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(Neuf heures dix-neuf minutes)
Le Modérateur : Bonjour à
tous et bienvenue à ce point de presse du Parti Québécois, bilan de fin de
session aujourd'hui. Prendra la parole le chef du Parti québécois et député de Camille-Laurin,
Paul St-Pierre Plamondon. Il est accompagné des députés du Parti québécois
ainsi que de la porte-parole nationale du Parti québécois, Méganne Perry Mélançon.
M.
St-Pierre
Plamondon :Alors, bonjour, tout le
monde. Ce matin, bilan d'une session et d'une année haute en couleur quand même,
il faut le rappeler que lorsqu'on débute 2025, le Parti québécois est à quatre
députés. Et je le mentionne parce que si on retourne en 2022, si vous allez
voir les analyses et les commentaires d'un parti... sur le Parti québécois qui
était à trois députés, on disait littéralement à l'époque que le Parti
québécois ne réussirait pas exister, ne réussirait pas à être... à se faire
entendre, à participer vu le faible nombre d'élus au terme de l'élection de
2022. Lorsqu'on commençait 2025, nous étions à quatre députés et c'est une
année dans le cadre de laquelle on est allé chercher deux victoires décisives
dans Terrebonne et dans d'Arthabaska.
Des élections quand même, qui ont demandé
à notre petite équipe beaucoup d'efforts. Arthabaska, particulièrement, s'est
déroulée en plein été, ce qui a demandé une mobilisation estivale sans
précédent. Et on a bon espoir pour la suite des choses de ravir la partielle à
Chicoutimi et d'ajouter, donc, une septième députée. D'ailleurs, on attend
toujours le déclenchement de cette partielle qui aurait dû être déclenchée, à
notre avis, depuis longtemps.
Donc, globalement, des accomplissements
pour le Parti québécois qui vont dans la bonne direction pendant une année où
le Parti québécois a démontré sa capacité d'être utile. C'est d'ailleurs ce que
j'avais dit en début d'année, l'important pour nous, c'est d'être utile, d'être
pertinent. Et dans plusieurs dossiers où le gouvernement a pris des
orientations qui sont soit problématiques ou négligentes, le Parti québécois a
su réorienter et influencer le gouvernement dans la bonne direction, donc avec
tant l'identification des problématiques que les solutions. Donc, je pense par
exemple aux Chauffeur inc., au temps d'écrans chez les jeunes, à la laïcité,
aux coupes en immigration, à... à la réduction des seuils d'immigration, à la
loi bâclée et précipitée sur la rémunération des médecins. Pour chacun de ces
dossiers-là, il y avait une CAQ qui avait bâclé le travail ou qui avait été
négligente. Nous sommes intervenus longtemps à l'avance avec tant le diagnostic
que des solutions. Et vous remarquerez ce que le gouvernement est contraint de
faire au final, c'est d'entendre ce qu'on avait à proposer et de corriger le
tir.
Donc, c'est grâce à un Joël Arseneau qui a
talonné la CAQ pendant des mois qu'on a finalement pu changer la... la question
très dangereuse des contrôleurs routiers pour les Chauffeur inc. Pascal Bérubé
a réussi à rassembler 200 000 personnes contre les coupes en... en
éducation. Qu'est-ce qui est arrivé? Le gouvernement a changé d'orientation.
Pascal Paradis a continué à talonner la CAQ sur le temps d'écran chez les
jeunes. Pascal Bérubé avait fait le travail sur une base transpartisane. Vous
vous souviendrez qu'au début, lorsque j'ai amené le sujet, je faisais rire de
moi en Chambre, mais le gouvernement a fini par agir. Et si vous regardez Alex
Boissonneault en émigration, il y a poursuivi le travail qu'on avait dans notre
planification de... de près de 100 pages, là, sur l'initiative du siècle,
le fédéral. Il a fait du travail aussi sur le coût de la vie, l'épicerie.
Catherine Gentilcore s'est levée pour qu'on ait un changement important pour
nos PME en termes de charges bureaucratiques et de fiscalité. Méganne a
continué de se battre pour les régions, notamment, récemment, là, toute la
question de la circonscription qu'on veut retirer à la Gaspésie.
Donc, ce sont plusieurs sujets où le Parti
québécois est capable d'être pertinent, même précurseur, et finalement ça
oblige le gouvernement se réajuster. Et je pense qu'on peut être fiers de ce
travail-là avec notre petite équipe.
Une session également qui est marquée par
notre volonté sincère et sérieuse d'obtenir un pays. Ce qui nous a amenés à
déposer des documents qui sont tant costauds que très rigoureux. Donc,
récemment, nous avons déposé un plan complet pour les relations internationales
d'un Québec indépendant. Un plan très, très détaillé sur notre monnaie et la
Banque centrale québécoise. Un plan sur notre Constitution et d'autres sujets
la semaine prochaine vont venir. Donc, à travers le travail au quotidien à
l'Assemblée nationale, en parallèle de ça, on a réussi à tenir notre promesse,
puis ça va continuer. Des sujets qui sont complexes, qui demandent du travail
rigoureux, mais je trouve que, dans l'accueil du travail qui a été effectué, on
a salué le sérieux puis la... la rigueur de notre réflexion sur ces sujets-là.
