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(Huit heures trois minutes)
Mme Laflamme : Bonjour.
Bonjour à tous. Ce matin, je vous amène en région avec un enjeu qui concerne la
forêt, l'industrie forestière. Encore une fois, le quotidien rapportait l'inquiétude
de nos sylviculteurs devant la paralysée... «la paralysée», oui, la paralysie
généralisée, plutôt, du système d'appel d'offres unique, hein, qui est
Rexforêt. On parle de travaux évalués à 190 millions de dollars pour
l'été 2026 qui sont menacés parce qu'encore une fois le système d'appel d'offres
est suspendu.
Vous savez, Rexforêt a une responsabilité
unique dans le secteur, alors, quand on le met à l'arrêt, c'est toute l'industrie
qui en paie. On le sait, qu'il y a une enquête de l'AMP en cours, l'enquête de
l'AMP doit suivre son cours. Maintenant, on ne peut pas juste décider de tirer
sur le fil de Rexforêt.
Alors, dans l'intervalle, qu'est-ce que
fait donc le ministre des Forêts? Bien, il doit agir rapidement pour s'assurer
que les appels d'offres vont être au moins publiés sur SEAO pour permettre, là,
à l'industrie de la forêt de pouvoir aller de l'avant et de sauver la saison
qui se présente à nous. Si Rexforêt ne peut pas le faire, bien, le ministère
doit peut-être le faire lui-même. Parce que le temps presse pour nos
entreprises en cette sylviculture.
Les raisons de s'inquiéter sont nombreuses
dans le milieu de la forêt, dans le secteur forestier. Je vous rappelle que ça
touche des milliers de travailleurs au Québec, notamment dans les régions, au Saguenay—Lac-Saint-Jean,
en Abitibi-Témiscamingue. C'est un sujet dont il faut se préoccuper.
Donc, j'appelle le ministre à prendre les
moyens pour que le ministère procède directement aux appels d'offres sur SEAO
et sauve cette saison sylvicole qui se présente sous peu.
M. Arseneau : Merci beaucoup,
Marie-Karlynn. Pour faire un lien, je dirais que... je vais vous parler de
Michael Rousseau puisque c'est un peu l'arbre qui cache la forêt dans ce régime
canadien qui méprise, évidemment, là, les droits linguistiques des Québécoises
et des Québécois. C'est la cinquième fois qu'on joue dans le même film. On fait
semblant de s'indigner dans un faux théâtre en pensant qu'Air Canada va reculer
ou que le gouvernement fédéral va changer face à une attitude condescendante du
PDG d'Air Canada. Alors, que ce soit Pascale Déry, Simon Jolin-Barrette ou Ruba
Ghazal qui font semblant de s'indigner en disant que ça... on veut la démission
du PDG, puis en pensant que ça va changer ou en nous laissant croire que ça va
changer, évidemment, ça ne donne absolument rien.
Et le seul parti qui l'a dénoncé dès le
départ, c'est le Parti québécois. Il faut arrêter de se mettre la tête dans le
sable en pensant qu'en faisant... en s'agitant puis en faisant ces pirouettes,
on va changer quoi que ce soit. Paul St-Pierre Plamondon l'a dit hier, je le
répète, il faut prendre acte des échecs à répétition du Québec, à faire valoir
ses droits, qu'on pense aux 21 demandes de la CAQ face au fédéral, qui ont
toutes été refusées les unes après les autres, et c'est le seul, le Parti
québécois, qui a dénoncé tout ça. Le seul également qui a prédit qu'Air Canada
ne changerait rien, ne mettrait pas à la porte M. Rousseau et qu'il ne
démissionnerait pas. Et c'est encore une fois quatre ou cinq heures plus
tard que la décision a été prise. Oh! surprise, Michael Rousseau va rester, Air
Canada ne le congédiera pas.
