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(Huit heures quarante-neuf minutes)
Mme Laflamme : Bonjour. Bonjour,
tout le monde. Alors, on a dormi sur le budget, hier, et on a réfléchi en fait.
Et, sensiblement, je vous dirais que nos réflexions sont les mêmes qu'hier.
Alors, on souhaitait quand même commencer avec une bonne nouvelle, c'est-à-dire
que...
Des voix : ...
Mme Laflamme : ...il y a
une constance. Ça fait que voilà! Bonne journée! Bien non. On voulait commencer
quand même avec une bonne nouvelle. On veut saluer ce qui se retrouve au Plan
québécois des infrastructures en matière de maintien des actifs. Pour nous, c'est
un discours qu'on tient depuis longtemps, c'est-à-dire qu'il faut s'occuper,
réparer de notre patrimoine bâti au Québec avant de bâtir des mégaprojets
signatures. Alors, de voir passer cette enveloppe-là à 71 % et même à 78 %
pour certains pans de la mission de l'État, notamment l'éducation et l'enseignement
supérieur, pour nous, c'est une très bonne nouvelle.
Maintenant, que l'État aussi décide... que
le gouvernement décide aussi de mettre de l'avant des projets au PQI en matière
de santé, évidemment, ça nous enchante, mais que ces projets-là n'aient pas
avancé, donc qu'ils ne soient pas passés de l'étape de préparation à l'étape de
réalisation, ça, bien, évidemment, ça nous pose de sérieuses questions,
notamment en ce qui concerne l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Je sais qu'il y a
des plans qui sont faits, je sais qu'il y a des travaux préparatoires à faire
également. Maintenant, plus on attend, plus les coûts explosent aussi. C'est ce
qu'on vit. Alors, ce qu'on sait, c'est que tant et aussi longtemps que les
budgets ne seront pas fermés, que le go officiel ne sera pas donné, bien, ces
coûts-là sont susceptibles d'augmenter encore.
Alors, nous, ce qu'on demande au
gouvernement, c'est d'être clair sur les projets qui vont aller de l'avant en
cours d'année. On parle de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, évidemment, c'est
catastrophique. Pour ma part, vous savez aussi que je parle du bloc opératoire
de Chicoutimi, là, qui se retrouve davantage dans ma circonscription, qui se
retrouve, là, à quelque part, là, dans le... dans le même cas. Alors, voilà en
ce qui concerne le Plan québécois des infrastructures.
Je laisserais la parole maintenant à
Pascal.
M. Paradis : Merci.
Alors, on vous réitère, en ce lendemain de budget, nos quatre principales
conclusions sur ce budget. D'abord, c'est que c'est... c'est beaucoup d'énergie
pour pas grand-chose. J'ai dit hier que c'est un budget qui allait s'autodétruire
dans quelques semaines, là, comme dans l'ancienne série Mission impossible,
parce qu'il est complètement incohérent avec ce que les candidats à la
direction de la CAQ, Christine Fréchette et Bernard Drainville, disent jour
après jour sur l'orientation qu'ils veulent donner à leur futur gouvernement, une
fois que les membres de la CAQ auront choisi qui sera le premier ministre, là,
à partir de... dans quelques semaines.
Deuxièmement, la posture financière
difficile du gouvernement n'est pas le résultat de la conjoncture
internationale et de facteurs indépendants. Il est le résultat des bientôt huit
ans de mauvaise gestion financière de la CAQ. On a souligné, hier, quand même,
la bonne nouvelle que représente le fait que le déficit prévu pour l'exercice
en cours est moindre que ce qui avait été annoncé. Donc, il est tout juste sous
la barre des 10 milliards, mais à 9,9 milliards et à 8,6 milliards
pour l'année prochaine, ça demeure énorme, beaucoup trop important, compte tenu
du surplus dont avait hérité ce gouvernement lorsqu'il est arrivé au pouvoir.
