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(Neuf heures une minute)
M. Grandmont : Bonjour, tout
le monde. Vous le savez, le communautaire est à boutte. Ils sont dans un
mouvement de grève historique de deux semaines, du 23 mars au 2 avril.
Et aujourd'hui, j'avais envie d'inviter des représentants, des représentantes
de ces groupes communautaires pour exprimer, en fait, la réalité. On se dit que
le communautaire est à boutte, qu'il y a un manque de financement, mais on
parle peu, on illustre peu, en fait, ce que ça a comme impact.
Alors, ce que j'ai envie de faire passer
avec ces personnes qui sont avec moi, c'est de faire comprendre que le
communautaire, ce n'est pas de la sous-traitance, le communautaire ce n'est pas
du cheap labor. C'est un travail essentiel, même si c'est un travail qui est
humanitaire, considérant l'ampleur des crises au Québec, et il doit être traité
comme tel.
D'abord, les refuges débordent, vous le
savez, les lignes des banques alimentaires s'allongent, il y a deux personnes
itinérantes qui sont mortes pas plus tard que cette semaine à Montréal. Puis,
si les groupes communautaires ont de la misère à être capables de donner tous
les services malgré la crise qui augmente, si les groupes communautaires ferment,
c'est à cause du sous-investissement chronique de ce gouvernement, et ça n'a
rien pour aider à juguler cette crise humanitaire qui est à nos portes dans
certains secteurs, même, elle est très visible.
Le communautaire est à boutte parce qu'il
tient à bout de bras un filet social que les gouvernements, et actuels, et
passés ont refusé de financer adéquatement. Je vais me permettre une petite
anecdote. J'ai travaillé pendant près de 20 ans dans le communautaire moi
même, j'ai été également... Il y a des proches dans ma famille qui ont été dans
le communautaire dans les années 90 jusqu'à tout récemment. Et la question
du financement des organismes communautaires, la question du... des conditions
de travail qu'on donne à ces travailleuses et à ces travailleurs est sur les
lèvres de tout le monde depuis 30 ans. Quand j'ai parlé de ça à des gens
qui étaient en communautaire il y a longtemps, dans les années 90, ils me
disaient : Enfin, une grève. Enfin, on se lève debout pour les conditions
des travailleuses et des travailleurs.
Le communautaire, il est à boutte parce qu'il
n'a pas la reconnaissance qu'il mérite. Le communautaire, il est à boutte parce
qu'il doit toujours faire plus avec moins, à boutte parce que ce gouvernement-là
ose justifier des salaires de crève-la-faim de ces travailleuses et
travailleurs essentiels parce que, semble-t-il, qu'ils seraient moins
efficaces, moins... moins empathiques, moins bons dans leur travail s'il y
avait des salaires puis des conditions de travail plus adéquates.
La détresse, ça ne rend pas plus efficace,
la détresse, ça isole, ça fatigue, ça met à boutte puis ça épuise, ça rend
malade. Alors, aujourd'hui, on n'est pas ici seulement pour dénoncer, on est
ici aussi pour briser le silence, et c'est le but de ce point de presse ce
matin, et pour exiger des solutions.
Donc, je vais laisser la parole aux gens
du communautaire qui vont vous exprimer à travers leurs mots, leurs expériences,
les conséquences de ce sous-financement-là.
Mme Desharnais (Ariane) : Bonjour,
je m'appelle Ariane Desharnais, je suis l'une des coordinatrices du Répit
Basse-Ville, un organisme communautaire de Saint-Roch, tout jeune malgré sa
croissance rapide.
Depuis trois hivers maintenant, on opère
un milieu de vie à haut seuil d'acceptabilité pour les personnes en situation d'itinérance.
C'est chez nous que les personnes qui n'ont plus de place ou plus d'accès dans
les autres hébergements se retrouvent la nuit en hiver et le jour en été.
Chaque jour, on accueille environ 170 personnes, parfois plus.
