(Treize heures cinquante et une minutes)
M. Dubé : Alors, bonjour à
tous. Content de vous revoir, peut-être, pour la plupart, pour la première
fois en ce début de saison, avec la commission parlementaire qui a commencé sur
le fameux sujet des régimes de retraite. Mais je ne pouvais pas m’empêcher de
commenter les résultats ou peut-être plus les commentaires de M. Couillard
ce matin et de M. Bachand dans les dernières minutes, par rapport aux résultats
du gouvernement.
Je voudrais juste vous
remettre en perspective ce qui me surprend puis qui m’assomme. C’est que les commentaires
que M. Couillard fait ce matin sur les résultats de mars 2013, nous, on les a
faits au mois de juin puis là on est rendus au mois d’août. Alors, il y a
quelqu’un qui vient de sortir de son hibernation. Puis je voudrais juste mettre
les choses en perspective, ça me donne l’impression du Parti libéral qui veut
se refaire une virginité, en termes de finances publiques, puis tout d’un coup
qui se réveille puis qui dit : Bon, bien, ça ne va pas bien.
Tout le monde le sait
que ça ne va pas bien, dans les finances publiques, depuis un bout.
Rappelez-vous, au mois de mars, mois d’avril, la coalition a demandé plusieurs
fois d’avoir des résultats mensuels plus rapides, parce qu’on sentait une
détérioration de l’économie avec les statistiques d’investissements privés qui
étaient en baisse, etc. Il y a eu plusieurs facteurs.
Nous avons demandé,
lorsqu’il y a eu l’interrogation de M. Marceau, qui devait se faire au mois de
mai, qui a été reportée au mois de juin plusieurs fois, qui a eu lieu finalement
le 11 juin, et lorsqu’on a demandé à M. Marceau… et c’est une question que j’ai
posée personnellement lors de la Commission des finances publiques, je lui ai
dit : Est-ce que vous allez respecter l’équilibre budgétaire du 31 mars
2013? Il m’a dit : Je ne peux pas savoir, je n’ai pas les chiffres. Ces
chiffres-là, il les a sortis exactement huit jours plus tard et il y a un
déficit supplémentaire de 250 millions qui n’a pas atteint l’équilibre budgétaire
qui était prévu de 1,5 milliard.
Alors, aujourd’hui, de
se surprendre, de la part de MM. Couillard et Bachand, que ces chiffres-là
n’étaient pas au rendez-vous, c’est un petit peu deux mois trop tard parce
qu’on a fait ces commentaires-là à la fin juin. Et, en fait… puis
rappelez-vous, c’était la journée qui était avant notre retour non prévu pour
la commission... pas pour la commission mais pour le vote sur la grève. Ça,
c’est mon premier commentaire.
Mon deuxième commentaire,
et c’est là que je pense que je ne peux pas laisser passer ce désir de se
refaire une virginité, je vous ai parlé tout à l’heure de l’interrogation de M.
Marceau qui a eu lieu le 11 juin. On s’assoit tout le monde ensemble puis on
dit : Écoutez, on a posé des questions, nous, durant cette
interrogation-là. Est-ce que vous allez atteindre l’équilibre budgétaire? Où
est-ce qu’on en est rendus?
Et tout allait bien,
puis même que les libéraux, entre le 11 juin et où on a voté deux jours plus
tard, c’est-à-dire le 14 juin, sur les mesures du gouvernement, c’est-à-dire
les mesures du budget du projet de loi n° 25, souvenez-vous, à la dernière
minute, les libéraux ont décidé qu’ils acceptaient ce budget-là et qu’ils
acceptaient.... puis ce n’était pas un vote de confiance qu’on parlait, là,
c’était un vote qui portait uniquement sur les mesures du budget. Et ça, c’est important
de le rappeler, parce que, là-dessus, il y a l’éolien sur lequel maintenant, aujourd’hui,
il lève un bouclier en disant que ça a causé les augmentations à Hydro-Québec.
Aujourd’hui, ils nous
disent : Ça n’a pas de bons sens, il y a une baisse des revenus. À ce
moment-là, on le savait, ça avait été prévu. On le savait depuis la publication
des résultats. Alors, c’est un peu surprenant que le Parti libéral, aujourd’hui,
avec le retour à l’Assemblée, commence à dire : On a des grandes surprises,
puis il faut demander une commission sur l’emploi, il faut faire toutes les
mesures. Je trouve que ces gens-là se réveillent un petit peu tard, et c’est ce
que nous avions demandé depuis plusieurs mois.
