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(Huit heures vingt-quatre)
M. Cliche-Rivard : Bonjour,
tout le monde, j'espère que vous allez bien, écoutez, Jean-François Roberge
connaît des mois désastreux. Depuis sa décision d'abolir le PEQ alors que
personne, personne au Québec n'avait demandé ça, et personne ne l'a appuyé dans
sa décision. Son entrevue au micro de Patrick Lagacé lundi, là, si vous ne l'avez
pas écouté, était une démonstration éloquence... éloquente et révélatrice d'un
ministre qui s'entête et qui s'enfonce. Depuis quelques jours, pour essayer de
s'en sortir, M. Roberge a décidé de mentir aux Québécois. Je le dis sans détour
et je l'assume pleinement : Jean-François Roberge ment aux Québécois. Il
ment aux Québécois quand il affirme que d'accorder une clause de droit acquis, dans
le PEQ, le forcerait à accepter jusqu'à 350 000 temporaires. C'est n'importe
quoi. En 2023, le PEQ a permis de sélectionner à peu près 9000 personnes. En
2022, c'était 5000 personnes qui s'est qualifié dans le PEQ. Jamais, jamais
il n'a été question d'admettre des centaines de milliers de personnes dans le PEQ,
jamais de la vie. Le PEQ, c'est un programme d'élite qui permet de qualifier,
pour la résidence permanente, les travailleurs qualifiés et les diplômés
francophones qui sont aptes à contribuer puis qui sont des atouts pour le
Québec. Aujourd'hui, je demande clairement au ministre Roberge d'arrêter de
mentir aux Québécois et Québécoises et d'accorder une clause de droit acquis,
dans le PEQ, sans délai. Merci.
M. Grandmont : De mon côté,
je vous parlerai du troisième lien, peut-être tantôt, si j'ai des questions, moi,
j'ai envie, plutôt, de vous parler de Glencore, je suis nouvellement
responsable du dossier de l'environnement, donc, c'est un dossier, évidemment,
que je connais bien. J'ai été à Rouyn, là, à la fin de l'été, rencontrer les
gens, des travailleurs, des travailleuses, des résidents du quartier Notre-Dame,
aussi, et je veux leur dire que Québec solidaire est de tout cœur, d'abord,
avec eux et avec elles. Ces 600 travailleurs directs, 1400 travailleurs
indirects qui dépendent de l'usine de la fonderie Horne. Les résidents, les
résidentes du secteur Notre-Dame qui se retrouvent aujourd'hui, vous voyez l'actualité,
dans un flou incroyable, ils ne savent pas... Ils devaient déménager, leurs
maisons devaient être déconstruites, ils ne savent pas du tout où ils s'en vont
avec ça, quel est leur avenir. Tout ça parce qu'une compagnie a décidé, comme
elle l'a fait depuis une centaine d'années, maintenant, parce qu'on va fêter le
100ᵉ anniversaire, l'année prochaine, de la Fonderie Horne. ça a toujours
fonctionné comme ça, à coups de menaces, à coups de chantage, et
particulièrement, à la veille de cycles électoraux importants, ils ont
recommencé à parler de déménager, de fermer l'usine, de ne pas respecter les
normes pour lesquelles elles se sont... elle s'est elle-même engagée en 2022
pour un plan à 2022-2027.
Et donc, je demande à François Legault,
qui est responsable de la région de l'Abitibi-Témiscamingue, de prendre sa
petite valise et d'aller rencontrer et les travailleurs, travailleurs, et les
gens du quartier Notre-Dame et également Glencore pour arriver à une solution
qui permettra à la fois de conjuguer, et c'est ce qu'on pense qu'il est
possible, chez Québec solidaire, l'économie, la protection de l'environnement
et la protection de la santé des gens, c'est-à-dire une solution qui permet de
garder l'usine en place, mais aussi s'assurer qu'elle est respectueuse de nos
normes environnementales et de santé publique. Merci.
Journaliste
: Pourquoi
baisser les normes pour protéger les emplois?
M. Grandmont : Est-ce qu'on
doit baisser les normes?
