Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.
(Huit heures une minute)
M. Grandmont : Bonjour.
Content de vous retrouver. Je veux vous parler... écoutez, j'aurais aimé vous
parler de plein d'autres sujets, mais on y revient tout le temps, hein, vous voyez
la crise, la nouvelle crise à la CAQ autour du troisième lien. Certains
articles, certaines chroniques sont sortis encore ce matin là-dessus. Ce projet-là,
là, on sait, tout le monde, qu'il ne se fera pas, mais ça devient une espèce de
test de pureté à la CAQ, hein, il faut être pour, pour être capable de passer
le test, selon certains. Le premier ministre a dû réintervenir dans la course à
la chefferie pour assurer que tout le monde est d'accord avec ce projet-là, qui
n'est pas bon, qui n'est pas appuyé par aucune étude, aucun expert, aucune
étude sur la sécurité économique, aucune étude sur la... d'opportunités non
plus.
Nous, on a, chez Québec solidaire,
tendance à proposer des solutions qui sont plus rapides, plus faciles à mettre
en œuvre, plus pragmatiques. On a beaucoup... on a une opportunité, en fait, en
ce moment, avec le pont de Québec... le ministère des Transports, qui est
propriétaire du tablier, on se le rappelle, hein, l'infrastructure est possédée
par le fédéral, mais le tablier appartient au gouvernement du Québec. Il doit
le refaire. Il a proposé une première mouture de ce tablier-là qui ne passe pas
la rampe. Trop lourd en béton, ça ne fonctionne pas.
Donc, on a une opportunité à ne pas
échapper et c'est ce qu'on propose, en fait. Plutôt que d'investir 400 millions de
dollars dans des études d'un projet qui ne se fera pas, qui est juste un hochet
électoral, nous, on propose, en fait, d'abaisser le pont de Québec. Il y a des
documents du ministère des Transports qui existent, qui prouvent que ce tablier-là
peut être abaissé, peut permettre le passage des camions et des véhicules de
transport collectif plus lourds. Donc, ça permettrait à la fois, de manière
très rapide et plus... et moins chère, d'offrir des solutions, finalement, aux
problèmes de sécurité économique, là, selon la définition qu'on en donne. Si
jamais il y a des travaux qui doivent être faits sur le pont Pierre-Laporte, donc,
on peut y faire circuler des camions, mais, en plus de ça, ça permettrait de
faire passer sur ce pont Québec là du transport lourd, SRB ou tramway,
éventuellement, et donc donner des options de transport collectif aux gens, qui
n'en ont pas beaucoup, à Lévis, on doit se le dire.
Et je le rappelle, le transport, c'est le
deuxième poste budgétaire des familles québécoises, donc c'est quelque chose d'important
à mettre en place. Ça, ça coûterait à peu près, normalement, 250 millions,
là, pour refaire le tablier du pont. L'abaisser, ce serait environ un 30 millions de
dollars de plus, selon les informations qu'on a, donc 280, au total, plutôt que
les 400 engloutis dans le projet imaginaire du troisième lien. Je passe la
parole à Ruba.
Mme Ghazal : Merci, Étienne.
Alors, bonjour, tout le monde. Ce matin, on le voit, les Québécois sont
extrêmement, extrêmement inquiets du coût de la vie. Tout coûte extrêmement
cher. L'épicerie, les gens travaillent puis n'arrivent pas à payer leur épicerie.
Ils le voient à tous les jours. Moi, vous le savez, je me tiens près des... dans
les épiceries. Évidemment, je fais mon épicerie, mais j'en parle aussi aux gens
pour voir comment ils la vivent au quotidien, pour comprendre encore plus leur
réalité.
C'est pour ça qu'à Québec Solidaire, on a
des propositions et on va en avoir tout le long de la session pour aider le
portefeuille des Québécois. On a proposé d'éliminer la taxe sur les produits d'hygiène.