Je ne peux pas m'empêcher de mentionner,
si on fait le... le bilan de cette session-ci spécifiquement, que c'est une
session qui est marquée par un gouvernement qui a choisi son agenda partisan au
détriment de l'intérêt public. Donc, on a vu une... une série, mais
premièrement on a choisi de retarder indûment les travaux du Parlement pour des
raisons qu'on n'est pas capables de s'expliquer toujours, on... on a mis les
considérations partisanes de la CAQ avant le fonctionnement du Parlement. Puis,
quand on est arrivés, on avait une planification qui était en fonction d'un
objectif de créer des clivages dans l'espoir d'influencer les sondages en
faveur de la CAQ. Et il y a une grosse différence entre servir son intérêt
partisan en mettant en scène des clivages et servir l'intérêt public. Et
malheureusement, bien, la... l'impact de cette session là, d'une part, c'est le
constat que la CAQ a échoué dans ce plan-là, là, on ne voit rien qui a changé
dans l'appréciation du public, malgré des clivages portant sur plein de sujets,
mais il y a bel et bien une détérioration du climat social qui vient avec un
gouvernement qui agit en fonction de ses intérêts partisans avant de réfléchir
à quelle est la meilleure politique publique et quelle est la meilleure façon
d'effectuer ces changements-là.
Donc, quelques exemples. La Constitution,
Simon Jolin-Barrette a admis que c'était soumis à la Constitution canadienne, a
admis qu'il n'y avait pas eu beaucoup de consultation sur des questions
fondamentales comme le droit à l'avortement qu'on veut inclure, alors que ça
pourrait être, en fait, préjudiciable à cette question-là. On a eu plusieurs
juristes, là, qui ont déjà exprimé le fait que la Constitution est
problématique au niveau notamment de la possibilité d'ester en justice. Même
chose, le bâillon sur les médecins puis la précipitation de ce dossier-là, je
n'ai pas besoin de commenter davantage, ça fait consensus, hautement
problématique.
Leur vision économique, là, par exemple,
un exemple très concret, là, le milieu forestier à qui on dit de se trouver des
emplois dans d'autres secteurs. Au même moment, on fait une mise à jour
économique avec des déficits historiques. On décide de couper
5 000 fonctionnaires. On ne sait pas suivant quel critère, mais au
même moment, on apprend qu'on a ajouté 1 000 fonctionnaires dans
Santé Québec, qui est en train de devenir une monstruosité bureaucratique en
parallèle du ministère. Donc, c'est une session où on a l'impression que la CAQ
joue ses dernières cartes, mais en fonction de ses intérêts. Et, au final, je
trouve que ça ne convainc personne et que ça n'aide pas le Québec.
D'ailleurs, j'avais commencé la session,
vous vous en souviendrez, premier point de presse, j'ai dit : Je demande à
la CAQ d'avoir le sens des responsabilités, de ne pas cliver ou de ne pas faire
des mesures en fonction de son état, de son... de sa situation dans les
sondages. Et malheureusement, je n'ai pas été entendu. Ça pose la question de
la légitimité également de ce gouvernement-là à ce stade-ci, question que
j'avais soulevée la session précédente. Donc, le Québécois font un constat
limpide, on est devant un gouvernement incapable de faire des politiques
publiques cohérentes et je pense qu'on est dû pour un changement.
Donc, si on regarde en avant pour 2026, je
veux m'adresser à l'ensemble des citoyens. Nous terminons une année durant
laquelle le statut du Parti québécois, tant dans les sondages, tant dans les
médias qu'auprès de la population, le statut du Parti québécois, il a évolué.
Et la pression sur le Parti québécois a elle aussi évolué en conséquence. Et
nous sommes conscients que tout cela vient avec de grandes attentes et de
grandes responsabilités. Et, en 2026, bien, ce sera l'année durant laquelle le
Parti québécois arrive avec des réponses à la hauteur de cette responsabilité,
qu'on prend très au sérieux, que ce soit en termes de propositions et de
politiques publiques réfléchies, qu'on va pouvoir enfin proposer parce qu'on va
tomber en mode précampagne électorale, ou que ce soit en termes de qualité des
individus... Et, s'il y a une chose qu'on a démontrée au Parti québécois, c'est
notre capacité à convaincre des gens de qualité de faire de la politique pour
une cause qui est noble puis pour une forme de droiture et de courage qui a le
potentiel d'être contagieuse.
Bien, on va arriver avec des réponses au
niveau des personnes qui portent notre formation politique en 2026, des
réponses à la hauteur de cette responsabilité-là. Donc, on est conscients de
notre responsabilité et on travaille à une année 2026 qui va répondre de
manière très cohérente et forte à ce devoir qu'on a vis-à-vis le Québec, à une
époque où les choses ne vont pas dans la bonne direction, on peut en convenir.
Voilà.
Le Modérateur
: Alors,
on va être prêts à prendre vos questions. On va demander une question, une
sous-question par journaliste. Merci.
Journaliste
: Bonjour,
Marc-André Gagnon, du Journal de Québec.
M.
St-Pierre
Plamondon : Bonjour.
Journaliste
: Bien, si
je résume, donc, 2026, pour le Parti Québécois, sera l'année de tous les
possibles?
