Point de presse de M. Joël Arseneau, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de santé, de services sociaux et de soins à domicile, et M. Pascal Bérubé, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière d’éducation
Version préliminaire
Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.
Le mardi 31 mars 2026, 10 h 30
Salle Bernard-Lalonde (1.131),
hôtel du Parlement
10 h 27 (version non révisée)
(Dix heures vingt-neuf minutes)
M. Arseneau : Alors, bonjour
tout le monde. Je pense que vous avez tous vu les scènes absolument choquantes
qui ont été filmées dans une automobile, un automobiliste, face à une policière,
qui tient des propos absolument dégradants, inacceptables et qui sont hautement
répréhensibles. Ça fait réagir beaucoup à travers le Québec, les forces
policières, mais ceux qui ont à cœur le respect des forces policières et de l'ordre,
je dirais, là, seront peut-être heureux de savoir que, ce matin, nous allons
déposer une motion à l'Assemblée nationale, et la motion se lit comme suit :
«Que l'Assemblée nationale rappelle le
caractère inacceptable et condamnable d'insulter et d'injurier les membres des
forces policières et des forces de l'ordre;
«Qu'elle se prononce en faveur de la mise
en place d'infractions et d'amendes pour les individus fautifs; et
«Qu'enfin elle demande au gouvernement de
modifier la Loi sur la police pour interdire d'injurier ou d'insulter les
policiers dans l'exercice de leurs fonctions.»
M.
Bérubé
: Voilà.
Journaliste
: C'est
pénal ou criminel, ce que vous demandez?
M. Arseneau : Bien, écoutez, c'est...
c'est pénal. C'est en fait un règlement... Le règlement est déjà existant dans
certaines villes, Longueuil, Laval, Québec, mais on a soumis cette idée-là au
ministre de la Justice, qui n'a pas jugé bon de l'introduire dans son projet de
loi, le projet de loi n° 13, dont
l'étude vient de se terminer, ce qui est absolument malheureux. On demande au
ministre de reconsidérer sa décision. Il n'est pas trop tard pour le faire. D'ailleurs,
la prise en considération du projet de loi sera vraisemblablement faite d'ici
la fin de la semaine, et on peut tout à fait introduire des modifications.
Journaliste
: ...vous
avez quoi, en tête, comme sanction, on parle d'amendes?
M. Arseneau : Bien, écoutez,
ça, moi, je pense que c'est des amendes qui peuvent être effectivement
distribuées, imposées sur-le-champ.
Journaliste
: ...
M. Arseneau : Pardon?
Journaliste
: Ça prend
plus qu'une amende bonbon?
M. Arseneau : Oui, absolument,
mais il faut que les amendes soient dissuasives, tout simplement, parce que ces
propos-là sont inacceptables et minent l'autorité...
10 h 32 (version non révisée)
M. Arseneau :
...des
forces policières à faire respecter, là, les règles. Et ce qu'on a pu
comprendre aussi dans ce cas-là, c'est que c'est... véritablement de façon
intentionnelle. L'individu en question fait la promotion de ces vidéos. Et,
quand on parle aux forces policières, malheureusement, bien, ce n'est pas un
cas d'espèce, ce n'est pas anecdotique. En fait, c'est une situation qui n'est
pas exceptionnelle, mais qui se reproduit de plus en plus souvent.
M.
Bérubé
:
Un ajout là-dessus. On a eu des échanges ce matin et on nous confirme que
la proposition a été faite au ministre Lafrenière, de l'inclure dans la loi 13
puis d'avoir un cadre général, et que ça a été refusé. Alors, effectivement, il
n'est pas trop tard pour intégrer cette disposition d'avoir un cadre général
partout au Québec pour le respect des policiers et des policières. Et ce que
vous avez vu hier, c'est le cas d'un récidiviste, mais il n'est pas le seul.