Prendre soin de soi, ce n'est pas un luxe. On a un aussi... Hier, Christine
Labrie a proposé d'enlever la taxe sur les vêtements usagés pour les enfants. C'est
rendu que même le McDo a décidé de geler le prix du Big Mac. Pendant ce temps-là,
François Legault, tout ce qu'il a offert aux gens qui travaillent, c'est
11 $ par mois. Qu'est-ce que les gens peuvent faire avec 11 $ par
mois quand tout coûte cher, le loyer, l'hypothèque, le transport, l'épicerie?
Pendant qu'on fait des propositions, nous,
à Québec solidaire, la CAQ, elle, sa priorité, c'est encore une fois le
troisième lien, c'est des centaines de millions de dollars qui sont gaspillés
dans un projet qui va juste servir les élections de la CAQ, et Simon
Jolin-Barrette est en train de mettre à mal le droit à l'avortement dans sa
Constitution, dont il se dit souverain. Pendant ce temps là, il y a... ils sont
totalement déconnectés de ce qui préoccupe les Québécois et Québécoises.
Journaliste : Comment réagiraient
les caquistes, selon vous, si, dans ses consultations, Mme Fréchette en venait
à la conclusion que, finalement, c'est une bonne idée d'abaisser le calibre puis
ne pas faire le troisième lien?
Mme Ghazal : Ce serait intelligent
de sa part.
M. Grandmont : Bien, moi, je
pense que ce serait une décision réfléchie, en fait, là. Souvenez-vous du plan
qu'on avait proposé en 2022. On avait décidé, pour la région de Québec, d'offrir
des solutions qui étaient basées sur la science, une espèce de somme de l'ensemble
des bonnes idées qui avaient été discutées dans la région de Québec, beaucoup
de ces solutions-là, qui ont été reprises, d'ailleurs, par la CDPQ Infra quand
elle a reçu un mandat de la part de l'ancienne ministre des Transports,
Geneviève Guilbault.
Donc, moi, je pense que c'est un geste
pragmatique. Après ça, c'est à elle de voir, mais on la présente souvent comme
quelqu'un de rigoureux, pragmatique, cartésien, moi je vous invite vraiment à
regarder les options qui donnent des résultats rapidement et non pas seulement
des solutions qui sont vouées à des considérations électoralistes dans la
grande région de Québec.
Journaliste : Sérieusement!
Sérieusement, hein! Hier, M. Legault, il a dit qu'il ne veut pas jouer à
la belle-mère dans cette... dans cette course, il ne peut pas s'empêcher, il a
dit : Nous, à la CAQ, on est pour le troisième lien. Donc, il a
télégraphié...
Journaliste
:...
Mme Ghazal : ...il a
télégraphié son message à Christine Fréchette. Christine Fréchette... en tout
cas, elle a reçu un ordre de... du... du boss actuel, le fondateur de la CAQ.
Donc, je ne sais pas à quel point elle a une liberté de décider puis de
réfléchir de façon rigoureuse. Moi, je l'invite, je l'invite à le faire. Je
veux dire, elle les voit, là, tous les arguments qu'on met de l'avant, tout
l'argent qui est gaspillé dans cette saga-là, l'argent des Québécois, là. Les
gens paient des impôts extrêmement chers. Ils en paient beaucoup, ils
s'attendent à recevoir des services, à avoir des hôpitaux qui tienne debout,
des écoles qui soient belles pour leurs enfants, pour avoir une bonne
éducation, ils ne s'attendent pas à ce qu'on gaspille des centaines de millions
de dollars dans un projet qui ne verra pas le jour puis qui est là juste parce
que la... François Legault puis la CAQ ont décidé que... C'est leur façon
d'attirer les Québécois.
Journaliste : Comment vous
avez trouvé l'attaque, l'attaque virulente de Bernard Drainville à l'égard de
Mme Fréchette, hier? Mme Fréchette dit : Moi, je veux
réfléchir, je veux consulter et je veux prendre ma décision ou mon... ma
position dans quelques jours. Et Bernard Drainville arrive avec une massue pour
dire qu'elle n'est pas capable de prendre des décisions. Comment vous avez
trouvé cette attaque-là?
Mme Ghazal : Moi, je ne suis
pas membre de la CAQ, donc je vais laisser...
Journaliste
: ...
