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Point de presse de M. Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec

Version préliminaire

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Tuesday, October 20, 2026, 11 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement


 

11 h (version non révisée)

(Onze heures deux minutes)

Éric Duhaime (Bellechasse) : Alors, bonjour, tout le monde. Merci beaucoup d'être là. Je voulais vous parler, aujourd'hui, de ce qui s'est passé au cours des dernières heures du côté de l'Alberta. Les Albertains, on en parle beaucoup, ont rejeté l'idée de tenir un référendum sur la souveraineté, à du... grosso modo, du trois pour un, là, c'est 75/25, les chiffres, au moment où on se parle, avec 82 %, 83 % des bulletins dépouillés. Cela étant dit, ils ont aussi — les chiffres qu'on a à l'heure actuelle — dit oui à huit des neuf autres propositions autonomistes de l'Alberta. Donc, on peut dire que l'Alberta a dit, au cours des dernières heures, non à la séparation, oui à l'autonomie. Et je pense que ça marque une occasion en or pour le Québec.

Vous le savez, l'Alberta s'est longtemps inspirée du Québec pour certaines de ses politiques autonomistes, justement. Pensez aux réformes qu'ils font présentement, notamment au niveau de leur police provinciale, de l'impôt sur le revenu ou même d'un régime des rentes. Mais je pense qu'aujourd'hui, le Québec pourrait s'inspirer aussi de l'Alberta dans sa bataille autonomiste. Et, au Québec, on n'a pas besoin de faire un référendum à 130 millions de dollars pour savoir que les Québécois veulent plus d'autonomie puis plus de respect de leurs compétences. Je vois aujourd'hui, aussi, que le premier ministre du Canada, Mark Carney, et le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, se réjouissent que les Albertains aient dit non à la tenue d'un référendum sur la souveraineté Et je m'en réjouis aussi, je pense que la première ministre de l'Alberta, Danielle Smith, aussi s'en réjouit. Cela étant dit, le message des Albertains, ce n'est pas juste celui-là. Il ne faut pas oublier ce qui s'est produit avec... sur le rapport... sur le volet autonomiste. Et c'est une occasion, comme je le disais, de se donner un rapport de force beaucoup plus important. Puis les questions qui ont été posées portent notamment... les questions qui ont obtenu, en fait, les plus... le plus d'appuis, c'est les cinq premières questions sur l'immigration, qui est un sujet où l'Alberta réclame plus de contrôle sur son immigration, exactement comme le Québec.

On a un premier ministre, au Canada, qui veut augmenter l'immigration, et il a dit qu'il voulait recommencer l'augmentation de l'immigration ces derniers temps. Il veut... il semble nostalgique de l'époque Trudeau, où on avait perdu le contrôle au niveau de l'immigration au Canada. Donc, je pense qu'il y a des préoccupations en Alberta, il y a des préoccupations, certainement, aussi du côté du Québec. Et le résultat en Alberta, Il n'est pas anodin, parce que vous rappelez qu'à la suite du référendum de 1995, au Québec, il y a eu le renvoi sur la sécession qui a été adopté en 1998 et qui nous dit que quand il y a un référendum avec une question claire puis une majorité claire, le gouvernement fédéral a une obligation de négocier.

Donc, aujourd'hui, hein, c'est c'est un peu l'arroseur arrosé, mais c'est le fédéral qui va être obligé, de bonne foi, de s'asseoir et de négocier. Maintenant que les Albertains viennent de voter, notamment pour qu'en matière d'immigration, il y ait un contrôle des provinces beaucoup plus important. Et au Québec, il faut qu'on se joigne à cet effort-là, il faut qu'on appuie l'Alberta dans cette revendication-là. Il y a une volonté démocratique qui vient d'être exprimée, qui n'est pas anodine. Ce n'est pas à tous les jours, au Canada anglais, qu'on voit qu'on a des alliés aussi importants à l'extérieur du Québec. Et pour ce faire, j'ai transmis, au cours des dernières minutes, un projet de motion qu'on a l'intention de déposer lors de la reprise des travaux parlementaires pour, justement, tendre la main à tous les partis politiques représentés à l'Assemblée nationale...


 
 

11 h 05 (version non révisée)

Éric Duhaime (Bellechasse) : ...pour justement tendre la main à tous les partis politiques représentés à l'Assemblée nationale en vue d'appuyer l'Alberta dans la voie autonomiste.

C'est un geste pour tendre la main dans un Parlement aussi, je vous rappelle, qui est minoritaire. Les Québécois veulent qu'on travaille ensemble, qu'on élabore... qu'on ait des consensus.

S'il y a un sujet qui fait consensus, je pense, dans la société civile au Québec, c'est bien celui d'avoir un plus grand contrôle en tant que Québécois, en tant que nation, sur notre immigration. Et maintenant qu'on voit qu'il y a une province qui vient de voter massivement en faveur d'un pouvoir accru également dans ce domaine-là, je pense que c'est une occasion qui est unique.

Puis le hasard fait bien les choses. On a aussi un sondage ce matin de Léger Marketing qui nous apprend qu'il y a seulement 20 % des Québécois qui souhaitent la tenue d'un référendum.

Je veux rappeler aux gens qui n'ont pas suivi trop ça, là, ce qui s'est passé en Alberta, là, il n'y avait pas de référendum hier en Alberta sur la sécession, hein, c'était un référendum pour savoir s'ils voulaient avoir un référendum. Au Québec, là, c'est 20 %. En Alberta, ça a voté à 25 %. Bon, avec les répartitions des indécis, on peut penser que ça irait peut-être jusqu'à 25 %, là, mais, grosso modo, là, la volonté des Albertains et celle des Québécois, c'est de ne pas avoir de référendum puis de trouver une autre voie de passage vers l'autonomie.

Et le premier ministre n'aura pas le choix, au Québec, là, de prendre acte de la volonté démocratique des Québécois un jour ou l'autre. Ce qu'on veut ce n'est pas une troisième défaite référendaire qui va ratatiner le pouvoir québécois, c'est de faire des gains concrets pour accroître le pouvoir du Québec à l'intérieur de la Confédération canadienne. C'est le message qu'ont envoyé les Albertains hier. C'est le message qu'envoient les Québécois tous les jours depuis des années. Et j'espère que c'est un message que le premier ministre et les autres partis à l'Assemblée nationale sont prêts à entendre.

Moi, aujourd'hui, je suis là pour leur dire qu'on leur tend la main, que la voie autonomiste, pour nous, c'est la voix qui est capable de rassembler les Québécois, qui est même capable de rassembler maintenant des gens d'autres provinces canadiennes, puis je les invite à se joindre à ce mouvement, puis j'ai l'intention d'appuyer le gouvernement s'il veut que je l'aide dans cette démarche-là, même pour bâtir des ponts avec les conservateurs autonomistes du Canada anglais, que je connais très bien.

