if the Liberal Party of Québec cannot govern itself, cannot
manage itself in terms of corruption, it can difficultly tell Quebeckers :
We're the right people to manage Québec. I mean, the corruption issue has been
long-lasting with that party, and they're yet in the same situation. So, in
what parallel world will they be able to manage and solve problems for Québec
as a whole? I don't understand.
Le Modérateur
: Merci
beaucoup. Prochaine question.
Journaliste : We understand
your ambition is…
M. St-Pierre Plamondon : Première
fois que je dis ça en anglais, «parallel world». Sorry.
Journaliste
: No worries. Jack Wilson, The Gazette, by the way.
Your ambition is to
secure independence by the end of your mandate. But, between a possible
election and then, and we saw with the TGV suggestions that you're not going to
cooperate with Ottawa, how do you convince Quebeckers… or can you convince
Quebeckers to trust you to be constructive with Ottawa sort of in the meantime?
M. St-Pierre
Plamondon :
Well,
it's not about being constructive, it's about being strong and solid so that
you get what you deserve. It's about negotiation. And, if the federal
government has a share of its money, it should be around 20%, because that's
what we contribute in general. If that money is around 200 billion, if they
have that amount to spend in infrastructure in Québec, we have way more urgent
priorities right now, in terms of public transportation or hospitals or
projects, than getting a very, very fast train between Toronto and Montréal.
And I repeat that we are a democracy. So, our choice here, at the National
Assembly, should be the starting point of where… of where that money goes and
not Mark Carney's political interests.
Journaliste :
We heard you on how you kind of have
started news cycles with spontaneous comments. Is what you're saying to us that
you're going to talk less?
M. St-Pierre
Plamondon :
Well,
what do you think about it? Like, you'd be sorry if I wouldn't give answers
that are authentic or as true as I think I can give them. I don't think I need
to change. I mean, I can improve in terms of understanding how things can grow very
big with social 19289media and
opponents that will try to create situations where there's no really… no real
situation. So, I think I will not change and I will try to get debates going
with the most respect possible, and it has an added value.
Le Modérateur
:
On va prendre une dernière. Assez rapidement, s'il vous plaît.
Journaliste :
And just no matter the party, English
speaking Quebeckers are always going to stand up for their rights, and they
will always be concerned no matter who is in government. So how do you reassure
English speaking Quebeckers?
M. St-Pierre
Plamondon :
Well,
I tell them: We shouldn't have a starting point for that election, that if
you're an anglophone, you need automatically to vote for the Liberal Party of
Québec. Once there was a columnist who wrote "better crooks than
separatists". We need to get rid of that thinking. If we come up with the
best offer, you will see in our program that there is nothing working against
rights of anglophones. We have measures for the French language that... for… is
for education of francophones and allophones. We've been open to take off some
red tape and Bill 96. I hope that anglophones will evaluate the quality of our
offer based on merits and not stay in that old thinking of "better crooks
than separatists", because crooks are dangerous for society.
(Fin à 10 h 03)