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Point de presse de M. Paul St-Pierre Plamondon, chef du troisième groupe d’opposition, et Mme Marie-Karlynn Laflamme, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière d’infrastructures

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Le mardi 17 mars 2026, 10 h 30

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Dix heures trente-trois minutes)

Mme Laflamme : Bonjour, bonjour. C'est une entrée quand même inusitée pour moi de commencer à la veille du dépôt du budget, il faut savoir qu'il n'y a que les candidats qui gagnent une partielle qui vivent ce beau moment.

Alors voilà, vous savez, j'ai le dossier des infrastructures. Alors, demain, quelles sont nos attentes par rapport au plan québécois des infrastructures? Vous savez que c'est un outil de planification qui est essentiel pour le Québec et qui est particulièrement bien garni. Il faut se le dire, depuis huit ans, la CAQ, ils nous habituent à augmenter sans cesse le stationnement, hein, qu'est devenu le PQI. Nous, ce qu'on constate, c'est qu'on a plus le moyen d'ajouter de nouveaux projets alors qu'on n'a simplement pas les moyens au Québec d'entretenir notre patrimoine bâti, d'entretenir ce qui nous appartient déjà. En effet, on parle quand même d'un déficit de 40 milliards en ce qui concerne le maintien de nos actifs, c'est majeur, il faut s'y attarder.

Deux problèmes sont constatés. La première... le premier grand problème, c'est la grande vétusté de nos bâtiments. Ce qui porte à croire que parfois, il faudrait mieux démolir plutôt que d'entretenir. Le deuxième problème, bien c'est la politisation simple du PQI, c'est-à-dire que les décisions ne se basent pas nécessairement sur l'achalandage ou sur les besoins des populations, mais bien davantage sur le dessein personnel de la CAQ.

M. St-Pierre Plamondon : Comme le troisième lien.

Mme Laflamme : Comme le troisième lien, voilà, notamment. Donc, voyons si, demain, les décisions des projets qui vont passer en mode réalisation au PQI vont prendre en considération l'état de grande dégradation de nos bâtiments et celui également des personnes qui sont touchées par les bris de services potentiels qui peuvent nous attendre. Il faut penser à des projets qu'on souhaite voir inscrire, comme l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, le bloc opératoire de Chicoutimi, qui est sur cette liste-là depuis longtemps, on espère les voir passer maintenant dans un mode de réalisation plutôt que dans un mode de préparation. Notons quand même que les gens de Drummond, ce matin, ont eu droit à une belle annonce, ils vont pouvoir commencer à travailler sur leur dossier d'opportunité pour l'hôpital Sainte-Croix. Voyons encore là si la CAQ aura entendu leurs demandes, c'est-à-dire de passer à une infrastructure plus locale, à une infrastructure régionale.

On est aussi dans un contexte épouvantable en ce qui concerne l'augmentation des coûts reliés à tout ce qui est construction. Ça explose partout au Québec. Le dépôt du PQI est donc un bon moment pour se poser la question : pourquoi est-ce que ces coûts-là explosent? Est-ce que ce n'est pas justement parce que le PQI est paqueté de projet et que la file est bien trop longue?

Alors demain, bien, on va voir si le gouvernement a choisi de réparer nos infrastructures plutôt que d'ajouter des nouveaux projets et de paqueter encore une fois le PQI. Merci.

M. St-Pierre Plamondon : Merci, Marie-Karlynn, et bienvenue dans cet environnement matinale qui est notre quotidien.

Mme Laflamme : Merci.

M. St-Pierre Plamondon : Juste une ligne de plus sur les attentes budgétaires, là, juste un mot pour dire que bon, évidemment, ce qu'on recherche dans ce budget-là, c'est plus de prudence et de responsabilité par rapport à d'autres budgets de la CAQ où, essentiellement, la taille de l'Etat augmente beaucoup plus vite que la taille de l'offre de services et on prend plusieurs décisions irresponsables qui créent un déficit vraiment inacceptable. Donc, on recherche cette prudence-là, mais je veux soulever le sujet suivant, qui est le fond de l'affaire : On est devant un budget qui va durer trois semaines, essentiellement. Parce que, pendant que... probablement que le ministre Girard prépare le budget le plus rassurant possible eu égard au déficit historique de la dernière fois, bien, on a des candidats à la chefferie qui, eux, ne sont pas tenus par ça. Et ils vont en promettre, des choses. Puis vous savez à quel point la CAQ est capable de faire des chèques ou faire des cadeaux juste avant une élection, là. Je veux dire, on a déjà joué dans ce film-là.