Moi, je suis prête à jouer ce rôle-là. Je suis prête à l'aider pour que le Québec accroisse ses pouvoirs, notamment en matière d'immigration.

Sur ce, je vais maintenant prendre vos questions. Merci beaucoup.

Journaliste : Isabelle Porter du Devoir. Juste pour clarifier, c'est parce que, dans le fond, les questions qui ont été posées en Alberta en immigration visaient à accroître leur pouvoir puis avoir l'équivalent de ce qu'on a, nous. Donc, en quoi c'est une occasion pour le Québec? C'est parce que... Parce que, dans la mesure où c'est les mêmes pouvoirs, je ne vois pas qu'est-ce qu'on pourrait prendre de ce qu'ils ont fait à l'immigration, à notre avantage.

Éric Duhaime (Bellechasse) : Mais je pense que le Québec va aller encore plus loin. Vous avez raison, notre plan, il est encore plus ambitieux, mais là on voit qu'il y a une volonté claire d'accroître le pouvoir de...

Puis la question, évidemment, c'est... vous avez raison, là, ce n'est pas 100 % clair, ils disent d'accroître le pouvoir particulier, à la question deux, là, qui dit d'accroître le pouvoir de l'Alberta. Jusqu'à où? Tu sais, ils ne détaillent pas, évidemment, là, par rapport aux demandeurs d'asile, par rapport aux travailleurs temporaires. Il n'y a pas de détail dans la question, vous avez raison de le noter.

Cela étant dit, il y a une volonté claire d'accroître leur pouvoir en immigration. Nous aussi, il y a cette volonté-là. Moi, ça fait des années que je milite pour qu'on ait tous les pouvoirs en matière d'immigration. Québec solidaire et le Parti québécois, on l'entend... on entend militer pour ça. La CAQ aussi a été, à une autre époque, revendicatrice de davantage de pouvoir en matière d'immigration.

J'ai questionné Charles Milliard, si vous vous souvenez bien, au dernier débat des chefs. Il m'a dit que certaines parties voulaient accroître effectivement le pouvoir en matière d'immigration.

J'avais demandé il y a quatre ans... Ce n'est un sujet qui est nouveau. Il y a quatre ans, j'avais demandé à ce que les quatre chefs, les quatre autres chefs se joignent à moi, qu'on aille à Ottawa à la veille des élections fédérales, pour... pour parler d'une seule voix pour le Québec puis mettre de la pression sur les caucus québécois de tous les partis à Ottawa. Paul St-Pierre Plamondon, à l'époque, m'avait appuyé dans cette revendication-là.

Donc, je pense que le moment est bien choisi. Je pense qu'il y a... il y a comme un alignement des planètes et j'espère que le premier ministre va aujourd'hui accepter la main que je lui tends.

Journaliste : Mais la solution, ce ne serait pas, justement, dans la mesure où le PQ veut organiser référendum de faire comme l'Alberta puis d'ajouter une question là-dessus?

Éric Duhaime (Bellechasse) : Au Québec, là, il n'y a pas... Écoutez, là, ce matin, là, s'il y avait eu un... si le sondage Léger était un référendum, les résultats au Québec en faveur de la tenue d'un référendum seraient pire qu'en Alberta, hein, il y aurait moins de gens qui voteraient pour la tenue d'un référendum sur la souveraineté qu'en Alberta. C'est quand même assez unique. Là, moi, je n'ai jamais vu ça qu'il y a potentiellement plus de souverainistes dans une autre province qu'au Québec à l'intérieur du Canada. On n'a jamais vu ça.

Puis je ne pense pas qu'on a besoin d'avoir nécessairement un référendum pour savoir qu'au Québec on veut plus d'autonomie, là, en... en cette matière-là. Nos gouvernements ont réclamé ça depuis des années. Je vous ferais remarquer que, tu sais, même les ententes qu'on a négociées avec Ottawa, justement, il y en a même une qui a été négociée par le Parti libéral du Québec à l'époque de Mme Gagnon-Tremblay. Donc, il y a quand même... Il y a eu une longue historique au Québec de...


 
 

11 h 10 (version non révisée)

Éric Duhaime (Bellechasse) : ...revendications à cet égard-là. Je ne vois pas beaucoup d'opposants, en fait, j'en vois très peu, et je pense que ça ne serait pas... ça serait 130 millions mal placés. On a déjà un consensus démocratique, on est, potentiellement, 127 sur 127, aujourd'hui, à être en faveur. Donc, pourquoi on ne va pas de l'avant, pourquoi on n'appuie pas l'Alberta, pourquoi on n'adopte pas à l'unanimité la motion qu'on va déposer dans quelques jours à l'Assemblée nationale?

Journaliste : Mais, juste pour clarifier, là, vous n'êtes pas favorable à imiter l'Alberta en faisant un référendum avec plusieurs questions?

Éric Duhaime (Bellechasse) : Bien, comme je vous dis, c'est parce qu'au Québec on le sait, c'est... il y a déjà un consensus sur ces enjeux-là. En Alberta, il y a un débat à l'heure actuelle. Au Québec, il n'y en a pas. Je veux dire, on a déjà, démocratiquement, une forte majorité, même de nos représentants, qui sont en faveur. Donc, pourquoi on ne va pas de l'avant, pourquoi on ne prend pas acte de ce qui se passe en Alberta? Je pense que c'est plus ça, notre...

Journaliste : ...non, la réponse?

Éric Duhaime (Bellechasse) : Notre approche, c'est plus de dire : Prenons acte de ce qui se passe en Alberta, puis on a déjà le consensus au Québec.

Journaliste : Bonjour.

Éric Duhaime (Bellechasse) : Excusez. Bonjour.

Journaliste : Vous allez bien, M. Duhaime?

Éric Duhaime (Bellechasse) : Bien, merci. Vous-même?

Journaliste : Ça va très bien. Qu'est-ce que vous pensez du fait que la lieutenante-gouverneure décide de rester dans ses terres demain, lors de l'assermentation du Conseil des ministres? C'est le temps de retirer ce symbole, pour vous?

Éric Duhaime (Bellechasse) : Bien, c'est sûr que je ne suis pas un monarchiste, hein? Je pense que vous n'êtes pas surpris de l'entendre. Cela étant dit, j'ai des questions sur l'aspect constitutionnel, puis là j'ai vu que, oui, elle ne sera pas là, mais elle va devoir quand même signer les papiers. Donc, tu sais, il y a... il y a quand même... elle va quand même jouer son rôle, même si elle ne sera pas visible demain. Donc, c'est... Puis, tu sais... puis l'aspect symbolique, là, je n'ai pas de problème à ce qu'on enlève le symbole. Mais on a... on a même proposé, si vous avez lu mon livre Destination autonomie, de même... de changer le nom. Moi, je n'ai pas de problème avec ça.

