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(Neuf heures vingt-huit minutes)
M. Jolin-Barrette : Bonjour à
tous. Avec la fin du débat sur l'adoption du principe du projet de loi n° 1
hier, nous nous apprêtons à débuter son étude détaillée. Depuis le dépôt du
projet, j'ai mentionné que nous serions à l'écoute. Nous avons tenu les
consultations les plus larges de la présente décennie. Nous avons pu entendre
les points de vue de quelque 200 groupes qui sont venus nous parler en
commission parlementaire.
À la lumière de ces consultations et en
réponse à la demande de plusieurs groupes, nous avons annoncé, en février
dernier, le retrait de l'article 29, qui prévoyait une nouvelle
responsabilité pour l'État de protéger la liberté des femmes d'avoir recours à
une interruption volontaire de grossesse. Aujourd'hui, nous annonçons d'autres
modifications au projet de loi n° 1. Ces modifications visent, dans un
premier temps, à répondre à certaines critiques entendues lors des
consultations. Nous avons d'abord pris la décision de retirer l'article 5
de la Loi sur l'autonomie constitutionnelle, lequel interdit l'utilisation de
fonds publics pour financer la contestation judiciaire de certaines lois à caractère
fondamental. Cette disposition a fait couler beaucoup d'encre, et je tiens
quand même à réitérer que, contrairement à ce qui a pu être véhiculé, elle ne
visait d'aucune manière à empêcher les organismes visés de contester des lois
devant les tribunaux. Ce que nous proposions, c'est un encadrement qui aurait
permis d'éviter que l'argent des contribuables soit utilisé pour financer la
contestation judiciaire de certaines lois fondamentales, comme la loi 101
ou la loi 21. Rien n'aurait empêché les organismes concernés de contester
ces lois avec d'autres fonds. Nous avons toutefois compris que cette
disposition représentait un irritant pour plusieurs groupes rencontrés en
commission parlementaire et nous avons donc choisi de la retirer.
Dans le même ordre d'idées, nous avons
décidé de préciser que seuls des organismes publics ou parapublics pourraient
être ajoutés à l'annexe de la Loi sur l'autonomie constitutionnelle. Certains
groupes, notamment du milieu communautaire, qui ne sont pas visés par la loi,
avaient exprimé des craintes à cet égard. Notre intention n'a jamais été de les
viser, tout comme les syndicats, par exemple. Et l'amendement proposé permet
donc de dissiper toute inquiétude à cet égard.
Nous proposons également d'apporter une
modification au texte de la Constitution afin de clarifier qu'il n'y a pas de
hiérarchie entre les droits collectifs et les droits et libertés de la personne
et qu'ils sont en équilibre les uns par rapport aux autres. Je veux être clair,
le projet de loi n'a jamais cherché à établir pareille hiérarchie. L'amendement
vise à rassurer ceux qui avaient des craintes à ce sujet.
Nous l'avons en outre toujours dit, le
projet de constitution ne vient aucunement affecter les droits de la communauté
d'expression anglaise. Pour ce... Pour que cela ne puisse pas être remis en
question, nous avons décidé d'inscrire noir sur blanc, dans le préambule de la
Constitution, l'existence de la communauté d'expression anglaise et le fait
qu'elle jouit de droits consacrés.
Par ailleurs, les consultations ont
également été l'occasion pour différents groupes de formuler des propositions
de bonification au projet. Les amendements que nous proposons aujourd'hui
visent donc aussi à donner suite à certaines de ces idées.
En premier lieu, nous proposons l'ajout
d'un droit collectif à l'environnement. Il s'agit d'une demande faite par
différents intervenants lors des consultations. En hissant ce droit collectif
dans la Constitution, nous lui donnons une prépondérance sur les autres lois du
Québec et renforçons par le fait même sa protection.
