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Point de presse de Mme Agnès Maltais, leader parlementaire adjointe de l'opposition officielle, et M. Pascal Bérubé, porte-parole de l'opposition officielle en matière de sécurité publique

Version finale

Thursday, March 17, 2016, 12 h 15

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Douze heures dix-sept minutes)

M. Bérubé : Bonjour, tout le monde. Je veux d'abord, au nom de l'opposition officielle, féliciter l'équipe de l'Unité permanente anticorruption pour son opération de ce matin, qui est majeure. La première réaction à ces arrestations, c'est de dire : Enfin! On savait qu'il n'y avait pas juste une, mais plusieurs enquêtes sur le Parti libéral du Québec. Ce matin, il y en a deux qui sont conclues par des accusations, et on s'en réjouit. Nathalie Normandeau disait n'avoir rien à se reprocher. Philippe Couillard disait même qu'il était prêt à la reprendre dans son équipe.

L'arrestation ce matin vient fracasser la crédibilité de Nathalie Normandeau. C'était quand même, je le rappelle, la vice-première ministre libérale du Québec. On parle d'accusations graves, de complot, d'abus de confiance, de fraude envers le gouvernement et de corruption de fonctionnaire. La vice-première ministre qui corrompt ses propres fonctionnaires, c'est d'une gravité historique. Les accusations de complot couvrent une période qui va de 2000 à 2012, soit presque toute sa carrière politique. Le processus judiciaire suivra son cours et viendra éclairer les faits. Nous le souhaitons au nom de l'ensemble des Québécois.

Pour le Parti libéral, on ne parle pas juste de Nathalie Normandeau, mais aussi de son directeur de cabinet Bruno Lortie, il est vice-président de Roche; Marc-Yvan Côté, ex-ministre libéral également; et France Michaud, qui gérait le financement libéral dans les firmes de génie.

Mme Maltais : Un aspect qui est important quand on lit ces accusations, c'est que ça vient trancher la dissidence de la commission Charbonneau. Ces accusations démontrent un lien entre le financement du Parti libéral et les contrats du gouvernement. C'est l'UPAC elle-même qui a utilisé le mot «systémique». Ils ont trouvé un système.

La police nous dit donc qu'il y avait un système libéral de financement politique en échange de contrats. Les accusations portent sur un système organisé de corruption au sein d'un gouvernement, au plus haut niveau d'un gouvernement, pendant des années, cinq ans. C'est très grave, c'est extrêmement important.

Le premier ministre Couillard prétend que ça date d'une autre époque et que ce n'est plus le même Parti libéral. Pourtant, il a déjà déclaré qu'il était à l'aise avec le retour de Mme Normandeau en 2014, très récemment. Philippe Couillard a siégé à ses côtés pendant cinq ans à l'Assemblée nationale et au Conseil des ministres. En tant que chef du Parti libéral, Philippe Couillard doit, dès maintenant, d'abord, première chose, cesser de balayer ces questions sous le tapis; deuxièmement, prendre ses responsabilités pour les gestes qui ont été commis par les gens de son parti.

M. Bérubé : Nous interpellons Philippe Couillard à titre de chef du parti libéral. Il doit cesser le déni, cesser de banaliser une situation extrêmement grave. Il doit cesser de nier l'existence d'un système au sein de son propre parti. Il doit déclarer publiquement que le Parti libéral du Québec va collaborer pour faciliter les enquêtes toujours en cours de l'UPAC portant sur le Parti libéral. Et, en conclusion, nous posons la question suivante : Qui est à l'origine du système qui a été démontré par l'UPAC aujourd'hui?

M. Vigneault (Nicolas) : Bien, d'abord, est-ce que vous allez... est-ce que vous demandez le remboursement aussi des sommes, comme l'a demandé Québec solidaire, et de faire le ménage complet?

M. Bérubé : Bien sûr. On est conjoints sur une motion qui a été présentée ce matin. C'était notre objectif. Alors, évidemment, il y a des sommes qui sont en cause, mais surtout, on souhaite que la justice poursuive son cours, mais le premier ministre, dans sa dimension de chef du Parti libéral, doit poser des gestes dès aujourd'hui pour nous assurer qu'il est pleinement conscient de la gravité des accusations. Ce n'est plus des allégations, c'est des accusations qui sont portées ce matin.

M. Vigneault (Nicolas) : Mais il y a M. Roussy qui faisait partie et a déjà été associé au PQ. Il y a monsieur... un attaché politique dans Charlevoix, également, qui était auprès de Pauline Marois. Comment vous réagissez à ça? Ça éclate tout le monde... Ça éclabousse tout le monde.

