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Conférence de presse du Comité consultatif indépendant sur les conditions de travail et le régime de retraite des membres de l'Assemblée nationale

Dépôt du rapport

Version finale

Friday, November 29, 2013, 11 h 15

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Onze heures dix-sept minutes)

La Modératrice : Bonjour. Bienvenue. Vous pouvez vous présenter et commencer la présentation. On va prendre, après ça, des questions en français, on va passer à l'anglais un petit peu pour ceux qui ont des directs à midi, on retournera en français après.

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : D'accord. Alors, bonjour et merci d'avoir répondu à notre invitation. Mon nom est Claire L'Heureux-Dubé, et, au cours des derniers mois, j'ai eu le plaisir de présider le comité consultatif indépendant créé en juin dernier pour analyser l'ensemble des conditions de travail, je souligne bien, l'ensemble des conditions de travail des membres de l'Assemblée nationale, incluant le régime de retraite.

Pour réaliser ce mandat, j'ai eu comme collègues… j'ai comme collègues l'honorable Claude Bisson, juge en chef à le retraite de la Cour d'appel du Québec, qui a été d'ailleurs un de mes confrères à la Cour d'appel et jurisconsulte des membres de l'Assemblée nationale; et, à ma droite, M. François Côté, secrétaire général de l'Assemblée nationale de 2001 à 2010. Je les remercie de leur collaboration exceptionnelle et je dois dire que j'étais entourée de la sagesse et de l'expérience, alors j'étais bien. Étant donné ma réputation de grande dissidente, je dois vous faire remarquer que ce rapport est unanime.

Notre comité avait trois objectifs. D'abord, recommander, pour les élus de l'Assemblée nationale, des conditions de travail qui correspondent à l'importance de la fonction de député, le député qui est la pierre angulaire de notre démocratie, et à son rôle essentiel dans le maintien d'une saine démocratie; ensuite, rendre ces conditions de travail les plus transparentes et compréhensibles possible; enfin, proposer des conditions de travail justes et équitables pour les députés ainsi qu'à l'égard des contribuables québécois.

Au cours de notre mandat, nous avons pris connaissance des rapports des comités antérieurs qui se sont penchés sur cette question. Tout comme nous, les recommandations de ces comités ont rappelé le travail unique et important du député. Ce travail a connu une profonde mutation au cours du dernier demi-siècle. Les tâches des élus sont plus exigeantes et plus complexes qu'elles ne l'étaient à l'époque. Au sein de notre société, nos députés québécois sont les législateurs, les contrôleurs de l'administration gouvernementale et les représentants de la population de leurs circonscriptions. Une telle fonction affecte notre vie à tous de diverses façons.

Dans l'exécution de son mandat, notre comité a aussi recueilli l'avis de députés, d'experts et du public. Nous avons établi des comparaisons avec d'autres assemblées législatives au Canada et, à l'instar de l'Alberta, nous avons jugé important de recourir à une entreprise spécialisée en ressources humaines, firme reconnue nationalement et internationalement, pour évaluer objectivement la valeur de la fonction de député. C'est la première fois qu'une telle analyse est réalisée pour les élus de l'Assemblée nationale. Ce faisant, notre comité a pu établir des comparaisons rigoureuses avec la rémunération accordée à des postes présentant un niveau de compétence, et d'exigences, et de complexité similaires dans les secteurs public, parapublic et privé. L'analyse du Groupe Hay, qui d'ailleurs fait partie du rapport, est annexée… du rapport que vous avez en main.

Au terme de ces travaux, notre comité émet 31 recommandations. Avant d'en aborder les principales, permettez-moi de souligner trois éléments importants. D'abord, le comité était sensible aux commentaires sur la difficulté de comprendre en quoi consistait exactement la rémunération des députés. Nous avons donc voulu être les plus clairs et transparents possible à ce sujet. Ensuite, ce que nous avançons à l'égard de la rémunération des députés doit être compris à la lumière non seulement des propositions monétaires reliées aux salaires, mais aussi de celles ayant trait aux régimes de retraite et à l'allocation de transition. Nous vous invitons, dans vos analyses et commentaires, à tenir compte de l'interrelation essentielle entre ces éléments. Pour le comité, un des objectifs poursuivis était d'en arriver à proposer un salaire juste et équitable tout en assurant un équilibre dans la rémunération globale du député.

Enfin, le comité a tenu compte de l'état des finances publiques. Nous sommes conscients que nos recommandations, si elles sont appliquées, entraîneront une augmentation de la rémunération globale des députés de l'ordre de 2,3 millions, soit 11,3 %. Pour le gouvernement, ce montant sera toutefois compensé par des rentrées fiscales additionnelles d'impôt sur le revenu du Québec estimées à environ 1,5 million annuellement. Ainsi, l'effet net des recommandations du comité pour le gouvernement serait de l'ordre de 4 % à cet égard, soit quelque 830 000 $ par année.

De plus, le comité croit qu'avec les règles qu'il propose concernant l'allocation de transition et les recommandations à l'égard du régime d'assurance collective, il y aura, pour le gouvernement, des économies additionnelles de près de 900 000 $ par année. Par conséquent, les modifications proposées par le comité représentent un coût nul pour les contribuables québécois.

J'aimerais maintenant aborder plus en détail nos recommandations. À l'heure actuelle, le député québécois reçoit une indemnité annuelle de base de 88 186 $. À cette indemnité de base s'ajoute une allocation annuelle de dépenses non imposable de 16 027 $ versée à même le chèque de paie que le député reçoit toutes les deux semaines, ce que plusieurs députés perçoivent comme leur salaire. Par souci de transparence et à l'instar d'une grande, très grande majorité des assemblées législatives ailleurs au Canada, nous recommandons l'intégration de ces deux sommes.

Dans cette optique, l'allocation annuelle de dépenses non imposable devient imposable pour maintenir le niveau présent de rémunération du député. Je rappelle que celui-ci continuera à assumer les dépenses couvertes par cette allocation qui devrait, en conséquence, question fiscale, être fixée à 30 500 $. Le résultat de l'intégration de ces deux montants constitue la rémunération de base du député, qui, dans les faits, est de 118 686 $. Toute comparaison factuelle doit s'appuyer sur cette donnée fondamentale. Je précise que cette intégration n'ajoute rien du tout à la rémunération actuelle du député. Plus simplement, elle en rend plus facile sa compréhension et traduit concrètement sa rémunération actuelle.

Cela dit, même en intégrant l'allocation annuelle de dépenses à l'indemnité de base, le député québécois continue de gagner aujourd'hui 11 % de moins qu'un député albertain et 26 % de moins qu'un député fédéral. Il reçoit aussi une rémunération généralement inférieure à celle d'une large gamme de postes administratifs dans les secteurs public et parapublic québécois. Nous avons tenu compte des particularités et des exigences de la fonction du député. Nous nous sommes appuyés entre autres sur les résultats de l'évaluation réalisée par le Groupe Hay. Cette évaluation démontre que la valeur intrinsèque de la fonction de député correspond à celle du niveau 4 de la catégorie des dirigeants et des membres d'un organisme ou d'une entreprise du gouvernement.

