Point de presse de Mme Françoise David, députée de Gouin, et de M. Amir Khadir, député de Mercier
Version finale
Thursday, June 13, 2013, 14 h
Hall principal de l'hôtel du Parlement,
hôtel du Parlement
(Quatorze heures vingt-sept minutes)
M. Khadir: Oui. Alors, bonjour, merci pour votre présence. Nous sommes ici pour dresser un peu le bilan de la dernière session, le bilan de l'action gouvernementale, mais également le bilan du travail de Québec solidaire à l'Assemblée nationale.
C'est sûr que la première chose qui vient à l'esprit quand on regarde les 10 derniers mois, c'est que ce gouvernement n'a pas démontré beaucoup de souci à respecter ses engagements, un peu comme si, dans son action, le gouvernement du PQ ne démontrait... n'était pas soucieux de démontrer sa foi dans ses propres promesses, sa foi dans ses propres engagements, sa foi dans le premier point qui est à l'origine même de l'existence du Parti québécois, c'est-à-dire la souveraineté. Quand on regarde la manière dont les choses sont abordées avec le secteur privé, avec l'industrie pétrolière, avec les ententes internationales négociées par le Canada, nous sommes, bien sûr, comme beaucoup d'autres acteurs, témoins de toute la déception causée au sein de la population, les électeurs du Parti québécois aussi bien que la population.
On a beaucoup parlé des promesses non tenues en matière de taxe santé, pour ce qui est du gel des frais de scolarité. Bien sûr, à chaque fois, le Parti québécois dit avoir respecté, jusqu'à une certaine mesure, mais c'est bien en deçà. Quand on ajoute tout ça, tout est en dessous de ce qui était attendu du PQ en matière de justice fiscale, dans ses coupures inadmissibles dans plusieurs secteurs, y compris pour les assistés sociaux, mais également en éducation et en santé.
Mais il y a un domaine encore qui frappe beaucoup l'imagination, surtout ces derniers temps, c'est le non-respect de ses promesses en matière environnementale. Parce que, qui dit environnement, pense, au Québec des dernières années, à la fracturation hydraulique. Or, le gouvernement du Parti québécois, Mme Marois, au cours de cette semaine en tout cas, a clarifié la position du PQ. Le PQ ne voit pas de problème ni avec le pétrole de l'Alberta, ni avec l'inversement de la ligne d'Enbridge, ni avec la fracturation hydraulique et la dévastation, parce que c'est ça que ça va représenter si, un jour, on doit exploiter le pétrole, si, un jour, on doit exploiter le pétrole sur Anticosti, parce que c'est pour ça que le ministre de l'Environnement justifie ses règlements et son souci de faire des études. C'est que, dans le fond, il ouvre la porte à l'exploitation. L'exploitation du pétrole de schiste à Anticosti, ça veut dire transformer Anticosti en torchère - si vous connaissez le torchage, il y a un reportage de Radio-Canada qui va porter là-dessus ce soir même - c'est-à-dire dévaster complètement ce joyau du patrimoine collectif et naturel du Québec.
En fait, ce que nous disons au PQ, au Parti québécois, mais que nous disons également à toute l'élite politique qui gouverne à différents échelons au Québec, c'est qu'il faut avoir foi en la souveraineté du gouvernement, à la souveraineté du peuple québécois, se faire un devoir de montrer, cette fois, dans l'action. Il faut chercher, pour nous, bien sûr, la justice, pour tout le monde la vérité et les répandre. Il faut aimer le Québec et le servir. Sans cela, le PQ, comme le reste de l'élite politique, vont continuer à décevoir ceux qui les ont élus et à desservir ceux que nous gouvernons tous.
Dans cette condition, c'est sûr que nous avons besoin d'un remède à ce désenchantement collectif. Devant ces élites politiques, nous avons besoin d'une alternative à ce désenchantement. Je passe la parole à ma collègue.
Mme David: Merci, Amir. Alors, à Québec solidaire, on considère qu'après cette... après l'année qu'on vient de vivre, qui a été, pour moi, une première année, deux sessions, là, comme députée, on considère qu'on a vraiment maintenu le cap. Quant à nous, nous avons rempli notre engagement de travailler pour le bien commun, pour la justice sociale et pour le respect de l'environnement au Québec.
Je rappellerai particulièrement que dans le dossier de l'aide sociale, nous avons été particulièrement actifs, poussant la ministre dans certains retranchements, exigeant des réponses que malheureusement nous n'avons pas toujours eues. Je viens de poser une dernière question écrite. J'attends encore la réponse pour savoir si, malgré tout, il y aura des gens qui vont subir des coupures parmi les gens qu'elle rencontre. Entre le moment où ils sont rencontrés et le moment où la mesure commence à l'aide sociale, il peut s'écouler des mois. Est-ce que, pendant ces mois-là, les gens vont vivre une coupure? Je n'ai toujours pas de réponse à cette question.
