Point de presse de M. Alex Boissonneault, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière d’immigration, d’intégration et de francisation, et Mme Marie-Karlynn Laflamme, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière d’enseignement supérieur
Version préliminaire
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Le jeudi 2 avril 2026, 8 h 20
Salle Bernard-Lalonde (1.131),
hôtel du Parlement
8 h 19 (version non révisée)
(Huit heures vingt-deux minutes)
Mme Laflamme : Bonjour.
Bonjour. Bonjour, tout le monde. Alors, difficile de passer sous silence la
grande mobilisation du communautaire qui va avoir lieu ici aujourd'hui. 10 000
personnes vont être rassemblées. Provenant de ma région, c'est deux autobus
complets qui vont venir nous rejoindre ici, à l'Assemblée nationale, pour se
faire entendre, encore. J'ai eu la chance de rencontrer les membres du
mouvement Le communautaire à boutte. On va les rencontrer, encore, en caucus,
aujourd'hui. On va aller entendre ce qu'ils ont à dire, encore une fois. Ce
n'est pas parce qu'on en a parlé abondamment dans les deux dernières semaines
qu'il va falloir arrêter après. Ils ont des choses à dire, et il faut leur
donner toute l'importance qu'ils ont au Québec, puisqu'ils font un travail
essentiel, notamment auprès des clientèles vulnérables. Ce qu'on souhaite, au
Parti québécois, c'est une refonte complète de leur financement. Il faut qu'on
commence à les financer à la mission et non pas par programme. On doit leur
donner plus d'agilité, plus de possibilités de répondre directement aux besoins
de leurs communautés, des communautés qu'ils connaissent bien mieux que nous,
parfois, puisqu'ils sont vraiment imprégnés des besoins de leur terrain. Alors,
si on veut faire un vrai virage de première ligne, il ne faut pas oublier que
le communautaire en fait partie.
M. Boissonneault : Merci,
Marie-Karlynn. Je veux vous parler du Parti libéral, ce matin. Hier, on a eu un
témoignage de l'importance de pouvoir parler des faits, de pouvoir parler des
chiffres, entre autres lorsqu'on parle d'immigration. M. Milliard est venu,
devant vous, et n'a pas pu répondre autrement qu'avec des lieux communs et des
discours un peu «tarte aux pommes» sur ce qu'il entend faire, lui, en matière d'immigration.
Le Parti québécois a préparé un plan, vous savez, de 97 pages. Le plan
libéral tient, essentiellement, à une feuille lignée. Mon chef l'a dit hier.
Puis, c'est important, moi, je m'attends à ce que des questions soient posées à
Charles Milliard, puis je m'attends à des réponses aussi qui dépassent les
lieux communs là, parce qu'on a l'impression que le chef libéral arrive, dans
le débat sur l'immigration, comme si on n'avait pas parlé de ça avant. Les
différentes formations politiques...
8 h 24 (version non révisée)
M. Boissonneault : ...sont
prononcées sur des chiffres, sur l'impact des programmes, sur des changements,
par exemple, qui pourraient être apportés au PEQ. M. Milliard à Tout le
monde en parle a dit qu'il faudrait discuter avec les régions, ça pourrait
être deux ou trois fois plus, mais on n'a pas de précisions. Moi, je pense que
c'est important pour le Parti libéral de répondre à ces questions-là, à Charles
Milliard plus particulièrement. Puis ce n'est pas le seul dossier. En laïcité
aussi, c'est la même chose. On a des lieux communs, des discours un peu tarte
aux pommes. Même affaire lorsqu'on parle aussi des pharmaciens. Hein, on se
serait attendu, peut-être, à une position un peu plus claire du Parti libéral
là-dessus. Qu'est-ce qui s'est passé cette semaine? Hein, le gouvernement a
reculé, il y avait une pression importante sur le terrain, et on a l'impression
que la position de M. Milliard est encore une fois assez générale.
Autre sujet, je pense, qui retient notre
attention ce matin, c'est ce qui se passe avec notre collègue la députée Lakhoyan,
qui fait une sortie, puis ce n'est pas anodin, dans laquelle elle s'avance sur
les... l'enquête qui la cible à l'heure actuelle, et elle le fait avant même
les conclusions de cette enquête. Pour nous, c'est un drapeau rouge, c'est un
voyant rouge qui nous laisse croire qu'il y a des gens qui ne travaillent pas
pour rien en ce moment dans ces enquêtes qui visent le Parti libéral du Québec.
