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(Huit heures vingt-sept)
M. Bérubé : Bonjour, tout
le monde. Après seulement deux jours de travaux parlementaires en cette
rentrée, force est de constater qu'il y a beaucoup d'instabilité au
gouvernement, d'incohérence, de dissonance. Ça se sent à la période de
questions au salon Rouge, dans les corridors, à travers les interventions. Je
veux juste rappeler qu'on est ici pour travailler. On souhaite que le Québec
aille bien. On va y contribuer du mieux possible. Il est dans l'intérêt des
Québécois et Québécoises qu'on ait un gouvernement qui soit fonctionnel avec
les dossiers qui sont évidemment ses priorités, mais aussi ce qui survient dans
l'actualité. Je pense entre autres, à ce qui se passe à Glencore à Rouyn-Noranda,
où on a un ministre responsable de la région qui va quitter en avril. Ça crée
beaucoup d'instabilité. Donc, je veux appeler le gouvernement à se ressaisir
comme il a décidé qu'on allait être ici, à faire les travaux parlementaires, à
tout le moins pour tout le mois de février. On lui assure de notre plein
concours, mais on aimerait avoir l'assurance que le gouvernement est capable de
gouverner correctement.
Il y a aussi une crainte qui va arriver
après le choix du candidat ou de la candidate, que ce gouvernement se scinde en
deux. D'ailleurs, si vous voulez tester ça, posez la question à M. Drainville,
et posez la question à Mme Fréchette, s'ils s'engagent, s'ils perdent, à
se présenter quand même dans leurs circonscriptions pour la CAQ, avec le chef
ou la cheffe qui sera choisi. Parce que M. Drainville sera candidat dans
Lévis si Mme Fréchette devient cheffe de la CAQ et première ministre, est-ce
que Mme Fréchette sera candidate dans Sanguinet si M. Drainville
devient premier ministre? Et vous saurez apprécier la réponse à ces questions.
Ça va vous en dire pas mal sur ce qui se passe présentement à la CAQ.
Ceci étant dit, on a posé des questions
cette semaine, on a déposé des motions, on demeure actif à l'Assemblée, on sera
à Chicoutimi en fin de semaine. On poursuit notre travail, parce que c'est pour
ça que les citoyens nous ont envoyés ici : poser des questions, faire des
propositions. Et jusqu'à maintenant, notre début de session se passe plutôt
bien. Mais on a encore bien des choses à questionner au gouvernement.
Joël.
M. Arseneau : Bonjour,
moi je voulais vous parler du dépôt du projet de loi n° 19 de la ministre
Bélanger hier, et qu'on mesure l'ampleur du recul du gouvernement non seulement
par rapport à la loi n° 2, mais dans son plan santé à
la CAQ. Si on fait une petite recension, recension du travail législatif depuis
un an, en fait, le dossier, il a stagné depuis un an. Tout d'abord, on a eu le projet
de loi n° 106 qui a été déposé, souvenez-vous, au mois de mai. C'était
suite à des négociations qui n'allaient nulle part. Un projet de loi de 52 articles
qui a été supplanté par une loi spéciale, projet de loi n° 2,
qui a été adopté, 214 articles en pleine nuit au mois d'octobre dernier,
qui a ensuite été amendé, charcuté par le projet de loi n° 16,
déposé le 12 décembre. 78 articles retranchés au projet de loi n° 2, ou à la loi n° 2. Et hier,
on a le projet de loi n° 19, qui vient abroger une
centaine d'articles sur les 214 originals. Tout ce travail législatif en
pure perte pour arriver non pas au point de départ, mais arriver beaucoup plus
loin en arrière de là où on était il y a un an. Parce qu'il faut se souvenir de
l'objectif du plan santé de la CAQ et du ministre Dubé, c'était d'abord que
tous les Québécoises et les Québécois aient accès à un médecin de famille. Puis,
ensuite, on a tronqué cet engagement électoral fort de la CAQ pour une prise en
charge collective. Et on voulait également changer le mode de rémunération des
médecins.
Résultat des courses : on boucle la
boucle d'une année complètement perdue, avec la possibilité, selon le gré et le
bon gré des médecins, d'une prise en charge de 500 000 patients sur
les 1,2 million de personnes qui attendent un médecin de famille. On a, et
ça, c'est sur une base volontaire, on a un mode de rémunération qui va être
modifié, en incluant la capitation, mais qui est sujet à négociation. C'est
tout ce que dit la loi à l'heure actuelle, et c'est truffé d'exceptions pour
les médecins qui entrent dans la profession ou ceux qui sont près de la
retraite notamment.