Donc, la difficulté puis ce qu'on va surveiller, nous, c'est ce qui va se passer après le budget, à savoir est-ce que la fin de la course à la chefferie va sonner une récréation dans le cadre de laquelle, bien là, on peut dépenser pas mal tout ce qu'on a promis, ce qui n'est pas dans le budget en ce moment et ce qui va créer des enjeux quand même importants. Donc, je pense qu'il faut le mentionner, mais la disparité entre ce budget et ce qui se dit et les conséquences de la course à la chefferie de la CAQ... vu la tendance historique de la CAQ de faire des cadeaux juste avant les élections.

Journaliste : Le gouvernement du Parti québécois sur Pauline Marois avait autorisé, entre autres, de faire de l'exploration au niveau des gaz à l'île d'Anticosti avec le projet Pétrolia. On était favorables au gaz de schiste, il y a une loi adoptée en 2022 qui interdit la recherche et l'exploitation du gaz de schiste. La potentielle future première ministre qui va avoir un job d'été, elle a dit : Moi, je suis prêt à rouvrir le dossier. Si vous allez au gouvernement, parce que vous êtes un gouvernement en attente, qu'est-ce que vous faites?

M. St-Pierre Plamondon : Le débat est final, à mon avis. Il a été fait. Donc, le gaz de schiste, le problème est le suivant. Il y a un véritable risque de contamination des nappes phréatiques. Il y a un empiétement véritable sur les activités humaines, dont l'activité de nous nourrir, là, l'agriculture est touchée par cette activité-là. Les bénéfices pour la société ne sont absolument pas comparables aux risques puis aux problèmes générés par cette industrie-là. Et, au final, on a retourné de tous les côtés cette option-là pendant des années au Québec, le débat a été fait puis ça a débouché sur une loi, qui est la loi de la CAQ elle-même, là. Donc, de notre côté, la qualité de l'eau, la qualité de l'environnement, la qualité de l'agriculture, mais également le fait qu'une fois que le puits est terminé, les entreprises laissent ça en plan, avec des conséquences financières immenses pour l'État, là, tous ces facteurs-là militent pour le maintien de la décision de 2022.

Journaliste : Est-ce que vous êtes fermés à toute exploration, exploitation?

M. St-Pierre Plamondon : En date d'aujourd'hui, on n'a pas d'ouverture, parce que... pour les raisons que je viens de vous mentionner, là. Menace à la sécurité, menace à l'agriculture, coûts astronomiques une fois que le puits est terminé pour presque... pour un très, très faible retour. Donc, ce n'est pas de bons projets économiques. On s'est engagés à étudier tous les projets si jamais la technologie changeait complètement puis c'était rassurant. Mais regardez l'histoire des projets de schiste aux États-Unis puis dans le reste de l'Amérique du Nord, là.

Journaliste : Pas juste le schiste, là. Il y a par exemple, Marinvest, là...

M. St-Pierre Plamondon : Mais ce qui est très différent, là. Marinvest, ce n'est pas de l'exploration ou de l'exploitation, là.

Journaliste : OK. Mais est-ce que vous êtes... à ce moment-là, je vais reformuler ma question. Est-ce que vous êtes fermés à tout projet...

Une voix : Qui hydrocarbure.

Journaliste : ...C'est ça.

M. St-Pierre Plamondon : Bien, il faut distinguer. Le gaz de schiste, on parle d'exploitation. Je viens de vous répondre. Sur d'autres projets, Marinvest, on a accepté de les rencontrer, puis, au terme de la rencontre, on s'est déclarés insatisfaits du bénéfice pour le Québec. Donc, on n'est pas fermés à rencontrer des gens qui prétendent que leur projet est bon pour le Québec. Seulement, on est difficiles à berner. Mme Lapointe, vous êtes bien trop barrée pour le gaz pour nous solidifier au Saguenay.

Journaliste : ...favorables, pas favorables? Terre-Neuve risque de forer avant le Québec, puis le gisement est partagé, là, dans le golfe Saint-Laurent.

M. St-Pierre Plamondon : Je n'ai pas de... je vais vous revenir là-dessus.

Journaliste : Ça ne vous dit rien, Old Harry?

