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Point de presse de M. Pierre Corbeil, ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, et de M. Laurent Lessard, ministre des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire

Version finale

Thursday, March 22, 2012, 13 h 30

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Treize heures trente-neuf minutes)

M. Roy (Michel-André): Alors, bonjour à tous, nous allons débuter. Mon nom est Michel-André Roy, je suis le directeur des communications au ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation. Merci d'avoir pris du temps pour être avec nous pour cette importante annonce dans le monde agricole et municipal. Nous aurons le plaisir d'entendre, cet après-midi, MM. les ministres Lessard et Corbeil de même que le maire de Lachute, M. Daniel Mayer. Alors, sans plus tarder, j'invite le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, ministre responsable des régions de l'Abitibi-Témiscamingue et Nord-du-Québec et député d'Abitibi-Est, M. Pierre Corbeil. M. Corbeil.

M. Corbeil: Bonjour. Salutations à mon collègue Laurent Lessard, à mon collègue député de Huntingdon, Stéphane Billette, qui est là, MM. les maires de Lachute, de Saint-Prime et de Bécancour, M. Richard, M. Généreux et M. Mayer, qui prendra la parole tantôt. Représentants, représentantes des médias, distingués invités, officiers du ministère des Affaires municipales et du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, mesdames et messieurs, bonjour. Très heureux d'être ici aujourd'hui en compagnie de mon collègue M. Lessard, qui prendra la parole, et M. Mayer, maire de Lachute, également, qui a été une des MRC qui a réalisé un PDZA dans l'expérience pilote, afin d'annoncer la volonté du ministère à poursuivre son soutien aux mu nicipalités régionales de comté dans l'élaboration de Plans de développement de la zone agricole.
Dans le jargon, le PDZA constitue un outil de planification qui procure plusieurs bénéfices, autant pour les MRC que pour les autres intervenants concernés. En plus de permettre d'enrichir les connaissances sur le territoire et sur les activités agricoles, l'élaboration de cet outil de planification personnalisé et concerté soutient le dialogue entre les acteurs du milieu et donne lieu à une réflexion innovante sur les meilleures actions à entreprendre pour développer l'agriculture dans une zone donnée. Il s'agit d'un exercice entre les différents acteurs du milieu et qui permet aux partenaires de se donner une vision commune de développement de l'agriculture.
Alors, sans plus tarder, je vous annonce, d'une part, la publication du guide destiné à appuyer les MRC dans la conception de leur PDZA et, d'autre part, le financement de 260 000 $ du MAPAQ pour soutenir les MRC dans l'élaboration de leur PDZA. La sélection des MRC sera effectuée par le biais d'appels de propositions.
Si je reviens un petit instant sur le guide, c'est l'aboutissement de huit projets pilotes de PDZA menés entre 2008 et 2011 par les MRC d'Argenteuil, Bécancour, Bonaventure, Brome-Missisquoi, Charlevoix-Est, Domaine-du-Roy, Roussillon et Témiscouata. Les objectifs visés par l'élaboration de ces PDZA étaient entre autres de favoriser une occupation dynamique de la zone agricole - mon collègue, qui est dans l'occupation dynamique du territoire, va avoir le sourire jusqu'aux oreilles - d'accroître ou de diversifier les activités agricoles et de promouvoir le développement d'activités complémentaires à l'agriculture comme l'agrotourisme.
Ainsi, en octobre 2011, je dressais un bilan positif de ces expériences pilotes. Les huit MRC disposent maintenant d'une planification personnalisée et concertée qui leur permettra de stimuler le développement du plein potentiel agricole et agroalimentaire sur leur territoire. Nous pouvons maintenant partager l'expérience acquise auprès de ces MRC pilotes et en faire profiter les autres MRC du Québec qui souhaitent entreprendre une démarche d'élaboration d'un plan.
