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Point de presse de Mme Ruba Ghazal, cheffe du deuxième groupe d’opposition, et M. Etienne Grandmont, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de solidarité sociale et d’action communautaire

Version préliminaire

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Le jeudi 5 février 2026, 8 h

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement


 

8 h 01 (version non révisée)

(Huit heures une minute)

M. Grandmont : Bonjour. Content de vous retrouver. Je veux vous parler... écoutez, j'aurais aimé vous parler de plein d'autres sujets, mais on y revient tout le temps, hein, vous voyez la crise, la nouvelle crise à la CAQ autour du troisième lien. Certains articles, certaines chroniques sont sortis encore ce matin là-dessus. Ce projet-là, là, on sait, tout le monde, qu'il ne se fera pas, mais ça devient une espèce de test de pureté à la CAQ, hein, il faut être pour, pour être capable de passer le test, selon certains. Le premier ministre a dû réintervenir dans la course à la chefferie pour assurer que tout le monde est d'accord avec ce projet-là, qui n'est pas bon, qui n'est pas appuyé par aucune étude, aucun expert, aucune étude sur la sécurité économique, aucune étude sur la... d'opportunités non plus.

Nous, on a, chez Québec solidaire, tendance à proposer des solutions qui sont plus rapides, plus faciles à mettre en œuvre, plus pragmatiques. On a beaucoup... on a une opportunité, en fait, en ce moment, avec le pont de Québec... le ministère des Transports, qui est propriétaire du tablier, on se le rappelle, hein, l'infrastructure est possédée par le fédéral, mais le tablier appartient au gouvernement du Québec. Il doit le refaire. Il a proposé une première mouture de ce tablier-là qui ne passe pas la rampe. Trop lourd en béton, ça ne fonctionne pas.

Donc, on a une opportunité à ne pas échapper et c'est ce qu'on propose, en fait. Plutôt que d'investir 400 millions de dollars dans des études d'un projet qui ne se fera pas, qui est juste un hochet électoral, nous, on propose, en fait, d'abaisser le pont de Québec. Il y a des documents du ministère des Transports qui existent, qui prouvent que ce tablier-là peut être abaissé, peut permettre le passage des camions et des véhicules de transport collectif plus lourds. Donc, ça permettrait à la fois, de manière très rapide et plus... et moins chère, d'offrir des solutions, finalement, aux problèmes de sécurité économique, là, selon la définition qu'on en donne. Si jamais il y a des travaux qui doivent être faits sur le pont Pierre-Laporte, donc, on peut y faire circuler des camions, mais, en plus de ça, ça permettrait de faire passer sur ce pont Québec là du transport lourd, SRB ou tramway, éventuellement, et donc donner des options de transport collectif aux gens, qui n'en ont pas beaucoup, à Lévis, on doit se le dire.

Et je le rappelle, le transport, c'est le deuxième poste budgétaire des familles québécoises, donc c'est quelque chose d'important à mettre en place. Ça, ça coûterait à peu près, normalement, 250 millions, là, pour refaire le tablier du pont. L'abaisser, ce serait environ un 30 millions de dollars de plus, selon les informations qu'on a, donc 280, au total, plutôt que les 400 engloutis dans le projet imaginaire du troisième lien. Je passe la parole à Ruba.

Mme Ghazal : Merci, Étienne. Alors, bonjour, tout le monde. Ce matin, on le voit, les Québécois sont extrêmement, extrêmement inquiets du coût de la vie. Tout coûte extrêmement cher. L'épicerie, les gens travaillent puis n'arrivent pas à payer leur épicerie. Ils le voient à tous les jours. Moi, vous le savez, je me tiens près des... dans les épiceries. Évidemment, je fais mon épicerie, mais j'en parle aussi aux gens pour voir comment ils la vivent au quotidien, pour comprendre encore plus leur réalité.