Nous avons eu toute l'année ce que j'appellerais une parole libre. Par exemple, un seul exemple, pendant que les autres partis politiques hésitaient vraiment de façon importante à commenter la nomination de Pierre Karl Péladeau comme nouveau P.D.G.... président du conseil d'administration d'Hydro-Québec, eh bien, nous, nous n'avons pas craint de dénoncer cette nomination qui nous semblait complètement inopportune.
Nous avons aussi ramené ici l'enjeu des abris fiscaux, et c'est grâce à notre intervention que le Commissaire à l'éthique a changé le formulaire qui s'adresse aux députés pour leur demander s'ils ont des placements. On nous demande maintenant si nous avons des placements à l'étranger. Et ça, c'est à l'initiative de Québec solidaire.
Nous avons continué de travailler sur le financement sectoriel. Je vous rappelle que nous avons, il y a maintenant deux ans, je crois, déposé un rapport de recherche important sur la corruption et la collusion au Québec depuis 30 ans. Et finalement, ce dont on se rend compte, c'est que la commission Charbonneau est en train, morceau par morceau, de révéler au grand jour toutes sortes d'activités de corruption, dont certaines étaient déjà présentes dans ce rapport que nous lui avons présenté et qu'au moment opportun, lorsqu'elle le jugera bon, nous irons défendre.
Le 2 mai, nous avons déposé le projet de loi n° 393 pour prolonger le délai de prescription pour la récupération des contributions illégales versées à des partis politiques. Ça, c'est un projet de loi que nous avons déposé le 2 mai. Eh bien, visiblement, le gouvernement ne le reprendra pas à son compte. En tout cas, on n'en a pas de nouvelle et, comme ça se termine demain, on a bien l'impression qu'il va le laisser mourir au feuilleton.
Nous sommes intervenus dans le cadre du projet de loi, adopté maintenant, là, sur l'indemnisation des victimes d'actes criminels. Nous avons défendu de façon vigoureuse les femmes victimes d'agressions sexuelles et conjugales, demandant qu'il n'y ait pas de délai de prescription pour qu'elles puissent réclamer une indemnisation. Malheureusement, là-dessus, même s'il y a eu des pas qui ont été faits, nous n'avons pas eu entièrement gain de cause, mais le ministre s'est engagé à revenir plus tard à cette question, et nous avons l'intention de suivre ça de très près.
Sur la langue, nous sommes intervenus en appui au principe du projet de loi n° 14 en rappelant que le coeur de ce projet de loi - et nous, nous allons être très attentifs là-dessus l'automne prochain - c'est ce qui se passe dans les milieux de travail. Et je dois dire que personnellement j'ai pris l'initiative de rencontrer des représentants des deux autres oppositions pour leur dire: Écoutez, le projet de loi n° 14, il est là, là, il est sur la table. Et je m'adressais surtout, bien sûr, au Parti libéral du Québec. Cessez de faire de l'obstruction. Il est là, le projet de loi, c'est important d'en débattre. L'avenir de la langue française au Québec, ça devrait vous intéresser comme ça intéresse tout le monde. Pourrions-nous avoir une attitude positive et des débats constructifs l'automne prochain? Alors, on verra.
Sur la préséance des... droits miniers, pardon, le 20 mars, nous avons déposé le projet de loi n° 198 mettant fin à la préséance des droits miniers sur les autres usages du territoire et modifiant la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme. Malheureusement, le gouvernement du PQ a fait le choix de maintenir la disposition archaïque qui fait en sorte que les droits miniers ont préséance, puisque le nouveau projet de loi de la ministre Ouellet, finalement, n'enlève pas ce droit. Alors, on va revenir, bien sûr, au cours de l'automne, avec des amendements au projet de loi de la ministre.
En résumé, nous considérons, mon collègue et moi, que ça a été une bonne année pour Québec solidaire ici, à l'Assemblée nationale, et sur le terrain. On sent que, devant le désenchantement, effectivement, plusieurs trouvent maintenant en nous une sorte de remède, une façon d'aller plus loin, avec audace, avec le sens du progrès social, de la justice, de l'écologie. On a de plus en plus de membres, et nous souhaitons que nous poursuivions sur cette lancée. C'est ce que nous allons faire, nous allons travailler très fort aussi l'automne prochain.
Il y a peut-être, en terminant, un élément où on aurait tellement aimé que ça change, mais on dirait que, plus ça change, plus c'est pareil. Suite à un certain débat des chefs l'été dernier, on avait senti dans la population québécoise un grand appétit pour un changement de ton à l'Assemblée nationale. Ce n'est pas qu'on n'a pas essayé. On a essayé, on a... Amir et moi, on est tout le temps intervenus avec dignité, avec respect, en posant parfois des questions difficiles, mais de façon respectueuse. Je trouve dommage d'être obligée de dire après deux sessions que, franchement, je pense que la classe politique n'a pas encore compris que ce que les gens attendent d'elle, c'est que bien sûr qu'il y ait des questions, c'est normal, et qu'il y ait des réponses aussi, des vraies réponses, mais qu'on peut le faire et qu'on doit le faire dans le respect des uns et des autres. Ça, ça n'est franchement pas acquis.