Nous recommandons que l'indemnité de base du député soit fixée au maximum de l'échelle de traitement du niveau 4. Il y a neuf niveaux, là. On prend le numéro 4. Cette catégorie d'emploi gagne 136 010 $ en 2013.

Par ailleurs, tous les députés qui occupent une fonction parlementaire ont droit à une indemnité additionnelle. Ça se fait dans tous les parlements au Canada. Comme notre comité a proposé d'augmenter l'indemnité de base, nous proposons de revoir à la baisse le pourcentage accordé à chaque fonction parlementaire.

De plus, nous allons plus loin en proposant d'abolir deux indemnités additionnelles, soit celle de président de séance de commission et celle de membre du Bureau de l'Assemblée nationale. Vu l'importance des fonctions parlementaires, notre comité recommande que le premier ministre et les ministres aient une rémunération du même ordre que celle du plus haut fonctionnaire sous leur responsabilité. Ainsi, le premier ministre toucherait un salaire annuel de 272 020 $, et les ministres, 217 616 $.

Ces salaires reflètent l'importance cruciale de ces postes et les très lourdes responsabilités de leurs titulaires. Notre rapport énumère les autres fonctions parlementaires et la rémunération qui devrait leur être attachée. En fait, là, si on regarde le montant qu'on a proposé pour le premier ministre, si c'était dans le privé, ça serait 2 millions.

La question de l'allocation de transition revient régulièrement dans l'actualité. À cet égard, notre comité propose des changements majeurs qui s'inscrivent dans les préoccupations de la population. Nous recommandons qu'aucune allocation de transition ne soit versée aux députés qui démissionnent en cours de mandat, sauf si cette démission est justifiée par des problèmes de santé importants touchant le député ou un membre de sa famille immédiate ou  pour des raisons familiales sérieuses. Le Commissaire à l'éthique et à la déontologie, que nous avons rencontré, serait mandaté pour déterminer si des raisons de santé ou des raisons familiales ont bien été établies pour justifier la démission du député. Cette allocation de transition doit redevenir le filet de sécurité qu'elle était à l'origine pour faciliter une transition adéquate vers la vie privée pour ceux qui quittent la politique au terme d'un mandat ou sont défaits.

Nous recommandons donc que cette allocation soit calculée dorénavant sur la seule indemnité de base, ce qu'elle n'était pas avant. Nous recommandons aussi que les revenus d'emploi, de service, d'entreprise ou de retraite d'un ex-député soient désormais soustraits du montant de cette allocation. Nos recommandations à l'égard de cette allocation de transition permettront des économies substantielles pour le gouvernement.

À l'égard du régime de retraite des députés, il faut rappeler, tel que… ici qu'un des objectifs de notre mandat était d'en arriver à proposer un salaire juste et équitable tout en assurant un équilibre dans la rémunération globale du député. En conséquence, nous recommandons des changements importants au Régime de retraite des membres de l'Assemblée nationale. Il nous est apparu essentiel, compte tenu des modifications que nous proposons à la rémunération, que le régime de retraite des députés soit moins généreux et davantage adapté au contexte actuel.

Le comité estime également qu'il faut en limiter les coûts et que le régime applicable aux députés soit comparable à celui qui prévaut dans la fonction publique québécoise. Ainsi, le taux annuel d'accumulation de crédits de rentes serait réduit à 2 % de l'indemnité totale plutôt qu'à 4 %, ce qui est le cas actuellement. Par ailleurs, tout nouveau député participant au régime ne pourrait accumuler une rente de retraite supérieure à 70 % de l'indemnité actuelle, contrairement à 100 % comme maintenant. Ces modifications permettraient un meilleur partage des coûts du régime entre les députés et le gouvernement. La part assumée par le député actuellement passerait de 21 % à 41 %, en moyenne.

À titre d'exemple, pour le député, il en coûterait environ 4 000 $ de plus par année pour cotiser à son régime de retraite. Cette recommandation s'inscrit dans le débat en cours sur la pérennité des régimes de retraite, en particulier pour ceux à prestations déterminées. Nous ne sommes pas sans réaliser qu'il s'agit là d'un effort important requis de la part des députés, efforts que nous considérons essentiels dans la conjoncture actuelle des régimes de retraite et pour des raisons d'équité. Les modifications proposées par le comité ne seraient cependant pas rétroactives, ce qui veut dire que les députés actuels ne sont pas visés par ce changement, cette modification. Par contre, lorsqu'ils... s'ils se représentent ou sont élus, maintenant, le nouveau régime s'appliquera à eux.

Nous nous sommes aussi penchés sur le régime d'assurance collective des députés. Nous suggérons, à cet égard, des modifications à être apportées au terme de l'actuel contrat, modifications qui rapprocheraient le régime des députés de ce qui prévaut généralement dans la fonction publique, soit le partage des coûts. Nous proposons que les changements dans les conditions de travail des députés soient mis en application au début de la législature suivant l'adoption des modifications législatives et réglementaires donnant suite à notre rapport. Nous recommandons également que l'Assemblée nationale considère la création d'un comité indépendant permanent avec des pouvoirs décisionnels en matière de conditions de travail des députés.

Enfin, toujours pour plus de transparence et pour renforcer la confiance du public envers ses représentants, le comité estime que l'Assemblée nationale du Québec devrait s'inspirer de ce qui se fait dans d'autres Parlements et rendre, elle aussi, publique l'information sur les dépenses des députés.

Voilà donc, en résumé, les principales recommandations contenues dans notre rapport que le président de l'Assemblée nationale a déposé en Chambre plus tôt, ce matin. Nous considérons que les changements suggérés aux conditions de travail des députés sont justes, opportuns et équitables pour tous, incluant le citoyen. Ces conditions correspondent à la valeur intrinsèque, à l'importance et aux exigences de la fonction exercée par le député de l'Assemblée nationale. On dit qu'un député ne doit pas s'enrichir, mais il ne doit pas non plus s'appauvrir.

En terminant, les recommandations visant la rémunération globale des députés sont un tout cohérent. Il serait inapproprié de n'en retenir que certains éléments. Nous sommes convaincus que nous proposons une solution à long terme dans la détermination des conditions de travail du député. Merci beaucoup de votre attention.

La Modératrice : Alors, sans plus tarder, on va y aller avec… Aviez-vous d'autres… Alors, sans plus tarder, on va y aller avec la période des questions. Des questions en français, quelques questions en anglais, parce qu'il y a des gens qui ont des directs, et on retourne en français ensuite. Alors, Davide Gentile, Radio-Canada.

M. Gentile (Davide) : Est-ce que vous avez — je vous pose la question aux trois, on le sent un peu, là, en filigrane, en lisant, à tout le moins, ce qu'on a eu le temps de lire — avez-vous l'impression qu'on a de la difficulté à engager ce débat-là? Et, si oui, pour quelle raison?

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Engager le débat avec nous…

M. Gentile (Davide) : Non, pas avec vous, là. Au sens général, au Québec, en tant que société, pourquoi est-ce qu'on n'arrive pas à…

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Bien, il y a une raison très évidente, c'est qu'il était… le député était juge et partie, hein? Alors, déjà là, ils avaient un malaise de décider des conditions de travail. Je pense qu'un comité indépendant fait face à ce malaise-là et devrait être beaucoup plus facilement accepté. Moi, je suis très à l'aise avec les recommandations qu'on a faites.