Le guide annoncé aujourd'hui vient en appui aux MRC qui souhaiteraient amorcer cette démarche d'élaboration. Il est appelé à devenir une référence en matière de PDZA. Ce guide se présente en trois parties. En premier lieu, le guide fournit aux MRC une définition claire de ce qu'est un PDZA et présente aussi les objectifs que celui-ci permet d'atteindre. On y retrouve également des exemples des bénéfices liés à l'élaboration d'un tel plan. Deuxième partie du guide offre une description des étapes à suivre pour structurer et gérer l'élaboration d'un PDZA, et troisième partie est consacrée aux éléments que doit contenir un plan, soit le portrait du territoire, les activités agricoles, le diagnostic, la vision concertée et le plan d'action.
Aujourd'hui, plus que jamais, il est nécessaire de mettre en valeur la zone agricole par l'agriculture, et je crois fermement que c'est en soutenant l'expression du plein potentiel de l'agriculture et en donnant aux acteurs du milieu des outils comme ce guide que nous pourrons assurer la pérennité et la vitalité du territoire agricole pour les générations à venir. Au Québec, est-il nécessaire de le rappeler, la zone agricole établie en vertu de la Loi de la protection du territoire et des activités agricoles représente à peine 4 % de la superficie totale de la province, ce qui lui confère ainsi un caractère exceptionnel. Elle représente donc un patrimoine collectif qu'il importe de préserver. Et une grande partie de cette zone se trouve dans les municipalités régionales de comté de la vallée du Saint-Laurent, où se concentrent la majorité de la population et les meilleures terres agricoles, lesquelles constituent, comme je l'ai dit, une ressource limitée et non renouvelable. Ce guide sera donc un outil précieux, et je suis convaincu qu'il contribuera non seulement à encourager un meilleur dialogue entre les différents acteurs du milieu mais qu'il les amènera à se questionner sur les meilleures actions à entreprendre pour développer l'agriculture au Québec.
En ce sens, les PDZA cadrent bien avec les objectifs du livre vert pour une politique bioalimentaire, soit de préserver et de mettre en valeur notre patrimoine collectif. C'est cette mise en oeuvre de la zone agricole qui permettra aux MRC du Québec d'assurer la pérennité et le développement des activités agricoles mais surtout de limiter les pressions de l'urbanisation et de favoriser la vitalité et l'occupation dynamique de la zone agricole.
En terminant, c'est de l'essor de toute une industrie dont il est question, de même que le dynamisme de nombreuses régions au Québec. L'agriculture, faut-il le rappeler, joue un rôle considérable en ce qui a trait à la vitalité économique et sociale car elle participe à la création d'un bon nombre d'emplois, à la diversification économique des régions, au maintien des services à la population ainsi qu'à la valorisation des ressources, des potentiels et des savoir-faire locaux. L'agriculture a également la capacité de favoriser la biodiversité et d'offrir des paysages humanisés, ouverts et diversifiés qui stimulent l'attractivité et l'occupation dynamique d'un territoire, un sujet qui me tient à coeur et qui tient à coeur, je le sais, à mon collègue Laurent Lessard.
En terminant, je vous dirais que c'est en travaillant ensemble que nous pourrons optimiser le développement économique, agricole, communautaire et social du Québec. C'est toutes les Québécoises et tous les Québécois qui y gagneront.
Merci de votre attention, et j'invite mon collègue M. Lessard à prendre la parole.