Des acteurs du milieu académique avaient,
quant à eux, recommandé d'intégrer dans la Constitution une protection de la
liberté académique universitaire. Nous prévoyons donc ajouter à la loi
fondamentale une nouvelle responsabilité pour l'État de veiller à la protection
de cette liberté.
Le Commissaire à la langue française avait
pour sa part proposé des ajouts pour mieux protéger la langue française dans la
Constitution. Nous introduisons ainsi une toute nouvelle section sur
l'aménagement linguistique du Québec, notamment pour mettre davantage de
l'avant le rôle de l'État dans la protection du statut du français comme langue
officielle et commune.
Le professeur Stéphane Paquin, véritable
référence en matière de relations internationales au Québec, nous avait fait
part de sa préoccupation quant à la formulation d'un article de la Loi sur
l'autonomie conditionnelle visant à renforcer la doctrine Gérin-Lajoie. Nous
apportons une modification à cette disposition pour éviter qu'elle ne puisse
être interprétée comme limitant la capacité du Québec à se déclarer lié ou non
par un engagement international.
Nous avons également bien entendu les
préoccupations des peuples autochtones et nous avons l'intention de proposer
des amendements en ce sens éventuellement. À l'heure actuelle, je suis en
discussion avec plusieurs chefs dans l'objectif de trouver une voie de passage.
J'en appelle maintenant au sens de la
nation des membres des partis d'opposition. L'étude détaillée du projet de loi
débute aujourd'hui, et nous comptons sur leur collaboration pour qu'elle puisse
suivre son cours normalement. Je pense que les amendements déposés aujourd'hui
démontrent que nous sommes à l'écoute et ouverts à faire évoluer le projet.
C'est une opportunité historique qui se présente à nous de travailler ensemble
pour protéger, renforcer et rassembler la nation québécoise grâce à l'adoption
de ce projet de Constitution. Je pense qu'il est essentiel qu'on s'élève à la
hauteur de ce débat important dans l'intérêt supérieur de notre nation. Je vous
remercie.
Journaliste
: ...le
bâillon?
M. Jolin-Barrette : Je
n'envisage pas du tout d'avoir recours à la disposition législative
d'exception.
Journaliste : Alors, quelles
sont les chances que ce soit adopté... quelles sont les chances que ce soit
adopté d'ici la fin de la session, à votre avis?
M. Jolin-Barrette : De très
bonnes chances. Moi, je suis dans un esprit d'écoute, d'ouverture et
aujourd'hui je tends la main aux collègues des oppositions parce qu'il n'est
pas normal que le Québec n'ait pas une constitution. C'est un outil
constitutionnel et juridique important pour défendre l'autonomie du Québec.
Alors, ce que je fais, aujourd'hui, ce
sont des compromis pour faire en sorte de rassembler les gens. Il y avait des
irritants dans le projet de loi, je les tasse du projet de loi et je dis aux
oppositions : Venez vous asseoir avec moi en commission parlementaire, on
va travailler ensemble pour doter le Québec d'une constitution. Et d'ailleurs
la majorité des dispositions de la constitution ont déjà été adoptées par le PQ
ou les libéraux dans les gouvernements précédents.
Journaliste
: ...
M. Jolin-Barrette : Je suis
convaincu qu'au bout de la ligne on aura l'appui des collègues des oppositions.
Journaliste : ...avoir des
appuis, on le comprend. Est-ce que vous êtes prêt à l'adopter sans leur appui
ou vous dites : Ça me prend nécessairement, minimalement, un parti qui
m'appuie pour pouvoir l'adopter?
M. Jolin-Barrette : Mon
objectif, c'est de rassembler, et c'est ce que je fais aujourd'hui. Je fais un
pas vers mes collègues des oppositions afin qu'ils comprennent très bien mon
ouverture, l'écoute que nous avons eue dans le cadre des plus grandes
consultations de la dernière décennie. Les gens sont venus nous parler, 200 groupes,
300 mémoires. On a pris acte de leurs recommandations et c'est pour ça
qu'on bouge aujourd'hui.
