Point de presse de M. Charles Milliard, chef de l’opposition officielle
Version préliminaire
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Monday, October 19, 2026, 16 h
Hall principal de l'hôtel du Parlement,
hôtel du Parlement
15 h 59 (version non révisée)
(Seize heures une minute)
La Modératrice : Alors,
bonjour...
Des voix : ...
Charles Milliard (Orford) :
Bonjour.
La Modératrice
:
Bonjour. Bienvenue à ce point de presse du chef du Parti libéral du Québec, qui
est accompagné de ses officiers parlementaires, donc André Fortin, leader
parlementaire, Madwa-Nika Cadet, whip en chef, Filomena Rotiroti, présidente de
caucus, et Julie White, leader parlementaire adjointe.
M. Milliard, c'est à vous.
Charles Milliard (Orford) :
Alors, merci beaucoup. On est très heureux, avec l'équipe des officiers et
moi-même, d'être présents aujourd'hui, évidemment, à l'Assemblée nationale,
pour l'assermentation des députés du Parti libéral du Québec. Donc, un moment
extrêmement émouvant avec nos familles. Je vous avoue que j'ai eu aussi le
privilège de fouler le tapis du salon bleu tout à l'heure avant la rencontre,
et ça a été un moment extrêmement émouvant pour moi. Ça fait très longtemps que
je souhaite devenir député, alors je peux vous dire que c'est un moment qui est
empreint d'émotion pour tout le monde. Puis on a eu l'occasion de parler du
type de collaboration qu'on souhaite faire dans le cadre de ce gouvernement-là,
minoritaire, de ce Parlement minoritaire. Alors, ça nous fera plaisir d'être en
Chambre dans quelques semaines et on est très fiers d'avoir été investis et
assermentés députés aujourd'hui.
La Modératrice : Merci. On va
y aller avec une question, une sous-question, s'il vous plaît.
Journaliste : Bonjour.
Charles Milliard (Orford) :
Bonjour.
Journaliste
: M. Milliard,
sur quoi vous êtes intraitables? Parce que vous avez accepté cette main tendue là,
là. Qu'est-ce qui est non négociable pour vous?
Charles Milliard (Orford) :
Bien évidemment, la tenue d'un référendum. On va s'opposer à ça de toutes les
façons possibles. On se rappelle que c'est l'article 1 du gouvernement
minoritaire actuel, alors on sera intraitables là-dessus.
La question de l'immigration me préoccupe
grandement, parce que les stratégies qui ont été énoncées par M. St-Pierre
Plamondon vont à l'encontre des besoins économiques et des besoins des régions
du Québec.
Et je peux vous dire aussi qu'au niveau
économique on va être intraitables, parce que, reprendre le contrôle des
finances publiques du Québec, c'est impératif. Ça nous coûte 10,5 milliards de
dollars par année en intérêts seulement. Il est temps qu'on remette la maison
en ordre.
Journaliste
: ...tantôt.
Est-ce que c'est un message aux conservateurs?
Charles Milliard (Orford) :
C'est un message à tous ceux qui se sentent concernés par le fait que,
respecter la science au Québec, ça devrait être une valeur cardinale. Alors, la
science, c'est un terme qui est très large, et je souhaite que les gens ici
puissent se baser sur la science le plus possible.
Journaliste
: Est-ce
que le Parti québécois ne respecte pas la science?
Charles Milliard (Orford) :
Non, je n'accuse personne. Je dis que je veux plus de science à l'Assemblée
nationale. Merci.
La Modératrice : Merci. Prochaine
question.
Journaliste : Bonjour. Aux
électeurs francophones, vous leur avez demandé tantôt : Donnons-nous le
temps de mieux se connaître. Qu'est-ce qu'ils ne connaissent pas encore des
libéraux?
Charles Milliard (Orford) :
Écoutez, j'ai mené une campagne à toute vapeur dans les 39 derniers
jours. Je suis chef du Parti libéral depuis un peu plus de six ou sept mois.
Alors, il y a encore du travail à faire pour rencontrer les électeurs
francophones. Je pense qu'on peut reconnaître qu'on a fait des percées
importantes dans plusieurs régions du Québec, mais je souhaitais, avec la
famille aujourd'hui, qu'on reconnaisse qu'on a encore du travail à faire et
que, si ce travail de reconstruction là était terminé, bien, le résultat aurait
été différent. Alors, il y a encore du travail à faire, puis c'est correct de
le dire.