M. Côté (François) : Puis je pense aussi, M. Gentile, là, que, dans la population, il y a une méconnaissance de la fonction même de député, hein? Vous savez, c'est un peu obscur, ce que font nos députés, et puis, souvent, ils ont mauvaise presse, hein, alors… et souvent et généralement à tort.

Maintenant, c'est un sujet qui est sensible dans la population, on reconnaît ça. Par contre, je ne pense pas qu'on ne rende service à personne en maintenant le statu quo sur des conditions de travail qui sont peu transparentes, il faut en convenir, là, et laisser le salaire de base de 88 000 $ tel quel. En réalité, ce n'est pas le vrai salaire. Pourquoi ne pas être transparent? Nous, nous sommes d'avis unanimement que le fait d'être transparent ne peut qu'améliorer la crédibilité de nos élus. Alors, ce que nous proposons vise cet objectif.

M. Bisson (Claude) : Et également, plus sera transparente la rémunération globale des députés, plus la population l'acceptera et ne se posera pas des questions que vous percevez.

M. Gentile (Davide) : Mais, si on compare au sens large, là, vous l'avez un peu énoncé, ils sont moins payés que leurs confrères ailleurs au pays.

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Définitivement. Et c'est clair que ce n'était pas suffisant. Et ce qui est important, c'est de voir qu'on a ciblé la valeur réelle du député par rapport… en soi, qu'est-ce qui… et sur trois critères, là. Le Groupe Hay, vous allez voir, s'est basé sur la compétence, la créativité et la finalité, parce que c'est important, là, ce qui se passe et ça détermine notre société, finalement, si on pense aux droits des femmes, si on pense au Québec moderne. Ce sont les députés qui nous ont apporté ça. Alors, c'est d'une grande importance. Donc, ces trois composantes ont amené le Groupe Hay à chiffrer à… en pointage, 1142, qui correspond au niveau quatre de… c'est quoi, là, ce…

M. Côté (François) : La catégorie des gens et des membres d'un organisme.

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Commissions, Régie du logement, etc., là.

M. Côté (François) : C'est ça. En fait, il y a neuf classes d'emploi, la neuvième étant la plus élevée, celle qui commande le plus haut salaire, et, bien sûr, si on descend, la première, donc c'est celle qui commande le moins élevé des salaires. Donc, le groupe cible est dans le quart inférieur de ce groupe d'emplois, n'est pas dans les strates supérieures. On…

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Mais il faut réaliser aussi que les députés, à même leur salaire, là, qui devient 137 000 $, ont à payer leurs dépenses. Et les députés nous ont dit — on en a reçu plusieurs — que c'est 1 100 $ quelques par mois qu'ils dépensent pour des fêtes, des fleurs, des ci, des mariages, des ça. Alors, ça, il ne faut pas qu'on perde ça de vue, là.

M. Bisson (Claude) : Ce qui est important de noter aussi, c'est que le travail du député au Québec est beaucoup plus considérable que dans les… dans certaines autres provinces et même la plupart, sinon la totalité, par l'éventail des législations que nous avons au Québec, d'organismes comme il n'existe pas ailleurs : notre propre Régie des rentes, notre Caisse de dépôt et de placement et d'autres organismes. Alors, le travail du député est beaucoup plus large que celui qu'on peut trouver dans d'autres provinces.

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : En plus, il y a beaucoup plus de sessions parlementaires, hein? C'est marqué quelque part.

M. Côté (François) : Oui. En fait, là, il faut bien comprendre qu'au Québec… le Québec a fait un choix, contrairement à d'autres provinces, d'exercer pleinement ses compétences constitutionnelles. C'est un choix qui a été fait il y a longtemps. Deuxièmement, l'organisation de l'État au Québec est différente par rapport à bien d'autres provinces. On s'est donné des services, des programmes sociaux…

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Des garderies, etc.

M. Côté (François) : …en bon nombre, donc ça a un impact sur le travail des députés, puis il faut… Je reviens à votre question, M. Gentile, là. On peut convenir qu'au Québec ou ailleurs au Canada qu'il y a peu d'emplois, là, ou de fonctions — en fait, il n'y en a pas vraiment, là — dont les décisions ont autant de conséquences pour des millions de citoyens. Il faut comprendre ça.

Et, au premier chef, en ce qui concerne le premier ministre, les ministres, mais le premier ministre, alors ses décisions ont des conséquences sur les 8,5 millions de Québécois. Il est à la tête d'un État avec un budget de 90 milliards et avec des centaines de milliers d'employés. Les députés, bien sûr, ne sont pas à la tête de cet État, mais, par leur rôle de législateur, ne serait-ce que par ce rôle, ils ont à étudier les projets de loi, à les amender et à les adopter. Or, ces projets de loi ont des impacts sur nos vies à tous. Alors, ce n'est pas simple, là, ce n'est pas un emploi qu'on retrouve… c'est un emploi qui est unique, et il faut le reconnaître.

Maintenant, il faut tenir compte de la situation des finances publiques, et ça, on a été sensibles à ça. C'est pourquoi on en arrive à proposer un réaménagement majeur des éléments de la rémunération globale. Alors, plus dans le salaire, moins dans les accessoires. À l'heure actuelle, c'est moins dans le salaire et plus dans les accessoires. Et le fait de faire ça, ça rend transparent pour tout le monde, les choses, et je pense qu'aujourd'hui les citoyens, ce qu'ils veulent de leurs élus, c'est la plus grande transparence. C'est le contexte qui exige ça, et c'est ce que… c'est une des conclusions à laquelle est arrivé le comité.

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : J'aimerais juste, en passant, vous faire remarquer qu'à la page 39 il y a un profil du député de la 40e législature. C'est intéressant parce que les gens ne savent pas ça que l'âge moyen du député, aujourd'hui, c'est le début de la cinquantaine. Donc, on n'attire pas de jeunes. On se l'est fait dire en pleine face en disant : Moi, j'ai deux enfants, je suis diplômé, etc. Pas intéressé pantoute, comme ils nous ont dit. Alors…

Et là il y a 41 femmes d'élues, et puis les députés ont une formation universitaire dans à peu près 80 %, dont 40 % de deuxième cycle. Et la durée moyenne, là — c'est un emploi précaire, ça, on a tenu compte de ça — c'est huit ans.

La Modératrice : Une petite question en anglais. Max Harrold, CTV. On va retourner en français après.

M. Harrold (Max) : Thank you for accommodating me, I have a live at noon.

So it seems to me that the basic salary rise would be $18,000, right? Basically, that's how much you're giving them more, $18,000. Is that enough to attract a wider variety of people and, given the circumstances that you're…

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : I don't think so personally, I don't think so personally, but we had to take care of the… to take into account that it is the… public money. And so we couldn't… I mean, if you look at the Hay report, you'll see, that comparison with the private is incredible. $118,000, they are $250,000 for the same type of position. So there's no way, I think. We did our best to insure at least something reasonable and decent.