Journaliste : ...vous êtes
sur une bonne lancée...
M. Jolin-Barrette : Merci.
Journaliste : ...pourquoi
vous n'ajoutez pas le droit au logement puisque ça avait déjà été recommandé
par un organisme fédéral, puis il y a d'autres provinces qui ont aussi fait cet
ajout-là dans leurs lois?
M. Jolin-Barrette : Bien,
écoutez, on va avoir des discussions avec les collègues dans le cadre de la
commission parlementaire. J'ai pris acte des recommandations qui ont été
faites, puis aujourd'hui on démontre de l'ouverture. Mais il y a une chose qui
est sûre, c'est qu'avec les amendements qu'on dépose aujourd'hui ça fait suite
aux consultations.
Journaliste : Avez-vous la
garantie que les deux successeurs potentiels à François Legault vous
appuient... s'ils sont élus, la personne qui sera élue le 12 avril va
garder le pied sur l'accélérateur sur ce projet de loi là?
M. Jolin-Barrette : Oui, pour
les deux candidats, c'est un projet de loi important, c'est un projet de loi
qui est important pour notre nation. Vous savez, le projet de constitution, là,
il est souhaitable pour faire en sorte de donner des outils au Québec, à la
nation québécoise. Et il n'y a rien dans le cadre du projet de loi qui est
partisan, parce que c'est un outil qui va servir, peu importe qui sera le
gouvernement. Et toutes les formations politiques ont souhaité, depuis les 60 dernières
années, doter le Québec d'une constitution. Alors, nous, on avance et on fait
des propositions, on fait des amendements, on est en signe d'ouverture suite
aux consultations pour faire en sorte de rassembler les partis.
Journaliste : ...sur une
bonne lancée, M. Simon Jolin-Barrette, pouvez-vous juste nous expliquer, hier,
quand vous avez répondu à Marc Tanguay, qu'est-ce que ça voulait dire : Il
faut que les ministres soient en Chambre?
M. Jolin-Barrette : Bien,
écoutez, on essaie le plus possible d'avoir l'ensemble de la députation qui est
en Chambre. Parfois, par contre, le gouvernement est en action à plusieurs
niveaux, que ce soit sur le plan législatif, à la période des questions mais
aussi pour faire des annonces. Et c'est ce qu'on fait.
Journaliste : ...devrait
quand même faire un petit rappel à l'ordre?
M. Jolin-Barrette : Le whip
fait un très bon travail. Vous savez, on a des ministres qui représentent le
Québec, on a le... on a des ministres qui représentent le Québec à l'étranger,
présentement. Hier, on avait l'annonce du plus gros parc éolien au Québec,
1 200 mégawatts, c'est majeur pour le développement économique du
Québec.
Journaliste : ...jour après
jour, là, je veux dire, on est souvent au salon rouge, là, il y a quand même
pas mal de chaises vides, là.
M. Jolin-Barrette : On répond
à toutes les questions. Puis, vous savez, la présence des députés, elle est
importante, mais il y a également le rôle de rencontrer les citoyens, qui est
important, d'être sur le terrain, à l'écoute des préoccupations de toutes les
régions. Il y avait beaucoup de collègues dans Charlevoix hier pour cette
importante annonce, et c'est tout à fait normal.
Journaliste
: ...est-ce
que vous étiez déçu de voir qu'il manquait huit ministres, plus le premier
ministre, hier? Est-ce qu'au fond de vous, là, vous aviez un petit bout de
votre cœur qui saignait?
M. Jolin-Barrette : Non. Vous
savez, ça me permet, comme leader du gouvernement, de pouvoir répondre à des
questions que je n'ai pas l'occasion de répondre à certains moments, comme en
Énergie hier.