Cela étant dit, sur l'aspect constitutionnel, là, commencer à s'engager dans des réformes constitutionnelles, où ça va prendre une unanimité des provinces pour ce genre de changement là, on n'est pas sortis du bois, puis je ne pense pas qu'il y a beaucoup d'appétit au Québec pour aller dans cette voie-là.

Journaliste : Qu'avez-vous à répondre à Charles Milliard? Hier, il ne vous a pas visé, là, mais tout le monde a compris ce qu'il disait, qu'il veut plus de science au salon bleu?

Éric Duhaime (Bellechasse) : Bien, je pense que M. Milliard aurait dû célébrer son assermentation. Puis je ne sais... je n'ai pas... je n'ai pas grand-chose à dire là-dessus, là. Je ne veux pas embarquer dans une escalade, là. On va être obligés de travailler, là, qu'on le veuille ou non, là, puis c'est... je pense que c'est le message qu'on doit envoyer dans nos discours d'assermentation, là. Les Québécois nous ont demandé de travailler ensemble, ils ont élu un gouvernement minoritaire. Je lis même dans le sondage de votre journal ce matin qu'ils veulent que ça fonctionne, ils veulent que les... ils sont satisfaits du résultat d'un gouvernement minoritaire, hein? C'est rare qu'on voie ça. Et donc, moi, je suis dans cet état d'esprit là pour commencer la nouvelle session, puis ça va être dans ce sens-là que mon discours d'assermentation va aller demain.

Journaliste : Il y a-tu un mot d'ordre de suivre la ligne de parti? Parce qu'il y a quand même des gens, là, qui veulent leur liberté de parole, là. Allez-vous passer des messages ou on en reparle demain?

Éric Duhaime (Bellechasse) : Écoutez, je pense qu'on va en reparler dans les caucus plus que dans les... Je pense que c'est là où la liberté d'expression va être, évidemment, la plus grande. Il va falloir faire preuve de discipline, c'est évident. Cela étant dit, on est un parti qui croit à la liberté d'expression, que les gens ont droit de s'exprimer, puis il y a des enjeux, des fois, aussi, au niveau local, qui font que c'est normal que tu représentes ta population d'abord et avant tout.

Journaliste : Vous dites que, bon, vous ne voulez pas d'éventuels changements à la Constitution, qu'on n'est pas rendus là. Ce que l'Alberta a voté, c'est un peu ça qu'ils veulent d'une certaine façon. Est-ce que vous croyez qu'on devrait peut-être...

Éric Duhaime (Bellechasse) : En fait, ça dépend quelle question dont vous parlez, là. Vous avez raison, notamment sur la nomination des juges, puis, si, effectivement... Puis l'autre affaire, c'est que la question constitutionnelle, c'est compliqué, là. Des fois, ça prend une unanimité, des fois, c'est sept provinces, 50 % de la population, donc, dépendamment de quelle proposition on parle. Au Québec, ça aussi, il y a beaucoup de gens qui souhaitent, effectivement, que, sur la nomination des juges, on puisse... le Québec puisse avoir davantage de pouvoirs.

Il y avait... il y avait aussi la question de l'abolition du Sénat, qui est peut-être moins d'actualité au Québec, hein? C'est un sujet qui a moins... qui préoccupe moins les Québécois, puis dont on parle un peu moins dans les murs, ici, là, du parlement québécois. Mais en Alberta puis dans l'Ouest canadien, vous savez que ça fait des décennies...

Journaliste : Il faut que ce soit élu.

Éric Duhaime (Bellechasse) : ...que c'est un gros, gros sujet d'actualité pour eux, puis ils ont, effectivement, voté en faveur de l'abolition du Sénat. Il y a l'aspect du renforcement des pouvoirs des provinces puis le respect des compétences des provinces. Ça, c'est sûr que c'est au cœur de tous les gouvernements, les fédéralistes, souverainistes ou autonomistes, au Québec depuis toujours, et ça, je pense, là-dessus, qu'on va bien s'entendre là. Ça, c'était la dernière question, là.

Journaliste : Donc, est-ce qu'on est dus pour des changements constitutionnels, là?

Éric Duhaime (Bellechasse) : Bien, s'il y a un appétit. Mais moi, je vous dis que la priorité... Il y a des choses qu'on peut faire sans changements constitutionnels, que ça va aller beaucoup plus rapidement et ça va... ça va créer beaucoup moins de crises nationales. Je pense qu'on devrait commencer par ceux-là. Puis l'immigration, quant à moi, devrait être la première cible, parce que c'est celle qui a reçu le plus d'appuis dans le référendum d'hier en Alberta.

Journaliste : Et est-ce que vous considérez que la nomination de M. Pascal Paradis, hier, est une nomination partisane? Et comment vous prenez cette nomination-là?

Éric Duhaime (Bellechasse) : Bien, c'est sûr que nommer un candidat défait deux semaines après l'élection, on ne peut pas appeler... on ne peut pas dire que c'est une... que c'est une nomination neutre et indépendante, là, je pense que ce serait... ce serait rire du monde de dire ça. Cela étant, on va juger l'arbre à ses fruits, on va voir comment M. Paradis va exercer ses nouvelles fonctions, que ça va être quoi, son interaction avec les ministres des...


 
 

11 h 15 (version non révisée)

Éric Duhaime (Bellechasse) : ...démocratiquement élus qui vont représenter, aussi, ces dossiers-là, donc on va suivre ça avec beaucoup d'intérêt dans les prochaines semaines.

Journaliste : Est-ce que vous voyez un problème, juste, bien... par le fait qu'il va être unpeu au-dessus de l'épaule de deux autres ministres au moins?

Éric Duhaime (Bellechasse) : Bien, c'est sûr que ça va... ça va... ça va être un défi pour la cohésion de l'équipe péquiste. J'ai hâte de voir comment ils vont arrimer ça. Là, au moment où on se parle, on n'a pas tous les détails, on ne sait même pas qui vont être les ministres, justement, responsables des dossiers, donc c'est un peu prématuré de répondre à ça.

Journaliste : Bonjour.

Éric Duhaime (Bellechasse) : Bonjour.

Journaliste : Patrice Bergeron, La Presse canadienne. Si je comprends bien, par contre, vous acceptez tel que tel le renvoi sur la récession... sur la sécession, pardon.

Éric Duhaime (Bellechasse) : Bien, c'est-à-dire que ce n'est pas une question de l'accepter ou non, c'est que les libéraux fédéraux à Ottawa ont eux-mêmes mis ça en place. Ça serait bien le bout, aujourd'hui, qu'ils disent qu'ils ne respecteront pas leur propre parole.

Journaliste : Mais les gouvernements du Québec l'ont refusé, là.

Éric Duhaime (Bellechasse) : Oui, les libéraux du Québec, sauf que ce n'est pas les libéraux du Québec qui sont au pouvoir, là, c'est le gouvernement libéral fédéral et c'est eux...

Journaliste : Les gouvernements du Québec l'ont refusé, ici...