C'est pour ça qu'à Québec Solidaire, on a des propositions et on va en avoir tout le long de la session pour aider le portefeuille des Québécois. On a proposé d'éliminer la taxe sur les produits d'hygiène. Prendre soin de soi, ce n'est pas un luxe. On a un aussi... Hier, Christine Labrie a proposé d'enlever la taxe sur les vêtements usagés pour les enfants. C'est rendu que même le McDo a décidé de geler le prix du Big Mac. Pendant ce temps-là, François Legault, tout ce qu'il a offert aux gens qui travaillent, c'est 11 $ par mois. Qu'est-ce que les gens peuvent faire avec 11 $ par mois quand tout coûte cher, le loyer, l'hypothèque, le transport, l'épicerie?

Pendant qu'on fait des propositions, nous, à Québec solidaire, la CAQ, elle, sa priorité, c'est encore une fois le troisième lien, c'est des centaines de millions de dollars qui sont gaspillés dans un projet qui va juste servir les élections de la CAQ, et Simon Jolin-Barrette est en train de mettre à mal le droit à l'avortement dans sa Constitution, dont il se dit souverain. Pendant ce temps là, il y a... ils sont totalement déconnectés de ce qui préoccupe les Québécois et Québécoises.

Journaliste : Comment réagiraient les caquistes, selon vous, si, dans ses consultations, Mme Fréchette en venait à la conclusion que, finalement, c'est une bonne idée d'abaisser le calibre puis ne pas faire le troisième lien?

Mme Ghazal : Ce serait intelligent de sa part.

M. Grandmont : Bien, moi, je pense que ce serait une décision réfléchie, en fait, là. Souvenez-vous du plan qu'on avait proposé en 2022. On avait décidé, pour la région de Québec, d'offrir des solutions qui étaient basées sur la science, une espèce de somme de l'ensemble des bonnes idées qui avaient été discutées dans la région de Québec, beaucoup de ces solutions-là, qui ont été reprises, d'ailleurs, par la CDPQ Infra quand elle a reçu un mandat de la part de l'ancienne ministre des Transports, Geneviève Guilbault.

Donc, moi, je pense que c'est un geste pragmatique. Après ça, c'est à elle de voir, mais on la présente souvent comme quelqu'un de rigoureux, pragmatique, cartésien...


 
 

8 h 06 (version non révisée)

M. Grandmont : ...Moi, je vous invite vraiment à regarder les options qui donnent des résultats rapidement et non pas seulement des solutions qui sont vouées à des considérations électoralistes dans la grande région de Québec.

Journaliste : Sérieusement! Sérieusement, hein! Hier, M. Legault, il a dit qu'il ne veut pas jouer à la belle-mère dans cette... dans cette course, il ne peut pas s'empêcher, il a dit : Nous, à la CAQ, on est pour le troisième lien. Donc, il a télégraphié...

Journaliste :...

Mme Ghazal : ...il a télégraphié son message à Christine Fréchette. Christine Fréchette... en tout cas, elle a reçu un ordre de... du... du boss actuel, le fondateur de la CAQ. Donc, je ne sais pas à quel point elle a une liberté de décider puis de réfléchir de façon rigoureuse. Moi, je l'invite, je l'invite à le faire. Je veux dire, elle les voit, là, tous les arguments qu'on met de l'avant, tout l'argent qui est gaspillé dans cette saga-là, l'argent des Québécois, là. Les gens paient des impôts extrêmement chers. Ils en paient beaucoup, ils s'attendent à recevoir des services, à avoir des hôpitaux qui tienne debout, des écoles qui soient belles pour leurs enfants, pour avoir une bonne éducation, ils ne s'attendent pas à ce qu'on gaspille des centaines de millions de dollars dans un projet qui ne verra pas le jour puis qui est là juste parce que la... François Legault puis la CAQ ont décidé que... C'est leur façon d'attirer les Québécois.

Journaliste : Comment vous avez trouvé l'attaque, l'attaque virulente de Bernard Drainville à l'égard de Mme Fréchette, hier? Mme Fréchette dit :  Moi, je veux réfléchir, je veux consulter et je veux prendre ma décision ou mon... ma position dans quelques jours. Et Bernard Drainville arrive avec une massue pour dire qu'elle n'est pas capable de prendre des décisions. Comment vous avez trouvé cette attaque-là?