Mme Maltais : Écoutez, pour l'attaché politique de Charlevoix, ce que nous disons, c'est... On a toujours dit, dès le début, s'il a commis des gestes, qu'il soit sanctionné. Alors, vraiment, là-dessus, là, on n'a aucune pitié pour des gestes de financement illégal. J'aimerais que M. Couillard ait la même attitude envers les gens du Parti libéral.

M. Boivin (Simon) : Mais la différence, c'est quoi, c'est qu'il n'y a pas de système? C'est quoi, la différence, entre...

Mme Maltais : Bien, les différences... qu'il n'y a pas, même si tout geste est condamnable, ça, on tient à le dire, là, il n'y a pas de système et il était dans l'opposition.

Là, ce dont on parle, c'est que, pendant 12 ans dans le cas de Mme Normandeau pour les accusations de complot, et pendant cinq ans alors qu'elle était vice-première ministre, il y a des accusations de corruption, même corruption de fonctionnaires au plus haut niveau de l'État, alors qu'elle est au pouvoir, et qu'il y aurait eu un lien entre le système de financement du Parti libéral et l'octroi de contrats. Vous vous rendez compte de la gravité. C'est une vice-première ministre. C'est monstrueux.

M. Caron (Régys) : Quel impact ça a sur la dissidence qui a fait grand état... qui a fait grand éclat à la commission Charbonneau?

M. Bérubé : Le Parti québécois a toujours recherché la vérité en demandant la création de cette commission, en attendant un rapport qui nous permette d'avancer. On a été déçu du rapport, on ne s'en est pas caché.

Ceci étant dit, on se réjouit aujourd'hui de l'opération de l'UPAC qui permet de démontrer une nouveauté, et là c'est l'UPAC qui le dit, il y a un système, un système qui permet, en échange de contrats gouvernementaux, d'avoir du financement qui bénéficie au Parti libéral du Québec. Alors, ça, c'est nouveau. C'est l'UPAC qui le dit et, en ce sens-là, c'est un événement d'une telle amplitude que ça nécessite une réponse proportionnelle de la part du chef du Parti libéral du Québec.

Puis on repose la question : Qu'est-ce qui est à l'origine de ce système-là? Qui l'a commandé?

M. Caron (Régys) : Donc, ça vient anéantir la dissidence de M. Lachance

Mme Maltais : Écoutez, on n'a pas à juger de ce qu'avait en main ou pas la commission Charbonneau pour que M. Lachance décide de dire : Moi, je fais une dissidence, je ne fais pas le lien. L'UPAC, elle, ce matin, vient de le faire, le lien. Alors, la dissidence, elle est fracassée en éclats aussi.

M. Croteau (Martin) : M. Couillard nous a dit ce matin que le Parti libéral a changé et que ça, c'était une autre époque de la politique. Qu'est-ce qui vous fait douter de ce que M. Couillard dit?

M. Bérubé : Bien, alors, il a changé, donc c'est presque un aveu qu'il y a des choses qui se sont passées, et c'est ce qui est en cause ce matin. Je répète que M. Couillard était membre du Conseil des ministres de 2003 à 2008, en même temps que Mme Normandeau. Il y a plusieurs de ses collègues, à peu près six ou sept — vous avez fait le recensement tout à l'heure — qui siégeaient également.

Alors, ce n'est pas un nouveau gouvernement, c'est essentiellement le même Parti libéral, la même organisation libérale et, dans plusieurs cas, les mêmes ministres qui, ce matin, n'avaient rien à dire sur des accusations très graves à l'égard d'une ancienne collègue, comme s'ils ne l'avaient jamais connue. Alors, ça, c'est troublant, et ma collègue l'a dit avec justesse, c'est l'intégrité de nos institutions qui est en jeu au plus haut niveau et ça dépasse de beaucoup ce qu'on imaginait pour ce qui est du Parti libéral du Québec.

M. Croteau (Martin) : En d'autres mots, pour vous, il est clair que le Parti libéral n'a pas changé.

M. Bérubé : Bien, il est clair que ce qu'on découvre aujourd'hui... Puis je vous annonce qu'on nous a dit à plusieurs reprises qu'il y avait plusieurs enquêtes en cours. Il y en a deux qui ont été fusionnées ce matin : Lierre et Joug. Puis d'ailleurs, je vous rappelle que ce n'est pas sans raison qu'on a posé des questions, il y a à peu près trois semaines, là-dessus. C'est qu'on attendait des réponses. On a des réponses pour deux de ces enquêtes-là. On a salué l'UPAC, mais ça nous démontre que ce n'était pas banal. Une vice-première ministre qui a agi dans ce sens-là, il va falloir savoir qu'est-ce qui motivait ces actions.