Journaliste : Dans le
document que vous avez remis, il n'y a pas de mention par rapport à l'article 29
sur le droit à l'avortement. Québec solidaire, là, dit : Il n'y a rien
dans les amendements qui démontre que cet article-là a été retiré. Pouvez-vous
juste nous expliquer, là, la démarche, peut-être?
M. Jolin-Barrette : Ah bien,
je suis un peu surpris que Québec solidaire dise ça, parce que, vous vous
souvenez, le 20 février dernier, j'ai annoncé qu'on allait retirer
l'article 29, et le 20 février dernier, on a écrit à la Commission
des institutions pour soumettre l'amendement, puis ça se retrouve sur Greffier,
et ça a été communiqué aux partis d'opposition. Et la secrétaire de la
commission a répondu, le 20 février 2026, à 10 h 56 :
«Bonjour, j'accuse réception du document transmis et confirme que celui-ci a
été acheminé aux membres de la commission.»
Alors, Québec solidaire, je pense qu'ils
ne sont pas très, très rigoureux, ils ne regardent pas leurs courriels.
Écoutez, on est rendu le 1er avril, ça a été transmis le 20 février,
puis Québec solidaire dit : Ah! ça n'a pas été transmis. Ils manquent une
méchante bonne game, puis ça démontre encore une fois que Québec solidaire est
uniquement en opposition puis qu'ils ne font pas un travail sérieux et
rigoureux à l'Assemblée nationale. Le projet de constitution, c'est un projet
pour l'ensemble de la nation, puis je pense que les parlementaires ont le
devoir de s'élever et de ne pas pratiquer une opposition systématique comme
semble le faire M. Bouazzi.
Journaliste : 45 000
immigrants qu'on doit accueillir ici si on rouvre le PEQ, est-ce que c'est
réaliste avec les engagements de la CAQ en matière d'immigration?
M. Jolin-Barrette : Écoutez,
je constate que les deux candidats de la course à la chefferie ont dit qu'ils
allaient respecter les cibles d'accueil que nous avons fixées dans le plan de
l'immigration. D'ailleurs, le ministre Roberge a eu l'occasion de le dire, donc
45 000 immigrants.
Journaliste : Mais ce
chiffre-là, qui est sorti du ministère, là, la proposition de
Mme Fréchette, est-ce que ça respecte les seuils.
M. Jolin-Barrette : Ce
que les deux candidats à la chefferie ont dit, c'est qu'ils allaient respecter
les seuils de 45 000 immigrants par année s'ils deviennent premier
ministre. Je m'attends à ce qu'ils respectent le 45 000 immigrants.
Journaliste : Mais sur
l'article 5, il y avait une chose qui était contestée, c'était que vous...
dans la... si je ne me trompe pas, dans la Constitution, il y avait une
possibilité que, plus tard, on ajoute sur la liste des organismes qui n'étaient
pas inclus dans la Constitution, des organismes pas inclus dans la
Constitution. Donc, est-ce que je comprends que, là, ça va être scellé, il n'y
aura pas une possibilité pour le gouvernement, par la suite, d'ajouter des
organismes qui seraient sous cet article 5?
M. Jolin-Barrette : Effectivement.
Mais, dans un premier temps, il faut dire qu'on retire l'article 5 au
complet, on retire l'article 5 au complet. Vous, vous faites référence à
l'article 4, qui faisait en sorte de quels organismes sont visés par la
Loi sur l'autonomie constitutionnelle. Et, dans le fond, on va déposer un
amendement pour faire en sorte de viser uniquement les organismes publics ou
parapublics qui pourraient être rajoutés. Donc, on vient répondre aux craintes.
Puis je l'avais dit en commission parlementaire, ça n'a jamais été une question
de viser, supposons, les syndicats ou les organismes communautaires. Ils
n'étaient pas écrits puis ce n'était pas l'intention, mais là je viens
verrouiller l'article pour être sûr qu'on ne puisse pas les ajouter, dans un
souci, dans un souci d'écoute et de rassurer suite aux consultations, parce
qu'on a écouté lors des consultations.