M. Harrold (Max) : How much of a factor was it, the fact that we're talking about a government deficit that… where every one is very concerned about high salaries in general? How much did you consider that in your positioning that you chose number 4? Why not choose number 6? Why aren't we equivalent with Alberta?

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Because we took four pointage, four indicators. First, all the other reports before us, other commissions recommended something which comes up to that number. Then there is the ratio, 2.3, to the salary of… the middle salary of people, which is about $43,000. We gone down, we have gone down. So put it back. So it comes out to that number too. The other Parliaments also come to that.

So we had many, many indicators that, with the Hay report, that pointed out to that number. So that… we think that we did the best possible exploration of every thing on that issue, on that amount.

M. Bisson (Claude) : Yes. We took five different roads, that all converge to the amount that we're suggesting.

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Yes. So it's not picked up out of the blue… It's really funded on serious research.

La Modératrice : Très rapidement. Angelica, CJAD.

Mme Montgomery (Angelica) : …ask one quick question. You say this will cost nothing to the tax payers. So why do it?

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : So why do it? That's…

M. Bisson (Claude) : Very simple. Because, first, we want transparency, Not the money coming to the members… being coming without more or less hidden manners. We want transparency and we want that it will be… that there was an equation that the salaries will be higher, but that the retirement benefit and transition benefit will… more in line with what is done in the field of the…

La Modératrice : Hugo Lavallée, Radio-Canada.

M. Lavallée (Hugo) : Oui, bonjour. J'aimerais comprendre un détail. Vous dites que vous voulez inclure, à la rémunération de base, l'allocation annuelle de dépenses non imposables par souci de transparence. Mais il y a toute une autre série d'allocations que, je comprends bien, vous ne voulez pas inclure à cette indemnité de base : allocation annuelle pour frais de déplacement, allocation annuelle pour frais de logement. Pourquoi, dans ces cas-là, est-ce que ce ne serait pas plus transparent de les inclure à l'indemnité de base au salaire?

M. Côté (François) : Alors, je vous réponds, monsieur, écoutez, ça ne fait pas partie de la rémunération, hein? Alors, l'allocation, par exemple, pour résidence secondaire à Québec, bien, c'est sur présentation de pièces justificatives, et ça n'a rien à voir avec le salaire, hein? Comprenez-vous? C'est des allocations de logement. Même chose pour les budgets qui sont votés, qui sont accordés au député pour son bureau de circonscription. Alors, ça ne lui donne rien, là. C'est pour établir un bureau de circonscription, payer ses employés. Alors, ça ne fait pas partie de la rémunération. C'est pour ça qu'on ne doit pas inclure ces budgets dans la rémunération.

La rémunération du député, là, on s'entend, elle est composée des éléments suivants, c'est très important de les prendre ensemble puis de les regarder ensemble : l'indemnité de base; les indemnités additionnelles, le cas échéant, si un député en a; les allocations de transition, parce que c'est de l'argent direct au député; le régime d'assurance collective — ça vaut quelque chose, ça a une valeur monétaire — et le régime de retraite. Ce sont là l'ensemble et les seuls éléments de la rémunération.

Tous les autres budgets, ce sont des budgets de fonctionnement reliés à l'exercice de la charge, hein? Donc, ça ne fait pas partie du salaire, si on veut, là, entre guillemets, du député. C'est pour ça qu'on les exclut, mais on ne les a pas ignorés pour autant. On le recommande. On a certaines recommandations concernant un certain nombre de ces budgets.

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Par exemple, la résidence principale, bien, on a clarifié… on n'a pas de problème au Québec, mais il y en a ailleurs. Alors, on a décidé que c'est… le député, en entrant en fonction, doit aller déposer une… faire une déclaration au commissaire à la déontologie pour dire quelle est sa résidence principale, puis, s'il y a des problèmes, le commissaire à la déontologie peut y voir. Ça n'était pas fait, mais c'est précaution.

M. Côté (François) : En fait, il va devoir le faire, les députés vont devoir… vous savez, avec le code d'éthique et de déontologie, tous les députés doivent, chaque année, faire une déclaration de leurs revenus, notamment auprès du commissaire. Alors, on ajoute une obligation, une nouvelle responsabilité au commissaire de recevoir, pas juste au début du mandat, à chaque année, une déclaration concernant la résidence principale. Et, si le commissaire a quelque doute que ce soit, ce sera à lui, là, de voir.

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Il fera une investigation.

M. Côté (François) : Bien, il aura les pouvoirs de faire des investigations.

M. Bisson (Claude) : Il y a un autre motif pour lequel on ne pourrait pas faire un forfait global, c'est qu'il y a beaucoup de variantes dans les déboursés. Par exemple, l'allocation de logement à Québec, il y a un certain nombre de députés qui n'y ont pas droit parce qu'ils restent dans la région de Québec. Le kilométrage ou les frais d'autobus ou de train pour venir à Québec ne sont pas les mêmes pour tout le monde, hein? Alors, tout ça, c'est séparé. C'est des remboursements. Il n'était pas question de pouvoir faire un forfait général pour couvrir toutes ces choses-là.

M. Lavallée (Hugo) : Une autre question. Vous écrivez que la tâche s'est alourdie pour les députés, ils ont une… ils font face à une pression médiatique plus intense qu'autrefois, les heures de travail se sont allongées, mais on a l'impression que c'est une réalité qui est propre à tous les milieux de travail. Dans le secteur privé, dans la fonction publique, tous les employés sont davantage sollicités, font preuve de… doivent faire plus avec moins. C'est le discours qu'on entend un peu toujours.

Dans ce cas-ci, pourquoi est-ce que ce serait différent? Pourquoi est-ce qu'on devrait rémunérer davantage cette pression additionnelle, alors que plusieurs autres catégories d'employés font également face à cette pression additionnelle là sans nécessairement avoir un ajustement de salaire?

M. Bisson (Claude) : Si vous permettez, pas rémunérer davantage, rémunérer en raison de ce fardeau-là. Vous dites que, dans différentes classes de la société, la chose est la même. Oui. Mais pourquoi ce ne serait pas la même chose pour les députés également?

M. Lavallée (Hugo) : Dans le reste de la société, les gens à qui on demande plus ne sont pas nécessairement davantage rémunérés.

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Ils gagnent plus cher. Ils gagnent plus cher.

M. Côté (François) : Mais, en réalité, là, monsieur, peut-être pour répondre à votre question, là, d'abord, les députés plus que jamais… Et d'ailleurs ce sont les champions, parmi l'ensemble des assemblées législatives, y compris la Chambre des communes, pour siéger en commission. Il n'y a pas une assemblée au Canada qui siège autant en commission parlementaire qu'au Québec. Ça, c'est les suites de la réforme, la dernière réforme parlementaire.       Deuxièmement, vous savez, les lundis, c'était traditionnellement consacré au bureau de comté pour les députés. Or, les statistiques, et vous retrouverez ça en annexe, démontrent que, de plus en plus, les députés doivent être à Québec pour participer à ces travaux de commissions, les lundis. Il y a un impact à ça. Ça, ça veut dire qu'il faut compenser pour le député. Alors, il compense comment et quand? Bien, les fins de semaine, au détriment de sa vie personnelle.

