Point de presse de M. Guillaume Cliche-Rivard, leader parlementaire du deuxième groupe d’opposition, et M. Andrés Fontecilla, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’immigration, de francisation et d’intégration
Version préliminaire
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Le mercredi 11 février 2026, 12 h
Hall principal de l'hôtel du Parlement,
hôtel du Parlement
11 h 57 (version non révisée)
(Douze heures une minute)
Le Modérateur : Bonjour.
Donc, bienvenue, tout le monde, à ce point de presse de Québec solidaire.
Prendront la parole, dans l'ordre, Guillaume Cliche-Rivard, responsable...
leader parlementaire de Québec solidaire, Calixte Sandra Nnomo, infirmière,
Tiffany Corti, pâtissière, puis Emna Sadkaoui, éducatrice spécialisée.
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup, Nicolas. Bonjour à tous et à toutes. Écoutez, on refait un tour de
roue sur le PEQ parce que le...
12 h 02 (version non révisée)
M. Cliche-Rivard : ...dossier
n'est vraisemblablement pas terminé, M. Roberge, là, est plus isolé que
jamais sur le dossier. On a vu hier la candidate à la chefferie, aspirante
première ministre, Christine Fréchette, promettre de réinstaurer le PEQ. Mais
aujourd'hui, tangiblement, là, il n'y a rien de changé pour les gens qui
attendent. La fin de la course à la chefferie de la CAQ, c'est en avril, mais
il y a des permis... il y a des statuts qui expirent bien avant ça, puis il y a
des gens, des femmes, des hommes qui contribuent à nos services publics, qui
ont tout laissé derrière sur la base de promesses, qui, eux, n'ont pas le temps
d'attendre, n'ont pas le luxe d'attendre en avril et qui vont devoir partir et
qui ont des témoignages clairs pour nous. Et si Jean-François Roberge continue
de s'entêter, et s'il refuse de mettre de l'avant une clause de droits acquis,
de réouvrir le PEQ, là, dans un délai le plus vite possible, bien, ces gens-là,
on va les perdre.
Ces gens-là, aujourd'hui, je vous présente
trois, une infirmière, une éducatrice à la petite enfance et une pâtissière qui
travaillent au Québec depuis des années et qui, malheureusement, vont voir leur
permis de travail expiré sous peu et qui, sans autre choix, vont devoir partir.
Je vais leur laisser vous exprimer leur témoignage en commençant par Calixte.
Mme Nnomo (Calixte Sandra) : Alors,
bonjour, je m'appelle Calixte Sandra, je suis infirmière auxiliaire à l'hôpital
Sacré-Coeur, diplômée du Québec. Je suis arrivée ici en 2022. Je travaille au EN
pneumologie. Ça fait environ deux ans que je travaille ici. Je travaille sans
relâche et je prends soin des personnes ici. Je sauve des vies. Je fais des
temps supplémentaires au travail. Je suis déjà intégrée ici, au Québec. Mais
malheureusement, le PEQ a été aboli un mois avant ma déposition, ça fait que je
n'ai pas pu appliquer au PEQ.
Donc, récemment, quand le... en 2025,
quand le ministre a instauré le nouveau programme, le PSTQ, je suis rentrée
dans le bassin, je suis rentrée depuis août 2025, mais je n'ai jamais été
sélectionnée. Pourtant, je suis diplômée d'ici, je travaille ici ça fait deux
ans puis je travaille vraiment sans relâche. Donc, je suis vraiment... je suis
vraiment émotive. Je suis désolée, là, mais ça me fait vraiment mal. Alors, mon
permis de travail expire dans pas long. Je n'ai pas le choix parce que je dois
partir. J'ai fait un programme au fédéral où j'ai été sélectionnée en entrée
express pour le Nouveau-Brunswick, mais là, je n'ai pas le temps d'attendre le
nouveau... la nouvelle cheffe de la CAQ parce que mon permis de travail expire
bientôt. Je n'ai pas le choix de partir. J'aimerais rester, mais je suis forcée
de partir parce que mon permis de travail expire, je n'aurai pas le choix de
partir. Mais si j'avais le choix, je serais restée.