Je suis ici aujourd'hui pour vous parler
nos conditions de travail, des conditions qu'on travaille fort pour changer. Au
Répit, comme dans bien d'autres organismes, on prend soin des gens à des
niveaux d'intimité que vous ne pouvez pas vous imaginer. On accueille la
tristesse et la colère des personnes vivant de grandes détresses, on soigne
leurs plaies puis leurs engelures quand ils rentrent, on les nourrit, on les
aide à nettoyer quand ils ont des accidents d'incontinence, on prend soin d'eux
quand ils ne sont plus tout là. C'est ça, en fait, la réalité du terrain.
Tandis que le système public déborde de
besoins, on attrape ceux qui tombent dans nos filets puis on tente du mieux qu'on
peut de leur offrir un lieu à eux. Comme la chercheuse Annie Fontaine le dit si
bien : L'itinérance, ce n'est pas juste un manque de toit, c'est aussi un
manque de lien.
Depuis plusieurs années, le communautaire
nomme que les besoins augmentent rapidement puis qu'on n'est pas capables de
suivre les tendances. Malheureusement, le financement couvre souvent le minimum
requis pour répondre aux besoins. On oublie la réalité du terrain puis on laisse
les personnes dans des états qui ne favorisent pas le rétablissement.
C'est la réalité du Répit qui, malgré la
complexité de ses enjeux, la taille de sa clientèle puis de ses besoins, doit
opérer deux lieux en hiver et un seul en été. Ça fait qu'on doit embaucher plus
de la moitié de notre équipe pour l'hiver puis les renvoyer au mois d'avril.
Chaque année, on forme des gens qui développent des expertises, qui arrivent à
développer des pratiques puis des liens qui aideraient davantage les gens à s'en
sortir, puis on parle toute cette compétence-là après quelques mois. Puis ça,
là, ces pertes d'emploi là, ça se vit par des vraies personnes qui donnent tout
ce qu'ils ont pour aider des personnes en situation d'itinérance, malgré qu'eux-mêmes
peuvent vivre des situations difficiles.
J'ajouterais que, pour les gestionnaires d'organismes,
c'est aussi épuisant. La structure de financement des organismes fait qu'on n'a
pas de prévisibilité, on est constamment entre le soutien à nos équipes et la
recherche de financement pour maintenir nos services, parce qu'on sait que si
ça ferme, la situation va être vraiment difficile pour les personnes qu'on
aide. Ça génère énormément de stress puis d'impuissance.
J'ai eu d'autres emplois, moi, avant Le
Répit, puis j'ai côtoyé des travailleurs de différents organismes. Tu sais, on
vit ça ensemble puis on s'en parle franchement. On est aux premières loges de
la réalité du communautaire. Il y a des intervenants qui vivent en HLM, eux
aussi, certains qui ont besoin de paniers alimentaires, d'autres qui ont des
enjeux dentaires, qu'ils traînent depuis des années. Il y en a qui travaillent,
même s'ils sont malades ou brûlés, parce qu'une perte de revenus, ce n'est
juste pas possible pour eux. C'est ça, les conditions du communautaire.
Imaginez avoir un revenu qui vous donne le choix entre avoir des enfants ou un
plan de retraite. Imaginez, confronté à ce choix tandis qu'à tous les soirs
vous accueillez des personnes retraitées dans votre ressource en itinérance.
Parfois même, ce sont des gens qui ont occupé des emplois comme le vôtre. Ça,
c'est effrayant.
C'est nous qui sommes condamnés à devoir
faire beaucoup avec peu, tout en faisant face à des besoins urgents, qui
s'extrapolent et s'intensifient d'année en année. C'est limitant, ça met à
risque nos équipes, qui peinent déjà à répondre aux besoins de la clientèle. Le
manque de moyens se traduit aussi sur le terrain, avec un manque de ressources
pour aider les personnes desservies. Il nous faut les ressources adéquates pour
desservir les besoins actuels de la population québécoise, puis c'est pour ça
que Le Répit Basse-Ville, on se mobilise avec le mouvement du Communautaire à
boutte.
Mme Lemieux (Sabrina) : Bonjour.