Mme Ghazal : ...je vais les
laisser... je vais les laisser faire leur... leur débat. La CAQ vient de
découvrir les joies du débat dans un parti politique. Comme... comme... Je vais
les laisser faire... faire leurs... leurs débats entre eux. Puis, ça va être
les caquistes, les membres de la CAQ qui vont décider. Non, ici...
Journaliste
: ...
Mme Ghazal : ...nous, ici...
Il n'osera pas. Non, ce n'est pas vrai. C'est une blague. Nous, ici, ce qui est
important, mais on est capables d'avoir des débats aussi à Québec Solidaire,
nous...
M. Grandmont : C'est sûr que
je n'ai pas le même caractère que M. Drainville non plus, hein?
Mme Ghazal : On ne
s'immiscera pas dans la course de la CAQ. Nous, ici, on est... on est ici pour
les intérêts des Québécois et Québécoises.
Journaliste
: ...
Mme Ghazal : Non, moi, ce que
je dis, c'est François Legault.... François Legault, il a décidé, lui, qu'ils
sont pour, la CAQ. Donc, je ne sais pas comment Christine Fréchette va décider
de faire...
Journaliste
: ...à
Mme Fréchette. On sait que Mme Fréchette, c'est un peu la... la
candidate de l'establishment, là. Donc, est-ce que...
Mme Ghazal : François Legault,
il a télégraphié son souhait. François Legault, il a télégraphié son souhait.
Lui, il aimerait que le troisième lien voie le jour. Nous, on trouve que ça n'a
pas de bon sens. Il y a... Les caquistes, ils n'ont pas l'air d'accord entre eux.
Après ça, on va voir ce que Christine Fréchette va faire, puis c'est elle qui
va décider, c'est une femme... elle peut décider par elle-même après ça, de ce
qu'elle veut faire, de ce qu'elle... elle va mettre de l'avant.
Nous, on est là pour les intérêts des
Québécois. On veut être le chien de garde des... du portefeuille des Québécois.
Assez de gaspiller de l'argent des... des impôts des Québécois dans un projet
comme celui-là.
Journaliste : ...un projet
identitaire? Parce que Bernard Drainville, il dit : Être à la... être à la
CAQ, là, c'est être pour le troisième lien. Est-ce que c'est devenu un projet
qui est identitaire?
Mme Ghazal : C'est un mauvais
projet. C'est qu'on tire la plug puis qu'on arrête d'en parler. Ça fait huit
ans qu'ils sont là, qu'ils arrêtent de jouer au yoyo puis au Monopoly avec
l'argent des Québécois.
Journaliste : C'est-tu un
projet géographique, alors? Est-ce qu'il y a une fracture dans le caucus,
M. Grandmont, là, dans la région de Québec, par rapport au reste...
Mme Ghazal : C'est un projet
électoraliste pour la CAQ?
M. Grandmont : Bien moi...
Journaliste
: C'est-tu
géographique?
M. Grandmont : Bien, est-ce
que c'est géographique?
Journaliste
:
...géographique?
M. Grandmont : C'est sûr
qu'il y a un attachement beaucoup plus grand à certaines personnes, là, dans la
grande région de Québec. Moi, je vous dirais que je défends une
circonscription, puis mon collègue Sol Zanetti aussi, des circonscriptions, où
finalement l'attachement au troisième n'est absolument pas là, là.
Journaliste : Bellechasse,
Lévis, les gens... la Beauce, les gens le veulent, non? Vous niez ça?
M. Grandmont : Oui, oui,
mais, en même temps... comment je vous dirais ça, c'est clair que...
Journaliste
: ...lié
par le troisième lien. Moi, je vous demande Bellechasse, Lévis, la Beauce...
M. Grandmont :. Oui, oui,
non, non, je vous entends bien. J'entends bien votre question. J'entends bien
votre question. Je ne nie absolument pas ça. Ce que je vous dis, c'est
qu'effectivement, dans la région de Québec, il y a un attachement pour ce
projet-là. On regarde les sondages, puis évidemment c'est ce qu'on voit. En
même temps, est-ce que des gens qui habitent à Saint-Émile de... peuvent
être... ou qui habitent, tu sais, dans Lebourgneuf, qui... qui se disent
favorables à ce projet-là, le sont pour les bonnes raisons?