M. Lessard: Alors, bonjour tout le monde. Merci beaucoup, Pierre, pour la présentation et le lancement de ce guide, donc une démarche d'implantation par municipalité régionale de comté autant que des deux grandes communautés métropolitaines. Ça me fait plaisir de le faire aussi avec Stéphane Billette, qui est notre collègue d'Huntingdon, qui vit le territoire productif, nourricier, donc, qui apporte des aliments frais tous les jours, donc, dans un rayon de proximité, donc, dans la région métropolitaine. Alors, il vit cette réalité-là tous les jours.
On a la chance aussi d'avoir M. Généreux, Bernard Généreux, qui est maire de Saint-Prime, préfet de sa MRC et qui a fait un plan de développement de la zone agricole, donc sa planification stratégique, en regardant le territoire agricole. Il est aussi, donc, président de la Fédération québécoise des municipalités.
M. Maurice Richard, qui est aussi maire de Bécancour, qui s'est prêté aussi à le faire, cet exercice-là, puisqu'ils avaient une avancée concernant la géomatique, le géoréférencement et d'avoir fait une démarche concernant, en simultané, de créer des unités résidentielles dans le milieu agricole sans déstructurer l'agriculture, donc, et jeter un portrait, un regard plus large sur son territoire. On a aussi M. Mayer, le maire de Lachute, qui a vécu aussi cette expérience-là, qui pourra, je pense, vous en témoigner qu'est-ce que ça donne dans la vraie vie de bien planifier son territoire pour le développer; M. Marcel Groleau, président de l'Union des producteurs agricoles du Québec, qui est un partenaire de la démarche, nécessairement, parce qu'on se retrouve dans les territoires; M. Steeve Verret, représentant de la ville de Québec, qu'on remercie de votre présence. On a aussi les représentants de la Communauté métropolitaine de Montréal. Alors donc, bienvenue aux deux représentants et aux autres représentants.
C'est avec un grand plaisir que l'on s'associe, donc, avec le ministère des Affaires municipales et les régions du Québec. En fait, lorsqu'on... Pierre disait: C'est fini, le monde de deux solitudes. On peut-u bien connaître son territoire pour mieux le planifier? Cet exercice-là, on l'a fait avec les municipalités régionales de comté qui ont la responsabilité des schémas d'aménagement et de développement. Qu'est-ce que ça veut dire pour le monde qui nous écoute? Un schéma d'aménagement, en général, prévoit des secteurs où il y aura de l'activité résidentielle, commerciale, industrielle, et souvent, dans les MRC, à part d'avoir dessiné les zones où est-ce que se trouvait l'agroforestier ou le forestier, on s'est peu investis dans la connaissance des potentiels des territoires, du respect de la qualité des sols ou des potentiels agricoles, on s'est peu souciés de le développer. En fait, il n'y a, au Québec, que deux représentants, des développeurs de la zone agricole, soit Sorel-Tracy et Saint-Hyacinthe, qui se sont développés une espèce de démarcheur pour offrir le secteur agricole pour différentes espèces, variétés, biodiversité.
Alors donc, ça fait grand plaisir de voir que la démarche, Pierre, vient donc donner un outil de planification spécialisé qui va venir plutôt personnaliser le territoire de chacune des régions. Et, en ce sens, le monde municipal s'en réjouit de voir que ce partenariat-là peut être productif. Deuxièmement, on vise l'autosuffisance alimentaire, donc quels sont les secteurs propices à cette implantation-là d'alimentation de proximité.
Dans la responsabilité qu'ont les municipalités régionales de comté, ce qui est intéressant, on vient d'adopter, donc, deux plans. Le Plan métropolitain d'aménagement et de développement de la Communauté métropolitaine de Montréal. On a dressé le grand paysage dans une responsabilité de 82 municipalités, 14 municipalités régionales de comté, qui se sont dit: Les besoins futurs de 320 000 nouveaux ménages, il y a 370 000 espaces de disponibles dans la zone blanche dans la Communauté métropolitaine de Montréal. 58 % de son territoire est zoné vert. Donc, pour les prochaines années, ce territoire-là doit être mieux utilisé, le territoire blanc, pour laisser... enlever de la pression sur le territoire vert.
Maintenant, il faut aller plus loin. La zone verte, la meilleure façon de la protéger, comme dit Pierre, c'est de la développer par son agriculture, pour son agroalimentaire dans un circuit court, dans la multifonctionnalité de la terre. C'est ce que ça vient intégrer. On a protégé la biodiversité. Il y a des objectifs d'atteindre 30 % de protection de la forêt en général. On a identifié des îlots, mais là il faut bien travailler sa zone agricole.
Alors, pour la Communauté métropolitaine de Montréal et de Québec, parce que la démarche est pareille, seulement que le plan de Montréal vient d'être adopté, celui-là de Québec le sera prochainement. Donc, j'annonce donc une contribution financière pour qu'on puisse aider les deux communautés métropolitaines à faire les plans de développement de la zone agricole avec les partenaires du milieu pour atteindre nos objectifs. Je regarde du côté de Montréal, les 14 MRC, avant d'être capables de changer leur schéma d'aménagement pour le rendre conforme au plan métropolitain, ils devront obligatoirement avoir adopté un plan de développement de la zone agricole qui peut prendre à peu près entre 12 et 18 mois, selon les expériences vécues. Alors donc, il y aura 240 000 $ qui va être mis à la contribution pour les deux communautés pour qu'on puisse atteindre nos objectifs.
Alors, c'est ambitieux, mais c'est dans le sens du développement durable, une meilleure utilisation agroenvironnementale de nos pratiques agricoles au service de la communauté pour réduire nos gaz à effet de serre, être dans des circuits d'alimentation de produits frais qui ont peu voyagé et mettre la terre agricole au service de la population plutôt que l'inverse. La terre agricole, il faut la protéger et la développer parce que, quand on la perd, on la perd pour toujours. Les bonnes personnes aux bonnes places, les producteurs aux bons endroits, une cohabitation pacifique, et tout le monde en gagnera donc dans l'amélioration de la qualité de vie et de l'amélioration du potentiel de développement de nos territoires.
Je pense que Pierre tantôt en faisait une belle illustration, les applications de qu'est-ce que ça donne. Je pense qu'on a le maire Mayer, qui est aussi préfet, qui va venir présenter maintenant sa présentation de qu'est-ce que... l'évaluation de son potentiel agricole, qu'est-ce que ça aura donné. Vous allez entendre que c'est vraiment étonnant tout ce que ça peut offrir comme possibilité lorsqu'on protège l'agriculture pour son potentiel plutôt que pour seulement planter des maisons puis des commerces. Alors donc, moi, ça termine ma présentation, et je vais peut-être introduire, donc, M. Mayer pour venir faire la suite.