Moi, c'est Sabrina, je suis coordonnatrice de la Maison des jeunes de
Shawinigan-Sud. En fait, ça fait 11 ans maintenant que je travaille là,
puis, aujourd'hui, bien, je viens dire que je suis fatiguée, puis je suis
fatiguée, comme, vraiment, je suis profondément fatiguée et épuisée. Dans ma
maison des jeunes, je suis la seule intervenante à temps plein, pas parce que
c'est ça qu'on veut mais c'est parce qu'on n'a pas les moyens de faire
autrement. Ça fait que, bien, je fais pas mal tout. Je suis là pour les jeunes
quand ça ne va pas, je les écoute, je les accompagne, je les réfère quand ça
dépasse qu'est-ce que nous, on peut faire. Je monte des activités, je crée des
ateliers, j'anime, je gère des réseaux sociaux, j'écris des demandes de
financement, parce qu'on a besoin de survivre.
Je représente ma maison des jeunes puis je
suis impliquée au niveau régional. Puis, en même temps, bien, j'essaie...
j'essaie de faire circuler l'information dans une équipe de travail qui n'a
même pas le temps de se rencontrer, parce qu'eux ils en ont deux, travails. Je
suis là quatre midis par semaine, avec une quarantaine de jeunes à la fois. Je
travaille le soir aussi puis, bien, je remplace mes collègues parce qu'ils ont
des besoins au travers de tout ça. Puis tout ça, je le fais en étant moi-même
mère monoparentale de deux merveilleux enfants de deux et cinq ans.
Dernièrement, je suis allée chez mon
médecin de famille pour un suivi normal puis, après à peine deux minutes, j'ai
juste craqué, je me suis mise à pleurer d'épuisement. Elle m'a regardée puis
elle m'a dit : Je ne suis pas du genre à donner des arrêts de travail
facilement, mais là tu en as vraiment besoin. Puis moi, bien, je n'ai même pas
eu à réfléchir, puis j'ai dit non tout de suite, parce que ça me... pas parce
que ça ne me tente pas, puis ce n'est pas parce que je n'en ai pas besoin, au
contraire. C'est parce que je ne peux juste pas. Si je suis là... si je ne suis
pas là, la maison des jeunes va devoir couper des services encore une fois.
Puis les jeunes, eux, leurs besoins, bien, ils ne diminuent pas. Au contraire,
ça explose en ce moment, puis je ne peux pas les laisser tomber. Mais je ne
peux pas non plus me permettre, financièrement, moi, de m'arrêter. Un arrêt à
55 % de mon salaire, avec ça, je ne paie pas un logement, je ne paie pas
une voiture, je ne paie pas l'épicerie, je ne paie pas l'électricité. L'an
passé, j'ai à peine gagné 40 000 $ dans mon année.
Je le répète, je suis mère monoparentale
de deux enfants, j'ai la garderie, les services de garde, le hockey, puis,
comme tout le monde, bien, j'essaie d'offrir une belle vie à mes enfants. Ça
fait que je n'ai pas le choix de continuer, même si je suis vidée, même si je
le sais que ça n'a pas de sens. Puis ça, bien, ce n'est pas juste mon histoire
à moi, c'est celle de centaines de personnes dans le communautaire,
majoritairement, des femmes. On est beaucoup à être pris entre ces deux
réalités-là. On le sait à quel point ce qu'on fait c'est essentiel, on le voit
que les besoins, ils augmentent, mais on est en train de s'épuiser à tenir tout
ça à bout de bras. On compense avec notre cœur, avec notre temps puis avec
notre santé, parce que nous, on y croit. Mais croire, ça ne paie pas les
factures, puis ça ne remplace pas des conditions de travail. Puis quand nous,
on s'épuise, c'est toute une partie de la société qui s'effrite avec nous.
Merci.
M. Lescoute (Patrice) : Bonjour.
Mon nom est Lescoute Patrice, je suis directeur général du Café Rencontre du
Centre-Ville. Je m'excuse, son témoignage était un petit peu touchant, mais en
même temps, c'est la réalité. Moi, je vais vous parler un peu plus avec des
chiffres. Je sais que les chiffres ont un langage spécial pour certaines
personnes, donc je vais donner certains chiffres. Je veux dire, Café Rencontre
existe depuis 40 ans, l'année prochaine, on est 39 employés, actuellement.
