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Point de presse de Mme Ruba Ghazal, cheffe du deuxième groupe d’opposition, et M. Sol Zanetti, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de culture et de communications

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Le mardi 24 mars 2026, 11 h

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Onze heures deux minutes)

M. Zanetti : Bonjour, tout le monde. Alors, avant de commencer ce point de presse, on voulait transmettre nos condoléances, au nom de Québec solidaire, à la famille d'Antoine Forest, ce pilote québécois qui est décédé dans des circonstances tragiques hier, et, évidemment, un autre pilote aussi, en Ontario. On trouve que... on a hâte de voir c'est quoi, la lumière, là-dessus puis on voulait le souligner, je pense que c'est... c'est important de le faire, surtout quand on voit le courage duquel ils ont fait preuve en sacrifiant leurs vies pour en sauver d'autres.

Je voulais aussi aujourd'hui aborder un thème qui a fait beaucoup jaser en fin de semaine, et qui est très important pour l'avenir du Québec, et aussi pour l'avenir du mouvement indépendantiste. C'est qu'à Québec solidaire on tient à rassurer les fonctionnaires fédéraux au Québec, qu'ils soient à Gatineau ou ailleurs. Ils vont conserver un emploi, et nous aurons besoin d'eux dans la nouvelle fonction publique québécoise. Je pense que c'est important de rappeler ce consensus historique du mouvement indépendantiste, consensus qui est très important non seulement pour rassurer les gens, mais aussi pour avoir un discours rassembleur puis montrer que, dans notre projet de société qu'on veut faire avec ce pays-là, bien, il y a de la place pour tout le monde. Et les fonctionnaires fédéraux, on va en avoir besoin.

Et, oui, on veut faire des économies avec des... de l'annulation de dédoublements ministériels, mais on va en faire bien en masse avec tous les fonctionnaires fédéraux hors Québec, pour qui nous ne paierons plus, dont une grande partie sont en Ontario, notamment, et c'est une... une des injustices de la fédération canadienne. Donc... donc, voilà, moi, je pense qu'on doit... je tiens à rassurer les gens. Il y a cette voix souverainiste qui est fidèle au grand consensus rassembleur du mouvement indépendantiste, et c'est Québec solidaire.

Mme Ghazal : Merci beaucoup, Sol. En ce moment, on le voit, là, le prix de l'essence a vraiment monté. Quand c'est rendu qu'à 1,80 $ on trouve que ce n'est pas si pire, parce qu'il n'a pas dépassé le 2 $ le litre d'essence, c'est quand même quelque chose. Et c'est sûr que ça fait mal beaucoup plus à des portefeuilles de familles ou de mères monoparentales, par exemple, qui ont une minifourgonnette, parce qu'ils ont une famille nombreuse, qu'elles habitent en région, elles n'ont pas beaucoup d'options. Ça fait vraiment mal, et c'est un choc, pour ces familles-là, de faire le plein d'essence, les gens, au Québec, qui sont au bas de l'échelle. C'est pour ça qu'à Québec solidaire on propose une mesure très ciblée pour aider ces familles-là qui en ont le plus besoin. On prend une partie de l'argent du Fonds vert qui vient du prix de l'essence et on les donnerait à ces familles-là. Ce serait entre 100 $ et 475 $. Ça fait une méchante différence, alors qu'on est en pleine crise du coût de la vie.

Je veux quand même souligner que les autres partis, ceux qui font des propositions en lien avec le prix de l'essence, font des propositions simplistes et qui sont très mauvaises pour le Québec, parce qu'elles mettent à mal la transition écologique de notre économie et nous gardent prisonniers, sur le moyen, long terme, au pétrole, ce qui finit par coûter cher, toujours, aux Québécois. Donc, ce n'est pas des bonnes solutions. On est encore en pleine crise climatique, il ne faut pas abandonner cette lutte-là, on a tout ce qu'il faut au Québec, pour mener cette lutte-là et sortir de notre dépendance au pétrole. C'est comme ça qu'on va aider les familles. Donc, la proposition qu'on met de l'avant, c'est une mesure qui est équilibrée, ciblée, raisonnable, qui concilie d'aider les familles en pleine crise du coût de la vie, et qui concilie aussi notre transition écologique de notre économie.

Journaliste : Juste pour bien comprendre, M. Zanetti... excusez-moi, Mme Ghazal, mais... votre engagement, est-ce que tous les fonctionnaires québécois qui travaillent pour le fédéral garderaient leur emploi?