Moi, je reviens toujours à la même... tu
sais, à la même... au même fondamental, là, qui dit que les gens sont tannés
d'être dans le trafic. Ça, c'est une constante, là, je veux dire, personne dans
la vie n'aime ça, être pogné dans le trafic, même si, à Québec, le trafic n'est
pas celui de Montréal, admettons. Bon.
Mais toujours est-il que quand on a des
politiciens qui proposent des solutions simplistes à des problèmes complexes,
comme celui de la congestion, alors qu'on sait que, partout dans le monde, là,
il n'y a personne, aucune ville, aucun État qui n'a réussi à baisser sa
congestion en ajoutant des voies de circulation. Au contraire, on empire le
problème par le phénomène de la... de la demande induite avec l'étalement
urbain qui vient avec. Mais... mais quand même, des politiciens décident de
faire du populisme en proposant un troisième lien, une autoroute par-dessus ou
en dessous du fleuve Saint-Laurent dans le but d'engranger des votes, mais ce
n'est pas la solution, ce n'est pas la solution. Moi, ce que je vois, là, c'est
les citoyens, les citoyennes qui sont tannés d'être dans le trafic, qui
aimeraient ça avoir un peu de fluidité. Puis ce qu'on leur offre, nous, chez
Québec solidaire, si un gouvernement solidaire est en place la prochaine élection,
c'est des options de transport diversifiées, parce que c'est ça, la solution,
des transports collectifs performants, quelque chose qui nous permet de passer,
de part et d'autre, du fleuve Saint-Laurent, qui est la solution que je vous ai
apportée avec le Pont de Québec tantôt, en est une solution à moindre coût. Ça
répondrait aux besoins des gens à très court terme. Donc, voilà.
Journaliste
: ...de
madame... de M. Drainville, tu sais, hier, la sortie de M. Drainville, est-ce
que vous trouvez que Mme Fréchette est quelqu'un qui manque de leadership?
Est-ce qu'elle a cette image-là? Est-ce que c'est...
Mme Ghazal : Je vais les
laisser faire...
Journaliste
:
...qu'est-ce que vous pensez d'elle?
Mme Ghazal : ...je vais les
laisser faire...
Journaliste
: ...votre
opinion sur Mme Fréchette, à vous?
Mme Ghazal : Bien, moi, c'est
mon opinion sur tout ce gouvernement, je veux dire, ils ont été au conseil des
ministres, là, ils sont d'accord avec tout ce que ce gouvernement-là a fait,
puis ce que ce gouvernement-là a fait. Il ne s'est pas occupé des vraies préoccupations
des Québécois, puis il a perdu le temps et l'argent des gens avec un projet de
troisième lien qui est un mauvais projet, on n'en veut pas. Après ça, eux
autres, ils décideront entre eux, qu'est-ce qu'ils veulent faire. Moi, j'évalue
le résultat de ce gouvernement-là et non pas de faire les personnalités de
chaque personne, qu'ils décident.
Moi, ce que je dis, c'est que ce projet-là
ne doit pas avoir lieu. Christine Fréchette était en train d'y réfléchir et
François Legault a dit : Nous, on est pour le troisième lien, ça fait
qu'il est en train de dire à tout le monde : Vous devez tous être pour le
troisième lien.
Journaliste
: ...demandé
à Christine Fréchette... avec Christine Fréchette, de ne pas céder au chant des
sirènes du troisième lien. C'est ça que vous demandez. Vous l'avez demandé tout
à l'heure, M. Grandmont, vous demandez à Mme Fréchette de ne pas céder.