M. Mayer (Daniel): Alors, merci beaucoup, M. le ministre Lessard, M. le ministre Corbeil. On m'avait écrit un discours. Habituellement, moi, je ne lis jamais de discours. On me l'avait écrit mais, pour moi, les deux ministres l'ont lu parce qu'ils l'ont tout dit. Il n'y a plus rien là-dedans que je peux vous apprendre.
Par contre, moi, je veux ici puis je veux dire aux gens que ce n'est pas parce qu'on est de la MRC d'Argenteuil, que c'est nous autres qui fait la présentation, ce n'est pas parce que les huit projets pilotes ça commençait par Argenteuil. Ce n'est pas à cause de l'ordre alphabétique, c'est à cause qu'on a le plus beau plan de développement de la zone agricole qui a été fait et on en est fiers. Et vous allez me permettre de vous en parler un petit peu puisque, vous savez, entre le ministre de l'Agriculture, des Affaires municipales puis les villes, bien, on n'est pas toujours d'accord. Mais, dans ce cas-ci, que le ministre des Affaires municipales, avec le ministre de l'Agriculture, ait pris la peine de parler de la zone agricole en parlant de développement de zone agricole.
Moi, je vais vous donner un exemple. Si quelqu'un vient sur le territoire de la MRC d'Argenteuil, qui sort par exemple de l'école d'agriculture puis qui veut planter des bleuets chez nous, moi, je ne l'enverrai pas au Lac-Saint-Jean. Je vais garder sur les cartes de mon territoire, je vais lui dire: Des bleuets, là, ça se plante là. Non seulement ça se plante là, mais j'ai des agriculteurs dans ce secteur-là qui font de l'élevage ou du lait plutôt que de la culture, mais qui ont des parties de terre en friche qui serviraient très bien pour ton projet.
Alors, on peut mettre en commun des agriculteurs et des nouveaux agriculteurs. On peut dynamiser nos terres agricoles chez nous. Et, vous savez, le plan de développement de la zone agricole, moi, quand j'ai vu ça, j'ai été content de voir que ce n'était pas dans le sens où on dézone puis on met un parc industriel ou on met un développement des résidences. Loin de là. Pour nous, chez nous, même si je suis maire d'une cité régionale, la zone agricole, pour moi, elle a une richesse. Chez nous, quand vous arrivez à la ville de Lachute, vous traversez une zone agricole puis, si vous ressortez, vous retraversez une zone agricole, et, pour nous, c'est une richesse essentielle. Ma population ne peut pas se passer de ces champs agricoles là, et je disais au ministre tantôt que, chez nous, sentir le fumier un peu, chez nous, c'est la santé, ce n'est pas grave. On est capable d'en sentir un peu parce qu'on sait que c'est l'économie du Québec, et, moi, je souhaiterais juste que le Québec devienne plus qu'autosuffisant.
On a regardé un projet chez nous, regardez comment c'est le fun, avec un site d'enfouissement qui produit 10 mégawatts d'électricité avec les biogaz. Puis on est en train de regarder de récupérer la chaleur pour non seulement faire des serres, mais faire des piscicultures mixées avec des serres. C'est des projets qui nous viennent d'ailleurs, mais c'est déjà, avec le programme de développement de la zone agricole, on va avoir des gens chez nous. Déjà, on est en appel de candidatures pour avoir quelqu'un, un agronome chez nous qui va s'occuper du développement de la zone agricole, qui va être installé dans les bureaux du MAPAQ, mais qui va être en collaboration avec les bureaux de la MRC pour justement développer... puis avec quelques sous pour aider des jeunes entrepreneurs agricoles à partir. M. le ministre a dit quelque chose tantôt, M. Lessard: que, quand on perd une terre agricole, elle est perdue pour toujours. Et c'est absolument vrai. C'est un peu comme le patrimoine bâti: quand on perd des anciens édifices, on les regrette. Alors, il ne faudrait pas regretter pour nos terres agricoles.
Et, moi, je tiens à remercier les deux ministères, le gouvernement du Québec, parce que, chez nous, ça a été un exercice qui a été d'abord fait à l'interne. Ça nous a prouvé qu'on a des gens... D'ailleurs, je veux saluer Frédérick Jones, notre cartographe, et Éric Morency, qui est l'aménagiste de la MRC parce que chez nous ça a été fait entièrement à l'interne et ça a été avec l'UPA... L'UPA, on a eu des rencontres. Chez nous, on a la chance d'avoir le président de l'Union paysanne qui a participé à ces rencontres-là. On a même pu confronter l'UPA et l'Union paysanne. Ça a été bon un certain moment. C'était moins drôle des journées, là, mais ça a été bon de confronter ces gens-là puis de voir... puis que chacun a sa place et qu'on peut travailler avec l'UPA. Ce n'est pas toujours facile, mais on peut.

