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Point de presse de M. Gérard Deltell, porte-parole du deuxième groupe d'opposition en matière d'institutions démocratiques

Version finale

Monday, September 16, 2013, 13 h

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Treize heures)

M. Deltell : Alors, mesdames messieurs, bonjour et bienvenue à notre conférence de presse. Écoutez, ce que le journal 24 heures nous apprend ce matin est tout à fait scandaleux et ignoble. De mémoire, je n’ai jamais vu, comme observateur politique et depuis que je suis député, un parti politique solliciter des dons à la porte d’un lieu de culte, et c’est ce qu’a fait le Parti libéral.

Dans cette lettre, qui était déposée à la porte des synagogues de Montréal, on apprend que le Parti libéral sollicite l’argent des croyants et également leur membership, non sans rappeler aussi que, du temps du Parti libéral, le gouvernement avait octroyé des subventions à certains organismes et qu’en ce sens il faudrait s’en souvenir et avoir le retour d’ascenseur.

 Il y a deux points là-dedans qui sont scandaleux. Tout d’abord, le financement à la porte des synagogues. C’est du jamais vu, c’est de l’inédit, et je ne peux pas croire que Philippe Couillard, qui est un homme honorable, peut tolérer ça. Même du temps de Jean Charest, on ne faisait pas ça, alors qu’on sait que les méthodes de financement du Parti libéral à l’époque étaient assez douteuses, même on n’était pas tombés aussi bas que ça, que d’aller chercher de l’argent du monde à la porte des églises. C’est du jamais vu, c’est de l’inédit, et je ne peux pas croire que Philippe Couillard peut endosser une telle situation, là.

Deuxièmement, on voit que, dans la lettre en question, on fait un lien entre les actions du gouvernement libéral et les contributions à des organismes. Regardez au premier paragraphe : «Quand le Parti libéral du Québec était au pouvoir dans le gouvernement, votre association a pu profiter de généreuses contributions et du permis de la garderie.» Tony Tomassi, sors de ce corps! C’est exactement ce qu’on a reproché à Tony Tomassi, c’est-à-dire faire du financement en fonction des places en garderie. Ils n’ont rien compris, les libéraux, là. Plus ça change, plus c’est pareil. C’est le même vieux disque qui retourne. On pensait que le scandale des garderies était derrière nous, mais non. Même dans l’opposition, le Parti libéral garde ses vieilles méthodes, anciennes et douteuses, de faire du financement en fonction des places en garderie. Là, ce n’est pas moi qui l’invente, là, c’est écrit noir sur blanc dans leur papier.

Donc, ce qu’on voit, c’est que malheureusement le Parti libéral de Philippe Couillard, qui avait promis du renouveau… On se souvient que M. Couillard disait qu’on va faire… on va être un parti moderne, on va faire une brisure avec les situations malheureuses du passé. Mais on constate quoi? On constate que c’est du pareil au même, sinon pire. Aller chercher de l’argent à la porte des synagogues, là, moi, je n’ai jamais vu ça, et il est temps que le Parti libéral se dissocie de ça. Il est temps que Philippe Couillard dise : On a fait une erreur. Ça fait 24 heures que c’est connu, cette histoire-là, et M. Couillard ne s’est pas mis de côté par rapport à ça.  Alors, si M. Couillard n’a pas le courage de reconnaître que ça n’a pas d’allure, cette histoire-là, nous, on va demander à ses députés, demain, de le faire.

C’est pourquoi nous allons déposer une motion sans préavis qui va porter, justement, sur le financement politique et les lieux de culte, où on va dire qu’il n’est pas question de faire du financement dans les lieux de culte. Et là les 48 députés de Philippe Couillard auront l’occasion de dire haut et fort qu’ils trouvent ça épouvantable, cette situation-là que lui tolère, ou encore ils vont dire : Non, c’est correct, on est d’accord avec ça. Donc, la balle est dans le camp du Parti libéral.