Donc, ce que je demande, c'est... il y a
des personnes qui ne peuvent pas nécessairement attendre avril pour appliquer,
pour avoir un nouveau chef, pour appliquer sur un programme. Il y a des
personnes ici que leur programme... Moi, j'ai des collègues au EN, leur permis
de travail expire bientôt, ils n'auront pas la chance, malheureusement, d'attendre
avril pour pouvoir appliquer au nouveau... au programme qui va être instauré, on
ne sait pas encore. Mais je viens ici aujourd'hui pour parler pour toutes ces
personnes-là qui travaillent avec moi, pour tous les immigrants du Québec, pour
ces personnes qui sont ici avec moi. Je demande... j'implore le ministre... le
gouvernement du Québec à instaurer... à donner une clause de droits acquis pour
les personnes déjà présentes au Québec. Merci.
Mme Corti (Tiffany) : Bonjour
à tous. Donc, je m'appelle Tiffany Corti, j'ai 37 ans et je suis maman de
deux enfants qui ont six ans et neuf ans. Je suis pâtissière à Québec et je
suis ici depuis juillet 2023. Je me lève à 4 heures du matin, je paie mes
impôts, je prépare des pâtisseries pour quatre succursales. J'ai des clients
qui comptent sur moi. J'ai mon patron qui compte sur moi. On est beaucoup de
travailleurs étrangers temporaires... en tout cas, beaucoup, nombreux dans la
société, et, malheureusement, si on doit tous partir, c'est ce qui va arriver,
mon patron devra mettre la clé sous la porte et fermer ses quatre magasins. C'est
un drame.
Mon permis de travail fermé, moi, il se
termine le 24 mars. Le 24 mars c'est dans six semaines, 42 jours.
Mon mari, lui, il détient un permis de travail ouvert lié au mien. Il commande
des opérations de la sécurité à la CNESST sur 36 sites de la CNESST dans
toute la province, et il gère 18 personnes, 18 agents de sécurité qu'il
a sous ses ordres. Aujourd'hui, il n'a pas de solution. Il va devoir quitter et
avec mes enfants. Je travaille les fins de semaine. Je commence à 5 heures
du matin. Comment est-ce que je peux faire, moi toute seule, sans famille, avec
deux enfants de six ans et neuf ans, je vous le rappelle. Immigrer, c'est un
choix lourd, ce n'est pas un caprice. On ne le fait pas... excusez-moi, on ne
le fait pas par gaieté de cœur, entre guillemets, on le fait pour obtenir une
meilleure vie, et c'est ça qu'on est venu chercher ici. On a vendu une maison,
on a quitté nos parents, nos familles, on a investi des milliers de dollars et
aujourd'hui on recommence tout à zéro. Et aujourd'hui...
12 h 07 (version non révisée)
Mme Corti (Tiffany) : ...aujourd'hui,
au lieu de profiter de notre immigration, on la subit et dans l'incertitude. Et
ça, c'est n'est pas humain. Le Québec, c'était notre projet de vie, c'est ce qu'on
nous a exposé au mois de février 2023, quand j'ai participé au forum de
recrutement à Paris. On était inscrit au PRTQ depuis cette date, on n'a jamais
été sélectionnés. Puis le PSTQ est rentré en ligne, on est inscrit depuis le
premier jour, on n'a jamais été sélectionné non plus. On a 495 points pour
moi, 472 pour mon mari, inutile de vous dire qu'on ne sera jamais sélectionné,
on a un score qui est ridiculement bas. On ne parle pas de personnes qui viennent
d'arriver maintenant, on parle de famille intégrée, francophone, en emploi,
stable et scolarisée. Mes enfants me demandent, après chaque utilisation de mon
temps de parole et à chaque mobilisation, ils me demandent : Est-ce que le
ministre Roberge a changé d'avis? Excusez-moi. Est-ce que le ministre Roberge
accepte... accepte de rester maintenant? Pourquoi, quand on respecte les
règles, on n'y a pas le droit? Je ne sais plus quoi leur répondre, à mes
enfants, alors même qu'on leur apprend à l'école qu'on doit respecter sa
parole, qu'on doit tenir ses engagements et qu'on ne doit pas mentir. Quelles
valeurs le Québec enseigne à nos enfants?