Journaliste
: Maintenir
les normes pour protéger les emplois?
M. Grandmont : Écoutez, en
2022... en 2022, la compagnie... la fonderie Horne s'est engagée à atteindre,
en 2027, 15 nanogrammes par mètre cube d'arsenic. Elle-même s'est engagée
à le faire, elle a dit qu'elle mettrait tout en place, qu'elle investirait l'argent
pour le faire. Donc 15, c'était atteignable, et pourtant, aujourd'hui, ça ne
semble plus l'être. Donc, on a une compagnie qui fait du chantage, qui ne
respecte pas les engagements qu'elle a pris elle-même. Donc ça, c'est un...
évidemment, il faut atteindre ce... cette norme là, de 15 nanogrammes pour
l'arsenic, et viser, ultimement, le trois ou le cinq qui est recommandé par la
santé publique. Il y a un accompagnement qui est à faire, mais ça fait assez
longtemps que cette compagnie là... ça fait assez longtemps que cette compagnie-là
joue avec le monde, joue avec la santé, ses profits, elle les a faites sur le
dos de la santé des travailleurs, des travailleuses et des résidents du
quartier Notre-Dame. Il est temps qu'elle aussi fasse sa part... sa part du
travail. Et François Legault doit aller sur place pour arriver à une solution
qui permette d'atteindre ça.
Journaliste : ...le trois
nanogrammes, quand l'entreprise...
M. Grandmont : Ah, bien là, c'est
à la santé publique à nous dire quand est ce qu'on doit le faire.
Des voix : ...
M. Grandmont : ... la santé
publique nous dit que trois nanogrammes par mètre cube, c'est ce qu'on a de besoin
pour que la population ne meure pas des activités de la fonderie. Donc,
évidemment, il faut le faire le plus rapidement possible.
Journaliste : ...dilemme impossible
à résoudre, puis le Parti libéral non plus n'a pas de... proposé de solution.
Tout le monde s'entend que c'est trois nanogrammes, là, si on suit la science,
mais pour assurer les emplois, il faut qu'il y ait une transition, puis
Glencore ne semble pas être prête à la faire de façon plus ou moins accélérée.
Vous, votre formation politique approuverait un plan qui permettrait d'atteindre
le trois nanogrammes dans cinq ans, dans 10 ans, dans 15 ans?
M. Grandmont : Pendant
combien de temps on va endurer, qu'on va supporter qu'une compagnie fasse des
profits sur le dos de la santé des gens? Alors je dis que le... le trois
nanogrammes doit être atteint le plus rapidement possible.
Journaliste
: Vous
parlez de chantage, donc comment on transige avec une entreprise qui fait du
chantage?
M. Grandmont : Bien, moi, je
demande à François Legault de le faire, moi, je ne suis pas au gouvernement,
là, donc je demande au... à François Legault 19267 d'y
aller. C'est lui qui est responsable de la région... de la région de
l'Abitibi-Témiscamingue. Qu'il aille là-bas, qu'il trouve des moyens pour être
capable... qu'il mette ses culottes, qu'il aille là-bas, qu'il fasse le travail
et qu'il trouve une solution. Il doit à la fois protéger l'environnement et la
santé. C'est faisable.
Journaliste
: ...sans
aide gouvernementale financière.
M. Grandmont : Bien, en tout
cas, pour la norme de 15 nanogrammes, la compagnie était supposée être
capable de le faire, faire les investissements, mais, comme je vous dis, à la
veille d'un cycle électoral au municipal ou au niveau québécois, subitement, la
compagnie se retrouve avec une incapacité d'atteindre ses objectifs. Ce n'est
pas raisonnable. On voit bien, là, qu'on est de faire...
Journaliste
: ...que le
gouvernement aide davantage Glencore, par exemple, en investissant une certaine
somme d'argent. Est-ce que ce serait acceptable pour sauver les emplois, à
votre avis?