Maintenant, pour être
pratique, ce qui nous inquiète, puis je vais le répéter pour qu’on soit très
clairs, ce qui nous inquiète, c’est que la baisse des revenus que nous avions
notée à la fin juin, avec la publication des résultats de mars 2013, confirme effectivement
une baisse de revenus importante entre la mise à jour économique du mois de
mars de M. Marceau et la publication de ces résultats-là. On parle d’une baisse
de 800 millions. Alors, si, dans une baisse... dans une période de trois
mois, il y a eu une baisse des revenus de 800 millions, c’est évident qu’aujourd’hui
avec... puis on prend à titre d’exemple les résultats d’emploi qui ont été
publiés la semaine passée, bien, c’est sûr que l’indicateur des emplois est habituellement
un indicateur de l’activité économique. Donc, s’il y a eu une baisse de 800 millions
à l’intérieur de trois mois, c’est évident que nous allons demander à M.
Marceau, lorsqu’on va arriver au Parlement, d’être capable de refaire une mise
à jour et de ne pas se défiler en avant, comme il l’a fait la dernière fois, en
reportant, pour toutes sortes de raisons, cette interrogation-là qui, malheureusement,
s’est faite dans les derniers jours de l’Assemblée.
Alors, mon propos est très clair aujourd’hui.
Je trouve ça un petit peu surprenant que les libéraux se réveillent deux mois
plus tard, mais, en même temps, ça continue d’être le rôle de la coalition
d’être l’opposition officielle et de ne pas changer d’idée quand c’est le temps
de voter contre ou pour une mesure. Parce que c’est très surprenant pour les
libéraux aujourd’hui de dire : On est contre tout ça; mais qu’il y a deux
mois, ils votaient main dans la main avec le PQ sur les mesures budgétaires qui
ont le plus d’impact sur l’emploi.
Alors, c’était la mise à jour que je
voulais vous faire aujourd’hui puis je vais prendre vos questions avec plaisir.
Mme Prince (Véronique) : Est-ce
que vous demandez, vous aussi, une mise à jour économique?
M. Dubé : Bien, absolument. Ce
n’est pas... c’est tellement évident — puis
j’apprécie votre question — c’est tellement évident. On a demandé ça.
Moi, je vous le dis, je le demande à tous les mois de dire... Un,
rappelez-vous, j’ai dit : C’est inacceptable, dans une situation économique
comme celle qu’on vit, qu’on attende les résultats 90 jours plus tard que le
mois. Je vous ai dit ça souvent, vous vous en souvenez.
Aujourd’hui, là, on est rendus à la mi-août, on n’a ni les résultats
d’avril, ni les résultats de mai. Puis quand on veut savoir, bien, est-ce que
la baisse de 800 millions dont je vous parle dans les derniers mois de
l’ancienne année, bien, est-ce qu’elle est en train de se continuer, on va les
avoir quand, les résultats d’avril et mai, là? Ça veut dire que les résultats
d’avril sont avec
120 jours de retard aujourd’hui, là.
Bon, on va vous
répondre que, des fois, on combine deux mois ensemble parce qu’on n’a pas eu le
temps. On peut vous trouver toutes les réponses que vous voulez. Mais, pour
répondre clairement à votre question, il faut absolument que le gouvernement
soit rigoureux dans la publication de ses chiffres, soit transparent et nous
explique si, effectivement, il va être capable de respecter l’équilibre
budgétaire en 2013-2014, ce qu’il n’a pas été capable de faire en 2012‑2013.
Rappelez-vous que jusqu’à la dernière minute, jusqu’à temps qu’on quitte, M.
Marceau disait dur comme fer : Je vais respecter l’équilibre de 1,5 milliard. Ça n’a pas été fait. Ça s’est fait la
dernière journée avant de partir, lorsqu’il n’y avait plus personne pour
commenter.
M. Journet (Paul) : En vertu
de ces chiffres-là et du manque à gagner d’au moins 800 millions,
est-ce que ce serait légitime d’à tout le moins envisager le report de
l’équilibre budgétaire?