Donc, je pense que ce qu'il faut réaliser,
c'est qu'à l'heure actuelle, là, le projet de loi n° 19,
qu'on va regarder, qu'on va vraisemblablement adopter, c'est essentiellement l'arrêt
de mort du plan santé de la CAQ, déposé en début de mandat 2022. Alors, ça
a coûté évidemment très cher au gouvernement, le départ de deux ministres, départ
d'une autre députée. Mais ce que ça a coûté aux Québécoises et aux Québécois,
aux patients qui sont toujours en attente de services et de soins de santé de
qualité et d'un accès aux soins de santé, c'est un dommage pratiquement
irréparable au système de santé que la CAQ a causé depuis un an.
Journaliste : Est-ce vous
souhaitez que la session de la CAQ que vous appréhendez puisse bénéficier au
Parti québécois?
M.
Bérubé
:
Tant qu'ils sont au gouvernement, c'est là que j'ai un problème. C'est-à-dire
que, pour la conduite des affaires de l'État, l'instabilité, les divisions, les
rivalités... Écoutez, il y a des ministres qui ont pris position pour des
candidats. Je me demande si, dans l'administration même de leurs ministères ou
dans les réponses qu'ils apportent en Chambre ou dans d'autres lieux, ça n'a
pas une incidence sur la course. Alors, c'est une drôle de situation, puis, en
plus, on a un premier ministre qui ne devait pas s'ingérer dans la course qu'il
l'a fait hier, en indiquant avant même qu'une des candidates réponde, que :
Voici, je vous annonce d'avance, voici la réponse, puis organisez-vous avec ça.
Je veux dire, «l'establishment» a parlé. Et là, on va voir si la candidate va
répondre.
Journaliste
:
...proroger?
M.
Bérubé
:
C'est au premier ministre à décider. Il a choisi que...
Journaliste
:
...personnellement, vous dites que les décisions...
M.
Bérubé
:
On veut... Non, on veut travailler.
Journaliste
: Bien, vous
voulez travailler, sauf que, vous dites que ce n'est pas crédible, parce que
les décisions sont influencées...
M.
Bérubé
:
Non, je leur dis qu'ils doivent se... je dis qu'ils doivent se ressaisir. Nous,
on est ici pour travailler, on le fait. Il y a beaucoup de projets...
Journaliste : ...depuis, des
candidats auraient dû céder leur place... avec ce que vous venez de dire.
M. Bérubé : Oui, j'y ai
pensé à ça. Dans des courses précédentes, entre autres à l'époque de M. Landry,
j'ai essayé de me souvenir de ça. Habituellement, j'ai une bonne mémoire là-dessus.
Puis ça aurait été très compliqué, il aurait fallu enlever énormément de
ministres. Mais est-ce que c'était si essentiel pour des ministres de prendre
position? Ça, on pourrait se poser la question. C'est-tu si important que ça? C'est
les membres qui décident. Il me semble, de faire preuve de discrétion, de faire
preuve de neutralité, je veux dire, ce n'est pas comme si c'était attendu tant
que ça qu'un tel ministre prenne position, là, je veux dire...
Journaliste
: Qu'est-ce
que vous avez pensé de la sortie virulente de M. Drainville hier à l'égard
de Mme Fréchette? Est-ce que ça rentre justement dans les divisions dont
vous parliez il y a un instant?
M.
Bérubé
:
Elle était manifestement préméditée. Il a lu un texte. Tu sais, l'indignation, lue...
puis, là, juste rajouter ensuite l'émotion par-dessus, vous avez la recette.
C'était prémédité. Alors, ce que j'ai compris, c'est que Bernard Drainville et
quiconque l'a connu au Parti québécois le sait, son projet politique en entrant
en politique, c'est devenir premier ministre du Québec. Alors, il essaie de
prendre les moyens d'y arriver. C'est quelqu'un qui, depuis longtemps, cherche
à être premier ministre du Québec.
Journaliste
: Donc,
c'est un opportuniste?
M.
Bérubé
:
C'est quelqu'un, qui, depuis longtemps, cherche à être premier ministre du
Québec. N'importe qui va vous le dire au Parti québécois qui a siégé avec lui.
Journaliste
: Il est
prêt à tout? M. Bérubé, il est prêt à tout pour ça?