M. Grandmont : Ce qu'il faut,
là, c'est s'assurer de préserver les emplois, s'assurer de préserver la santé,
préserver l'environnement. Je demande à François Legault d'y aller et de régler
la situation à... c'est... Les résultats ne sont pas de notre côté. C'est celui
du gouvernement. S'il veut laisser un legs pour cette région-là, dont il a
décidé de prendre la responsabilité, qu'il y aille, qu'il trouve les solutions
pour être capable de... pour être capable d'atteindre tous les objectifs en
même temps.
Journaliste
: Sur le
troisième lien...
Journaliste
: Attends
un peu. Je... je veux être sûr de comprendre votre réponse. Donc, vous seriez
d'accord à ce que le gouvernement allonge des millions pour aider Glencore?
M. Grandmont : Dans un monde
idéal, là, Glencore a fait des milliards de profits à travers le temps, elle
est supposée être capable de trouver des solutions par elle-même pour atteindre
les objectifs, des normes qui existent pour toutes les entreprises, pour toutes
les compagnies au Québec. Elle devrait être capable de s'ajuster aux normes.
C'est une entreprise extrêmement lucrative, là, quand on prend... quand on
prend... quand on prend l'entièreté de la chaîne, ça, c'est important, là,
l'usine, la fonderie Horne n'est pas la plus lucrative, mais l'affinage qui se
fait après ça à CCR à Montréal permet de dégager d'immenses profits. Tout ça,
ça fait partie d'une chaîne. Donc, qu'on soit très, très clairs, quand on
regarde l'ensemble, l'opération, la chaîne de production de cuivre et
d'extraction d'autres minéraux rapporte énormément d'argent à la même
compagnie, Glencore, à la fin. Donc, cet argent-là, ils l'ont. Ils sont
capables de faire les ajustements et de respecter les normes environnementales
québécoises.
Journaliste
: Oui, non,
ou peut-être pour de l'argent public?
M. Grandmont : Bien, je veux
dire, on a des normes au Québec. Normalement, une entreprise est supposée être
capable d'atteindre ses... une entreprise est supposée être capable d'atteindre
ces objectifs-là sans qu'il y ait d'aide gouvernementale qui est mise dans une
opération comme celle-là.
Journaliste
: Sur le
troisième lien, donc... donc, le gouvernement va attendre la fin de la course à
la chefferie à la CAQ afin de dévoiler les coûts et de préciser le tracé. Vous
parliez du PEQ, tantôt, en disant qu'il n'y a personne qui appuie ça. Il semble
que même au sein de la CAQ, dans le fond, le troisième lien, les députés soient
encore divisés. Il n'y a personne qui appuie l'idée d'un troisième bien central
finalement. Pourquoi pas tirer la plug?
M. Grandmont : ...cette
sortie du ministre Julien, hier, je l'ai trouvée quand même assez drôle, parce
que d'une part, lui, il continue... il ne se représentera pas, là, bon, puis il
veut toujours que ce projet-là soit le plus avancé possible et irréversible,
là. Je reprends un peu les mots de sa prédécesseure. Il n'y a pas vraiment de
légitimité, là, pour pousser un projet qui pourrait coûter, là,
11 milliards. Puis ça, d'après moi, c'est une estimation assez
conservatrice, là, pour ce projet-là, ça, c'est la première des choses. Mais la
deuxième chose, c'est comment ça se fait qu'on attend de savoir qui sera le
prochain... le ou la prochaine cheffe de la CAQ pour savoir si ce projet-là...
pourquoi on met le projet sur la glace pendant la chefferie? Moi, je trouve que
ça démontre beaucoup plus, en fait, quelque chose de fondamental. Ce projet-là
n'est pas poussé par la CAQ pour sa pertinence, mais pour des considérations
électoralistes. C'est l'électoralisme qui pousse ce projet-là depuis des
années, on le sait, mais cette sortie de Jonathan Julien là vient juste le
prouver avec énormément d'éloquence.
Journaliste
: ...que
les gens de la Rive-Sud sont encore dupes?
M. Grandmont : Si les gens de
la Rive-Sud sont...
Journaliste
: Ils se
sont fait promettre un troisième lien en 2012 par la CAQ. En 2014...
M. Grandmont : 2014, 2014.
Journaliste
: Bien...