M. St-Pierre Plamondon : Oui,
c'est exactement ça. C'est l'année de tous les possibles et l'année de toutes
les responsabilités. On en est conscients, parce que ce n'est pas comme si on a
le sentiment que le Québec va bien, mais on a démontré en 2025 qu'on peut
attirer des gens de grande qualité puis amener un débat sur le plan
intellectuel qui dépasse le sondage du jour. Il y a quand même des gens qui semblent
apprécier ça, là, à la lumière des sondages. Donc, oui, 2026, l'année de tous
les possibles et l'année de la responsabilité importante qu'on a vis-à-vis le
Québec.
Journaliste
: OK. On
dit des bons leaders qu'ils sont capables d'autocritique. On sait que les
Québécois aiment les chefs qui sont capables d'autocritique aussi. En... en
2025, M. Plamondon, quelles ont été vos erreurs, vos moins bons coups?
M. St-Pierre Plamondon :
Bien, je passe sur mon moins bon coup, il y a unanimité. Donc, c'est à moi...
même si j'ai toujours eu un style sur les médias sociaux qui est un peu
frontal, c'est à moi de revoir les attentes qui ont changé par rapport à la
forme. Donc, ça, mauvais coup. Bon coup...
Journaliste
: ...
M. St-Pierre Plamondon : De
mon tweet qui visait les porte-parole, qui s'était adressé à Marc Miller. Comme
j'ai dit, tu sais, j'ai fait le tour de cette question-là. Sur le plan des bons
coups, je pense qu'on a réussi à amener de la lumière sur des enjeux dont
personne ne parle. Il y en a que je n'ai pas réussi, comme par exemple, les
opioïdes chez les jeunes. Je suis sorti deux, trois fois puis je n'ai pas
réussi à ma satisfaction à mettre la lumière là-dessus comme je pouvais, mais,
sur un dossier comme les chauffeurs inc., on est revenus assez pour que ça
bouge. Donc, il y a des... Moi, j'aime quand le Parti québécois prend un sujet
d'intérêt public qui n'est pas sur le radar et arrive avec assez de vigueur
pour l'imposer puis faire des changements. Ça, ça fait partie de nos bons
coups.
Journaliste
: OK. Puis,
en terminant, M. Plamondon, concernant les médecins, est-ce que le... François
Legault a capitulé?
M. St-Pierre Plamondon :
Bien, je pense que si on est obligé d'ajouter de l'argent dans cette
négociation-là, c'est que cette négociation-là ne s'est pas bien déroulée du
point de vue du gouvernement. Il y avait au moins unanimité là-dessus. Il y
avait plusieurs critiques à faire sur le gouvernement, mais il y avait
unanimité sur le fait que ce n'était vraiment pas d'ajouter des sommes, mais de
changer le mode des rémunérations dont il était question. Si au final de tout
ce déchirement-là, on se retrouve à ajouter des sommes substantielles pour
acheter la paix, c'est qu'on a mis le feu et qu'on a perdu le contrôle sur la
situation du côté du gouvernement et c'est très triste.
Journaliste : Bonjour, je
veux juste... je ne veux pas mal vous citer, là, parce que j'ai noté pendant
que vous l'avez dit, là, mais quand tantôt vous parliez de... par rapport à
votre message sur les réseaux sociaux, vous avez dit : C'est à moi de
revoir les attentes, les attentes ont changé sur la forme. Je ne comprends pas
ce que vous voulez dire.
M. St-Pierre Plamondon : Si
vous regardez ma personnalité politique, j'ai toujours été attiré par les
débats de contenu, j'en ai généré de toutes pièces à plusieurs reprises. Le
temps d'écran, la corruption... Je ne ferai pas toute la liste, là, par passion
du Québec et du débat sur l'intérêt public au Québec. J'ai toujours fait ça. J'ai
toujours été assez direct. J'aime la politique qui donne l'heure juste, puis ça
ne veut pas dire que tu as toujours raison. Il y a un constat qui vient avec
d'être substantiellement en avance, de gagner toutes les partielles les unes
après les autres et d'avoir un échéancier électoral qui arrive à grands pas. Il
y a une mesure puis une manipulation des médias sociaux qui doit évoluer de mon
côté, puis j'en suis conscient. Et ça ne veut pas dire de me dénaturer.
C'est-à-dire que moi, je veux qu'on change de politique, on passe d'une
politique rivée sur le sondage du jour, rivée sur un contenu mince, une
opportunité, des calculs à court terme. On change de ça vers une politique de
réflexion, d'idées et de débats. Je demeurerai toujours comme ça, mais on est conscient
que plus on avance vers l'échéancier électoral, plus il y a une pression, puis
une scrutinité, là. Je ne sais pas si ça se dit en français, mais les attentes
ont changé clairement et on est capable de s'ajuster à ça tout en demeurant ce
qu'on est, c'est-à-dire une formation politique d'idées et de débats.
Journaliste : Donc,
concrètement, ça veut dire quoi? Vous allez moins répondre à tout le monde sur
les réseaux sociaux? Vous allez moins publier? Vous allez vous modérer?
Qu'est-ce que vous allez changer?