Mme Ghazal : Moi, je ne suis pas membre de la CAQ, donc je vais laisser...

Journaliste : ...

Mme Ghazal : ...je vais les laisser... je vais les laisser faire leur... leur débat. La CAQ vient de découvrir les joies du débat dans un parti politique. Comme... comme... Je vais les laisser faire... faire leurs... leurs débats entre eux. Puis, ça va être les caquistes, les membres de la CAQ qui vont décider. Non, ici...

Journaliste : ...

Mme Ghazal : ...nous, ici... Il n'osera pas. Non, ce n'est pas vrai. C'est une blague. Nous, ici, ce qui est important, mais on est capables d'avoir des débats aussi à Québec Solidaire, nous...

M. Grandmont : C'est sûr que je n'ai pas le même caractère que M. Drainville non plus, hein?

Mme Ghazal : On ne s'immiscera pas dans la course de la CAQ. Nous, ici, on est... on est ici pour les intérêts des Québécois et Québécoises.

Journaliste : ...

Mme Ghazal : Non, moi, ce que je dis, c'est François Legault.... François Legault, il a décidé, lui, qu'ils sont pour, la CAQ. Donc, je ne sais pas comment Christine Fréchette va décider de faire...

Journaliste : ...à Mme Fréchette. On sait que Mme Fréchette, c'est un peu la... la candidate de l'establishment, là. Donc, est-ce que...

Mme Ghazal : François Legault, il a télégraphié son souhait. François Legault, il a télégraphié son souhait. Lui, il aimerait que le troisième lien voie le jour. Nous, on trouve que ça n'a pas de bon sens. Il y a... Les caquistes, ils n'ont pas l'air d'accord entre eux. Après ça, on va voir ce que Christine Fréchette va faire, puis c'est elle qui va décider, c'est une femme... elle peut décider par elle-même après ça, de ce qu'elle veut faire, de ce qu'elle... elle va mettre de l'avant.

Nous, on est là pour les intérêts des Québécois. On veut être le chien de garde des... du portefeuille des Québécois. Assez de gaspiller de l'argent des... des impôts des Québécois dans un projet comme celui-là.

Journaliste : ...un projet identitaire? Parce que Bernard Drainville, il dit : Être à la... être à la CAQ, là, c'est être pour le troisième lien. Est-ce que c'est devenu un projet qui est identitaire?

Mme Ghazal : C'est un mauvais projet. C'est qu'on tire la plug puis qu'on arrête d'en parler. Ça fait huit ans qu'ils sont là, qu'ils arrêtent de jouer au yoyo puis au Monopoly avec l'argent des Québécois.

Journaliste : C'est-tu un projet géographique, alors? Est-ce qu'il y a une fracture dans le caucus, M. Grandmont, là, dans la région de Québec, par rapport au reste...

Mme Ghazal : C'est un projet électoraliste pour la CAQ?

M. Grandmont : Bien moi...

Journaliste : C'est-tu géographique?

M. Grandmont : Bien, est-ce que c'est géographique?

Journaliste : ...géographique?

M. Grandmont : C'est sûr qu'il y a un attachement beaucoup plus grand à certaines personnes, là, dans la grande région de Québec. Moi, je vous dirais que je défends une circonscription, puis mon collègue Sol Zanetti aussi, des circonscriptions, où finalement l'attachement au troisième n'est absolument pas là, là.

Journaliste : Bellechasse, Lévis, les gens... la Beauce, les gens le veulent, non? Vous niez ça?

M. Grandmont : Oui, oui, mais, en même temps... comment je vous dirais ça, c'est clair que...

Journaliste : ...lié par le troisième lien. Moi, je vous demande Bellechasse, Lévis, la Beauce...