Mme Ghazal : Bien, on demande
à toutes les personnes qui veulent devenir chef et premier ministre de ne pas
céder à ce projet-là, que ce soit le premier ministre actuel ou les futurs
premiers ministres. C'est ça qu'on demande. Elle, elle veut réfléchir, bien, je
veux dire, si... On serait heureux qu'elle dise finalement qu'elle ne veut pas
de troisième lien, ça sera une bonne chose, après ça, les caquistes vont
décider. Ce qui est important, c'est... Nous, on écoute la science et la
science nous dit que ce projet-là, il est mauvais. Et on veut aussi que les
citoyens puissent... de Québec puissent se déplacer de façon efficace. Il y a
d'autres solutions que le troisième lien pour le faire.
Journaliste
: …M.
Grandmont, à Ottawa, est-ce que Québec doit en ajouter, parce qu'il y a
comme...
M. Grandmont : J'ai manqué le
début de votre question, excusez-moi.
Journaliste
: J'ai dit
retour de l'électrique à Ottawa, là, on va ramener... Est-ce que le Québec doit
reculer un peu pour restimuler la filière?
M. Grandmont : Bien, c'est
sûr que c'est des... des mécanismes qui sont intéressants pour encourager les
gens à faire le pas vers l'électrique, là, quand on est justement dans des
situations... l'automobile est le seul moyen de déplacement pour certaines personnes
considérant l'offre plus déficiente de transport collectif. Mais, tu sais, vous
dites retour de l'électrique au fédéral, il y a quand même abaissement au
niveau des quotas, ce qui est exigé au niveau des constructeurs. S'il n'y a
plus d'offre obligatoire générée par une obligation du fédéral, est-ce qu'il va
y avoir tant que ça de demandes à la fin? Tu sais, je veux dire, essayer de
trouver un petit véhicule en ce moment. Ce qu'il y a beaucoup, c'est des VUS.
Est-ce qu'on va avoir le même système, le même problème au niveau de
l'électrique? Ça fait que, pour moi, c'est une espèce de mesure en demi-teinte,
c'est une mesure... c'est une mesure en demi-teinte du côté du fédéral. Je ne
suis pas sûr qu'on est en train d'avancer tant que ça sur l'électrique, même au
niveau du fédéral.
Il y a les véhicules chinois, évidemment,
qui vont s'en venir. Mais, encore là, c'est une fraction du stock de nouveaux
véhicules qui vont être vendus dans la prochaine année, 49 000, on parlait
de quelques pourcentages...
Journaliste
: ...dans
le gaz.
M. Grandmont : Bien, c'est
sûr que c'est un... On voit des reculs, hein, je veux dire, l'aspirant premier
ministre Bernard Drainville lui-même, tu sais, a proposé... Quand il était
ministre de l'Environnement, c'est une des mesures où il a reculé, justement,
l'environnement. Il a fait plusieurs choses néfastes pour l'environnement, M.
Drainville, dans son court passage à l'environnement. Mais c'est ça, on
remarque ça à plusieurs égards. On voit des reculs aussi au niveau du transport
collectif. Financement par le fédéral, le Québec ne va pas chercher sa part des
coupes. Dans l'offre de service aussi, on a reculé sous Geneviève Guilbault. Il
y a moins d'argent pour offrir davantage d'options de transport collectif performantes
pour les gens au Québec, puis on recule aussi sur l'électrique.
Donc, encore une fois, on décide de
laisser tomber l'environnement. Puis ça, il y a une belle unanimité, exception
faite évidemment de Québec solidaire, de tous les autres partis politiques qui
font dans les... qui sont présents, où le parti... le parti conservateur du
Québec. Quand on a ces partis-là qui se disent de centre droit, puis qui
courtisent l'électorat avec des nouveaux... des nouveaux... tu sais, en tout
cas, en se foutant pas mal de l'environnement, moi, je trouve ça
particulièrement inquiétant. Québec solidaire, nous, on ne lâchera pas le
morceau, c'est quelque chose qui est superimportant, oui, la fin du mois, mais
aussi la fin du monde, comme on dit, est très importante pour nous, on veut
s'en préoccuper.
Journaliste
: Je vous
ramène sur... Ah! est-ce que c'était relié à l'électrique?
Journaliste
: Bien,
c'est juste sur les transports collectifs... juste d'évoquer ça très, très rapidement,
là. J'aimerais savoir ce que vous pensez parce que vous vous faites la
promotion du transport collectif, là, au Québec, pour prendre le bus? Oui,
c'est rendu quatre pièces aller-retour, 8 $, si je veux aller quelque part.
