(Treize heures)
M.
Deltell : Alors,
mesdames messieurs, bonjour et bienvenue à notre conférence de presse. Écoutez,
ce que le journal 24 heures nous apprend ce matin est tout à fait
scandaleux et ignoble. De mémoire, je n’ai jamais vu, comme observateur politique
et depuis que je suis député, un parti politique solliciter des dons à la porte
d’un lieu de culte, et c’est ce qu’a fait le Parti libéral.
Dans cette lettre, qui était déposée à la
porte des synagogues de Montréal, on apprend que le Parti libéral sollicite
l’argent des croyants et également leur membership, non sans rappeler aussi
que, du temps du Parti libéral, le gouvernement avait octroyé des subventions à
certains organismes et qu’en ce sens il faudrait s’en souvenir et avoir le
retour d’ascenseur.
Il y a deux points là-dedans qui sont
scandaleux. Tout d’abord, le financement à la porte des synagogues. C’est du jamais
vu, c’est de l’inédit, et je ne peux pas croire que Philippe Couillard, qui est
un homme honorable, peut tolérer ça. Même du temps de Jean Charest, on ne
faisait pas ça, alors qu’on sait que les méthodes de financement du Parti
libéral à l’époque étaient assez douteuses, même on n’était pas tombés aussi
bas que ça, que d’aller chercher de l’argent du monde à la porte des églises. C’est
du jamais vu, c’est de l’inédit, et je ne peux pas croire que Philippe
Couillard peut endosser une telle situation, là.
Deuxièmement, on voit que, dans la lettre
en question, on fait un lien entre les actions du gouvernement libéral et les
contributions à des organismes. Regardez au premier paragraphe : «Quand le
Parti libéral du Québec était au pouvoir dans le gouvernement, votre
association a pu profiter de généreuses contributions et du permis de la garderie.»
Tony Tomassi, sors de ce corps! C’est exactement ce qu’on a reproché à Tony
Tomassi, c’est-à-dire faire du financement en fonction des places en garderie.
Ils n’ont rien compris, les libéraux, là. Plus ça change, plus c’est pareil. C’est
le même vieux disque qui retourne. On pensait que le scandale des garderies
était derrière nous, mais non. Même dans l’opposition, le Parti libéral garde
ses vieilles méthodes, anciennes et douteuses, de faire du financement en
fonction des places en garderie. Là, ce n’est pas moi qui l’invente, là, c’est
écrit noir sur blanc dans leur papier.
Donc, ce qu’on voit, c’est que malheureusement
le Parti libéral de Philippe Couillard, qui avait promis du renouveau… On se
souvient que M. Couillard disait qu’on va faire… on va être un parti
moderne, on va faire une brisure avec les situations malheureuses du passé. Mais
on constate quoi? On constate que c’est du pareil au même, sinon pire. Aller
chercher de l’argent à la porte des synagogues, là, moi, je n’ai jamais vu ça, et
il est temps que le Parti libéral se dissocie de ça. Il est temps que Philippe
Couillard dise : On a fait une erreur. Ça fait 24 heures que c’est
connu, cette histoire-là, et M. Couillard ne s’est pas mis de côté par
rapport à ça. Alors, si M. Couillard n’a pas le courage de reconnaître que ça
n’a pas d’allure, cette histoire-là, nous, on va demander à ses députés,
demain, de le faire.
C’est pourquoi nous allons déposer une motion
sans préavis qui va porter, justement, sur le financement politique et les
lieux de culte, où on va dire qu’il n’est pas question de faire du financement
dans les lieux de culte. Et là les 48 députés de Philippe Couillard auront
l’occasion de dire haut et fort qu’ils trouvent ça épouvantable, cette situation-là
que lui tolère, ou encore ils vont dire : Non, c’est correct, on est
d’accord avec ça. Donc, la balle est dans le camp du Parti libéral.
Et je vous rappelle que ça, c’est survenu
au moment même où, hier, M. Couillard faisait leçon à tout le monde concernant
la charte des valeurs. Au moment même où M. Couillard disait que c’était la
charte de la chicane puis que ça n’avait pas de bon sens, bien, lui, il faisait
du financement à la porte des synagogues en rappelant l’importance de son… que
son parti accorde à la communauté. Vraiment, c’est désolant, c’est scandaleux
et c’est ignoble.