Ça pose, en fait, une question
fondamentale : Est-ce qu'on est bien là-dedans ou est-ce qu'on veut que ça
change? Est-ce que crier, taper du pied pendant 24 heures, parce que c'est
la cinquième fois que ça se passe avec Michael Rousseau, ça change quoi que ce
soit? Alors, évidemment, le chef du Parti québécois l'a dit hier, le seul
changement qui permettrait le respect des droits des Québécois sur le plan
linguistique, sur le plan politique, sur le plan culturel, sur tous les plans,
en fait, c'est l'indépendance du Québec. Puis plus strictement pour le
transport aérien, là, toute la question de la réglementation, si elle était
décidée par Québec, on aurait vraisemblablement une bien meilleure prise sur
les services qui sont offerts, notamment en matière de transport régional.
Mais sur les langues officielles, parce
que c'est ça, le sujet du jour, évidemment, on aurait une approche beaucoup
plus efficace que le Canada qui fait semblant qu'on vit dans un pays bilingue,
mais, au final, qui ne prend pas les mesures pour faire respecter le fait
français à travers le pays et même pas au Québec, ne pas respecter la loi
officielle, la langue officielle, le français, et puis, évidemment, la
possibilité pour le Québec de favoriser la concurrence en transport aérien.
C'est ça qu'on veut, notamment en transport aérien, lorsqu'on parle de changer
l'ordre des choses, donc de mettre fin à ce régime-là et de faire en sorte que
le Québec atteigne...
Journaliste : ...quand on
n'est pas convaincu que la personne va démissionner, ça ne sert à rien de
demander sa démission? C'est ça que vous dites?
M. Arseneau : Bien, en fait,
c'est qu'on le fait à répétition et que ça ne donne jamais rien. Je ne sais
pas, moi, ça m'a fait penser... savez-vous, l'attitude de Michael Rousseau
depuis le début... il prend des cours de français depuis cinq ans, il n'est pas
capable de dire plus que bonjour puis merci. Alors, est-ce que... payé à
12 millions de dollars par année, est-ce que vous pensez réellement
qu'il en a quoi que ce soit à cirer des... du vaudeville qui se joue
actuellement au Québec, dans les médias et à l'Assemblée nationale? Absolument
rien.
Journaliste : Je comprends,
mais, veux dire, à ce compte-là, là, votre chef, il a demandé que l'Assemblée
nationale soit dissoute puis qu'on parte en élections, là, avant Noël. Il avait
demandé essentiellement à François Legault de démissionner pour qu'on parte en
élections. Est-ce que c'est parce qu'il était convaincu que M. Legault
allait démissionner ou est-ce que c'était du théâtre, si je suis votre logique,
là?
M. Arseneau : Bien, en fait,
la logique qu'il faut suivre, c'est l'idée qu'Air Canada n'a aucun respect pour
la clientèle francophone ou pour les lois qui s'appliquent au Québec et...
Journaliste : Ça, je le sais,
mais je parle de votre argument sur le fait que c'est du mauvais théâtre. Je
vous rappelle en passant que le PQ avait demandé des excuses à M. Bouchard
en 2021. Est-ce que ça aussi c'était du mauvais théâtre?
M. Arseneau : Bien, il faut
en tirer certaines conclusions.
Journaliste
: Tu sais,
j'essaie juste de comprendre votre argumentaire.
M. Arseneau : Bien,
l'argumentaire, c'est...
Journaliste
: Si on
n'est pas convaincu que la personne part, ça ne sert à rien de demander son
départ.
M. Arseneau : Non, c'est qu'à
un moment donné, il faut cesser de jouer dans le même film. Quand vous l'avez demandé
une première fois, puis une deuxième fois, puis une troisième fois, puis une
quatrième fois, bien, pensez-vous que le demander une cinquième fois, ça va
fonctionner, hein?
Journaliste
: Vous
allez voter contre la motion aujourd'hui?
M. Arseneau : Bien, en fait,
cette motion-là ne donnera rien. Alors, nous, on ne veut pas bloquer la motion
dans la mesure où on ne veut pas... c'est-à-dire bloquer les bonnes intentions
qui sont manifestées par le gouvernement, mais on sait que ça ne donnera rien,
donc on va s'abstenir.
Journaliste
: ...de
dire quelque chose et son contraire dans une motion?
