L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements

Accueil > Actualités et salle de presse > Conférences et points de presse > Point de presse de M. Paul St-Pierre Plamondon, chef du troisième groupe d’opposition, et Mme Catherine Gentilcore, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière d’économie, d’innovation, de développement économique régional et de PME

Recherche avancée dans la section Actualités et salle de presse

La date de début doit précéder la date de fin.

Point de presse de M. Paul St-Pierre Plamondon, chef du troisième groupe d’opposition, et Mme Catherine Gentilcore, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière d’économie, d’innovation, de développement économique régional et de PME

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Le mercredi 25 février 2026, 13 h

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Treize heures quatre minutes)

M. St-Pierre Plamondon : Alors, merci, tout le monde. Je vois que vous êtes nombreux à avoir noté les déclarations du ministre Girard, qui s'inscrivent dans une série de déclarations à la CAQ qui en rajoutent tout le temps en termes de créativité. Vous vous souviendrez que Christopher Skeete avait affirmé, il n'y a pas si longtemps, que, si le Québec devenait indépendant, la Russie allait nous envahir. Alors, aujourd'hui, on a eu droit à l'affirmation suivante du ministre Girard : «Présentement, effectivement, ça nous coûte plus cher emprunter en raison de la perspective d'un référendum dans un premier mandat. Ça correspond à peu près à cinq points de base, environ 20 millions par année.»

Alors, je dois absolument intervenir sur ce qui est, à l'évidence, une fausseté pour la raison suivante. En effet, ça coûtait moins cher pour le Québec d'emprunter que l'Ontario jusqu'à la date suivante : mars 2024. Et, lorsqu'on examine ce qui s'est passé en mars 2024, c'est tout simplement que le ministre Girard a déposé un budget dans le cadre duquel, au lieu du déficit de 3 milliards qu'il avait annoncé dans l'exercice précédent, on retrouvait un budget... un déficit budgétaire historique de 11 milliards de dollars. Et, lorsqu'on lit ce que l'agence de cotation Standard & Poor's avait écrit, lorsqu'on a abaissé en conséquence la cote de crédit, on parlait de déficits opérationnels persistants de la part du gouvernement de la CAQ. Donc, c'est important d'expliquer à tout le monde que, oui, les coûts d'emprunt varient en fonction de l'évaluation que font les marchés, et l'évaluation se fait en date du présent, on évalue le risque en fonction. Et lorsque, donc, en 2024, on a évalué ces questions-là, le marché s'est penché sur ce que le ministre Girard lui-même a créé comme... catastrophe, ce serait trop exagéré, mais comme gâchis budgétaire. Et il faut avoir vraiment du front pour ensuite essayer de prendre cette responsabilité-là et la mettre sur la tenue d'un référendum dans un futur qui n'a rien à voir avec la date de mars 2024.

Et ça nous permet donc de rappeler que les fédéralistes vont toujours user de la peur pour étouffer la légitimité d'un projet dans le cadre duquel les Québécois vont être, comme n'importe quel pays dans le monde, une démocratie qui décide par elle-même la situation financière dans laquelle le Québec se trouve actuellement, et, à l'évidence, liée à l'incompétence du gouvernement sur le plan budgétaire. Et le Parti québécois, s'il forme le prochain gouvernement, va tout faire pour gérer les fonds avec plus d'intelligence, plus de rigueur pour ne pas qu'on se retrouve dans des SAAQclic, des Northvolt et plein d'autres choses.