Journaliste
: En 2012
aussi.
M. Grandmont : ...ça a
commencé... 2014, ça se... L'étude... était sortie en 2013, mais en tout cas,
on ne s'astinera pas.
Journaliste
: Bien,
2014-2018, ils forment le gouvernement, réélu en 2022, il y a du fligne-flagne.
Puis... on se retrouve dans une situation où c'est un enjeu de la course à la
direction de la CAQ et possiblement des prochaines élections générales. Est-que
les électeurs de la Rive-Sud, notamment, puis peut-être de la région de Québec,
plus généralement, sont encore sensibles à ces promesses-là...
M. Grandmont : Parce que ça
montre... ça montre une chose, hein, ce projet-là n'a pas avancé, il n'y a
jamais eu d'étude d'opportunité, il n'y a jamais eu d'étude pour prouver la
sécurité économique, là, le fameux argument qui est utilisé depuis le rapport
de la CDPQ Infra. Pour moi, c'est clair que les gens... je ne dirais pas qu'ils
sont dupes, mais ils se sont fait rouler dans la farine par un gouvernement,
par des gouvernements, par des aspirants gouvernements qui voient là une
opportunité populiste de solutionner les enjeux de congestion que rencontrent
les gens.
La... tu sais, le dénominateur commun de
tout ça, là, c'est que les gens cherchent des solutions. Ils sont pognés dans
leur char, ça les énerve, puis je les comprends, évidemment. Par contre, les
vraies solutions, ça, le gouvernement de la CAQ, notamment, n'a jamais voulu
l'aborder. D'ailleurs, le PLQ non plus. Ce qu'on devrait faire, puis, je le
répète, c'est trouver des solutions... d'autres options de transport, du
transport collectif, du transport actif, resserrer le territoire, arrêter de
s'étaler. Bien, pour un gouvernement ou un parti qui aspire à gouverner,
peut-être que les méthodes plus populistes, les solutions plus populistes ont
plus de chances, d'un point de vue de la population, de les faire élire. Donc,
on pousse là-dessus plutôt que s'attaquer à des vrais enjeux, à des vraies
solutions qui auraient des répercussions à long terme positives.
Journaliste : ...vous avez
vu, là, peut-être que M. Tanguay a de la difficulté à se positionner avant la
fin de la course à la chefferie libérale, un peu comme la CAQ.
M. Grandmont : On est
toujours sur le troisième, là?
Journaliste
: Oui.
M. Grandmont : Oui. OK.
Journaliste
: Et, or,
M. Milliard, lui, son scénario privilégié, c'est celui du troisième lien à
l'est, que privilégiait aussi Philippe Couillard à l'époque. Est-ce que ça,
c'est du populisme?
M. Grandmont : Bien, écoutez,
je vous dirais qu'il y a un seul parti qui n'a jamais changé d'idée sur le
troisième lien, qui a toujours été clair sur la question du troisième. On n'en
a pas besoin. C'est une solution inutile à un problème qui n'est pas si grand
que ça, qui serait surtout très coûteuse, qui empêche de mettre 7 à
11 milliards de dollars dans d'autres projets d'infrastructure qui
seraient beaucoup plus bénéfiques, qui donneraient des solutions aux gens, qui
donneraient de la fluidité.
Alors, ça, ça représente bien,
effectivement, un parti politique qui peut être le voyant, qui peut décider
d'aller une fois sur un troisième lien à l'est, comme semble le proposer
Charles Milliard, puis d'autres fois, une opposition la plus totale, comme Monsef
Derraji le faisait depuis quelques mois, quelques années. Donc, j'ai vraiment
hâte de voir Monsef Derraji défendre le projet de troisième lien de Charles
Milliard. Ça va être très hilarant.
Journaliste : ...ne vous
amuse pas aussi toute la réalité d'avoir deux candidats à la... à la
course à la chefferie à l'intérieur d'un parti, où, là, certains enjeux en
cours, finalement, sont un peu colorés par les positions de chacun? Il y a une
particularité de voir cette course-là qui, là... finalement, c'est sur une
vision hypothétique. Ce qu'on comprend de M. Julien, en fait, c'est que c'est
un peu comme s'il disait : Mme Fréchette, bien, si vous tergiversez, il
n'y en aura pas, de troisième lien. Et il n'y a pas un peu d'ingérence de la
course à travers les volontés de la CAQ?