M. Arseneau : C'est-à-dire?
Journaliste
: Bien,
c'est-à-dire que, là, vous dites que vous n'allez pas bloquer la motion, mais,
de l'autre côté, vous dites : Ça ne sert absolument à rien de demander sa
démission.
M. Arseneau : Bien, on
n'empêche pas les gens de croire qu'ils vont réformer le système en place au
Canada en votant une motion. Nous, on n'y croit pas puis on pense qu'on a raison.
Et d'ailleurs, Air Canada l'a déjà dit et Michael Rousseau lui-même.
Journaliste
: ...
M. Arseneau : Non, mais on
est des gens de principes, puis on se dit que demander pour une énième fois au
gouvernement fédéral ou à Air Canada de respecter le fait français...
Journaliste : ...
M. Arseneau : Pardon?
Journaliste
: Ils vous
ont dit non trois fois.
M. Arseneau : Écoutez, vous
savez que 50 % de la population au Québec n'a jamais eu l'occasion de se
prononcer sur l'avenir du Québec et qu'une consultation populaire, bien, c'est
le geste le plus démocratique qu'on puisse poser. Alors, ça, on ne s'excusera
pas de vouloir consulter les Québécois sur l'avenir du Québec.
Journaliste
: ...
M. Arseneau : Pardon?
Journaliste
: En quoi
le président d'Air Canada serait plus incité à parler français dans un Québec
indépendant? Je veux dire, le siège social serait à Toronto, puis il parlerait
en anglais, puis il ne dirait même pas bonjour...
M. Arseneau : Non, les
choses... En fait, on ne dit pas que, dans un Québec indépendant, le PDG d'Air
Canada respecterait davantage les règles du Québec. Ce qu'on dit, c'est qu'on
aurait les moyens, nous, de faire respecter, sur le plan réglementaire,
l'application de la... de la loi 101, notamment, là, donc le respect de la
langue officielle, par l'ensemble des acteurs de l'industrie, y compris Air
Canada...
Journaliste
: ...
M. Arseneau : ...ou un nouveau
transporteur qui pourrait émerger. Pardon?
Journaliste : Mais donc, dans
l'avion, par exemple, les agents de bord et le capitaine parleraient un
meilleur français? Qu'est-ce qui changerait, dans un Québec indépendant, pour
un transporteur qui ne serait pas basé au Québec, là, qui ne serait pas Air
Transat, là?
M. Arseneau : Bien, en fait,
ce qu'on dit, c'est que, sur le territoire du Québec, la langue officielle,
c'est le français, et on exigerait le respect de cette langue-là par les gens
de l'industrie du transport aérien, comme dans toutes les industries et les
entreprises.
Journaliste : ...parleraient
un bon français dans l'avion...
M. Arseneau : Bon, écoutez,
c'est... c'est une simple question de respect de la spécificité du Québec, qui
est complètement bafouée dans le régime actuel au fédéral.
Journaliste : Parlons de
santé. Un excellent texte de ma... de la collègue Marie... Mme Sioui, ce matin,
Marie-Michèle. Ramener la réforme Rochon dans le réseau de la santé, c'est-tu
une bonne idée?
M. Arseneau : Ramener la
réforme Rochon, vous voulez dire?
Journaliste : ...c'est-à-dire
qu'on donne des services par code postal, ou par région, ou par secteur.
M. Arseneau : Bien, en fait,
je n'y ai pas vu là le retour de la réforme Rochon, mais on pourrait y
réfléchir. Moi, j'y ai surtout vu une tentative désespérée du gouvernement de
faire valoir qu'il se soucie véritablement de l'accès aux soins de santé en
première ligne. Et je remarque que ce dépôt-là aurait pu être fait il y a un an
si on n'avait pas décidé de s'en prendre aux médecins et de lancer une guerre
absolument inutile et sans aucun résultat au cours de la dernière année, cette
politique de première ligne qui, justement, reprend un certain nombre
d'arguments que nous, on a fait valoir depuis des années, c'est-à-dire qu'il
faudrait redonner leurs lettres de noblesse aux CLSC, avoir une approche de
proximité, cesser la centralisation, et c'est tout le contraire de ce que le
gouvernement a fait avec la création de Santé Québec. Nous, on dit que c'est
trop peu, trop tard, et puis, essentiellement, on ne verra jamais les résultats
de cette intention gouvernementale manifestée aujourd'hui, là, à quelques mois
de l'élection.