Et il faut souhaiter que l'automne prochain, alors que nous discuterons de sujets éminemment difficiles - je pense au projet de loi sur les mines, mais je pense beaucoup à la langue, je pense à la laïcité, je pense au projet de loi sur le droit de mourir dans la dignité - il faut vraiment que la classe politique s'oblige elle-même à entreprendre ces débats avec le plus de sérénité possible, parce que, sur le terrain, ce sont des débats qui sont vécus avec beaucoup d'émotivité. On est responsables, on doit le faire correctement. Merci
Le Modérateur: ...questions?
Journaliste: Bonjour, Mme David. Vous parliez du désenchantement, des difficultés qui sont celles du Parti québécois, selon vous. Est-ce que Québec solidaire ne devrait pas en profiter davantage dans les intentions de vote que ce qu'on voit actuellement? Vous êtes dans des scores qu'on voit souvent entre les élections et vous reperdez ces petits points à chaque fois. Est-ce que vous ne devriez pas être plus hauts que ça?
Mme David: Écoutez, lors du dernier scrutin, on a eu 6 % des votes, finalement. Et, au courant de l'année, ce que j'ai observé, c'est qu'on montait point par point jusqu'à à peu près 11 %, 12 %. Je compte bien qu'on fasse en sorte que l'an prochain ça soit plus que ça. Ça se peut qu'on s'en aille vers une élection générale au printemps 2014. On ne sait pas, mais c'est possible. Et donc on a la responsabilité, Amir et moi, mais aussi nos collègues qui travaillent sur le terrain et dans le parti, de toujours mieux faire connaître nos positions, de toujours mieux les expliquer. L'automne prochain, nous serons en campagne sur une vision d'un Québec vert, un Québec de l'avenir. Notre président porte-parole va faire le tour du Québec. C'est notre responsabilité.
Mais il y a quelque chose qui nous nuit. Ça s'appelle le mode de scrutin. Si on avait, au Québec, ce que plusieurs ont déjà promis d'ailleurs - dont le Parti québécois, qui l'avait dans son programme, mais qui ne l'a plus - si on avait au Québec un mode de scrutin proportionnel, les gens développeraient de nouvelles façons de penser leur vote. Ils pourraient dire: O.K., on garde tel député dans tel comté, mais on fait un deuxième vote qui, lui, va aller, par exemple, à un parti un peu plus émergeant ou, enfin, qu'on connaît depuis moins longtemps. C'est sûr que ça, nous autres, nous allons continuer à nous battre pour l'obtenir.
Journaliste: Bonjour M. Khadir. Est-ce que vous entendez être candidat aux prochaines élections générales au Québec qui peuvent avoir lieu dans moins d'un an?
M. Khadir: Absolument.
Journaliste: Pardon?
M. Khadir: Oui, absolument. Je serai candidat aux prochaines élections. Pour clarifier les choses, dans un monde idéal, dès que Québec solidaire est bien en selle puis qu'on est sûrs qu'on a plusieurs députés, que c'est parti, c'est sûr que moi, j'entends bien insister sur une culture où les députés ne s'accrochent pas à leur siège, où les gens qui sont au sommet des hiérarchies politiques ne s'accrochent pas à leur pouvoir, aussi modeste soit-il. Donc, c'est dans cette optique-là que j'ai dit: À la première occasion, moi, je me retire pour laisser la place à du sang neuf. Mais tant et aussi longtemps que ce sang neuf n'est pas là, ici, à l'Assemblée nationale en grand nombre, je ne m'en irai pas.
Journaliste: Bonjour. Est-ce que vous souhaitez, à la lumière de tout ce que vous avez dit, les déceptions que vous avez eu par rapport au Parti québécois, est-ce que vous souhaitez qu'il soit renversé rapidement et qu'on retourne rapidement en élections? Est-ce que c'est un de vos souhaits?
Mme David: Ce que nous souhaitons, c'est d'avoir une élection le moment venu. Ça peut être dans quelques mois, ça peut être dans un an, dans deux ans. Ce que nous souhaitons le plus au monde, c'est que nos concitoyennes, nos concitoyens se tournent vers Québec solidaire en se disant: On en a assez des anciens partis, on en a assez des louvoiements, des ambiguïtés, des reculs, des avancées, des hésitations. On veut un parti audacieux, qui affiche ses idées, qui ne change pas d'idée tous les jours et qui est déterminé à mettre en oeuvre ses propositions. Ça, c'est ce qu'on veut le plus.