Journaliste : Sur
l'article 5, qu'est-ce qui a changé fondamentalement? Votre gouvernement a
beaucoup dénoncé l'utilisation d'argent public, là, pour plaider des causes,
des causes contre des lois votées par le Parlement. Qu'est-ce qui a changé
fondamentalement à part que... vous avez eu... des oppositions, mais qu'est-ce
qui vous a convaincu de changer, de reculer?
M. Jolin-Barrette : Je
souhaite rassembler. Il y a eu des critiques par rapport à cet article-là. Mon
désir est de faire en sorte qu'on puisse travailler en collaboration avec les
partis d'opposition. Mes collègues m'ont... me l'ont gentiment mentionné, de
dire qu'ils allaient s'opposer au projet de constitution en raison de
l'article 5. Donc, vous savez, la Constitution, elle est plus importante
que l'article 5, quoi que c'était une disposition importante, mais mon
désir est de faire en sorte que la nation québécoise puisse avoir davantage
d'outils pour défendre ses spécificités au sein du Canada. Puis moi, je pense
que ça, c'est plus grand que l'article 5. C'est pour ça que j'ai décidé de
le retirer.
Journaliste : Quand vous
l'avez présenté, là, on se souvient de votre enthousiasme, là, vous disiez
que...
M. Jolin-Barrette : Je
le suis toujours.
Journaliste : ...c'était un
projet important, mais est-ce que vous vous attendiez, malgré tout, à devoir
faire autant de ces amendements, autant de ces retraits, 29, 5, de l'ampleur
des critiques?
M. Jolin-Barrette : Moi,
je n'ai pas la prétention de dire que, quand on fait un travail, c'est parfait.
J'ai consulté en amont, ça m'a permis, notamment avec le Comité sur les enjeux
constitutionnels, de pouvoir déposer un projet de loi. Après ça, c'est pour ça
qu'on a tenu des consultations générales, 200 groupes, 300 mémoires.
On a écouté. Puis écoutez, je pense que d'avoir l'humilité de reconnaître qu'il
peut y avoir des bonifications, qu'il peut y avoir des ajustements, c'est ce
que je fais aujourd'hui, dans un souci de rassembler, mais de faire en sorte
qu'on donne au Québec des outils constitutionnels et juridiques pour s'assurer
de créer un bouclier pour la nation québécoise, de s'assurer d'avoir des
outils, que nos valeurs, nos spécificités vont être défendues. Je pense qu'on
ne peut pas être contre ça.
Le Modérateur : ...
M. Jolin-Barrette : Oh!
en anglais.
Journaliste :
You intend to put into the preamble
that the English speaking community has its rights and you will recognize the
existence, but are... do you plan to be more specific on the rights of the
English-speaking community? For example, the Québec Liberal Constitution
specifically says that Québec recognizes the English-speaking community's
rights to health and social services in English. Will you be more specific in
your wording when you present the actual amendment?
M. Jolin-Barrette :
Well, we can have the discussion in
committee with the Québec Liberal Party, but the thing that's important is that
the Constitution that we will table and we will study is not the Liberal
Constitution, that's the Constitution of Québec.
So, I'm willing to tout
to hear the propositions of the different parties, but, right now, I make a
way... a step, I make a step to the English community... speaking community to
be sure that their rights are recognized.
Journaliste
: But do you think that will be enough? Do you think they will be
satisfied with it? Because the wording seems rather vague.
M.
Jolin-Barrette : Well, that's the same wording
as Bill 99 that was already tabled. And… say before, that most of the bill of
the Constitution is part of project, important bills that are fundamental for
the Québec. So, that's not new. So, I think that's a step of openness to the
English-speaking community.
Journaliste
: …that you're that… you're going to… this today?
M.
Jolin-Barrette : Can you repeat?