Troisièmement, le gouvernement a chiffré
une partie des manques à gagner, de tous les refus qu'il a essuyés du
gouvernement fédéral au fil des ans que représente l'échec de la troisième voie
caquiste, donc d'obtenir des gros gains à l'intérieur du régime fédéral. Donc,
le ministre Girard, qui n'est pas le souverainiste en chef du Québec, vous en
conviendrez avec moi, dit dans son propre budget : Je n'ai pas l'argent qu'il
faut du gouvernement fédéral en santé, en immigration et pour les
infrastructures, mais c'est un... ce sont des chiffres partiels. Nous, on en a
pour 16 milliards, donc, de manque à gagner. Ça, ça veut dire que tous les
jours, les Québécois qui ont des problèmes d'accès aux soins de santé, qui
arrivent à la rentrée puis qu'il n'y a pas assez de professeurs dans les écoles,
qui roulent sur des infrastructures en mauvais état, sur des routes en mauvais
état, c'est en raison du fait qu'on envoie 90 milliards au gouvernement
fédéral.
Dernière chose, pendant que le
gouvernement de la CAQ se réserve à même le budget de l'État une caisse
électorale, il ne se préoccupe pas des besoins, des préoccupations principales
des Québécoises et des Québécois qui, eux, font face à l'augmentation du coût
de la vie, à l'inflation, au prix de l'essence. Donc, il n'y a rien sur le prix
de l'essence, il n'y a rien sur le prix du panier d'épicerie, il n'y a rien sur
le coût du logement. Et ça, ça démontre un gouvernement qui est,
malheureusement, déconnecté des priorités des Québécois.
Journaliste
: Cette
caisse électorale là ne pourrait pas être utilisée pour baisser la taxe sur l'essence?
Dans ce cas-là, est-ce que ce serait électoral ou ce serait plutôt une mesure
raisonnable?
M. Paradis : Bien non,
mais le principe même de cette caisse électorale à même le budget de l'État est
absolument inacceptable. C'est choquant. La première chose qui est choquante, c'est
que ce n'est pas écrit noir sur blanc dans le budget. Et nous, on l'a demandé,
là, dans nos interactions, hier, pendant le huis clos. On a dit... mais ça a
été évoqué par le ministre avant la présentation du budget. On n'a rien vu là-dedans.
Ce sont les médias qui ont obtenu cette révélation-là en disant : 250
millions par année sur cinq ans, c'est jusqu'à 1,2 ou à 1,3 milliard de
dollars. Et les collègues de Québec solidaire, il faut aussi le reconnaître,
ont trouvé, là, dans une autre page cachée dans le budget, un autre fonds d'un demi-milliard,
là, pour des raisons, tu sais, des raisons qu'on ne connaît pas encore, mais
qui pourraient être très bien des raisons électoralistes de dépenser cette
année, là, à la veille des élections. Et le ministre, en plus, en a rajouté en
disant que si ça, ce n'est pas assez, on pourrait aller piger dans la réserve
de 2 milliards prévus par le budget pour couvrir les promesses électorales.
Là, on n'est pas dans une plateforme électorale qui est présentée dans le cadre
d'une campagne électorale aux Québécois, puis faites votre choix. On est dans
le budget de l'État québécois et, à même ce budget, on a réservé une caisse
électorale. C'est complètement inacceptable.
Journaliste : ...va pouvoir
faire des promesses à partir de ce montant-là aussi. Est-ce que vous estimez
que c'est un montant qui est comme disponible à tout le monde pour faire des
promesses?
M. Paradis : Mais non, c'est
un montant qui est actuellement mis à la disposition des candidats à la
direction de la CAQ. Parce que là, on a dit, bien, on le réitère : Le
principal problème, c'est qu'on a un budget qui est dépendant, pas de l'intérêt
collectif, mais des intérêts électoralistes puis des considérations internes de
la CAQ. Dans trois semaines à peu près, on va avoir le nouveau chef ou de la
nouvelle chef, puis là il va arriver avec une vision qui va être complètement
différente de celle du budget. Ça, c'est un problème. Le problème, c'est que
Bernard Drainville et Christine Fréchette ont fustigé la... l'esprit du
gouvernement de la CAQ depuis huit ans, c'est-à-dire de prendre des milliards
puis d'investir au pif dans des entreprises en choisissant les gagnants, ils
ont dit «on va mettre fin à ça». Le budget fait exactement ça, il prévoie
3,7 milliards de dollars à investir de cette façon-là, dont
2 milliards dans un fonds, on dit : Bien, pour conserver des sièges
sociaux puis pour agir dans le domaine des minéraux critiques. Donc, Eric
Girard, lui, fonce tête baissée dans la même mentalité que depuis huit ans puis
ses deux candidats à la direction disent «on va mettre fin à ça».