M. St-Pierre Plamondon : Bien oui, mais je n'ai pas de... laissez-moi, peut-être juste après, parce qu'on n'a pas eu de discussion là-dessus. Puis, en effet, c'est quelque chose qu'on doit trancher.

Journaliste : ...votre perspective, parce qu'il y a quand même un projet de GNL au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Il y avait quand même beaucoup de gens qui souhaitaient avoir ce projet-là, est-ce que... pas d'avoir des pressions de vos électeurs pour que ce projet-là revienne de l'avant?

Mme Laflamme : Ça fait 10 ans, hein, que le projet GNL, là, n'existe plus, hein? Ça, il faut se le rappeler. Quand on parle de GNL, on parle d'un projet qui n'existe plus. Alors, moi, je l'ai dit dans ma campagne, je le réitère, il faut être résilients aussi. Il faut se tourner de l'avant vers d'autres projets. Il y a d'autres choses qui se présentent à nous au Saguenay. On a des filières de développement qui sont super... qui sont super intéressantes, notamment au niveau, là, de tout ce qui est la filière de la potasse. Alors, vraiment, il faut regarder ailleurs et il faut vraiment mettre ça derrière nous. Mais, comme le disait mon chef, évidemment qu'on va analyser encore tous les projets. Et évidemment qu'un processus d'acceptabilité sociale, ce n'est pas non plus un sondage auprès de la population. Ça aussi, il faut savoir faire la différence par rapport à ça.

Journaliste : Sur le prix de l'essence, justement, puis les hydrocarbures, là. Vous avez promis de baisser la taxe ou... bien, en fait, vous critiquez une double taxe, mais vous allez baisser la taxe sur les hydrocarbures. Ce que je comprends, c'est que votre plan concernant l'environnement, la réduction des GES, que vous avez présenté en 2022, sera le même en 2026. Dans ce plan-là, vous dites que vous allez imposer une surtaxe sur les combustibles fossiles en plus du speed. Donc, est-ce que vous n'êtes pas en contradiction avec vos propres promesses électorales?

M. St-Pierre Plamondon : Non. Donc, je n'ai pas pris l'engagement de redéposer le même plan, donc je ne sais pas d'où ça...

Journaliste : Donc, est-ce qu'il... Donc, ce plan-là...

M. St-Pierre Plamondon : Non, mais c'est vous qui l'affirmez. Ça sort d'où?

Journaliste : Bien non, mais je vous... je vous ai posé la question : Est-ce que vous allez... redéposer le même plan en 2026?

M. St-Pierre Plamondon : Donc, non, non, évidemment, on va redéposer un plan. Puis la...

Journaliste : ...fait évaluer, là, par des experts en 2022, là. On se souvient que c'était un de votre... fer de lance.

M. St-Pierre Plamondon : Oui, oui, oui. Puis on va refaire exactement le même exercice. Ce qui se produit, c'est que, contrairement à la CAQ, là, qui réagit à ce qui se passe en Iran, puis dans le cadre de la chefferie, donc, fait des annonces, nous, là, l'élément déclencheur de toute cette question de taxe sur l'essence, ça a été la décision de Carney et le fédéral d'abolir la taxe carbone partout au Canada, sauf au Québec, parce que nous, on n'est pas dans cette taxe-là, on a un marché du carbone. Donc, c'est poser la question qui n'existait pas avant : Qu'est-ce qu'on fait si le prix de l'énergie au Québec est substantiellement plus élevé que n'importe où au Canada? Est-ce qu'on maintient un gap immense parce que le fédéral a pris une décision, qui, en passant, n'a pas été très critiquée, hein? Quand c'est le fédéral, ça passe beaucoup plus facilement. Mais donc, ça, c'est un fait auquel nous, on a décidé de s'adapter en disant : On va réduire le gap du coût de l'énergie entre le Québec et le reste du Canada, sans quoi ça devient un enjeu d'injustice pour le consommateur, mais aussi d'avantage concurrentiel des autres provinces par rapport au Québec. On nuit à nos entreprises.

Donc, on a pris cet engagement-là il y a quand même longtemps. On a expliqué également que cette diminution-là ne change rien à notre volonté de promouvoir le transport en commun, et de donner cette offre-là, parce que l'offre de transport... en commun, c'est le déterminant numéro un des gens qui n'ont pas accès aux transports en commun. Tu as beau monter le prix de l'essence, ils ne seront pas plus avancés le lendemain matin, là. À part les punir pour aucune alternative, ça donne quoi?