Le gouvernement, actuellement, nous soutient avec 400 000 $ par
année. On a une masse salariale qui correspond à 800 000 $. Vous
voyez déjà qu'il y a un gros problème. Notre moyenne... notre moyenne au niveau
de l'heure, pour les employés, c'est 19 $ de l'heure, pour le travail que
l'on fait. Donc, c'est vraiment inacceptable pour ça. Nous avons toujours
comblé le manque par nos propres moyens, c'est-à-dire le financement par le
biais de la friperie, la vente de vêtements qu'on fait par rapport à
l'extérieur, du linge qu'on vend... qu'on fait de l'importation.
Donc, nous servons entre 1 500 et
2 000 repas par semaine. Donc, c'est quelque chose quand même d'assez
important. Nous avons plus de 100 jeunes inscrits à l'aide aux devoirs,
donc, là, effectivement, nous avons des besoins aussi. Donc, je ne veux pas
prendre tout le temps, là... déjà énumérer un petit peu en chiffres tout ce qui
est nécessaire pour nous. C'est un manquement. On se greffe aussi au mouvement
en ce moment. On ne peut pas se permettre de fermer, parce qu'on ne veut pas
faire subir à notre clientèle tout ce qui se passe, le manque d'argent. Ça, ce
n'est pas l'objectif pour nous. Donc, si on devait se priver de salaire, à la
limite on le ferait, s'il fallait, mais on n'exclurait pas de donner des repas
à des gens qui en ont déjà vraiment besoin. C'est une nécessité pour eux, et je
pense que tous les organismes ici vivent la même chose.
J'invite le gouvernement à visiter toutes
les personnes, tous les organismes et de faire une analyse du besoin, du besoin
simplement pour le fonctionnement normal, le fonctionnement de base. On ne
cherche pas à faire de l'argent, on n'a jamais fait de l'argent, mais on
cherche à avoir un fonctionnement de base, que chaque... que le gouvernement
nous donne en fonctionnement à chaque organisme, suivant les besoins, suivant
les services. Ça, c'est une nécessité. Quand on nous dit qu'on donne de
l'argent et qu'on le distribue à tous les organismes, moi, l'image que j'ai,
c'est comme si mon chef cuisinier, il donne une barre tendre au lieu de faire
un repas. Ça, c'est l'image que j'ai. Merci.
Mme Briand (Mélanie) : Bonjour,
mon nom, c'est Mélanie Briand, je suis directrice adjointe générale pour le
Café Rencontre. Puis merci beaucoup de prendre le temps de nous recevoir ce
matin. Je suis très touchée d'avoir ce moment de parole là parce qu'on vit des
situations difficiles avec notre personnel. Il faut que vous compreniez que
nous, on fait une soupe populaire puis on doit aussi supporter, avec une banque
alimentaire, nos propres employés. Comme Patrice disait, les salaires sont très
bas, on n'a pas des bonnes conditions de travail puis on essaie malgré tout
d'offrir du support à nos employés, comme avec la friperie, on aide aussi au
niveau vestimentaire nos employés. Il faut que vous compreniez, comme mes
collègues ont dit, c'est vrai, l'histoire que, tu sais, les gens ne vont pas
prendre leur assurance maladie avec l'assurance chômage, ils vont rester au
travail. Ils ne vont pas accepter... Ils n'ont pas la capacité de ne pas venir
travailler. Puis ça, c'est quelque chose qui me touche vraiment,
personnellement. On ne veut pas voir notre père, notre mère avoir besoin
d'avoir des traitements puis, après ça, retourner au travail. C'est inacceptable.
Puis c'est ça, on vient dénoncer ces situations-là.
Puis le gouvernement, bien, il a sa part à
faire là-dedans puis il faut qu'il soutienne mieux les travailleurs,
travailleuses. Puis il y a vraiment un besoin de financement, c'est sérieux.
Nous, on dessert des services dans le quartier Saint-Roch, on s'occupe de
personnes âgées, on s'occupe de personnes en situation d'itinérance, on
s'occupe d'enfants qui ont des besoins scolaires, on aide à la persévérance
scolaire. Pourquoi on est oubliés par le gouvernement? On prend soin de la
population. Ç fait qu'on demande de l'aide. S'il vous plaît, Mme la ministre,
entendez-nous aujourd'hui, puis on vous prie de considérer nos demandes
aujourd'hui. Merci.