Mme Maltais : Je vais vous ajouter quelque chose, simplement. Écoutez, depuis des mois, nous avons demandé au premier ministre de déclarer publiquement que le Parti libéral va collaborer entièrement avec les enquêtes et à l'UPAC, qu'il va donner un signal à ses troupes. On lui demande de donner un signal à ses troupes de collaborer. Cette phrase-là, on n'a jamais été capable de la lui faire sortir de la bouche.

M. Croteau (Martin) : Quelles mesures le Parti québécois adopterait-il pour adopter ses propres pratiques, dans la foulée de l'arrestation de deux de ses...

M. Bérubé : Bien, il y a le premier élément...

Mme Maltais : Oh! pardon, vous dites, deux...

M. Croteau (Martin) : Il y a deux personnes liées au Parti québécois. Pardonnez-moi si je...

Mme Maltais : M. Roussy n'était pas à l'emploi...

M. Bérubé : À titre de maire de Gaspé.

M. Croteau (Martin) : D'accord. Une personne était liée au parti... Pardonnez mon erreur, là, mais...

M. Bérubé : D'abord, l'assurance de l'application de l'ensemble des recommandations du rapport Charbonneau, ça, on l'a demandée. Il y en a beaucoup. Si on pouvait avoir un échéancier puis un engagement très précis, ce serait déjà pour beaucoup. Pour le reste, c'est la justice.

Donc, nous, notre rôle, c'était de poser des questions, notamment sur la lenteur de certaines enquêtes. Là, il y a une réponse qui est provenue de l'UPAC, donc on n'a rien à ajouter là-dessus, c'est maintenant le système de justice. Mais, chose certaine, la commission Charbonneau est arrivée avec plusieurs recommandations, et, quant à l'application, on n'a pas senti, disons, beaucoup de zèle de la part du gouvernement en ce sens-là.

M. Croteau (Martin) : Par rapport au Parti québécois et ses propres pratiques...

Mme Maltais : On a abaissé déjà... Écoutez, on est arrivés au pouvoir, on n'a pas été là longtemps, mais on a eu le temps de faire le ménage au niveau de l'éthique. Il y a trois projets de loi, dont abaisser le financement à 100 $, ce qui a permis aujourd'hui à M. Couillard de dire : Le monde a changé. Et c'est le Parti québécois qui, de force, a changé les choses.

M. Bérubé : Et vous dire qu'au Parti québécois il y a 125 comtés, il n'y en a pas 127.

Mme Maltais : Il n'y en a pas 127, effectivement.

M. Bérubé : 125, retenez.

M. Robillard (Alexandre) : M. Bérubé, vous dites que vous voulez savoir qui est responsable de la mise en place du système. Pourquoi?

M. Bérubé : Bien, c'est la recherche de la vérité. Qui ou quelle organisation est à l'origine des gestes posés par Mme Normandeauet toute une équipe? Et là les gens ont été arrêtés ce matin, alors c'est ce qui nous importe. C'est de telle ampleur et de telle importance qu'on veut savoir qu'est-ce qui a motivé ces gestes et qui est à l'origine des gestes qui ont été posés.

M. Robillard (Alexandre) : Mais ce que j'essaie de comprendre, est-ce que c'est parce que vous soupçonnez que l'ampleur du système soit plus grande que ce qu'il semble apparaître à travers les sept arrestations de ce matin ou...

Mme Maltais : Bien, écoutez, il y a d'autres enquêtes en cours actuellement.

M. Bérubé : En cours.

M. Croteau (Martin) : Dans quelle mesure vous pensez que le fait qu'il y ait autant de ministres actuels qui appartenaient au gouvernement de l'époque peut jeter un doute sur le ménage qui a pu être fait au Parti libéral?

M. Bérubé : Bien, d'abord, personne n'a condamné Mme Normandeau. Vous avez été témoins, à l'entrée du caucus, ce matin...

M. Croteau (Martin) : Je parle de ceux qui étaient là dans le temps puis qui sont là...

M. Bérubé : ...personne ne s'est senti choqué. Personne ne s'est senti choqué au même titre que la population qui nous écoute ou l'ensemble des parlementaires de l'opposition. Alors, en ce sens-là, est-ce que c'était connu? Est-ce que des gens ont vu des choses? Là-dessus, la collaboration, elle est nécessaire du gouvernement. On sait qu'il y avait des objectifs de financement également à l'époque. Ça, ça a été démontré.