Plusieurs ne se filment pas. Et c'est une réalité, là, qui est très connue
partout au Québec. On reçoit des communications évidemment de façon régulière,
mais d'autant plus depuis les derniers jours. Donc, le gouvernement sera
confronté à un choix : comment faire respecter ses propres policiers et
policières. Et il n'est pas trop tard d'ici la fin de la session pour intégrer
cet élément.
Journaliste
:
...contacté par notre collègue Yves Poirier aujourd'hui. L'individu s'appelle...
c'est un certain M. Bekkali, se dépeint comme une victime, victime de profilage
racial. Qu'est-ce que vous pensez de ce narratif?
M. Arseneau :
Bien,
écoutez, c'est un... c'est une posture qui apparaît commode pour ce
multirécidiviste de ce type d'actions. Donc, je pense qu'il faut prendre le
problème pour ce qu'il est, c'est-à-dire que c'est un provocateur, et surtout
élargir la réflexion. Parce qu'on sait de l'avis des forces policières que ce
cas-là n'est pas un cas d'exception. Donc, ça se reproduit de plus en... ça se
fait de plus en plus souvent. Donc, c'est le temps justement de donner un
message non seulement à cet individu, mais à l'ensemble de la société, que les
forces de l'ordre sont là pour protéger la société et les citoyens, et la
population, puis qu'on ne peut pas abuser, là, dans les propos que l'on tient,
peu importe, là, la condition dans laquelle on est, là. Parce qu'on voit
souvent que c'est... ça se peut se produire à la sortie des bars, et ainsi de
suite. Il y a de multiples exemples. À un moment donné, il faut mettre un terme
à cet abus-là.
Journaliste
:
...de vous faire souffler dans le cou par le Parti libéral?
M.
Bérubé
:
...
Journaliste
:
Oui, j'imagine.
Journaliste
:
À 23 %, est-ce que les libéraux sont un adversaire sérieux maintenant?
Particulièrement à Québec...
M.
Bérubé
:
33 %.
Journaliste
:
...oui, mais dans le francophone, là... Chaudière-Appalaches?
M.
Bérubé
:
OK. Bien, écoutez, on prend tous les adversaires au sérieux. Il n'y a rien
qui n'est acquis pour personne pour l'élection de l'automne prochain. On
continue de travailler et surtout d'annoncer des candidatures d'exception. Une
autre sera annoncée sous peu, dans les prochaines heures, en Mauricie. On a
annoncé la semaine dernière Anne Nguyen dans Prévost, on a annoncé Yohann
St-Pierre dans Rimouski. Donc, on est l'équipe qui annonce des candidatures qui
décident de s'engager au Parti québécois parce qu'ils y croient. Je pense que c'est
une valeur ajoutée importante. Alors, les sondages, ils vont fluctuer d'ici l'élection.
On peut faire l'exercice à chaque fois de les commenter, mais le Parti
québécois est toujours en première place en termes de nombre de sièges. Et on
continue de travailler à proposer une alternative crédible au gouvernement de
la CAQ.
Des voix :
...
M.
Bérubé
:
Pardon? Je vais y arriver.
Journaliste
:
...question : Est-ce qu'ils sont sérieux? Est-ce que c'est un
adversaire sérieux maintenant?
M.
Bérubé
:
Tous les adversaires sont sérieux. On ne les prend pas à la légère, puis on
les respecte, puis on les considère. Mais on pense qu'on a une offre
distinctive et qui représente une véritable alternative. Donc...
Journaliste
:
...est un peu plus faible chez les femmes. Est-ce que ça, ça vous
préoccupe?
M.
Bérubé
:
Bien, on pourrait aussi dire que le Parti québécois est en avance, à peu
près tous les segments de la société. Alors, oui, il y a un défi. Il faut... On
a besoin de faire adhérer le plus de personnes possible. Et puis on est
sensibles à ce que tout le monde se sent le bienvenu ou la bienvenue au Parti
québécois. Alors, on pourrait faire une micro-analyse, là, mais, je pense, ce n'est
pas le lieu pour ça, Mais on continue de travailler puis on ne dénature pas ce
qu'on est. Et manifestement ça plaît à pas mal de monde parce qu'on est le
parti qui est le plus rassembleur présentement.