M. Grandmont : Oui, bien,
c'est un petit peu inévitable, là. Il y a peut-être un lien fort avec... avec
la CAQ. Tu veux-tu parler de Simon Jolin-Barrette qui disait qu'il était
souverain? C'est quand même assez intéressant, ça.
M. Cliche-Rivard : C'était
assez particulier quand même. C'est un...
M. Grandmont : Parce que ce
n'est pas vrai tout le temps.
M. Cliche-Rivard : On a vu
quand même Simon Jolin-Barrette récemment, puis on a vu des... quand même des
tensions sur le projet de constitution puis l'article 29, puis on a vu Mme
Fréchette quand même soumettre des doutes quand même assez clairs. Mais Simon
Jolin-Barrette, rapidement, sur la foi d'une souveraineté quelconque par
rapport à son projet de loi tassé du revers de la main, les revendications de
l'ensemble du milieu de la société civile québécoise, là, puis des... du
Collège des médecins et des autres revendicateurs pour demander le retrait de
l'article 29, là, tout d'un coup, lui, Simon Jolin-Barrette, il est très
souverain dans son projet de constitution, il en a fait la démonstration claire
et éloquente que, finalement, ce n'est pas une constitution du Québec, ce
n'était même pas une constitution caquiste, c'était une question de Simon
Jolin-Barrette, point barre, parce qu'il va être tout seul à décider.
Ça fait que cette démonstration-là est
éloquente quand on fait la comparaison entre comment lui se gouverne sur le
projet de constitution puis comment, de l'autre côté, il semble y avoir des
questions permises sur le PEQ. Là, il y a aussi une distinction claire entre M.
Drainville, même M. Girard, hein, la semaine passée, qui a dit que la CAQ se
devait être... se devait d'être plus inclusive et rassembleuse — clin
d'oeil clair au PEQ tant qu'à moi — puis, de l'autre côté, Mme
Fréchette qui, elle, s'allie avec Roberge, alors que, quand elle était ministre
de l'Immigration en 2023, c'est elle qui a déplafonné le PEQ et c'est elle
qui l'a mis de l'avant. Donc, on est vraiment, là, dans un scénario de
l'arbitraire total. Et puis les ministres se gouvernent, là, à... selon qui qui
a le plus d'influence et de poids, là. Manifestement, M. Simon Jolin-Barrette
pense qu'il est intouchable dans tout ça. On verra ce que l'avenir lui réserve.
Journaliste : ...pendant que
vous êtes sur le PEQ, juste pour être clair, parce que vous avez nommé les
chiffres tantôt, c'est... je pense, si je ne m'abuse, puis vous me corrigerez,
le nombre de CSQ émis par le biais du PEQ, là, en 2022-2023. Là, pour être
clair, vous, vous proposez d'offrir combien de clauses de droits acquis au
jour 1, là?
M. Cliche-Rivard : Moi, je
pense qu'on peut offrir une clause de droit acquis puis rester dans la cible
maximale que s'est donnée Jean-François Roberge, de 29 000. Je pense que
tout ça est possible. Le PEQ a toujours coexisté avec le programme régulier. Ça
a toujours été hybride, le système d'immigration québécois, depuis 15 ans.
Donc, il n'y a pas de raisons pour lesquelles on fermerait un pour donner
100 % du quota immigrants économiques à juste un des deux programmes.
Je pense qu'on peut faire une balance. Puis le PEQ l'a démontré de par ses
caractères exigeants, qu'on peut avoir les deux en même temps.
Ça fait qu'est-ce que c'est le tiers de
l'immigration qu'on va permettre dans le PEQ dans l'économique, c'est-tu le
deux tiers? Moi, je suis... je suis parlable, là, sur la distinction puis sur
la discussion. Les faits sont tels qu'il n'y a pas tant de monde que ça qui se
qualifie au PEQ. La démonstration est éloquente dans les 15 dernières
années. Ça fait qu'on ne dépassera pas le chiffre de M. Roberge. C'est le
chiffre qu'il a décidé. Ils sont au gouvernement. On peut accorder une clause
de droit acquis sans dépasser 29 042.