Et je vous rappelle que ça, c’est survenu au moment même où, hier, M. Couillard faisait leçon à tout le monde concernant la charte des valeurs. Au moment même où M. Couillard disait que c’était la charte de la chicane puis que ça n’avait pas de bon sens, bien, lui, il faisait du financement à la porte des synagogues en rappelant l’importance de son… que son parti accorde à la communauté. Vraiment, c’est désolant, c’est scandaleux et c’est ignoble.

M. Ouellet (Martin) : M. Deltell, est-ce que ça contrevient à la loi?

M. Deltell : On se pose la question, et on a fait, justement, des recherches, puis on ne les a pas actuellement. Mais que ça soit pour… même si ce n’est même pas en contradiction avec la loi, c’est immoral.

M. Ouellet (Martin) : Mais pourquoi? Expliquez-moi qu’est-ce qui fait que c’est immoral de solliciter des gens qui sortent d’une synagogue au lieu d’une épicerie, exemple?

M. Deltell : Parce qu’on va vraiment au fond des convictions religieuses des gens. Et quand on prétend faire la distinction entre l’État et la religion, et que la religion, ça appartient à tout le monde… que la religion, pardon, ça appartient à chacun et que l’État doit être neutre dans tout ça, c’est ça, la laïcité de l’État, eh bien, justement, on ne fait pas de la sollicitation à la porte d’une église. Parce que là on va aller chercher ce qu’il y a de plus profond et de plus intime des gens, c’est-à-dire leurs croyances religieuses, et on les met à profit d’un parti politique qui prétend finalement être laïque. Bien là, vous l’êtes ou vous ne l’êtes pas. Alors, d’aller chercher ça…

M. Ouellet (Martin) : Est-ce que vous sous-estimez la communauté, M. Deltell? Elles sont capables de faire la part des choses.

M. Deltell : Oui, je sais que la communauté est capable de faire la part des choses, mais ce qu’on voit, c’est que le Parti libéral, lui, n’est pas capable de faire la part des choses. Lui veut profiter du fait que les gens sont croyants et rappeler à leur compte des décisions gouvernementales qui devaient être de façon objective, les permis de garderie sont octroyés de façon objective et non pas de façon partisane, mais eux se les approprient de façon partisane et, pire que ça, de généreuses contributions du gouvernement. Qu’est-ce que c’est ça, cette histoire-là?

C’est comme si moi, comme tous les députés, on a des budgets discrétionnaires pour nos organismes caritatifs, si moi, j’arrivais puis je disais : Aïe! Écoutez, j’ai donné tant, notre bureau de comté a décidé d’octroyer tant, tel montant pour telle fête, à cette heure il est temps de passer à la caisse dans mon parti. Je peux-tu vous dire, je me ferais ramasser. Bien, c’est exactement ce que le Parti libéral fait. Exactement pareil. Puis on croyait qu’ils avaient appris de leur erreur; bien non, ça continue.

M. Lavallée (Jean-Luc) : M. Deltell, M. Marsan se défend en parlant de malentendu. Il dit que c’est une erreur, il n’aurait peut-être pas dû libeller le paragraphe auquel vous avez fait référence…

M. Deltell : Jamais trop tard pour bien faire, mettons, hein?

M. Lavallée (Jean-Luc) : …ce n’est pas suffisant…

M. Deltell : Non, ce n’est pas suffisant, particulièrement de la part de M. Couillard. C’est à M. Couillard à dénoncer sévèrement cette attitude-là. M. Marsan, c’est un député d’expérience, là. On ne parle pas d’un jeune militant fringant qui commet une erreur de bonne foi puis qui veut en mettre plus que le client en demande, là. M. Marsan, là, ça fait quoi, une vingtaine d’années qu’il est député puis on sait que ce n’est pas un monsieur qui est partisan aveugle, ce monsieur-là, M. Marsan, là. On le connaît tous, là, c’est un des gars les plus discrets qu’il n’y a pas au Parlement, mais il a fait une méchante bourde, mais pas une… pas juste à peu près. Mais ça appartient à son chef de se dissocier de ça puis de condamner vigoureusement cette façon de faire.