Journaliste
:
...quelles mesures que vous mettez de l'avant... quelles mesures que vous
mettez de l'avant qui pourraient être... avoir l'effet d'un repoussoir...
repoussoir, oui, pour les femmes?
M.
Bérubé
:
Ah! bien, ça, c'est votre travail, là, de faire ça. Bien, moi, je pense qu'on
a plutôt des propositions qui sont... qui sont attrayantes. La preuve, depuis l'automne 2023,
on est en première place. Donc, il y a manifestement, dans nos propos, dans ce
qu'on fait, des éléments qui plaisent hautement à l'électorat. Donc, ils nous
le rendent bien, et ça nous encourage pour la suite.
Journaliste
:
Est-ce que quiconque peut se présenter à l'investiture pour le Parti
québécois?
M.
Bérubé
:
Oui.
Journaliste
:
Même M. Ménard?
M.
Bérubé
:
Bien, la nouveauté est la suivante. Il y a un comité qui va analyser les
candidatures sur toutes sortes de critères, il y a un comité ressources
humaines. Et, pour les candidats qui se qualifient... Je vais donner l'exemple
de Rimouski. Il y a des candidatures qui ne se sont pas qualifiées, il y a deux
candidatures qui se sont qualifiées. Il y a eu une assemblée d'investiture. On
a fait salle comble. Un candidat a été choisi. Alors, c'est ouvert à tout le
monde, mais c'est... c'est... c'est vrai qu'il y a un processus qu'il faut...
10 h 37 (version non révisée)
Journaliste
: ...pourquoi
une formule comme ça, où le national national décide de... disons, les gens qui
peuvent...
M.
Bérubé
: Pour
ne pas avoir de mauvaise surprise.
Journaliste
: Ça veut
dire quoi, ça...
Journaliste
: Auriez-vous
été choisi, vous, comme candidat dans le temps?
M.
Bérubé
: Je
pense que oui. En doutez-vous?
Journaliste
: Non, non,
non, mais c'est parce que vous étiez très jeune militant...
M.
Bérubé
: Non,
ce n'est pas là-dessus, ce n'est pas là-dessus...
Journaliste
: ...vous
aviez... vous n'étiez pas bardé de diplômes.
M.
Bérubé
:
...ce n'est pas là-dessus. C'est sur, par exemple, les antécédents criminels,
sur l'empreinte numérique, sur les relations de travail, sur toutes sortes d'enjeux.
Journaliste
: Mais
comment ça va au-delà de ça? Parce que M. Ménard n'a pas d'antécédents
criminels, à moins que je ne le sache pas, mais il a pris la décision parce
qu'on lui aurait dit...
M.
Bérubé
: Il
s'est retiré.
Journaliste
: ...qu'il
ne le serait plus. Il y a le cas de Mme Lasalle aussi dans Saint-Jérôme, qui
est une ancienne conseillère municipale, qui ne peut même pas se présenter à l'investiture.
C'est normal?
M.
Bérubé
: Il y
a un comité qui analyse ces éléments, c'est confidentiel, et je n'irai pas plus
loin que ça. Il y a... Quand les candidats ne sont pas choisis, c'est qu'il y a
des raisons.
Journaliste
: ...c'est
quoi, les critères de sélection... tu sais, vous parlez de ressources humaines.
C'est quoi, les critères qui sont établis?
M.
Bérubé
: Je
viens pas mal d'évoquer le cadre, mais, pour le reste, on a un comité qui fait
un travail sérieux pour s'assurer d'avoir les meilleures candidatures possible.
Journaliste
: Ce n'est
pas une façon non plus de s'assurer que les candidatures qu'on souhaite en ont
de l'investiture?
M.