M. Corbeil: Ça va très bien.

M. Mayer (Daniel): Mais on peut, hein? Vous, vous... Oui, c'est vrai, vous, vous êtes ministre, vous ne pouvez vous avancer autant que le maire de la ville... le maire d'une ville. Bien...
Puis chez nous aussi on peut donner comme exemple notre comité consultatif agricole, qui est là depuis 1997, où, en majorité, ce sont des agriculteurs, où la présidence est assumée par un agriculteur et où je peux vous dire que les décisions sont prises à l'unanimité à 99,5 %. Il n'y a pas vraiment de dissension. Il y a une écoute. On doit les écouter, et ils doivent nous écouter. On doit arriver à des compromis. C'est ce qu'on vient à bout de faire chez nous. Et je tiens...

M. Lessard: ...ton expérience de film.

M. Corbeil: ...agriculture puis la culture.

M. Mayer (Daniel): Hein?

M. Lessard: La culture de l'agriculture.

M. Mayer (Daniel): Oui, oui, la... Oui, la culture de la l'agriculture. Chez nous, on a un bureau de cinéma - d'ailleurs, M. Carrière, que je salue, qui a été le président fondateur - on a un bureau de cinéma qui vient de gagner un prix... Marc.

M. Carrière (Marc): Le prix Hector-Fabre.

M. Mayer (Daniel): Hector-Fabre. C'est un prix qui est décerné à tous les deux ans, et il vient avec une bourse de 50 000 $, ce n'est pas un petit prix. Et ces gens-là... Justement, le secteur agricole chez nous... On a tourné au-delà de 275 tournages dans les dernières années, des grosses productions américaines, là. Spielberg a tourné chez nous, plusieurs, là. D'ailleurs, on a eu la chance, moi et Marc - pas moi, là, mais Marc - de rencontrer Nicole Kidman, hein? Hein, Marc?

M. Lessard: Reviens sur la culture...

Des voix: Ha, ha, ha!

Une voix: Dans la zone agricole.

M. Mayer (Daniel): J'allais dire: M. Lessard sait que je peux m'éloigner du sujet de temps en temps. Mais, vous savez, même dans ce cas-là, on a même été... une expérience assez exceptionnelle, une journée, rencontrer le président de la Commission de protection du territoire agricole parce qu'on a besoin, pour un gros tournage américain, de faire un chemin en zone agricole, mais on lui promet qu'on va l'enlever la semaine d'après. Et, vous savez, juste de faire le chemin, c'était 200 000 $ d'investissement; de l'enlever, c'était un autre 200 000 $. Alors, un film, en dedans d'une semaine, 400 000 $ d'investissement, chez nous, l'agriculteur en a profité, tout le monde a profité. Les terres agricoles ont été louées. Mais c'est plein de choses comme ça qu'on fait chez nous avec le monde agricole.
L'agroalimentation chez nous, là... De plus en plus, il y a des produits qui sortent de chez nous. Chez nous, on fait du vin de cassis, on fait maintenant des couvertures de laine, des laines d'Argenteuil, où nos gens... Malheureusement, on a de la laine de chez nous mais qu'on doit envoyer à l'Île-du-Prince-Édouard pour la faire travailler. Pourquoi qu'on ne peut pas la travailler chez nous? Alors, c'est des choses comme ça qu'on est en train de mettre en place et on a une bien meilleure connaissance de notre zone agricole. On sait quelles sortes de types de sols, on sait ce qu'on peut faire chez nous, ce qu'on ne peut pas faire, ce qu'on peut améliorer. Alors, c'est ce que, moi, j'avais à vous dire et je vous remercie beaucoup.