Éric Duhaime (Bellechasse) : Oui, mais moi, je parle... moi, je parle du gouvernement fédéral, celui aujourd'hui, là, qui est obligé de prendre acte de ce qui s'est passé en Alberta. Ce n'est pas... ce n'est pas au Québec qu'ils vont commencer à parler du renvoi, là, mais le gouvernement fédéral a adopté une loi, puis c'est le même parti politique. Ils ne peuvent pas dire que c'était une autre idéologie, là. Des libéraux fédéraux ont adopté un renvoi sur la sécession pour encadrer, justement, les exercices démocratiques référendaires. Puis aujourd'hui, bien, ce serait bien mal avisé de leur part de dire qu'ils ne vont pas appliquer leurs propres lois, maintenant qu'il y a eu une question claire avec une majorité claire en Alberta.

Journaliste : Absolument. Mais vous... vous l'acceptez, ce renvoi-là, vous?

Éric Duhaime (Bellechasse) : Non. Non, non, non, moi je ne suis pas... Écoutez, là, ce n'est pas... C'est aux Québécois à décider de leur avenir, là, ce n'est pas à Ottawa à nous décider quels mécanismes ils vont mettre en place. Je pense que ça, c'est clair au Québec aussi. Même les fédéralistes, au Québec, reconnaissent ça, et les autonomistes que nous sommes, encore, mais... Sauf que je vois mal les libéraux fédéraux ne pas s'appliquer leur propre médecine. C'est ça, un peu, mon message aujourd'hui.

Journaliste : Puis vous le dites : Les Québécois sont habitués de décider par eux même. Mais pourquoi, d'abord, ils devraient s'aligner sur les Albertains, aujourd'hui, là?

Éric Duhaime (Bellechasse) : Bien, pour une raison fort simple, c'est pour se donner un rapport de force et... parce que M. Legault a eu une position autonomiste qui parfois, s'est apparentée à celle que je défends aussi au Parti conservateur du Québec et... mais malheureusement, M. Legault n'a jamais développé de rapport de force, ce qui fait que... Puis, tu sais, c'est une image, là, mais c'est une image qui est quand même assez parlante et qui est assez évocatrice de ce qui s'est passé pendant huit ans sous la CAQ. Il envoyait des fax à Ottawa puis ça se ramassait dans la déchiqueteuse au bout d'une heure. Il avait beaucoup de difficultés à faire des gains concrets, il en a eu très, très peu, pendant les mandats de la CAQ, et je pense que...

Contrairement à Danielle Smith, qui, elle, s'est donnée des vrais rapports de force, elle, elle a adopté une loi sur la souveraineté de l'Alberta dans un Canada uni. Elle, elle a contesté toutes les lois fédérales qui empiétaient sur ses compétences, et elle, elle a gagné devant les tribunaux, même devant la Cour suprême. Elle, elle a réussi à avoir son pipeline. Elle a même réussi à faire démissionner Steven Guilbeault à Ottawa, puis elle a réussi à signer un deal avec le premier ministre Mark Carney.

Donc, elle a fait des gains autonomistes concrets pendant que le Québec a fait du surplace. Moi, je pense qu'on a intérêt à s'allier avec les gens à l'extérieur du Québec qui pensent comme nous, qui sont contre la centralisation, qui sont contre ce que j'appelle le fédéralisme toxique des libéraux à Ottawa.

Journaliste : Petite dernière, juste pour précision, parce que vous parlez beaucoup de travailler ensemble, mais est-ce que travailler ensemble, ça veut toujours dire travailler dans votre sens ou que ça veut dire aussi, des fois...

Éric Duhaime (Bellechasse) : Bin, non, ça veut dire s'asseoir puis négocier, là. La négociation, on arrive toujours avec des revendications, vous savez comment c'est, des fois, on en gagne, des fois, on en perd. Mais, l'idée, c'est d'arriver avec une ouverture d'esprit puis être capables d'avoir en tête qu'il faut trouver une entente.

Journaliste : Bonjour, M. Duhaime.

Éric Duhaime (Bellechasse) : Bonjour.

Journaliste : Vous avez parlé de l'abolition du Sénat en disant qu'il n'y a pas vraiment d'appétit, au Québec, mais c'est malgré tout, là, dans le référendum en Alberta. Pour être clair, est-ce que vous appuyez l'Alberta, sur cette question-là? Est-ce que ça va faire partie de votre motion?

Éric Duhaime (Bellechasse) : Je ne pense pas que c'est la priorité, au Québec, là, il n'y a personne qui ne m'a jamais parlé de ça. Ce n'est pas un enjeu, au Québec, en termes de si... Il y a bien d'autres choses que le Québec veut faire en matière de... d'accroître le pouvoir québécois, beaucoup plus que le Sénat, là, qui est plus symbolique, hein, il faut se le dire. Puis, pour des raisons historiques, là, l'Alberta était sous-représentée. Vous connaissez tout le débat, là, qui entourait ça, puis ils voulaient un Sénat «Triple-E», là, «Triple E», je ne sais pas si, en français, c'est le «Tripe-E», je pense que oui, là. Mais... mais, au Québec, on n'a jamais... tu sais, ça n'a jamais fait partie de notre culture politique puis de nos demandes historiques, là.

Journaliste : Mais, donc, votre motion que vous voulez présenter, ce serait pour appuyer l'Alberta sur des enjeux comme l'immigration, l'autonomie, mais pas sur ça, spécifiquement.

Éric Duhaime (Bellechasse) : Bien, écoutez, s'ils veulent lancer le débat, nous autres, on n'a pas à... tu sais, les Albertains, démocratiquement, ont le droit de lancer le débat, et puis on n'y tient pas comme la prunelle de nos yeux, là, ce n'est pas ça, l'idée. C'est juste de dire qu'il y a d'autres éléments avec lesquels on est beaucoup plus d'accord. D'ailleurs, je ne sais pas si vous avez lu le texte de la motion, là, mais vous allez voir qu'on parle, notamment, de l'immigration, on parle de nomination des juges, on parle des respects des compétences. Je pense que, pour nous, là, c'est surtout ces éléments-là qu'on apprécie beaucoup dans le vote qui a eu lieu hier en Alberta.

Journaliste : Puis sur la question de l'autonomie, vous avez été très, très clair qu'on n'a pas besoin de référendum pour pousser ça au Québec. Mais est-ce que pour d'autres... d'autres sujets, là, complètement divers, ce n'est pas tellement dans notre culture, au Québec, de faire des référendums pour consulter périodiquement la population, mais avez-vous une ouverture à faire ce genre d'exercice?

Éric Duhaime (Bellechasse) : Le problème...


 
 

11 h 20 (version non révisée)

Journaliste : ...Avez-vous une ouverture à faire ce genre d'exercice?