Donc, ce budget ne dure pas, mais par
ailleurs on y prévoit une caisse électorale pour qu'eux puissent mettre en
œuvre des promesses électorales. Ce n'est pas comme ça que fonctionne le budget
de l'État. Nous, on va présenter notre plateforme électorale puis on va
dire : Voici le plan financier qu'on propose aux Québécois, comme les
autres partis. C'est de même que ça fonctionne en démocratie.
Journaliste : ...une des
avenues que vous proposez, c'est de réduire la taxe sur les carburants.
Cette... cette taxe-là, elle sert à entretenir, entre autres, le réseau
routier, là. Vous avez vu l'état des routes hier dans le... dans le PQI. Avec
quoi on va payer pour les entretenir, les routes, si on baisse la taxe sur les
carburants?
M. Paradis : Bien... Bon. Il
y a plusieurs éléments à votre réponse. C'est une des avenues qu'on propose
parce qu'il y a aussi donc la TVQ, qui actuellement constitue une taxe sur la
taxe, et c'est un cas unique ou très rare en fiscalité québécoise, où on a une
taxe sur une taxe, c'est un non-sens fiscal, puis nous, on propose de le
corriger. Donc là, ça pourrait être le fonds consolidé plutôt que le fonds où
va la taxe sur les carburants, qui sert notamment à l'entretien des routes.
Mais ça, ça s'inscrit dans un plan fiscal global qu'on va présenter aux Québécois,
qui va tenir compte, justement, de cet... de cet ajustement, si c'est le... Si
le levier qu'on utilise, c'est la taxe sur les carburants qu'on baisse, on va
ajuster le plan fiscal global du Québec pour en tenir compte.
Mais remarquez aussi que nous, on a
proposé ça il y a de longtemps déjà pour faire face à l'écart inéquitable du
prix de l'essence entre le Québec et le reste du Canada. Écart inéquitable qui
a été créé de toutes pièces par le gouvernement de Mark Carney par une mesure
électoraliste, il a mis fin à la taxe carbone ailleurs au Canada en utilisant
l'impôt des Québécoises et des Québécois. Et là il y a
814 millions de dollars qui nous sont dus, qui doivent nous revenir
pour qu'on puisse, justement, compenser les montants.
Journaliste : ...principe
d'utilisateur payeur. Tu sais, l'idée de la taxe sur les carburants, c'est
qu'on la paye à la pompe parce qu'on roule sur les routes qui se dégradent puis
après ça on répare les routes avec cet argent-là. Pour vous... Bien, vous
dites... mesures fiscales ailleurs. Donc, ça va être à tous les Québécois de
payer pour l'entretien des routes puis il n'y aura plus cette notion-là
d'utilisateur payeur.
M. Paradis : Non, ce principe
demeure, parce que c'est un ajustement du montant des taxes pour réduire un
écart inéquitable créé de toute pièce par le gouvernement fédéral de Mark
Carney. Donc, le principe demeure, mais il y a un ajustement. Quand on... quand
on ajuste les pourcentages de taxes, on ne veut pas dire qu'on met fin à un
principe. Le principe demeure. Et c'est un principe aussi qui vise à soulager
les Québécoises et les Québécois qui subissent cet écart-là à tous les jours.
Quand on parle du coût de la vie, le
principal facteur de l'augmentation du coût des aliments actuellement, c'est le
coût du carburant pour le transport. Quand on parle à nos agriculteurs partout
au Québec, qui disent : Moi, je paye mon essence jusqu'à 0,20 $ plus
cher que mes concurrents directs dans les provinces voisines, on ne peut pas
accepter ça. On fait face à une réalité pragmatique qui désavantage les
Québécois à la suite d'une décision électoraliste de Mark Carney, dont on a
trop peu parlé ici. Comment ça se fait que, quand c'est arrivé, on ne s'est pas
posé ces questions-là de ce qui est en train de faire le gouvernement fédéral
avec cette taxe carbone? Nous, le Québec, il faut qu'on répare les pots cassés
et il faut qu'on soit équitables envers les Québécois touchés.
Journaliste : ...qu'il y a
une baisse de la productivité au Québec. La baisse... Vous autres, vous voulez
que les seuils diminuent, là, les seuils d'immigration. Moins d'immigrants, ça
veut dire baisse de la population, problème au niveau de l'emploi. Qu'est-ce
qu'on fait? Est-ce que, comme Lucien Bouchard, vous dites : Travaillez
plus, parce qu'il faut augmenter la productivité de la population active?