Journaliste : ...votre
rendez-vous à l'urgence par texto, c'est une bonne idée, ça?
M. Arseneau : Bien, écoutez,
il faut voir l'ironie de la chose. On dit : On ne va pas réduire le temps
d'attente, bien, on va vous faire attendre chez vous. Je vous rappelle que les
engagements de la CAQ, c'était à l'effet de réduire le temps d'attente à
l'urgence à 90 minutes. Là, on va dire : Ça peut prendre 90... ça
peut prendre 90 jours, à la limite... non, mais ça peut prendre des heures
et des jours, mais vous allez le faire dans le confort de votre foyer.
Premièrement, quand les gens se déplacent pour aller à l'urgence, c'est qu'ils
ont besoin d'avoir accès à des soins de santé. Là, on va leur dire : Vous
vous déplacez à l'urgence, venez prendre un numéro, retournez à la maison, puis
on vous appellera quand on aura du temps. Ça ne règle absolument d'aucune façon
l'accès à des soins de santé en temps voulu, en temps utile surtout.
Des voix : ...
M. Arseneau : Pardon?
Journaliste
:
...d'empêcher le recours préventif à la clause dérogatoire. Qu'est-ce que vous
en pensez?
M. Arseneau : Écoutez, là, on
a entendu des choses absolument hallucinantes hier. Je pense, par exemple, au
retour à l'esclavagisme qui pourrait être permis si on laisse les choses comme
elles sont et le droit aux provinces, là, de recourir à la clause dérogatoire.
Écoutez, je vous dirai tout simplement que tout ce qui est exagéré est
insignifiant. On voit à quel point le... la dérive est importante dans ce
dossier-là. Puis, s'il y a un régime qui a prouvé, justement, le fait qu'on
pouvait agir sans respecter, disons, le... la démocratie et le vœu des
Québécois, c'est par... c'est... c'est le gouvernement fédéral, par
l'imposition d'une constitution qui est toujours illégitime, qui n'a jamais été
signée par le Québec, et qui lui a imposé, donc, une charte des droits et
libertés avec laquelle la seule échappatoire était une clause nonobstant, qu'on
voudrait maintenant lui retirer...
Journaliste
:
Concernant la Fonderie Horne, vous avez probablement vu le texte ce matin, le
gouvernement est en train de trouver un nouvel aménagement, là, pour accommoder
l'entreprise. Est-ce que c'est la bonne chose à faire? Où est-ce qu'on trace la
ligne, au juste, là?
M. Arseneau : Écoutez, ce qu'on
peut constater, c'est que ce dossier-là, le gouvernement l'a laissé traîner,
l'a laissé pourrir. Souvenez-vous, là, il n'a jamais voulu nommer un ministre
de la région Abitibi-Témiscamingue digne de ce nom. C'est le premier ministre
qui a pris la responsabilité, mais en même temps, il a fait une prorogation à
l'automne dernier, il a nommé un nouveau Conseil des ministres, il est allé
faire une visite à un moment donné, puis il a dit aux élus de la région :
Bien, écoutez, si vous êtes d'accord à faire un bout de chemin, bien, peut-être
qu'on pourra agir.
Tout ce temps perdu a fait en sorte qu'en
dernière instance on arrive dans un projet de loi qui n'a aucun rapport avec
l'environnement ou avec la question des règles à suivre et on ajoute des
amendements dans un projet qui devient un omnibus, pour donner une certaine
prévisibilité, pour gagner du temps.
Alors, sur le processus, évidemment, on
déplore le fait qu'on n'a pas pris le temps de consulter, d'entendre la Santé
publique, d'entendre les citoyens, de donner la parole aussi aux instances et
aux représentants de la région., mais, en bout de ligne, ce qu'il faut retenir
aussi, c'est que les élus municipaux se sont prononcés en faveur d'une telle
entente pour les prochaines années, et ce qu'il faudra s'assurer, parce que le
gouvernement, évidemment, va adopter sa loi, c'est d'un suivi serré et que les
investissements qui doivent être faits pour atteindre les objectifs...