Hein, si on regarde le DGE, si on regarde la Commissaire à l'éthique, si on
regarde l'UPAC, il y a des gens qui font enquête, et visiblement tout ça se
tient. Nous, on l'a dit à plusieurs reprises, au Parti québécois, on a affaire
à un parti qui... dont la culture organisationnelle a été marquée par la
corruption. Visiblement, le... le ménage n'a pas été fait. Et, encore une fois,
il y a quelque chose qui devrait nous demander une vigilance puis qui est assez
inquiétant dans cette sortie de Mme Lakhoyan. Je rappelle aussi que j'ai
présenté une motion, il y a une semaine ou deux, reconnaissant qu'il y a effectivement
une enquête de l'UPAC qui cible le Parti libéral à l'heure actuelle, demandant
aussi la collaboration pleine et entière du parti avec les enquêteurs. Cette
motion-là a été rejetée. On n'a pas eu le consentement du Parti libéral. Donc,
qu'est-ce que ça veut dire? Il y a des questions qui se posent.
Journaliste : ...juste une
petite précision, là, votre engagement pour le communautaire au Parti
québécois, vous êtes un gouvernement en devenir, il est de combien?
Mme Laflamme : En fait, ce qu'il
faut voir... première étape, il faut changer le mode de financement, parce que,
même si on mettait des milliards de dollars dans le communautaire, tant qu'on
ne change pas le mode de financement, ça n'arrive pas. Il faut donc vraiment
revoir les programmes pour les diminuer au minimum et remettre ce financement-là
directement dans la mission des organismes communautaires.
Journaliste
: ...baisse
de financement?
Mme Laflamme : Ce n'est pas
une baisse de financement, c'est une façon différente de les financer en
diminuant énormément la reddition de comptes. On reprend l'argent des
programmes puis on la reventile dans le milieu communautaire, c'est important.
Vous le savez, ce qu'on... on s'est avancés quand même pour un 400 millions, à
peu près, supplémentaire. Dans un premier temps, je pense que c'est ce qui
pourrait faire l'affaire avec le financement des programmes qu'on remettrait
dans la mission. Ce qu'ils demandent, les organismes, c'est : Permettez-nous
d'être plus agiles, permettez-nous de faire moins de redditions de comptes.
Journaliste
: ...dans
votre réorganisation?
Mme Laflamme : Pas du tout. Je
pense qu'il ne faut pas le voir comme ça. Il faut faire une analyse complète de
ce qu'ils font.
Journaliste : ...réallocation
des sommes, redonner de l'argent. Donc, vous ne pouvez pas redonner à tout le
monde le même montant qu'ils ont actuellement?
Mme Laflamme : Il faut revoir
les missions et il faut refinancer à la mission.
Journaliste : ...400 millions
de plus dans le communautaire?
Mme Laflamme : C'est ça. C'est
ce dont on avait parlé, effectivement, de remettre 400 millions de plus dans le
communautaire, mais, d'abord, il faut revoir la façon dont on les finance. Ce
qui attache les mains solidement du communautaire, c'est le fait qu'il doit
faire des redditions de comptes incommensurables pour de petits montants d'argent,
sectionnés en tout plein de programmes, qui ne correspondent pas toujours non
plus à leurs missions profondes, ce qui fait en sorte que, souvent, ils vont
même aller jusqu'à développer des nouveaux services qui n'auraient pas
nécessairement été dans leur portefeuille initial pour pouvoir avoir accès à du
financement supplémentaire. C'est ce qu'on veut arrêter. On veut les recentrer.
Journaliste
: ...
Mme Laflamme : Comme je vous l'ai
dit, on s'est avancés pour 400 millions. C'est ce qu'on avait mis sur la table.
Mais ce qui va faire du bien, je le répète, c'est de leur permettre une agilité
supplémentaire. Et, lorsqu'on est plus agile, on peut investir... on peut
réinvestir, en fait, là où les besoins des communautés sont réellement.
Journaliste : Juste pour bien
comprendre, là, le 400 millions, il s'ajoute au financement par programme qui
existe en ce moment? Puis il y en a certains qui sont financés à la mission,
là, mais...
Mme Laflamme : Certains...
Journaliste : ...les montants
en ce moment...
Mme Laflamme : Et on revoit le
mode de financement, exactement, tout à fait.