Donc, il y a une véritable question du pouvoir d'achat d'un paquet de personnes qui doivent aller travailler le matin, qu'on veut nommer en fonction de ce que le Canada a fait de manière à ce que le gap entre le Québec et les autres provinces soit moindre. On a déjà tout dit ça il y a maintenant presque un an puis on maintient notre position.

Journaliste : ...ce que je veux savoir, c'est est-ce que, dans le fond, vous allez abandonner ce qui est inscrit dans ce plan-là, que vous aviez présenté en 2022, que ce soit rehaussé significativement, la valeur des droits d'émission, imposer une surtaxe sur les combustibles fossiles, ajouter des critères de performance?

M. St-Pierre Plamondon : On va redéposer ce plan-là. Évidemment que l'électorat pourra lire dans le détail notre plan. Et le plan devra tenir compte de ce que le Canada... Je veux juste finir ma réponse.

Journaliste : Bien, ce n'est pas électoraliste, de vouloir modifier tout d'un coup tout ça?

M. St-Pierre Plamondon : Non, parce qu'évidemment, comme je vous dis, le plan devra tenir compte que le gouvernement du Canada a unilatéralement changé les règles du jeu partout au Canada, sauf au Québec. Dans quel cas on a décidé de réagir. Et notre plan devra en tenir compte. Et c'est une question d'équité et de capacité concurrentielle des entreprises québécoises dans le Canada.

Journaliste : Mais vous avez évalué les revenus dont... l'État se priverait? Est-ce qu'à un moment donné il y a...

M. St-Pierre Plamondon : Oui. On a un certain nombre de scénarios. Puis c'est pour ça que tout ça, on le livre en même temps, avec le cadre financier. Parce que vous avez raison de nommer que ça doit tenir la route, là. Une formation politique qui est sérieuse dans sa volonté de former le gouvernement va devoir calculer chaque scénario en fonction de d'autres choix pour que, le cadre budgétaire, des experts puissent le lire en disant : C'est crédible, c'est bien fait. Donc, on va tous livrer ça en campagne électorale, évidemment.

Journaliste : ...quel argent vous allez décarboner les industries? Comme vous le dites dans le plan, c'est grâce à cet argent-là qu'on décarbone les industries, que ce soit au Saguenay ou ailleurs, là, justement. Donc, avec quel argent vous allez décarboner si vous vous retirez des revenus?

M. St-Pierre Plamondon : Non. Notre engagement touche le fonds consolidé. Si on recule sur une taxe sur les taxes, puis il y a un revenu de moins, donc, pour l'État, ça touche le fonds consolidé en général. Et le fonds consolidé, lui, il est en fonction d'un paquet de choix de dépenses et de revenus qu'on va présenter dans le cadre budgétaire.

Journaliste : ...est-ce que les Québécois devraient contribuer aux forces pour assurer la sécurité du détroit d'Ormuz et, comme le dit le président des États-Unis, abaisser le coût du baril de pétrole? Est-ce que, si le gouverneur fédéral décidait de participer à des... par exemple, à une mission de l'OTAN, est-ce que selon vous, des Québécois devraient aussi y prendre part?

M. St-Pierre Plamondon : Bien, bienvenue dans le Canada! C'est... On n'aura pas le choix. Je rappelle qu'on n'est pas un pays au Québec, et qu'on ne décidera pas de ces questions-là, et que, dans l'histoire du Canada, il y a eu des choix militaires très déchirants qui ont touché les Québécois, notamment Dieppe et d'autres opérations militaires, où les Québécois ont servi de chair à canon. Donc, votre question, elle est intéressante, mais elle est purement fictive et hypothétique, parce que, malheureusement, on n'a aucun pouvoir là-dessus.

Journaliste : ...un pouvoir d'influence, quand même, auprès des Québécois.

M. St-Pierre Plamondon : Bien parlez-en à la CAQ, du pouvoir d'influence.

Journaliste : Pour revenir sur la conversation que vous aviez avant, là, si vous baissez cette taxe-là, vous avez moins de revenus, est-ce que vous envisagez d'avoir un autre impôt ailleurs? Est-ce que vous envisagez de reporter l'équilibre budgétaire? Tu sais, comment vous allez faire pour contrebalancer?