Mme Maltais : Dans les ordres de 100 000 $.

M. Bérubé : 100 000 $, y compris M. Couillard qui a dû y participer, et ça portait flanc à, disons, une vulnérabilité, une vulnérabilité du Parti libéral face à son action gouvernementale. Et là aujourd'hui, on a l'UPAC, pas les députés du Parti québécois, l'UPAC qui nous dit qu'il y a un système. Alors, c'est un jalon majeur qu'on découvre aujourd'hui quant à un système de financement illégal.

M. Boivin (Simon) : ...aujourd'hui, qui était là à l'époque, est-ce que vous pensez qu'ils ont des comptes à rendre?

Mme Maltais : En fait, ils auraient... moi, je pense que le premier ministre devrait faire un peu un état des lieux quant au Parti libéral de l'époque. Il était membre du Conseil des ministres. Ils étaient plusieurs ministres qui ont subi la pression du financement qu'on leur exigeait. Alors, je pense qu'ils pourraient simplement faire un point pour nous expliquer ce qu'ils ont vécu. Jamais ils ne se sont rendus jusque-là, simplement.

Mais l'autre chose que je dis, c'est : Il y a d'autres enquêtes. Et, sur les autres enquêtes, ce que nous souhaitons, c'est ce que nous avons demandé : des accusations, sinon des explications sur ce qui s'est passé. Mais je pense que la suite viendra des autres enquêtes de l'UPAC.

M. Bérubé : Accusations ou explications, puis je rajoute un autre mot qui se termine de la même façon, il y a déjà eu des perquisitions également qui ont touché le Parti libéral, des perquisitions qui ont touché le siège social du Parti libéral. Je vous rappelle ça.

Une voix : En anglais?

M. Bérubé : En anglais, oui, c'est possible.

M. Robillard (Alexandre) : ...est-ce que vous pensez que la culture et les façons de faire ont vraiment changé au Parti libéral?

Mme Maltais : C'est à eux à nous en faire la preuve.

M. Robillard (Alexandre) : Mais vous en doutez?

Mme Maltais : Bien, écoutez, jusqu'ici, chaque fois que nous avons soulevé ces questions, le premier ministre a dit : Loin de moi ce calice. Alors, aujourd'hui, il faudrait qu'il le boive et qu'il nous explique un peu ce qui s'est passé.

M. Bérubé : J'aimerais ajouter un élément fondamental qui démontre une négligence du Parti libéral du Québec, puis je vais vous le prouver. Après la commission Gomery, le Parti libéral du Canada a décidé de bannir à vie Marc-Yvan Côté, mais pas le Parti libéral du Québec. Alors, Marc-Yvan Côté, et c'est facile à vérifier, non seulement a contribué puissamment à la caisse électorale à titre personnel, mais a été impliqué dans plusieurs activités de financement, et les accusations de ce matin le démontrent dans la période visée.

Autrement dit, sachant tout ce qui s'était passé à la commission Gomery, sachant le bannissement à vie du Parti libéral du Canada, le Parti libéral du Québec a considéré que Marc-Yvan Côté était toujours fréquentable pour les questions de financement. Voilà un exemple qui démontrait que le Parti libéral du Québec a fait preuve de négligence qui nous a menés entre autres à la situation qu'on vit aujourd'hui.

Mme Delainey (Marie-Laurence) : Est-ce que le fait qu'il y avait quand même au moins un député péquiste qui a été arrêté, ça ne prouve pas qu'il n'y a pas…

M. Bérubé : Un député péquiste?

Mme Delainey (Marie-Laurence) : Bien, pas un député, un péquiste…

Mme Maltais : Non.

Mme Delainey (Marie-Laurence) : Bien, qu'il y a eu un lien. Je sais qu'il n'y a pas un député péquiste, là.

Mme Maltais : Je m'excuse, quand même je le redis, là, et si quelqu'un du Parti québécois — on le dit depuis le début — a posé des gestes, il doit être sanctionné. Nous sommes beaucoup plus, là-dessus, fermes et catégoriques que qui que ce soit dans cette Assemblée nationale. Nous sommes clairs.

Deuxièmement, quoi qu'il en soit, nous, ce dont on parle actuellement, c'est que l'UPAC a porté des accusations qui indiquent un système de corruption organisé au plus haut niveau de l'État québécois. C'est énorme.

Mme Delainey (Marie-Laurence) : Est-ce qu'il y a un parti qui est à l'abri d'une corruption quelconque?

