Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.
(Huit heures quarante-trois minutes)
Mme Gentilcore : Bonjour à
tous et à toutes. J'aimerais d'abord offrir mes sincères condoléances à la
famille, aux amis, aux proches de Louis Saia. Moi-même, il a marqué ma jeunesse.
Avec mes frères, mes cousins, on allait assister fréquemment à l'enregistrement
de Radio Enfer, dans les studios. Et Louis Sais était là, toujours très
heureux de voir débarquer une gang de jeunes pour venir assister à ce qu'il
était en train de créer. À 18 h 30, le jeudi, religieusement, on se retrouvait
devant le téléviseur pour regarder Radio Enfer. Donc, pour moi, ça a
beaucoup été ça, Louis Saia, mais il y a marqué aussi toutes les générations,
en commençant avec Paul et Paul, il y a eu Les Voisins, Les Boys,
La Petite Vie, Radio Enfer. Donc, vraiment, c'est un grand
morceau de notre univers télévisuel qui disparaît aujourd'hui, puis je salue
son œuvre, puis encore une fois, sincères condoléances à ses proches.
M. St-Pierre Plamondon : J'aimerais
également mentionner que, dans le Parti québécois, l'expression «la dureté du
mental» est répétée une fois par mois. Donc, c'est... c'est triste aussi de
voir des piliers, un peu, de notre culture partir nombreux. Je ne sais pas si c'est
moi qui a cette impression-là, mais c'est comme s'ils sont nombreux à nous
quitter mais qui ont eu vraiment une influence marquante.
Ce matin, je veux vous parler d'une motion
qu'on va déposer, qui se lit comme suit :
«Que l'Assemblée nationale prenne acte des
informations à l'effet qu'accorder une clause de droits acquis pour le
programme de l'expérience québécoise, PEQ, pourra... pourrait rendre
admissibles à la résidence permanente jusqu'à 126 800 personnes;
«Que l'Assemblée nationale mandate le
ministère de l'Immigration de réaliser et rendre publiques, avant le 12 avril,
les projections d'admission à la résidence permanente qui découlent de la
proposition de donner accès au PEQ à tous les immigrants temporaires sur le
territoire québécois qui travaillent et qui maîtrisent le français.»
Donc, c'est en lien avec cette révélation
qu'on apprend ce matin dans La Presse à l'effet que la proposition
de la députée de Sanguinet, Christine Fréchette, à la chefferie, là, ça
toucherait... finalement, ça ouvrirait la porte à 126 000 nouveaux
résidents permanents et que donc, par conséquent, on est devant quand même six
ans de planification de l'immigration. Et ça colle exactement à ce qu'on vous a
dit, ce que je vous ai dit il y a trois semaines, devant la demande des maires
qui disaient : Bien, nous autres, on veut que tous les immigrants
temporaires qui travaillent et qui parlent français puissent demeurer sur le
territoire et devenir permanents à travers le PEQ. On a posé la question combien,
puis je maintiens notre estimation, entre 150 000 et 200 000, fondée
sur des règles de trois lorsqu'on prend ce que les maires nous disent par
région, de même que le nombre d'immigrants temporaires fédéraux et du Québec
additionnés ensemble, si on fait une proportion de ceux qui, probablement, ont
intérêt à appliquer et se qualifient. On maintient cette... Mais d'où l'importance
de la motion qu'on... qu'on présente, à savoir est-ce que simplement on peut
avoir l'heure juste puis en débattre avec des faits.
Parce qu'on nage toujours dans le flou,
mais un flou qui est entretenu intentionnellement. Je fais référence notamment
au chef du Parti libéral du Québec, ce matin, qui refuse de répondre à vos
questions avec un minimum de clarté. Rappelons qu'il y a un jour... que le
Parti libéral va devoir nous dire c'est quoi, leur planification de l'immigration,
et c'est quoi, leur seuil. À date, aucune réponse, mais il se permet, Charles
Milliard, de traiter le Parti québécois de populiste en disant : Le Parti
québécois manipule l'opinion, puis on ne devrait pas parler de chiffres.
