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Point de presse de Mme Isabelle Poulet, députée de Laporte

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Le mardi 24 mars 2026, 15 h 30

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Quinze heures trente-quatre minutes)

Mme Poulet : Alors, bonjour. Merci d'être présents. Je suis accompagnée des initiateurs d'une pétition que j'ai déposée à l'Assemblée nationale, au salon rouge, il y a quelques minutes. Alors, Mme Marylin Gagné, propriétaire de la garderie Bulles et boussoles, garderie alternative écoresponsable, M. Steve Pourciel, propriétaire de la garderie privée Le petit sport, de Mme Marie-Chrystine Bélanger, maman de jeunes enfants fréquentant un milieu de garde non subventionné, ainsi que plusieurs représentantes du mouvement Tarif unique. Je les remercie d'être ici et de témoigner de leurs réalités.

Disons-le, les familles dont les enfants fréquentent une garderie non subventionnée n'en peuvent plus. Elles ont du mal à joindre les deux bouts, et principalement dans le contexte de la hausse du coût de la vie auquel on fait présentement face. Depuis plusieurs mois, je reçois des appels de parents n'arrivant pas à trouver une place subventionnée pour leurs enfants, qui oblige plusieurs d'entre eux à faire le choix de réduire leurs heures de travail ou de rester à la maison. En 2026, au Québec, aucun parent ne devrait être contraint de rester à la maison faute d'accès à un service de garde éducatif sécuritaire et qui correspond à leur budget.

C'est pourquoi je travaille depuis plusieurs mois sur cet enjeu, en collaboration avec des parents et des acteurs du milieu. Notre objectif est clair : atteindre une équité entre les familles québécoises, un tarif comparable pour tous, et redonner aux parents une réelle capacité de choix. Aujourd'hui, plus de 32 000 pétitionnaires réclament que le gouvernement instaure un tarif unique pour toutes les familles du Québec, peu importe le milieu de garde fréquentée par leurs enfants. Deux moyens sont proposés : rehausser le plafond du remboursement de crédit d'impôt pour les frais de garde afin que le coût final assumé par les parents soit équivalent au tarif subventionné actuellement en vigueur; accélérer le processus de conversion des garderies privées de qualité vers le réseau subventionné, afin de réduire rapidement les écarts du coût entre les familles. Les deux mesures sont intrinsèquement reliées. Le tarif unique est l'objectif. Les mesures proposées aujourd'hui sont les moyens concrets pour y parvenir rapidement.

J'ai également déposé une motion demandant au gouvernement de mettre en place, d'ici la fin de la présente session parlementaire, en juin, les mesures nécessaires afin que tous les parents du Québec paient des frais équivalents pour un service de garde éducatif à l'enfance reconnu. Souvenons-nous que le gouvernement avait promis de convertir l'ensemble des places en garderie et d'être à l'écoute des familles. Or, on est encore loin du compte, car 30 000 places sont en attente d'une conversion. La semaine dernière, le ministre des Finances a annoncé 5 000 nouvelles places. Bien que cela semble une bonne nouvelle, cela est nettement insuffisant pour atteindre l'objectif qu'il s'est donné. Permettez-moi maintenant de céder la parole à Steve Pourciel, l'un des instigateurs de la pétition.

M. Pourciel (Steve) : Merci, Isabelle. Bonjour. Je me présente, Steve Pourcel, propriétaire d'une garderie non subventionnée depuis 2013. Avec ma collègue Marylin, nous avons démarré le mouvement Tarif unique pour une simple raison, rétablir l'équité dans notre réseau de la petite enfance. Aujourd'hui, nous portons la voix de 100 000 parents, plus de 10 000 et 1 000 propriétaires.

Dernièrement, un écart financier colossal s'est créé pour nos parents entre le réseau subventionné et le réseau non subventionné. Afin de maintenir la qualité dans nos installations et de garder nos éducatrices d'expérience, nous avons dû suivre la hausse des salaires du réseau subventionné. Comme le réseau privé ne reçoit aucune somme du gouvernement, nous avons dû refiler cette facture à nos parents à tous les jours. Résultat : des milliers de parents ne sont plus capables d'assumer les frais de garde, certaines familles décident de ne pas retourner sur le marché du travail, des enfants quittent leur garderie et sont déracinés.

Présentement, chaque jour, des garderies ferment leurs portes. Pendant que 30 000 enfants attendent aujourd'hui une place, le réseau non subventionné compte 12 000 places vacantes. Nous serions capables... d'accueillir ces familles immédiatement, mais pendant ce temps, on... on investit dans des bâtiments coûteux, alors que ceux-ci, nous les avons déjà.

Mais, la bonne nouvelle, c'est que la solution est simple et connue. Nous avons déjà les éducatrices et les... et les infrastructures, il suffit d'augmenter le retour anticipé qui est présentement inéquitable, une mesure qui coûte moins cher que de construire de nouveaux bâtiments, qui aurait un effet... et qui aurait un effet immédiat. Le résultat : 12 000 places seraient disponibles immédiatement. Nous soulagerions le réseau subventionné déjà très saturé et nous renforcerions la totalité du système de manière durable.

Aujourd'hui, je vous demande que l'on fasse partie de la solution et que nous puissions bâtir les fondations de notre réseau ensemble. Pour nos enfants et toutes nos familles du Québec, nous demandons l'équité pour nos parents. Merci.

Je cède la parole à ma collègue.

Mme Gagné (Marilyn) : Merci, Steve. Je m'appelle Marilyn Gagné. Je m'adresse à vous aujourd'hui en tant qu'entrepreneure et en tant que cofondatrice du mouvement Tarif unique, mais également en tant qu'ancienne éducatrice en CPE et femme de terrain depuis plus de 20 ans. Alors, mon réseau de la petite enfance, j'y tiens et je le connais par cœur.