M. St-Pierre Plamondon : C'est-à-dire
qu'on va s'adapter sur la forme, mais sur le fond, on ne changera pas,
notamment. C'est sain, à notre avis, de débattre sur l'orientation puis la
vision qu'on veut donner au Québec. Donc, on ne s'empêchera pas de débattre et
de réfléchir dans un environnement où souvent, tu sais, les points de vue sont
de plus en plus polarisés, en tout cas en Occident en général, on peut dire que
ça prend cette direction-là. Mais on est capable, je pense, de faire évoluer la
forme autour de ces débats de fond là.
Journaliste : ...les tweets
de 2 000 mots ou... J'essaie de comprendre qu'est-ce que ça va
changer dans...
M. St-Pierre Plamondon : Mes
collègues disent qu'ils sont bons, mes 2 000 mots.
Journaliste : Ils sont quoi?
M. St-Pierre Plamondon : Que
sont bons, mes publications de 2 000 mots. D'ailleurs, Pascal Paradis
a emboîté le pas.
Journaliste : Mais qu'est-ce
que vous allez changer? Parce que je ne comprends pas votre... C'est
intéressant ce que vous nous dites, mais je ne comprends pas qu'est-ce que ça
va changer concrètement. Est-ce que ça veut dire de moins réagir sous le coup
de l'impulsion, comme vous l'avez reconnu avec les artistes?
M.
St-Pierre
Plamondon : ...
Journaliste
: Pardon...
Il n'y a pas de problème.
M. St-Pierre Plamondon : J'ai
une bronchite. Écoutez, c'est simplement la pondération et le dosage du
caractère direct, et non pas la longueur ou la réflexion. Nous demeurons et je
ne peux pas me dénaturer, je suis de même depuis cinq ans puis ça a quand
même... aux derniers sondages : 39 %. Je demeure un politicien, nous
sommes des politiciens de contenu qui sommes passionnés par le Québec et
l'intérêt public. On va donc continuer à publier, à débattre, mais au niveau du
caractère prompt, spontané, combatif, je pense qu'il y a une adaptation par
rapport à la fonction qu'on est appelé à jouer si les Québécois continuent de
nous inviter à aller dans cette direction-là, à savoir former le gouvernement.
Donc, ça fait partie, donc, d'une courbe d'évolution vers l'élection générale et
ce qui va en découler.
Le Modérateur
: Merci
beaucoup. Prochaine question? Prochaine...
Journaliste : Est-ce que vous
nous attendez à... Est-ce que vous allez nous présenter des premiers candidats
en début 2026? Vous en êtes où dans votre recrutement? Est-ce qu'on va
avoir droit à un trio économique? Qu'est-ce que vous pouvez nous dire à ce
stade-ci?
M.
St-Pierre
Plamondon : Je... j'ai des annonces ultérieurement, mais pas...
Journaliste
: ...2026
ou...
M. St-Pierre Plamondon :
Soyez certain qu'en 2026, vous allez voir se façonner une équipe très solide de
gens qui ont déjà levé la main. Mais je ne pense pas que c'est en fin de
session que je vais faire cette séquence ou ces annonces-là, mais soyez
confiant que 2026, de notre côté, il est préparé. Ça fait... on a mis beaucoup
d'efforts en sous-marin en... dans cette session d'automne, là, pour préparer
2026 et être à la hauteur de responsabilités puis d'attentes qui sont élevées,
on le constate puis c'est correct.
Journaliste
: Merci.
Journaliste :
Bonjour, M. St-Pierre Plamondon. Vous avez peut-être entendu le premier
ministre qui a donné une entrevue la semaine dernière, qui a dit : Les
électeurs, il va falloir qu'ils réalisent que l'an prochain, Paul, en parlant
de vous, et les référendums, ça vient en paquets de deux. Des propos qui ont
été répétés cette semaine dans la mesure où certains estiment que la prochaine
élection sera une élection référendaire. Est-ce que vous êtes d'accord avec
cette façon de voir les choses?
M. St-Pierre Plamondon : Ce
n'est pas un paquet de deux, c'est un seul et même produit cohérent, et c'est
là que François Legault est faible. Lui, il a des paquets de deux, puis des
paquets de trois, puis des paquets de quatre sur : qui est François
Legault? On ne sait jamais, on ne sait jamais si ce qu'il a dit aujourd'hui va
être la même chose dans deux semaines. On ne sait jamais si son engagement
tient. Il n'y a pas de ligne directrice ni de doctrine à la CAQ, à part la
lecture du plus récent sondage. Il n'y a pas de paquets de deux au Parti
québécois, il y a un seul tout avec des convictions puis des conclusions
logiques basées sur un diagnostic et... d'ailleurs, tu sais, si François
Legault a fait sa marche dans la neige, là, puis qu'il est fixé, puis lui, il
est fier de son bilan puis il veut aller le défendre... bien, allons-y.