Je rappelle que le Parti québécois a
publié 97 pages d'études et de réflexion qui mènent à nos chiffres et à
notre planification de l'immigration, dans le cadre duquel vous trouverez 245 notes
de bas de page. À quoi tient la planification de l'immigration de Charles
Milliard? Même pas à une feuille mobile. Malheureusement, ce sont des phrases
assez creuses qui sous-entendent qu'avant lui personne ne s'est penché sur la
capacité d'accueil et les seuils d'immigration au Québec. Ce n'est pas sérieux,
là. Donc, il aura éventuellement l'obligation de répondre aux questions de la
population. Il semble sous-entendre que les Québécois peuvent se laisser
manipuler ou qu'ils ne comprennent pas tout à fait le sujet de l'immigration. Bien,
s'il veut qu'on comprenne, qu'il soit clair et qu'il réponde aux questions avec
un peu plus... en cachant moins son jeu, essentiellement.
Tout ce qu'on sait à date, c'est qu'il a
déclaré, à Tout le monde en parle, que... Est-ce que c'est deux fois
plus, trois fois plus d'immigration? Ça dépend de la capacité de chaque région.
Et pourtant, il a eu le temps d'évaluer cette capacité-là. Il a qualifié de
populiste le travail pourtant très, très documenté du Parti québécois. Et, au
passage, il a mentionné que 50 % des Québécois étaient des analphabètes
fonctionnels. Donc, je veux bien, là, me faire donner des leçons, mais nous, on
a fait un travail, on peut être pour, on peut être contre, mais on a fait un
travail fastidieux et détaillé sur ce qu'on pense en immigration, et ce serait
bien que le Parti libéral du Québec se donne au minimum le mandat de répondre à
des questions simples, qui sont les questions de base de toute personne
sérieuse qui a une offre politique. La question, dans le cas de la CAQ, elle
semble se préciser avec le chiffre de 126 000 qui est révélé dans La Presse
ce matin. Donc, moi, j'aimerais qu'on ait ce débat-là, mais fondé sur des
chiffres et des engagements réels de chaque parti, puis là ensuite on pourra
débattre de l'intérêt public là-dedans.
Journaliste
: ...vous aussi
ouvert la porte à certaines clauses grand-père, là.
M. St-Pierre Plamondon :
C'est ça.
Journaliste
: Bon. Est-ce
que ces chiffres-là, révélés ce matin, refroidissent un peu vos ardeurs, ou
est-ce que c'est toujours le même engagement de votre part, ou plutôt le
contraire, c'est-à-dire que les chiffres démontrent qu'on n'a pas la capacité
suffisante?
M. St-Pierre Plamondon : À
l'avance, je m'excuse à ceux qui nous écoutent du caractère pointu et complexe,
là, mais je vais essayer de le revulgariser, il y a des immigrants temporaires
qui sont sous l'égide du gouvernement du Québec. Quand on creuse, ils sont environ
40 000 ou 50 000, selon nos estimés, mais j'aimerais ça que le
ministère soit précis. Et, ces gens-là, on peut raisonnablement conclure que le
gouvernement du Québec, dans des missions à l'étranger, parce que c'est ça que
la CAQ faisait, faisait miroiter la permanence. Puis, dans quel cas, l'argument
tient, de dire : Bien là, il y a une... il y a un devoir d'honnêteté
aussi, là. Si tu demandes à une famille de déménager tout puis de tout quitter,
là, nous, on l'entend.
De l'autre côté, il y a 180 000, là,
je vais vous donner le chiffre précis, environ 180 000 immigrants
temporaires fédéraux. Ce sont des gens qui... qui sont venus au Québec sans
répondre précisément à un besoin économique. Donc, ce n'est pas la même
catégorie que le gouvernement du Québec, qui, lui, allait chercher en fonction
de nos besoins. Et plusieurs d'entre eux, après un certain nombre d'années sur
le territoire, travaillent et parlent français. Donc, lorsqu'on dit : On
veut que tous les temporaires sur le territoire, qui travaillent et parlent
français, puissent demeurer et devenir éventuellement permanents, moi, je pense
qu'il s'agit de 150 000 à 200 000, alors que notre engagement, c'est
vraiment pour ceux qui ont été recrutés par le gouvernement du Québec. On parle
d'environ 40 000. À voir si on peut avoir plus de précisions de la part du
ministère, et dans quel cas on pourra l'étaler sur deux ou trois ans, puis ça
se fait parfaitement, puis on aura respecté nos obligations. Mais entendez bien
les nuances entre les discours, parce que le diable est dans le détail. Moi, je
pense que c'est entre 150 000 et 200 000, la proposition du Parti
libéral et des maires qui sont intervenus sur cette question-là, et ça nous
lierait pour huit ans d'immigration et ça nous entraînerait aussi dans une
crise du logement qu'on permanentise, là, parce que le déséquilibre entre le
logement et le nombre de personnes qui se cherchent un logement, il ne vient
pas de notre immigration permanente, il vient vraiment de l'augmentation de
l'immigration temporaire à travers 200 000 demandeurs d'asile sur le
territoire, presque, en quelques années, là. Et l'immigration fédérale, le PMI,
le recrutement du gouvernement du Québec, tout ça a donné un chiffre de
600 000 à l'apogée du nombre de... de temporaires. Et c'est ça qui, de
notre point de vue, doit être corrigé pour le ramener autour de 250 000,
300 000, suivant la planification détaillée par secteur qu'on propose dans
notre plan.
