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Point de presse de M. François Legault, premier ministre

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Le mercredi 21 janvier 2026, 11 h 45

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Onze heures quarante-neuf minutes)

M. Legault : Bonjour, tout le monde. Bien, écoutez, comme je l'ai dit la semaine passée, le Québec fait face à des grands défis, entre autres grands défis économiques. On le voit de jour en jour avec les déclarations de Donald Trump. On a le devoir, comme gouvernement du Québec, de redessiner l'économie du Québec. Le monde a changé, puis ce qu'on voit, c'est que le monde va continuer de changer de façon importante.

C'est pour ça que notre gouvernement a déposé, à l'automne dernier, une nouvelle vision économique qu'on a appelée Le pouvoir québécois, une vision qui est basée sur nos forces. D'abord Hydro-Québec, je pourrais vous en parler longtemps, mais aussi, puis j'étais content de voir M. Carney en parler hier, les minéraux critiques, l'aluminium, l'aéronautique, le maritime, le numérique, aussi, dans lequel on est très bon. Puis une vision, aussi, qui est basée sur une diversification des marchés. Puis encore une fois, M. Carney en parlait hier, il faut absolument diversifier nos marchés. Le reste du Canada, bien sûr, mais aussi l'Europe et puis le reste du monde. Je l'ai dit aussi la semaine dernière, on a un autre grand enjeu au cours des prochaines années, c'est d'arrêter le déclin du français à Montréal. C'est important. Il en va de l'avenir de notre nation, puis on va avoir besoin, dans les prochaines années, justement, de cette nation, puis de la solidarité de cette nation pour passer au travers des grands défis, entre autres, des défis économiques.

Donc, je l'ai dit, puis je le répète, je souhaite que la prochaine élection, cette année, donc en octobre, que ça porte sur ces grands enjeux, que ça ne porte pas sur le changement pour le changement. Puis, écoutez, je l'ai constaté, comme vous l'écrivez régulièrement, que plusieurs Québécois veulent un changement de Premier ministre. Et je pense que pour le bien du parti, mais aussi, et surtout pour le bien du Québec, c'est important que je laisse ma place à quelqu'un de nouveau comme chef ou cheffe de la CAQ. Peut-être un dernier mot. J'entends plusieurs d'entre vous parler des départs. C'est normal qu'il y ait un certain nombre de départs. C'est dur, la politique, ça demande beaucoup de sacrifices. Mais quand je regarde l'équipe qu'il reste à la CAQ actuellement, bien, on n'a rien à envier à personne. On a une équipe très forte et puis, je suis très confiant pour la suite des choses. Évidemment, il y aura des gens qui vont s'ajouter. Mais déjà, quand je regarde ceux qui restent, ceux qui disent qu'ils vont se représenter, la CAQ a une équipe très, très forte.

Des voix : ...

Journaliste : Dans votre passé politique, il y avait beaucoup de belles-mères, dans votre ancien parti?

M. Legault : Oui.

Journaliste : Avec-vous l'intention de jouer à la belle-mère et avez-vous peur pour la survie de votre parti?

16777 4131 M. Legault : Non, écoutez, je le disais, là, puis je pense que c'est important que tout le monde comprenne bien. Pour moi, là, il y a entre autres deux grands enjeux. Un enjeu économique, entre autres, avec les déclarations de Donald Trump. Je pense que c'est la CAQ qui est la mieux placée pour relever ce défi-là. Puis il y a un autre défi, qui est d'arrêter le déclin du français à Montréal. Puis, encore là, je pense que c'est la CAQ qui est la mieux placée pour relever ce défi-là. Donc, on a besoin de la CAQ pour relever ces deux défis-là.

Journaliste : ...pas que c'est la fin de la CAQ telle qu'on la connaît, à tout le moins?

M. Legault : Bien, écoutez, la CAQ, quand vous regardez l'article un, c'est exactement ce que je viens vous dire, la prospérité à l'intérieur du Canada, bien, en allant chercher plus d'autonomie pour défendre notre langue et défendre nos valeurs, donc, c'est encore plus à propos que jamais. Et puis, soyons clairs, là, je ne pense pas que le PQ soit un bon parti pour défendre notre économie actuellement, puis je ne pense pas que le Parti libéral soit un bon parti pour défendre le français à Montréal actuellement.

Journaliste : ...vos députés et ministres, vous avez dit que la CAQ, c'est beaucoup... c'étaient des anciens libéraux, des anciens péquistes, il y a... il y a comme deux clans plus nationalistes, plus économiques. Puis, vous avez dit souhaiter que le prochain soit capable d'être rassembleur? Dans quelle mesure est-ce que vous vous inquiétez de possibles déchirements dans la suite des choses?