M. Grandmont :. Oui, oui, non, non, je vous entends bien. J'entends bien votre question. J'entends bien votre question. Je ne nie absolument pas ça. Ce que je vous dis, c'est qu'effectivement, dans la région de Québec, il y a un attachement pour ce projet-là. On regarde les sondages, puis évidemment c'est ce qu'on voit. En même temps, est-ce que des gens qui habitent à Saint-Émile de... peuvent être... ou qui habitent, tu sais, dans Lebourgneuf, qui... qui se disent favorables à ce projet-là, le sont pour les bonnes raisons?

Moi, je reviens toujours à la même... tu sais, à la même... au même fondamental, là, qui dit que les gens sont tannés d'être dans le trafic. Ça, c'est une constante, là, je veux dire, personne dans la vie n'aime ça, être pogné dans le trafic, même si, à Québec, le trafic n'est pas celui de Montréal, admettons. Bon.

Mais toujours est-il que quand on a des politiciens qui proposent des solutions simplistes à des problèmes complexes, comme celui de la congestion, alors qu'on sait que, partout dans le monde, là, il n'y a personne, aucune ville, aucun État qui n'a réussi à baisser sa congestion en ajoutant des voies de circulation. Au contraire, on empire le problème par le phénomène de la... de la demande induite avec l'étalement urbain qui vient avec. Mais... mais quand même, des politiciens décident de faire du populisme en proposant un troisième lien, une autoroute par-dessus ou en dessous du fleuve Saint-Laurent...


 
 

8 h 11 (version non révisée)

M. Grandmont : ...dans le but d'engranger des votes, mais ce n'est pas la solution, ce n'est pas la solution. Moi, ce que je vois, là, c'est les citoyens, les citoyennes qui sont tannés d'être dans le trafic, qui aimeraient ça avoir un peu de fluidité. Puis ce qu'on leur offre, nous, chez Québec solidaire, si un gouvernement solidaire est en place la prochaine élection, c'est des options de transport diversifiées, parce que c'est ça, la solution, des transports collectifs performants, quelque chose qui nous permet de passer, de part et d'autre, du fleuve Saint-Laurent, qui est la solution que je vous ai apportée avec le Pont de Québec tantôt, en est une solution à moindre coût. Ça répondrait aux besoins des gens à très court terme. Donc, voilà.

Journaliste : ...de madame... de M. Drainville, tu sais, hier, la sortie de M. Drainville, est-ce que vous trouvez que Mme Fréchette est quelqu'un qui manque de leadership? Est-ce qu'elle a cette image-là? Est-ce que c'est...

Mme Ghazal : Je vais les laisser faire...

Journaliste : ...qu'est-ce que vous pensez d'elle?

Mme Ghazal : ...je vais les laisser faire...

Journaliste : ...votre opinion sur Mme Fréchette, à vous?

Mme Ghazal : Bien, moi, c'est mon opinion sur tout ce gouvernement, je veux dire, ils ont été au conseil des ministres, là, ils sont d'accord avec tout ce que ce gouvernement-là a fait, puis ce que ce gouvernement-là a fait. Il ne s'est pas occupé des vraies préoccupations des Québécois, puis il a perdu le temps et l'argent des gens avec un projet de troisième lien qui est un mauvais projet, on n'en veut pas. Après ça, eux autres, ils décideront entre eux, qu'est-ce qu'ils veulent faire. Moi, j'évalue le résultat de ce gouvernement-là et non pas de faire les personnalités de chaque personne, qu'ils décident.

Moi, ce que je dis, c'est que ce projet-là ne doit pas avoir lieu. Christine Fréchette était en train d'y réfléchir et François Legault a dit : Nous, on est pour le troisième lien, ça fait qu'il est en train de dire à tout le monde : Vous devez tous être pour le troisième lien.

Journaliste : ...demandé à Christine Fréchette... avec Christine Fréchette, de ne pas céder au chant des sirènes du troisième lien. C'est ça que vous demandez. Vous l'avez demandé tout à l'heure, M. Grandmont, vous demandez à Mme Fréchette de ne pas céder.