À un moment donné, là, on a demandé… Ce n'est pas nouveau, mais on a… Dans un questionnaire qu'on a adressé aux députés — on a eu 59 réponses, c'est un très bon taux par rapport aux exercices précédents — les députés ont déclaré, puis je pense qu'on peut les croire, là, qu'en moyenne ils faisaient entre 60 et 75 heures par semaine. C'est quand même pas mal d'heures.     Deuxièmement, contrairement à un administrateur ou à un, par exemple, un fonctionnaire de l'État, pour qui j'ai beaucoup de respect, là, ayant occupé ces fonctions, entre vous et moi, là, il y a peu de fonctions qui sont confrontées constamment, entre autres… Vous parliez des médias tout à l'heure, la pression des médias. Il y a 15 ans, les députés, là, d'il y a 15 ans, ne vivaient certainement pas la même pression qu'ils vivent aujourd'hui avec les médias.        Avec l'arrivée des services de nouvelles en continu, avec l'arrivée des nouvelles technologies, le député, là, il a des responsabilités additionnelles. Alors, ça accroît, là, la lourdeur de l'exercice de la fonction. Ça, c'est certain, mais…

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : À la page 33, là, vous allez voir que le nombre annuel moyen des séances, qui était de 390, est monté à 526, et le nombre d'heures de séances est supérieur aussi.

M. Côté (François) : Alors, je ne sais pas si j'ai répondu à votre question, là, mais je veux revenir sur une rémunération additionnelle. Faites attention, c'est un réajustement de la rémunération globale. On patauge dans les mêmes eaux, là. Plus de salaires, moins d'accessoires, moins d'allocations de transition, moins de régimes de retraite. Et c'est… Vous savez, le régime de retraite des députés, là, à 4 %, il n'y a pas d'équivalent nulle part. C'est une Cadillac, même une Ferrari. Ça pouvait peut-être se justifier à l'époque, avec un salaire de 88 000 $...

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : C'est ça qu'on faisait.

M. Côté (François) : …mais, avec un salaire de 136 000 $, ça ne peut pas demeurer. Donc, on ajuste l'équilibre, l'équilibre dans les éléments de la rémunération globale.

La Modératrice : Jean-Luc Lavallée, Journal de Québec.

M. Lavallée (Jean-Luc) : Bonjour. J'aimerais savoir si vous craignez que votre rapport soit tabletté, parce que la tradition veut que les élus modifient leurs propres conditions lorsqu'il y a unanimité. Or, là, ce matin, la CAQ semblait peu réceptive à vos recommandations sans nécessairement avoir pris connaissance du rapport. Mais bref, est-ce que c'est une crainte, là, que votre rapport soit tabletté?

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Moi, je n'en ai pas, non. Il est tellement beau, il est tellement bien, ils ne peuvent pas.

M. Côté (François) : Écoutez, je pense que c'est aux députés d'assurer la suite des choses, bien sûr. Nous ne sommes pas décisionnels, hein, nous sommes un comité consultatif.

Maintenant, nous sommes persuadés, nous, que, s'il n'est pas mis en vigueur là, un jour ou l'autre, on ne pourra pas l'écarter parce qu'il va faire foi de référence. Ça va être difficile d'aller ailleurs. Je vous le dis, là, le cadre que l'on propose, c'est un cadre rigoureux, où les députés y trouvent leur compte, mais le contribuable aussi, aussi. Et le statu quo, monsieur, là, ça veut dire quoi? Est-ce que c'est une alternative valable? En termes d'argent, c'est la même affaire. En termes de transparence, ce n'est pas la même affaire.

M. Bisson (Claude) : Est-ce que la population accepterait que, sur un élément sur lequel nous avons traité, l'allocation de transition, ça continue comme ça, hein? Est-ce que la population accepterait ça? Bien, je vous laisse la réponse, hein?

M. Lavallée (Jean-Luc) : Justement, j'ai une question là-dessus, sur la transparence et les allocations de transition. Actuellement, même si on fait appel à la loi sur l'accès à l'information, on n'a pas le montant des indemnités qui sont versées. Là, vous proposez une nouvelle mécanique relativement complexe en soustrayant les revenus des gens. Est-ce que vous proposez que maintenant, dorénavant, c'est… finalement, les montants finaux, là, soient rendus publics?

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Ils sont là, ils sont…

M. Bisson (Claude) : Bien, les montants globaux peuvent être disponibles, hein?

M. Lavallée (Jean-Luc) : Mais, nous, on les calcule seulement en fonction des dispositions de la loi, mais on fait toujours appel avec… C'est des approximations.

M. Côté (François) : Oui, mais écoutez, M. Lavallée… C'est Lavallée? C'est ça?

M. Lavallée (Jean-Luc) : Oui. C'est bien ça.

M. Côté (François) : En fait, la présidente a terminé son allocution tout à l'heure avec la mention que le comité recommandait à l'Assemblée de rendre dorénavant… de s'inspirer de ce qui se fait ailleurs, dans les autres assemblées, et de rendre dorénavant les dépenses des députés publiques, et ça comprend, bien sûr, les allocations de transition. Il n'y a pas de raison que ça ne soit pas rendu public.

Et j'irais plus loin, là. Quelles sont les économies que le comité escompte avec les nouvelles règles en matière d'allocation de transition? D'abord, au chapitre des démissions, on pense qu'on… on pense, et on est très conservateurs, que, pour l'Assemblée, annuellement, là, ça va représenter un budget ou une somme de 300 000 $ environ d'économie. O.K.? Puis, pour les allocations qui sont liées à une défaite ou le fait que le député ne se représente pas, hein, lors du déclenchement d'une élection, on pense que, ça, ça devrait ramener dans les coffres de l'État, là, ou du moins diminuer le fardeau de l'ordre de 400 000 $ par année.

Alors, on a regardé ça sur 14 ans, quatre législatures, 14 ans. Il se paye, là, à chaque législature, en moyenne, pour les gens qui partent, là, en moyenne, à peu près 5,5 millions. C'est de l'argent, ça, monsieur, là. Alors, on ne parlera plus de la même affaire si le rapport est adopté.

M. Bisson (Claude) : …parce que c'est… Peut-être ajouter deux mots pour l'allocation de transition. Celui qui aura droit, là, à la fin de son mandat — on ne parle plus de partir à l'intérieur du mandat, ou ça va être très, très restreint — celui qui aura droit à une allocation, l'allocation va être ceci. Mais, madame, monsieur, on va tenir compte maintenant, avant de vous faire un chèque, là, de 100 000 $, on va tenir compte, pendant l'année pour laquelle vous avez droit à votre allocation, de vos revenus d'emploi, de vos honoraires professionnels si vous en recevez, de votre rente de député à la retraite et aussi de toute autre rente qui vous viendrait à vous personnellement.

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : D'un régime enregistré.

M. Bisson (Claude) : D'un régime enregistré. On ne parle pas d'un député qui recevrait une rente parce qu'il reçoit une rente de conjoint survivant. Non. Ça, on le met de côté. On laisse de côté les REER. C'est des choses personnelles, ça. Mais ce que le député a lui-même, là, pendant l'année qui va suivre sa retraite, bien, ça va être tenu compte, et on va dire : Vous auriez eu droit à une allocation de transition de tant, on vous soustrait tant, et vous allez avoir une allocation de transition de tant ou vous n'en aurez pas du tout parce que vos revenus, votre retraite... sont égaux ou supérieurs à ce que vous donnerait une allocation de transition.