Mme Fréchette, elle parle de réouvrir le PEQ
pour deux ans, M. Drainville parle d'une clause grand-père, mais seulement pour
certains secteurs. La justice, elle n'est pas sectorielle. Le respect des
engagements, elle ne dépend pas d'une catégorie professionnelle. La question,
elle est désormais simple. Maintenant que l'abolition n'a plus de consensus
politique, maintenant que des villes comme Lévis, Montréal, Granby, Sherbrooke,
Trois-Rivières, Laval votent unanimement en faveur d'une clause de droits
acquis, celle qu'on réclame, qu'est-ce qu'on attend? Je ne peux pas attendre,
moi. En avril, la nomination du nouveau PM, c'est trop tard pour moi. Moi, en
mars, pour moi, c'est terminé. Alors pourquoi est-ce qu'on laisse des centaines
de familles partir dans les prochaines semaines alors qu'une décision politique
peut les empêcher de se briser? On ne demande pas un privilège, on demande que
le contrat moral soit respecté. Si le Québec veut envoyer un message au monde,
qu'il dise : Chez nous, quand vous respectez les règles, nous respectons
votre parole, notre parole. Je suis prête à continuer à travailler ici, à
contribuer, à élever mes enfants, mais je ne suis pas prête à accepter qu'on
brise ma famille par une... pour une décision politique, alors qu'il existe une
solution. Un jour, mes enfants, ils liront ce qui s'est passé et j'aimerais
pouvoir leur dire que le Québec a choisi la justice. Le courage politique, ce n'est
pas de tenir coûte que coûte contre tout le monde, c'est de reconnaître qu'on s'est
trompé. Aujourd'hui, M. Roberge, vous avez l'occasion d'être courageux. Merci à
tous.
Mme Sadkaoui (Emna) : Bonjour,
je m'appelle Emna, j'ai 33 ans, je suis éducatrice qualifiée, j'ai mon DEC
en petite-enfance. Je vis au Québec depuis 2023 avec ma fille et mon mari. Comme
plusieurs travailleurs et travailleuses temporaires, ainsi que des étudiants et
étudiantes déjà établis au Québec, j'ai fait toutes les démarches demandées par
le gouvernement. J'ai déposé ma déclaration d'intérêts le 17 juillet, j'ai
passé mes tests de langue, je travaille à Mirabel et mon permis de travail
arrive à expirer bientôt. J'ai appris la langue ici, j'ai fait des ouvertures à
la garderie à 6 h 30 et quand je finis mon poste, mon travail, je
vais aller à la maison pour préparer quelque chose pour mon mari, pour ma fille
et puis je cours vers le cégep pour continuer mes cours de français, pour
obtenir les tests de français et je l'ai obtenu. Comment je vais quitter le Québec
et je vais briser le cœur de mes enfants que je viens toujours aller accueillir
le matin à chaque jour, avec son grand sourire, son grand amour avec leurs
parents? Même eux, ils ne croient jamais que je quitte la garderie. Ni moi, ni
mon collègue, ni mon autre collègue. On est trois qu'on va arriver à quitter. C'est
vraiment un grand désastre. Après, mon employeur, il a fait l'agrandissement de
la garderie, on va quitter. Est-ce que ça, c'est clair? Est-ce que ça, ça
convient? Qu'on va... Comment on va laisser les enfants? On va quitter. Mon
cœur aussi est brisé. Je suis très attachée à eux, vraiment. Après la fin du PEQ,
je me retrouve aujourd'hui dans une situation d'incertitude et de grande
détresse, sans possibilité de renouveler mon permis et sans avoir reçu d'invitation
depuis le 17 juillet. Cette situation m'a causé beaucoup de stress, de l'angoisse
et des moments très difficiles. Pourtant, nous avons construit nos vies ici,
nous travaillons, nous payons les impôts et nous contribuons activement...