M. Ouellet (Martin) : M.
Deltell, est-ce que ça contrevient à la loi?
M.
Deltell : On se pose
la question, et on a fait, justement, des recherches, puis on ne les a pas actuellement.
Mais que ça soit pour… même si ce n’est même pas en contradiction avec la loi,
c’est immoral.
M. Ouellet (Martin) : Mais pourquoi?
Expliquez-moi qu’est-ce qui fait que c’est immoral de solliciter des gens qui
sortent d’une synagogue au lieu d’une épicerie, exemple?
M.
Deltell : Parce qu’on
va vraiment au fond des convictions religieuses des gens. Et quand on prétend
faire la distinction entre l’État et la religion, et que la religion, ça
appartient à tout le monde… que la religion, pardon, ça appartient à chacun et
que l’État doit être neutre dans tout ça, c’est ça, la laïcité de l’État, eh
bien, justement, on ne fait pas de la sollicitation à la porte d’une église.
Parce que là on va aller chercher ce qu’il y a de plus profond et de plus
intime des gens, c’est-à-dire leurs croyances religieuses, et on les met à
profit d’un parti politique qui prétend finalement être laïque. Bien là, vous
l’êtes ou vous ne l’êtes pas. Alors, d’aller chercher ça…
M. Ouellet (Martin) : Est-ce
que vous sous-estimez la communauté, M. Deltell? Elles sont capables de faire
la part des choses.
M.
Deltell : Oui, je
sais que la communauté est capable de faire la part des choses, mais ce qu’on
voit, c’est que le Parti libéral, lui, n’est pas capable de faire la part des
choses. Lui veut profiter du fait que les gens sont croyants et rappeler à leur
compte des décisions gouvernementales qui devaient être de façon objective, les
permis de garderie sont octroyés de façon objective et non pas de façon
partisane, mais eux se les approprient de façon partisane et, pire que ça, de
généreuses contributions du gouvernement. Qu’est-ce que c’est ça, cette
histoire-là?
C’est comme si moi,
comme tous les députés, on a des budgets discrétionnaires pour nos organismes
caritatifs, si moi, j’arrivais puis je disais : Aïe! Écoutez, j’ai donné
tant, notre bureau de comté a décidé d’octroyer tant, tel montant pour telle
fête, à cette heure il est temps de passer à la caisse dans mon parti. Je
peux-tu vous dire, je me ferais ramasser. Bien, c’est exactement ce que le
Parti libéral fait. Exactement pareil. Puis on croyait qu’ils avaient appris de
leur erreur; bien non, ça continue.
M. Lavallée (Jean-Luc) : M.
Deltell, M. Marsan se défend en parlant de malentendu. Il dit que c’est une
erreur, il n’aurait peut-être pas dû libeller le paragraphe auquel vous avez
fait référence…
M.
Deltell : Jamais
trop tard pour bien faire, mettons, hein?
M. Lavallée (Jean-Luc) : …ce n’est
pas suffisant…
M.
Deltell : Non, ce n’est
pas suffisant, particulièrement de la part de M. Couillard. C’est à M.
Couillard à dénoncer sévèrement cette attitude-là. M. Marsan, c’est un député
d’expérience, là. On ne parle pas d’un jeune militant fringant qui commet une
erreur de bonne foi puis qui veut en mettre plus que le client en demande, là.
M. Marsan, là, ça fait quoi, une vingtaine d’années qu’il est député puis on
sait que ce n’est pas un monsieur qui est partisan aveugle, ce monsieur-là, M.
Marsan, là. On le connaît tous, là, c’est un des gars les plus discrets qu’il
n’y a pas au Parlement, mais il a fait une méchante bourde, mais pas une… pas
juste à peu près. Mais ça appartient à son chef de se dissocier de ça puis de
condamner vigoureusement cette façon de faire.
Mais, au-delà de ça, qu’est-ce qu’on voit?