Mme Ghazal : Bien, on demande à toutes les personnes qui veulent devenir chef et premier ministre de ne pas céder à ce projet-là, que ce soit le premier ministre actuel ou les futurs premiers ministres. C'est ça qu'on demande. Elle, elle veut réfléchir, bien, je veux dire, si... On serait heureux qu'elle dise finalement qu'elle ne veut pas de troisième lien, ça sera une bonne chose, après ça, les caquistes vont décider. Ce qui est important, c'est... Nous, on écoute la science et la science nous dit que ce projet-là, il est mauvais. Et on veut aussi que les citoyens puissent... de Québec puissent se déplacer de façon efficace. Il y a d'autres solutions que le troisième lien pour le faire.

Journaliste : …M. Grandmont, à Ottawa, est-ce que Québec doit en ajouter, parce qu'il y a comme...

M. Grandmont : J'ai manqué le début de votre question, excusez-moi. 

Journaliste : J'ai dit retour de l'électrique à Ottawa, là, on va ramener... Est-ce que le Québec doit reculer un peu pour restimuler la filière?

M. Grandmont : Bien, c'est sûr que c'est des... des mécanismes qui sont intéressants pour encourager les gens à faire le pas vers l'électrique, là, quand on est justement dans des situations... l'automobile est le seul moyen de déplacement pour certaines personnes considérant l'offre plus déficiente de transport collectif. Mais, tu sais, vous dites retour de l'électrique au fédéral, il y a quand même abaissement au niveau des quotas, ce qui est exigé au niveau des constructeurs. S'il n'y a plus d'offre obligatoire générée par une obligation du fédéral, est-ce qu'il va y avoir tant que ça de demandes à la fin? Tu sais, je veux dire, essayer de trouver un petit véhicule en ce moment. Ce qu'il y a beaucoup, c'est des VUS. Est-ce qu'on va avoir le même système, le même problème au niveau de l'électrique? Ça fait que, pour moi, c'est une espèce de mesure en demi-teinte, c'est une mesure... c'est une mesure en demi-teinte du côté du fédéral. Je ne suis pas sûr qu'on est en train d'avancer tant que ça sur l'électrique, même au niveau du fédéral.

Il y a les véhicules chinois, évidemment, qui vont s'en venir. Mais, encore là, c'est une fraction du stock de nouveaux véhicules qui vont être vendus dans la prochaine année, 49 000, on parlait de quelques pourcentages...

Journaliste : ...dans le gaz.

M. Grandmont : Bien, c'est sûr que c'est un... On voit des reculs, hein, je veux dire, l'aspirant premier ministre Bernard Drainville lui-même, tu sais, a proposé... Quand il était ministre de l'Environnement, c'est une des mesures où il a reculé, justement, l'environnement. Il a fait plusieurs choses néfastes pour l'environnement, M. Drainville, dans son court passage à l'environnement. Mais c'est ça, on remarque ça à plusieurs égards. On voit des reculs aussi au niveau du transport collectif. Financement par le fédéral, le Québec ne va pas chercher sa part des coupes. Dans l'offre de service aussi, on a reculé sous Geneviève Guilbault. Il y a moins d'argent pour offrir davantage d'options de transport collectif performantes pour les gens au Québec, puis on recule aussi sur l'électrique.

Donc, encore une fois, on décide de laisser tomber l'environnement. Puis ça, il y a une belle unanimité, exception faite évidemment de Québec solidaire, de tous les autres partis politiques qui font dans les... qui sont présents, où le parti... le parti conservateur du Québec. Quand on a ces partis-là qui se disent de centre droit, puis qui courtisent l'électorat avec des nouveaux... des nouveaux... tu sais, en tout cas, en se foutant pas mal de l'environnement, moi, je trouve ça particulièrement inquiétant. Québec solidaire, nous, on ne lâchera pas le morceau, c'est quelque chose qui est superimportant, oui, la fin du mois, mais aussi la fin du monde, comme on dit, est très importante pour nous, on veut s'en préoccuper.

Journaliste : Je vous ramène sur... Ah! est-ce que c'était relié à l'électrique?