Mais, au-delà de ça, qu’est-ce qu’on voit? On voit que le Parti libéral a encore les mêmes mauvais plis puis le Parti libéral de Philippe Couillard est exactement le même qui a gouverné le Québec avec des liens plus ou moins douteux par rapport à son financement, c’est-à-dire lier les actions du gouvernement à un financement politique, et ça, ça n’a pas sa place.

M. Lavallée (Jean-Luc) : Donc, vous ne le croyez pas quand il dit qu’il n’était pas à la recherche d’un retour d’ascenseur.

M. Deltell : Ce n’est pas que je ne le crois pas. C’est que je dis : De la façon dont c’est écrit, ça ne correspond pas tout à fait à la réalité. Je veux dire, quand vous dites que, comme vous le savez, les modifications à la Loi électorale permettent seulement une contribution maximale de personne par 100 $ puis vous faites accroire qu’il n’attendait pas un retour d’ascenseur… «Youhou?»

M. Laforest (Alain) : M. Deltell, la charte, ça ne semble pas être payant pour vous, là. Vous avez 19 % des intentions de vote, et le Québec est divisé. Vous en pensez quoi?

M. Deltell : Bien, les sondages, comme toujours, c’est du haut et du bas. C’est des montagnes russes, on ne s’énerve pas trop avec ça. On était à peu près au même point lorsque l’élection a été déclenchée en 2012 puis on est passés à quatre points de gagner l’élection. Donc, on ne s’énerve pas du tout avec ça et ce qu’on constate dans le sondage, c’est que les gens sont extrêmement partagés. Mais il y a une issue possible pour le gouvernement par rapport à ça et c’est la proposition que, nous autres, on fait, c’est-à-dire une proposition qui est raisonnée, qui est responsable, qui vise, justement, à rejoindre le plus grand nombre possible de Québécois, c’est-à-dire qu’on s’appuie sur le rapport Bouchard-Taylor qui disait qu’on pouvait ne pas porter des signes ostentatoires pour les personnes en autorité de l’État. C’est ce que, nous, nous proposons. Et si… J’en appelle à M. Drainville. S’il est de bonne foi dans sa démarche, qu’il endosse notre proposition, puis on règle ça en deux semaines puis, après ça, merci, bonsoir, on passe à un autre appel.

M. Laforest (Alain) : Donc, il doit scinder son projet de loi comme les libéraux le demandent.

M. Deltell : Non, parce que scinder le projet de loi… On le sait qu’il y a cinq éléments dans son projet de loi. Les quatre, il devrait y avoir un consensus assez rapide. Le dernier point, c’est la question des signes religieux. Bon, le PQ, lui, dit : Il n’y a pas un fonctionnaire, peu importe ce qu’il fait, qu’il soit dans le fin fond d’un bureau ou encore qu’il soit un juge, qui va porter un signe religieux. Ça, pour nous, ce n’est pas une bonne façon de faire.

Notre proposition à nous, qui porte justement sur ce point-là, c’est de dire : Uniquement les personnes en autorité. Et ça, on se base sur Bouchard-Taylor. Alors, si M. Drainville est de bonne foi, et veut faire un pas en avant, et veut que ça fonctionne, qu’il endosse notre point de vue. On va avoir un accord, en deux semaines c’est réglé au Parlement, puis on passe à un autre appel.

M. Laforest (Alain) : Les deux grandes villes, Québec et Montréal, là, sont littéralement contre ça, là. Le restant du Québec appuie en partie le projet de M. Drainville et votre terreau fertile, Québec, dit non.

M. Deltell : Je ne suis pas du tout gêné par rapport à mon terreau fertile dans mon comté. Je vous invite à me suivre, vous allez voir si le terreau est encore fertile ou non pour nous autres. Ce que je peux vous dire, par exemple, c’est que notre position est la position du gros bon sens. C’est la position la plus raisonnable qui soit. C’est la position qui peut faire le consensus au Québec, parce que ça repose sur Bouchard-Taylor qui, comme on le sait, ne sont pas des énervés, ont passé deux ans à étudier la question, sont arrivés à cette proposition-là. Nous faisons nôtre cette proposition-là, et c’est l’issue de secours pour sortir de cette crise qui est tout à fait triste pour Québec.