Journaliste
: ...dit
qu'il y a quand même un risque, un danger...
M. Arseneau : Oui, absolument,
absolument. Bien, écoutez, on parle de loin, hein? Vous savez que la fonderie,
elle est plus que centenaire. Et puis, il n'y a pas si longtemps, là, on
parlait de 2 000 nanogrammes par... d'émissions d'arsenic. On est
passé à quelques centaines, ce qui était encore beaucoup trop, à 45, ça peut
fluctuer un peu. On vise le 15. Écoutez, dans le temps long, c'est une
amélioration notable. Le gouvernement a également entrepris de mettre en
place... de créer une zone tampon. Ce n'est même pas encore complété, il faut
le réaliser. On aurait voulu que ce soit plus rapidement.
Moi, je pense qu'il faut se donner le
temps d'atteindre les objectifs, mais d'être ferme. Est-ce que le gouvernement
le sera? Est-ce qu'il a fait la démonstration à la population et aux
différentes instances de cela? Visiblement, non, parce qu'il agit à la dernière
minute, mais nous, en bout de ligne, ce qu'on veut, c'est qu'il y ait un
certain consensus social et il y ait surtout des objectifs environnementaux qui
soient clairs, et puis c'est là-dessus qu'on va être vigilants.
Journaliste : Je m'excuse,
mais j'ai du mal à comprendre votre logique, là, sur l'histoire des démissions,
là. Est-ce qu'on doit comprendre que le PQ ne réclamera plus jamais la
démission de personne, à moins d'avoir la conviction que la personne va quitter
son poste?
M. Arseneau : Je vous
rappelle qu'on tire des leçons du passé. Michael Rousseau est un
multirécidiviste du mépris envers la langue française et envers les Québécois. Donc,
on en tire des leçons. Puis ce n'est pas vrai que, pour une cinquième fois, on
va jouer dans ce mauvais théâtre et demander la démission en se faisant croire
qu'il va obtempérer. D'ailleurs, quelques heures après que tout le monde se
soit indigné et ait demandé sa démission, la réponse a été brutale et
claire : il ne démissionnera pas et le conseil d'administration d'Air
Canada ne le mettra pas à la porte. Donc, retour à la case départ.
Pourquoi est-ce qu'on jouerait dans ce
film-là une sixième, une septième fois? Dans ce cas-là, et dans ce cas-là
précis, ça ne donne strictement rien de faire semblant de s'indigner alors
qu'on sait déjà quels sont les résultats, c'est-à-dire qu'il va ajouter
l'insulte à l'injure et continuer dans la...
Journaliste
: Là, je
comprends, là, vous dites que c'est un cas particulier...
M. Arseneau : Bien, il faut en
sortir.
Journaliste
: Mais, je
veux dire, vous dites : Faire semblant de s'indigner. Il y a... Je pense
qu'il y a des gens qui sont fâchés pour vrai, qui sont indignés pour vrai.
M. Arseneau : D'accord, je
vous l'accorde, il y a des gens qui sont indignés pour vrai, il y a des gens
qui sont fâchés pour vrai. Nous, on est fâchés pour vrai, mais on est fâchés
envers la situation qui se répète et envers...
Journaliste
: ...
M. Arseneau : Bien, en fait,
on est réalistes et on se dit : Regarde, on ne va pas commencer encore une
fois, là, à demander le respect des règles par Air Canada, qui les bafoue.
Journaliste
: Ça fait
que, là, vous confirmez que vous allez tous vous abstenir de voter pour la...
M. Arseneau : Bien, on ne
croit pas à cette motion-là, donc on ne votera pas pour, mais on n'empêchera
pas les gens de penser qu'ils vont peut-être obtenir gain de cause, ce qui
n'est déjà évidemment, là, pas le cas.
Journaliste
:
...hockey, dans la ligue nationale, les Canadiens avaient lancé sept fois sur
le gardien puis ils disent : Tabarnouche! On n'a pas compté, on arrête de
lancer.