Éric Duhaime (Bellechasse) : Le problème qu'on a au Québec, là, puis c'est sûr qu'il va peut-être falloir, à un moment donné, en discuter sur la place publique, c'est que référendum, dans la tête du monde, là, c'est souveraineté puis c'est des oui puis des non, c'est fédéraliste, souverainiste, mais c'est vrai que, partout ailleurs, les référendums, c'est sur toutes sortes d'autres enjeux, mais, ici, ça polarise sur un axe très précis.

Puis quand on parle de référendum, c'est pour ça que c'est un peu plus problématique parce qu'automatiquement ça renvoie à un débat référendaire dont les gens sont tannés puis ne veulent plus entendre parler. Puis ça explique pourquoi il y a juste 20 % du monde aujourd'hui qui disent on... les gens... 20 % des gens qui disent qu'ils veulent la tenue d'un référendum, qui veulent que M. Plamondon respecte son engagement de tenir un référendum dans le mandat actuel, parce que référendum, ici, c'est synonyme de souveraineté, oui ou non.

Journaliste : Mais donc la réponse, c'est oui, vous seriez ouvert à un référendum sur d'autres sujets pour consulter les Québécois?

Éric Duhaime (Bellechasse) : Mais, comme je vous dis, c'est très difficile, parce que, dans notre culture, le mot... le référendum, ce n'est pas un outil pour faire ce genre de consultation là, c'est fait pour décider de notre avenir constitutionnel.

Journaliste : Oui. Bonjour, M. Duhaime.

Éric Duhaime (Bellechasse) : Bonjour.

Journaliste : J'aimerais revoir... j'aimerais revenir sur la question de la science.

La semaine dernière, votre député Patrick Paquet, là, s'est fait recadrer par la Caisse après avoir dit que le tramway avait calculé sur une règle de trois, là, qu'on avait fait ça sur le coin d'une table, le coût du tramway.

J'aimerais vous entendre sur, bien, justement, cette sortie-là puis le fait que la Caisse l'a recadré. Et est-ce que vos députés devront se baser sur des données crédibles avant de lancer des choses dans le débat public?

Éric Duhaime (Bellechasse) : Écoutez, là, je pense que M. Paquet s'est exprimé là-dessus. D'ailleurs, il citait même un ancien porte-parole de la Caisse, si j'ai bien compris, là. Et donc je pense qu'évidemment c'est des questions très théoriques pour essayer de nous piéger, là, puis je sais que c'est l'objet.

Journaliste : Non, mon Dieu! Il n'y a rien de théorique là-dedans.

Éric Duhaime (Bellechasse) : Attendez, là. Non, laissez-moi répondre, là. Je vous ai laissé poser votre question, laissez-moi juste répondre.

Journaliste : Mais il n'y a rien de théorique dans ma question.

Éric Duhaime (Bellechasse) : Non mais est-ce que je peux répondre?

Journaliste : Allez-y.

Éric Duhaime (Bellechasse) : Merci. Ce que je veux dire, là, c'est que je le sais, OK? On est un nouveau caucus, on arrive ici avec des nouveaux députés. Je sais qu'on va être testés. C'est normal, ça fait partie de la démarche démocratique. On est moins expérimenté que les autres.

Moi, le premier, hein? Je ne suis même pas encore assermenté comme député à l'Assemblée nationale. Je n'ai jamais occupé de fonctions électives dans ces murs.

C'est sûr que ça va être un défi d'apprentissage puis il va falloir le faire rapidement parce qu'on est en contexte de gouvernement minoritaire.

Maintenant, tu sais, oui, il va y avoir des données, oui, il va y avoir des débats, là, mais je vais... Moi, je vais commenter quand on va parler de débats concrets puis on va avancer sur des enjeux réels pour les Québécois. Moi, ma priorité, là, c'est ça.

Puis, aujourd'hui, je vous parle, par exemple, de quelque chose de très concret, qui est d'accroître le pouvoir québécois. Puis je ne me base pas sur rien, je me base sur des... un référendum puis des données, des données démocratiques.

Journaliste : ...

Éric Duhaime (Bellechasse) : Pardon?

Journaliste : ...

Éric Duhaime (Bellechasse) : Bien, pas juste sur ça, là. Je pense que le principal enjeu pourquoi le Parti conservateur du Québec a connu une croissance aussi importante, c'est parce qu'on a été les seuls qui remettent véritablement en cause le modèle bureaucratique québécois.

Journaliste : ...

Éric Duhaime (Bellechasse) : Bien, le débat, là, c'est... Ultimement, là, moi, je me fie aussi à la population, hein? Vous savez qu'il n'y a jamais eu un seul sondage à Québec où la population était en faveur du tramway. Le problème de ce projet-là, ce n'est pas le Parti conservateur du Québec, c'est qu'il n'y a jamais eu d'acceptabilité sociale. Et tant et aussi longtemps qu'il n'y aura pas ça, il va y avoir du monde qui vont... qui vont sortir contre, puis si ce n'est pas nous autres, ça va être d'autres mondes, parce que la majorité des gens de la région de Québec n'en veut pas.

Journaliste : J'essaie de comprendre. Dans le fond, est-ce que M. Paquet a erré en parlant d'une règle de trois, en sortant des chiffres comme ça, ou est-ce qu'il y avait raison de lancer des chiffres comme ça?

Éric Duhaime (Bellechasse) : Écoutez, je pense qu'il s'est expliqué, là, puis je ne referai pas le débat de la semaine passée, là, moi, j'ai été satisfait de ces réponses.

Journaliste : Juste une dernière question sur le troisième lien. Vous avez vu ce matin, il y a encore 14 personnes, là, qui travaillent ce troisième lien et les 50 millions qui ont été investis.

Il y a des experts qui disent : Bien, écoutez, ces données-là vont être perdues si on doit refaire le travail dans quelques années, si un autre parti, un autre gouvernement arrive en poste. Est-ce que vous craignez qu'on perde les données qui ont été récoltées?

Éric Duhaime (Bellechasse) : Bien, j'étais surpris et déçu ce matin de lire ça, parce que moi, j'arrive ici dans un esprit, puis le caucus conservateur, là, on arrive ici dans un esprit d'ouverture.

C'est un dossier majeur dans la région de Québec, s'il en est un. On représente quand même 15 des 18 députés de la région de Québec. J'aurais aimé ça pouvoir en parler au premier ministre, pouvoir en parler au gouvernement, pouvoir en parler au prochain ministre des Transports.

Et avant qu'on démantèle ce qui reste, là, du bureau de projet du troisième lien, je pense que c'est prématuré, qu'il y a encore... Tu sais, il n'y a pas... il n'y a personne aujourd'hui qui a les deux mains sur le volant pour décider dans ce dossier-là, là, tant qu'à nous, là.

Et ça aurait été intéressant qu'on prenne en considération, là, l'opinion puis les suggestions des élus de la région de Québec, surtout que le gouvernement n'a aucun élu, je vous rappelle, dans la Capitale-Nationale ni dans Chaudière-Appalaches.