Journaliste
: Il reste
deux périodes de questions à François Legault. La semaine passée, il a déploré
le fait que...
M. St-Pierre Plamondon : Il
s'ennuie de moi, hein?
Journaliste
: ...vous
vous intéressiez peu à lui. Qu'est-ce que vous lui... Qu'est-ce que vous lui
dites ce matin?
M. St-Pierre Plamondon : Je
vais... je vais lui faire plaisir avant qu'il parte puis je vais lui poser une
question. Si ça lui fait plaisir, avant son départ, je vais lui poser une
question, mais vous comprendrez que, du point de vue du Parti québécois, en
tout cas de mon point de vue, comme chef, j'ai des députés vraiment talentueux
qui gagnent à être connus. Puis mon interlocuteur a décidé de mettre un trait à
sa carrière politique. Donc, ce n'est pas à lui nécessairement qu'on veut
s'adresser à ce stade-ci. On veut des réponses de candidats à la chefferie ou
de ministres qui disent une chose et son contraire dans le cadre d'un parti qui
est absolument déchiré en des... en des factions, des clans. Donc, c'était ça
que je pense qu'on devait faire pour bien faire notre travail d'opposition,
mais, si le premier ministre François Legault s'ennuie de moi à ce point-là, je
m'engage à lui poser une belle question, et il pourra me répondre tout ce qu'il
aura préparé avec son équipe de com pendant la minute qui suivra.
Journaliste
: Qui vous
préféreriez débattre, Mme Fréchette ou M. Drainville, dans les prochains mois?
On voit dans les sondages que si c'est Mme Fréchette, elle fait baisser les
libéraux, ce qui pourrait être un avantage pour le Parti québécois.
M. St-Pierre Plamondon : Tous
ces histoires de sondages là, là, je vous supplie d'arrêter de penser que les
sondages sont une réalité qui est figée dans le temps. Les sondages, là, ça
bouge, puis...
Journaliste
: ...
M. St-Pierre Plamondon :
Bien, je ne répondrai pas en fonction des sondages... laissez-moi juste
répondre que, sondage ou pas... Puis je vous ai déjà, en fait, répondu
là-dessus, j'ai dit...
Journaliste
: ...
M. St-Pierre Plamondon : Je
ne sais pas si notre rire est une réponse, mais je vous dirais la chose
suivante, j'ai déjà répondu que, de mon point de vue, que ce soit l'un ou
l'autre, c'est exactement le même bilan et le même degré d'implication dans des
décisions qui, de mon point de vue, sont injustifiables. Donc, il me fera
plaisir de débattre avec un ou l'autre au débat des chefs pour arriver à ce
bilan de la CAQ, où on nous a dit plein de choses, pour faire exactement
l'inverse dans tellement de dossiers que je pense que la volonté de changement
va s'exprimer de manière assez ferme en ce qui concerne cette formation
politique.
Journaliste : ...Drainville
avait raison sur Mme Fréchette? Est-ce qu'elle tergiverse? Est-ce qu'elle a
tergiversé, lorsqu'elle était ministre de l'Immigration, en ce qui a trait au
chemin Roxham?
M. St-Pierre Plamondon : Je
n'ai pas fait une recherche détaillée sur ce sujet, mais laissez-moi vous dire
ce que ma mémoire...
Journaliste : ...de répondre
à une de vos affirmations, qui était populiste et qui... elle disait... bon, il
disait qu'il allait amener la police là-bas. Donc, ça, c'est sa défense à
l'attaque de M. Drainville. Donc, vous avez été impliqué dans ça.
M. St-Pierre Plamondon : Oui.
En fait, je suis souvent nommé à des endroits où je ne suis pas, donc ça
devient difficile de suivre le fil de toutes les déclarations, mais je vous
dirais...
Journaliste
: ...