M.
Bérubé
:
Il est déterminé.
Journaliste : À n'importe quel
prix.
Journaliste
: Pourquoi?
Qu'est-ce que...
M. Bérubé : Moi, j'ai...
Prenez mes... comme ils disaient à l'époque, prenez mes mots.
Journaliste : Qu'est-ce qu'il
faisait, au Parti québécois...
M. Bérubé : Il s'est
présenté à la chefferie.
Journaliste : Oui...
Journaliste
: À part de
ça?
Journaliste
: Je veux
dire...
Journaliste
: Il y en a
beaucoup qui se sont présentés à la chefferie.
M. Bérubé : Oui, mais
lui, il veut vraiment... la deuxième fois, alors ça lui appartient, mais c'est
vraiment important pour lui. Alors, quand il est entré en politique, il n'est
pas entré comme un nationaliste, il est entré comme un indépendantiste. Puis il
y a eu une course, puis il a quitté... Parce que je l'ai entendu dire qu'il a
fait des constats...
Journaliste
: ...
M.
Bérubé
:
Là, si vous voulez que je poursuive ma réponse là-dessus... Et là, bien il a
continué en disant : Bien, là, j'ai quitté parce que... Non, il a quitté
parce qu'il a perdu la course. Alors, je veux juste rétablir ça. C'est la
première occasion que j'ai de le faire. Ceci étant dit, ce n'est pas nous qui
choisissons, mais en attendant, moi, j'aimerais ça que le gouvernement soit
cohérent, qui réponde bien aux enjeux de l'actualité. J'ai parlé de Glencore,
en Abitibi-Témiscamingue, la question a été posée hier dans la région. Quand le
premier ministre ne sera plus là, qui va être le ministre responsable de la
région? C'est une question qui est importante. Puis il y a d'autres crises
ailleurs également. Donc, on souhaite que ça se passe bien, puis on est ici
pour travailler, puis on va donner un coup de main du mieux qu'on peut.
Journaliste : ...M. Drainville
au PQ.
M.
Bérubé
:
Pardon?
Journaliste
: Il n'y a
plus de place pour M. Drainville au PQ. Vous dites... Tu sais, vous
laissez entendre que c'est un opportuniste, donc, il pourrait revenir...
M. Bérubé : Je n'ai
jamais dit ce mot-là.
Journaliste : Non, mais, moi,
je le dis.
M. Bérubé : Bien,
dites-le, puis faites un éditorial en disant que c'est vous qui signez.
Journaliste : Est-ce qu'il y
a encore de la place pour...
Journaliste : ...
M.
Bérubé
: Il y
a de la place pour les indépendantistes au Parti québécois.
Journaliste
: La porte
vient d'ouvrir, là. Vous avez déjà dit le contraire ici, là, en disant qu'il
n'y a pas de place pour les caquistes au Parti québécois.
M. Bérubé : Mais ils ne sont
pas indépendantistes, les caquistes.
Journaliste : Mais il en a.
M.
Bérubé
: Qui?
Journaliste
: Bien,
voulez-vous que je vous en nomme? Moi, j'en connais plein, là.
M.
Bérubé
:
Allez-y! Allez-y!
Journaliste : Non, je ne veux
pas vous faire du name dropping, là, mais vous les connaissez, là, vous avez
plein de vos anciens collègues qui sont traversés pour aller travailler pour la
CAQ.
M. Bérubé : Nous, on cible l'électorat,
d'accord? Alors, si vous êtes indépendantiste, si vous trouvez qu'on travaille
bien, si vous trouvez qu'on a une belle équipe, si vous aimez notre chef, il y
a plein de raisons de nous rejoindre. D'ailleurs, depuis plus de deux ans, les
Québécois nous disent s'il y avait une élection, l'alternative, c'est vous. Ça
nous honore, ça nous donne envie de travailler puis d'être à la hauteur.
Journaliste : Sur le projet
de loi n° 19, M. Arseneau. Allez-vous l'appuyer?
M. Arseneau : Le débat n'a
pas été fait en caucus, encore, là. Mais est-ce qu'on va appuyer l'échec total
de la CAQ? Écoutez, les chances sont minces. C'est... c'est véritablement
appuyer un recul par rapport à... aux objectifs que le gouvernement s'était fixé
et auxquels, je pense, une partie de... des citoyens souscrivaient, c'est-à-dire
avoir un accès... à un santé... à un professionnel de la santé, aux soins de
première ligne. Mais avec ce qu'on comprend du projet de loi, il n'y a pas de
gain, il n'y a pas de gain pour les patients.