Et une fois que je vous ai démontré, que je vous ai parlé du fait que le 20 millions de dollars, en question, découle de la CAQ elle-même, laissez-moi vous parler de combien coûte notre adhésion aveugle au Canada sous la CAQ. Un fait qui est indéniable, c'est que le gouvernement fédéral endette le Québec de 15 milliards de dollars à chaque année. Là, je fais juste prendre les deux, là, 20 millions, 15 milliards, 15 milliards dans le cadre d'un gouvernement qui dédouble ce qu'on fait déjà et d'un gouvernement qui gaspille de manière éhontée. Et je rappellerai que le ministre Girard lui-même avait tellement la certitude que les gros gains de la CAQ allaient se matérialiser sur le plan financier, qu'il avait inscrit les 6 milliards de transferts en santé demandés par le Québec. Vous vous souviendrez que ça s'est terminé par 1 milliard. Qu'est-ce que vous pensez qu'on a fait à ce moment-là? Bien, on a fait un déficit plus grand, on a dû compenser pour le fait que le fédéral ne nous renvoie pas l'argent. Donc, ce n'est peut-être pas les 5 milliards manquants, mais ça se calcule en milliards.

Durant la même période, le fédéral a augmenté sa bureaucratie par 40 %, de sorte que la masse salariale, si on implique... si on calcule les salariés et les McKinsey de ce monde, embauchés par le fédéral, ça coûte 100 milliards par année pour un gouvernement qui dédouble ce que nous faisons déjà. Donc, la part du Québec, le un cinquième, 20 milliards. Donc, je termine simplement en disant : Non seulement ce que le ministre a dit n'est pas vrai, mais j'en profite pour rappeler c'est quoi, le coût, en milliards, de demeurer dans un pays qui n'est pas le nôtre, mais qui, surtout, gaspille et dédouble ce qu'on fait déjà? Ça, c'est du gaspillage de fonds publics, et ça, ça nous coûte cher, et c'est de ça dont il faut sortir. Aussi, je rappellerai qu'on a publié un budget d'un Québec indépendant, approuvé par six économistes, qui rappelle que l'affirmation pour faire peur de... du ministre Girard, comme quoi on est dépendants de la péréquation puis que le budget québécois ne balancerait pas, bien, il a été contredit durant sept exercices consécutifs, dont celui de François Legault lui-même, et que la dernière fois qu'on a fait l'exercice, ça a été vérifié par six économistes, les finances d'un Québec indépendant balancent et sont légèrement meilleures que le scénario du Québec dans le Canada. J'invite tout le monde à aller consulter ce document-là.

Journaliste : Est-ce que vous reconnaissez que l'incertitude, ce n'est jamais bon pour l'économie?

M. St-Pierre Plamondon : Je pense qu'on essaie de créer, en ce moment, un climat de peur sur la base... en éludant les causes réelles de l'incertitude, c'est-à-dire une gestion des fonds publics gênante, puis là, on essaie de déplacer le sujet, puis de faire porter l'odieux sur une... sur le fait d'aller aux urnes dans quelques années. Il y a des limites à accepter des discours qui sont absolument... qui induisent en erreur la population.

Des voix : ...

M. St-Pierre Plamondon : Pardon?

Journaliste : On vous refait le coup de la Brink's?

M. St-Pierre Plamondon : Bien, il y a eu le coup des oranges, les coups de la Brink's. Combien de fois la peur a été utilisée? Pas juste dans les référendums, à chaque fois que le Parti québécois a des chances de former le gouvernement, la discussion ne porte pas sur le bien-fondé d'être indépendant ou pas. Elle porte sur la peur : Ça va être épouvantable. Vous avez vu Doug Ford, là, sortir avec les autres premiers ministres du Canada pour dire : Ça va être catastrophique. Puis là, il y a un paquet d'intervenants pour venir nous expliquer à quel point, finalement, on a raison d'avoir peur, et pendant ce temps là, par contre, le français se dégrade, nos finances publiques se dégradent, les services se dégradent, la culture québécoise est remise en question en termes d'avenir. Est-ce qu'elle a des chances d'exister? Le Canada, donc, nous impose un avenir sombre. Et ça, il ne faudrait pas en débattre. Il faudrait débattre de pure fiction, comme celle d'oser transférer le problème créé par la CAQ, d'un déficit irresponsable, puis c'est noir sur blanc dans la décote de Standard & Poor's, puis essayer de faire croire aux gens que c'est à cause du Parti québécois. Il y a des limites, là, je veux dire.