12 h 12 (version non révisée)
Mme Sadkaoui (Emna) : ...activement
à la société québécoise. Dans mon milieu de travail, le secteur de la petite
enfance est en grave pénurie. Mon travail est en déficit de personnel. Mon
employeur, comme je l'ai dit tantôt, a fait l'agrandissement. Mon départ
forcerait la garderie à fonctionner en sous-effectif, voire à fermer des
places. Les enfants sont fortement attachés à leurs éducatrices. Les parents
nous font confiance et reconnaissent notre travail et nos efforts quotidiens.
Un départ imposé briserait l'équilibre des enfants, des familles du milieu.
Je demande, avec respect et humanité, de
mettre en place une clause grand-père pour les étudiants, les travailleurs, les
travailleuses, les étudiantes, pour toutes les catégories, vraiment. Nous ne demandons
pas un privilège, mais une reconnaissance de notre parcours, de nos efforts, de
nos contributions au Québec. Je supplie de nous écouter et de nous permettre de
rester ici, là où nous avons choisi de bâtir notre avenir.
J'ai deux messages à transmettre que m'ont
laissés mes amis et je vais les lire à leurs noms, je vais parler au nom du...
ma collègue Khadija. Aujourd'hui, je voudrais vous parler de la situation d'une
amie qui s'appelle Khadija. Cette situation est à la fois humaine et difficile
et, malheureusement, partagée par plusieurs personnes qui travaillent dans les
garderies.
Mon amie est adjointe administrative et
fait aussi des remplacements. Elle est mariée et maman d'un enfant de quatre
ans et cinq mois. Son enfant parle uniquement le français. Il est déjà bien
intégré ici. Il a ses repères, ses amis, sa routine, toute sa petite vie. L'année
prochaine, il devra être inscrit à l'école comme tous les enfants de son âge.
Mais aujourd'hui cette mère vit avec une grande inquiétude car son permis
expire en février et se pose des questions très lourdes. Devra-t-elle retirer
son enfant de l'école? Devra-t-elle retourner dans son pays pendant un an?
Devra-t-elle tout recommencer au risque de faire perdre à son enfant sa
stabilité, sa langue, son sentiment de sécurité? Ce qui est le plus difficile,
c'est que son enfant ne comprend pas ces démarches administratives. Lui, il
connaît seulement sa garderie, sa langue, son environnement. Le déraciner
aujourd'hui, c'est lui demander de prendre ce qu'il a construit avec le temps,
la patience et l'amour.
Cette situation ne touche pas seulement
cette famille, elle concerne aussi les éducatrices et les adjointes
administratives des garderies, des femmes, des hommes qui portent chaque jour
de grandes responsabilités. Elles veillent à la sécurité des enfants, à leur
bien-être et à leur développement et elles offrent aux parents un climat de
confiance essentiel. Pourtant, malgré ce rôle fondamental, leur avenir reste
incertain et leur situation est très peu reconnue. Derrière chaque dossier, il
y a une mère, un enfant, une famille et surtout des enfants dont la stabilité
et l'avenir méritont d'être protégés.
Maintenant, je vais passer par mon
collègue, aussi c'est un éducateur qualifié :
«Je me promets de vous écrire afin de vous
exposer ma situation et de solliciter votre soutien pour pouvoir demeurer
légalement au Canada avec ma famille.
«Je m'appelle Mabrouk, je travaille comme
éducateur à la petite enfance dans une garderie au Québec. Je possède plus de
28 ans d'expérience dans ce domaine. Je m'exerce avec sérieux,
professionnalisme et une grande responsabilité envers les enfants et les
familles.