M. Roy (Michel-André): Merci, M. Mayer. J'invite maintenant Pascale Dumont-Bédard, l'attachée de presse du ministre Corbeil, à animer la période de questions.

La Modératice (Mme Pascale Dumont-Bédard): Bonjour. La période de questions va être réservée aux médias sur le sujet du jour. Alors, s'il vous plaît, il y a un micro juste ici, si vous avez des questions.

Journaliste: ...de La Terre de chez nous. M. Lessard, vous avez parlé tantôt de la fin des deux solitudes. Est-ce que, vraiment, c'est la fin? Est-ce qu'on arrive à ça rapidement, ou il y a encore de la réticence, des réserves sur...

M. Lessard: Bien, écoutez, le plan de développement... Premièrement, le plan métropolitain d'aménagement durable et de développement a été une bonne indication que, quand on fait l'analyse de la protection, quand on protège des bonnes valeurs, hein, c'est-à-dire protéger ses territoires agricoles, les développer, protéger et mieux développer son territoire urbanisé ou à urbaniser, quand on a des bonnes lectures - c'est ce qu'on a fait avec les plans métropolitains - on se donne le bon signal et qu'on partage, hein? Les deux communautés métropolitaines de Québec et de Montréal l'ont fait. Il y a eu beaucoup de pression sur la zone agricole dans ces deux secteurs-là, ce qui laissait dire souvent, même à l'Union des producteurs agricole, ils disaient: Dans le fond, on peut bien chialer parce que vous ne vous en occupez pas, puis on fait plutôt de l'étalement urbain que de la planification à long terme sur le réseau artériel, sur tous les aspects.
Moi, je pense que c'est un geste majeur. D'ailleurs, les deux plans métropolitains, c'est quand même, il faut le dire... au Canada, il y a à peu près la Colombie-Britannique qui en ont un, près de Victoria, pas comparable, mais semblable. Alors, aux États-Unis, à peu près deux plans semblables. On est... on va plus loin, et ça faisait longtemps puis ça fait du bien de voir qu'on partage les mêmes réalités, en disant: Il faut protéger notre territoire, et on produit en plus, au Nord... on est le dernier, donc, parallèle de production agricole. Après nous, là, on s'en va vers le Nord, c'est très, très difficile. Donc, production intensive, il faut le dire, on a des contraintes, on a de la neige, on a des saisons. De temps en temps, c'est avantageux, mais je pense qu'il y a une bonne prise de conscience puis... et tout le monde est mis à contribution.
Moi, honnêtement, je pense que Pierre, avec le geste qu'il pose d'aller plus loin dans la terre agricole pour l'agriculture, par l'agroalimentaire, puis au service de la communauté, ça n'a jamais été fait.

Journaliste: O.K. Et on parlait aussi d'une question... Il y a 4 % de la superficie présentement totale qui est protégée, qui est agricole, finalement. Est-ce que c'est suffisant? Est-ce qu'on devrait augmenter cette portion-là ou est-ce qu'on peut aller plus loin à ce niveau-là?

M. Corbeil: Ce qu'on a fait comme évaluation, ça, c'est 4 % qui est protégé mais il y en a juste un peu plus que la moitié qui est utilisée à des fins agricoles. En fait, c'est 54 % de ce 4 % là qui est développé en agriculture. Donc, là aussi, il y a du potentiel de développement. Et j'aime beaucoup l'expérience du maire Mayer tantôt qui dit: Nous, on a répertorié, sur notre territoire, des endroits où il y aurait de l'opportunité de développement accessible à un jeune entrepreneur qui ne veut pas... Il veut peut-être louer une partie de terre, il veut peut-être faire des productions de plus petites dimensions.
Regardez, la MRC Domaine-du-Roy - puis je prends cet exemple-là parce que M. Généreux est ici - ils ont voulu développer la filière de produits agroforestiers non ligneux, cultures sous couvert boisé telles que les plantes médicinales, les champignons, etc. Alors, chaque MRC fait la lecture de son potentiel, fait la lecture de ce qui est développé puis est en mesure de poser les gestes appropriés pour développer la zone agricole par l'agriculture en augmentant la production de certaines choses qui n'y étaient pas ou qui y sont déjà, en faisant de la diversification. Alors, je pense qu'il y a des avenues intéressantes.