Bérubé
: Non,
Rimouski, la preuve, Rimouski...
Journaliste
: C'est la
seule en ce moment, il y a une investiture
M.
Bérubé
:
Bien, je veux dire, on a une dizaine de candidatures d'annoncées puis il y en a
125. Restez à l'écoute. Donc, à Rimouski, moi, j'ai pris position pour le
candidat Yohann St-Pierre. Il y a une candidate qui était là puis qui a vendu
des cartes, puis qui s'est présentée, puis qui a fait un bon résultat. Donc, ça
ne garantirait rien. Dans l'histoire du Parti québécois, il y a eu des cas où
les chefs avaient choisi des candidatures, le chef, là, puis ils n'ont pas été
choisis. Un exemple, Montmorency, Régis Labeaume qui affrontait Jean-François
Simard, appuyé par Lucien Bouchard. C'est Jean-François Simard qui a remporté.
Ça arrive.
Journaliste
: Le
comité, c'est Carole Poirier?
M.
Bérubé
: Il y
a plusieurs personnes qui s'occupent des ressources humaines. Il y a un le
président du parti Gerry Beaudoin et d'autres personnes, et il y a également de
l'aide professionnelle au plan des ressources humaines.
Journaliste
: ...par
exemple, qui est un militant de très longue date pour l'indépendance et qui
écrit : «En donnant son appui uniquement à des candidats vedettes bardés
de diplômes, il risque de démobiliser des militants qui sont bien enracinés
dans leur milieu et qui travaillent avec acharnement depuis longtemps à la
promotion de l'indépendance.» Est-ce que ça... Qu'est-ce que vous répondez à
ça? Est-ce que...
M.
Bérubé
: M.
Monière qui est bardé de diplômes. Il y a 125 candidats. Il y aura des
gens de tous les milieux. Soyez-en assurés.
Journaliste
: Comment
vous faites pour vous assurer qu'il y aura une bonne représentation de
candidatures féminines? Là, on parlait...
M.
Bérubé
: C'est
un engagement ferme.
Journaliste
: ...à date,
il n'y en pas beaucoup dans ceux qui sont annoncés.
M.
Bérubé
: Zone
paritaire, c'est une obligation qu'on s'est donnée, zone paritaire entre 40 et
60. On va arriver au chiffre le plus près possible du 50, comme ça a été le cas
en 2022, puis dans des comtés prenables aussi. Donc, c'est sur le total, c'est
sur le 125 que vous allez voir qu'il y aura autant d'hommes que de femmes.
Journaliste
: Le comité
de ressources humaines, est-ce qu'il travaille à ça ou c'est laissé aux
investitures?
M.
Bérubé
: Il y
a toutes sortes de paramètres. Écoutez, vous êtes dans la vie interne d'une
formation politique, là. Je ne peux pas vous en dire plus qu'on arrivera avec
des candidatures de tous les milieux, des bonnes candidatures, des femmes et
les hommes en zone paritaire, qui vont bien représenter les régions. Vous
voyez, aujourd'hui, c'est dans Champlain. Il y a une annonce dans les
Laurentides. Il y a une annonce au Bas-Saint-Laurent, il y en a d'autres à
venir. Soyez assurés qu'on aura une bonne équipe. Qui d'autres annoncent
beaucoup de candidatures de ce temps-ci? Pas beaucoup de monde. Alors, moi, je
trouve qu'on devrait nous saluer pour ça.
Journaliste
:
...interdire les boissons énergisantes pour les jeunes, pour les mineurs, M.
Arseneau?
M. Arseneau : Oui, bien, en
fait, on a pris connaissance de la proposition, puis nous, on est ouvert à la
discussion là-dessus. Je pense qu'on a parlé de les interdire pour les gens
âgés de moins de 16 ans. On est prêts à en discuter. On n'a pas de
proposition en ce sens, mais on sait qu'il y en a qui circulent, puis...