Journaliste: J'ai peut-être une question qui fait peut-être un peu cliché. Ça ne sera pas la première fois qu'on vous la pose, mais est-ce vous avez une note que vous pouvez vous donner? Est-ce que vous avez une note, un résultat à vous donner pour cette session-ci?
M. Khadir: Bien, les politiciens, habituellement, sont trop indulgents envers eux-mêmes, alors c'est peut-être mieux qu'on ne donne pas de note.
Mme David: On va vous laisser cette possibilité à vous.
Journaliste: Oui, bonjour. J'aimerais parler de la souveraineté et des différents groupes, partis, là, sur le projet de se rallier d'une façon ou d'une autre, là. Je comprends ce qui est arrivé avec la convergence nationale. En plus, la correction qu'il y a eu dans le communiqué montre très bien qu'il y a d'importants conflits entre les partis, qu'on ne s'entend même pas sur ce qu'on s'est entendus, dans le fond, là. Est-ce que je comprends que cette histoire-là, c'est bel et bien mort et enterré et que, dans le fond, ceux qui en font la promotion, c'est une minorité qui va être, pour ainsi dire, marginalisée, là?
Mme David: On va mettre les choses bien au clair. Notre congrès a décidé, après un assez long débat, que, quant à nous, nous présenterions 125 candidates et candidats à la prochaine élection, pour toutes sortes de raisons qu'on a expliquées et que vous connaissez.
Ça n'a pas empêché qu'une délégation de Québec solidaire a participé au congrès de la convergence nationale du début à la fin, je tiens à le souligner, du début à la fin, une délégation formellement composée de cinq membres du comité de coordination nationale. Bien sûr, il n'y a pas eu entente, par exemple, sur l'idée de primaires dans certaines circonscriptions, mais là où on a eu des débats fort intéressants avec les gens qui étaient là, c'est par exemple sur le besoin d'un changement au mode de scrutin, c'est par exemple sur l'idée qu'une assemblée constituante devrait être mise en place aussitôt l'élection d'un gouvernement souverainiste pour entamer vraiment un débat démocratique avec le peuple sur l'avenir du Québec et un projet de constitution, et il y a eu beaucoup d'intérêt autour de cette discussion-là.
Par la suite, bon, j'ai vu comme vous que M. Desjardins avait quitté la convergence et, en fait, le nouveau mouvement pour le Québec. M. Desjardins, je pense, a mis beaucoup d'énergie, beaucoup de sincérité, beaucoup de temps, depuis au moins deux ans, dans ce projet. Moi, je tiens à saluer ses efforts, sincèrement, mais M. Desjardins, probablement, s'est rendu à l'évidence. Nous, nous avons une position de congrès, mais je vous rappelle qu'au sortir des états généraux sur la souveraineté qui ont eu lieu cet hiver, le représentant du Parti québécois a tout de suite indiqué que la convergence, elle se faisait au sein du Parti québécois et c'était tout, ce qui est une manière de dire: Il n'y aura pas de primaire puis il n'y aura pas de convergence avec d'autres.
Alors, moi, je pense qu'on s'en va vers une élection avec des partis souverainistes différents les uns des autres, dont les programmes sont différents, qui, oui, ont à coeur la souveraineté du Québec, mais ne voient pas ça de la même façon, ne propose pas les mêmes démarches. Bien, c'est la population qui choisira, parce qu'après tout les fédéralistes ont aussi plusieurs partis, puis c'est drôle, ça, personne ne semble s'en inquiéter. Il y a des fédéralistes à la CAQ, il y en a au Parti libéral. C'est normal. On vit dans une société moderne, où la pluralité des opinions existe, et je pense que, dans la famille souverainiste, comme on dit souvent, on doit en prendre acte.
M. Khadir: Je voudrais juste ajouter une brève chose mais je veux inviter quand même tous les indépendantistes qui ne sont pas encore dans aucun de ces partis, ou qui le sont mais veulent que quelque chose se passe... parce que je pense que ce qui les intéresse, ce n'est pas les mécaniques entre les partis et les comtés qu'on a, c'est qu'une initiative soit mise en branle pour qu'on puisse avoir une action en faveur de l'indépendance. D'accord? Je les implore, je les invite à rester actifs, à ne pas désespérer, à réfléchir ensemble, parce qu'on n'a pas toutes les réponses, à réfléchir ensemble et avec nous sur les meilleurs moyens de réunir les conditions objectives pour que quelque chose se passe.
Est-ce que c'est dans l'unité organisationnelle des partis en présence, dans des accords électoraux, non dans un front qui viendrait après une élection? Je ne le sais pas, nous ne le savons pas pour sûr, mais nous avons quand même une proposition, nous, sur la table, contrairement aux autres partis, pour une nouvelle stratégie d'accession à l'indépendance. Donc, c'est avec ces propositions sincères que nous les interpellons à une réflexion commune.