M. Lessard: Un bon exemple aussi, parce qu'on a le préfet de la MRC de Bécancour, rappelez-vous le Centre-du-Québec, quand on faisait l'analyse des terres de Saint-Louis-de-Blandford, dans ce secteur-là, on disait: Les terres les plus pauvres au Québec. Il aurait été assez facile de penser que, même si c'était zoné agricole, de passer le «bull» là-dedans puis faire un parc industriel. Avec la connaissance du potentiel et des productions émergentes, on a dit: C'est les meilleures terres possibles pour faire de la canneberge. On n'était pas les champions de la canneberge voilà 30 ans. On en avait un que son... puis le voisin se demandait: Tu sais bien, quelqu'un de la ville qui est venu planter une production de petits fruits rouges qu'on ne connaît pas. Puis aujourd'hui, on est probablement les premiers producteurs transformateurs au Canada, si ce n'est pas le troisième ou quatrième... aux États-Unis.

Une voix: On est le troisième producteur de canneberges au monde et premier producteur de canneberges biologiques au monde.

M. Lessard: Bon. Alors, voyez-vous, récemment, ces terres-là, tout le monde disait: Ça ne sert à rien, ne touchez pas à ça. Si on ne les avait pas protégées, bien analysées et bien travaillées, aujourd'hui, ça serait d'autre chose qui serait là-dedans, et ça serait malheureux pour la biodiversité.

Une voix: Ou rien, ou rien.

M. Lessard: Oui. Alors, c'est ces exemples-là qui vont faire du pouce.

 

Journaliste:

Une dernière, puis je vous laisse là-dessus. Vous avez huit projets pilotes actuellement qui ont été réalisés. C'est bien ça, là?

M. Lessard: Oui.

Journaliste: C'est quoi l'objectif, là, sur trois ans, quatre ans, cinq ans, pour tout couvrir le Québec là-dessus?

M. Corbeil: On m'a appris qu'il y en avait quatre qui avaient été réalisés avant ces huit projets pilotes là. M. Lessard dit qu'à l'intérieur des deux plans métropolitains, les MRC, les 14 à l'intérieur de celles de Montréal et les neuf à l'intérieur de...

M. Lessard: Cinq.

M. Corbeil: ...cinq à l'intérieur de Québec sont obligées de faire un PDZA et, nous, à l'extérieur de ces deux plans métropolitains là, on pense qu'on va être capables d'en aider sept ou huit. Alors, on donne un autre élan, un autre... Il y en a qui ont commencé aussi, ils n'ont pas attendu qu'on dépose un guide puis qu'on dépose une enveloppe, mais ils seront admissibles, s'ils nous déposent un projet... qu'ils répondent à notre appel de proposition, on va les étudier, on va les analyser, on pourra les accompagner.
Ce qui est intéressant, c'est qu'on va travailler en étroite collaboration à l'intérieur des plans métropolitains et des MRC qui sont dans les plans métropolitains. L'équipe du MAPAQ va être à la disposition de ces gens-là pour les accompagner dans la réalisation de leurs PDZA, et le MAMROT va être là aussi. Alors, financièrement et techniquement, je pense qu'on va arriver à un résultat intéressant.
Il n'y a pas d'agriculture dans toutes les MRC. La MRC de Caniapiscau, là, où est-ce qui est Fermont, l'agriculture n'est pas encore rendue tellement développée dans ce coin-là. Donc, il y a des territoires où ça se prête moins. Mais on va suivre le projet, on vient de donner un deuxième souffle, une deuxième vague et, s'il y a lieu d'aller plus loin, dans deux ans ou trois ans, on va continuer.

La Modératice (Mme Pascale Dumont-Bédard): Merci. S'il vous plaît, vous nommer.

M. Lecavalier (Charles): Charles Lecavalier de l'Agence QMI. Vous dites qu'il y a un peu plus de 50 % des terres agricoles qui sont présentement exploitées, je pense c'est 55 %, c'est ça?

M. Corbeil: 54 %, oui.

M. Lecavalier (Charles): 54 %. Avec ce plan-là, c'est quoi l'objectif, là, disons à court puis à moyen terme de développement de...