Je pense que... J'espère que c'est une rumeur puis j'espère que le gouvernement va vous rappeler les personnes à l'ordre, là, parce que ce serait très décevant de commencer le mandat sur cette note-là.

Journaliste : Bonjour, M. Duhaime. Vous parliez de l'apprentissage que vos députés devront faire assez rapidement. Il y a deux semaines, je pense, vous disiez...


 
 

11 h 25 (version non révisée)

Journaliste : ...et on compte beaucoup sur l'expérience de Maïté Blanchette Vézina, et tout ça. Le PQ fait appel, quand même, à Pauline Marois, M. Royer. Est-ce que vous avez trouvé d'autres moyens pour vous préparer puis préparer vos collègues?

Éric Duhaime (Bellechasse) : Absolument. On va...

Journaliste : Qu'est-ce que vous avez fait?

Éric Duhaime (Bellechasse) : ...on va avoir des formations dans les prochains jours. Le Parlement, comme vous savez, ne recommence pas avant un peu plus d'un mois, donc on a le temps de bien se préparer. J'ai rencontré tous nos députés, un à un, au cours des derniers jours, pour discuter avec eux, justement, des dossiers qu'ils vont occuper. On va annoncer, dans les prochains jours, notre cabinet fantôme. On attend, évidemment, que le gouvernement forme son Conseil des ministres avant de commencer à dire qui va être notre... nos porte-parole sur les différents dossiers. Donc, on va... on va faire ça dans les prochains jours, là, suivant l'arrivée du nouveau Conseil des ministres cet après-midi. Et puis on va... on va avoir aussi des formations systématiques avec chacun de nos porte-parole puis chacun de nos députés, puis il y a des personnes, effectivement, d'expérience dans la famille conservatrice qui vont nous épauler là-dedans.

Puis, juste à titre d'exemple, là... c'est un exemple un peu dans le champ gauche, là, mais, hier matin, j'étais avec Stephen Harper, là, j'étais avec l'ancien premier ministre du Canada, et une des raisons pourquoi je voulais le rencontrer, c'était, justement, pour avoir ses conseils. Tu sais, on n'en a pas beaucoup, des premiers ministres conservateurs qui peuvent nous aider puis nous conseiller. J'ai eu la chance de pouvoir le rencontrer hier, puis de passer quelques heures avec lui, puis d'avoir ses judicieux conseils, puis je pense que c'est le genre d'expertise qu'on a besoin, et il va y avoir d'autres gens qui vont être appelés là, à venir rencontrer le caucus dans les prochaines semaines, justement, pour les aider dans cette tâche-là.

Journaliste : Quel est le meilleur conseil qu'il vous a donné?

Éric Duhaime (Bellechasse) : Il m'en a donné plusieurs, en fait, là. Puis je n'entrerai pas dans notre conversation, parce que c'était privé, là, mais je veux juste... De façon générale, je peux quand même dire qu'au niveau de la gestion des caucus, au niveau aussi de la stratégie en gouvernement minoritaire, parce que M. Harper, vous le savez, hein, a été à la tête d'un gouvernement minoritaire pendant quelques années à Ottawa, il m'a donné, je pense, de précieux conseils. Puis c'est aussi un homme qui a une... qui accorde beaucoup d'importance à l'histoire, qui connaît très bien l'histoire du Québec. Il m'a d'ailleurs remis un... son livre, hier, sur l'histoire des drapeaux au Canada, dont plusieurs ont des fleurs de lys, là, et donc ça a été... il me... il faisait des liens avec ce qui s'est passé dans l'histoire puis il me rappelait certains faits historiques par rapport au mouvement conservateur au Québec, et je pense que ça a été de très précieux conseils.

Journaliste : J'ai juste deux petites précisions encore.Après-demain, jeudi, jour d'assermentation, est-ce qu'on va pouvoir parler cette fois-ci à vos députés?

Éric Duhaime (Bellechasse) : Bien, écoutez, là, nos députés, il y en a qui font des entrevues encore aujourd'hui, il y en a qui en font.

Journaliste : Oui, mais dans les corridors, là, en scrums, en mêlées de presse?

Éric Duhaime (Bellechasse) : Écoutez, là, c'est... chaque député a le droit de parler ou de ne pas parler à qui il veut, là, je ne suis pas... il n'y a pas de... il n'y a pas de mot d'ordre à ce niveau-là. Cela étant dit, c'est sûr et certain qu'il est... il y a des députés qui ont... Justement, ça fait partie de l'apprentissage aussi, là. Ce n'est pas tout le monde qui a l'habitude d'avoir un micro sous le nez, là. Moi, j'ai la chance d'avoir fait ce job-là pendant des années, puis d'en avoir eu un pendant plusieurs heures, à tous les jours. Il y en a d'autres pour qui c'est nouveau, puis c'est normal que ça va prendre un peu plus de temps avant qu'ils se sentent plus à l'aise.

Journaliste : OK. Une dernière sur Pascal Paradis. C'est quand même un ajout... tu sais, dans toute l'idée de dégraisser dans l'État, c'est un ajout d'un poste, avec un salaire qui va aller avec. Vous êtes à l'aise avec ça?

Éric Duhaime (Bellechasse) : Bien, écoutez, je... encore là, tu sais, on ne sait même pas qui... quels ministres il va épauler, on ne sait pas quelle fonction exactement il va occuper auprès d'eux. J'espère que ce n'est pas plus de structure, plus de bureaucratie, qu'ils ne vont pas créer un organisme en parallèle des deux ministères qu'il est supposé conseiller. Donc, j'ai hâte de voir comment, au niveau de la hiérarchie puis au niveau de l'organigramme, ils vont incorporer M. Paradis à l'intérieur de leur plan.

Journaliste : Bonjour, M. Duhaime.

Éric Duhaime (Bellechasse) :Bonjour.

Journaliste : Vous avez dit la semaine dernière, vous l'avez répété tout à l'heure, que la liberté d'expression dans votre parti va s'exercer à l'intérieur des quatre murs, des salles... de la salle du caucus, par exemple, etc.

Éric Duhaime (Bellechasse) : Bien oui.

Journaliste : Est-ce que Mme Blanchette Vézina a trop parlé lorsqu'elle a abordé la question de la science, etc.? Est-ce qu'elle a elle-même contrevenu, en fait, à cette directive de dire : Bien, exprimez-vous, mais à l'intérieur des murs du caucus?

Éric Duhaime (Bellechasse) : Bien, d'abord, là, j'ai vu que Le Devoir avait rectifié le titre à la suite de l'entrevue. J'ai vu que Mme Blanchette Vézina s'est aussi expliquée sur les réseaux sociaux la semaine dernière, puis moi, ça m'a satisfait, là. Je pense qu'elle a... elle a bien expliqué, là, sa pensée, puis j'ai trouvé que c'était tout à fait cohérent.

Journaliste : Donc, pour vous, il n'y a... vous n'avez pas eu de discussion avec elle, de dire : Bien là, il faudrait peut-être se garder une gêne?