Pourquoi attendre puis se... faire une autre session de clivage et de
détérioration du climat social? S'il est fixé, là, puis il veut valider, auprès
de la population, des choix importants entre l'approche du Parti québécois et
la sienne, puis que c'est lui, il veut, il veut y aller et il veut défendre son
bilan, nous autres, on est disponibles parce que la session qu'on vient de
passer, de mon point de vue, elle est nocive pour le climat démocratique et
social. Parce que clairement, ils ont fait un plan en fonction de leurs
intérêts partisans puis des calculs sur l'impact que ça pourrait avoir dans les
sondages, ce n'est pas sain pour notre société. Et là j'ai l'impression, à
moins que... tu sais, je n'ai pas une boule de cristal, mais j'ai l'impression
qu'ils ont pas mal joué toutes leurs cartes, là. Donc, si les cartes de
François Legault sont sur la table, puis sa marche sur la neige, elle est
faite, je pense qu'on aurait intérêt à en découdre le plus tôt possible.
Journaliste : Donc, vous
l'invitez à tenir des élections anticipées?
M. St-Pierre Plamondon : Je
l'invite fortement à réfléchir à ça si sa marche sur la neige est déjà faite,
parce que nous, on a profité de la neige amplement dans les derniers jours,
puis on est prêts.
Journaliste : OK, donc vous
souhaiteriez que les prochaines élections générales se tiennent au printemps?
M. St-Pierre Plamondon : On
est prêt à ça. On est prêt pour ça, puis si la CAQ est pour nous réserver une
autre session de clivage et de polarisation inutile, là, qui ne correspond à
aucune réflexion sur les politiques publiques, bien, pourquoi ne pas donner
suite à sa réflexion dans la neige et allez soumettre tout ça aux Québécois?
Journaliste : Et je fais
juste reposer ma première question, en tout respect : est-ce que ce sera
une élection référendaire?
M. St-Pierre Plamondon : Ah,
c'est vrai, désolé. Bien évidemment que, au cœur de cette élection-là, il y
aura deux choix : le déclin dans le Canada ou la création de quelque chose
d'emballant, d'un projet de société qui va nous amener ailleurs. Et nous, notre
position, ça va être de dire : dire on a essayé le «non» deux fois, notre
déclin sous la CAQ, avec leur mandat-phare, est indéniable. Donc, il faut en
tirer des conclusions logiques, parce que de voir le gouvernement de la CAQ,
sur plein de sujets, jouer à l'autruche puis dire : on va aller voir le
fédéral puis faire un gain, c'est comme nier ce qui s'est passé sur sept ans
avec ce gouvernement-là, c'est se détacher de la réalité comme une autruche le
ferait en mettant sa tête dans le sable.
Journaliste : Bonjour à tous.
M. St-Pierre Plamondon, dans les dernières semaines, vous avez commencé à effeuiller
votre livre bleu. À quel point est-ce que vous avez l'impression que ça percole
dans la population, cet exercice-là? Est-ce que c'est un exercice pour répondre
à des questions sur l'avenir du... d'un Québec pays ou c'est un exercice pour
parler aux électeurs? Je ne sais pas si vous voyez...
M. St-Pierre Plamondon : Il y
a des deux. Je ne me crée pas d'attentes démesurées sur la proportion de la
population qui va lire chaque virgule du 300 pages que ça va donner, mais
c'est important pour nous de pouvoir dire à toute personne dans la population
québécoise : Si vous avez une question légitime sur le pays une fois qu'il
adviendra, vous pouvez aller dans cet outil-là, puis les réponses ont été
conçues. C'est une question de sérieux, mais c'est une question aussi de
démocratie. Ce n'est pas parce qu'en ce moment, à chaque sortie, ce n'est pas
tout le monde qui se garroche, là, pour lire les... les menus détails que cet
exercice-là n'aura pas son utilité en termes de trouver des réponses légitimes
qu'on entend souvent. Donc, c'est un peu des deux.
Journaliste : Hier, en
faisant son bilan de... de la saison politique, Éric Duhaime a parlé d'une...
d'une espèce de... conservatisation du discours politique, a dit que plusieurs
de ses idées qui étaient utilisées de plus en plus à l'Assemblée nationale. Et
il vous a nommé, notamment, là, bon, sur, par exemple, la taxe sur l'essence.
Est-ce que vous... Est-ce qu'il y a un effort concerté de votre part pour
présenter des idées de droite aux électeurs?
M. St-Pierre Plamondon : Premièrement,
c'est inexact. La preuve, c'est que lui voulait l'abolition du marché du
carbone, ce qui nous coûterait 4 milliards, ce qui est absolument insensé.
Notre réponse est complètement différente au niveau du pouvoir d'achat. Donc,
c'est inexact.
Rappelons que le nom du parti d'Éric
Duhaime, c'est «conservateur», mais dans plein de dossiers, il démontre qu'en
fait c'est un libertarien. C'est-à-dire, lui, il ne veut aucune réglementation.
Là, on l'a sur la protection de la sécurité des jeunes avec les médias
sociaux : n'importe quel parti conservateur en Occident est d'accord avec
cette intervention-là, lui, il n'est pas d'accord. Donc, il faut... il faut
faire attention, là, avant de lui donner le... la paternité de... de positions
du Parti québécois, qui, dans son ensemble, le Parti québécois, si on regarde
l'ensemble de nos positions, on se fait traiter de communistes par les
militants libertariens du PCQ, et on se fait traiter d'extrême droite par
les... militants radicaux liés à QS. Et, si les deux ont lieu en même temps,
c'est probablement qu'on est quelque part dans le centre, à la recherche de
l'intérêt public en fonction, dans plein de sujets, d'où on en est rendus. Et
ça donne, dépendamment de la situation, comme dans le cas du prix de l'essence...