Journaliste: D'accord. Maintenant, dans votre allocution, vous avez beaucoup insisté sur les promesses brisées. Vous avez dit qu'au fond le gouvernement du Parti québécois, c'est pas mal en dessous des promesses qu'avait faites le Parti québécois.
M. Khadir: Il ne paraît même pas croire en ses propres promesses.
Journaliste: Oui, mais pensez-vous que le Parti québécois peut, à vos yeux, se ressaisir? Est-ce qu'il y a un dossier grâce auquel il pourrait trouver grâce à vos yeux, et qui pourrait être relancé cet automne, et sur lequel vous voudriez insister?
Mme David: Écoutez, il y aura beaucoup de projets de loi cet automne. Je pense, entre autres, à celui sur les droits... le projet de loi sur les mines, finalement. Qu'il accorde aux municipalités le droit réel de décider si, oui ou non, il y aura exploitation minière sur leur territoire; c'est ce que les gens attendent sur le terrain. Si, là-dessus, le gouvernement est prêt à avancer, on sera les premiers à s'en réjouir.
Journaliste: Et sans dire que c'est... C'est un dossier important, mais la loi est déjà déposée. Je me demandais s'il y avait un autre dossier qui pourrait, selon vous... où le Parti québécois pourrait se ressaisir et qu'il pourrait ainsi trouver grâce à vos yeux? Parce que je trouve qu'il n'y a pas beaucoup d'éléments positifs dans ce que vous avez dit.
M. Khadir: Non, il y a un an... C'est sûr qu'aucun gouvernement ne fait... Tous les gouvernements font des actions qu'on peut aussi apprécier et appuyer, et on l'a fait à plusieurs occasions avec le gouvernement du Parti québécois. Sauf qu'entre ce qu'il réalise, qui est le strict minimum, et ce qui est attendu d'un gouvernement qui devait changer le règne libéral, bien, on ne voit pas grand-chose. Il y a un peu plus de social, mais c'est surtout beaucoup, beaucoup de libéral, exactement comme l'ancien gouvernement. C'est là que le bât blesse.
Il y a un an, lorsqu'il y avait eu un mouvement citoyen qui nous appelait à considérer les conditions d'un rapprochement, d'une entente, pas d'une fusion, mais juste pour s'entendre sur certaines actions communes, on avait suggéré un certain nombre de choses dont la réforme du mode de scrutin a été l'une. L'autre, c'était de renforcer les services publics et financer les services publics à travers une meilleure justice fiscale, un meilleur entre la fiscalité des plus riches, et des entreprises, et les citoyens ordinaires. Il y avait un troisième élément, c'était la protection de l'environnement à travers une réforme réelle de la Loi des mines qui concerne aussi l'exploitation pétrolière et gazière.
Donc, il y a plusieurs éléments. Il faut qu'il y ait un tout qui fasse que... Et Québec solidaire, ce n'est pas vraiment important. Ce qui est important, c'est que le gouvernement rencontre les attentes de la population. C'est la population et ceux qui ont voté pour ce gouvernement qui s'attendent à ça. Moi, je pense que c'est là, la vraie question. Ce gouvernement déçoit tout le monde: nous, le peuple québécois qu'il doit servir et ses propres électeurs.
Le Modérateur: Martine Biron.
Mme Biron (Martine): Oui, bonjour. J'aimerais ça revenir sur ce que vous disiez, Mme David, la pluralité d'opinions des forces souverainistes. Est-ce que vous croyez que, compte tenu justement de cette pluralité d'opinions, les forces souverainistes, que ce soit le Parti québécois, ou vous, ou un autre sont condamnés finalement, au cours de la prochaine décennie, peut-être même prochaine génération, à diriger un gouvernement minoritaire?
Mme David: Pas du tout. Premièrement, les gens au Québec pourraient fort bien, dans quelques années - on progresse lentement, mais sûrement - élire un gouvernement solidaire majoritaire. Moi, j'y crois. Je ne ferais pas de politique si ne croyais pas cela possible. Donc, l'objectif premier de Québec solidaire, c'est ça. C'est de former, d'ici quelques années, un gouvernement majoritaire solidaire et souverainiste et, à ce moment-là, de mettre en oeuvre la stratégie que nous proposons qui est celle de l'élection au suffrage universel d'une assemblée constituante par l'ensemble de la population. Ça peut être une centaine de personnes, les détails ne sont pas encore fixés, et que cette assemblée soit responsable d'organiser les consultations et les débats nécessaires, dans l'ensemble du Québec, sur un projet de constitution et sur l'avenir politique du Québec.
Donc, je ne fais pas de la science-fiction. Ça s'est déjà vu un parti tout petit en 1967, 1968 et qui prend le pouvoir en 1976. Ça s'appelait le Parti québécois. Eh bien, ça pourrait se voir un parti qui est né en 2006 et qui, d'ici peut-être 2015, 2020, 2020, disons, 2018, 2020, oui, prendrait le pouvoir. Personne n'est jamais condamné à rien. Tout dépend de la population.