M. St-Pierre Plamondon : Bien, c'est parce que dans... Oui, mais dans la situation budgétaire actuelle du Québec, les gros facteurs, en fait, c'est le bar ouvert de subventions, le gaspillage dans des histoires comme SAAQclic, on parle de milliards, mais c'est également le nombre d'emplois bureaucratiques qui ont été créés dans toutes sortes de nouvelles instances pendant que les services, eux, reculent à certains endroits. Ces trois facteurs-là, là, ensemble, ça se compte en milliards. Donc, quand on se demande : est-ce que le fait de prendre une décision nous oblige à créer un impôt ou une taxe? C'est la mauvaise façon de le voir, parce qu'il y a d'autres choix qu'on va faire qui vont coûter moins cher à l'État devant des dérives de la CAQ qui se sont avérées extrêmement coûteuses. C'est pour ça que je vous parle d'un cadre financier global, dans le cadre duquel on va respecter nos engagements.

Journaliste : Qu'est-ce que vous pensez du fait que QScale, une compagnie qui est installée à Lévis et qui a reçu pour 90 millions d'aide du gouvernement, songe maintenant... va vraisemblablement passer à des intérêts américains. Est-ce qu'il n'y a pas un devoir de loyauté à l'égard des contribuables quand on reçoit autant d'argent?

M. St-Pierre Plamondon : Oui, mais il y a un devoir aussi du gouvernement du Québec d'agir avec responsabilité et diligence. C'est, le gouvernement du Québec, depuis huit ans, se spécialise dans les cadeaux de centaines de millions à plein d'entreprises en ne demandant rien, en ne posant aucune condition, des conditions qui auraient pu être : Si jamais vous vendez à des intérêts étrangers, vous devez nous rembourser l'intégralité de ce qu'on vous a donné. C'est, le gouvernement du Québec n'est pas capable de négocier ces conditions-là dans des cas de multinationales comme Northvolt, n'est même pas capables d'imposer du contenu québécois et d'avoir des garanties que le projet va se faire, il ne faut pas se surprendre, après. C'est de la dilapidation des fonds publics, c'est également, dans le cas, par contre, de cette entreprise-là, le symptôme des mégawatts qui ont été envoyés à des multinationales étrangères pendant qu'on n'encourageait pas nos entreprises prometteuses ici, il y a ça aussi, là. Donc, la CAQ y est pour beaucoup. C'est une philosophie qui va prendre fin, j'espère, celle d'encourager des multinationales à coups de centaines de millions sans poser de conditions. L'aide de l'État, non seulement ne doit pas être un bar ouvert, mais elle doit venir avec des conditions, sinon on se fait avoir.

Il n'y a aucune question sur... Je suis un peu déçu, là, il n'y a aucune question sur la situation des textos puis de la véracité des textos, ça ne vous intéresse pas ce matin?

Journaliste : Bien, vous avez un livre, là, voulez-vous nous en dire...

M. St-Pierre Plamondon : Oui, j'ai un livre, puis j'ai tout, là, donc quelqu'un va me poser une question?

Journaliste : Est-ce que vous pensez que les textos sont vrais ou pas?

M. St-Pierre Plamondon : Je veux nommer la chose suivante... suivante ce matin, parce que j'ai avalé mon café un peu croche quand j'ai vu cet article. Moi, je n'ai aucune raison de douter de la validité de la démarche journalistique qui ont mené à des conclusions qui se sont avérées vraies. Donc, quand on remet en question la véracité ou l'authenticité des textos, le fait est que le contenu du texto, c'est qu'il y avait du financement avec des brownies et que ça s'est avéré être un fait indéniable. Il y a... bien, Cabral...

Journaliste : Cabral, c'est un potentiel prête-nom, mais ce n'est pas des brownies...

M. St-Pierre Plamondon : Bien, c'est des 100 $ qui transigent dans du financement douteux et l'histoire à confirmer, c'est celle visant une députée ou un député, ce n'est pas clair des textos, là. Mais ce que je veux dire, c'est qu'il y a une partie du contenu qui a mené à des révélations qui maintenant ne font plus de doute, il y avait du financement illégal qui s'est fait dans cette course-là.

Journaliste : À ce moment-là, ce n'était pas illégal.

M. St-Pierre Plamondon : Bien, c'est à dire que le fait...

Journaliste : La loi a été changée pour ça.

M. St-Pierre Plamondon : Je veux bien, mais je... laissez-moi...

Journaliste : Les prête-noms, ce n'est pas légal, mais l'achat de vote, c'était légal, ce n'est pas la même chose.