Journaliste
:
...d'arriver à pousser un gouvernement, avant la fin de la session, un projet
de loi rapidement qu'on pourrait adopter.
M. Arseneau : Nous, on sait
que ça crée des dommages, surtout les cocktails qui peuvent aussi inclure
toutes sortes de médicaments. Alors, ça pose un risque à la santé pour les
jeunes et sur la santé publique.
Journaliste
: Mme
Bélanger n'a pas mis sur la table des propositions à faire adopter, là.
M. Arseneau : Donc nous, on n'a
pas de propositions en ce sens, mais on est prêt à étudier la proposition que
fera le gouvernement là-dessus.
Journaliste
: Qu'est-ce
que vous pensez du recul...
Journaliste
: ...
M. Arseneau : Pardon?
Journaliste
: ...sur
les honoraires des pharmaciens?
M. Arseneau : C'était
totalement prévisible, mais c'est malheureux. Je vais répondre à votre
question. Je n'ai pas entendu l'autre question.
Journaliste
: C'est la
même.
M. Arseneau : C'est la même. Ah!
vous vous êtes coordonnés ce matin.
Journaliste
: ...
M. Arseneau : J'aimerais d'abord
m'adresser au Devoir. En fait, ce qu'on comprend de la situation, c'est
que le gouvernement avait songé à aller de l'avant dans ces négociations avec l'Association
québécoise des pharmaciens. Et ça a été discuté au mois de novembre, et on
avait convenu finalement de ne pas aller jusque-là. C'est ce que nous nous a
dit l'association. Et, contre toute attente, mais finalement, vous avez vu,
jeudi dernier, on est allés d'un amendement en fin de parcours d'étude du
projet de loi...
10 h 42 (version non révisée)
M. Arseneau : ...c'était
proposé par Alexandre Leduc, député de Québec solidaire, mais ça a été repris
par le gouvernement, adopté sans qu'on ait fait de consultations, sans qu'on
ait consulté les premiers intéressés, mais sans qu'on ait soumis cette idée-là
aux consultations particulières et qu'on ait mesuré les impacts d'une telle
décision. Et c'est ce qui est répréhensible, c'est encore une fois le processus,
encore une fois le gouvernement qui improvise et qui agit avec autorité sur une
question comme ça, aussi sensible, avec le résultat un peu comme dans le cas
des médecins, qu'on recule... qu'on recule...
Des voix : ...
Journaliste : ...
M. Arseneau : Oui,
effectivement, on était absents, mais ça ne nous empêche pas de juger que cette
mesure-là ne faisait pas partie du projet de loi. Ça fait que ça a été
improvisé, et c'était à ce point mal avisé que le gouvernement a reculé.
Journaliste : ...comment on
fait d'abord pour limiter la hausse des primes? Comment on fait pour limiter la
hausse des primes si ce n'est pas en plafonnement des honoraires?
M. Arseneau : Écoutez, le
régime hybride actuel, on ne dit pas qu'il est parfait, on peut certainement l'améliorer,
mais pas sans faire un débat préalable, sans mesurer les conséquences des
décisions que l'on prend. C'est juste ça qu'on dit. Mais il y a, effectivement,
un problème réel qui est reconnu par l'Association, d'ailleurs, québécoise des
pharmaciens, notamment pour les nouveaux médicaments, qui coûte extrêmement
cher, là, ce... ce qu'on appelle les médicaments dispendieux. Ça, c'est un
nouveau phénomène. Et on est aussi très, très conscients du fait qu'il y a des
pharmaciens qui ont abusé, qui ont facturé des sommes astronomiques, ça a été...
ça fait l'objet de certains reportages médiatiques également. Et ça... Mais,
malheureusement, on n'a pas touché la question encore, mais c'est soumis à la
négociation actuelle que mène le gouvernement avec les pharmaciens, donc, qu'on
négocie un cadre qui puisse être applicable.