«Je suis arrivé au Canada avec un permis
de travail fermé d'une durée de trois ans qui arriverait à échéance au mois de juillet
prochain. Je suis pleinement intégré dans mon milieu de travail et dans ma
communauté. Mon épouse et mon fils m'ont rejoint il y a près de deux ans afin
de nous puissions construire ensemble une vie stable ici. Nous avons coupé nos
attaches professionnelles dans notre pays d'origine pour nous investir
entièrement dans notre projet de vie de Canada.»
S'il vous plaît, que je demande pour tout
le monde, permettez-nous d'avoir une clause grand-père, s'il vous plaît. Merci
beaucoup et bonne journée.
M. Cliche-Rivard : Merci. Il
va rester Andrés.
M. Fontecilla : Oui. Bonjour,
mesdames, messieurs. Donc, nous venons d'entendre...
12 h 17 (version non révisée)
M. Fontecilla : ...nous venons
d'entendre toute une série de témoignages déchirants, déchirants de personnes
qui ont cru à la parole du Québec, qui ont cru qu'ils allaient pouvoir rester
tout en contribuant complètement à la société québécoise. Oui, on peut
comprendre la détresse, l'angoisse des dizaines de milliers de personnes qui
ont cru à la parole du Québec, là, et se sentent trahies aujourd'hui par le
gouvernement de la CAQ. Évidemment, c'est... on compatit avec la situation de
ces personnes-là, mais il y a beaucoup de gens au Québec... on entendait que...
on lisait aujourd'hui qu'il y a 63 % de la population du Québec qui
appuient l'application d'une clause grand-père. Il y a beaucoup de gens au
Québec qui ne croient pas que le gouvernement du Québec, le gouvernement de la
CAQ, le ministre de l'Immigration puissent trahir ainsi la parole... la parole
donnée.
La mobilisation continue, le ministre est
isolé, les milieux des affaires, les maires, les mairesses du Québec, beaucoup...
les milieux communautaires, etc., les syndicats, beaucoup de gens appuient la
cause de la clause grand-père. Le gouvernement Roberge doit absolument reculer.
On a lancé une pétition la semaine dernière. On me dit qu'on est déjà à 5 000
noms pour demander l'adoption d'une clause grand-père. J'invite tous les gens à
faire circuler cette pétition afin de démontrer au gouvernement qu'une bonne
partie, la majorité de la population du Québec désapprouve la façon d'agir du
ministre Roberge. Et il doit reculer, il doit appliquer une clause grand-père. Il
y va de l'avenir de ces gens-là, avec leurs familles, mais aussi de l'avenir
économique du Québec. Merci.
Le Modérateur : ...on va maintenant
passer aux questions des journalistes.
Journaliste
: M. Cliche-Rivard,
tantôt, M. Roberge a de nouveau refusé de ressusciter le PEQ et il a de nouveau
rejeté la grande partie de la faute sur le fédéral, comme pour dire que, bon,
essentiellement, les départs qui sont anticipés sont la responsabilité du
fédéral, qui ne veut pas renouveler de permis de travail. Qu'est-ce que vous
lui répondez?
M. Cliche-Rivard : Bien,M.
Roberge a, un petit peu plus tard ensuite, fait un tweet dans lequel il
confirme avoir demandé à son ministère des scénarios de transition. Donc, je ne
suis pas tout à fait prêt à dire que la porte, elle est encore fermée. Je pense
qu'il est obligé d'évaluer des scénarios, puis je les attends avec impatience.
Les Québécois et les gens derrière moi les attendent avec impatience.
Maintenant, l'accès à un CSQ et le dépôt d'une
résidence permanente, d'une demande, permet de renouveler un permis de travail
et permet à ces gens-là de rester. Alors, c'est M. Roberge qui bloque l'accès à
ces gens-là de rester au Québec. S'il ouvre le PEQ, qui permet à ces gens-là d'obtenir
un CSQ, leur permis, tout d'un coup, devient renouvelable, et on peut faire
tout ça au Québec, sans passer par le fédéral. Évidemment, le fédéral doit assouplir
ses règles, doit pouvoir permettre le renouvellement de permis, mais M. Roberge
devrait se regarder dans le miroir plutôt que mettre la faute sur les autres et
trouver des solutions pour les gens qui vont devoir quitter le Québec.