Journaliste : M. St-Pierre Plamondon, il y a quand même des exemples, il y a des articles de Bloomberg en novembre, décembre 2025, qui disent que la montée du Parti québécois, ça a un impact sur les marchés obligataires. Ça, vous dites que c'est complètement faux?

M. St-Pierre Plamondon : Bloomberg, c'est faux. Vraiment, on a des notes, on a consulté des économistes qui nous confirment que la cause principale de la variation du coût d'emprunt pour le Québec, et la date à laquelle c'est survenu, c'est bel et bien le déficit monstre de la CAQ, et je m'attends, comme dans le scénario qui a mené à 1980 et celui de 1995, à ce que certains marchés financiers qui sont intéressés par l'avenir politique du Canada embarquent dans des campagnes de peur, et ce sera là qu'on va devoir toujours rappeler pourquoi ça coûte plus cher, emprunter, à quel moment ça a eu lieu? Et pourquoi un Québec qui se gère lui-même va en faire... en fait, faire des économies? Parce que le risque principal, sur le plan financier, qui pèse sur nous — et la CAQ, sur huit ans, est une démonstration spectaculaire de ce risque-là — c'est qu'on ne peut pas prendre toutes les responsabilités du gouvernement du Québec avec seulement la moitié de nos impôts pendant que l'autre moitié s'en va en gaspillage à Ottawa, et ça, ça se compte en milliards, pas en dizaines de millions.

Journaliste : M. St-Pierre Plamondon, vous avez vous-même dit, au cours de la fin de semaine et hier également, vous avez reconnu qu'il y avait, comment dire, de l'incertitude ou, en fait, de l'inquiétude...

M. St-Pierre Plamondon : Non, de la peur.

Journaliste : De la peur, vous avez dit qu'il y avait de... de l'inquiétude, de la peur chez les gens, liée, justement, oui, à la situation avec les États-Unis, mais qui était liée aussi avec la promesse de tenir un référendum. Vous vous l'êtes fait dire pendant la... vos tournées. Alors, si ça a un impact sur les électeurs, pourquoi ça n'aurait pas d'impact sur les prêteurs?

M. St-Pierre Plamondon : Mais pourquoi pensez-vous que le ministre Girard et plein d'autres intervenants continuent sur la peur? C'est l'histoire du Québec, c'est l'histoire de nos référendums, c'est l'histoire de notre destin. La peur, malheureusement, trop souvent, a guidé nos décisions et c'est sur des bases mensongères. Donc, c'est un peu la... la responsabilité du chef du Parti québécois, je suis le 10e chef d'une formation qui essaie de convaincre les Québécois de ne pas succomber à des... des arguments de peur mensongers. Vous venez, M. Laforest, de mentionner la Brink's. Mais c'est arrivé combien de fois? Et tout ça pour nous faire croire qu'on n'est pas capables de faire ce que tous les autres pays dans le monde font. Et c'est pour ça que je vous réfère à des documents sérieux qu'on a confectionnés à l'époque. Puis, vous me disiez, certains d'entre vous me disiez : Mais pourquoi faire ça? C'est quoi l'intérêt? Quel gain politique de sortir un document aussi volumineux et complexe? C'était justement parce qu'on savait que lorsqu'on serait face à de véritables choix sur si on veut une pérennité linguistique et culturelle pour le Québec et si on veut qu'Ottawa cesse d'empiéter sur toutes nos décisions et de gaspiller nos fonds, je le savais et on le savait, que la peur redeviendrait l'argument principal, faute d'autres arguments au soutien du Canada. Et c'est...

Journaliste : ...dans les sondages.

M. St-Pierre Plamondon : Évidemment que ça a... Évidemment, la peur a un impact.

Journaliste : ...à risque, en danger.