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : C'est ça que le public n'accepte pas, que quelqu'un reçoit une allocation de transition, s'en va président de je ne sais pas quoi, il gagne 300 000 $ puis il ramasse tout ça. C'est à même les deniers publics. Alors, je pense que, ça, là, c'était difficilement acceptable, et on a réglé ça.

M. Côté (François) : Alors, peu importe le secteur, public ou privé, vous quittez, vous avez le droit à une allocation de transition, mais, avant de vous la verser, vous devez faire, au commissaire à l'éthique — pas à n'importe qui, là, on donne une nouvelle obligation — vous devez faire, pour les fins du calcul, au commissaire à l'éthique, une déclaration de revenus que vous prévoyez avoir durant la période couverte par l'allocation.

Pendant l'allocation, si, par exemple, vous commencez un nouvel emploi, vous devez aviser le commissaire à l'éthique, parce qu'il y aura un ajustement, en cours de route, de votre allocation, et, à la fin de la période d'allocation, vous devez faire une déclaration au commissaire sur tout revenu d'emploi, d'entreprise, de service ou de retraite que vous avez touché, au commissaire qui, lui, va décider si vous devez... si c'est bien ou vous devez remettre de l'argent.

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Et aussi on a ajouté, en cas de fraude à l'État, toute personne qui pourrait être condamnée au criminel pour quelque chose qui est relié à son mandat de député. On ne parle pas d'autres choses, peut-être, mais... ça, il n'aura pas droit... s'il est condamné, il n'aura pas droit à son allocation de transition.

La Modératrice : Alors, Véronique Prince, TVA.

Mme Prince (Véronique) : Oui. Vous savez qu'hier on a eu une mise à jour économique qui a été déposée, avec un déficit appréhendé de 2,5 milliards de dollars. Dans un contexte comme ça, où les finances publiques sont... ne vont pas tellement bien, comment on peut faire avaler ça, finalement, à la population, à des gens qui gagnent beaucoup moins actuellement qu'un député? Ce sera le rôle de qui aussi de faire cette acceptabilité-là?

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Ils ne font pas ce que font les députés. Il faut admettre ça, là, hein? On parle d'un travail exigeant, d'un travail important, etc., là, d'abord. Puis c'est tellement facile à accepter parce que ça ne coûte rien. Ça ne coûte rien.

M. Bisson (Claude) : C'est ça, justement, le coût est nul. Le coût est nul pour le Trésor public.

M. Côté (François) : En fait, il n'y a jamais de bon moment, mais on convient avec vous que ce n'est peut-être vraiment pas le bon moment pour déposer notre rapport, mais on ne choisit pas le moment. Nous avions une date d'échéance, le 1er décembre. Mais ce que mes deux collègues disent, c'est le plus important, c'est que ça ne coûte rien de plus aux contribuables et c'est un réaménagement. Et, je vous le dis, le statu quo, ça va coûter le même prix. Alors, pourquoi ne pas le faire? Pourquoi ne pas faire preuve de transparence? C'est la question.

Mme Prince (Véronique) : C'est beau.

La Modératrice : Gilbert Lavoie, Le Soleil.

M. Lavoie (Gilbert) : Oui. Dans tous les débats politiques concernant les fonds publics, on se compare toujours aux autres. Vous l'avez fait en page 57. Est-ce qu'après les augmentations suggérées — je n'ai pas eu le temps de le feuilleter au complet — est-ce que vous avez un autre tableau montrant comment on se situe par rapport à l'Ontario, par exemple?

M. Côté (François) : Ah! L'Ontario, je vous en parle, M. Lavoie. L'Ontario, ils sont gelés depuis 2009. Le gel va prendre fin en 2014, et bien sûr qu'après 2014 il y aura un exercice, là, de révision de leur traitement. Alors, c'est un exercice qui s'annonce.

Alors, avec ce que l'on propose au chapitre des salaires, si c'est ça qui est le sens de votre question, le Québec va se situer entre la Chambre des communes et l'Alberta. La rémunération de base en Alberta est de 134 000 $ depuis 2012, suite au dépôt du commissaire John C. Major. À la Chambre des communes...

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Qui était mon collègue à la Cour suprême, d'ailleurs.

M. Côté (François) : Oui. À la Chambre des communes, alors, ce salaire de base, vous le savez, il est de 160 000 $. Alors, on se situera, là, à peu près au même niveau que l'Alberta. En fait, même le Groupe Hay a fait la même évaluation...

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Pour l'Alberta.

M. Côté (François) : ...pour l'Alberta. Le député a coté 1 000 points, et ici, au Québec, il cote 1 142 points. Ça fait qu'en fait c'est à peu près la même chose, légèrement supérieur.

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Parce qu'évidemment ici on a 8 millions de population, ce qui n'est pas le cas en Alberta, le budget est différent, etc.

M. Lavoie (Gilbert) : ...la raison pour laquelle... Je ne mets pas en cause la question à savoir que c'est à coût nul, mais c'est la raison pour laquelle je parlais surtout de l'Ontario, parce que, nécessairement, sur une question comme ça, le débat va diriger les projecteurs sur l'Ontario. Alors, ce que vous me dites, c'est que, bon, on ne peut pas connaître quelle orientation prendra l'Ontario à la fin du gel. Vous dites que c'est en 2014, mais...

M. Côté (François) : Alors, ça fera cinq ans. Ça fera cinq ans.

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : On suppose qu'il va y avoir des augmentations assez sérieuses.

M. Côté (François) : Ça fera cinq ans, là, de gel. C'est à voir.

M. Lavoie (Gilbert) : Oui. Autre question. C'est que, dans le débat actuel sur les déficits actuariels des fonds de... des régimes de retraite, là vous portez la cotisation des députés à 41 %.

M. Côté (François) : Oui.

M. Lavoie (Gilbert) : Est-ce que, pour des fins d'exemple public, vous n'auriez pas dû porter ça à 50 %?

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Ah! On va vous expliquer ça.

M. Côté (François) : Alors, c'est une bonne question, et on s'est interrogés puis on a voulu atteindre cet objectif. On a fait... Remarquez, là, il faut convenir qu'on fait faire aux députés un grand pas, là, de 21 % à 41 %. C'est quand même un bon pas, avec une diminution de la rente, du crédit de rente de 4 % à 2 %. Pourquoi...

M. Gentile (Davide) : …crédit de rente, c'est ce qui est versé par l'État?

M. Côté (François) : Non, le crédit de rente, c'est ce que le député reçoit. Un député reçoit, à l'heure actuelle — je vais revenir à votre question, M. Lavoie, là — 4 % du salaire gagné. Par exemple… Je vous donne un exemple, monsieur… Alors, vous gagnez 100 000 $. À l'heure actuelle, vous avez un crédit de rente annuel de 4 000 $. Votre rente de retraite va être le cumul de chacune, hein, de ces quatre années. Autrement dit, huit ans, là, à 100 000 $, ça fait 32 000 $, O.K., à 60 ans, pour le restant, là, de votre vie.