ça a été déclenché bel et bien par Mark Carney. Avant Mark Carney puis
l'abolition de cette taxe-là dans le reste du Canada, ce qui a créé une
disparité, le Parti québécois n'était pas sur ce sujet-là, indépendamment de ce
qu'en disait Éric Duhaime. Mais... dans d'autres sujets, comme la lutte à
l'itinérance, la protection des... des enfants à plein d'égards, sur l'idée
qu'on a droit à un régime de santé public et accessible, ce qui veut dire qu'on
mette plus de ressources sur le terrain et moins en bureaucratie en inventant
des bébelles, tout ça est dans la tradition. Donc, il y a... on demeure un
parti qui joint des gens plus de centre droit, plus de centre gauche autour
d'un projet de société. C'est ce qu'on est.
Journaliste : Vous avez
pointé... M. Paradis, vous vous considérez plus de centre... centre gauche,
puis M. Boissonneau, plus de centre droit. C'est ce que je comprends? Oui, non?
Le Modérateur : Prochaine
question.
Journaliste : Bonjour, M.
St-Pierre Plamondon. Bonjour, à toute l'équipe. Patrice Bergeron, La Presse
canadienne. Vous avez dit tout à l'heure que le statut de votre parti a changé.
Est-ce que, dans... comme on dit dans la tradition parlementaire dans laquelle
on... vous êtes devenu en quelque sorte le gouvernement en attente?
M. St-Pierre Plamondon : Bien,
ça, c'est au... à la population de le dire. Mais on a quand même obtenu le
meilleur résultat du Parti québécois dans un sondage depuis 15 ans. Donc,
ça génère des attentes, ça change le contexte, ça change le nombre d'attaques
de nos adversaires, qui sont vraiment ciblées sur celui qui est meneur. Et
c'est à nous de s'adapter à ça, ce qu'on est capables de faire, à mon avis, en
présentant des idées puis des personnes qui vont être à la hauteur de ce
défi-là. Donc, ça fait partie du processus normal, qui est évolutif par rapport
à notre situation, supposons, il y a trois ans, comme je le rappelais, où
est-ce qu'on disait qu'on ne serait même pas capables d'être entendus puis
d'être pertinents. Donc, c'est une courbe vers cette... cet objectif-là.
Journaliste : Vous regardez,
vous analysez les sondages, comme tout le monde. Vous avez vu aussi les
sondages sur la souveraineté. Les femmes en général sont moins favorables à
l'option souverainiste. Vous savez qu'en 2018, votre adversaire, qui est
maintenant premier ministre, avait un même problème avec son parti, avait mis
vraiment en place une stratégie à l'époque, et l'avait fait connaître, pour
aller chercher le vote des femmes. Et il l'avait obtenu finalement lors des
élections. Est-ce que, de votre côté, il va y avoir une stratégie de votre part
pour aller chercher le vote féminin, qui a toujours été un peu plus réfractaire
à l'indépendance? Est-ce qu'il y aurait quelque chose qui sera mis en place?
M. St-Pierre Plamondon : Définitivement,
une réflexion qui va avoir lieu sur ça. Je ne peux pas dire qu'en ce moment il
y a une stratégie en place, mais il va y avoir une réflexion sur ça, parce
qu'évidemment qu'on a un projet de société emballant et il doit être emballant
autant pour les femmes que les hommes, puis pour chaque génération également.
Donc, ça fait partie de la réflexion pour 2026, sans aucun doute. C'est une
préoccupation importante pour nous.
Le Modérateur : Prochaine
question.
Journaliste : Mathieu Boivin,
Noovo Info. Juste pour clarifier à la question que mon collègue a posé tout à
l'heure, demandez-vous formellement, ou à tout le moins instamment, le
déclenchement d'élections anticipées?
M.
St-Pierre
Plamondon :Bien, je lui demande de
réfléchir durant les fêtes à ça, puisque tout le monde s'attendait à ce qu'il
fasse une marche dans la neige durant les fêtes. Si sa marche dans la neige est
déjà faite, est-ce que c'est dans l'intérêt du Québec d'avoir une autre session
absolument clivante en fonction des tentatives partisanes de la CAQ
d'influencer sur le... d'influencer les sondages? Ça donne quoi rendu-là, là?
Journaliste : C'était
essentiellement ce que vous aviez dit à mon collègue, mais le demandez-vous,
là? Plutôt que lui demander de réfléchir, ce qui est une façon détournée, là.
M.
St-Pierre
Plamondon :Non, non, mais c'est ça
on... Bien, oui, c'est ça, mais, quand même, c'est ça ce que j'ai à dire ce
matin. Je lui demande de réfléchir à ça, parce que ce n'est pas dans l'intérêt
public de faire une autre session de clivage qui mène à très peu de résultats
en termes de politiques publiques.
Journaliste : Est-ce qu'un
autre intérêt pour vous aussi, c'est que ça vous ferait... ça vous mettrait en
opposition avec un parti libéral, donc Pablo Rodriguez serait, potentiellement,
encore le chef? Est-ce que ça fait partie de la réflexion aussi? Parce que M.