Journaliste : Quand vous avez
fait votre analogie sur le hockey en demandant à votre équipe de parfois penser
justement aux intérêts de l'équipe avant de penser aux intérêts personnels, est-ce
que c'est... dans le fond, c'était que vous leur signaliez que vous allez
prendre des positions — les libéraux — qu'on a moins vues
dans les dernières années pour justement parler davantage aux francophones et
que les... vos propres députés doivent en prendre acte?
Charles Milliard (Orford) :
Bien, ça vaut pour plusieurs thématiques, là, que ce soit dans la...
16 h 04 (version non révisée)
Charles Milliard (Orford) :
...des services publics, sur les questions identitaires, sur les questions
économiques. Le parti existe depuis la Confédération, depuis 1867, alors il s'est
adapté à son époque. J'ai mentionné l'histoire du Parti libéral du Québec dans
mon discours, mais j'ai mentionné qu'il fallait trouver des réponses aux
problèmes d'aujourd'hui avec des réponses d'aujourd'hui. Alors, je m'attends à
ce qu'il y ait des débats. Puis le rôle du chef, le rôle des officiers aussi, c'est
de bien gérer ces débats-là puis d'arriver à des solutions où ensuite on va
être solidaires, donc, sur tous les sujets. Merci.
La Modératrice
:
Merci. Prochaine question.
Journaliste
:
Bonjour. On parle des francophones. Il y a quand même 17 élus sur 39 qui
ont décidé de prêter serment pas juste dans la langue officielle, mais aussi en
anglais. Voyant ça, est-ce que vous pouvez comprendre que certains francophones
justement se disent : Bien, ce n'est peut-être pas mon parti?
Charles Milliard (Orford) :
Écoutez, c'est une tradition qui existe depuis le début, le début de la...
de la Fédération, le début du Québec. Depuis 1867, il y a toujours eu des
députés qui pouvaient prêter serment en anglais, également. Alors, on a des...
des députés qui ont des citoyens anglophones dans leur circonscription. Moi, j'ai
préféré le faire seulement en français. Il y en a d'autres qui ont décidé de le
faire en anglais. Voilà.
Journaliste
:
Mais, si c'est... ce n'est pas ça, ma question. C'est : Comprenez-vous
que les francophones puissent regarder ça puis dire : Bien, pourquoi? Tu
sais, je... Ce n'est pas une langue officielle, l'anglais, là.
Charles Milliard (Orford) :
Non. Tout à fait.
Journaliste
:
Ça aurait pu être l'espagnol, ça aurait pu être n'importe quelle autre
langue. Donc, pourquoi cette insistance-là pour parler anglais?
Charles Milliard (Orford) :
Bien, écoutez, moi, j'ai demandé à tous les députés aujourd'hui de
travailler à parler et à unir tous les Québécois, et à l'intérieur des... des
possibilités qu'offre l'Assemblée nationale. Ça, c'est une possibilité. Puis ça
se fait, encore une fois... ça s'est fait à chaque législature, et je ne vois
pas de problème là-dedans.
Journaliste
:
Puis j'ai la même question sur le... les ouvrages religieux qu'avaient
certains de vos députés. On a vu des Bibles. On était loin, là, en fait, on ne
voyait pas très bien, là. Mais le... l'Assemblée étant laïque, tu sais,
pourquoi? Encore une fois, est-ce que ça n'a pas envoyé une image qui ne
passera pas super bien auprès de certains Québécois?
Charles Milliard (Orford) :
Oui. Encore là, dans les règles parlementaires, c'est quelque chose qui est
permis. Puis la liberté de religion, elle est... elle est complète au Québec.
Alors, oui, il y a quelques députés, je ne sais pas combien, qui ont souhaité
prêter serment. Alors, ça leur appartient. Je n'ai pas de... pas de problème
avec ça.
Journaliste
:
Merci.
Charles Milliard (Orford) :
Merci.
Journaliste
:
M. Milliard, vous avez dit : Plus de science, moins de conflits,
moins de raccourcis intellectuels. Est-ce que c'est à ça que vous vous attendez
de l'opposition conservatrice, des conflits et des raccourcis intellectuels?
Charles Milliard (Orford) :
Je ne vise pas personne. Alors, à tous ceux à qui le chapeau fait,
mettez-le ou enlevez-le. Mais, ce que je peux vous dire, c'est que l'Assemblée
ici doit se baser sur la science. Et il y a eu des commentaires qui ont été
faits sur le rôle de la science dans le débat public récemment. Ça m'inquiète.