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Nous autres, on a monté de 25 à 35 aussi.

M. Côté (François) : 2 %, là, c'est pas mal moins généreux, hein? On peut en convenir. Bon. Pourquoi on n'a pas été capables? D'abord, on a regardé la possibilité d'augmenter la cotisation, le taux de cotisation, de 9 % aux alentours de 12 %, hein? Vous savez, les cotisants au RREGOP, là, c'est à peu près dans ces eaux-là. C'est que les députés, dans leur régime, cotisent, sur l'ensemble de leur salaire, à 100 %, sous réserve des limites fiscales. O.K.?

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : 154 000.

M. Côté (François) : Alors, des régimes… Donc, les limites fiscales, là, c'est fixé au fédéral. À l'heure actuelle, c'est 154 000 pour leur salaire. Donc, on ne peut pas aller au-delà de ça, à moins d'avoir une dérogation…

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Fédérale.

M. Côté (François) : …fédérale. Donc, on a fait avec ce qu'on pouvait faire. On a tout fait ce qu'on pouvait faire avec les règles en vigueur. Il faudrait donc s'adresser au fédéral, à l'ARC, l'Agence du revenu du Canada, pour avoir une dérogation. Les fonctionnaires eux, c'est vrai que c'est 50-50, mais eux, contrairement aux députés, il y a un raccordement avec la Régie des rentes du Québec. Ce raccordement fait en sorte qu'en ce qui concerne le régime de retraite, leur cotisation n'est pas basée sur 100 % de leur salaire, mais sur un certain pourcentage. Je sais que c'est technique, là, mais c'est ça, la règle et ce qui permet d'atteindre le 50 %.

Le régime de retraite des députés, c'est un régime qui est isolé, hein, qui est un régime en soi, là, dont les paramètres sont complètement différents. D'abord, il n'y a pas de caisse de retraite, hein? Il n'y a aucune capitalisation, il n'y a pas de caisse, contrairement au RREGOP, au RRPE, etc. Alors, ce que, nous, on a essayé de faire avec les… ce qu'on pouvait… avec l'encadrement réglementaire et législatif qu'il y avait, qui se présentait, c'est d'aller au maximum. Et c'est pour ça que… oui, on aurait pu faire autre chose, M. Lavoie. On aurait pu offrir aux députés un régime, pas à 2 %, mais à 1 %. Là, on l'aurait atteint.

Mais, nous, ce qu'on s'est dit : cohérence aussi dans l'ensemble des conditions de travail. Si l'emploi repère avec le pointage qui est sorti et le fil conducteur, à la fois du ratio de l'indemnité versus le salaire moyen au Québec, qui donne, si on le faisait, là, en intégrant l'allocation annuelle non imposable, c'est 130 000 $ que les députés gagneraient. Le rapport Lavoie de 1987, c'est 137 000 $. Donc, on tient compte de ce fil conducteur. On en arrive à une catégorie d'emploi de niveau 4, là, des dirigeants et membres d'organisme, puis là on se dit : Bien, donnons un 2 %. C'est ce que l'ensemble des fonctionnaires, la plupart des… 99 % des fonctionnaires au Québec ont comme régime de retraite, dans la fonction publique, là. Donc, cohérence aussi à ce niveau-là. On aurait pu baisser, effectivement. On ne l'a pas fait, parce qu'on trouvait que, de 4 % à 2 %, c'était un bel effort.

Alors, éventuellement, dépendamment de la conclusion du débat, bien, peut-être qu'il y aura un pas de plus à franchir, mais avec une dérogation de l'ARC. Et, je vais vous dire, on s'est informés. En fait, on a travaillé avec la CARRA, là, on n'a pas fait ça tout seuls, là. Alors, nous avons eu de l'aide de la CARRA, et puis, encore ce matin, j'ai revérifié auprès de M. Jacob, qui est un actuaire, et les dérogations, dans ce sens-là, il n'y en a pas beaucoup.

La Modératrice : Denis Lessard, LaPresse.

M. Lessard (Denis) : On a peut-être épuisé un petit peu le sujet. J'aurais une question…

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Est-ce que vous pourriez parler un petit peu dans…

M. Lessard (Denis) : On a peut-être épuisé un peu le sujet. J'aurais une question pour vous, Mme la juge. Fréquemment, le ministre Drainville invoque votre nom quand on le questionne sur la légitimité ou la légalité…

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Ah! Bien, ça, ça va être pour un autre débat.

M. Lessard (Denis) : Bien, ils sont responsables des questions ici. Vous ne voulez pas répondre à la question? Est-ce que…

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Pas pour le moment, là. Je suis déjà assez impliquée là-dedans, là.

M. Lessard (Denis) : Vous n'avez pas de réponse à donner, si on vous demande si le projet de loi est légitime ou légal...

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Pour le moment, non. Non, non, non. Pour le projet de loi, non. Ce sera pour une autre fois.

M. Lessard (Denis) : …traverse le test des tribunaux, parce qu'on a l'avis de M. Frémont, l'avis de M. Drainville qui se sert de votre nom. Est-ce que vous êtes d'accord?

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : C'est son problème à lui, là. Ce n'est pas moi, là, qui…

M. Lessard (Denis) : Mais vous avez appuyé la charte publiquement…

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Non, écoutez, là, je suis plongée là-dedans, là. Je n'ai pas l'intention de me plonger dans l'autre débat avant que ce soit nécessaire.

M. Lessard (Denis) : Mais est-ce que vous allez prendre position au moment de la commission parlementaire?

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Oui, oui. J'ai déjà pris position, d'ailleurs.

M. Lessard (Denis) : Donc, vous êtes favorable? C'est ce que vous avez dit comme position.

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Oui, mais, comme je vous dis, là, je ne veux pas entrer dans ce débat-là, dans le domaine, ici, là. On s'en parlera plus tard.

M. Bisson (Claude) : Surtout qu'il n'y a aucune relation entre…

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Ça et ça, là.

M. Bisson (Claude) : …les propos aujourd'hui. C'est d'autres propos, hein…

M. Lessard (Denis) : Bien, c'est... ici, on décide des questions, vous décidez des réponses.

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Bien, je comprends très bien votre intérêt.

La Modératrice : Alors, est-ce qu'il y a d'autres questions en français? Kevin Dougherty, The Gazette.

M. Dougherty (Kevin) : Yes. I'm just thinking about, you know, of someone out there trying to understand all this and I'm just wondering, you know… I imagine you read the papers today. You see that Québec has this huge deficit, and they want to control spending, they want to keep spending down to 2% of the increase in spending, down 2%. You say this is… will cost nothing, but, in fact, you get a major increase. Is this not a problem? Don't you see that as the problem?

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : The problem of what?

M. Dougherty (Kevin) : The problem of perception. I mean, at a time when Québec is… the finances of Québec are so bad…

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Yes. But, you know, as we said, there is no good moment, there's not… We had a deadline, which is December 1st, we are even within much… within our deadline. So apart from that, the fact that it costs nothing just… to the Government falls into this timing of the… We didn't know that, we did… we were not over there but we were conscious that we should be careful about the expenses of the Government at this time. Whatever the time, it's always the same issue, as was for judges, my committee for judges, and so on. So it's maybe «un hasard» that… it happens that it cost nothing.