Journaliste : La semaine
passée, vous nous disiez que de voter en faveur de la motion, ça ne donnerait
rien sur Michael Rousseau. Est-ce que vous trouvez que vos propos ont bien
vieilli?
M. Arseneau : Bien, je vais
laisser Pascal compléter, mais je vous rappellerai que Michael Rousseau ne
démissionne pas, il prend sa retraite, et son processus de mise à la retraite
était entamé avant la crise, c'est-à-dire avant janvier.
Journaliste
: ...même
s'il n'y avait pas eu un tollé la semaine dernière?
M. Arseneau : Bien, c'est ce
qu'on comprend, c'est ce qu'on comprend.
M.
Bérubé
: Je
dirais qu'effectivement il ne prend pas sa retraite, il bat en retraite. Ça, je
pense, c'est une nuance, là, importante là-dessus. Ça lui permet de ne pas
avoir à s'expliquer, ça lui permet de ne pas avoir à apprendre le français, donc
ça montre...
Journaliste
: ...si le
premier ministre du Québec, la semaine dernière, ne demande pas à Michael
Rousseau de prendre... de démissionner, vous dites, ce ne serait pas arrivé...
M.
Bérubé
: Je
ne pense pas avoir dit ça.
Journaliste
: Non, mais
c'est parce que, si... c'est un...
Journaliste
: Non, mais
vous venez de dire que, dans le fond, ce n'est pas en lien avec le tollé qui a
été provoqué la semaine dernière.
M. Bérubé : Non. Oui, oui, s'il
annonce ça, il y a un lien. Ce que je dis, c'est... Il n'a pas démissionné, il
s'est préservé un espace en disant : C'est moi qui quitte. C'est ça que je
vous dis.
Journaliste : Bien, vous
savez comment ça fonctionne dans la vie, M. Bérubé, là.
M.
Bérubé
: Pas
tant que ça.
Journaliste
: Vous ne pensez
pas qu'il y a eu de la pression...
Journaliste : Vous avez de l'expérience.
M. Bérubé : Bien oui, il y a
de la pression. Mais c'est le symptôme, ce n'est pas la cause. Air Canada, ses
problèmes avec le français, avec sa clientèle, ce n'est pas d'hier. La
gouverneure générale du Canada qui ne parle pas français, il y a-tu quelqu'un qui
demande sa démission? Non. Alors, tout ça, c'est le système canadien. Alors,
Michael Rousseau, c'est le symptôme, ce n'est pas la cause, et c'est ce qu'on a
voulu exprimer. Ceci étant dit, est-ce que cela va améliorer les relations d'Air
Canada avec les francophones à partir d'aujourd'hui? Je ne crois pas.
Journaliste : J'aimerais vous
entendre sur le cas de l'eurodéputée, Rima Hassan, qui a été refoulée aux... qui
n'a pas pu venir au Canada. Certains disent que c'est Ottawa qui a voulu la
censurer. Vous vous positionnez où par rapport à ça?
M.
Bérubé
: Bien,
on ne connaît pas les raisons qui ont été évoquées, là, par le gouvernement
fédéral pour lui refuser l'accès. Ce n'est pas... Nous, on n'a rien demandé, là.
On n'a pas demandé qu'elle ne puisse pas participer ou être sur le territoire
du Québec. La seule chose qu'on questionne, vous allez avoir l'occasion de le
faire tout à l'heure, c'est : Quels sont les liens, les affinités entre La
France insoumise et Québec solidaire? Je suis...
Journaliste
: Mais, en
termes de liberté d'expression, vous avez défendu la liberté d'expression
récemment avec...
M. Bérubé : Vous m'avez bien
entendu.
Journaliste : ...à l'Université
Laval, puis là il y a des gens qui pensent que Ottawa vient censurer aussi plus
à ce niveau-là...
M. Bérubé : Je vais attendre
d'avoir les motifs. Mais on n'a jamais demandé qu'elle ne puisse pas venir au
Québec tenir une conférence, surtout avec ce qu'on vient de vivre dans les
dernières semaines.