Mme Biron (Martine): N'empêche que l'appui à la souveraineté se maintient en bas de 50 % depuis déjà un bon moment, ce qui veut dire qu'il faut presque qu'un parti meure ou que l'on survive pour que les forces souverainistes prennent un pouvoir majoritaire.
Mme David: Les forces souverainistes, comme l'a dit mon collègue, sont très souvent unies à la base, en passant, hein? Des activités communes entre militants, militantes souverainistes, là, dans les comtés, ça existe, tous partis confondus, ou des gens à l'extérieur des partis. Il y a tout un travail qui doit se faire par les mouvements souverainistes dans la société civile. Ça, on en a peu parlé ici, mais c'est quelque chose qui existe vraiment.
Mais le pari que nous, nous faisons à Québec solidaire, c'est celui de prendre le pouvoir. Pourquoi? Parce que nous allons proposer aux gens un projet souverainiste qui repose, en fait, sur une conception progressiste de l'idée du pays. On dit souvent, nous, depuis un an ou deux: On veut un pays de projets, donc un pays qui, oui, donne à l'État québécois la possibilité de développer la langue française, la culture, etc. On est tous d'accord. Mais, bien plus que ça, un pays où on protège nos ressources naturelles, où le mot souveraineté alimentaire veut dire quelque chose, parce qu'on produit chez nous des aliments de qualité, où on va parler de livres, on va parler de justice sociale. Et c'est pour ça, pensons-nous, que Québec solidaire va avancer. C'est qu'on est capables de joindre souveraineté et projet social et écologique, bien entendu.
Mme Biron (Martine): J'aurais une autre question, concernant... sur le ton. Vous avez parlé du ton, à l'Assemblée nationale, qui vous déçoit. J'aimerais vous entendre sur la cause de ce ton à l'Assemblée nationale, selon vous.
M. Khadir: Bien, il y a les habitudes... Il y a d'abord des habitudes. Il y a des cultures politiques tellement enracinées au sein des partis, et moi, je vois une relation entre ça et le cynisme qu'il y a à l'intérieur même de ces partis, beaucoup plus que... On parle du cynisme des citoyens, c'est-à-dire qu'ils croient peu aux partis eux-mêmes. Mais à l'intérieur des partis, je vois malheureusement au sommet... peut-être pas tous les députés. Il y a plein de mes collègues qui sont tout aussi désolés de ça, hein?
Mais il y a comme une culture prégnante sur ceux qui dictent la conduite au quotidien qui fait en sorte que cette vieille culture de cynisme absolu, de mauvaise foi désarmante... Quand je vois, des fois, chacun des leaders se lever en Chambre pour répondre à l'autre, il y a un tel niveau de mauvaise foi que n'importe quel citoyen le moindrement sincère, qui s'attend à un minimum de sincérité dans l'action gouvernementale, trouve ça juste inacceptable. Et puis on se le permet, puis on ridiculise le président de la Chambre, puis on utilise les règles... on ridiculise les règles parlementaires.
Donc, il y a ça et il y a surtout le fait que - je m'excuse de le dire aussi brutalement - mais les anciens partis, que ça soit le Parti libéral, et le Parti québécois, et le parti de M. Legault, n'appartiennent plus désormais à la population, ne répondent pas à des considérations démocratiques. C'est des partis au service d'une petite élite qui, de temps en temps, font des promesses dans lesquelles ils ne croient pas, de temps en temps mentent littéralement à la population pour arriver au pouvoir. Et bien souvent, comme on l'a vu au cours des 20 dernières années et comme on vient de le prouver à la commission Charbonneau au cours des derniers mois, ont utilisé, pour arriver au pouvoir, de l'argent sale, mal acquis. Donc, c'est sûr que, quand tu baignes dans cette culture-là, bien, tu te comportes n'importe comment.
Journaliste: Oui, bonjour. On vous a beaucoup entendu parler du bilan du Parti québécois, c'est normal, ils sont au pouvoir. J'aimerais vous entendre sur Philippe Couillard, bon, qui est quand même en place depuis déjà quelques mois, qui, semble-t-il, a la faveur des électeurs dans les intentions de vote. Qu'est-ce que vous pensez de sa performance jusqu'à présent?
Mme David: Ah! M. Couillard est certainement un bon communicateur, mais moi, c'est sur le contenu qu'il m'inquiète, M. Couillard. Je pense que M. Couillard est le digne représentant du Parti libéral du Québec, de l'insistance que met constamment ce parti sur une vision de l'économie qui n'a rien d'écologique, quoi qu'ils en disent dans leurs questions à l'Assemblée nationale. C'est assez surréaliste de voir, par exemple, M. Fournier poser des questions sur la fracturation hydraulique. Ça, ça fait partie du cynisme dont mon collègue parlait d'ailleurs.