Éric Duhaime (Bellechasse) : Bien, j'ai eu des discussions avec elle, comme j'en ai eues avec tous nos députés, parce que, comme je vous ai dit la semaine dernière, je les ai rencontrés. Donc, j'ai rencontré aussi Mme Blanchette Vézina, là, pour les fonctions qu'elle va occuper parce qu'il n'y aura pas juste celui de leader parlementaire là, on va... Vous comprenez qu'il risque d'y avoir, quoi, un peu plus de 20... 20 ministres, mais, nous autres, on a 19 députés. Donc, forcément, même nos officiers vont être obligés d'avoir des fonctions, probablement, là. Donc, on attend de voir exactement la répartition des ministères puis le nombre de ministères exactement. Mais j'ai...


 
 

11 h 30 (version non révisée)

Éric Duhaime (Bellechasse) : ...donc, je... je l'ai rencontré, puis on a parlé de ça puis on a parlé de ses fonctions à venir aussi au sein de l'équipe.

Journaliste : Il y a actuellement une vaste campagne de vaccination au Québec, notamment sur les virus respiratoires.

Alors, il y a trois vaccins qui se donnent en ce moment et les inscriptions pour recevoir le vaccin sont vraiment extrêmement populaires, contre le VRS, contre la COVID et également contre la grippe saisonnière. Est-ce que vous allez vous faire vacciner?

Éric Duhaime (Bellechasse) : Bien, d'abord, je pense que mon statut vaccinal, je l'ai toujours dit, là, je pense que, tu sais, les... Je ne me suis jamais fait vacciner contre la grippe, historiquement, là, si c'est ça votre question.

Maintenant, pour notre position générale, là, puis c'est ce qui est important, là, la position publique, nous, on est toujours d'accord de suivre les recommandations de la Santé publique, mais aussi de laisser la liberté de choix à chaque individu, puis je pense que ces campagnes-là font. Donc, on est tout à fait d'accord.

Journaliste : Et vous, vous ne vous ferez pas vacciner personnellement. Vous y croyez, vous croyez à la science, mais pas pour vous.

Éric Duhaime (Bellechasse) : Honnêtement, là, je n'y ai pas... Je n'y ai même pas pensé, là, vous me l'apprenez, là. Je ne suis pas au courant des différentes campagnes.

Journaliste :  Mais je vous pose la question.

Éric Duhaime (Bellechasse) : Mais je ne les ai même pas... je n'ai même pas lu ce qui se passait puis c'était quoi les risques, ou ce n'était pas... Je n'ai pas évalué le phénomène-là. Vous me l'apprenez au moment où on se parle.

Journaliste : Mais allez-vous y réfléchir? Est-ce que c'est quelque chose...

Éric Duhaime (Bellechasse) : Mais je vais aller lire de ce dont vous parlez.

Journaliste : Parce qu'on recommande souvent aux... J'ai entendu la Santé publique en parler en conférence de presse, etc., les gens qui ont, par exemple, possiblement des problèmes de santé, des problèmes cardiaques, etc., c'est recommandé dans leur cas. Est-ce que c'est quelque chose qui pourrait...

Éric Duhaime (Bellechasse) : Écoutez, je peux vous dire que ma santé va très bien.

Oui, j'ai fait une crise cardiaque, comme vous le savez, il y a près de deux ans, mais je me sens mieux que jamais, puis j'ai même été courir encore un 15, 20 km en fin de semaine, puis je pète le feu.

Journaliste : Donc, vous ne vous ne ferez pas vacciner, malgré ça?

Éric Duhaime (Bellechasse) : Mais je ne me sens pas comme une personne à risque, si c'était ça votre question. Puis non, je ne me sens pas comme quelqu'un à risque.

Journaliste : Donc, vous estimez... Parce que M. Legault, par le passé, a quand même déjà évoqué la tenue d'un référendum sur l'immigration, a demandé un mandat fort à la population, il l'a obtenu. Il y a eu zéro gain ou très peu en matière d'immigration.

Donc, est-ce que vous pensez que le fait d'avoir à la tête du gouvernement du Québec un parti souverainiste peut aussi contribuer à augmenter le rapport de force devant M. Carney sur ces questions-là?

Éric Duhaime (Bellechasse) : Je pense que le fait d'avoir un gouvernement minoritaire augmente le rapport de force, dans le sens où, si jamais le Québec a une position sur l'immigration, bien, elle va être transpartisane. Et ça, je pense que ça va être beaucoup plus fort par rapport à Ottawa.

Et je pense que, là-dessus, là, les libéraux du Québec, là, ils vont avoir un rôle à jouer important, là, il va falloir qu'ils choisissent, là, leur loyauté, parce que je n'ai pas aimé ce matin le message de M. Milliard par rapport au référendum en Alberta.

Il a pris une des 10 questions, là, puis il s'est mis à applaudir puis à faire son capitaine Canada, mais il y avait neuf autres questions sur l'autonomie. Puis, en tant que Québécois, en tant que nationaliste, là, il aurait dû être beaucoup plus interpelé par ces neuf questions là. Puis il n'a pas mentionné un mot dans sa déclaration ce matin. Donc, ça, je pense que ça va poser un défi.

Mais c'est pour ça qu'au débat des chefs, je l'avais questionné sur cet enjeu-là, parce qu'on veut savoir où loge le Parti libéral en matière d'immigration. Est-ce que oui ou non, ils veulent que le Québec soit maître d'œuvre? Parce que les autres partis, là, on est tous d'accord. On était quatre partis au débat, les quatre, on était d'accord. Il y avait M. Milliard qui branlait dans le manche puis qui avait des propos ambigus. Là, là, c'est le temps infini d'avoir des propos ambigus, il faut qu'il choisisse sa loyauté.

Journaliste : Donc, pour vous, le fait que ce soit un gouvernement péquiste, qui a comme projet quand même de faire l'indépendance, ça ne change rien aux rapports de force en ce moment avec Ottawa?

Éric Duhaime (Bellechasse) : Mais c'est sûr que, comme je vous dis, si le gouvernement péquiste était majoritaire, je pense que ça nuirait, parce que le Canada anglais verrait ça comme une stratégie pour faire monter l'option du oui, puis il aurait toutes sortes de tractations, puis, bon, mais là, le fait qu'on a un Parlement minoritaire, qu'il y a des partis qui ne sont pas souverainistes qui peuvent joindre... qui peuvent avoir une position commune, puis que l'Assemblée nationale peut parler d'une seule voix, ça, je pense que ça peut mettre beaucoup plus de pression sur Ottawa, si, en plus, il y a des provinces comme l'Alberta qui se joignent au groupe.