Rodriguez en a parlé comme d'un argument pour se rallier derrière lui, la
possibilité d'élections à court terme. Est-ce que vous aussi, ça ferait votre
affaire pour que ce soit encore lui, le chef?
M.
St-Pierre
Plamondon :J'ai l'impression que ça
fait plus partie de la réflexion de François Legault. Dans le sens que, tu
sais, traditionnellement, il n'y a pas vraiment... d'interchangeabilité entre
le vote libéral et le vote péquiste, là, ce sont quand même des univers très
différents. Donc ça peut faire parti des considérations de François Legault,
mais, à la base, on a l'impression que ce gouvernement-là a envoyé sur la table
toutes ses cartes qui permettaient de cliver, c'est malsain. Puis à la fin, là,
quand il n'y a plus de cartes et que les jeux sont faits, si sa marche dans la
neige est déjà faite, qu'est-ce... tu sais, qu'est-ce qui reste là? Sûrement
pas, j'espère, une autre session où la CAQ ne pense principalement qu'à ses
intérêts partisans au détriment du climat social.
Le Modérateur
: En
terminant...
Journaliste : Et ça... et ça,
ça justifierait de déroger à la loi sur les élections à date fixe, ces
considérations-là?
M.
St-Pierre
Plamondon :Ça, c'est... ça fait partie
de sa réflexion. C'est un bon argument, mais à soupeser, là. Une autre session
de clivage qui ne mène nulle part... il y a un intérêt public aussi à donner à
la population la chance de changer un mauvais gouvernement. Ça aussi, ça fait
partie du calcul.
Le Modérateur
:
Prochaine question.
Journaliste : Oui. Bonjour,
Valérie Gaudreault, Le Soleil. M. St-Pierre Plamondon, vous avez... je ne sais
pas si j'observe ça sur les réseaux, depuis une semaine ou deux, j'ai vu deux
ou trois sorties en anglais. Il y a eu le Highway to Hell, là...
M.
St-Pierre
Plamondon : C'est bon ça.
Journaliste
: ...il y
avait aussi l'élément... vous souhaitiez, bon, miser davantage sur le caractère
économique pour séduire, là, peut-être, l'électorat anglophone qui a priori ne
vous est pas acquis du tout. Est-ce que c'est une stratégie que j'observe
croissante ou c'est...?
M.
St-Pierre
Plamondon :Bien, ça a adonné, parce
que j'ai toujours dit que je ferai campagne pour tous les Québécois, puis, pour
moi, ce serait peut-être l'objectif le plus important à travers l'indépendance
du Québec, qu'au terme de ce processus-là, Québécois anglophones et
francophones soient davantage unis et moins en opposition en raison d'un régime
fédéral qui fait tout pour qu'on soit en opposition les uns avec les autres.
Donc, ça a adonné que j'ai donné deux
entrevues quand même longues à Corner Booth, puis Suburban, et donc, en
conséquence, on diffuse, vous allez en avoir d'autres durant les fêtes, mais
c'est peut-être mon rêve le plus... mais pas ambitieux, le plus cher. Mon rêve
le plus cher, c'est que ma vision, ma compréhension de l'indépendance du
Québec, c'est qu'elle va produire une fraternité et une paix sociale très, très
solidarisante entre des groupes qui, en ce moment, sont divisés. Parce que
mettre au monde un pays ensemble et se dire qu'on est ensemble dans un Québec
qu'on mérite, puis que tout le monde a sa place, va être très, très porteur
pour le climat social.
Alors qu'en ce moment, le financement
fédéral sert souvent à financer des organismes ou des missions qui sont là pour
prévenir l'indépendance du Québec et ça vient avec un discours, souvent, de
démonisation du Parti québécois, si on regarde à l'époque de Lévesque,
Parizeau, toutes les époques... un climat de peur. Gandhi disait qu'il n'y a
rien de pire que la peur, c'est pire que la haine. Et je pense que si on
réussit l'indépendance du Québec et qu'on le fait tous ensemble, tout ça va
être derrière nous. Donc c'est... c'est comme mon rêve le plus précieux. Une
fois de temps en temps, je vais le réitérer, même si la pente est immense parce
que c'est des décennies de conditionnement, notamment par rapport au Parti québécois,
qu'il faut changer, mais je vais toujours mettre du temps là-dessus dans
l'espoir que ça ait lieu.
Le Modérateur : On va passer
en anglais.
Journaliste
: Bonjou, good morning, Mr.
Plamondon, St-Pierre Plamondon. You're ready for early elections.
M. St-Pierre
Plamondon : We are.
Journaliste
: But don't you have some points that you would like to improve? Your
reaction with the cultural sector is one example. Don't you want to take those
months that you have in 2026 to become a… like, a better version of yourself as
a leader?
M. St-Pierre
Plamondon : The public interest here is
whether or not we have an interest in another session, where the CAQ are making
all sorts of bills and initiatives almost solely based on their partisan
interest to try to move the polls in their direction. It's unhealthy for
Québec, because the social climate is… deteriorating. So, when I'm saying :
We're ready and we want to go because we don't want another session like this,
and we have the feeling that the CAQ played all their cards, none of them are
convincing to the population, obviously. Well, let's go. And that should be the
consideration based on which we think of whether it's in the public interest or
not, to hold an election earlier than what was convened.