M. Dubé : Pas du
tout, pas du tout. Le déficit dont vous parlez, de 800 millions, ce n’est
pas un déficit, c’est une baisse de revenus qu’il y a eu en 2012‑2013. La
question que vous posez est en deux volets : Quel va être l’impact de la
baisse des revenus que nous avons constatée dans la fin de l’année dernière? Quelle
va être cette baisse des revenus là cette année? On ne le sait pas, et c’est
pour ça qu’il faut avoir les résultats d’avril, mai, juin, le plus rapidement
possible pour avoir la tendance des revenus. Ça va?
Mais la deuxième question que vous posez, c’est : Est-ce que cette
baisse des revenus là va avoir un impact sur l’équilibre budgétaire qui, pour
la première fois, doit être à zéro? C’est la première année qu’on devrait être
à zéro. Et moi, à mon sens, on n’a pas… il n’y a aucune raison, en ce moment,
qu’au Québec on n’a pas créé d’emplois, on a créé zéro emploi — 800
emplois pour être précis — depuis l’avènement du PQ, alors qu’il s’en
est créé 80 000 en Ontario. Il n’y a pas de raison d’utiliser cette
baisse-là pour dire que ça serait une excuse de ne pas respecter l’équilibre
budgétaire. Il y a des choses à faire, il y a du travail à faire. Il y a un
programme économique qui doit être mis sur la table par le Parti québécois,
qu’on attend toujours. Alors là, on n’est pas rendus à discuter si ça serait
acceptable d’avoir un déficit. Ce n’est pas du tout à l’agenda.
M. Boivin (Simon) : Ce matin,
M. Bédard, le président du Conseil du trésor, disait dans un journal que les cibles
allaiet être respectées malgré les propos de M. Couillard à l’effet qu’il
manque 1 milliard. M. Bédard nous ment, c’est ce
que vous dites? Vous ne croyez pas…
M. Dubé :
Bien, ce que je vous dis, c’est que la dernière fois, il vous a menti. La
dernière fois, il vous a dit : Je vais le respecter, l’équilibre
budgétaire, inquiétez-vous pas. Et juste à la dernière minute, quand on quitte,
bien, on se rend compte que ce n’est pas vrai. Alors, je ne veux pas dire qu’il
ment, mais, la dernière fois, il n’a pas dit la vérité.
Alors, qu’est-ce qui va se passer pour la prochaine année? Et c’est là
que notre rôle de l’opposition, c’est de demander rapidement, comme madame a
demandé tout à l’heure, d’avoir une mise à jour et de ne pas attendre au
mois d’octobre, au mois de novembre. C’est là, là. Ils vont avoir un Conseil
des ministres la semaine prochaine. Il faut qu’ils s’engagent à nous faire une
mise à jour des chiffres rapidement pour voir dans quelle situation économique
est l’état des finances publiques.
M. Boivin (Simon) : Puis, si
la situation économique est aussi désastreuse que ce que vous appréhendez, qu’est-ce
que vous suggérez à court terme?
M. Dubé : Bien, écoutez, moi,
je vais être positif. Il y a toujours deux façons de travailler : on
travaille sur les dépenses puis on travaille sur les revenus. Dans le cas des
revenus, on le sait que c’est l’activité économique.
Nous sommes sur la
route, nous avons déposé le projet Saint-Laurent. M. Legault est sur la
route en ce moment pour expliquer le projet Saint-Laurent au cours des
30 prochains jours. On ne peut pas être plus pratiques que ça, là. On a
des mesures avec des zones d’innovation. Vous le savez, on l’a expliqué, c’est
ça qu’on a besoin. On a besoin de supporter les entrepreneurs, de supporter les
emplois.
Au contraire, le PQ, ce
qu’il fait, c’est qu’on augmente les taxes scolaires, on augmente toutes sortes
de taxes, on est rendus qu’on augmente les taxes sur les permis. Il n’y a à peu
près rien qui n’est pas augmenté. On n’est pas en train de favoriser la
création d’emplois au Québec.
Les gens regardent ça
puis ils disent : Bon, tout ce qu’on fait, c’est de taxer au lieu de
favoriser l’emploi. Il faut absolument aller vers des mesures positives, et
c’est ça que nous faisons avec la coalition. Nous sommes sur le terrain en
train d’expliquer le projet Saint-Laurent présentement, comme vous savez. Merci
beaucoup, bonne journée. À bientôt.
(Fin à 14
h 1
)