Alors, je souhaite que tous les députés puissent me rassurer si jamais, d'aventure,
ils n'avaient pas l'intention de privilégier la science aux croyances dans la
prestation du serment puis dans la prestation du travail qu'on va faire à l'Assemblée
nationale.
Journaliste
:
Avez-vous lu la lettre ouverte de Gérard Bouchard ce matin sur la laïcité?
Charles Milliard (Orford) :
Non, je ne l'ai pas lu encore, mais j'en ai entendu parler. Alors, je ne l'ai
pas lu encore aujourd'hui, malheureusement.
Journaliste
:
Aimeriez-vous quand même...
Charles Milliard (Orford) :
Non. Bien... Bien non, mais ça me ferait plaisir. Mais écoutez, je sais...
je sais qu'il y a une lettre ouverte, mais je ne l'ai pas lue,
malheureusement...
Journaliste
:
...très critique de la laïcité...
Charles Milliard (Orford) :
On va avoir plusieurs occasions d'en reparler, M. Boivin, avec
plaisir.
La Modératrice
:
Merci. Prochaine question.
Journaliste
:
Bonjour, M. Milliard. Une autre tradition de la prestation de serment,
c'est de prêter serment au roi. Ça, vous l'avez laissé tomber. Est-ce que c'est
un geste de rupture pour vous?
Charles Milliard (Orford) :
Bien, c'est une possibilité, encore une fois, qui existe avec les lois
actuelles de l'Assemblée nationale. Alors, moi, j'ai souhaité le faire de cette
façon-là. Puis il y a eu un consensus au sein... au sein du caucus. Alors,
prêter serment au peuple du Québec, à l'intérieur du système politique actuel,
c'est quelque chose qui est tout à fait souhaitable, puis je suis très fier qu'on
l'ait fait.
Journaliste
:
Donc, je le répète : Est-ce que c'est un geste de rupture pour vous de
le faire...
Charles Milliard (Orford) :
Ce n'est pas un geste de rupture. C'est un choix qu'on a fait de
privilégier de prêter serment au peuple du Québec, et j'en suis très fier.
Journaliste
:
Puis en 2022, est-ce que ce l'était, un geste de rupture, de choisir de le
faire?
Charles Milliard (Orford) :
En 2022, je n'étais pas là. Là, maintenant, je suis ici.
Journaliste
:
Puis l'itinérance, rapidement. Il y aura un sommet, là, mais au lendemain
de ce sommet-là, qu'est-ce qu'on doit... il y a... qu'est-ce qu'on doit
accomplir, là, rapidement, pour...
Charles Milliard (Orford) :
Bien, on doit enrayer l'itinérance, on doit avoir un plan concret. Tous les
parlementaires, tous les partis politiques se sont engagés à collaborer sur ce
dossier-là. On mettra de notre côté des forces vives pour contribuer à cet
objectif-là.
Journaliste
:
...quelle action?
Charles Milliard (Orford) :
Bien, quelle action concrète. Premièrement, ça va prendre davantage de
financement, ça va prendre davantage d'hébergements, surtout avec les temps
froids qui arrivent. Ça va prendre de la collaboration, du fédéral, du
municipal, du provincial. J'ai cru comprendre, dans les discussions entre M. Plamondon
et M. Carney, qu'il y avait un intérêt aussi, pour le gouvernement du
Canada, de collaborer. On a besoin de tous les bras disponibles pour enrayer l'itinérance
au Québec.
La Modératrice
:
Merci. Prochaine question.
Journaliste
:
Mais est-ce que donc vous saluez le travail ou le combat de M. St-Pierre
Plamondon en 2022 pour faire abolir le serment au roi?
Charles Milliard (Orford) :
Je n'ai pas à saluer quoi que ce soit. C'est une possibilité qui... moi, j'ai
décidé de m'en prévaloir. Alors, moi, je ne souhaite pas démanteler le système
politique actuel. Je souhaite utiliser les lois de l'Assemblée nationale, dont
une nous permet de prêter serment au peuple du Québec. C'est ce qu'on a fait.
Journaliste
:
Non, c'est parce qu'en 2022 vous disiez que ce n'était pas une priorité,
que c'était un combat qui était inutile. Aujourd'hui, vous en profitez quand
même?
Charles Milliard (Orford) :
Je comprends. Bien, aujourd'hui, on a fait ce choix-là puis on en est très
fiers. Encore une fois, le parti existe depuis 160 ans, il va exister
encore dans l'avenir...