M. Boissonneault : Je vais
vous le montrer, notre tableau, hein, parce que vous l'avez demandé. Ça, c'est
la croissance économique per capita au Canada comparativement aux pays de l'OCDE
de 2015 à 2024. Regardez la croissance du Canada. Le Canada fait le choix de
l'immigration très clairement dans l'OCDE. Un choix qui n'y a pas été fait par
tout le monde ou à la hauteur de ce que le Canada a fait et on constate que ce
choix-là a fait en sorte d'augmenter de façon considérable la population au
Canada à des niveaux historiques. Puis, quand on considère la croissance de la
productivité économique au Canada, elle est deux fois moindre que la moyenne de
l'OCDE entre 2004 et 2024. Et, lorsqu'on parle des conséquences économiques,
puisqu'on a une augmentation de la population de gens qui vont consommer aussi
des biens et des services, des logements, on se retrouve dans une situation où
la tarte a grossi, mais il faut qu'on se la divise en de plus nombreuses parts,
ce qui fait qu'on a une croissance qui est extrêmement limitée, puis qu'il y a
même une diminution du PIB per capita.
Journaliste
: ...
M. Boissonneault : C'est
que...
Journaliste : ... problème au
niveau de l'emploi...
M. Boissonneault : La
population...
Journaliste
: ...et les
libéraux disent, il faut que les Québécois travaillent plus, produisent plus,
vous n'êtes pas à cet...
M. Boissonneault : C'est...
Il est documenté. Plusieurs études sont sorties. J'en ai une ici qui parle
de...
Journaliste : Je ne vous
demande pas des études, je vous demande ce que, vous, vous proposez.
M. Boissonneault : Moi, ce
que je vous dis, ce qu'on a dit au Parti québécois, c'est qu'il va falloir
réajuster nos niveaux migratoires, il va falloir réajuster l'immigration
temporaire, puis l'immigration permanente. Au niveau de 2010 environ, quand ça
fonctionne... quand le système fonctionnait assez bien, on nous a imposé une
immigration augmentée à Ottawa, qui ne tenait pas compte des besoins du Québec
puis de notre capacité d'accueil, la capacité à livrer les services dont ont
besoin aussi les nouveaux arrivants. Ce réajustement-là est nécessaire pour
rétablir un équilibre dans l'économie.
Journaliste : ...dans le
budget, baisse la population, baisse du niveau d'emploi en raison de
l'immigration. Vous achetez ça ou non?
M. Boissonneault : Bien, la
population qui lorsqu'on parle du déficit migratoire en ce moment, c'est pour
les immigrants temporaires, ce n'est pas pour les immigrants permanents. Il y a
un réajustement qui était prévu de toute façon. Les gens qui sont arrivés ici,
ils sont arrivés avec des permis de travail temporaires et avec la promesse
aussi de retourner chez eux une fois que le contrat est terminé. Donc, c'est
dans l'ordre des choses, s'il y a eu en plus un resserrement de ce
gouvernement-là, des règles en immigration temporaire. Il y a un rééquilibrage
qui est en train de se faire. Et encore une fois, on parle d'immigration
temporaire. Donc c'est important pour ce qui est de l'immigration permanente,
il y a eu une augmentation, comme il était prévu.
Journaliste
: ...vous
la favorisez comment la hausse de la productivité?
M. Paradis : Bon.
M. Boissonneault : Bon.
M. Paradis : Bon, je vais...
Merci, Alex. Donc, on a bien lu les pages du budget sur cette question
démographique et il n'y a pas de conclusion claire à la fin, ça dit on va
devoir ajuster les politiques financières, économiques et fiscales pour tenir compte
de ces changements démographiques.
Et nous, ce qu'on dit, c'est que toutes
les études et les statistiques de l'OCDE démontrent que le Canada est en bas de
l'échelle sur la productivité. Ça concorde très exactement avec la
croissance... avec le moment où la croissance fulgurante de l'immigration avec
les politiques débridées qu'on a connues du gouvernement fédéral ont commencé.
C'est ce que toutes les banques du Canada s'entendent pour dire, que c'est
le... ce qu'on appelle le piège démographique. Toutes les institutions
financières du Canada sont d'accord avec cette évaluation.