Journaliste : Pas vous, mais
la situation.
M. Bérubé : Bien, je réponds
à la situation. Alors, vous me demandez ce que je pense de la situation. Je ne connais
pas les motifs, donc je ne peux pas les apprécier. Ceci étant dit, il y a eu
une conférence virtuelle, il y avait même une rencontre de prévue avec une
cheffe de parti. Notre questionnement, c'est sur les affinités entre Québec
solidaire et La France insoumise à certains... Il y a souvent des débordements
dans La France insoumise. Est-ce que Québec solidaire les cautionne, choisisse
de rencontrer? Moi, c'est là-dessus. Pour le reste, j'aimerais ça en savoir
plus sur les motifs qui sont évoqués. Ce n'est pas si fréquent que ça, une
situation comme celle-là.
Journaliste
: ...qu'est-ce
qui vous dérange dans les débordements de La France insoumise?
M.
Bérubé
: Bien,
écoutez...
Journaliste
: Parce que
vous dites : Il les cautionne. Qu'est-ce qui cautionne...
M.
Bérubé
: Bien,
ils les rencontrent, ils les rencontrent, ils les...
Journaliste
: Non, non,
vous parlez de débordements...
10 h 47 (version non révisée)
Journaliste : ...vous parler
de débordements. C'est quoi les débordements qui vous dérangent?
M.
Bérubé
: Des
débordements de Jean-Luc Mélenchon pendant les dernières semaines, notamment
sur la communauté juive. Je veux dire, c'est... c'est très clair, c'est
documenté. Donc, ce parti, de façon générale, est assez controversé dans sa
conception de la vie politique française. On peut choisir de vouloir échanger
avec eux, mais ce n'est pas notre cas.
Journaliste
: M.
Arseneau, comment vous expliquez queQuébec et Ottawa ne se soient pas
encore entendus?
M. Arseneau : Bien, on ne peut
l'expliquer, là, cette incapacité de s'entendre sur la question des sommes
dévolues au transport collectif, que par l'échec de la troisième voie. Le gouvernement
de la CAQ est incapable d'aller chercher les fonds, notre argent, à Ottawa,
pour investir dans les projets de transport collectif, alors qu'à Vancouver les
chantiers sont déjà en marche. En Ontario, ils sont allés chercher la moitié
des sommes dévolues au transport collectif, puis, ici, on attend encore. Alors,
c'est absolument inqualifiable. C'est, encore une fois, là... c'est un régime
fédéral qui constitue un carcan qui nous empêche d'avancer.
Nous, ce qu'on veut, c'est rapatrier l'ensemble
des pouvoirs, notamment, également, là, les sommes qu'on envoie à Ottawa pour
faire les projets qui sont importants pour la population. Mais on voit que la
CAQ a choisi cette voie d'évitement, là, cette impasse, puis on perd notre
temps, puis on perd... Puis les... pendant ce temps-là, les coûts augmentent
aussi pour tous les projets qu'on voudrait... qu'on voudrait mettre en œuvre. Alors,
voilà.
Journaliste
: ...le ministre
Roberge a demandé à son ministère d'évaluer les propositions des deux candidats
à la chefferie caquiste, là, en immigration, pour le PEQ. C'est le ministère
qui étudie les propositions de candidats à la chefferie.
M. Bérubé : Tout à fait.
Alors, on utilise les ressources de l'État pour des candidats à la chefferie, au
plan partisan. C'est ce qui arrive. Donc, ça, c'est illégal. Donc, si j'étais
la Commissaire à l'éthique, d'abord, je me... je
demanderais à rencontrer M. Roberge. Ceci étant dit, à partir du moment où ça
existe, pourquoi pas partager cette information avec tout le monde, non
seulement avec M. Drainville, qui souhaite avoir l'information, mais avec les
parlementaires, avec la presse parlementaire? C'est une information qui est
fort pertinente et qui mérite d'être partagée. Donc, si j'avais eu l'occasion d'avoir
une deuxième motion aujourd'hui, elle aurait peut-être porté là dessus.