Journaliste : ...vous allez
voter... le Parti québécois va voter pour ou contre, aujourd'hui, le projet de
loi n° 9?
M. Boissonneault : Nous
allons voter pour. D'ailleurs, on l'a dit à plusieurs reprises, reconnaissions
que plusieurs idées dans ce projet de loi, qui deviendra loi, qui viennent du
Parti québécois. Nous, on l'a dit souvent, qu'on a affaire à un gouvernement,
souvent, qui... Nous, on lance une idée, lui réagit en disant que ça n'a pas...
ça n'a pas de bon sens, puis finalement reprend essentiellement les lignes qu'on
avait au départ. Donc, on pense que c'est effectivement ce qui doit être fait.
Donc, pour cette raison-là, on l'avait déjà dit, on sera là.
Journaliste : Est-ce que vous
voulez que ça... que... Est-ce qu'un gouvernement du Parti québécois irait plus
loin en matière de croisade prolaïcité?
M. Boissonneault : Pour l'instant,
il n'en est pas question. Ce n'est pas...
8 h 29 (version non révisée)
M. Boissonneault : ...ce n'est
pas dans les... dans les cartons, dans les plans. Là, on est rendus là. Il y a...
il y a ce droit-là de la collectivité québécoise de faire des choix collectifs.
Nous, on pense que, dans la population, il y a un appui important. On avait
réalisé nous-mêmes un référendum auprès de nos membres, à savoir où ils se
situaient sur les questions de laïcité. C'est en phase avec ce qu'on voit dans
le projet de loi puis avec les propositions générales du Parti québécois, donc...
Journaliste : Mais pour les interdictions
des signes religieux chez les élèves et adolescents du secondaire, ça, votre
chef a... s'est déjà avancé là-dessus, vous êtes...
M. Boissonneault : Bien,
c'était... c'était, si je me souviens bien, bon, interdiction pour tous les
élèves du primaire des tenues, les signes religieux ostensibles, dont le port
conduit à se faire reconnaître immédiatement par son appartenance religieuse. C'était
effectivement la position des membres. Notre chef s'était avancé là-dessus.
Donc, nous, on respecte les membres dans cette discussion-là. Par contre,
est-ce qu'il y a une marche à suivre? Est-ce qu'on a un projet dans les
cartons? Est-ce que c'est... De quelle façon ce sera présenté? Je ne pourrais
pas m'avancer là-dessus, mais effectivement c'est une position qu'on défend.
Journaliste : ...ce que vous
voulez. Ce n'est pas clair que vous allez légiférer là-dessus, si vous prenez
le pouvoir.
M. Boissonneault : Je ne veux
pas m'avancer sur la façon dont on avancera le programme qui nous est, qui nous
est proposé, qui nous est demandé par les membres. Nous, c'est une proposition
qu'on a. Les membres sont d'accord avec ça. Moi, ce que je peux vous dire, c'est
qu'on défend les propositions de nos membres lorsqu'elles sont adoptées de
cette façon. Mon chef avait dit déjà qu'il était en faveur de cette
interdiction des tenues et signes religieux ostensibles pour les... les élèves.
Donc, ça fait partie des plans du parti. Je ne sais pas de quelle façon on va l'appliquer.
Là, ça rentre dans un détail, là, à savoir, légalement, est-ce que c'est un
règlement, est-ce que c'est une loi. Bon.
Journaliste : ...des
élections, là, est-ce qu'on peut avoir l'heure juste sur ce que le Parti
québécois va faire, là?
M. Boissonneault : Bien, ça
fait partie de nos propositions.
Journaliste
: ...s'est engagé
à le faire, là.
M. Boissonneault : Bon. Si le
chef s'est engagé à le faire, ça se fera. Moi, ce que je vous dis, c'est que,
dans la démarche, dans la façon d'y arriver, c'était... je ne voudrais pas m'avancer
là-dessus, sur la façon dont ça va se faire.
Journaliste : Le chef va
faire un discours tantôt après le discours du premier ministre. Vous, qu'est-ce
que vous retenez de... des sept ans et demi au pouvoir de François Legault?