On voit que le Parti libéral a encore les mêmes mauvais plis puis le Parti
libéral de Philippe Couillard est exactement le même qui a gouverné le Québec
avec des liens plus ou moins douteux par rapport à son financement, c’est-à-dire
lier les actions du gouvernement à un financement politique, et ça, ça n’a pas
sa place.
M. Lavallée (Jean-Luc) : Donc,
vous ne le croyez pas quand il dit qu’il n’était pas à la recherche d’un retour
d’ascenseur.
M.
Deltell : Ce n’est
pas que je ne le crois pas. C’est que je dis : De la façon dont c’est
écrit, ça ne correspond pas tout à fait à la réalité. Je veux dire, quand vous
dites que, comme vous le savez, les modifications à la Loi électorale
permettent seulement une contribution maximale de personne par 100 $ puis
vous faites accroire qu’il n’attendait pas un retour d’ascenseur… «Youhou?»
M. Laforest (Alain) : M.
Deltell, la charte, ça ne semble pas être payant pour vous, là. Vous avez
19 % des intentions de vote, et le Québec est divisé. Vous en pensez quoi?
M.
Deltell : Bien, les
sondages, comme toujours, c’est du haut et du bas. C’est des montagnes russes,
on ne s’énerve pas trop avec ça. On était à peu près au même point lorsque
l’élection a été déclenchée en 2012 puis on est passés à quatre points de
gagner l’élection. Donc, on ne s’énerve pas du tout avec ça et ce qu’on
constate dans le sondage, c’est que les gens sont extrêmement partagés. Mais il
y a une issue possible pour le gouvernement par rapport à ça et c’est la
proposition que, nous autres, on fait, c’est-à-dire une proposition qui est
raisonnée, qui est responsable, qui vise, justement, à rejoindre le plus grand
nombre possible de Québécois, c’est-à-dire qu’on s’appuie sur le rapport
Bouchard-Taylor qui disait qu’on pouvait ne pas porter des signes ostentatoires
pour les personnes en autorité de l’État. C’est ce que, nous, nous proposons.
Et si… J’en appelle à M. Drainville. S’il est de bonne foi dans sa démarche,
qu’il endosse notre proposition, puis on règle ça en deux semaines puis, après
ça, merci, bonsoir, on passe à un autre appel.
M. Laforest (Alain) : Donc, il
doit scinder son projet de loi comme les libéraux le demandent.
M.
Deltell : Non, parce
que scinder le projet de loi… On le sait qu’il y a cinq éléments dans son
projet de loi. Les quatre, il devrait y avoir un consensus assez rapide. Le
dernier point, c’est la question des signes religieux. Bon, le PQ, lui, dit :
Il n’y a pas un fonctionnaire, peu importe ce qu’il fait, qu’il soit dans le fin
fond d’un bureau ou encore qu’il soit un juge, qui va porter un signe
religieux. Ça, pour nous, ce n’est pas une bonne façon de faire.
Notre proposition à
nous, qui porte justement sur ce point-là, c’est de dire : Uniquement les
personnes en autorité. Et ça, on se base sur Bouchard-Taylor. Alors, si M.
Drainville est de bonne foi, et veut faire un pas en avant, et veut que ça
fonctionne, qu’il endosse notre point de vue. On va avoir un accord, en deux
semaines c’est réglé au Parlement, puis on passe à un autre appel.
M. Laforest (Alain) : Les deux grandes villes, Québec et
Montréal, là, sont littéralement contre ça, là. Le restant du Québec appuie en
partie le projet de M. Drainville et votre terreau fertile, Québec, dit non.
M.
Deltell : Je ne suis
pas du tout gêné par rapport à mon terreau fertile dans mon comté. Je vous
invite à me suivre, vous allez voir si le terreau est encore fertile ou non
pour nous autres. Ce que je peux vous dire, par exemple, c’est que notre
position est la position du gros bon sens. C’est la position la plus
raisonnable qui soit. C’est la position qui peut faire le consensus au Québec, parce
que ça repose sur Bouchard-Taylor qui, comme on le sait, ne sont pas des
énervés, ont passé deux ans à étudier la question, sont arrivés à cette proposition-là.