Journaliste
: OK. On the tentative agreement, maybe I can throw this question to
Mr. Arseneau, as the health critic of the Parti québécois, the details on the
tentative agreement between the government and GPs are coming out, and it seems…
from what we've learned, that the CAQ government is… is giving up on almost
everything.
M. Arseneau : Yeah.
Journaliste
: How would you qualify how the CAQ government dealt with this
special law and all the stressed it caused to Quebecers. How would you qualify
this? They almost give up on everything. It's… it's unbelievable when you read
this.
M. Arseneau :
I'm looking for the good word in
English, it's a gâchis, c'est une capitulation, it's a total failure, and the
government definitely surrendered to the… medical federations. None of the
objectives that were set by Minister Dubé are met with disagreement. Not only
that, but changing the mode of, you know, salary comes with half a billion
dollars more in… in the remuneration, so I… it's unbelievable how much damage
the government has caused in the, you know, in the health sector. And the end,
the outcome, is total failure. That's all I can say.
M.
Bérubé
: Pretty much.
M. Arseneau : As far as we know.
Journaliste
: OK, thank you.
Journaliste
: Hi. Matt Grillo with CTV news. Mr. St-Pierre Plamondon, I'm just
wondering, how do you convince anglophones to vote yes in a referendum?
M. St-Pierre
Plamondon :
The
starting point is the acknowledgment that ridings where there's a majority of
Anglophone vote automatically Liberal Party for the past decades. It's not
really something that we find in any other democracy. So the starting point of
that must be that among those voters, there's a belief that Canada is a good
thing and independence is a bad thing for those people.
The reality is that the
Canadian doctrine is about an uncontrolled and always higher level of
immigration, an uncontrolled place or space for religion to the detriment of
social peace and an amount of waste of public funds that is uncomparable. And
on those three points, and in the urgency of funding adequately health care…
actually, right now, we're dealing with just half our tax income to do that, on
all of those points, the interest of Anglophone Québecers is the exact interest
than any other Quebecer. So we're all together in this objective of social
peace and stopping all sorts of nonsense that come from the federal government.
And I think it's important to realize that, that the federal government is not
only wasting our money by doing things that we do already, but it is imposing
policies on Québec that doesn't have the support of anglophones nor francophones.
We all have the same point of view on that.
Journaliste :
And I'm wondering if you've done an
estimation or a study yet on how many anglophones would have to vote yes to
help you win the referendum? Is it 10% or are we… are we even in the double
digits?
M. St-Pierre
Plamondon :
No,
I don't have any studies in that sense. But it doesn't matter because you want
the country to be born thanks to the contribution of everyone, and you want on
the next day everyone to be comfortable and to see a positive difference in
their lives. So, I mean, we're all Quebeckers and we need to do this all together, no matter the statistical
projections and the way… It's going to change anyway, so...
Journaliste :
Dan Spector from Global. You said in
French that seducing anglophones or getting anglophones on your side is perhaps
your most cherished dream. Can you explain that and why it's… it's such a…
something that's so close to you?
M. St-Pierre
Plamondon :
In
French we say «diviser pour mieux régner», whereas in English the saying goes
divide to conquer. It's not the same. But a colonial regime by definition and
the Canadian regime by definition is dividing to reign, to govern. It's a
technique where you separate people in categories. You tell them: You're a
cultural community, and you're a religious community, and you're a linguistic
community, and you should fear to compete with other communities, but thanks to
us, you're protected. And what… by the way, what do you want in terms of perk
for the next election? There are… there is huge spending of federal moneys in multiculturalism
that is basically giving money or advantages to communities based on a
community… community or ethnocultural identity. It doesn't lead to social
peace, that model. It is problematic. Whereas what we will build is a model
where we're all Quebeckers and
we think together of the common interest, the public good. And that's what
should lead us, what is the public good for everyone in Québec? And we're
capable of that. So, with the independence of Québec will happen to change
where we come in a more fraternal perspective of our society.
Journaliste :
The liberals had a big crisis,
obviously, QS had their troubles… Oh! go ahead.
M. St-Pierre
Plamondon : …
Journaliste
: No worries. Yes, I was sick last week too. Not easy to do a presser
when you're sick.
M. St-Pierre Plamondon : Je
m'excuse.
Journaliste :
I respect the effort.
M. St-Pierre
Plamondon :
On
va y arriver.
Journaliste :
All right. Okay. So, yeah, all the
other... I mean, the liberals, obviously big crisis. The CAQ had their troubles
with the whole doctor debate. QS with Vincent. You guys had… Do you… do you
feel like with all their struggles, victory is imminent next year?
M. St-Pierre
Plamondon :
It
cannot be a walk in the park. If your pretension is to really give birth to a
country within a G7 country that opposes your project, look at what happened to
Lévesque, Parizeau, Bouchard. And today we all say about Marois and all those
previous leaders how great they were and that we have a good opinion of them
but look at what they went through at that time. History, recent history tells
you that it cannot be a walk in the park, and we're very aware of that. And
we're strong, we're… we're capable.
Le Modérateur
:
Merci beaucoup. C'est ce qui met fin à ce point de presse.
(Fin à 10 heures)