Journaliste : Bien, c'est juste sur les transports collectifs... juste d'évoquer ça très, très rapidement, là. J'aimerais savoir ce que vous pensez parce que vous vous faites la promotion du transport collectif, là, au Québec, pour prendre le bus? Oui, c'est rendu quatre pièces aller-retour, 8 $, si je veux aller quelque part.

M. Grandmont : Exact.

Journaliste : Je veux savoir ce que vous pensez de ça. Est-ce que...


 
 

8 h 16 (version non révisée)

Journaliste : ...c'est viable? Je veux dire, est-ce que les gens... Tant qu'à ça, tu prends ton char.

M. Grandmont : C'est clair. Non, non, c'est clair, ça coûte vraiment cher. Puis cette hausse du prix du billet d'autobus, qu'on observe partout, là, à Québec, à Montréal, à Gatineau et ailleurs, elle est principalement occasionnée par le retrait du gouvernement du Québec dans l'offre de services de transport collectif.

On a eu une grande avancée, en termes d'achalandage, au Québec entre 2006 et 2011. Le gouvernement de l'époque avait investi massivement dans l'offre de services de transport collectif, et on a vu les prix se maintenir à des niveaux qui étaient abordables pour les gens, puis on a vu l'achalandage augmenter. Mais vous avez tout à fait raison, le prix est un indice important, puis les gens vont en tenir compte, ou pas, là...

Mme Ghazal : Les voitures coûtent cher, le transport en commun coûte cher. Ça coûte cher, le transport, ça fait partie aussi des questions du coût de la vie, l'épicerie, le transport, c'est un budget important et...

Journaliste : ...choix de se transporter pour aller travailler.

Mme Ghazal : Il faut... Exact. Absolument. Les gens sont mal pris, puis le gouvernement les laisse, leur dit : Débrouillez-vous.

M. Grandmont : Mais ce qui fait que les gens vont prendre les transports collectifs, c'est à la fois le prix, c'est la fréquence et l'efficacité, la rapidité du déplacement. Donc, le prix joue un rôle superimportant aussi. Puis moi, je pense particulièrement aux personnes qui sont dépendantes, qui sont obligées de prendre le transport collectif, des personnes qui vont être plus vulnérables, par exemple, les étudiants, les personnes qui sont à l'aide sociale, notamment.

Heureusement, il y a des initiatives. À Québec, il y a quand même... mobilité, qui est un programme, mais ils le font sans aide du gouvernement du Québec, là. Ça n'a juste pas de bon sens. Il y a un abandon complet de cet enjeu-là, là, de... Il y a un abandon de la responsabilité du gouvernement du Québec dans l'offre de transport collectif. On préfère couper des rubans pour des nouveaux projets. On a quelques projets qui sont en marche, le tramway finit par avancer, on l'aura plus tard mais on l'aura quand même, le REM, qui a été ouvert, évidemment, aussi, mais, en termes d'offre, là, au jour le jour, là, les citoyens et citoyennes, les usagers, là, ne voient pas la différence pour l'instant.

Journaliste : Je reviens aux priorités des Québécois, au coût de la vie. Donc, vous faisiez allusion au sondage SOM/Le Soleil, ce matin. Aussi à la fin, dans les dernières priorités, c'est la souveraineté du Québec et la laïcité de l'État. Pourtant, on en parle beaucoup. Est-ce qu'il y a une déconnexion entre les priorités à l'Assemblée nationale et ce que les Québécois vivent?

Mme Ghazal : Oui, il y a une déconnexion, c'est sûr et certain, parce qu'ici on est les seuls à parler de la question de la crise du coût de la vie. Le logement aussi, la crise du logement, était haut dans les préoccupations des Québécois. Entendez-vous les autres partis faire des propositions concrètes pour le portefeuille des Québécois? On est le seul chien de garde du portefeuille des Québécois. On est les seuls à amener des propositions qu'on peut faire demain matin, tout de suite. Éliminer la taxe sur les produits d'hygiène, éliminer la taxe qui a déjà été payée sur les vêtements pour les enfants. Ça, ça va permettre aux gens de souffler. Personne n'en parle. On est les seuls à en parler.