M. St-Pierre Plamondon : La peur a toujours eu un impact sur les électeurs au Québec. Et la peur, disait Gandhi, est encore pire que la haine. C'est le pire adversaire du bien commun. La peur ne nous a pas bien guidés. Et je réitère ce que je vous ai dit à Chicoutimi, les Québécois valent mieux que la peur puis ils devraient se faire confiance parce qu'ils sont bons, sont meilleurs que ce que la peur veut nous faire croire.

Donc là, je suis obligé de prendre le ministre Girard au mot, parce que la cause du 20 millions, c'est son déficit, et il me semble n'y avoir aucun doute là-dessus. Il faut vraiment être à fond dans les techniques de peur pour aller jusqu'à des affirmations de cette nature-là. Et je dois, et je dois dire aux Québécois : Si vraiment on doit avoir peur, c'est d'un gouvernement du Canada dont les politiques travaillent contre notre intérêt et nous coûtent une fortune, de sorte qu'on n'est plus capables de financer les services de base à la population. Moi, ça, ça me fait pas mal plus peur que l'histoire de 20 millions du ministre Girard, qui découle, en fait, de sa propre incompétence.

Journaliste : Comment vous pouvez contrer ça, la... la peur à laquelle vous faites référence, M. St-Pierre Plamondon, à même pas huit mois des élections? Comment vous pouvez contrer ça?

M. St-Pierre Plamondon : Comment contrer la peur? Si René Lévesque et Jacques Parizeau pouvaient me dire comment faire, je n'aurais pas ce problème-là parce que ce serait déjà fait. J'ai toujours pensé qu'on devait le plus possible fonder notre action politique sur le respect et la croyance en l'intelligence des gens. C'est pour ça que je parle ouvertement de peur. C'est pour ça que, quand on essaie de nous faire croire que le risque, c'est une invasion américaine, je suis comme : Non, attendez, là, le risque, c'est une escalade des tarifs, puis on n'est pas aux commandes en ce moment. Puis ça, c'est un risque, parce que, souvent, le Canada a sacrifié les intérêts du Québec puis ça prend des gens vaillants pour veiller à cette situation-là. Je parle ouvertement de peur parce que la question que vous posez, c'est peut-être la plus importante des dernières décennies, même du dernier siècle au Québec en politique : Comment est-ce qu'on peut vaincre la peur et le mensonge qui induit la peur, là? Parce que c'est ça, ça prend un mensonge, puis on induit de la peur. Comment vaincre ça? Plusieurs peuples dans le monde essaient de trouver une solution à ça. Et Gandhi vous dira que c'est le service de la vérité de manière non violente qui est la meilleure réponse vis-à-vis la peur.

Journaliste : Est-ce qu'il peut y avoir... est-ce qu'il peut y avoir de la peur sans mensonge? Parce que vous dites des mensonges, mais il y a des inquiétudes... il y a des inquiétudes légitimes.

M. St-Pierre Plamondon : Il y a de la peur légitime puis il y a de la peur qui est induite par des mensonges. Mais dans l'histoire des référendums et dans l'histoire de chaque élection du Parti québécois, que ce soit Lévesque, Parizeau et tous mes prédécesseurs, la stratégie, faute d'arguments du fédéral, c'est de créer de toute pièce un climat de peur sur la base d'informations exagérées, inexactes, de mise en scène. Et... et nous voilà à nouveau dans ce même pattern-là, dont je veux qu'on se libère, parce que moi, mon intention là-dedans, c'est simplement que les prochaines générations ne soient pas encore pognées là-dedans, qu'à un moment donné, au Québec, on s'en sorte de ce régime d'origine coloniale qui se sert de la peur pour garder le contrôle sur une société qui devrait se gouverner elle-même. Le gouvernement du Canada n'est pas notre gouvernement. C'est ici que ça devrait se passer à l'Assemblée nationale.

Journaliste : Est-ce que vous demandez au ministre Girard de déposer les preuves de ce qu'il dit, de ce qu'il affirme?