M. Boissonneault : Écoutez,
moi, je... ce que je retiens, c'est un service public sur presque 30 ans. C'est
quelque chose qui est important puis quelque chose qu'on doit souligner. C'est
un moment important aujourd'hui. Il y aura des discours qui seront prononcés,
dont le discours de mon chef, pour reconnaître tout ce qu'a fait François
Legault pour le Québec. Le service public est important. Ce qu'il a fait
témoigne d'un don de soi pour le service public. Donc, je pense qu'il faut le
reconnaître. Maintenant, restez à l'écoute, là, on aura un discours vraiment
pour souligner plus en détail ce qu'il a réalisé.
Journaliste
: Il y
aurait des fleurs, mais il n'y aura pas de pot aujourd'hui?
M. Boissonneault : Vous
écouterez le discours. Aujourd'hui, c'est une journée, je pense, où on veut
vraiment célébrer, souligner ce que François Legault a fait pendant les 30
dernières années.
Journaliste : Qu'est-ce que
vous retenez de... Il y a une étude, là, qui dit que ça... qu'élever des
enfants, là, c'est à peu près 400 000 $ par enfant.
Journaliste : Vous en avez quelques-uns...
Journaliste
: Ça va...
ça va vous coûter cher.
M. Boissonneault : Vous
comprenez que je n'ai pas fait ça pour l'argent. Bien, je pense que c'est ça.
Premièrement, nous, ce qu'on dit, c'est qu'on veut s'assurer que les femmes,
que les familles puissent avoir des enfants selon leurs désirs, selon leur
volonté. Donc, donner les outils nécessaires pour que les gens puissent avoir
ce projet-là, s'assurer qu'ils puissent avoir accès à un logement, s'assurer qu'ils
puissent avoir accès à une place en garderie, s'assurer d'avoir un
accompagnement financier lorsque c'est nécessaire. Donc, c'est... c'est
vraiment l'optique du Parti québécois.
Je trouve ça... Je ne pense pas que les
gens le font pour l'argent, je pense, on s'entend là-dessus, là. En tout cas,
moi, ce n'est pas mon cas. Je n'ai pas eu des enfants en m'assoyant avec ma
conjointe puis disant : Heille, est-ce qu'on veut... Qu'est-ce que ça
implique au niveau de l'argent? Tu sais, ce n'est pas vraiment une conversation
d'argent. Je pense que les gens le font parce qu'ils veulent des enfants, ils
aiment les enfants, ils veulent avoir une famille. C'est beau, c'est positif. Puis,
je pense que plus... Il y a des considérations financières, évidemment, c'est
important, il faut garder ça en tête. Puis, il y a un accompagnement qui doit
se faire aussi pour les gens qui font le choix d'avoir une famille de cette
façon-là. Mais je ne pense pas que c'est un calcul chiffré sur une table Excel,
là, dont il est question.
Journaliste : ...à la
natalité au Québec, qui est dans un creux historique, là?
M. Boissonneault : Bien, ça
fait partie... Tout à fait, je pense que ça fait partie des freins. Il y a des
considérations financières, évidemment, qui entrent en ligne de compte, comme
il y a des considérations aussi pour le logement, comme il y a des
considérations pour les places en garderie. Donc, pour nous, ce qui est
important de dire, c'est que... C'est pour ça que je trouve ça un peu... C'est
important qu'on ait l'heure juste sur les considérations financières avec des
études, mais je trouve ça important aussi de... de ne pas ramener le fait d'avoir
une famille, d'avoir des enfants à des considérations pécuniaires, des
considérations strictement financières. Ça fait partie du calcul, mais il y a d'autres
problématiques qui entrent en ligne de compte.
Puis, je pense que le rôle du
gouvernement, puis c'est la proposition du Parti québécois, c'est d'accompagner
les familles pour qu'ils puissent réaliser leurs projets, avoir des enfants s'ils
en ont envie. Puis, c'est documenté qu'en ce moment le taux de fertilité est en
deçà du nombre d'enfants que les femmes au Québec, dans la moyenne, aimeraient
avoir, parce qu'il y a des obstacles comme ça à avoir une famille. Donc, je
pense que c'est là qu'on doit intervenir.
Mais évidemment, ça fait... ça entre en
ligne de compte aussi, les considérations financières. Donc, le fait qu'on a un
tableau comme ça, bien, c'est plus d'informations puis, plus d'information, c'est
mieux.
Journaliste
: Sur la Constitution.