M. St-Pierre Plamondon : Oui,
j'étais là, mais dans le cadre de ce débat-là, je ne suis pas là pour rappeler
des choses... les choses suivantes : Pendant plusieurs mois, le parti qui
demandait la fermeture de Roxham, c'était le Parti québécois et pas la CAQ. Et
la CAQ répondait que c'était futile, qu'il fallait vivre avec le chemin Roxham.
Et Christine Fréchette elle-même, jusqu'au jour où la CAQ a fait volte-face...
elle-même, le matin, disait : C'est une perte de temps d'essayer de faire
fermer Roxham.
Lorsque le premier ministre, sûrement par
calcul politique, voyant que notre argumentaire était plus solide que le leur,
a décidé de changer et d'aller vers vous pour dire : Non, non, en fait, on
va le fermer, Roxham, le jour même, Christine Fréchette a été contrainte de changer
son discours de A à Z, mais ça s'est fait en une journée, en raison de
l'intervention du premier ministre, et ça, je m'en souviens très clairement.
Et plusieurs mois avant, non seulement le
Parti québécois demandait et avait vraiment une ambition forte qu'on ferme
finalement Roxham, mais le Parti québécois est passé aussi dans une phase où,
dans certaines entrevues, on sous-entendait que c'était une mesure d'extrême
droite puis que c'était absolument dangereux, ce qu'on proposait. Et vous
noterez que, lorsque le gouvernement fédéral l'a fait, ça, par contre, il ne
s'est rien dit de calomnieux sur le geste du gouvernement fédéral.
Journaliste : Qu'est-ce que
vous répondez aux griefs de certains de vos militants? Puis je ne veux pas
personnaliser, là, les situations, dans certains cas, là, qui ont été
publiques, mais qui se questionnent sur le fait que le... comment dire, le
processus de sélection des candidats, à savoir que, puisqu'on a reçu au-dessus
de 1 000 candidatures, vous le dites souvent, des candidatures de
qualité... comment se fait-il qu'on arrive souvent dans des circonscriptions
puis qu'il y a une seule personne qui passe la barre d'avoir le feu vert de la
commission des candidatures?
M. St-Pierre Plamondon : Oui.
On est au début du processus, puis, dans quelques mois, on n'arrivera pas à la
conclusion que la majorité des circonscriptions n'ont qu'une candidature, mais
c'est sûr que si c'est Pascal Paradis puis Alex Boissonneault, là, tu sais, il
y a...
Journaliste
: ...
M. St-Pierre Plamondon :
Bien, c'est ça, mais il est tôt, là, pour tirer des conclusions. Je vous dirais
la chose suivante : C'est vrai qu'on a plus de 1 000 candidatures
à gérer. Ça vient avec certains défis, dont l'insatisfaction de certaines
personnes qui sont déçues, mais la rétroaction, en général, sur le travail
qu'on a fait depuis le début de l'année et l'accueil dithyrambique qu'on
obtient, de nos membres mais également de gens à l'externe qui disent :
Mais wow!, vous êtes vraiment en train de bâtir une équipe avec des expertises,
une diversité tant régionale qu'à tous les niveaux, là... l'équipe que vous
êtes en train de bâtir est impressionnante. Donc on a, si vous regardez les
commentaires partout... on a le soutien de nos membres.
Et je... Deux choses qu'il faut...
peut-être qui a été sous-estimé : Le règlement a été changé par les
membres. Donc, il y a une décision dans ce parti-là de resserrer, d'avoir un
processus d'entrevue où on fouille tout, on pose des questions. Ensuite, il y a
un comité de candidatures qui est constitué par des membres qui relèvent du
conseil exécutif national, qui est fait par des membres. Donc, oui, il y a un
changement de cap par rapport à une autre époque, parce que le règlement a
changé, et je l'assume pleinement, comme chef, parce que, tel que je le
perçois, ma mission, c'est d'arriver avec les meilleures candidatures
possibles, à la hauteur du défi qu'on s'est fixé de faire du Québec un pays.
Donc, ensuite, je laisse les instances faire des choix puis je ne suis pas inquiet,
là.
Journaliste : ...quand même
que le comité des candidatures doit autoriser le plus grand nombre de
candidatures, et ça n'a pas l'air d'être le cas en ce moment.
M. St-Pierre Plamondon : Non,
c'est le cas.
Journaliste : Donnez-moi des
exemples.
M. St-Pierre Plamondon : Bien,
c'est parce que vous dites : Il ne faut pas faire dans l'anecdote, mais je
suis obligé de vous dire qu'on fait dans l'anecdote si on prend trois cas puis
on étend ça à...