M. Legault : Bon, moi je pense qu'on est capable, là, puis quand je regarde les députés, les ministres, il y a un consensus pour défendre ces deux priorités.

Journaliste : Mais c'est parce qu'il y a plusieurs personnes au sein de la CAQ vous... comme d'abord chef mais aussi co-fondateur de la CAQ, vous voyaient ou vous voient encore comme le... celui qui était le ciment qui tenait ce parti-là debout. Vous ne craignez pas qu'avec la course à la chefferie qui se dessine... qu'il y ait des déchirements?

M. Legault : Non.

Journaliste : Quelle place il reste pour les souverainistes au sein de la CAQ? Parce que, par définition, c'est une coalition. Et là, Paul St-Pierre Plamondon, lui, promet un référendum. 

M. Legault : Bien, écoutez, l'article 1 dit clairement que c'est à l'intérieur du Canada, la CAQ. Donc, ce qu'on veut, c'est de défendre notre autonomie, défendre le français, défendre nos valeurs à l'intérieur du Canada.

Journaliste : Ma question : Quelle place pour les souverainistes au sein de la CAQ?

M. Legault : Bien, écoutez, on peut être souverainiste puis penser que ce n'est pas le bon moment, ou il n'y a pas une majorité de Québécois. Donc...

Journaliste : ...que la CAQ devrait opter pour un nationalisme plus inclusif et rassembleur.

M. Legault : Bien, écoutez, il y a beaucoup de façons de définir ça. Oui, on veut un équilibre entre l'économie et défendre notre langue puis nos valeurs. Puis actuellement, il faut le dire, il y a une inquiétude à avoir sur le français à Montréal qui est en déclin. Il faut continuer d'interpeler le gouvernement fédéral, il faut continuer de poser des gestes pour inverser ce déclin, donc, il faut trouver un équilibre entre l'économie. Bon, puis, soyons clairs, ce que propose le PQ, ce n'est sûrement pas idéal pour être capable de limiter l'incertitude économique qui amène une pause sur les investissements des entreprises.

Journaliste : ...Pardon. Le discours de M. Carney à Davos, est-ce que, ça aussi, c'est une mauvaise nouvelle pour Paul St-Pierre Plamondon? 

M. Legault : Bien, écoutez, ce qu'il a dit, M. Carney, c'est aussi ce que je dis depuis longtemps. Le monde a changé. Il faut redessiner notre économie, il faut diversifier nos marchés, il faut prendre acte du fait qu'on ne peut pas dire qu'on a un allié au Sud. Donc, mieux développer les marchés dans le reste du Canada, mieux développer les marchés en Europe, en Asie, en Amérique du Sud, je pense que ça doit être vraiment une priorité.

Journaliste : Est-ce que ça prend quelqu'un qui a une expérience économique?

M. Legault : Bien, écoutez, c'est une équipe, la CAQ. Quand je regarde l'équipe, là, puis regardez, là, moi, j'aimerais ça que quelqu'un fasse l'exercice de comparer l'équipe de la CAQ, disons, avec l'équipe du PQ, ou l'équipe incluant la nouvelle venue et l'équipe du Parti libéral, où il n'y a aucun député qui s'est présenté à la chefferie, puis de me dire quelle est l'équipe la plus forte. Je peux vous dire que, malgré les départs normaux qui ont été annoncés, c'est la CAQ qui a l'équipe la plus forte.

Journaliste : M. Carney... M. Carney dit que, si on n'est pas à la table, on est sur le menu. Est-ce que ça vaut pour le Québec, aussi, ça, au sein du Canada et dans le monde?

M. Legault : Bien, c'est qu'on ne peut pas rester inactif face à ce que dit M. Trump. On ne peut pas dire : Je me mets à genoux devant M. Trump. Il faut agir. Ça veut dire quoi, agir? Bien, tabler sur nos forces, je le disais : Hydro-Québec, minéraux critiques, aluminium, aéronautique, maritime, numérique, et diversifier nos marchés. Ne pas compter seulement sur les États-Unis, qui représentent 70 % de nos exportations.

Journaliste : ...appui intégral à 100 % de ce qu'il a dit hier?

M. Legault : Bien, écoutez, 100 %, c'est beaucoup, là, mais disons qu'il a dit des bonnes choses, là. Je pense que... Je pense que ce qui est... ce qui est important dans ce qu'il a dit, c'est : Il faut essayer de diversifier nos marchés ailleurs qu'aux États-Unis. C'est important aussi de tabler sur nos forces, entre autres, il a parlé des minéraux critiques, donc, je suis d'accord avec ça.