M. Jolin-Barrette a dit hier : On n'ira pas...
8 h 34 (version non révisée)
Journaliste : ...en procédure
exceptionnelle avec un bâillon, mais M. Drainville, en entrevue au Devoir
hier, a ouvert la porte, là, n'exclut pas ce scénario-là. C'est un scénario qui
est... qui n'est pas si improbable que ça, M. Boissonneault, ou vous pensez
quoi de cette déclaration-là de M. Drainville?
M. Boissonneault : Bien, moi,
je trouve que c'est un témoignage de plus qu'il s'agit d'une constitution
caquiste fédéraliste qui n'a rien à voir avec le bien commun au Québec.
Franchement, d'aller comme ça avec un bâillon ou même l'adoption d'une
constitution comme si c'était une loi comme les autres, bien, ça dit ce que le
Parti québécois dit depuis le départ, ce n'est pas une constitution de la
nation québécoise par et pour la nation québécoise. On a fait ça en fin de
mandat avec un plan de communication en tête. C'est mal ficelé. On n'a pas
regroupé les acteurs dont on... qui auraient dû être regroupés pour se
prononcer sur une question aussi fondamentale. C'est la loi des lois, la Constitution,
puis la façon dont c'est fait, avec en plus une proposition comme celle de M. Drainville,
bien, c'est un autre témoignage du fait qu'on est... on est complètement... on
est passé complètement à côté avec ce projet-là.
Journaliste
: Est-ce qu'il
faudrait l'abroger, si vous prenez le pouvoir, si c'était adopté de cette façon-là?
M. Boissonneault : Nous, on a
dit que c'est une constitution qu'on n'appuyait pas. On va voter contre. Pour
la suite, je laisse... je garde un devoir de réserve pour voir de quelle façon
on va procéder.
Journaliste : Donc, les
compromis de M. Jolin-Barrette ne vous satisfont pas?
M. Boissonneault : Non, parce
que ça a été mal ficelé dès le départ. Le processus est vicié dès le départ. C'est
un projet de loi qui est partisan. C'est un projet de loi caquiste. On l'a dit,
on le redit encore, puis ce que dit M. Drainville témoigne précisément de
ça, que ce n'est pas la nation québécoise puis qu'on n'est pas en train d'adopter
la loi des lois ici, on est en train d'adopter un projet de loi qui a cette
possibilité-là d'adopter une constitution par bâillon. Moi, je trouve ça assez
surréaliste, là.
Journaliste : ...à part le
bâillon, majorité simple.
M. Boissonneault : Majorité
simple, même ordre d'idées, je trouve que le bâillon, c'est un témoignage
encore plus éloquent. Mais le fait qu'on ait une constitution, la loi des lois,
qui soit adoptée par majorité simple comme ça, avec tous les partis d'opposition
qui s'y opposent, c'est un message en soi.
Journaliste : Est-ce qu'il
vous reste une marge au Parti québécois pour être convaincu d'appuyer cette constitution-là
où c'est absolument hors de question?
M. Boissonneault : On a été
assez clair là-dessus. Ce n'est pas qu'on a... On a participé aux travaux de la
commission. Mon collègue, Pascal Paradis, était présent, il a fait des
propositions, mais, dès le départ, on a dit qu'on n'abordait pas cet enjeu-là
comme il aurait dû être abordé. On est passé à côté dans le processus même. Un
projet de constitution, il faut que ça se... il faut que ça se pense à l'avance,
il faut des consultations à l'échelle du Québec, il faut que les groupes soient
entendus, il faut qu'il y ait un consensus, il faut que les gens soient invités
à participer. C'est impossible de faire ça dans le contexte actuel, en fin de
mandat, avec une odeur de fin de régime. Donc, c'est un processus, à mon avis,
qui était vicié à la base.
Journaliste : J'aimerais
revenir sur vos propos par rapport à Mme Lakhoyan. On laisse entendre,
bon, l'histoire de vendre des cartes de membres dans son bureau de comté, ce
qui n'est pas permis, mais où vous faites le lien entre ce qui a été révélé
dans le journal par le passé et ça?
M. Boissonneault : Bien, c'est...
pour nous, ce n'est pas anodin que Mme Lakhoyan s'avance comme ça avant
même la fin des enquêtes. Là, ce qu'on comprend aussi du texte de M. Robitaille,
c'est qu'il y a un retard, même possiblement dans l'enquête. En tout cas, on se
serait attendus à avoir un rapport peut-être un peu plus rapidement. Donc, pour
nous, c'est un drapeau rouge. Il y a quelque chose qui est en train de se
passer. Ces gens-là ne travaillent pas pour rien.