M. Grandmont : Exact.
Journaliste
: Je veux
savoir ce que vous pensez de ça. Est-ce que c'est viable? Je veux dire, est-ce
que les gens... Tant qu'à ça, tu prends ton char.
M. Grandmont : C'est clair.
Non, non, c'est clair, ça coûte vraiment cher. Puis cette hausse du prix du
billet d'autobus, qu'on observe partout, là, à Québec, à Montréal, à Gatineau
et ailleurs, elle est principalement occasionnée par le retrait du gouvernement
du Québec dans l'offre de services de transport collectif.
On a eu une grande avancée, en termes
d'achalandage, au Québec entre 2006 et 2011. Le gouvernement de l'époque avait
investi massivement dans l'offre de services de transport collectif, et on a vu
les prix se maintenir à des niveaux qui étaient abordables pour les gens, puis
on a vu l'achalandage augmenter. Mais vous avez tout à fait raison, le prix est
un indice important, puis les gens vont en tenir compte, ou pas, là...
Mme Ghazal : Les voitures
coûtent cher, le transport en commun coûte cher. Ça coûte cher, le transport,
ça fait partie aussi des questions du coût de la vie, l'épicerie, le transport,
c'est un budget important et...
Journaliste
: ...choix
de se transporter pour aller travailler.
Mme Ghazal : Il faut... Exact.
Absolument. Les gens sont mal pris, puis le gouvernement les laisse, leur
dit : Débrouillez-vous.
M. Grandmont : Mais ce qui
fait que les gens vont prendre les transports collectifs, c'est à la fois le
prix, c'est la fréquence et l'efficacité, la rapidité du déplacement. Donc, le
prix joue un rôle superimportant aussi. Puis moi, je pense particulièrement aux
personnes qui sont dépendantes, qui sont obligées de prendre le transport
collectif, des personnes qui vont être plus vulnérables, par exemple, les étudiants,
les personnes qui sont à l'aide sociale, notamment.
Heureusement, il y a des initiatives. À
Québec, il y a quand même... mobilité, qui est un programme, mais ils le font
sans aide du gouvernement du Québec, là. Ça n'a juste pas de bon sens. Il y a
un abandon complet de cet enjeu-là, là, de... Il y a un abandon de la
responsabilité du gouvernement du Québec dans l'offre de transport collectif.
On préfère couper des rubans pour des nouveaux projets. On a quelques projets
qui sont en marche, le tramway finit par avancer, on l'aura plus tard, mais on
l'aura quand même, le REM, qui a été ouvert, évidemment, aussi, mais, en termes
d'offre, là, au jour le jour, là, les citoyens et citoyennes, les usagers, là,
ne voient pas la différence pour l'instant.
Journaliste : Je reviens aux
priorités des Québécois, au coût de la vie. Donc, vous faisiez allusion au
sondage SOM/Le Soleil, ce matin. Aussi à la fin, dans les dernières
priorités, c'est la souveraineté du Québec et la laïcité de l'État. Pourtant,
on en parle beaucoup. Est-ce qu'il y a une déconnexion entre les priorités à
l'Assemblée nationale et ce que les Québécois vivent?
Mme Ghazal : Oui, il y a une
déconnexion, c'est sûr et certain, parce qu'ici on est les seuls à parler de la
question de la crise du coût de la vie. Le logement aussi, la crise du
logement, était haut dans les préoccupations des Québécois. Entendez-vous les
autres partis faire des propositions concrètes pour le portefeuille des
Québécois? On est le seul chien de garde du portefeuille des Québécois. On est
les seuls à amener des propositions qu'on peut faire demain matin, tout de
suite. Éliminer la taxe sur les produits d'hygiène, éliminer la taxe qui a déjà
été payée sur les vêtements pour les enfants. Ça, ça va permettre aux gens de
souffler. Personne n'en parle. On est les seuls à en parler.
Journaliste : ...va aussi
parler de souveraineté, probablement, ces prochains mois...