Donc, je ne sens aucun changement avec le nouveau chef dans l'idéologie, si vous voulez, dans les idées, dans les intérêts qui animent le Parti libéral. Aucun. Et, en fait, je pense que, petit à petit, la population québécoise va tout simplement s'en rendre compte, plus il va intervenir, et plus ça va être évident.
Journaliste: J'aimerais aussi vous entendre sur la commission Charbonneau, vous en avez parlé tout à l'heure brièvement. Bon, il y a plusieurs noms qui ont circulé, beaucoup d'allégations, entre autres sur M. Chevrette, M. Ratthé, M. Ouellette, M. Fournier, M. Legault, là, il y a eu tout un florilège. Est-ce que vous avez appris des choses, ces derniers mois, qui changent vos perceptions des autres partis politiques, de ce qui s'est dit devant la commission Charbonneau ou est-ce que vous saviez déjà tout ça et qu'en fait c'est le statu quo?
M. Khadir: Bien, c'est sûr que nous avions nous-mêmes été à l'initiative de plusieurs, disons, pistes de réflexion. Je pense au financement sectoriel, la démonstration du rôle des firmes de génie-conseil. C'est sûr que je dois vous avouer que l'ampleur, je dirais, de cette collaboration entre les milieux d'affaires et les partis politiques, le contrôle qu'ils ont sur le financement me dépasse. Je ne pensais pas que ça serait de l'ordre de plusieurs millions de dollars au cours des 10, 15 dernières années.
Et c'est dommage, mais ce qui me désole le plus, c'est de voir maintenant comment le Parti québécois refuse, en fait, d'acquiescer à ce qu'il demandait tout le temps lui-même quand il était dans l'opposition. On connaît, on sait un peu la nature du Parti libéral, très proche du milieu des affaires. C'est un peu dans le code génétique, c'est cohérent avec la vision de la société du Parti libéral. Mais, en principe, le Parti québécois devrait être un parti qui appartient aux couches populaires, qui a une certaine distance vis-à-vis le milieu des affaires. Il doit... hein? Il se présente comme alternative au Parti libéral.
Comment, maintenant, il refuse d'accepter les responsabilités? On lui demande, par exemple, d'accepter, au minimum, de repayer, hein? Ça serait une logique, dans le sens de la probité, de faire le ménage, bien, c'est d'accepter la responsabilité, de mettre fin à l'impunité. Mettre fin à l'impunité, ça veut dire que ce qu'ils ont bénéficié, bien, ils devraient le rembourser. On leur a proposé. Le gouvernement aurait pu prendre l'initiative, dire: Moi, le Parti québécois, je n'ai pas besoin de loi, je n'ai pas besoin de la DGEQ, je n'ai pas besoin de la commission Charbonneau, je comprends... j'ai demandé cette commission parce que je savais qu'il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond. Je fais l'exercice dans mon parti, puis voilà, les millions qu'on a accueillis en trop, on s'engage à le rembourser. On ne peut pas tout de suite, mais sur 10 ans. Pour montrer sa bonne foi. Et là c'est désolant.
Donc, je suis... ce que j'ai appris, c'est malheureusement qu'on ne peut même pas faire confiance à une mécanique démocratique à l'intérieur du Parti québécois, parce que moi, j'aurais espéré que tous ces collègues à moi, mes amis du Parti québécois qui ont... que j'ai vus réellement outrés de savoir, d'apprendre tout ça sur les libéraux, maintenant qu'ils savent que ça se passe aussi dans leur parti, bien, de faire pression pour qu'on fasse le ménage, mais on ne voit rien. Et ça, ça me désole.
Journaliste: Bonjour. Vous êtes deux fois plus nombreux que l'an dernier et pourtant vous n'avez pas deux fois plus de couverture médiatique. Est-ce que vous avez de la difficulté à faire passer votre message dans la population?
Mme David: Écoutez, il y a des journées où je dirais: C'est vraiment difficile, et puis d'autres journées où je dirais: C'est génial, ça va bien. C'est assez en montagnes russes. C'est drôle de répondre à une question comme ça devant vous, chers collègues journalistes.
Vous êtes un peu inégaux, on va dire ça comme ça. Donc, il nous est arrivé cette année de donner des points de presse sur des sujets que nous jugions vraiment importants et intéressants en termes de contenu et de ne pas vous accueillir comme il se doit, vous n'étiez pas là. Et puis d'autres fois et parfois sur des sujets qu'on pouvait trouver, nous, un peu plus anecdotiques, eh bien, vous étiez tous là. Et puis ce que je dis là n'est pas une généralité non plus, et on sait que ce n'est pas parce que vous ne travaillez pas. Il y a pas mal de monde à couvrir à l'Assemblée nationale.