L'admission de torts potentiels, avant
même la conclusion de l'enquête pour nous, nous rappelle qu'il y a trois
enquêtes qui visent, à l'heure actuelle, le Parti libéral du Québec. On a dit,
nous, à plusieurs reprises, que c'était un parti qui, visiblement, n'a pas fait
le ménage, dont la culture organisationnelle est marquée par la corruption.
Donc, c'est ce qu'on est en train de réaliser là. Puis là on a ce drapeau rouge
là avec Mme Lakhoyan, semble-t-il qu'il y avait des membres de sa famille
qui travaillaient pour elle. Il y a encore des questions que ça soulève en
matière de culture organisationnelle, et, honnêtement, ça touche l'ensemble du
parti.
Donc, moi, je rappelle encore une fois ce
que demandait notre chef un peu plus tôt, on aimerait avoir des réponses d'ici
les prochaines élections pour que les électeurs, les électrices puissent se
faire une tête, là, lorsqu'il s'agira de voter.
Journaliste : Quel lien vous
faites, qu'est-ce que ça veut dire, selon vous, ce retard-là?
M. Boissonneault : Bien, que
les gens ne travaillent pas pour rien, qu'il y a peut-être des liens entre les
différentes enquêtes. Est-ce qu'on... puis, écoutez, ce sont des suppositions,
là, on parle de questionnements. Est-ce que cette enquête-là est liée avec les
autres enquêtes, donc on ne veut pas qu'elle sorte avant que les autres sortent?
Est-ce que... Ce sont des suppositions. Mais pour nous, il y a visiblement
quelque chose qui se passe, et là on a un drapeau rouge, on a un voyant rouge.
Journaliste : Un des acteurs
du fiasco SAAQclic, qui est maintenant au cœur du DSN, ça vous dit quoi, ça?
Journaliste
: Et du
dossier des médecins.
M. Boissonneault : Mêmes
acteurs, même manque de transparence, même manque d'imputabilité. On se dirige
vers un scénario à la SAAQclic. C'est ce qu'on craint. On a encore des sommes
importantes qui sont dépensées. Là, on parle d'à peu près 400 millions de
dollars. Il y a des projets pilotes qui doivent aller de l'avant dans le
dossier de la santé numérique, dont dans ma région, dans ma circonscription. Nous,
sur le...
8 h 39 (version non révisée)
M. Boissonneault :
...le
terrain, les échos qu'on a, c'est que ça ne se passe pas très bien. Il y a des
inquiétudes importantes. Je ne peux pas croire qu'on ne pouvait pas trouver
quelqu'un d'autre pour s'occuper de ce dossier-là, quelqu'un... quelqu'un qui n'a
pas été éclaboussé dans un scandale à la hauteur de celui qui s'applique dans
les dernières semaines, dans les derniers mois. Je ne peux pas croire qu'on n'est
pas capables de trouver quelqu'un d'autre pour s'occuper d'un projet comme celui-là.
Évidemment qu'il y a des liens qui vont se faire. Puis on a vraiment l'impression
qu'encore une fois le gouvernement n'a pas tiré les leçons qu'il devait tirer.
Le Modérateur
:
On va passer en anglais.
Journaliste
:
Bill
9... a PQ government would take the religious symbols' ban further?
M. Boissonneault :
Well, we actually took position on that because we asked our members
what the thought about secularism in Québec. Our members are in favour, for
example, of taking off religious signs for the kids in primary school. Our
leader said that this is something we're... we listen our members and we're
going to go forward with that proposition. I cannot say how we're going to do
it, when we're going to do it, but it's something that has been said to us be
our members, and we consider that it's important as one for the population of
Québec.
For this case, for this
bill, we're going to vote in favour because there's a lot of ideas in that bill
that comes actually from the PQ. Quite often, what we've seen on matter of
secularism and the protection of French in our culture is that the Parti
québécois brings some ideas, the CAQ reacts, saying : Ah! you cannot do
that, it's not... it's not a good idea, and in the end, actually comes back and
say : Well, the PQ was right, and bring that in a bill.
So, we are in favour of
that bill, we're going to vote in favour. And after that, we're going to have
some other proposition to make. So, stay tuned.
Journaliste
:
Merci.
M. Boissonneault :
Merci.
(Fin à 8 h 41)