En 2021, animée par une profonde volonté de faire rayonner le monde de la petite enfance à plus grande échelle, j'ai ouvert une garderie privée en installation de 80 places. Je savais que les parents allaient payer plus cher pour nos services, mais j'étais convaincue qu'en offrant une qualité éducative exceptionnelle, à la hauteur de ce que Marilyn, l'éducatrice, a toujours su offrir au cours de sa carrière, pour moi, les familles n'allaient jamais nous quitter.

Mais la réalité m'a bien vite rattrapée. Je me souviens encore de la première famille qui m'a annoncé son départ pour un milieu subventionné. J'ai tellement pleuré parce que j'étais persuadée que c'était de ma faute et que je n'avais pas été capable de respecter l'engagement que je m'étais fait. Mais, au fil du temps, j'ai commencé à comprendre que ces départs n'avaient rien à voir avec la qualité de mes services. C'était plutôt une conséquence directe de l'iniquité tarifaire à laquelle sont confrontées les familles du Québec. Les parents me quittaient en m'avouant le faire à contrecœur, mais qu'ils devaient choisir leur portefeuille.

Trois ans et demi après le départ du premier enfant, 72 autres ont également quitté uniquement pour payer moins cher leurs frais de garde. On parle ici de 72 enfants qui avaient déjà une place en garderie, 72 enfants qui étaient pleinement heureux et épanouis, 72 enfants déplacés, déracinés au détriment de leur bien-être, de leur sécurité affective et de leur stabilité émotionnelle, 72 enfants obligés de recommencer à zéro dans un nouvel environnement parce que notre réseau n'est pas juste et équitable pour tous les parents, 72 enfants qu'on aimait comme si c'était les nôtres, 72 enfants qu'on nous a arrachés parce que leurs parents devaient faire des choix budgétaires.

Et c'est actuellement la triste réalité dans les 1 000 garderies privées du réseau. Des milliers d'enfants déplacés à chaque année, victimes des dommages collatéraux des failles de notre système. Si nous sommes ici aujourd'hui à l'Assemblée nationale, c'est parce que les enfants n'ont pas à subir les conséquences de cette iniquité. C'est pour les protéger que nous avons lancé ce mouvement il y a cinq mois. Et aujourd'hui il faut agir. Nous faisons partie de la solution et nous demandons d'être considérés et écoutés parce que c'est ensemble que nous pourrons assurer l'égalité des chances pour tous les enfants.

Maintenant au tour de Mme Bélanger à prendre la parole.

Mme Bélanger (Marie-Chrystine) : Bonjour. Tout d'abord, je vous remercie de me permettre de prendre la parole au nom des familles du Québec qui vivent la même réalité que moi, celle de payer beaucoup plus cher que le tarif réduit à 9,65 $ par jour pour un service de garde éducatif. Nous sommes environ 60 000 familles dans cette situation.

Je m'appelle Marie-Chrystine Bélanger, je suis la maman de Hubert, quatre ans, et de Justine, un an. J'ai eu la chance de trouver une garderie extraordinaire pour mon fils. Il s'y développe, il s'y épanouit, il reçoit un accompagnement adapté à ses besoins. Mais tous les parents n'ont pas cette chance. Autour de moi, plusieurs cherchent encore une place subventionnée, faute de pouvoir payer une place, comme moi, dans un milieu privé.

Et, pendant ce temps, la facture est énorme. L'an dernier, pour un seul enfant en garderie non subventionnée, j'ai payé 21 330 $. Après le remboursement d'impôt, il m'en restait 12 955 $ à assumer de ma poche. Ça, ça représente l'équivalent de plusieurs semaines complètes de travail pour une famille. En milieu subventionné, ça m'aurait coûté 2 237 $, soit à peine une semaine et demie de travail après impôts. Cette année, pour mes deux enfants, je vais payer 42 660 $. On... On va me rembourser 16 750 $. Il me restera donc près de 26 000 $ à payer de ma poche. C'est l'équivalent de plusieurs mois complets de travail uniquement pour faire garder mes enfants.

Donc, je vous pose la question suivante : Qu'est-ce qui justifie que pour le même service... éducatif, certaines familles doivent consacrer plusieurs mois complets de travail, alors que d'autres n'y consacrent que quelques semaines? Je paie mes impôts comme tout le monde.

Je travaille dans le réseau de l'éducation. Le réseau a besoin de moi, j'aime mon travail, mais pour y retourner, je dois payer deux places non subventionnées. Puis, si par chance on m'appelle pour une place subventionnée, je devrai peut-être faire le choix de séparer mes enfants parce que les milieux ne prennent pas automatiquement les frères et soeurs. Je ne devrais pas avoir à faire ce choix.

Aujourd'hui, je suis ici parce que c'est... ce n'est pas seulement mon histoire, c'est celle de milliers de familles qui, faute de places à contribution réduite, s'appauvrissent ou renoncent à retourner sur le marché du travail.

Je vous demande de corriger cette iniquité. Je vous demande de rehausser le remboursement anticipé pour que toutes les familles aient réellement accès à un coût de garde équitable, peu importe le type de place obtenue.

Le statu quo n'est plus acceptable, non seulement pour nos familles, mais pour toute la société, qui a besoin de chaque travailleuse et de chaque travailleur. Donc, vous avez le devoir moral de soutenir équitablement toutes les familles québécoises. Je vous remercie.

Mme Poulet : Merci, Mme Gagné, Mme Bélanger, M. Pourciel et tous les représentants ici de Tarif unique. Je demande donc au gouvernement d'entendre le cri de cœur de ces familles. Merci.

(Fin à 15 h 47)

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