M. Zanetti : Bien, ils garderaient un emploi dans la fonction publique québécoise, donc on... Il y a beaucoup de ces... de ces fonctionnaires-là qui ont une expertise dont le Québec va avoir besoin. Il y a des... des ministères qui ne sont pas dédoublés entre le Québec et le Canada. Et puis il y a aussi des fonctionnaires qui sont dans des services, par exemple, l'Agence du revenu, où, là, il y a un dédoublement. Mais ces gens-là, c'est des gens polyvalents. Dans la fonction publique... ce n'est pas rare qu'une carrière dans la fonction publique on passe d'un ministère à l'autre. Alors, l'idée, ce serait de dire, bien, on va les accueillir à un autre endroit dans la fonction publique.

Journaliste : Mais le projet d'indépendance, ce n'est pas, justement, l'occasion de rendre l'État plus efficace? Si on garde tout le monde, mais on n'en a pas vraiment besoin, ça sert à quoi?

M. Zanetti : C'est parce qu'une part disproportionnée des fonctionnaires fédéraux canadiens sont en Ontario, une part disproportionnée, et donc c'est une injustice historique de la fédération canadienne. Ça fait que les autres provinces financent une stabilité économique incroyable à l'Ontario, qui, après ça, performe, puis, après ça, tout le monde est bien fier de ça de leur côté.

Maintenant, juste en ne payant plus pour ces fonctionnaires-là hors Québec, déjà, il y a une économie. Et, en éliminant les dédoublements ministériels, notamment les deux rapports d'impôt, par exemple, là, il y en aurait juste un, du ministère de la Santé, du ministère de l'Environnement, du ministère de la Culture, qui ne s'appelle pas exactement comme ça, bien, avec ça, on va faire des économies énormes que certains chiffrent entre 5 et 9 milliards de dollars par année. Donc, on n'a pas besoin...

Tu sais, les... le calcul des fonctionnaires fédéraux, par exemple, bien, si... il est possible qu'à l'an 1 de l'indépendance, il manque 1 000 fonctionnaires, il est possible qu'il y en ait quelques milliers de plus, mais la solution qui a toujours été imaginée, c'est de dire : Écoutez, juste au Québec, dans la fonction publique québécoise, il y a à peu près 2 500 fonctionnaires qui prennent leur retraite à chaque année. Alors, par attrition, on peut atteindre l'équilibre dont on a besoin très rapidement, tu sais, dans quelques années, tout au plus. Et c'est ça, la solution qui est raisonnable, et c'est ça, la solution qui peut montrer à tout le monde qu'il n'y a personne qui va ne perdre rien à l'indépendance.

Journaliste : Donc, M. St-Pierre Plamondon nuit au mouvement indépendantiste?

M. Zanetti : Je pense que c'est une position qui nuit, c'est une position qui est en rupture avec les consensus historiques du mouvement et qui est en rupture avec une position qui doit être aussi rassurante pour tout le monde.

Journaliste : Sur l'intelligence artificielle, il y a des experts qui souhaitent avoir un code de conduite pour les partis politiques. Le Parti libéral et le Parti québécois disent qu'ils veulent attendre de voir si le Parti conservateur va accepter de signer le code avant eux-mêmes de le faire, là, même s'ils se disent favorables.

Mme Ghazal : Je ne comprends vraiment pas leur position. C'est quoi, ça, d'attendre que les autres fassent ce qui doit être fait avant de le faire soit même? Pour nous, à Québec solidaire, on n'a pas attendu de voir si les autres partis allaient signer ce code. On sait, l'intelligence artificielle, à quel point ça fait mal, par exemple, à des créateurs, à des gens qui font du contenu et aussi ça peut faire mal, beaucoup, beaucoup à notre démocratie. Les hypertrucages qu'on n'est même pas capables de voir, là, vous l'avez vu avec Gabriel Nadeau-Dubois, que lui-même avait l'impression que c'était lui, là, qui regardait alors que ce n'était pas lui sur la vidéo fabriquée par l'intelligence artificielle.

Moi, j'invite très, très fortement les autres partis, le Parti québécois, le Parti libéral, à prendre leurs responsabilités et à s'engager de faire en sorte qu'on ait une démocratie qui soit saine et de s'engager qu'il n'y ait pas d'utilisation de l'intelligence artificielle. C'est... Il en va de notre démocratie.