M. Arseneau : Ce n'est pas
tout à fait la même chose, dans la mesure où un gardien de but peut,
évidemment, fléchir une fois qu'il a eu sept lancers. Air Canada ne fléchira
pas, parce qu'ils ont démontré avec l'histoire qu'ils n'ont aucun respect pour
la langue française ou pour les Québécois.
Journaliste : ...rester dans
le hockey, allez-vous arrêter de vous indigner quand le capitaine du Canadien
ne parle pas français?
M. Arseneau : Écoutez, la...
Je pense qu'il faut prendre la situation pour ce qu'elle est, c'est-à-dire
qu'on a un service public offert par une compagnie qui a un quasi-monopole au
Québec et dans le reste du pays, et qui se dit bilingue, et qui doit respecter
une loi sur le bilinguisme, et qui ne le fait pas, et c'est son PDG lui-même
qui donne le ton. Alors, on en tire les conclusions.
Journaliste : ...le Canada
est irréformable.
M. Arseneau : Irréformable.
Absolument.
Journaliste : Donc, il n'y a
rien à faire, on arrête d'essayer, on arrête...
M. Arseneau : Bien, écoutez,
non, mais c'est très intéressant comme question, le Canada est irréformable,
absolument. Toutes les demandes qui ont été faites par le... le gouvernement
actuel ont été repoussés. Toutes les demandes précédentes l'ont été aussi, là,
par le gouvernement libéral. Alors, on en tire les conclusions. C'est pour ça
qu'on est ici pour promouvoir l'indépendance et c'est la raison de notre
engagement politique, clairement.
Journaliste : Vous avez
dit... c'est un beau lapsus, vous avez dit «le Canada est irréformable».
M. Arseneau : Bien, c'est
vrai que le Canada est irréformable, mais Air Canada aussi, ça... ça va de soi.
Les deux... les deux vont de pair. Mais merci de me... de me le faire valoir.
Journaliste :
In Michael Rousseau's apology, he said
he's still unable to adequately express himself in French. How much longer are
you willing to give him?
M. Arseneau :
We're not giving him any more chance.
It's absurd. You know, we do believe that Michael Rousseau is not stupid. I
mean, he reached a very high position in terms of governance of a company so
important as Air Canada. It's unacceptable and it's unbelievable that after
taking so many hours of French language lessons that he will not express
himself in... in French, at least, you know, to express his condolences in...
in, you know, the event that we just lived. We don't believe he put the effort,
and we don't believe he really wants to address the issue or to speak French to
a large percentage of his... of his clientele.
Journaliste :
And when it comes to the idea of
waiting to see a specialist or a doctor in the E.R. and going home, what
dangers does that pose to these people who are seeking like emergency care?
M. Arseneau :
It's a very good point, because of
course, we... we can take this proposition in stride and say: Well, you know,
the CAQ government said we will reduce the waiting time at the emergency ward
to 90 minutes. They obviously never reached that objective. Now, they're
saying: Well, you know, we're... we're not going to change anything, you're
going to wait hours, maybe days before you can see a doctor, but you'll be able
to wait in the comfort of your home. That's, you know, in a way, ridiculous.
But some people in certain cases may say, : Yes, okay, that's fine, you
know, I'd rather wait at home than being in a, you know, filled room with
people, you know, with different ailments and possibly viruses and stuff, and
I'll go home.
I'm not saying that this
system is not... is not a little better and that, you know, it wouldn't... it
wouldn't make sense. The problem is it's not changing the access and the time
to access a doctor. And as you mentioned, for some patients it could be very
detrimental or dangerous if they go home and they don't have proper care, maybe
the situation could deteriorate and they wouldn't have time maybe to come back,
and it could cause a certain series of problems. Even some people waiting in
the waiting room of the ward of the emergency ward have died in... in recent years.
If you send them home, maybe you're taking a chance, maybe you're taking a
risk. It would have to be, you know, put forward with much care. Thank
you. Merci beaucoup.
Mme Laflamme : Merci.
(Fin à 8 h 24)