Journaliste : Mais sur
quelles bases le Commissaire à l'éthique pourrait étudier
le dossier?
M. Bérubé : C'est les
ressources de l'État qui sont utilisées dans le cadre d'une course au leadership.
Ça, c'est assez clair, là, on ne peut pas faire ça, on ne peut pas demander une
vérification qui pourrait favoriser ou aider une candidature ou une formation
politique. Je réfléchis à voix haute avec vous. Vous en pensez quoi, vous
autres? Je continue d'y penser.
Le Modérateur
: On va
passer en anglais.
Journaliste
:Mr. Bérubé, the fact that... I think it... to you, but Mr. Arseneau
can add some words afterwards... the fact that the latest Léger poll for voting
intentions, it shows that, you know, the QuébecLiberal Party is...
very tight to you, like, you're... like, you're ex aequo, if we look at the
numbers, would you... with all your experience, you were expecting that, that
the PQ, at some point, could lose its number one position?
M.
Bérubé
: Anything can happen, can happen. The polls are moving every month.
We have to fix the election in October, but it doesn't bother us that much,
because we're still number one. If you look at the ridings, still, it... majority
ground. So, it's about polls, so it's more frightening for the CAQ right now. I
don't want to be a CAQ member explaining to you what's happening with the polls.
But with the Parti québécois,
when we started, we were three in 2022, and the polls were very low, and now,
with 33%, and we could form a government, it's... it's a great increase of the votes. And we don't take
anything for granted. We're going to work and want to make sure that the Québécois
know that we're ready and we are a good party for Quebeckers.
Journaliste :
So, that... it seems that Quebeckers are attracted to what's new.
Charles Milliard is new. So, how can you counter that?
M.
Bérubé
: Not the Liberal Party. He's a new leader in an old party, with three different investigations
about what's going on in the Liberal Party, Directeur
général des élections, Commissaire à l'éthique, UPAC. Good
luck with that, Mr. Milliard.
Journaliste
: And you're also saying that... you said that you have very strict
criteria with the national committee for future candidates, but we hear stories
about, for example, Réal Ménard. Don't you think that that noise may reduce the
chances of the PQ to recruit good candidates?
M.
Bérubé
: Not at all, not at all.
Journaliste
: Because... it seems to be...
M.
Bérubé
: We have a thousand, a thousand resumes that people sent to us,
because...
10 h 52 (version non révisée)
M. Bérubé :
…candidate. We have… only have 125
ridings, so it's sure that some people are going to say : I wish I can be
a candidate. It's not going to be possible. So, I'd rather be in that position
that in the position of Mr. Duhaime. He's willing to take anybody in his party.
Journaliste :
What do you think the odds are that the
PQ could take some… pretty much some Montréal ridings away from the Liberals in
October?
M. Bérubé :
And mostly in the eastern part of Montréal,
we have some… some good ridings right now : Rosemont, Maurice-Richard, Hochelaga-Maisonneuve, Camille-Laurin, Pointe-aux-Trembles. And we have… Sometimes, you can have a three-way race, triangular,
so anything can happen. So, we're still working about having a great
representation in the island of Montréal. It's important for us. And this is
why Paul St-Pierre Plamondon decide
to be candidate in eastern Montréal, because he feel that it's important to be
there and to live the different… I don't know how to say it...
Journaliste :
Dynamic?
M. Bérubé :
…dynamics of the Metropole. That's
good. I'm not used to speak English.
Journaliste
: …so the… so this poll results, when you see them neck and neck with
you guys, I mean, they're not in your rearview mirror anymore, is that
worrisome or…
M. Bérubé :
People don't know that much Charles Milliard. When they're going to know
him better, we feel that we're going to be better.
Le
Modérateur : Merci beaucoup.
Des voix : Merci.
(Fin à 10 h 54)