Journaliste : M. St-Pierre Plamondon dit : Oui, mais on ne veut pas se priver d'outils si les autres les utilisent. Je résume un peu son propos. Si le Parti québécois... sir le Parti conservateur ne signe pas l'entente puis que nous, on la signe, bien, ça va peut-être nous désavantager.

Mme Ghazal : Bien, ça va être au Parti conservateur... Je veux dire, on va le faire savoir, ça. Au contraire, nous, on est fier de le dire, de le démontrer, de montrer à la population que nous, on va nous assurer de ne pas utiliser l'intelligence artificielle pour augmenter la confiance de la population envers notre démocratie puis le contenu qu'on va mettre de l'avant. Alors, qu'en ce moment, c'est quoi, le message qu'on donne à la population? Ah! ça se peut que ce qu'on va produire comme contenu, ce soit vrai, ça se peut que ce ne soit pas vrai. On n'a pas besoin que les gens aient moins confiance en notre démocratie, c'est le contraire.

Donc, moi, j'invite M. St-Pierre Plamondon à revenir... à y réfléchir et à faire ce qui doit être fait, c'est-à-dire à signer ce protocole-là puis de s'engager à augmenter la confiance de la population envers notre démocratie.

Journaliste : Sur P-38, êtes-vous satisfaits que le dépôt soit finalement fait? Et allez-vous participer à l'accélération pour adopter ce projet de loi là avant la prochaine élection?

M. Zanetti : Ce qui est sûr, c'est que c'est un sujet extrêmement important. C'est un projet de loi très attendu. On va l'analyser, on va écouter aussi les experts parce qu'il est question de droits fondamentaux. Donc, c'est... il faut arriver là avec précaution. Mais ce surtout dont on veut s'assurer, c'est que ce ne soit pas, pour le gouvernement, une occasion de dire : Regardez, on fait quelque chose, puis, dans la réalité, on n'ajoute pas de vrais services, parce que le fond de l'affaire aussi, là, c'est aussi la question des services. Il faut qu'il y ait plus de services, plus de prévention en santé mentale. Dans les dernières années, il y a eu une crise de la santé mentale, puis ce n'est pas vrai que les investissements ont été suffisants. Et puis il y a bien des endroits au Québec où est-ce qu'il n'y en a pas, de services. Puis les portes tournantes, là, ce n'est pas une affaire... c'est une affaire de ressources puis d'incapacités pour les institutions sous-financées de donner un suivi qui fait qu'on guérit les personnes. Alors, il faut...

Journaliste : Mais sur le principe...

M. Zanetti : Sur le principe, il faut s'assurer qu'on ait les deux. Tu sais, il faut s'assurer qu'on ait les deux puis qu'aussi la loi P-38, elle n'aille pas trop loin. Donc, on va le... on va la regarder avec attention.

Journaliste : Donc, il ne faut pas assouplir, mais il ne faut pas non plus laisser les policiers avoir une trop grande marge de manœuvre. C'est comment...

M. Zanetti : Bien, c'est ça, il faut... Lorsqu'on a assoupli cette question-là des droits, il faut y aller de façon très prudente, parce qu'aussi il faut qu'il y ait des services qui soient mis en place. Il ne faut pas que la seule réponse de la CAQ, ce soit une réponse de type législative comme ça. Il faut qu'il y ait une réponse qui soit d'investissement puis de soins.

Mme Ghazal : Et je trouve... je trouve... Je veux juste ajouter quelque chose. Exactement ce que dit Sol. Mais c'est vraiment dommage qu'on... qu'en fin de parcours le projet de loi soit déposé parce que c'est important de prendre le temps de faire ces débats-là. Vous avez posé la question au début : Est-ce que vous voulez accélérer? C'est important qu'il y ait un vrai débat de société, qu'on entend tous les experts, qu'on se fasse une tête, puis qu'il y ait une approche mesurée. Et là le gouvernement arrive en fin de parcours, en fin de régime, puis il nous garroche ça en disant : Il faut l'adopter pour les familles qui trouvent ça difficile en ce moment, ceux qui vivent avec des proches qui souffrent de santé mentale, qui ont des problèmes de santé mentale. Bien, ce n'est pas la bonne façon de faire. Ils auraient dû le faire avant pour qu'on prenne le temps de faire notre travail de législateurs.

Journaliste : ...bien beau élargir les critères, tant et aussi longtemps qu'il n'y a pas de ressources qui suivent, ça ne sert à rien de les élargir...