Journaliste : Mais la
conséquence de ça, ça ne risque pas d'être d'accorder des clauses de droit
acquis à, par exemple, uniquement des gens qui sont établis à Montréal, alors
que Mme Fréchette dit que la capacité d'accueil est atteinte à Montréal?
M. Cliche-Rivard : Bien, sur
le fait de Montréal, c'est intéressant. Le PEQ est le programme pour les
francophones. On parle souvent de l'enjeu du français à Montréal. Il n'y a pas
mieux pour le français à Montréal que de pérenniser des candidats du PEQ qui
sont francophones puis qui vont permettre justement d'inverser cette
tendance-là puis de protéger le français. Ça fait que, si on voulait faire
l'argument poussé à l'extrême, on pourrait sélectionner que du PEQ à Montréal
puis on aurait un impact positif sur le français.
Maintenant, pour ce qui est de la
régionalisation, si on fait un deux tiers, si on fait un tiers, si on se donne
de l'espace dans le Programme de sélection pour les régions, puis qu'on permet
au PEQ... qui, par ailleurs, n'a pas que des candidats montréalais, là, il y a
quand même des candidats partout. Moi, je parle là du monde... Je parlais à des
gens de Chicoutimi hier, qui vont perdre probablement un technicien en
laboratoire, puis un adjoint dans un... dans un centre jeunesse pour DPJ, là.
Ça touche l'ensemble du Québec...
Journaliste
: ...ils ne
pourraient pas passer par PSTQ?
M. Cliche-Rivard : Ils ne
sont pas invités, ils ne sont pas invités. Il y a eu trois rondes d'invitation
déjà, ils ne sont pas invités. L'infirmière de Sherbrooke, à qui je parle
souvent, Sabrina, là, elle n'a toujours pas été invitée, alors qu'elle a fait
de l'aide à domicile pour des aînés à Sherbrooke. J'ai parlé à une enseignante
de français à Saint-Jean, elle n'est pas invitée. J'ai parlé à des médecins qui
ne sont pas invités. Véritablement le PSTQ, ce n'est pas un mauvais programme.
On a toujours eu deux programmes, ça fonctionnait bien. Le PEQ permettait de
qualifier sur la voie rapide ceux qui avaient des atouts conséquents pour
l'économie québécoise, puis, de l'autre côté, on complétait le seuil économique
avec le programme régulier, puis ça fonctionnait. Il n'y a personne, dans les
15 dernières années, qui a dit que le PEQ n'était pas un programme efficace, au
contraire. Puis même le gouvernement Legault, même Christine Fréchette a
tellement jugé ce programme là prioritaire qu'elle l'a déplafonné. C'était sa
décision il y a à peu près un an et demi, aujourd'hui, on abolit ça
complètement.
Puis pourquoi Jean-François Roberge n'a
pas mis ça au jeu dans sa planification de l'immigration? Pourquoi vous et moi,
puis l'ensemble d'entre vous, là, on a passé l'automne à couvrir puis à parler
d'immigration sans que Jean-François Roberge soit honnête puis qu'il dise qu'il
mettait au jeu l'abolition du PEQ, puis on en aurait débattu avec l'ensemble
des groupes de la société civile? Pourquoi il a gardé ça dans sa petite poche
arrière pour nous resservir ça en plein mois de décembre, sans prévisibilité?
Puis pourquoi aujourd'hui il s'entête à dire que d'accorder une clause de
droits acquis dans le PEQ, ça permettrait de qualifier
350 000 personnes, alors que ce n'est pas vrai, que le PEQ n'a jamais
permis de qualifier des centaines de milliers de personnes, jamais?
Ça prend le niveau 7 en français, le
niveau supérieur, ça prend un diplôme d'études assez qualifié, bac, maîtrise,
ça prend 24 mois d'emplois qualifiés. C'est un programme d'excellence
auquel on s'attaque, puis ça n'a aucun sens.