Journaliste : Est-ce qu'on...
Est-ce qu'il y a assez de temps... Si, par exemple, là, le PEQ est rouvert
demain, est-ce qu'il y a assez de temps pour que ces personnes-là fassent une
demande, obtiennent un CSQ, et donc, en l'occurrence...
M. Cliche-Rivard : ...véritablement
des dommages, il y a déjà des dommages à cette saga-là. Il y a une infirmière
qui nous a dit ici, là... Calixte, elle s'en va, là, elle a eu une invitation
au Nouveau-Brunswick, c'est terminé. Donc, est-ce qu'on peut arrêter l'hémorragie?
C'est la question. Est-ce qu'on peut arrêter de perdre des talents — c'est
la question — le plus vite possible? Mais il y aura déjà des
dommages. Les dommages vont durer longtemps sur la réputation du Québec, sur la
réputation de la CAQ. Et, on l'a vu, les institutions collégiales puis
universitaires m'en parlent, les inscriptions à l'international sont en chute
libre, et il va y avoir de plus en plus de postes disponibles qu'on ne sera pas
capables de combler, parce que, même si le ministre Roberge finit par reculer,
il y aura eu un tort quasi irréparable, pour un certain nombre de temps puis
certain nombre d'années, envers la promesse brisée du Québec, et déjà on perd
des talents.
Journaliste : J'aurais peut-être
une question pour Calixte Sandra, puis, bon, si vous aviez quelque chose à
ajouter en arrière, n'hésitez pas, parce que vous... bon, vous êtes
travailleuse de la santé, M. Roberge a dit qu'il souhaitait inviter l'ensemble
des immigrants qui travaillent dans le milieu de la santé dont le permis de
travail prend fin cette année. Là, je comprends que vous, vous partez parce que
vous n'avez pas le temps, essentiellement. Est-ce que... Est-ce qu'il a effectué
des fausses promesses, M. Roberge, avec le PSTQ?
Mme Nnomo (Calixte Sandra) : Bien,
moi, je n'y crois plus personnellement parce que ça fait environ sept mois que
j'attends d'être sélectionnée, mais je n'ai jamais été sélectionnée. Alors,
pour moi et pour beaucoup de personnes, d'ailleurs... j'ai des collègues, nous
tous, on s'en va. On est comme plus de 200 infirmiers dans un groupe. On a
décidé de s'en aller, quitter le Québec parce qu'on ne peut pas renouveler. C'est...
Ce n'est pas juste la faute du fédéral, parce que sinon le fédéral...
12 h 22 (version non révisée)
Mme Nnomo (Calixte Sandra) : ...sélectionnent
des gens, donc on ne peut pas juste jeter la faute du le féréral et dire que
non, c'est le fédéral qui ne renouvelle pas les permis. Moi, par exemple, j'ai
un permis non renouvelable, parce que c'est un permis de travail post-diplôme, ça
fait que je ne peux pas le renouveler. Si j'avais eu une clause grand-père dans
les mois avant, précédents, j'aurais pu déposer ma résidence permanente et
rester au Québec. Mais là, il se fait trop tard. Je ne peux pas rester parce
que je n'ai plus l'occasion de rester.
Journaliste : Je ne sais pas
si vous vouliez ajouter quelque chose en arrière, je vous voyais opiner du
bonnet, sur les fausses promesses de M. Roberge?
M. Cliche-Rivard : Ça va.
Journaliste
: Bien...
Calixte, pardonnez-moi, puisque vous êtes là, ou les autres. Je suis curieux de
savoir pourquoi vous n'avez pas obtenu assez de points au PSTQ? Est-ce que vous
le savez? Qu'est-ce qui plombe votre candidature?
Mme Nnomo (Calixte Sandra) : Je
ne sais... je ne sais vraiment pas, pourtant, je suis diplômée du Québec, j'ai
étudié ici, je parle très bien français, j'ai étudié en français, mais j'ai
actuellement 690 points au PSTQ, mais je n'ai jamais été sélectionnée, je ne
peux pas vous donner la raison, mais je n'ai jamais été sélectionnée. Je ne
sais pas pourquoi.