16 h 09 (version non révisée)
Charles Milliard (Orford) :
...je l'espère. Et on s'adapte aux réalités. Puis moi, je suis très fier de
cette décision-là.
Journaliste
: Puis, sur
le référendum, vous dites que vous allez être intraitables. Concrètement, qu'est-ce
que vous voulez dire? Par exemple, si, dans la prochaine mise à jour
économique, il y a des sommes pour la constitution ou, en fait, l'assemblée...
la consultation pour la constitution provisoire, est-ce que vous pourriez vous
opposer au budget?
Charles Milliard (Orford) :
Est-ce que... Votre question, c'est : Est-ce qu'on pourrait s'opposer?
Bien sûr qu'on pourrait s'opposer si...
Journaliste
: Bien, je
veux dire, c'est un motif suffisant pour, par exemple, bloquer...
Charles Milliard (Orford) :
Bien, écoutez, on va... je vais... je vous dis qu'on veut utiliser la science
puis être... avoir plus d'écoute. On va écouter qu'est-ce que le nouveau ou la
nouvelle ministre des Finances va proposer. Mais, s'il y a vraiment quelqu'un
ici, à l'Assemblée nationale, qui pense que la priorité, c'est de mettre de l'argent
dans l'organisation d'un référendum, ce n'est pas notre cas.
Journaliste
: Mais que
ce soit, par exemple, dans une mise à jour économique, est-ce que c'est
suffisant pour, par exemple, voter en défaveur de cette... de ce budget?
Charles Milliard (Orford) :
On va... On va juger l'arbre à ses fruits quand on le... quand on le verra.
Journaliste
: Donc,
concrètement, le référendum, vous allez être intraitables sur quoi? En 2029 seulement
ou...
Charles Milliard (Orford) :
Non. On va être intraitable à toutes les fois qu'il va en être question. Mais
je ne peux pas présumer de ce que... de l'action que va faire M. Plamondon.
Peut-être qu'il va comprendre que ce n'est vraiment pas une priorité pour les
Québécois aussi. À suivre.
Journaliste
: Merci.
Journaliste
: Bonjour.
Je n'en aurai qu'une seule. Ça fait plusieurs fois, je vois que vous évitez de
nommer vos adversaires du Parti conservateur du Québec, notamment lorsqu'il est
question de leurs propos sur la science. Pourquoi?
Charles Milliard (Orford) :
Je n'évite pas de les nommer, c'est-à-dire que je ne sais pas si tous les
députés conservateurs pensent ce que Mme Blanchette Vézina a mentionné. Alors,
je ne présume pas de ça. Ce que je vous dis, c'est que les papiers que j'ai lus
dans les derniers jours m'inquiètent énormément comme scientifique, comme
politicien, comme démocrate. Puis on va se tenir debout si jamais le désintérêt
de la science est le propre d'un de nos partis adversaires.
La Modératrice
: Merci.
En anglais.
Journaliste : Good day.
Charles Milliard (Orford) : Hi.
Journaliste : In your speech, you said that you are willing… you accept the hand
that has been extended by Mister… the Premier, the Premier elect, but there's a
limit, there's a limit, and you won't trade off certain liberal principles and
values. What… What are those?
Charles Milliard (Orford) : Well, the… you know the actual and very well-known values of the
Liberal Party of Québec, so justice, respect of the environment, our «appartenance»,
identification to both Québec and Canada, and the fact that we are actually
proud federalists. So, we believe that a strong Québec within Canada is… is the
best… the best… for Québec right now.
Journaliste : …he'll be watching to see if the PQ tries to spend a single dime on
preparing the referendum. What… What do you think about that?
Charles Milliard (Orford) : Well, I think that Marc Tanguay is a very great MNA, and I'm
counting on you to watch… on him, and maybe on you as well, to watch… to watch
very closely what's going to happen with the public finances in this
legislature.
Journaliste : But, if they put… if they start spending, as Fanny just asked you,
if it's in the economic update that they want to spend money?
Charles Milliard (Orford) : Well, again, I don't think it's a priority. So, I don't see why we
would spend a dime, as Marc said. But let's see the whole document, because…
before we comment, that's the way I work.
Journaliste : And were all your MNAs at ease swearing the oath to the people of Québec
and not to the king?
Charles Milliard (Orford) : Yes.
Journaliste : Could you explain? Were they ordered to all follow the line or did
they…
Charles Milliard (Orford) :
No. I thought it was a good idea, and
everybody agreed.
La Modératrice
:
Merci. Thank you.
Charles Milliard (Orford) :
Merci.
(Fin à 16 h 13)