M. Lessard: L'objectif, encore là, c'est libérer les potentiels en fonction de la... en respectant les sols, les potentiels agricoles ajoutés et faire les meilleures pratiques agroenvironnementales.
Moi, je regarde juste le territoire de Longueuil, exemple, à Montréal, il y a un écoterritoire qui serait... qui se prêterait bien à une production biologique immédiate, alors qu'actuellement, comme il est dans un bassin en dégradé, on ne peut faire aucune pratique agricole. Après une bonne lecture, les meilleurs potentiels, les meilleures pratiques, on a immédiatement une portée internationale d'une l'alimentation qui cadre avec le mode de vie des citoyens. Alors donc, c'est de... il n'y a pas de limite à offrir son potentiel agricole en respectant ses capacités de sol et de potentiels d'activité agricole.
Et quand on regarde les territoires, Pierre, si la Communauté métropolitaine de Montréal, la Communauté métropolitaine de Québec réalisent leurs deux plans et les autres municipalités régionales de comté qui l'ont annoncé, on est avec le trois quarts de la population qui vit à proximité d'une terre agricole, qui aura réalisé une activité de respect mutuel de vivre à côté de l'agriculture et vivre de l'agriculture.

M. Corbeil: Je pense qu'il y a un virage qui se concrétise, parce qu'il a été... puis, même encore, il y a des gens qui regardent la zone verte comme étant une zone blanche en attente. Alors, je pense qu'il vient d'y avoir des gros changements au niveau de la mentalité, au niveau de la lecture qu'on doit faire du territoire et de son utilisation ou de son potentiel de développement, et, de plus en plus, pour des questions d'émissions de carbone, pour des questions de fraîcheur, pour des questions de produits à valeur ajoutée, les marchés en circuit court, les marchés publics, l'été, etc., c'est en développement vitesse grand V, des produits de créneaux, des produits qui sont recherchés par une clientèle qui est avide de s'en procurer. Alors, je pense qu'il y a un potentiel très intéressant et il y a des opportunités d'affaires qui sont prometteuses.

M. Mayer (Daniel): Si vous me permettez d'ajouter, c'est aussi la connaissance de notre milieu. Un exemple, chez nous, on fait du sirop d'érable chez nous comme à peu près partout au Québec. Mais, par contre, on apprend qu'en Beauce, bien, il est utilisé à peu près à 85 %, mais chez nous l'acériculture, là, elle est à peine développée à 10 %. Alors, il y a des gens, là... mais les gens ne sont pas conscients de ce potentiel-là.
Même les gens qui sont au niveau, par exemple, des CLD, qui ne sont pas nécessairement des agriculteurs, mais qui sont des hommes d'affaires ou des gens qui veulent lancer des choses puis qui s'aperçoivent qu'il y a du potentiel, qu'ils pourraient peut-être développer des choses, mais c'est la connaissance qu'on a obtenue de notre milieu, là, la connaissance fine, là, des couches de sol, toutes ces choses-là, des milieux. Il y a des choses qu'on savait, mais, même moi, comme maire, moi, ça fait 25 ans que je suis au conseil municipal, mais, moi, je ne pouvais pas dire à quel pourcentage, par exemple, l'acériculture... pour moi, c'était développé à son maximum. Mais là on me dit qu'il y a encore... on exploite entre 10 % et 15 % du potentiel qu'on a chez nous. Est-ce qu'on ne peut pas lancer des projets, par exemple, dans ce sens-là? Il y a d'autres choses aussi qu'on a apprises, mais c'est un exemple que je voulais donner, qu'on ne savait pas.

M. Lecavalier (Charles): Donc, essentiellement, ce plan-là, c'est une façon de convaincre les MRC que c'est plus payant d'exploiter les terres agricoles que de dézoner pour construire, quoi? C'est parce que vous...

M. Corbeil: Bien, si on parle de l'occupation dynamique d'un territoire, de la vitalité d'un territoire, ça passe, à mon avis, puis M. Lessard le partage, ça passe par le développement de la zone agricole. C'est du développement durable.

La Modératice (Mme Pascale Dumont-Bédard): Merci.

M. Corbeil: J'avais oublié, je pense, tantôt, de saluer M. Groleau, qui est le président de l'UPA, qui nous honore de sa présence cet après-midi. Alors, je m'amende, excusez.

La Modératice (Mme Pascale Dumont-Bédard): Est-ce qu'il y a d'autres questions? Alors, c'est ce qui... Merci. Merci de vous être déplacés. Alors, on mettra fin à la conférence de presse.

(Fin à 14 h 12)

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