Journaliste : ...vous en avez
huit déterminées puis vous avez d'autres candidats...
M. St-Pierre Plamondon : Non,
non, mais des candidatures qui ont été autorisées, là, il y en a plein, là. Je
n'ai pas de statistiques, mais...
Journaliste : Bien,
donnez-moi une circonscription où il y a eu plus qu'un candidat...
M. St-Pierre Plamondon :
C'est ça que je vous dis, c'est que...
Journaliste
: ...
M. St-Pierre Plamondon :
...oui, mais il y a eu huit, neuf investitures à date, donc vous ne pouvez pas
tirer des conclusions sur la base d'un échantillonnage où est-ce que c'est nos
députés, puis donc, prenez un peu le temps, là, puis vous allez voir comment ça
se déroule. Il y aura plusieurs investitures contestées et, en même temps, il y
a un changement de cap qu'on assume, à savoir que la vente de cartes de membres
ne peut pas être le seul critère qui nous permet d'avoir la meilleure équipe.
Donc, nous, on a des... un processus par les membres pour arriver à bâtir une
équipe, une offre politique la plus forte possible. Et ça, on l'assume et c'est
une décision des membres.
Journaliste : Est-ce que
c'est normal que vous vous présentiez avec des candidats alors que
l'investiture n'est pas encore commencée?
M. St-Pierre Plamondon : Oui,
je l'assume.
Journaliste : Ça n'envoie pas
un message que c'est lui, le candidat finalement?
M. St-Pierre Plamondon : Bien,
ça envoie un message, dans certains cas, de fierté de ce qu'on est capable de
bâtir. Et je prends le cas de Champlain hier, parce que, tu sais, on passe
beaucoup de temps à discuter de... puis il va y en avoir, des insatisfactions,
il y a 1 000 personnes, il y a 125 sièges. Tu sais, je veux
dire, c'est sûr qu'il va y avoir des gens qui vont sortir pour dire : Je suis
déçu. Mais hier, on a quand même mis de l'avant une candidature. Le chef du
groupe de droit des affaires d'un des cabinets les plus importants au Québec,
laisse sa job puis il dit : Moi, c'est avec le Parti québécois que je veux
me présenter. Si vous allez dans Champlain, les gens sont fiers qu'on ait...
qu'on soit en train de bâtir une équipe solide comme celle-là. Et ce sont deux
sujets distincts, c'est-à-dire qu'on fait du recrutement très actif pour aller
chercher les morceaux, les piliers de l'équipe qu'on pense qu'on a besoin, puis
ensuite on demande la collaboration des exécutifs, puis on l'obtient, là, dans
la très grande majorité des cas.
Et juste un petit commentaire, quand je
vois aussi des sorties intempestives de quelqu'un qui n'a pas été retenu dans
le processus, mais qui dit des choses qui sont préjudiciables pour le parti, je
suis obligé de dire : Ça donne un peu raison à ce processus-là, là, parce
qu'au final, nous, on veut un parti qui est compétent, uni et très au diapason
de notre programme qui est public. Il n'y aura pas de surprise, avec le Parti
québécois, aux prochaines élections quant au contenu.
Journaliste : ...des propos
des préjudiciables pour le parti?
M. St-Pierre Plamondon : Non,
non, mais vous rapportez des sorties où...
Journaliste : Ces sorties-là
sont préjudiciables pour le parti?
M. St-Pierre Plamondon : Bien,
c'est à dire qu'on m'attribue que j'étais fâché d'un sondage favorable pour le
Parti québécois. Ce n'est pas sérieux, là. Tu sais, je veux dire...
Journaliste : Sur la question
du logement à Montréal, les Résidences Enharmonie, là, est-ce que vous trouvez
ça normal que les locataires consacrent au-delà de 80 %, 90 % de
leurs revenus à se loger dans des logements abordables financés par Québec?
Mme Gentilcore : Bien,
évidemment pas. C'est sûr et certain que, là, avec le coût de la vie qui
augmente en plus, le coût du logement qui augmente, il faut en faire plus pour
le logement abordable. Ces gens-là, on doit les aider. Je pense qu'il y a des
programmes qui sont en place déjà pour donner des montants sur ces
logements-là. Je pense qu'il faut en faire plus, c'est évident. Il faut d'abord
construire plus de logements abordables puis s'assurer que la proportion du
salaire soit en concordance avec leur capacité, après ça, à se nourrir et à se
vêtir, à répondre à leurs autres besoins. Donc, on est là-dessus, mais
assurément que ce n'est pas normal que ces gens-là doivent payer autant en
proportion à leur salaire.