Mme Ghazal : Bien, on est le
parti qui nous préoccupons de la fin du mois, mais aussi des enjeux du siècle.
La crise climatique, tout le monde a abandonné ça, tous les partis. Maintenant,
c'est plus... fini. Le Parti québécois a décidé, dans son dernier congrès,
d'être propipeline. C'est ça, maintenant, le Parti québécois.
Et aussi la question de l'indépendance,
pour nous aussi, c'est important, c'est pour ça... J'ai écrit un livre
là-dessus, où est-ce que je parle des gens du pays qui viennent aussi
d'ailleurs, qui se sentent Québécois, comment je suis devenu indépendantiste,
pourquoi je veux que le Québec devienne indépendant. Il faut rassembler les
gens derrière ce projet-là, les nations autochtones, avec une proposition de
consultation de la population pour en parler, pour qu'il y ait un débat. Ça ne
peut pas se faire... Un pays ne se fait pas à l'Assemblée nationale, au salon
rouge, il se fait avec le peuple, sur le terrain, avec le monde, et c'est ce
qu'on fait, à Québec solidaire, aussi.
Journaliste : Comment vous
recevez le fait qu'il y a 10 % des gens qui mentionnent la souveraineté,
là?
Mme Ghazal : Ce n'est pas
nouveau, ce n'est pas nouveau. Moi, je peux comprendre les gens. Je veux dire,
mettez-vous à leur place, une mère monoparentale qui n'arrive pas, elle est
toute seule, elle travaille, elle essaie de payer le loyer, elle se fait
évincer, on a un cas, là, dans Villeray, parce que le gouvernement leur
dit : Débrouillez-vous, là, il les laissent tomber puis il ne veut rien
contrôler, c'est le Far West dans le marché de l'immobilier, puis du logement.
Donc, c'est normal que les gens... à un moment donné, quand on leur dit :
C'est quoi, ta priorité entre manger du pain... mettre du pain sur la table ou
l'indépendance?, c'est normal, on ne peut pas reprocher à la population de dire
que ce n'est pas leur priorité du jour, c'est normal.
Et c'est pour ça que nous, comme formation
politique, il faut qu'on parle de ces enjeux-là, il faut qu'on amène des
propositions pour les enjeux du portefeuille, mais aussi le projet
d'indépendance qu'on porte, nous, à Québec solidaire, de l'amener avec une
façon où est-ce qu'on consulte toute la population. Et ça, bien oui, ça prend
du temps, mais ça ne veut pas dire qu'on n'en veut pas, là, du projet de pays,
parce que les gens, ce n'est pas une priorité, c'est juste que c'est
compréhensible.
M. Grandmont : Et, si je peux
me permettre aussi d'ajouter, parce que la question est très bonne,
l'indépendance aussi, c'est le moyen ultime pour être capable de rapatrier tout
l'argent qu'on envoie à Ottawa, qui est décidé ou qui est destiné, qui est
programmé, orienté vers des programmes qui ne nous ressemblent pas, qui est
destiné à l'exploitation des sables bitumineux en Alberta, par exemple. Donc,
de garder cet argent-là chez nous, de garder les pleins contrôles sur notre
territoire, de garder... Bref, de faire l'indépendance nous donnera aussi,
éventuellement, mais c'est un projet à plus long terme, mais tous les leviers
nécessaires pour justement répondre à ces questions de fin du mois. Ce qui ne
veut pas dire qu'il ne faut pas travailler là-dessus parce que les gens, c'est
à ça qu'ils pensent. Nous aussi, on les voit. Ruba va faire l'épicerie avec son
micro très régulièrement, interviewer plein de gens. Puis, je veux dire, les
gens sont complètement découragés, là, ils se sentent pris à la gorge
complètement.
Donc, on doit donner une réponse à ça,
mais on regarde toujours l'objectif sur la finalité qu'est l'indépendance du
Québec, qui nous donnera ces moyens-là aussi pour encore mieux y répondre.
Le Modérateur
: On va
passer à l'anglais.
Journaliste :
On the electric car rebates from
Ottawa, was that a good idea?