Mme Ghazal : Bien sûr.

M. Zanetti : ...il faut... il faut avoir les deux discussions en parallèle, au fond, tu sais. Ce n'est pas que ça ne sert à rien. Je pense que c'est pertinent de se poser des questions si les lois sont adéquates. Puis il faut entendre vraiment les experts puis y aller avec une grande prudence. Mais clairement une solution législative ne va jamais suffire. La porte tournante, c'est une question de ressources.

Journaliste : ...Mme Ghazal, c'est dommage qu'il soit déposé en fin de parcours. Donc, vous doutez de la possibilité de l'adopter avant la fin de la session?

Mme Ghazal : Bien, c'est parce que, là, il nous arrive avec des projets de loi en fin de session, un peu comme un étudiant, là, qui se lève... qui étudie à minuit moins une puis... parce qu'il y a un examen demain matin, alors qu'il aurait pu se préparer avant. C'est ce que la CAQ fait sur des sujets qui sont quand même très, très importants. Ça fait que ça aurait dû être adopté avant. Puis ce n'est pas parce que la CAQ a décidé de faire ça maintenant, en fin de régime, que nous, on va se presser sans faire notre travail. On va faire comme d'habitude notre travail de législateur, avec diligence.

Journaliste : Sur la loi 21, est-ce que vous demandez ou est-ce qu'il serait souhaitable que le jugement de la Cour suprême soit rendu avant l'élection, vous pensez?

M. Zanetti : Bien, nous, on pense aux gens qui, en ce moment, voient leurs droits et libertés limités, puisqu'on se dit, c'est : Plus rapidement cette loi-là peut être amendée de ces... de ces articles-là, liberticides, mieux c'est pour eux. Alors, le plus tôt, c'est le mieux, du point de vue de ces gens-là. Par contre, on est des législateurs, et ce n'est pas notre rôle d'aller dire quoi faire aux tribunaux. Eux sont là pour interpréter les lois qui sont faites ici. Et puis on va laisser ce processus-là se faire.

Journaliste : Sur Maïté Blanchette Vézina, qui se joint au Parti conservateur, comment vous trouvez ça?

M. Zanetti : Bien, c'est un parcours politique marqué par le mouvement, où on a commencé, d'une part, à une mairesse reconnue pour son progressisme et ses idées environnementales à vive le gaz de schiste, mon char, mon choix. Donc, c'est un parcours étonnant. Mais, écoutez, on va voir... ce sera aux citoyens de Rimouski de trancher.

Journaliste : C'est quoi? Qu'elle est opportuniste?

M. Zanetti : Ah bien, je ne veux pas lui lancer des épithètes, là. Je pense que les constats suffisent, là. C'est quand même assez étonnant de passer de comme vive l'environnement à vive le gaz de schiste et...

Journaliste : ...ça alimente le cynisme, selon vous...

M. Zanetti : Bien, c'est une bonne question. Moi, je demanderais aux gens de Rimouski ce que ça leur fait, là. Je suis comme assez curieux de voir qu'est-ce qu'eux ça leur fait. Moi, je ne sais pas, là. C'est peut-être parce qu'on se tient beaucoup ici, là, ça nous surprend moins, ces affaires-là. Je ne le sais pas.

Journaliste : ...malaise quand un député ne finit pas son mandat dans un autre palier de gouvernement pour rejoindre un autre parti dans un autre palier de gouvernement?

M. Zanetti : Au-delà des...

Journaliste : ...

M. Zanetti : Au-delà de ces situations hypothétiques là, moi, la question, c'est l'importance de la cohérence des valeurs, là. Et voilà. Ça, je pense que c'est important.

Journaliste : ...de souverainiste à fédéraliste, à fédéraliste à souverainiste?

M. Zanetti : Beaucoup l'ont fait dans l'histoire... Paul St-Pierre Plamondon, le premier, là, en fondant les Orphelins politiques. Deux... deux semaines après, si je ne me trompe pas, il commençait la course à la chefferie qui a mené à l'élection de PKP, personne ne doute de sa sincérité sur l'indépendance aujourd'hui. Je pense qu'il faut, tu sais, qu'il y ait plus de Québécois qui deviennent souverainistes, ça fait que oui, ça se peut.

Journaliste : Peut-être, tant qu'à avoir... Est-ce que vous trouvez ça dommage que le projet pilote d'Élections Québec pour favoriser le vote des personnes itinérantes a été bloqué par le Parti québécois?