Journaliste
: How do you think Anglophones should feel knowing that you're going
to mention this in the Constitution? How do you hope they feel?
M.
Jolin-Barrette : I hope they will see that
because of the group that they came, in the… in the public auditions, I heard
them and they… they… they tell us : Let be recognized in the Bill 1 and that's
what I do. So, that's a step for openness and to heard them and to be sure that
they feel recognized and considered.
Journaliste
: You had a hard time, or you had a tense moment with Mr. Joe Ortona
on the article 5. Why it was so important for you to… why finally you decided
to remove this article?
M.
Jolin-Barrette : For sure, not because of Mr.
Ortona, but, but I'm in a way to make reconciliation with everybody. And if we
want to go forward with the Constitution, we need to listen what people have
said. And that's what I did and that's what I do with the amendment. So, Bill
5… section 5 is important, but Constitution is more important than that. So, if
there is some irritant that I can take off the table, I'll do it today. And
that's what I'm doing right now, but to be sure that we will be able to
federate everybody with that bill, because it's so important for Québec, for the
powers of Québec inside the Canada, to be sure that we will be able to take our
money, to make sure that we will be able to have a good financing of our
services, to be sure that the competency of the Québec will be respect. So
that…the Constitution is a tool to be sure that we will be able to have the
power to act.
Des voix :
...
Journaliste
: …désolé.
Un droit collectif à l'environnement...
M. Jolin-Barrette : Bien,
voulez-vous... On va terminer en anglais.
Journaliste
: Just, what do you think the
odds are that the opposition parties actually changed their mind and support
this bill?
M.
Jolin-Barrette : I'm optimistic. You know,
that's the hand that I put to them. And I just say to them: Take the hand,
because our population is more important than «partisanerie». So right now, I
make a step for them. I heard them, I heard their critics, and I try to find
ways to be sure that we will work together. So, I ask them, we'll be in
committee in… in the next hour, to work together positively and constructively
together. I think we need to do that for all the Quebeckers.
Journaliste
:
...on n'a pas le droit de parler des Premières Nations. Est-ce qu'on peut
savoir si le canal est ouvert? Parce que leur opposition était frontale, puis
là, c'est la dernière chose qui n'est pas réglée. C'est les dernières
oppositions qui restent à régler.
M. Jolin-Barrette : Oui,
comme je l'ai dit à mon allocution, je suis en discussion avec plusieurs chefs,
plusieurs grands chefs aussi. Mon souhait est de trouver des voies de passage.
Merci.
Des voix : ...
M. Jolin-Barrette : Non,
mais... Oui. Rien ne change pour l'égalité homme-femme. Dans le fond, la
primauté de l'égalité entre les hommes et les femmes demeure sur la liberté de
religion. Ça, ça demeure intact. Où il y avait certaines préoccupations,
c'était lorsqu'on parlait des droits collectifs et des droits individuels au
niveau du libellé. Certains disaient : Écoutez, c'est comme si les droits
collectifs faisaient en sorte de venir outrepasser les droits individuels.
Aucunement. Les deux concourent, s'interprètent les uns par rapport aux autres.
Donc, il n'y a pas de hiérarchie des droits entre les droits collectifs et les
droits individuels, à une exception près, où en cas de conflit entre l'égalité
entre les femmes et les hommes et le droit à la liberté de religion, l'égalité
entre les hommes et les femmes va primer. Merci.
Journaliste
: ...sur le
droit collectif à l'environnement, peut-être, M. Jolin-Barrette.
Concrètement, est-ce que ça peut être invoqué pour enrayer des projets de
développement économique? Par exemple, Hydro-Québec a de grandes ambitions, des
nouveaux barrages dans ses cartons. Est-ce qu'une communauté pourrait invoquer
ce droit-là pour empêcher la construction d'un barrage?
M. Jolin-Barrette : Dans le
fond, le droit, il est mis en fonction des dispositions prévues par la loi. Merci.
(Fin à 9 h 49)