M. Grandmont :
I don't think it's a very good idea. In
fact, you know, we're happy to see that Mark Carney decided to finally
subsidize the fact of buying electric cars. It's a good thing, but, on the
other hand… to stop quotas on the production of new electric cars. So, if you
don't have a stimulus for a new offer on the market, you know, people won't buy
it. So, it's a win win situation for him because he's not… he doesn't have a
beef with the car industry, but, on the other hand, he will probably not… will
have to pay a lot of money to subsidize the new electric cars bought by people.
So, it's not a win win situation in that moment. We have to stimulate the electric… the market of
electric cars in Canada.
Journaliste :
...your colleague, Mr. Nadeau-Dubois,
is not happy about the school field trips being cancelled. Do you guys have
anything to say on that?
Mme Ghazal :
Yes, the school… how do you call it?
«Les sorties culturelles»?
Journaliste : Yes, school field trips.
Mme Ghazal :
Field trips, OK. So, yes, I don't understand how the Government says that the culture is very important, that, as a nationalist Government… how come they don't give the
chance for the children and the students in our schools to go to these trips?
It's a very, very bad decision of the Government, and I hope that the Minister of Education will stop trying to make
little economy on the children.
Journaliste :
Québec solidaire was one of two opposition parties that was against the appointment
of Nadine Koussa for the president of the Human Rights Commission. Can you comment
on that and say why you were opposed to it?
Mme Ghazal :
Yes, we were opposed, because, to be on
the top of this commission, it's important to respect la Charte des droits et libertés. And she took
position… she's free to take this position, of course, but not to be on the top
of this commission because she took position in the past against la Charte des droits et libertés on some
issues.
Journaliste :
And what do you think that means for Quebeckers who feel that they are part of
the minority?
Mme Ghazal :
I can understand maybe people to be… to
ask themselves, like, are they going to be protected? Because it's important,
yes, to protect of the collective rights of Québec for the language, the
culture, but also, as a democratic… we are a democratic country, so it's
important also to protect those individual rights for people. Merci.
Journaliste
: ...un
petit commentaire sur Mme Elghawaby. Excusez-moi si je ne le prononce pas
comme il faut. Ils vont faire son comité. Je voudrais savoir qu'est-ce que vous
en pensez.
Mme Ghazal : Bien, pour nous,
je veux dire, on ne s'immisce pas dans ce que M. Carney fait puis ce qu'il
décide de faire dans les institutions fédérales. Il décide de ce qu'il veut
faire. Nous, ici, au Québec, ce qu'on veut... puis on a déjà déposé plusieurs
fois des motions et le gouvernement les a refusées, de lutter contre l'islamophobie,
surtout en cette semaine où il y a eu la tuerie de mosquée.
Journaliste : Ce comité-là,
vous êtes...
Mme Ghazal : Nous,
l'islamophobie... pour lutter contre l'islamophobie, c'est ici, au Québec que
nous, on va le faire, ce n'est pas le fédéral, ce n'est pas Mme Elghawaby,
ce n'est pas M. Carney qui va lutter contre l'islamophobie au Québec.
Nous, on veut que ça soit ici.
Journaliste
: ...
Mme Ghazal : On est... on ne
s'immisce... Moi, ce que fait le fédéral par rapport à ces questions-là n'a
pas... je veux dire, elle a été présente, ça n'a pas eu d'impact ici, pour le
Québec. Ce qui est important, c'est que ça soit le gouvernement du Québec qui
décide de lutter contre l'islamophobie. Et le gouvernement du Québec a décidé,
malheureusement, de ne pas mettre de l'avant des mesures pour lutter contre
l'islamophobie qui existe dans notre société. Nous, à l'époque, quand Mme
Elghawaby a été nommée, on avait... elle avait tenu des propos, on était...
évidemment, on les avait condamnés. Mais, après ça, ce n'est pas ce que fait M.
Carney qui va avoir un impact pour lutter contre l'islamophobie au Québec.
C'est ce que fait le gouvernement du Québec. Comme parti indépendantiste, c'est
notre position et on en est convaincus.
(Fin à 8 h 26)