Mme Maltais : Nous avons pour ça, dès notre arrivée au pouvoir, nous avons mis la barre à 100 $ pour le financement public, ce qui a réglé une grande partie du problème.

M. Croteau (Martin) : Une dernière question en français, si vous permettez. Comment qualifiez-vous les accusations qui pèsent contre M. Murray?

Mme Maltais : On n'a pas... Là, on ne sait pas, là, on va voir, là. Mais ce que je considère comme très grave, c'est une accusation de corruption au plus haut niveau du gouvernement, là.

M. Bérubé : De quelqu'un qui est au gouvernement.

Mme Maltais : C'est dans le système de financement politique. Maintenant, qu'a fait M. Murray? On va attendre, parce que, là, il n'est pas... il n'y a pas de système, il n'y a pas rien, là. S'il a commis des gestes qui doivent être condamnés, qu'il soit sanctionné, on n'a pas de problème.

M. Bérubé : Puis j'ajouterai qu'il n'était ni en position d'autorité ni au gouvernement. C'était dans l'opposition...

Mme Maltais : Voilà, il était dans l'opposition, un attaché politique de circonscription.

M. Bérubé : Ni en autorité, ni au pouvoir.

Mme Montgomery (Angelica) : You had a staffer who was working in Pauline Marois' office who has been arrested for involve in political financing. How did Pauline Marois not know? How did he keep that secret?

M. Bérubé : Well, like I just said, Mr. Murray was a local staff and he was working when we were in the Opposition, not in the Government. He was not in charge at all. So this is all we have to say about that.

Mme Montgomery (Angelica) : But how can you do that without anybody else in the office knowing about this?

M. Bérubé : We didn't know, we were surprised as you are today.

Mme Montgomery (Angelica) : So nobody asked where this money was coming from? Nobody…

Mme Maltais : No, we… Listen, OK? It's not… We condemn every move which has been done which would be illegal. We do condemn it, but Mr. Murray is not like Mme Normandeau, M. Côté and all these people, which were at the most high… most important functions.

M. Bérubé : High profile.

Mme Maltais : High profile people. In the Parti libéral du Québec, they were at the Government, they were at the power, they were at what the accusation say. They say they would have exchanges, contracts in…

M. Bérubé : Public contracts.

Mme Maltais : …public contracts with money. That's the gravity of these accusations.

M. Bérubé : And let's say that Mrs. Normandeau was in a position to call the shot, obviously.

Mme Johnson (Maya) : The Premier says that's in the past, that was another liberal era. And this morning, he said that, you know this doesn't mean that…

M. Bérubé : Yes. Let me answer to that. Between 2003 and 2008, he was a minister of the Liberal Government with Mr. Charest and Mrs. Normandeau as well. So today it seems to me that he doesn't recognize Mrs. Normandeau and the same thing with the other ministers, like Mr. Hamad, and Mrs. Boulet, and all the other ministers who used to be working with Mrs. Normandeau.

So, as the leader of the Liberal party, he has to put some action right now, he has to realize the gravity of this situation. It's the Vice-Premier of Québec, it's not light stuff, so it's a pretty damaging situation for democracy because, at the top of the power, someone like Mrs. Normandeau… And now we know that there's a system permitting to exchange public contracts for money for the Liberal Party, and that's a pretty sad day for democracy.

Mme Maltais : Why do we need the police to know what was happening into the Liberal Party? Why do we need the police? Because they didn't do the job.

Mme Johnson (Maya) : What are you asking for them to do now if you suspect…

M. Bérubé : Collaborating.

Mme Maltais : We do not suspect, we're talking about accusations from the UPAC.

M. Bérubé : Collaborating. And there are other inquiries going on right now about... investigation.

Mme Maltais : They should say publicly. We have asked to Mr. Couillard during months that he says publicly to all the people inside the Liberal Party to collaborate with the UPAC. He did never accept to even say the minimum, which he could say.

M. Bérubé : Seems nervous about that.

Mme Johnson (Maya) : ...you were saying in French?

M. Bérubé : Oh! about... It's going to be my last word. Back in the Gomery days, the Liberal Party of Canada used to… he decided to ban Marc-Yvan Côté for life of their party, but that was not the case of the Liberal Party of Québec, and they decided to keep him because he was still involved in raising funds for the Liberal Party. So it's something that makes me think that their lack of control of people doing… raising funds for the party…

And the question we're asking is : Who asked… at the beginning of this system, who asked for those actions? And I hope that the justice is going to make sure that we're going to know what's happened.

Mme Maltais : Merci beaucoup.

M. Bérubé : Merci.

(Fin à 12 h 35)

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