Nous faisons nôtre cette proposition-là, et c’est l’issue de secours pour
sortir de cette crise qui est tout à fait triste pour Québec.
M. Ouellet (Martin) : M.
Deltell, les gens ne suivent pas là-dedans. On le voit dans les sondages, soit
qu’ils trouvent que le PQ… la CAQ ne va pas assez loin; à ce moment-là, ils
s’en vont au PQ. S’ils sont contre, ils s’en vont chez les libéraux. Vous n’en
profitez pas du tout. Vous parliez de montagnes russes, de hauts et de bas,
mais là on voit qu’il y a peut-être plus de bas que de hauts, là. Dans votre
cas, vous êtes à 18 %, ça veut dire peut-être trois, quatre députés
qui seraient sauvés à la prochaine élection. Est-ce que ça commence à vous
préoccuper sérieusement, ce qui se passe dans les sondages?
M.
Deltell : Non, ça ne
nous préoccupe pas. Bien, ça nous préoccupe sérieusement, non, mais ça nous
préoccupe comme tout le monde. On regarde ça, bien entendu, là. On n’est pas
toujours à l’affût de ça, mais c’est clair qu’on constate qu’est-ce qui se
passe puis on constate qu’on est au même point qu’on était lors du
déclenchement de l’élection de 2012. On voit que c’est stable, que ça ne bouge
pas trop.
Sur l’enjeu, justement,
de la question des accommodements raisonnables et de la charte, de ce que M.
Drainville appelle la charte des valeurs québécoises, nous, on pense que notre
position est vraiment la plus raisonnée et raisonnable puis on souhaite qu’il y
ait le consensus là-dessus. C’est notre position, puis on ne commencera pas à jouer
en avant, en arrière, un petit peu à gauche, un petit peu à droite puis tout
ça.
Du reste, c’est un
débat qui transcende les lignes de partis, c’est un débat qui transcende la
question nationale, c’est un débat qui transcende la gauche, la droite, fédéralistes,
souverainistes, à gauche, à droite, intervention de l’État, pas intervention de
l’État. Ce débat-là, le débat des valeurs dites québécoises, de M. Drainville,
c’est un débat qui transcende toute partisanerie, et nous, ce qu’on pense, c’est
que notre position est la plus juste qui soit parce que, justement, elle repose
sur Bouchard-Taylor et elle fait le pont entre ceux qui souhaitent aller très
loin et ceux qui souhaitent ne toucher à rien. On fait le pont entre les deux.
M. Lavallée (Jean-Luc) : Mais
votre position était sondée aussi dans le sondage. On ne voit pas ça dans les
textes ce matin, mais 47 % des gens sont défavorables à votre position
précise et 45 % des gens sont pour. Donc, ce n’est pas plus payant, là.
Est-ce que vos… On comprend que vous ne vous gouvernez pas en fonction des
sondages, mais…
M.
Deltell : Bien, voilà.
Justement, ce qu’on constate, c’est que la position est très partagée. C’est
qu’il y en a qui sont pour, il y en a qui sont contre. Vous savez, il n’y a
pas… on ne voit pas, dans ces sondages-là, de ce que j’ai pu voir jusqu’à
maintenant, un élément qui dit : Écoutez, il y a 80 % des gens qui
sont de ce bord-là puis 20 % des gens qui sont de ce bord-là, tu sais. On
voit que c’est extrêmement partagé au Québec.
Alors, pour justement
aller plus loin que ça, pour arrêter de diviser les Québécois puis d’assister à
des scènes tout à fait désolantes et scandaleuses comme on a vu au cours des
derniers jours… Un petit gars de 13 ans qui se fait cracher dans la face parce que
sa mère, elle porte un voile, je m’excuse, mais moi, ce n’est pas le Québec que
j’aime, ça, là, là. Ça m’écoeure de voir ça, ça me scandalise de voir ça puis
ça se passe dans ma ville en plus. Ce n’est pas le Québec puis ce n’est pas la
ville de Québec que je connais, quand je vois ça.
Bien, justement, pour
passer à autre chose, prenons la position qui est la plus raisonnable qui soit,
c’est-à-dire celle que nous proposons, puis passons à un autre appel.