Journaliste : Dans votre discours la semaine dernière, vous n'avez pas à proprement dit parlé de la troisième voie, mais est-ce que vous avez l'impression que vous avez créé une option politique qui est là pour rester?

M. Legault : Oui. Oui, parce que, je pense, actuellement, qu'on a besoin, entre autres, je reviens à mes deux grandes priorités, d'un parti économique. Je ne vois sûrement pas ça au Parti québécois, puis on a besoin d'un parti qui va arrêter le déclin du français à Montréal. Puis je ne vois sûrement pas ça au Parti libéral.

Journaliste : Allez-vous appuyer quelqu'un dans la course...

M. Legault : Non, non. Non.

Journaliste : Est-ce que vous pourriez proroger la session parlementaire?

M. Legault : Pas pour l'instant. Je sens qu'il y a un consensus actuellement pour faire avancer les dossiers. Donc, ce n'est pas prévu.

Journaliste : Pas pour l'instant? Ça veut dire quoi ça, pas pour l'instant? Vous ne l'excluez pas, là.

M. Legault : Bien, il y a un consensus, donc, tant qu'il y a un consensus, on continue à faire avancer le Québec.

Journaliste : ...consensus, consensus, vous êtes encore aux affaires, M. le premier ministre, c'est vous qui décidez, là. Donc, le consensus passe par vous, là. Donc, vous dites que vous pourriez annoncer au cours de la semaine prochaine à votre caucus que... proroger.

M. Legault : Même si je suis premier ministre, je me suis toujours assuré d'avoir un consensus.

Journaliste : Mais vous répondez quoi, M. Legault, à ceux qui craignent une... vous répondez quoi, M. Legault, à ceux qui craignent une paralysie du gouvernement, comme M. Plamondon, qui voudrait des élections hâtives? Vous répondez quoi à ceux qui craignent une paralysie du gouvernement?

M. Legault : Je sens qu'il y a un consensus dans notre gouvernement pour qu'on continue à faire avancer plusieurs dossiers importants, puis c'est ce que je compte faire.

La Modératrice : En anglais.

Journaliste : ...about the future of the party that you founded in 2011. Will the CAQ survive? Are you... W.ill these candidates have a... be able to keep everybody cohesive and together? And do you have any views on the potential candidates?

M. Legault : OK. I think that right now we need to keep the CAQ. Why? Because we have two major priorities. The first one is about the economy. With what Mr. Trump is doing, we really need to have a Government focused on the economy. That's why we tabled a new vision last fall. So, of course, I don't think that the Parti québécois is the good party for the future of our economy.

The second major priority is about keeping French and our values, especially in Montréal, and I don't think right now that the Liberal Party is the right party to protect French in Montréal.

Journaliste : And do you have any views on the candidates who could succeed you? Will you be backing up any candidate in this...

M. Legault : I won't back up any candidate, but I see that, right now, even when you take into consideration people who announced that they won't be for the next election, that the CAQ has the best and strongest team, right now, and I see many good candidates right now, so... But I won't back up any.

Journaliste : Mr. Legault, I would like to hear your reaction about Mr. Carney's speech in Davos yesterday. It was a pivotal speech. How does it resonate for you, what Mr. Carney has set?

M. Legault : Yes, I think it was a good speech. First we need to understand that Mr. Trump is not a friend, that we will have to make deals and diversify our markets, especially with Europe. And we also need to table on our strengths. And that includes critical minerals, he said it, and there's a huge opportunity for Québec to try to negotiate with other countries about our critical minerals.

Journaliste : So, you're basically saying he's right when he says that we should be around the table, at the table, not on the menu.

M. Legault : Right. We we don't have to only look at the situation, but we have to be an actor and we have to make deals with other countries. We cannot afford to only have, like we have right now, 70% of our exportations going to United States. We need to reduce that, so we need to diversify.

Journaliste : What about CUSMA? What about the renegotiation of CUSMA? Like, in the the last months, you wanted to renegotiate CUSMA. So, what do you see now?

M. Legault : I would like, but it looks like Mr. Trump doesn't want to renegotiate, and we cannot for sure think that it will still be on the table. So, I worry about that.

Journaliste : En français, peut-être, sur l'ACEUM. Vous disiez : Ça presse, il faut absolument renégocier, vite.

M. Legault : Bien, j'aimerais, j'aurais aimé qu'on renégocie l'Accord Canada—États-Unis—Mexique, mais, de toute évidence, ce n'est pas l'objectif de M. Trump puis on ne peut pas lui faire confiance, donc il faut être capable de travailler sur un plan B.

La Modératrice : Merci beaucoup.

M. Legault : Merci, tout le monde. Merci.

(Fin à 12 h 04)

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