La baisse de la productivité, pour revenir
à votre deuxième question, elle s'explique notamment par les choix de politique
économique du gouvernement, celle que nous on a dénoncée, c'est-à-dire
d'utiliser des milliards, 8 milliards par année, en subventions au pif du
ministre Fitzgibbon, de la ministre Fréchette, du premier ministre, pour
choisir les gagnants et les perdants qui ont résulté en beaucoup d'échecs et
une perte de la productivité. Donc, quand le gouvernement du Québec...
Journaliste
: ...
M. Paradis : Quand le
gouvernement du Québec...
Journaliste
: ...vous
êtes le gouvernement là-dedans.
M. Paradis : On change... on
change complètement le modèle. Nous, on l'a dit que c'était la fin du bar
ouvert pour les entreprises, les multinationales, à coups de milliards et de
centaines de millions. Nous allons plutôt changer ça pour une réforme de la
fiscalité pour les PME québécoises, une réduction de leur fiscalité, de leur
fardeau administratif qui va faire en sorte qu'on va de nouveau se reposer sur
ce qui a toujours été la colonne vertébrale de l'économie du Québec, les PME,
les futurs géants de demain. C'est un plan très ambitieux.
Journaliste : ...à cette
conférence, là, prévue le 26 mars.
M. Boissonneault : Oui. Oui,
je compte y aller, puis ça va me faire plaisir de le faire. J'ai publié
là-dessus ce matin aussi pour remettre les choses en perspective. Évidemment,
nous, on déplore ce genre de campagne, là, d'intimidation idéologique qu'on
voyait beaucoup dans les campus universitaires américains. On l'a vu aussi au
Québec, peut-être un peu moins, mais il y a cinq, 10, 15 ans, on aurait pu
croire que c'était terminé, là, qu'on était passé à autre chose.
Évidemment, je me retrouve avec des
panélistes avec qui je ne m'entends pas sur tout, là. Au contraire, je me
retrouve avec un panéliste qui a écrit les discours de François Legault, avec
un autre qui a tenu des propos très, très durs envers mon chef, mais ça va me
faire plaisir de discuter de toutes sortes d'idées sur l'avenir de la nation
québécoise. Parce que c'est ça aussi, l'université, c'est de pouvoir discuter.
De la discussion jaillit la lumière. De pouvoir échanger des idées pour comprendre,
pour convaincre aussi, c'est le propre d'une université, de faire ça.
Puis je déplore qu'il y ait des gens,
souvent associés, on va le dire, à une certaine frange de la gauche, souvent
associés à Québec solidaire, même des porte-parole qui ont relayé le message,
qui intimident comme ça pour confisquer le débat. Nous, ce qu'on considère,
c'est qu'on a le droit, dans une université, de discuter ouvertement sans
partager les idées de tout le monde, mais pour que les étudiants aussi puissent
participer. Donc, il y a une période de questions qui est prévue, il va y avoir
des échanges avec les étudiants. Ça permet aussi de réfléchir peut-être à
d'autres panels comme ça qui pourraient avoir lieu sur d'autres thèmes. En
fait, je trouve que c'est un bel exercice en démocratie, puis ça nous donne
l'occasion peut-être de le rappeler, ce qui est en train de se passer, de
rappeler l'importance de la liberté d'expression dans des discussions
démocratiques comme celle-là.
Journaliste : Qu'est-ce que
vous dites à ce groupe féministe qui dit que vous avez un discours
traditionaliste, discriminatoire, voire haineux?
M. Boissonneault : Bien,
c'est... vous voyez à quel point de le dire...
Journaliste
: ...
M. Boissonneault : Je le sais.
Absolument. En fait, on me taxe de tendances de droite et on dit que j'utilise
des concepts comme la capacité d'accueil. Il faut le faire, là. Cette semaine,
on a adopté une motion qui parle justement de la capacité d'accueil. Ça a été
appuyé, ça, par l'ensemble des formations politiques ici.
Donc, je trouve aussi que, dans cet
épisode-là, ça montre un discrédit total de cette façon de penser où on a une
déconnexion complète avec la population puis avec le tableau politique au
Québec. Il y a peut-être quelque chose aussi, il y a peut-être une leçon à
tirer de ça puis un message à comprendre, dans la population. Qui sont ces gens
qui portent des idées, franchement, qui sont surréalistes, là?
Journaliste : ...université?