Journaliste
: Sur la
santé, sur la santé, rapidement. Le projet de loi pour corriger la loi n° 2 va être déposé aujourd'hui. Est-ce que vous avez...
Ils n'ont pas beaucoup de temps avant l'adoption... avant l'entrée en vigueur
de la loi initiale. Est-ce que vous allez collaborer pour que ce soit accepté
rapidement... ou, en fait, qu'est ce qu'il doit avoir, dans ce projet de loi
là, pour que vous collaboriez?
M. Cliche-Rivard : On
collabore toujours, vous m'avez vu, en projet de loi, toujours très constructif
et collaboratif, mais il va falloir que les patients y gagnent quelque chose.
Moi, je veux des engagements législatifs pour les patients dans le projet de
loi. Là, on a vu des révélations puis on n'en sait pas exactement sur ce qu'il
va avoir dans le projet de loi, mais la... la simple inscription à des listes,
sans garantie de service pour le patient, pour ce qui est déboursé de l'autre
côté, ça ne sera pas suffisant. Il va falloir qu'il y ait des engagements
clairs, nets et précis, que les patients puis que les Québécois, Québécoises
gagnent au change dans cette entente-là. Moi, je vais veiller au grain, je vais
entendre les groupes, puis je vais aller en étude détaillée pour faire tout le
travail disponible, pour que la loi assure le plus de bénéfices possible aux
patients.
Puis j'espère que Mme Bélanger va être
ouverte à ce qu'ensemble on travaille au bénéfice des Québécois et Québécoises
dans ce psychodrame qu'ils ont créé eux-mêmes de toutes pièces.
Journaliste
: …the same topic that I wanted
to… I wanted to ask you those questions. You have to start a… because they have
until the end of the month, and the special law doctors was scrapped with the
agreement with GPs, and now we will have the agreement eventually with the
medical specialists. Yesterday, the Health Minister said that about 75,000 of
patients are now taken care of Indi dually or collectively. Is that true that
they are taken care of?
M.
Cliche-Rivard : Well, you are asking the right
question. We are going to see what's in the bill today, but, I mean, you put
those quotation marks where they are supposed to be. I mean, they are supposed
to be taking care of, what does that mean? Do that mean that you have direct
access to a line? I was told… I read the paper this morning, you still… to call
the 811, and you'll see if there is an available meeting for you, but maybe they…
maybe they won't have an available meeting for you, and maybe you will have to
go to the emergency room anyway.
So, I mean, what, within
this bill, is going to ensure that Quebeckers, that patients are getting services. This is what I'm going to be
looking for. Hopefully, after months of catastrophic scenarios, this is ending
by a positive outcome for Quebeckers, hopefully. And I'm going to read the bill, I'm going to comment
it and I'm going to be working in commission to make
sure that there are rights and the services that are being ensured for
Quebeckers.
Journaliste
:
La
Presse published an article in December about supernurses having a very
limited power to take care of patients in GMF. Isn't it absurd? Because it was
always in the plan of Mr. Dubé that it was a family doctor or a supernurse that
could care… that could take care of patients by… that was the summer of 2026.
Everything has changed, but how can we explain that supernurses in GMF have a
limited… very limited power to take care of patients in 2026?
M.
Cliche-Rivard :
Very difficult to understand. And we can put that same question
regards to other… other care workers. I mean, we've been speaking about direct
access to social workers, physiotherapy, other services that shouldn't have to
go directly to take an appointment with the doctors for afterwards being… being
offered those services. I mean, we need to rethink the first access to the
first line, and we need to make sure the good specialist is seen before to make
sure the doctors are really doing the job that they're supposed to be doing,
and not necessarily being the entry room or the entry… the entry officers for
the one that access the whole system, and the nurses is one of… the IPS is one
of the good examples, but we should… we should discuss also about opening
better access for other professionals. That should be helping us into ensuring
that the doctors are treating patients and that they're not doing only
administrative and directive services towards those patients.
(Fin à 8 h 46)