M. Grandmont : Je vais me
permettre une petite conclusion. Je pense que les témoignages sont très
éloquents, c'était extrêmement touchant aussi, évidemment. Et ce n'est
évidemment qu'un échantillon de ce qui se passe dans le communautaire. Le
nombre d'histoires qu'on entend, qui sont des reproductions de ce que vous avez
entendu aujourd'hui... Le communautaire est à bout pour vrai, pour des vraies
raisons. Il manque clairement de financement pour supporter ces femmes et ces
hommes qui tiennent à bout de bras un filet social essentiel au Québec. Il faut
éviter que ces personnes qui travaillent dans le communautaire deviennent,
elles aussi, des demandeuses de ces services-là. Je pense qu'on est rendu là,
au Québec. On a un sérieux enjeu. La grève du communautaire, c'est un... c'est
un cri d'alarme. Si le gouvernement ne réagit pas rapidement, la situation va
empirer et se détériorer, et on aura une crise humanitaire importante.
Alors, j'interpelle littéralement la
ministre de la Solidarité sociale et de l'Action communautaire pour qu'elle
agisse. Tout à l'heure, au salon rouge, j'ai une interpellation de
deux heures avec elle. Je veux avoir cette discussion-là. Je veux
l'entendre réaliser les besoins qu'il y a. Je veux l'entendre vouloir se battre
pour le communautaire. Je veux l'entendre demander, conjointement avec Québec
solidaire, que l'argent discrétionnaire qui est réservé pour les aspirants
premier ministre, première ministre, Fréchette et Drainville, de
250 millions de dollars, soit utilisé en bonne partie pour être
capables de répondre à l'urgence qu'on vit actuellement dans le communautaire.
C'est de l'argent discrétionnaire qui a été placé là pour le futur ou la future
première ministre. Cet argent-là doit aller au plus urgent, et je pense qu'on a
de l'urgence, ici, dans le communautaire. Merci.
Journaliste : Sentez-vous
qu'il y a une prise de conscience, jusqu'à présent, la moitié de la grève de
passée... Est-ce que vous avez l'impression d'avoir été entendus de la part des
gouvernements, de la part de la population en ce moment?
M. Grandmont : Peut-être
laisser la parole aux représentants du communautaire là-dessus, oui, c'est ça.
Je ne sais pas si...
M. Gélinas (Mathieu) : Oui,
Mathieu Gélinas, je suis co-porte-parole du mouvement Le communautaire à
boutte. Depuis la semaine, je pense qu'il y a une prise de conscience
collective. On sent que les gens ne comprenaient pas réellement c'était quoi,
l'importance du milieu communautaire. Je pense qu'on commence tranquillement,
les médias aussi, à à véhiculer cette information-là, les partis de
l'opposition, on sent qu'il y a de l'écoute, de l'intérêt. On les a tous
rencontrés cette semaine. Malheureusement, c'est silence radio, du côté du
gouvernement, actuellement, on sent une indifférence encore palpable. Les
canaux sont inexistants pour l'instant. Ça fait qu'on souhaite réellement une
ouverture de discussion et on exige juste une table de négociation rapidement
avec le gouvernement.
Journaliste : Et jusqu'où
vous êtes prêts à aller? Une autre vague de grèves?
M. Gélinas (Mathieu) : On a
déjà eu une première phase cet automne en Mauricie. On nous a sous-estimés. On
avait dit qu'on n'abandonnerait pas. On est rendus à la deuxième phase. On est
près de 1 800 groupes communautaires. On est déjà en train de
planifier la troisième phase. Puis, s'il faut se rendre à la quatrième phase,
on va y aller. Je pense qu'on a vu des gens qui se lèvent debout, qui... C'est
la première fois qu'on prend le temps de s'exprimer. Ça fait que le
communautaire va refuser de se taire, puis on va encore continuer. Merci.
M. Grandmont : Merci beaucoup.
(Fin à 9 h 18)