Journaliste
: Mais êtes-vous
rassuré de savoir que l'ancien responsable de SAAQclic, qui est maintenant
responsable du dossier des médecins...
M. Arseneau : C'est très
rassurant. Écoutez, la... la nomination de... du... On n'a pas été associé à
ça. Écoutez, on jugera l'arbre à ses fruits.
Journaliste : Mais, quand
même, la CAQ, à la commission Gallant, a beaucoup dit : Il faut que les
fonctionnaires paient, ceux qui ont mal agi, etc. M. Généreux a eu un passage
difficile à la commission Gallant. Comment ça se fait qu'il y ait pu se
retrouver une place dans un dossier aussi important? Puis, qu'est-ce qui arrive
s'il est blâmé dans le rapport?
M. Arseneau : Bien, je pense
que le gouvernement devra se justifier de... de l'embaucher et de le conserver dans...
dans son équipe. Mais effectivement son passage n'a pas été glorieux au
ministère des Transports et de la Mobilité durable. On l'a vu lors des
auditions de la commission Gallant. Moi, j'attends le rapport, puis on... là
aussi, là, on avisera, le rapport qui devrait être publié, là, la semaine
prochaine, si... si je ne m'abuse, d'ici le... le 13.
Journaliste : Avez-vous
quelque chose à dire là-dessus, M. Bérubé?
M.
Bérubé
: J'ai
hâte. J'ai hâte. J'anticipe que ça pourrait être bien.
Journaliste : Il y avait un
sondage ce matin, SOM-Le Soleil, sur les priorités des gens, là, qui
pourraient... les priorités qui pourraient faire changer leur vote, coût de la
vie, premier, mais, à la fin, il y a souveraineté, laïcité, score à 10 %
environ. Est-ce qu'on en parle trop par rapport aux priorités des gens?
M. Bérubé : Voici ma réponse.
Depuis l'automne 2023, depuis l'élection partielle dans Jean-Talon, à chaque
sondage, on demande aux Québécois qui répond le mieux à vos intérêts, à vos
préoccupations, systématiquement, c'est le Parti québécois. Voici ma réponse,
donc, qui fait la synthèse de tout ça. Alors, les enjeux prioritaires, ils s'expriment
à travers une formation politique et ils disent de façon assez importante :
Cette formation politique là porte ce qui est important pour moi, pas tout,
mais, depuis plus de deux ans, c'est notable. Alors, c'est cette tendance-là.
Puis, tu sais, j'entendais tout à l'heure
la porte-parole de Québec solidaire dire que seulement sa formation politique
porte ça. Je veux dire, si c'était le cas puis elle était totalement en
synthèse avec les citoyens, ils ne seraient pas à leurs pires résultats en 20 ans
sous le leadership de Mme Ghazal.
Journaliste : Donc, les gens
vous appuient mais pas pour la souveraineté.
M. Bérubé : Les gens nous
appuient pour toutes sortes de raisons, parce qu'ils sont indépendantistes,
parce qu'ils nous trouvent meilleurs que la CAQ, parce qu'ils nous trouvent plus
crédibles que les autres formations politiques et parce qu'ils y voient de l'espoir,
puis ils trouvent que Paul St-Pierre Plamondon, qui incarne la personnalité
politique la plus importante au Québec présentement, mériterait d'être premier
ministre.
Journaliste : ...ne vous
appuient pas seulement pour la souveraineté
M. Bérubé : Pour toutes
sortes de raisons. C'est comme dans un journal, il y en a qui lisent les sports
puis il y en a qui lisent les nouvelles, plein de choses. Ils aiment le tout.
Journaliste : Oui, mais quand
on sait que le parti, la première chose qu'il va faire, c'est un... un référendum.
M. Bérubé : Je pense que le...
Ma prétention, c'est que les gens sont pas mal au courant qu'on est indépendantistes.
Ils sont au courant.
Journaliste
: Just
to... I'll jump on Bill 19. Why are you saying that the
CAQ scrapped its poor health reform?
M. Arseneau :
We've wasted a year. I'd like to back
track on… no back track, to go back on the back… the government's backtracking.
First of all, in May, last May, there was a bill tabled, 106, it was scrapped
by Bill 102, that was adopted by «bâillon», under closure…