M. Corbeil (Michel) : M.
Deltell, en quoi ça vous aiderait que le Parti québécois prenne votre position?
M.
Deltell : Ça nous…
ça aiderait le Québec. Ça aiderait le Québec parce que ça permettrait…
M. Corbeil (Michel) : …gagner
avec ça?
M.
Deltell : Pardon?
M. Corbeil (Michel) : Vous vous
attendez à gagner quelque chose avec ça?
M.
Deltell : Bien, on
gagnerait le fait qu’heureusement notre position était la meilleure, puis les
gens auraient accepté le consensus. Puis, vous savez, M. Drainville, j’ai eu à
travailler avec lui depuis un an, là, c’est mon vis-à-vis en termes
d’institutions démocratiques. On a adopté, si je me souviens bien, trois
projets de loi ensemble, on a fait le consensus ensemble. Souvenez-vous du
financement des partis politiques. J’ai tapé du pied pendant deux mois de temps
qu’il fallait absolument baisser les dépenses électorales. Il n’était pas
d’accord au début, à la fin il était d’accord, puis finalement on a avancé.
Même chose pour la question de la date sur les élections, on a avancé. Même
chose pour la rémunération des députés, on a avancé.
Donc, on est capables
d’atteindre nos consensus. Et moi, j’en appelle à M. Drainville, à son bon
sens, à son bon jugement de bon père de famille. Il y a un consensus qui est à
l’horizon. Prenez notre position, et on va de l’avant et on va passer à autre
chose.
Le Modérateur : Questions en
anglais.
Mme Plante (Caroline) : …do you think that there’s a danger
that this debate to get out of control, especially since we’ve seen this veiled
woman getting…
M.
Deltell : Well, unfortunately, I have to say that, yes, it has been too far
from now. What we have seen in the last few days in this province and especially
here, in this city, to see a teenager of 13 years old being aggressed by a
woman because her mother had a «voile», well, this is crazy. That’s one of the
ugliest things I have ever seen in political debate. You know, to see someone
being aggressed for that, come on, that’s not the Québec that I like and where I live. That’s not what I love.
And
the point is that, if we continue on that roll, well, we will face a wall, and
people will be one against another, and that’s not the way we govern this
province. If you want to reach an agreement, we do have a proposition who is responsible, based on Bouchard-Taylor
report, and I think that’s the best way to get out of this mess.
Mme Plante (Caroline) : Tell us what this proposal is.
M.
Deltell : Well, our proposal is based on the Bouchard-Taylor report, saying
that those people who are in authority, like judges, like prison persons who
are responsible of the jail, teachers, those who are responsible should not
wear any indication of their faith. So this proposition is based on the Bouchard-Taylor report. I think it’s a good
agreement. We can reach an agreement with the Parti
québécois and even the Liberals, because we all know that
some people in the Liberal Party are not very well… fit very well with the
position of Philippe Couillard, even the same thing for the «péquistes». We
have seen that in the last few days, you know. I think that some people said :
Well, it will be a tough time for the CAQ or for the Liberal Party. Well, the
political party who pays a high price from now is the PQ.
Mme Plante (Caroline) : What do you make of the 42 %, 43 %... We’re stuck in a sort of gridlock
in this debate.
M.
Deltell :
Yes. Well, I think, for us, it’s a clear indication that we have to take our position to get forward and to have… to reach an agreement,
because the population is
split. So, if the population is
split, if you take one part or the other, you will have plenty of people who
will be against the position taken by the Government .
So
what we propose is the best deal of all. So we take some position of the
Liberals, we take some position of the «péquistes», then we have a clear
position, which is reasonable and respectful of the will of the people. And
it’s based on serious report, Bouchard-Taylor report, instead of looking at the polls, saying : OK, maybe if
we do that, if we take this word, well, we will get five points in the poll. No,
that’s not the way you do things for the people. Maybe you do things for your
political party, but you don’t do good things, like that, for the people. And,
on that subject, which is so delicate, so fragile, so touchy, with this so
touchy position, this so touchy debate, you have to reach agreement with a lot
of people, and our position can reach an agreement with a majority of « Québécois» .
Le Modérateur : Max Harrold.