M. St-Pierre Plamondon : Le bon vieux stratagème qui a mené à l'enquête Mâchurer, c'est celui de donner du financement à un parti politique avec des prête-noms ou avec une façon qu'une personne dise : Moi, je vais t'en amener beaucoup de financement, puis je vais t'organiser ça pour rembourser ça, et après, par contre, tu te souviendras de moi quand ça sera le temps pour les contrats. C'est ça...

Journaliste : Mais ça, c'est Emanuel Cabral, ce n'est pas les textos sur les brownies.

M. St-Pierre Plamondon : C'est ce qu'on va savoir avec une enquête. Donc ce matin, je veux réitérer que je n'ai aucun doute, je n'ai pas de raison de douter de la démarche journalistique qui a mené à ces publications-là. Je n'ai pas de raison non plus de douter de l'intégrité de la démarche de l'UPAC et je dois rappeler que, malheureusement, par contre, il y a des gens qui ont contribué à saboter des enquêtes de l'UPAC par le passé, qui ont mené à la fin des enquêtes, qui auraient dû faire la lumière sur le financement illégal du Parti libéral. Puis il y a des livres très sérieux qui se sont écrits sur pourquoi ces enquêtes-là ont dérapé.

Donc, c'est sûr que, moi, de voir du... du matériel couler ce matin dans les médias, c'est très inquiétant par rapport à l'intégrité du processus, à la lumière des enquêtes sur le Parti libéral du Québec, qui n'ont jamais abouti par le passé. Et ce que je demande, et ce que je demande ce matin, formellement, parce que j'ai confiance au travail journalistique et j'ai confiance que les gens à l'UPAC cherchent à faire leur travail : S'il vous plaît, que... publiez vos conclusions avant le prochain scrutin. Donc, ma seule demande formelle, elle est à l'UPAC, mais également au DGE, également à la Commissaire à l'éthique : Vous avez un travail à faire pour qu'on comprenne, justement, ce qui n'est pas clair par rapport à ces textos-là puis des révélations qui ont... qui se sont avérées confirmées. On... Est-ce qu'on peut avoir, s'il vous plaît, le résultat des enquêtes avant l'élection, pour que l'élection ait lieu en toute connaissance de cause et non pas comme ce matin, dans un environnement où il y a des doutes, on se pose des questions? Donc, j'invite là-dessus le Parti libéral à collaborer avec l'enquête.

Journaliste : Vous ne trouvez pas que l'UPAC doit travailler à l'extérieur de toute pression politique? Parce que ce que vous faites, c'est une forme de pression politique, là, de leur dire : Livrez avant les élections. L'UPAC, en théorie, comme corps de police, ne devrait pas dire : Heille! peu importe ce que les politiciens me demandent, là, je vais faire mon enquête?

M. St-Pierre Plamondon : Oui. En même temps, je suis obligé de constater ce matin qu'il y a de l'information qui coule, et je suis obligé de rappeler que des enquêtes qui n'ont pas mené à quoi que ce soit par le passé avec l'UPAC, il y en a eu. Et, dans quel cas, je pense que je peux user de ma liberté d'expression pour dire : Cette fois-ci, est-ce qu'on peut aboutir puis aboutir dans des délais acceptables? Je ne pense pas que c'est une pression, je pense que c'est une demande.

Journaliste : C'est un souhait, disons.

M. St-Pierre Plamondon : C'est un souhait, mais... mais, je pense, c'est une demande légitime du point de vue bien... de bien des citoyens qui se rappellent de ça.

Journaliste : ...il va y avoir une étude des crédits, là, si le budget est déposé demain. Habituellement, le commissaire à l'UPAC se présente à l'étude des crédits. Pourquoi vous ne le questionnez pas vous-même sur l'enquête?

M. St-Pierre Plamondon : Ah! mais moi, je ne suis pas un... Je peux le faire, là, je... mais je ne prétends pas mener moi-même l'enquête de l'UPAC, ce n'est pas mon rôle.

Journaliste : ...des inquiétudes, vous dites, aujourd'hui.

M. St-Pierre Plamondon : Oui, mais mon rôle...

Journaliste : Vous pouvez peut-être tâter que...