M. Ouellet (Martin) : M. Deltell, les gens ne suivent pas là-dedans. On le voit dans les sondages, soit qu’ils trouvent que le PQ… la CAQ ne va pas assez loin; à ce moment-là, ils s’en vont au PQ. S’ils sont contre, ils s’en vont chez les libéraux. Vous n’en profitez pas du tout. Vous parliez de montagnes russes, de hauts et de bas, mais là on voit qu’il y a peut-être plus de bas que de hauts, là. Dans votre cas, vous êtes à 18 %, ça veut dire peut-être trois, quatre députés qui seraient sauvés à la prochaine élection. Est-ce que ça commence à vous préoccuper sérieusement, ce qui se passe dans les sondages?

M. Deltell : Non, ça ne nous préoccupe pas. Bien, ça nous préoccupe sérieusement, non, mais ça nous préoccupe comme tout le monde. On regarde ça, bien entendu, là. On n’est pas toujours à l’affût de ça, mais c’est clair qu’on constate qu’est-ce qui se passe puis on constate qu’on est au même point qu’on était lors du déclenchement de l’élection de 2012. On voit que c’est stable, que ça ne bouge pas trop.

Sur l’enjeu, justement, de la question des accommodements raisonnables et de la charte, de ce que M. Drainville appelle la charte des valeurs québécoises, nous, on pense que notre position est vraiment la plus raisonnée et raisonnable puis on souhaite qu’il y ait le consensus là-dessus. C’est notre position, puis on ne commencera pas à jouer en avant, en arrière, un petit peu à gauche, un petit peu à droite puis tout ça.

Du reste, c’est un débat qui transcende les lignes de partis, c’est un débat qui transcende la question nationale, c’est un débat qui transcende la gauche, la droite, fédéralistes, souverainistes, à gauche, à droite, intervention de l’État, pas intervention de l’État. Ce débat-là, le débat des valeurs dites québécoises, de M. Drainville, c’est un débat qui transcende toute partisanerie, et nous, ce qu’on pense, c’est que notre position est la plus juste qui soit parce que, justement, elle repose sur Bouchard-Taylor et elle fait le pont entre ceux qui souhaitent aller très loin et ceux qui souhaitent ne toucher à rien. On fait le pont entre les deux.

M. Lavallée (Jean-Luc) : Mais votre position était sondée aussi dans le sondage. On ne voit pas ça dans les textes ce matin, mais 47 % des gens sont défavorables à votre position précise et 45 % des gens sont pour. Donc, ce n’est pas plus payant, là. Est-ce que vos… On comprend que vous ne vous gouvernez pas en fonction des sondages, mais…

M. Deltell : Bien, voilà. Justement, ce qu’on constate, c’est que la position est très partagée. C’est qu’il y en a qui sont pour, il y en a qui sont contre. Vous savez, il n’y a pas… on ne voit pas, dans ces sondages-là, de ce que j’ai pu voir jusqu’à maintenant, un élément qui dit : Écoutez, il y a 80 % des gens qui sont de ce bord-là puis 20 % des gens qui sont de ce bord-là, tu sais. On voit que c’est extrêmement partagé au Québec.

Alors, pour justement aller plus loin que ça, pour arrêter de diviser les Québécois puis d’assister à des scènes tout à fait désolantes et scandaleuses comme on a vu au cours des derniers jours… Un petit gars de 13 ans qui se fait cracher dans la face parce que sa mère, elle porte un voile, je m’excuse, mais moi, ce n’est pas le Québec que j’aime, ça, là, là. Ça m’écoeure de voir ça, ça me scandalise de voir ça puis ça se passe dans ma ville en plus. Ce n’est pas le Québec puis ce n’est pas la ville de Québec que je connais, quand je vois ça.

Bien, justement, pour passer à autre chose, prenons la position qui est la plus raisonnable qui soit, c’est-à-dire celle que nous proposons, puis passons à un autre appel.