M. St-Pierre Plamondon : Non, non, je pense que mon intervention est assez claire. Regardez la date à laquelle l'Ontario, finalement, a un coût d'emprunt moindre que le Québec, alors que, de 2017 à 2024, c'était un avantage au Québec, puis regardez exactement ce qui s'est écrit au moment de ce changement-là, c'est le moment du déficit historique de la CAQ, parce que ces gens-là ont laissé des affaires comme SAAQclic à coups de milliards puis ont fait des chèques parce que Pierre Fitzgibbon s'est mis à contrôler Investissement Québec puis à dire : 100 millions ici, 50 millions là, bar ouvert. C'est une catastrophe et ça a eu des conséquences sur notre coût d'emprunt. Qu'ils prennent leurs responsabilités et qu'ils n'osent pas mettre sur le dos d'un projet de société qui est légitime et qui est nécessaire leur propre incurie, leur propre incompétence.

Le Modérateur : On va passer en anglais.

Journaliste : But, Mr. St-Pierre Plamondon, it's just that the Finance Minister sent that message clearly that borrowing costs in Quebec because of this possibility of a third referendum will cost more to Quebeckers, and then you have 20 million per year, and then like 100 millions in 5 years, 200 millions in 10 years. Quebeckers will listen to those numbers. What can you do to stop that information to go out?

M. St-Pierre Plamondon : Can the truth prevail over lies? That is the question, and it's a fundamental question for humanity. And, of course, truth is not objective, so sometimes your truth is maybe not my truth, but at least we're both in good faith. But when you have bad faith and you want to induce fear by making up lies, and you know that you're doing that, and that's the recent history of Canada to keep Quebec within Canada, what do you do? Your question is very good, and it's a fundamental question for humanity. And serving the truth, trusting the intelligence of people, so far, that's all I have found.

Journaliste : So this is the minister's own fault, is what you're saying.

M. St-Pierre Plamondon : Obviously. It's a historic deficit and it did trigger, in the same period, a switch in the borrowing costs. And it's written down by Standard & Poor's. We... They believe, and rightly so, that the way of governing of the CAQ leads to a structural deficit that hinders the financial situation of Québec. That's why they did it. And if you look at the dates, they're exactly matching. So, I mean, at some point there needs to be some subjectivity to that.

But I think what's happening, and I think people see it, federalists have now, thanks to the sequence of Greenland and declarations that are not normal south of the border, that are problematic, so that's true... they saw that if you amplify the fear and if you play on fear based on the success of 1980, and 1995 and the same thing in Scotland... they thought : Well, it's working for us, so let's go all in with fear and we'll induce fear by all means. And it was the case when Skeete said that Russia was about to invade us. Pure nonsense. And, once again, it doesn't hold the examination of truth.

Journaliste : But don't you think that that uncertainty economically... because even residents in Saguenay thought that the referendum was bringing uncertainty for... politically and economically. I heard some saying this.

M. St-Pierre Plamondon : Of course.

Journaliste : So, don't you think that it's true, like, that uncertainty can...

M. St-Pierre Plamondon : Propaganda can induce a result, but it doesn't mean that the propaganda is true. So, if you repeat something that is not true, but you repeat it often, it's been demonstrated that it can become some form of truth in the mind of people, and that's how illegitimate powers keep power. And, if I may... Well, I'll keep some stuff for... But let me just say as well that I'll bring economists and businesspeople step by step, people who have thought of those things in the vicinity or as candidates of the Parti québécois, to make sure that that kind of misleading statement finds some... meets some response in the civil society. So that's to come. That's also a step.

Journaliste : Is that enough, though, do you think? Because, you know, people are going to hear what he said today and it sticks, you know, those clips, people hear it, and they don't forget it. So, bringing these candidates forward, is that enough or does there need to be more pushback from you guys? What's the strategy?