M. Harrold (Max) : M. Deltell , what does
it say about people’s understanding of the position when you have this incident
at Place Laurier, you have a woman being called out as she’s waiting at a red
light? Another person told me that she was asked to take off her hidjab at the
hospital, at the CHUL, by a hospital worker, and her face is… you can see her
face, she’s wearing a hidjab. So people clearly don’t understand what’s
involved here. What does that tell you?
M.
Deltell : Well, it tells me that we have to reach out of… we have to reach an
agreement and get out of this debate as soon as possible with a clear solution.
And, as far as I’m concerned, our position is the best one, because we can
reach a majority of people who are supporting our position.
For sure, it’s not the «péquiste»
one, for sure it’s not the liberal one, but it’s the people one, because we
reach an agreement… for some people, we will say : OK, that’s not the best,
but at least we have that. And some other people will say : OK, this is
not exactly where we stand, but, for the authority people, OK, that’s all
right.
And
those guys who said that for us, it’s not some pollster, it’s Bouchard-Taylor . They concluded that the
best way to reach an agreement is to propose that the guys, the people who are
in authority should not wear faith indication. So I think, for the best of this
province, I hope that M. Drainville will listen to our call and will reach… he can call us, we can
reach an agreement pretty soon, and, in two weeks in debates in the House,
we’ll get out of this debate.
M. Harrold (Max) : And in this letter, if you could just talk a little bit about what
it is, the language. I mean, he said it’s a mistake…
M.
Deltell : Come on, it’s clear as crystal, this letter, you know. They say :
Your association received a lot of contributions, generous contributions and
even has «garderies» permissions … How do you say
that? Take care…
Des voix : …
M.
Deltell :
What?
Une voix : Day-care permit.
M.
Deltell : Day-care permit, yes. So what we see, is that it’s clearly
indicated that the association has received a lot of… a generous contribution
from the Government and for the youth people. So it’s very clear. They say :
The Government gives money to you, now it’s time to get back the money to the
Liberal Party.
It’s
one of the ugliest things we have ever seen. And, more than that, they do that
where? At the door of the synagogue. So they use the fact that the people are...
have their faith, the Jewish community have their faith, and we shall respect
that, and, because of their faith, they say : OK, we support your
community, so it’s time to get back and give us some money. That’s not the way
I do politics.
M. Harrold (Max) : You don’t think they can make up their own minds?
M.
Deltell : I think so, yes, but the point is that the Liberal Party doesn’t
think that. They say : Come on, give us money because we support you for
many times and we give you, as a government, generous contributions. Well, they
didn’t give a damn cent. You know, it’s not the Liberal Party that gave them
generous contributions. It’s the people of Québec by their taxes.
So
it’s one of the ugliest things I’ve ever seen in political way of doing
politics, when you ask people at the door of the church. That’s not the way I
do politics and I cannot believe that Philippe Couillard, who is an honest man,
can support that way of doing politics.
M. Corbeil (Michel) : M.
Deltell, en français, tout simplement une précision. Ce que vous avez dit tout
à l’heure à ma collègue, que... sur la question, le débat de la charte, le PQ
en payait le pouvoir... en payait le prix...
M.
Deltell : Bien, écoutez,
elle est où la chicane?
Des voix : …
M.
Deltell : Alors, M.
Corbeil me demande de répéter en français ce que j’ai dit en anglais. Bien, écoutez,
c’est fort simple, le parti politique qui paye un prix actuellement, c’est le Parti
québécois. Quand on voit les divisions internes que ça soulève, c’est assez
spectaculaire merci, là. Quand on voit que la seule personne qui a eu à
démissionner dans un parti politique, c’est un parti politique qui est le
cousin ou le petit frère de la fesse gauche du Parti québécois, ce n’est quand
même pas rien. Ces gens-là ont dit tout le temps… les observateurs politiques
disaient : Ah! La CAQ va payer un prix, le Parti libéral va payer un prix.
Ça fait une semaine, là, que ça roule, cette histoire-là, là. Puis c’est qui
qui a payé un prix jusqu’à maintenant? C’est le Parti québécois de Pauline
Marois.
(Fin à 13
h 21)