M. Dougherty (Kevin) : And I think about also… you know, yesterday in the papers as well, today in the papers, l'Institut de la statistique du Québec looks at the salaries of public employees in Québec. They are much lower than their counterparts in the federal Government and much lower than in the private sector. They think they're working harder too, you know, everybody is working… are more productive, some don't have any pay increases, you know. The MNAs perhaps have a just case, but maybe others do too. Isn't that… You know, are you willing to do the same exercise for the «fonctionnaires», for instance, you know? If you look at their salaries, are they getting paid justly?

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Yes. Well, there was an exercise by the group also for the Québec higher members of public function, and they were… they did what they did for us. They just said : It's worth this. So what else can we say if we have five indicators that tell us that the salary should be there to compensate adequately for the type of work they are doing? So I don't know if I understand your question very well, but if…

M. Dougherty (Kevin) : …think they're not paid enough, I think… you know, the MNAs have a privilege. They have, you know people who are, you know, very well-qualified who are looking at their… yes, they are not well paid, but other people are not well paid as well.

M. Bisson (Claude) : Overall, there is no increase, hein? There is no increase, hein?

M. Dougherty (Kevin) : …I mean... he could know. Whenever I see… I'm very suspicious whenever I see that phrase. I've seen it before.

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : No. When you look at the…

M. Bisson (Claude) : Yes. When we arrived at… it costs nothing, that means that there is no cost and there is no increase. It's a rearrangement of the total remuneration of the members.

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : It is as if they were earning the same thing as they earned before.

M. Dougherty (Kevin) : So, you think the transition allowance is justified, because you're building the transition allowance into the pool of the money that's available. So, in fact, this is justified, you're just distributing it differently…

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Yes. Well, I suppose the money was available to pay them today. Yes. So it should be available to pay them tomorrow because there is no change whatsoever.

La Modératrice : Shawn Lyons, CBC.

M. Lyons (Shawn) : Mme L'Heureux-Dubé, I want to get back to something even more basic than this. Why carry out this exercise? Why do we need to rearrange the MNAs salary? Is, as you say, they're not going to be getting any extra, any more, this isn't going to cost any more, why do this?

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : First, it's not our decision. It's the president of the National Assembly who decided to have the commission to look at it. There's a lot of criticism from the public that, I think, that was… this is about transitory allocations and I think for other circumstances. I don't know why he decided that. We just are the people who are fulfilling that mandate. So probably the president of the National Assembly found that was a good time to do it. So I cannot tell you more about that.

M. Bisson (Claude) : …transparency is the basis of our report, hein? We want that the global financial terms of the members will be quite transparent, which is not the case at the moment, hein?

M. Lyons (Shawn) : And I think even my question was more basic, so I think I was missing the… What I mean is, what was the purpose of… like in very, very basic… What was the purpose of your study? Why do this study or this report?

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : But, why… it's the president of the National Assembly who did that. But, for us, we thought that we had to look at every part of it, so to be sure that we are conform with our mandate. Our mandate asked us to look at everything and to give them the solution. Whatever the solutions they were looking for, we proposed our own solutions based on what we think is fair and just for all.

M. Lyons (Shawn) : And one of my colleagues in French asked this, I'll ask the same thing in English. Given the current economic context, are you at all afraid that your report is simply going to be shelved now by the Government, because it will be… it's simply not a good time, maybe, for them politically. Do you…

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Well, we don't hope. As I said before, I'm very comfortable with the report and I think everybody should be. It's fair, it's honest and it's transparent. And so maybe… it's not up to us to decide that. The president of the National Assembly has… deposited our report, now it's up to the members of the National Assembly to decide for themselves.

M. Bisson (Claude) : …do you think that the population, the people will continue to stand by the transitory allowance at the present moment, to take one part of our report, hein?

Mme Plante (Caroline) : I have a couple of questions, and if you could maybe not look at me, but keep looking at the journalists in front. Just to go back with the public perception, I know we've talk a lot about this, but Quebeckers' confidence has been shaken, especially recent days, with… when we learned about heads of semi governmental agencies misspending public money. How do you think Quebeckers will perceive this report? And Mr. Côté had a lot of arguments sort of defending MNA's work and important for their work and, perhaps, Quebeckers don't really understand MNA's work. Could you maybe address that?

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Well, we hope that… we have very much insisted on the importance of that function and the nature of that function. So I think the public may be able to understand better what they perceive very… perhaps differently. They don't know exactly what the member of Parliament does. So we hope that, in reading our report, they will know about it and they will know that they need to have a salary that is proportionate and for… to what they are doing, really. So I don't know if you want more…

Mme Plante (Caroline) : And do you consider it a challenge to convince Quebeckers that this is useful?

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Well, I'm ready to go on the hustings and to promote it, because I think it's a good report, and it should be accepted, and it goes along with the critics that we try to reduce and make the criticism disappear, because the transition allocation is the one thing that makes… that bothers the public. So we have stopped it to an extent where it's fair for all. The same thing for the expenses allocation, that they didn't understand everything. Now it's clear. It's part of their salary, but they still have to pay their expenses.

Mme Plante (Caroline) : Did you say that you wanted this independent committee to become permanent?

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : This one, no. We just wanted to tell... to say : Maybe it would be better for the National Assembly to have their salary decided by an independent committee rather than by themselves. They always feel unhappy and very uneasy about the fact that they are afraid of the response of their constituents, if they raise their salary. So they use all kinds of technics to do the same thing, but it's not transparent.

So now the public will know exactly what... And I think it's a response to the public criticism very much on these, but we have to be fair to the members of our National Assembly also.

Mme Plante (Caroline) : And expenses should be made public, you were saying?

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : It is public, the report.

M. Bisson (Claude) : No, expenses.

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Ah! The expenses, it's up to them to decide.

M. Bisson (Claude) : Well, we suggest that the members will examine that and decide what they will do with that.

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Well, it's up to them to look at what we suggest. And look at other Assemblies that have done... not all of them, but there is, depending on the way to do it, how to do it, there is something out of our control.

Mme Plante (Caroline) :Thank you so much.

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Merci.

M. Séguin (Rhéal) : ...if I may, on another issue...

La Modératrice : Rhéal Séguin, from the Globe and Mail.

M. Séguin (Rhéal) : I respect your decision not to comment that you're… your support for the charter today. But can you give us an indication when you plan on explaining your position, the position that you took on the Québec Charter of values?

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Oh! I understand your curiosity, but, as I say, I don't want to mix up things. There'll be another occasion, and I know when it will be. That's a... the air will be cleared, if you want.

M. Séguin (Rhéal) : Can you tell us when?

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : I'm not known to change my opinion very easily. So...

M. Bisson (Claude) : As we are unanimous on this report, we have not decided if we are unanimous on this other topic.

La Modératrice : Merci beaucoup.

Mme L'Heureux-Dubé (Claire) : Merci. I'm very pleased that we saw somebody help you.

(Fin à 12 h 20)


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