Journaliste
: Sur le
projet de constitution, il y a eu des amendements proposés, même sur la langue
française, pour la renforcer. Est-ce que ce projet de loi de constitution peut
devenir acceptable?
Mme Gentilcore : Bien,
écoutez, c'est sûr que c'est des... c'est des clauses qui vont être discutées,
là, en commission par notre collègue, Pascal Paradis. Une chose est sûre, il y
a des choses qui ont été promises dans cette constitution-là. Nous, on a été
très clairs par rapport à notre approche. On va voter contre le principe de
cette constitution-là. On l'a toujours dit, elle a été faite en vase clos, elle
a été constituée en vase clos. Il n'y a pas eu de consultation autour de cette
constitution-là. Donc, peu importe ce qui va être apporté, nous, on juge qu'il
n'y a pas de validité autour de cette constitution-là, puis on est contre même
le principe. Je pense que ça va être voté aujourd'hui, le principe de la
constitution. Donc, on va voter contre puis...
Journaliste
: Donc, il
n'y a rien à faire, là?
Mme Gentilcore : Bien...
Journaliste
: ...qui
pourrait vous faire changer d'idée?
Mme Gentilcore : Absolument
pas.
Le Modérateur
: On va
passer en anglais.
Journaliste
: So, you do want to see Bill 1
to be adopted by the end of the session?
Mme Gentilcore : We will vote against it. I'm not sure anyway if we're going to have
enough time for it because, you know, it's a big bill to adopt, but, no, we
will vote against, and we don't think it's the right thing to do right now.
Journaliste : Mr. St-Pierre Plamondon, if I remember well, you were planning to
go back to the U.S. and have meetings with the U.S. department sometime this
winter. Were you... Did you plan that trip? Did you go and we don't now?
M. St-Pierre
Plamondon :
As
of today, we don't have any confirmed date. I mean, I need to balance as well
things that we just discussed that are really down to earth, that is mainly to
be fully prepared and up to speed for an upcoming election. I like international
representation for Québec, I'm really keen on that. But as far as we are as of
today, as you... as you will see in the upcoming weeks and as you have seen in
the past weeks, I'm pretty much involved in every region of Québec.
Journaliste
: ...
M. St-Pierre
Plamondon : It's not excluded, it's just I
cannot... I do not have any confirmation or dates for that objective. But in
any case, rest assured, at some point the Government of Québec, if we're chosen
in the next election, will have to make its own representation in a better
strategy than what the CAQ has done, because our interests are at stake, but
we're not at the table. Who said that? Mark Carney. So, I don't want to be on
the menu, and a government of the Parti québécois will be very much... very
proactive in taking our space, our seat at the table, making sure that we
defend the interests of Québec companies.
Journaliste
: ...US department are important?
M. St-Pierre
Plamondon : They will occur at some point. I
just need to balance as well important moments like yesterday where we're
building our economic team or going in each region saying : We care, and
we have a plan, and we've been thinking this over and over, and we're solid. I
need to be doing that job. I need to remind as well that I have three kids at
home, I have some... I can't do anything... everything at the same time. We are
only seven members with a limited budget that was never increased based on the
number of elected members we have, it's still the budget from 2022 that is
limited. So, at some point, there are arbitrations, I'm trying to do
everything, but sometimes it's a... it's a strain, it puts some strain on what
humanly we can achieve in preparation for those elections.
Journaliste
: The Buy Canadian movement was just listed as a trade irritant by the
United States. Do you think promoting kind of... to a similar degree Québec
businesses in the States will also be a trade irritant?
M. St-Pierre
Plamondon : Which part was a trade irritant?
Journaliste
: The Buy Canadian movement, encouraging Canadians to buy local
products made by Canadian businesses...
M. St-Pierre
Plamondon : Yes, but I mean, it's a mere
argument. If you have a Buy American act, you cannot complain that there is a
Buy Canadian or a Buy Québec act. I mean, it's... it's a flip... flip side,
mirror argument. So, of course, we need to be careful to take everything... At
some point, I remember a document saying it's an irritant for the United States
that the French language is a requirement regarding Québec. So, at some point,
there are stances for negotiations at the beginning, but it's part of a
process, and we cannot take every comma and every word as if it's not going to
move. It's a negotiation.
(Fin à 9 h 06)