Journaliste : ...va aussi parler de souveraineté, probablement, ces prochains mois...

Mme Ghazal : Bien, on est le parti qui nous préoccupons de la fin du mois mais aussi des enjeux du siècle. La crise climatique, tout le monde a abandonné ça, tous les partis. Maintenant, c'est plus... fini. Le Parti québécois a décidé, dans son dernier congrès, d'être propipeline. C'est ça, maintenant, le Parti québécois.

Et aussi la question de l'indépendance, pour nous aussi, c'est important, c'est pour ça... J'ai écrit un livre là-dessus, où est-ce que je parle des gens du pays qui viennent aussi d'ailleurs, qui se sentent Québécois, comment je suis devenu indépendantiste, pourquoi je veux que le Québec devienne indépendant. Il faut rassembler les gens derrière ce projet-là, les nations autochtones, avec une proposition de consultation de la population pour en parler, pour qu'il y ait un débat. Ça ne peut pas se faire... Un pays ne se fait pas à l'Assemblée nationale, au salon rouge, il se fait avec le peuple, sur le terrain, avec le monde, et c'est ce qu'on fait, à Québec solidaire, aussi.

Journaliste : Comment vous recevez le fait qu'il y a 10 % des gens qui mentionnent la souveraineté, là?

Mme Ghazal : Ce n'est pas nouveau, ce n'est pas nouveau. Moi, je peux comprendre les gens. Je veux dire, mettez-vous à leur place, une mère monoparentale qui n'arrive pas, elle est toute seule, elle travaille, elle essaie de payer le loyer, elle se fait évincer, on a un cas, là, dans Villeray, parce que le gouvernement leur dit : Débrouillez-vous, là, il les laissent tomber puis il ne veut rien contrôler, c'est le far west dans le marché de l'immobilier, puis du logement. Donc, c'est normal que les gens... à un moment donné, quand on leur dit : C'est quoi, ta priorité entre manger du pain... mettre du pain sur la table ou l'indépendance?, c'est normal, on ne peut pas reprocher à la population de dire que ce n'est pas leur priorité du jour, c'est normal.

Et c'est pour ça que nous, comme formation politique, il faut qu'on parle de ces enjeux-là, il faut qu'on amène des propositions pour les enjeux du portefeuille, mais aussi le projet d'indépendance qu'on porte, nous, à Québec solidaire, de l'amener avec une façon où est-ce qu'on consulte toute la population. Et ça, bien oui, ça prend du temps, mais ça ne veut pas dire qu'on n'en veut pas, là, du projet de pays, parce que les gens, ce n'est pas une priorité, c'est juste que c'est compréhensible.

M. Grandmont : Et, si je peux me permettre aussi d'ajouter, parce que la question est très bonne, l'indépendance aussi, c'est le moyen ultime pour être capable de rapatrier tout l'argent qu'on envoie à Ottawa, qui est décidé ou qui est destiné, qui est programmé, orienté vers des programmes qui ne nous ressemblent pas, qui est destiné à l'exploitation des sables bitumineux en Alberta, par exemple. Donc, de garder cet argent-là chez nous, de garder les...


 
 

8 h 21 (version non révisée)

M. Grandmont : ...contrôle sur notre territoire, de garder... Bref, de faire l'indépendance nous donnera aussi, éventuellement, mais c'est un projet à plus long terme, mais tous les leviers nécessaires pour justement répondre à ces questions de fin du mois. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas travailler là-dessus parce que les gens, c'est à ça qu'ils pensent. Nous aussi, on les voit. Ruba va faire l'épicerie avec son micro très régulièrement, interviewer plein de gens. Puis, je veux dire, les gens sont complètement découragés, là, ils se sentent pris à la gorge complètement.

Donc, on doit donner une réponse à ça, mais on regarde toujours l'objectif sur la finalité qu'est l'indépendance du Québec, qui nous donnera ces moyens-là aussi pour encore mieux y répondre.

Le Modérateur : On va passer à l'anglais.

Journaliste : On the electric car rebates from Ottawa, was that a good idea?