M. Corbeil (Michel) : M. Deltell, en quoi ça vous aiderait que le Parti québécois prenne votre position?

M. Deltell : Ça nous… ça aiderait le Québec. Ça aiderait le Québec parce que ça permettrait…

M. Corbeil (Michel) : …gagner avec ça?

M. Deltell : Pardon?

M. Corbeil (Michel) : Vous vous attendez à gagner quelque chose avec ça?

M. Deltell : Bien, on gagnerait le fait qu’heureusement notre position était la meilleure, puis les gens auraient accepté le consensus. Puis, vous savez, M. Drainville, j’ai eu à travailler avec lui depuis un an, là, c’est mon vis-à-vis en termes d’institutions démocratiques. On a adopté, si je me souviens bien, trois projets de loi ensemble, on a fait le consensus ensemble. Souvenez-vous du financement des partis politiques. J’ai tapé du pied pendant deux mois de temps qu’il fallait absolument baisser les dépenses électorales. Il n’était pas d’accord au début, à la fin il était d’accord, puis finalement on a avancé. Même chose pour la question de la date sur les élections, on a avancé. Même chose pour la rémunération des députés, on a avancé.

Donc, on est capables d’atteindre nos consensus. Et moi, j’en appelle à M. Drainville, à son bon sens, à son bon jugement de bon père de famille. Il y a un consensus qui est à l’horizon. Prenez notre position, et on va de l’avant et on va passer à autre chose.

Le Modérateur : Questions en anglais.

Mme Plante (Caroline) : …do you think that there’s a danger that this debate to get out of control, especially since we’ve seen this veiled woman getting…

M. Deltell : Well, unfortunately, I have to say that, yes, it has been too far from now. What we have seen in the last few days in this province and especially here, in this city, to see a teenager of 13 years old being aggressed by a woman because her mother had a «voile», well, this is crazy. That’s one of the ugliest things I have ever seen in political debate. You know, to see someone being aggressed for that, come on, that’s not the Québec that I like and where I live. That’s not what I love.

And the point is that, if we continue on that roll, well, we will face a wall, and people will be one against another, and that’s not the way we govern this province. If you want to reach an agreement, we do have a proposition who is responsible, based on Bouchard-Taylor report, and I think that’s the best way to get out of this mess.

Mme Plante (Caroline) : Tell us what this proposal is.

M. Deltell : Well, our proposal is based on the Bouchard-Taylor report, saying that those people who are in authority, like judges, like prison persons who are responsible of the jail, teachers, those who are responsible should not wear any indication of their faith. So this proposition is based on the Bouchard-Taylor report. I think it’s a good agreement. We can reach an agreement with the Parti québécois and even the Liberals, because we all know that some people in the Liberal Party are not very well… fit very well with the position of Philippe Couillard, even the same thing for the «péquistes». We have seen that in the last few days, you know. I think that some people said : Well, it will be a tough time for the CAQ or for the Liberal Party. Well, the political party who pays a high price from now is the PQ.

Mme Plante (Caroline) : What do you make of the 42 %, 43 %... We’re stuck in a sort of gridlock in this debate.

M. Deltell : Yes. Well, I think, for us, it’s a clear indication that we have to take our position to get forward and to have… to reach an agreement, because the population is split. So, if the population is split, if you take one part or the other, you will have plenty of people who will be against the position taken by the Government .

So what we propose is the best deal of all. So we take some position of the Liberals, we take some position of the «péquistes», then we have a clear position, which is reasonable and respectful of the will of the people. And it’s based on serious report, Bouchard-Taylor report, instead of looking at the polls, saying : OK, maybe if we do that, if we take this word, well, we will get five points in the poll. No, that’s not the way you do things for the people. Maybe you do things for your political party, but you don’t do good things, like that, for the people. And, on that subject, which is so delicate, so fragile, so touchy, with this so touchy position, this so touchy debate, you have to reach agreement with a lot of people, and our position can reach an agreement with a majority of « Québécois» .