M. Boissonneault : Le panel
est ce qu'il est, ce n'est pas moi qui l'a choisi, ce n'est pas moi qui a
choisi sa composition. Il y a trois personnes qui sont prêtes à débattre
d'idées, qui vont le faire de façon respectueuse, de façon ordonnée. Et je
pense qu'il va y avoir des échanges extrêmement intéressants. Les gens sont
invités à venir. Moi, je pense, venez nous voir, venez participer, venez dire
votre mot.
Puis ça en dit long aussi sur
l'argumentaire des gens qui veulent annuler des débats comme ça, hein, s'ils
sont incapables de pouvoir confronter leurs idées. Puis qu'on s'entende bien,
là, les propos haineux, les propos discriminatoires, c'est interdit. Il y a la
loi qui encadre ça, puis la loi doit s'en occuper, mais d'avoir des idées,
parfois, qui ne font pas l'affaire de tout le monde... c'est normal d'être
confronté à des idées qui ne sont pas les nôtres, surtout dans une université.
Journaliste : ...de ces
milliers de camions qui roulent sur nos routes au Québec puis qui ont enlevé le
système antipollution? Comment vous expliquez que...
M. Boissonneault : C'est
scandaleux. Honnêtement, c'est scandaleux, quand on a vu ça... de voir qu'il y
a une fraude comme celle-là qui a été faite au vu et au su de mandataires de la
SAAQ, même devant les yeux du ministère de l'Environnement... La CAQ aurait pu
intervenir ça fait déjà longtemps. Dans d'autres provinces, il y a eu des
interventions, il y a des technologies qui permettent de voir qu'il manque ces
dispositifs. Avec les conséquences environnementales que ça peut avoir,
honnêtement, c'est un autre témoignage d'un gouvernement qui s'est assis sur
ses mains dans le dossier du camionnage.
C'était la même chose pour les contrôleurs
qui se retrouvaient pris dans les pesées, qui ne pouvaient plus faire
d'interception sur la route, et ça ajoutait au far west qu'on a connu sur les
routes du Québec. Donc, c'est extrêmement déplorable. Puis moi, je demande
encore une fois à ce gouvernement-là d'agir rapidement pour ramener un certain
ordre sur les routes, parce qu'en ce moment, là, on l'a dit, bien, c'est le far
west, Si on peut déjà recommencer à faire des interceptions avec les
contrôleurs routiers sur la route, là... Je comprends qu'il y a des pas qui ont
été franchis dans cette direction-là, mais visiblement le travail n'est pas
terminé.
Le Modérateur
: On va
passer en anglais.
Journaliste :
…the CAQ leader left… the CAQ left some
money for their next leader in the budget. What's your take on that?
M. Paradis : This is totally unacceptable. This is not an electoral platform
proposed to Quebeckers in the
framework of an electoral campain. This is the official budget of the State, of the Québec State. And within the budget, in a
non transparent manner, I would say, occult… in French, can you say that in
English?
Une voix :
...
M. Paradis : Occult because non officially stated. If you look at the budget,
any document, any annex of the budget, you will not find officially that line.
So, it was disclosed or admitted to the media during the Minister's press
conference. $250 millions a year for five years, so 1.3 billions
reserved for the candidates in the leadership race of the CAQ. This is totally unacceptable. The budget of the
State must not be used for political purposes.
Journaliste
: …dollar, where do you think it should have went instead?
M. Paradis : Well, look at the needs on the ground. The actual daily concerns of
Quebeckers are unanswered by the budget. The inflation, the rising cost of
life, the cost of gasoline, it's climbing. It's difficult for Quebeckers, and
there's nothing. Nothing for lodging, nothing for fuel, nothing for a
transportation, nothing for the cost of food at the grocery. So unfortunately,
totally disconnected from the real concerns of Quebeckers, but still finding
some financial room for the candidates' campaign, it's totally unacceptable.
Journaliste
: Have you ever seen such a fund before in a budget for... of this
nature? It's... for me, it's unusual, but...
Journaliste
: Very interesting question. So, yesterday, we were at the huis clos
and so we didn't have access to all... all the tools, but we were, amongst
ourselves, saying, «have... have we ever seen such a thing?» And the answer was
no. So, if you have any precedent, please advise us, we'll keep looking. But
for us, it's unprecedented and it's testament to the way this government and
this political party are looking at state businesses. This is... this is state
business. This is the budget of the Québec state. It's not an electoral fund,
but it's treated as such by the government. It's totally unacceptable. And I
think Quebeckers will judge that very severely.
(Fin à 9 h 11)