Mme Ghazal : Oui, vraiment. Tout est difficile pour les personnes itinérantes. Et ce n'est pas des citoyens de seconde zone, hein, ces gens-là. On avait ici un consensus à l'Assemblée nationale en tous les partis politiques avec une solution pour leur simplifier la voie pour voter. Et là le Parti québécois essaie de... essaie de bloquer sous des... quels prétextes, je ne comprends pas. Il n'y a personne ici qui veut que... qui a une difficulté ou un doute sur l'intégrité du processus. On s'est assuré d'avoir une solution pour ces gens-là, qui sont des citoyens et citoyennes comme vous et moi, et que, là, le Parti québécois décide de bloquer, je ne me l'explique pas, je trouve ça vraiment, vraiment dommage, vraiment.

Journaliste : Il craint que ça ouvre la porte à de la fraude électorale ou à de la sortie de vote fait par un tiers...

Mme Ghazal : Mais d'où vient cette crainte-là? Je veux dire, nous, on ne veut pas non plus qu'il y ait de la fraude ou un mauvais processus. Ça fait qu'il y avait un consensus, puis on avait une solution qui permettait à ces citoyens-là, qui sont les personnes itinérantes, de pouvoir exercer leurs droits démocratiques comme n'importe quel citoyen et s'assurer qu'il n'y ait pas... qu'il n'y ait pas de risque. Donc, c'est une solution équilibrée, tout le monde est d'accord, sauf le Parti québécois. C'est vraiment dommage. Je ne me l'explique pas. Il devrait se raviser.

Journaliste : ...sondage sur les signes religieux dans les garderies, on voit que... grande majorité des parents ou des parents d'attente, là, en ont rien à faire, là, ce qu'ils veulent, c'est des services. Le projet de loi pourrait être adopté cette semaine. Est-ce que le gouvernement doit revenir sur sa décision?

M. Zanetti : Le gouvernement doit revenir sur sa décision, puis il doit se mettre, pour une fois, à la place des parents. Moi, j'ai... je suis parent, j'ai été parent d'enfants en service de garde éducatif dans les dernières années, et puis, quand tu es parent, là, puis que tu arrives, puis que tu vas là, puis que l'éducatrice de ton enfant, elle porte un voile, là, puis qu'elle est extraordinaire, puis que vous développez une relation, puis que ça devient une personne significative dans la vie de ton enfant, là, tu sais, tu ne veux pas que la CAQ te l'enlève. Ça fait que s'ils pouvaient...

Journaliste : ...des balises plus grandes en ce qui a trait à la laïcité dans les centres de services de garde, tu sais, malgré les signes religieux?

M. Zanetti : C'est que la laïcité, c'est extrêmement important, puis je pense que les gens sont en faveur de ça. La question, c'est : l'interdiction des signes religieux, ça ne sert pas la laïcité de l'État, ça ne rend pas le service plus neutre, moins neutre, etc. La laïcité, c'est autre chose, c'est les institutions, comment ils sont faits. Évidemment que personne ne peut avoir un comportement qui va à l'encontre de la laïcité, mais porter un voile, ça ne l'est pas, comme porter une croix. Puis l'important, c'est ce que les gens font, c'est ce que les gens ont dans la tête, pas ce qu'ils ont... pas ce qu'ils portent. Et il faut qu'on arrête ces discriminations-là. Puis c'est un entêtement...

Une voix : ...

M. Zanetti : Non, bien, moi, ce que je constate, là... puis, je veux dire, je ne pense pas qu'il y ait d'études là-dessus encore, là, mais moi, ce que je constate, c'est que les enfants qui voient une femme porter un voile, ils ne posent pas des questions sur la religion, ils font... ils font : Ah! bien, il y en a qui portent un voile, il y en a qui ne portent pas, puis pourquoi? Puis, des fois, ils leur demandent, puis ils leur disent pourquoi sans faire une explication religieuse, là, c'est très simple : Ah! bien, je trouve ça beau, puis telle affaire. Puis c'est comme, juste, il y a des gens qui sont comme ça, puis ces gens-là peuvent être des bonnes personnes, puis elles ne sont pas épeurantes. C'est ça que ça fait. Ça fait qu'on peut-tu se reconnecter avec le plancher des vaches, s'il vous plaît?

Le Modérateur : Merci beaucoup.

(Fin à 11 h 20)

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