Le Modérateur : Max Harrold.

M. Harrold (Max) : M. Deltell , what does it say about people’s understanding of the position when you have this incident at Place Laurier, you have a woman being called out as she’s waiting at a red light? Another person told me that she was asked to take off her hidjab at the hospital, at the CHUL, by a hospital worker, and her face is… you can see her face, she’s wearing a hidjab. So people clearly don’t understand what’s involved here. What does that tell you?

M. Deltell : Well, it tells me that we have to reach out of… we have to reach an agreement and get out of this debate as soon as possible with a clear solution. And, as far as I’m concerned, our position is the best one, because we can reach a majority of people who are supporting our position.

For sure, it’s not the «péquiste» one, for sure it’s not the liberal one, but it’s the people one, because we reach an agreement… for some people, we will say : OK, that’s not the best, but at least we have that. And some other people will say : OK, this is not exactly where we stand, but, for the authority people, OK, that’s all right.

And those guys who said that for us, it’s not some pollster, it’s Bouchard-Taylor . They concluded that the best way to reach an agreement is to propose that the guys, the people who are in authority should not wear faith indication. So I think, for the best of this province, I hope that M. Drainville will listen to our call and will reach… he can call us, we can reach an agreement pretty soon, and, in two weeks in debates in the House, we’ll get out of this debate.

M. Harrold (Max) : And in this letter, if you could just talk a little bit about what it is, the language. I mean, he said it’s a mistake…

M. Deltell : Come on, it’s clear as crystal, this letter, you know. They say : Your association received a lot of contributions, generous contributions and even has «garderies» permissions … How do you say that? Take care…

Des voix : …

M. Deltell : What?

Une voix : Day-care permit.

M. Deltell : Day-care permit, yes. So what we see, is that it’s clearly indicated that the association has received a lot of… a generous contribution from the Government and for the youth people. So it’s very clear. They say : The Government gives money to you, now it’s time to get back the money to the Liberal Party.

It’s one of the ugliest things we have ever seen. And, more than that, they do that where? At the door of the synagogue. So they use the fact that the people are... have their faith, the Jewish community have their faith, and we shall respect that, and, because of their faith, they say : OK, we support your community, so it’s time to get back and give us some money. That’s not the way I do politics.

M. Harrold (Max) : You don’t think they can make up their own minds?

M. Deltell : I think so, yes, but the point is that the Liberal Party doesn’t think that. They say : Come on, give us money because we support you for many times and we give you, as a government, generous contributions. Well, they didn’t give a damn cent. You know, it’s not the Liberal Party that gave them generous contributions. It’s the people of Québec by their taxes.

So it’s one of the ugliest things I’ve ever seen in political way of doing politics, when you ask people at the door of the church. That’s not the way I do politics and I cannot believe that Philippe Couillard, who is an honest man, can support that way of doing politics.

M. Corbeil (Michel) : M. Deltell, en français, tout simplement une précision. Ce que vous avez dit tout à l’heure à ma collègue, que... sur la question, le débat de la charte, le PQ en payait le pouvoir... en payait le prix...

M. Deltell : Bien, écoutez, elle est où la chicane?

Des voix : …

M. Deltell : Alors, M. Corbeil me demande de répéter en français ce que j’ai dit en anglais. Bien, écoutez, c’est fort simple, le parti politique qui paye un prix actuellement, c’est le Parti québécois. Quand on voit les divisions internes que ça soulève, c’est assez spectaculaire merci, là. Quand on voit que la seule personne qui a eu à démissionner dans un parti politique, c’est un parti politique qui est le cousin ou le petit frère de la fesse gauche du Parti québécois, ce n’est quand même pas rien. Ces gens-là ont dit tout le temps… les observateurs politiques disaient : Ah! La CAQ va payer un prix, le Parti libéral va payer un prix. Ça fait une semaine, là, que ça roule, cette histoire-là, là. Puis c’est qui qui a payé un prix jusqu’à maintenant? C’est le Parti québécois de Pauline Marois.

(Fin à 13 h 21)

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