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(Neuf heures quatorze minutes)
Le Modérateur
: Bonjour,
tout le monde. Bienvenue à ce point de presse de Québec solidaire. Prendront la
parole aujourd'hui les députés solidaires Etienne Grandmont et Sol Zanetti,
Caroline Chartier, Sophie Tétrault-Martel, co-porte-parole du mouvement le
communautaire à boutte.
M. Grandmont : Merci
beaucoup, Issia. Bien, aujourd'hui, se termine cette... en fait, deux semaines
de grève du communautaire à boutte. C'est une deuxième vague de mouvement du
communautaire qui a décidé de faire un cessez d'agir, cette fois-ci, pour
démontrer l'importance du communautaire, pour démontrer aussi l'état d'épuisement
très, très grand des travailleuses et des travailleurs dans le milieu
communautaire. Le mouvement, il a commencé il y a plusieurs mois déjà dans la
région de Shawinigan, et, à l'époque, certains... certains députés, certains
ministres qui sont au gouvernement ridiculisaient ce mouvement-là, disaient que
ça ne durerait pas. Ce mouvement-là du communautaire à boutte s'essoufflerait
très rapidement. On leur a dit, on leur a fait comprendre qu'ils étaient
considérés, au caucus de la CAQ, comme un gouffre financier. On leur a dit que,
s'ils avaient des salaires trop importants, ils perdraient leur efficacité, ils
perdraient leur sensibilité. Beaucoup de préjugés qui ont été véhiculés par des
élus de la CAQ.
Bien, aujourd'hui, fin de cette deuxième
vague, grosse manifestation devant l'Assemblée nationale tout à l'heure, et je
pense que c'est pour dire quelque chose d'important...
M. Grandmont : ...à «boutte»
est toujours «deboutte». Ils ont envie de se battre, ils ont envie d'être reconnus,
ils ont envie d'avoir un financement qui est à la hauteur des besoins. Ils sont
un pilier stratégique de notre filet social, au Québec, ils méritent une pleine
reconnaissance. De notre côté, chez Québec solidaire, on a fait beaucoup de
travail pour faire entendre leur voix ici, à l'Assemblée nationale. On a posé
des questions, on a fait une interpellation, on a donc passé du temps avec la
ministre responsable de la Solidarité sociale et de l'Action communautaire,
Chantal Rouleau. On a fait... on a relayé leurs demandes, également, aussi.
Donc, pour nous, ça a toujours été important d'être à côté et on va continuer à
l'être, à leurs côtés, aussi longtemps qu'il le faudra pour que cette pleine
reconnaissance soit acquise. On demande... je terminerai là-dessus, on demande
qu'à très court terme, l'enveloppe discrétionnaire de 250 millions qui a
été laissée au futur ou à la future première ministre soit utilisée pour aller
au plus urgent, soulager rapidement les besoins immenses dans le communautaire,
et on demande aussi à ce que la première ministre ou le premier ministre, qui
sera élu le 12 avril prochain, rencontre les organisations qui représentent
le communautaire pour avoir une discussion franche sur l'état des besoins qui
sont immenses et trouver des solutions au manque de financement. Merci. Je
passe la parole à mon collègue Sol Zanetti.
M. Zanetti : Merci. Dans les
dernières décennies, le gouvernement... les gouvernements qui se sont... qui se
sont succédé ont coupé dans les services publics, ont pratiqué des politiques d'austérité
et ils ont transféré la charge, une charge énorme, sur le communautaire pour
prendre soin du filet social, pour prendre soin des personnes les plus
vulnérables de la société. Le communautaire, c'est un réseau d'initiatives et
de groupes qui viennent des milieux, qui ont cette agilité que permet l'autonomie
par rapport au système public. Ils ont les meilleures solutions au meilleur coût,
mais aujourd'hui, le gouvernement les a laissés tomber depuis trop longtemps.
Et là, il faut, il faut, il faut, il faut financer le communautaire. Il faut
absolument s'assurer que cette... ce mouvement-là, énorme, qui... qui, vraiment,
fait partie aussi de l'identité québécoise, la force de ce réseau-là, soit
financé, soit soutenu, puis il en va de l'avenir de la société. Alors, on
demande aujourd'hui au gouvernement de faire le minimum maintenant et de penser
tout de suite à dire : Il faut qu'on redresse le financement du
communautaire, parce que ces gens-là doivent absolument être soutenus. Ce sont
elles et eux qui nous soutiennent, alors ne les laissons pas tomber. Je
passerais la parole à...
Mme Tétrault-Martel (Sophie) : Sophie.
M. Zanetti : ...Sophie.
Pardon.
Mme Tétrault-Martel (Sophie) : Bien,
en fait, durant les deux semaines de grève que nous avons vécue, donc du 23 mars
au 2 avril, on a pu se mobiliser, se revendiquer, justement, pour un
meilleur financement, des meilleures conditions de travail pour les
travailleuses. Parce que oui, c'est des travailleuses, 80 % du milieu
communautaire sont des femmes. Donc, durant ces deux semaines, nous avons, à
travers les 17 régions au Québec, nous avons fait des actions de
perturbation, de visibilité. Nous avons rencontré nos députés, nous avons fait
des manifestations devant les bureaux des députés. C'est des dizaines, des
centaines de milliers de personnes qui se sont joints au mouvement Le communautaire
à boutte. Durant les deux semaines, nous avons eu l'occasion, aussi, de
rencontrer certains partis de l'opposition pour parler de nos revendications,
et durant notre... cette année, qui est une année de campagne électorale,
évidemment, nous serons aux aguets pour que, dans leur cadre financier, le
milieu communautaire soit inscrit et qu'on devienne un enjeu politique
essentiel parce que nous sommes essentiels au filet social, au Québec. Aujourd'hui,
le 2 avril, on attend plus de 10 000 personnes devant l'Assemblée
nationale pour porter notre voix, élever le ton et dire que Le communautaire à
boutte sera inscrit, cette année, dans le milieu communautaire.
M. Zanetti : Merci. Caroline.
Mme Chartier (Caroline) : Aujourd'hui,
c'est une journée historique pour le milieu communautaire. Comme le disait ma
collègue, 10 000 personnes sont attendues à l'extérieur pour venir indiquer que
ce n'est qu'un début. On va se revoir, on va s'inscrire dans le processus
électoral, on va être présents, on va se faire voir, on va se faire entendre.
Il faut comprendre qu'il y a quelques mois, on était 116 groupes
mobilisés, on est à plus de 1800 aujourd'hui. Encore combien de groupes devront
se mobiliser? Combien de personnes devront sortir et unir leurs voix pour qu'on
arrive à se faire entendre?
Maintenant, c'est de voir comment le
gouvernement actuel choisit de faire du communautaire un projet de société et
de comprendre et d'enregistrer que sans nous, c'est le filet social qui va se
briser, s'effriter. On est là, aujourd'hui, à se tenir debout. On est fiers, on
est solidaires, et ça, maintenant, plus rien ne pourra l'arrêter. Merci.
(Fin à 9 h 20)