Puis là regardez la scène politique canadienne, là, on parle beaucoup de l'Alberta ce matin, mais moi, je suis allé rencontrer Scott Moe il y a quelques mois, là. M. Moe, là, c'est un homme qui pense comme moi, puis Danielle Smith, là, c'est un conservateur. Je comprends que son parti, ça s'appelle Parti saskatchewanais, là, mais c'est un conservateur au niveau des principes, c'est un autonomiste.

Je vois ce qui se passe présentement aussi en Colombie-Britannique, on risque d'avoir un gouvernement conservateur qui va être élu dans quelques jours, qui est aussi autonomiste. Je suis allé rencontrer leur caucus aussi récemment.

Donc, je pense que le... Il y a comme une occasion en or présentement qui est en train de se mettre en place. Puis j'espère...

Puis même M. Plamondon, là, ça pourrait le sortir de son obligation à tenir un référendum sur la souveraineté, là. S'il se mettait à faire des gains plutôt que de vouloir faire un troisième référendum perdant, je pense que ce serait gagnant pour tout le monde.

Journaliste : Puis, sur les questions constitutionnelles, vous avez quand même... Bon, vous dites que l'Alberta a voté oui, là, mais on est dans du 50, 51, 52.

Éric Duhaime (Bellechasse) : Ça va jusqu'à 63, dépendamment des questions.

Journaliste : Non, mais sur les questions, vraiment... par exemple, sur l'abolition du Sénat, changer la Constitution pour les champs de compétence.

Éric Duhaime (Bellechasse) : Mais sur l'immigration, c'est tout au-dessus de 55, les cinq questions.

Journaliste : Oui. Là, je vous parle des questions plus constitutionnelles, là. Donc, est-ce que vous pensez...


 
 

11 h 35 (version non révisée)

Journaliste : ... réellement que ça donne un rapport de force à l'Alberta, devant Ottawa, sur ces questions-là, qui sont... qui nécessitent quand même beaucoup de changements constitutionnels, là?

Éric Duhaime (Bellechasse) : Tu sais, il y a une règle, hein, dans un référendum, c'est 50 plus un. Moi, je suis pour 50 plus un, là, puis, au Québec, vous le savez, en 1995, on a su ce que ça voulait dire, 50 plus un, là, on l'a vécu, et je pense que c'est... la même règle s'applique quand ça va dans l'autre sens, là, quand ce n'est pas nécessairement le résultat que le Canada souhaite, que le gouvernement fédéral souhaite, bien, il doit le respecter. Et je pense que, oui, ça ouvre la porte, puis là, évidemment, j'ai vu que M. Carney... même M. Carney, hein, il y a quelques jours, vous avez vu qu'il a commencé à ouvrir la porte en disant qu'il n'était pas fermé à des... à des modifications constitutionnelles. C'est la première fois qu'on entend ça de la part d'un premier ministre du Canada depuis très longtemps, ça m'a même surpris. Je ne sais pas si c'était une stratégie préréférendaire, un peu comme... on a connu ça aussi au Québec, là, un premier minuscule Canada qui se lève puis qui dit qu'un vote pour le non, c'est un vote pour le changement. Est-ce que c'est encore du vent ou est ce qu'il y avait une volonté sincère derrière sa volonté de réouvrir la constitution? Il va falloir lui poser la question, Il va falloir voir ses actions dans les prochaines semaines, là. Merci beaucoup, tout le monde.

Une voix : En anglais.

Éric Duhaime (Bellechasse) : Ah! in English.

Journaliste : Peut-être juste une précision, rapidement, c'est par rapport à Mathieu Lévesque. Est-ce que vous croyez qu'il devrait avoir un bureau ici, à l'Assemblée nationale?

Éric Duhaime (Bellechasse) : Bien, j'ai vu, effectivement, que... D'abord, je veux féliciter le nouveau chef de la CAQ, et j'ai vu, effectivement, qu'il avait des revendications par rapport... En fait, hein, c'est un... ça va paraître ironique, ce que je vais vous dire, là, mais je constate que la CAQ est dans une situation à peu près identique à celle où je me trouvais, où le Parti conservateur du Québec se trouvait il y a quatre ans, et qui réclame essentiellement ce qu'on réclamait depuis... pendant quatre ans puis que M. Legault puis la CAQ nous a dit non. Donc, c'est... des fois, là, il y a une ironie dans l'histoire qui... qui fait que le karma rattrape celles et ceux qui ont voulu agir antidémocratiquement. Ça serait facile pour moi, aujourd'hui, de dire : Goûtez à votre médecine, mais moi, je suis... avant d'être conservateur, avant d'avoir des convictions de droite, mois, je suis d'abord un démocrate, puis ce qui s'est passé pendant quatre ans, pour nous, c'était inacceptable, puis ça ne sera pas plus acceptable si on le fait subir à un autre parti politique. Et au nom de la démocratie québécoise, je trouve qu'un Québécois sur huit qui a voté pour la CAQ a le droit d'être représenté à l'intérieur des murs de l'Assemblée nationale. Et donc, oui, je pense qu'il devrait pouvoir venir faire des conférences de presse où je me trouve présentement, puis il devrait pouvoir avoir un bureau à l'intérieur des murs de l'Assemblée nationale.

Journaliste : On the referendum in Alberta. What Québec could learn, which lessons could they use from the results of last night?

Éric Duhaime (Bellechasse) : Well, what we saw last night in the referendum in Alberta is very similar of what we see in Québec right now, it's that three quarters of Albertans do not want a referendum, exactly like in Québec. But on the other hand, eight of the nine proposals for more autonomy for Alberta won, last night. So… And if we were holding the same kind of questions in Québec, it would probably be nine out of nine. So there is a willingness for more autonomy in Québec and in Alberta. I think it's a unique opportunity to build bridges to make sure that we have a bargaining power together as, and that's why as soon as the National Assembly resumes, we will, as conservatives, table a motion to acknowledge what happened in Alberta last night, to say that we we should also reinforce Québec's power within the Canadian confederation and build bridges with them and make sure that we work together. So the federal government, especially on immigration, because there were five questions out of the nine that were specifically on immigration, especially on the immigration front, where Québec should have much more autonomy. We were very concerned that Mr. Carney, the Prime Minister, said a few days ago that he's open to increase immigration in the near future. He wants to go back to the Trudeau years, with uncontrolled immigration and open borders. We do believe it's a huge mistake, and we want to make sure that provinces could say no and could intervene and choose the people who get in and out.

Journaliste : Does Québec have more power than Alberta on immigration so far? What would be your request to…

Éric Duhaime (Bellechasse) : Well, we want all powers. I mean, it's the thing is not… we just… we don't just want another agreement on aspecific issue. We want much more powers. There's already, you know, four parties out of five, during the last election campaign, that agreed, the liberals were wishy-washy on that issue, and I'm asking Mr. Milliard, today, to be clear. Does he want, yes or no, that Québec has more control over its immigration? We need to know where he… you know, where he belongs because currently, his position is not clear at all. Merci beaucoup.

(Fin de la séance à 11 h 40)


 
 

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