Donc, en fait, on est assez sereins devant toute cette question de transmettre... c'est sûr qu'on a besoin de vous pour faire connaître nos messages. Les médias sociaux, c'est bon, mais les journaux, la télé, la radio, c'est pas mal bon aussi. Alors, dans l'ensemble, moi, je serais plutôt satisfaite, même s'il y a des petits matins...
Journaliste: Est-ce que... vous êtes quand même la troisième opposition. En ce sens, est-ce que c'est difficile de se faire entendre? Parce que vous n'avez presque pas de temps de parole. Je ne parlais pas juste au niveau médiatique, mais, je veux dire, en Chambre, un peu partout, là. En tant que troisième opposition, est-ce que c'est difficile de se faire entendre?
Mme David: Oui et non. C'est sûr qu'on a chacun... en fait, on a une question par semaine, en gros. On va mettre ça simple, là. Mais il y a tellement d'autres façons d'intervenir, et on ne s'en prive pas. En fait, on utilise tous, tous, tous les temps de parole qui sont à notre disposition.
Et j'ajouterais aussi que, pour moi, en tout cas, l'un des aspects les plus satisfaisants de notre travail, même si ça n'est pas forcément médiatisé, ce qui n'est pas dramatique, c'est le travail en commission parlementaire. Je vais vous dire quelque chose que vous savez très bien: Les députés qui peuvent se crêper le chignon en période de question travaillent souvent très bien ensemble en commission parlementaire. Et là on a un temps de parole tout à fait raisonnable, ce qui fait, par exemple, que je participe en ce moment à la commission parlementaire sur l'économie sociale et que j'ai fait adopter ce matin deux amendements. Là, on se sent utiles. Quand on fait ça, on a le sentiment qu'on a beau être deux, on est capables de faire avancer des dossiers. Et donc, l'automne prochain, on va être particulièrement attentifs à cet aspect-là de notre travail, et ce ne seront pas les dossiers qui manqueront.
M. Khadir: Nous sommes sereins, sauf pour une chose, quand parfois, vous, les collègues, vous affirmez qu'aucun parti n'a dit ceci ou n'a fait cela. Si vous n'êtes pas là pour nous couvrir, ce n'est pas grave, je veux dire, c'est votre choix, l'éditorial du jour. Mais quand je vois dans le journal ou dans un reportage... par exemple, hier, un de vos collègues dans une chronique dit: Aucun parti à l'Assemblée nationale, mais vraiment aucun, aucun politicien au Québec n'a jamais contesté la présence du crucifix sur le trône à l'Assemblée nationale ou... Bon. Mais là on dit: D'accord qu'on ne nous mentionne pas, mais là on ne peut pas dire une contrevérité.
Il y a un autre élément. Parfois, il y a un sujet qui est clairement un sujet que nous avons été les premiers et les seuls parfois à évoquer, et ça finit par s'imposer. Et là, dans Le téléjournal, ou le reportage de TVA, ou l'article du Devoir du matin, on voit que tout le sujet est traité, sauf le fait que nous l'avons mis en jeu et que nous avons été les premiers à le mettre en jeu, à le critiquer, et nous avons une question bien précise et bien spécifique sur le sujet. Là, des fois, bien, on est un peu... on perd un peu de notre sérénité.
Mme David: C'est vrai, je confirme. Oui?
Journaliste: I just have a few questions in English. You talked about a disappointing session, disappointing for a lot of Quebeckers. I think the Anglophone community would probably agree with you on that one. There was Bill 14 that they are very disappointed about. We briefly talked about the charter for secularism, the turban debate and all of that. Where do you think we're headed with all of that next fall? And how divisive do you think that it's going to get?
M. Khadir: Of course, there is a strong temptation, unfortunately, within a part of the sovereignist movement which has now a lot of influence on PQ, although, historically, the Parti québécois was never an ethnical party. We are not with the Parti québécois, we are very... we have a critical stand against the Parti québécois, but I have to admit that I cannot accept the insinuation that the Parti québécois as a whole is a narrow, nationalistic, ethnicist party or racist party.
But there are some forces, there are some currents in the sovereignist movement or in the nationalist movement which are trying to exert influence on the PQ to head on issues which are very much nationally tainted... How do you say? Yes, nationally strong issues. And we would like... Françoise has asked... It is our responsibility because these issues are very sensitive, we have a responsibility to adjust our tones, to be more respectful of our citizens. And to do this debate, we have different opinions, we have the right to have them, but we have to carry on these discussions in order to not be divisive. And I hope the PQ won't be.
Journaliste: And my last question was about fund-raising. You must be pretty... you must feel pretty good about the fund-raising that you were able to do this year, right?
M. Khadir: Yes, there are good... Well, we know that, since the law has changed and because of the commission Charbonneau, it's very hard for the old parties, which used to go and have, you know, illegal funds from the business sector... they can't do it anymore. So our financement depends only on popular support, and, in that regard, we are almost first. That's a good way of resuming how the people feel about existing parties.
(Fin à 15 h 5)