M. St-Pierre Plamondon : I think your questions are totally on the spot. It's just like you're asking the fundamental questions of Quebec politics for the past 50 years. I wish I would have magic answers to those fundamental questions. Your question is : What do you do if somebody repeats over and over things that induce fear even though they're not true? They might create a result in the population. And I will put some more thought on it, because, unfortunately, it's something that we never solved since the Patriots of 1837, and, at that time, fear was induced by people being hanged and people dying. So, there's a profound culture of inducing fear in Québec. I mentioned history because it's… it becomes a cultural trait. And can we overcome fear in Québec to build a better future for the next generations? That's why I'm here. So, I hope it's possible, but I don't say that I have magic powers.

Le Modérateur : Merci beaucoup.

Journaliste : Juste, en français, est-ce que vous pouvez juste redire par rapport aux candidats que vous allez amener au PQ, les gens qui...

M. St-Pierre Plamondon : Bien, c'est sûr que je vous réponds très philosophiquement à : Comment on réagit à de la propagande ou à des affirmations qui génèrent de la peur mais qui ne sont pas vraies? Je vous ai répondu : le service de la vérité puis le service de l'intelligence des gens en leur faisant confiance. Mais c'est sûr que je travaille dans l'ombre, depuis quand même un bout, à... à mettre de l'avant une équipe, soit comme candidats ou comme conseillers, qui sont des économistes solides puis qui nous préparent à ce qu'on sait déjà s'en vient, parce qu'on a vécu 1980 et 1995, et, là-dessus, bien, je dis aux Québécoises et aux Québécois : Ce serait bien qu'on apprenne des autres épisodes, parce qu'on est pris dans les mêmes problèmes qui ont déclenché les référendums, mais en pire, parce que le... jamais le déclin du français et de notre différence... jamais les manques de respect envers notre démocratie n'ont été aussi forts qu'en ce moment. Mais, si on veut en sortir, il faut apprendre quelque chose des campagnes de peur des autres fois. Est-ce qu'on est capables, avec notre plaque d'immatriculation Je me souviens, de se souvenir et d'en tirer des conclusions? Est-ce qu'on a ce courage-là?

Vous savez, là, le fameux graphique où est-ce qu'il y a «convenient lies» ou «comfortable lies» puis il y a plein de gens qui attendent, puis «uncomfortable truth», on voit ça des fois, c'est un mème ou un... une image qui circule beaucoup, il y a parfois moins de gens dans la file de ceux qui recherchent la vérité inconfortable que dans la file des gens qui réclament un mensonge confortable. Le choix est devant nous, le choix nous appartient. Et j'ai décidé de miser sur l'intelligence des gens et sur le service de la vérité dans le meilleur de mes possibilités. Ça ne veut pas dire que je dis tout le temps la vérité, ça veut dire que j'essaie au moins de m'approcher de ça, pendant que d'autres vont générer de la... des affirmations comme celles-là.

Le Modérateur : On va devoir conclure là-dessus.

Journaliste : ...le choix de l'indépendance, c'est un choix pour vous qui est la vérité mais qui, somme toute, peut être inconfortable pour les citoyens, vous en convenez?

M. St-Pierre Plamondon : Oui, parce que, si on reprend la campagne de 2018 de la CAQ, essentiellement ils ont mis sur des panneaux publicitaires, partout sur les bords des autoroutes, le mot «changement», puis, quand tu regardais ce qu'ils disaient, ensuite, il n'y avait pas de changement. Ils disaient «changement» puis ils disaient à tout le monde : Il n'y a rien qui va changer, faites-vous-en pas. Regardez on est rendus où. Ça va prendre une vision puis ça va prendre des vrais... des véritables changements si on veut s'occuper de nos tout-petits, de nos aînés puis de la perte de confiance envers notre avenir. Puis moi, je m'excuse d'être un optimiste, là, mais c'est ça que je prône puis...

Le Modérateur : Merci beaucoup.

M. St-Pierre Plamondon : L'autre qui dit : Merci beaucoup.

Des voix : ...

M. St-Pierre Plamondon : Mais ça m'a fait plaisir.

(Fin à 13 h 26)