M. Grandmont : I don't think it's a very good idea. In fact, you know, we're happy to see that Mark Carney decided to finally subsidize the fact of buying electric cars. It's a good thing, but, on the other hand… to stop quotas on the production of new electric cars. So, if you don't have a stimulus for a new offer on the market, you know, people won't buy it. So, it's a win win situation for him because he's not… he doesn't have a beef with the car industry, but, on the other hand, he will probably not… will have to pay a lot of money to subsidize the new electric cars bought by people. So, it's not a win win situation in that moment. We have to stimulate the electric… the market of electric cars in Canada.

Journaliste : ...your colleague, Mr. Nadeau-Dubois, is not happy about the school field trips being cancelled. Do you guys have anything to say on that?

Mme Ghazal : Yes, the school… how do you call it? «Les sorties culturelles»?

Journaliste : Yes, school field trips.

Mme Ghazal : Field trips, OK. So, yes, I don't understand how the Government says that the culture is very important, that, as a nationalist Government… how come they don't give the chance for the children and the students in our schools to go to these trips? It's a very, very bad decision of the Government, and I hope that the Minister of Education will stop trying to make little economy on the children.

Journaliste : Québec solidaire was one of two opposition parties that was against the appointment of Nadine Koussa for the president of the Human Rights Commission. Can you comment on that and say why you were opposed to it?

Mme Ghazal : Yes, we were opposed, because, to be on the top of this commission, it's important to respect la Charte des droits et libertés. And she took position… she's free to take this position, of course, but not to be on the top of this commission because she took position in the past against la Charte des droits et libertés on some issues.

Journaliste : And what do you think that means for Quebeckers who feel that they are part of the minority?

Mme Ghazal : I can understand maybe people to be… to ask themselves, like, are they going to be protected? Because it's important, yes, to protect of the collective rights of Québec for the language, the culture, but also, as a democratic… we are a democratic country, so it's important also to protect those individual rights for people. Merci.

Journaliste : ...un petit commentaire sur Mme Elghawaby. Excusez-moi si je ne le prononce pas comme il faut. Ils vont faire son comité. Je voudrais savoir qu'est-ce que vous en pensez.

Mme Ghazal : Bien, pour nous, je veux dire, on ne s'immisce pas dans ce que M. Carney fait puis ce qu'il décide de faire dans les institutions fédérales. Il décide de ce qu'il veut faire. Nous, ici, au Québec, ce qu'on veut... puis on a déjà déposé plusieurs fois des motions et le gouvernement les a refusées, de lutter contre l'islamophobie, surtout en cette semaine où il y a eu la tuerie de mosquée.

Journaliste : Ce comité-là, vous êtes...

Mme Ghazal : Nous, l'islamophobie... pour lutter contre l'islamophobie, c'est ici, au Québec que nous, on va le faire, ce n'est pas le fédéral, ce n'est pas Mme Elghawaby, ce n'est pas M. Carney qui va lutter contre l'islamophobie au Québec. Nous, on veut que ça soit ici.

Journaliste : ...

Mme Ghazal : On est... on ne s'immisce... Moi, ce que fait le fédéral par rapport à ces questions-là n'a pas... je veux dire, elle a été présente, ça n'a pas eu d'impact ici, pour le Québec. Ce qui est important, c'est que ça soit le gouvernement du Québec qui décide de lutter contre l'islamophobie. Et le gouvernement du Québec a décidé, malheureusement, de ne pas mettre de l'avant des mesures pour...


 
 

8 h 26 (version non révisée)

Mme Ghazal : ...lutter contre l'islamophobie qui existe dans notre société. Nous, à l'époque, quand Mme Elghawaby a été nommée, on avait... elle avait tenu des propos, on était... évidemment, on les avait condamnés. Mais, après ça, ce n'est pas ce que fait M. Carney qui va avoir un impact pour lutter contre l'islamophobie au Québec. C'est ce que fait le gouvernement du Québec. Comme parti indépendantiste, c'est notre position et on en est convaincus.

(Fin à 8 h 26)


 
 

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