M. St-Pierre Plamondon : ...mon rôle n'est pas de me substituer au Commissaire à l'éthique, au DGE et à l'UPAC, mais je dois vous nommer mon inquiétude quand je vois qu'il y a des choses qui coulent, parce qu'on a déjà joué dans ce film-là et on sait où est-ce que ça mène. Et, dans les circonstances, je pense que de demander que ces enquêtes-là soient complétées avant l'élection, c'est...

Journaliste : ...ce qu'on comprend, c'est qu'il y avait peut-être des témoins qui se seraient confiés, là, on n'est pas certain si ça vient de l'enquête directement. Du moins, ce qu'on saisit du texte, c'est que les enquêteurs ne semblent pas avoir en leur possession la preuve originale. Donc, ils se fient aux textos écrits dans le journal, comme l'avait fait le juge qui avait été payé par le parti pour faire enquête. Donc...

M. St-Pierre Plamondon : Oui, mais vous comprenez que le titre de l'article, ce matin...

Journaliste : Donc, on ne sait pas si c'est vrai ou faux encore, là, c'est ça, la réalité.

M. St-Pierre Plamondon : D'où l'importance de répondre à cette question-là avant le scrutin et d'où l'importance de s'assurer qu'on ne soit pas à nouveau dans un sabotage d'une enquête qui, finalement, ne mène à rien, là, parce qu'on a déjà joué dans ce film-là.

Journaliste : ...des gens actuellement essaient de saboter l'enquête? Vous parlez de coulage, vous parlez de... C'est ce que vous laissez entendre?

M. St-Pierre Plamondon : Ah! le coulage d'informations dans une enquête qui se doit être, comme on vient de le mentionner, absolument confidentielle, c'est un symptôme... c'est... ce n'est pas une bonne nouvelle, là, sur l'intégrité de l'enquête, là, ce n'est pas normal.

Journaliste : Mais, vous, au final, par contre, ce que vous dites aujourd'hui, c'est que, peu importe ce que l'enquête va dire, vous, vous croyez que les textos sont vrais?

M. St-Pierre Plamondon : Non, j'ai besoin de la réponse. Ce que je sais, c'est qu'il y a quand même des éléments prouvés. Écoutez, là, mettez-le en perspective. La course à la chefferie, qui a donné une lutte serrée entre Pablo Rodriguez, Charles Milliard et Karl Blackburn, au total, ils ont ramassé 768 000 $ en dons. Comparez-le avec combien le Parti libéral, en général, ramasse dans une année : à peine... des fois, ce n'est même pas 300 000 $. On sait que, dans cet environnement-là, c'était possible de faire un don puis de se faire rembourser cash en disant : «Wink, wink», pas de problème, nous autres, on arrange ça, le financement, Pablo. Ça, c'est un fait.

Donc, on a intérêt, comme société, à avoir le résultat des enquêtes sur l'ensemble. Parce que moi, je ne crois pas, pour répondre à votre question, que ça peut être la machination d'une seule personne dans l'isolement puis dans le silence complet, là, ça ne tient pas. Mais, en même temps, je ne suis pas l'enquêteur, donc je veux le résultat pour que l'exercice démocratique qui s'en vient soit éclairé puis qu'on ne se retrouve pas aussi avec le problème de confiance qui a découlé d'enquêtes de l'UPAC, finalement, qui mènent, on ne le sait pas pourquoi, à pas grand-chose.

Journaliste : ...ça ne vous inquiète pas de savoir que les textos auraient pu être fabriqués? Vous n'avez pas l'impression d'être... d'avoir été induit en erreur?

M. St-Pierre Plamondon : J'ai... Je n'ai aucun doute, je n'ai pas de raison de douter sur la démarche journalistique qui a mené à cette publication-là. Et je vous soumets comme hypothèse que ce n'est pas parce qu'on enlève certains segments de l'échange intégral, pour toutes sortes de raisons, que le contenu n'est pas vrai et authentique, et je pense que ce n'est pas... ça peut être ça, l'enjeu, mais j'ai besoin de la réponse des instances en charge de l'enquête.

Journaliste : Est-ce que l'UPAC est en danger? Ça se répond par oui ou non, à la lumière de ce que vous dites, là. Vous dites : Mâchurer, ça n'a pas fonctionné, il y a eu plein d'enquêtes de l'UPAC...