M. Cliche-Rivard : ...je vais
prendre ça.
Journaliste : Oui? D'accord.
M. Cliche-Rivard : En fait,
il y a plein de monde qui ont le nombre de points suffisant qui ne sont pas
invités, là, c'est ça le PSTQ, c'est l'imprévisibilité totale. Vous pouvez
faire votre calcul de points puis arriver à 720 points, puis quand même ne pas
recevoir d'invitation, on ne sait pas quand, qui, ni comment les gens sont
invités. Je suis certain qu'il y a du très beau monde qui est invité. Moi, je n'ai
aucun problème avec les sélections du PSTQ, mais véritablement, ce n'est pas
suffisant. On a toujours eu deux programmes : Le programme de sélection
puis d'invitation, le programme régulier de l'expérience québécoise. Tout ça a
fonctionné pendant 15 ans conjointement, je ne vois pas pourquoi aujourd'hui on
n'est pas capables de faire la même chose.
Journaliste : Donc, selon
vous, la proposition de Mme Fréchette ne va pas assez loin? Rouvrir le PEQ pour
deux ans. Vous auriez souhaité que le PEQ reste?
M. Cliche-Rivard : Les
promesses qui sont faites pour dans deux ans, là, avec tout le respect du
monde, là, j'y accorde ce que ça vaut, là, dans le sens où il y a une élection
avant ça. Mme Fréchette va-t-elle être première ministre dans deux ans? Je veux
dire, la question qui nous importe, c'est demain, là. Ce qui arrivera dans deux
ans, une autre mobilisation, un autre premier ministre, un autre ministre de l'Immigration.
Essentiellement, ce que Mme Fréchette fait, c'est rouvrir le PEQ. Qu'on soit...
qu'on soit clairs : Ce qui arrivera dans deux ans... puis si un autre
ministre voudra se remettre dans ce dossier-là puis dans ce drame là, vraiment,
ça me surprendrait. Ça fait que commençons par faire l'ouverture du PEQ le plus
vite possible, puis ceux qui seront là dans deux ans plaideront leur cause, là.
Journaliste : Puis, je
rebondis sur une question à laquelle vous avez répondu un peu plus tôt, c'est
un peu technique, mais quelqu'un qui obtient un CSQ, vous avez dit : Il
pour renouveler son permis de travail, même si les règles du fédéral, en termes
de proportion de la main-d'œuvre, là, le fameux 10 %, même si ça excède ce
10 % là?
M. Cliche-Rivard : Il y a des
ententes Canada-Québec sur quelqu'un sélectionné qui a déposé une demande de
résidence permanente peut migrer vers un permis en attendant l'octroi de sa
résidence permanente. Ils sont des milliers, déjà, sur ce permis de travail là,
au Québec. Donc, du moment où Jean-François Roberge émet le CSQ, que le dossier
est confirmé, reçu au fédéral, il y a un permis de travail transitoire qui peut
être émis, et ces gens-là peuvent rester. Donc, M. Roberge, pendant qu'il fait
des pieds et des mains, là, à solliciter des flexibilités d'Ottawa, il a entre
ses mains le mécanisme qui permettrait à ces gens-là de travailler puis de
rester, mais c'est lui qui refuse de le faire.
Journaliste
: Merci.
Le Modérateur
: Oui, on
va passer en anglais.
Journaliste :
I'm just wondering, do any of the three
of you, women, speak English? Are you comfortable speaking English?
Des voix : ...
M. Cliche-Rivard : Ils sont
tellement francophones que...
Une voix : ...
M. Cliche-Rivard : Je peux
répondre là, mais... c'est bon?
Journaliste
: Yes… Thank you. Yes, merci.
M. Cliche-Rivard : OK. Merci,
tout le monde. Merci beaucoup. Merci.
(Fin à 12 h 26)