M. St-Pierre Plamondon : Non, je ne veux pas dire que l'UPAC est en danger. J'implore les acteurs et nos institutions à bien faire leur travail dans un environnement où, on le sait, il peut y avoir des manoeuvres pour tenter de saboter ces enquêtes-là. Je suis inquiet quand je vois du matériel couler dans les médias et je dis : S'il vous plaît, faites bien votre travail, puis faites-le dans des délais où notre démocratie peut en tenir compte, étant donné toutes les questions qu'on se pose entre nous autres ce matin pour lesquelles on n'a pas de réponse.

Le Modérateur : On va passer en anglais.

Journaliste :What are your expectations for the budget tomorrow? We're talking a lot about money for infrastructures, but it doesn't... it doesn't seem to be...

M. St-Pierre Plamondon : I mean, our expectations, of course, because we've been saying that for over a year now... the expectations, the basic expectations is that we get finances under control by stopping subsidies that are totally unreasonable under Fitzgibbon and Fréchette, and by stopping scandals such as SAAQclic. So, of course, we'll be looking at whether or not that budget is rigorous. But the trick here is that, basically, the value of that budget is three weeks of existence, because, meanwhile, on the side, you have a leadership race where people, Drainville and Fréchette, are promising whatever they want, and that's not in the budget. So...

Journaliste : But they have been consulted, Girard said that, to make sure that it will live more than three weeks.

M. St-Pierre Plamondon : Well, let me... let me not be satisfied with the sentence «they have been consulted». What's going on right now is that the new leader of the CAQ will have undertakings that are not in the budget, and, therefore, what we see in the budget might not be the reality once there's a leader, especially that we know that the CAQ really loves to distribute gifts and $500 cheques right before the elections. And that's not in the budget right now, but we know that it's going to be tempting, for a new leader, to say: Well, I didn't do that budget, and I want to spend, and I promised that I would be spending like this and like that, so, there we go. So, there's... there's really a reliability issue after three weeks, because there's a new leader that will say: I'm not bound by this.

Journaliste : So, to... to pursue that line of thought, do you think the new leader will have to present another budget, after he or she becomes the Premier, before the elections?

M. St-Pierre Plamondon : I think that, if there are substantial changes in spending, and that's what I will be looking at, indeed, there will need to be an update saying the budget was not made with the proper information, because there was no leader, and here's an updated version, with all the spending we're doing right now. I think it's a matter of transparency.

Journaliste : For all their other... all the promises that they've been making. And not many of them cost...

M. St-Pierre Plamondon : Or any measure that will... they have not promised yet, but that they will be tempted to do to look good at the end of the stretch.

Journaliste : Can I... clarify your approach here? You mean, depending on the new future promises, the budget should be updated?

M. St-Pierre Plamondon : Yes. So, if substantial changes are made by the new leader of the CAQ, changes that are not in this budget, we will, ideally, need to go in an election with some update of where we're standing after those spendings. It's... I'm saying that because, historically, we know, from the election, the last election, that the CAQ is very keen on distributing presents to everyone, and that means spending that is not currently in the budget, but that is still spending. So, in terms of transparency, if that's the case, they will need to give us a proper look at what the reality is.

Journaliste : And do you think that UPAC can receive a boost with this information coming out from LaPresse, today, to boost its investigation on those text messages, and their authenticity? Because when you have this spread out in the news media, maybe, you'll have new witnesses saying: Well, I can show you that they are authentic, see, this is what I received. Is it something that... Is it because UPAC is in difficulty and that can just help UPAC?

M. St-Pierre Plamondon : No, to the contrary when things are leaking, it's not a good sign. And we've been asking ourselves, for many years now, why did the UPAC Mâchurer and all other initiatives to try to shed light on illegal financing of the liberal party in the past, why it didn't come to any result. What I'm worried this morning about, when I read those articles, is that some form of sabotage is occurring, because that's what we saw and that's what this book talks about and therefore I ask UPAC, but also Commissaire à l'éthique and the DGEQ, please come with answers and please maintain the trust of the public by making your job, as well as possible in delays that are reasonable before the election. And, if we have that this time, we'll be able to gain trust again in those inquiries, but, this morning, what we see is not a good sign, it's not normal. It shouldn't leak like that and it's very ambiguous as well because it says, «you packed doubts», and, when you read the article, it's more that they didn't authenticate so far and then who are those sources and do I have reasons to doubt the work of the journalist who published that? No. So, please, this time, if all our institutions can just shout straight and do it in reasonable delays, it will be good for democracy in general.

Des voix : Merci.

(Fin à 11 h 04)