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(Onze heures trente-trois minutes)
Mme Ghazal : Bonjour, tout le
monde. Heureuse de vous retrouver ici même si on n'a pas de travaux parlementaires.
Hier soir, la CAQ a choisi sa nouvelle cheffe. Je suis incapable, comme femme,
de ne pas me réjouir qu'au Québec on ait une deuxième première ministre. Même
si elle n'a pas été élue par la population, elle a quand même de la légitimité
puisqu'elle a été élue par la CAQ. Et elle est donc deuxième femme première
ministre au Québec. C'est une... une nouvelle formidable pour toutes les
femmes, toutes les jeunes filles.
Donc, comme moi, c'est une femme qui va
mener son parti politique à la prochaine campagne électorale. Et comme moi,
elle me l'a fait réaliser hier, on fait partie de la même génération. Moi
aussi, je fais partie de la fin de la génération X. Il y a aussi une autre
bonne nouvelle. En écoutant Christine Fréchette, il y a un élément quand même
nouveau, c'est qu'avec elle, on en a fini avec la surenchère identitaire entre
le Parti québécois et la CAQ. Et ça, honnêtement, ça fait du bien. Ça soulage.
Maintenant, la comparaison entre Christine
Fréchette et moi s'arrête là. J'ai écouté attentivement son discours hier, et
elle a dit qu'elle incarne un renouveau. Honnêtement, à part sur les questions
identitaires, sur les questions économiques, je n'ai pas entendu beaucoup de
nouveau. Son discours, c'est le même que celui de son gouvernement de la CAQ,
qui règne depuis huit ans, et celui des gouvernements précédents,
particulièrement celui du Parti libéral du Québec, et aussi du Parti québécois,
c'est cette vieille idée qui pense que, si l'économie va bien, tout va bien
aller et on n'a pas besoin d'intervenir, alors qu'on sait que c'est faux. Ce
qu'on a besoin aujourd'hui, dans le Québec de 2026, ce n'est pas les mêmes
vieilles recettes, pas les mêmes solutions, parce que c'est ces solutions-là,
c'est cette vieille façon de voir l'économie qui fait qu'aujourd'hui on vit
avec plein de crises. Les Québécois et Québécoises souffrent grandement de la
crise du logement, de la crise du coût de la vie. Et ça, ce n'est pas un
hasard, c'est à cause du laisser-aller qui a été mené... amené par cette façon
un peu magique de voir l'économie, de penser qu'en laissant les entreprises
faire ce qu'elles veulent, tout d'un coup... et les spéculateurs immobiliers,
tout d'un coup, collectivement, on va s'enrichir. On sait que ce n'est pas
vrai, et Christine Fréchette, elle incarne ce vieux discours économique là.
Maintenant, on est... c'est un... c'est
quand même un gouvernement en fin de régime, on s'en va en campagne électorale.
Tout le monde l'a dit, Christine Fréchette, elle a un défi de taille, qui est
celui du temps, mais c'est elle qui est... qui a les rênes du pouvoir en ce
moment. Et moi, j'ai envie de lui lancer un autre défi, parce que c'est une
femme qui semble aimer les défis, et j'ai envie de lui lancer un défi en lui
demandant trois choses très précises dans le court laps de temps qu'elle a. Et
je veux aussi profiter de sa main tendue, elle a dit qu'elle est à l'écoute,
qu'elle réfléchit, c'est une bonne nouvelle. Donc, j'espère qu'elle va être à
l'écoute des demandes que je vais lui faire.
La première, c'est l'épicerie. Elle a dit
qu'elle veut agir rapidement sur le coût de l'épicerie en détaxant des
produits. Ce qui est très, très important, c'est justement d'être aussi à
l'écoute des experts. Nous aussi, à Québec solidaire, on a fait plusieurs propositions
sur... pour réduire le coût de l'épicerie, mais je pense que rapidement, là, ça
n'a pas besoin de prendre des semaines, très rapidement, en une journée, on
peut ouvrir le Parlement, avoir une commission, j'ai... j'avais demandé un
mandat d'initiative, rapidement on entend des experts qui nous disent c'est
quoi, les meilleures mesures à mettre en place pour s'assurer de soulager le
portefeuille de la majorité des Québécois, alors qu'ils ont de la difficulté à
manger et à payer leurs autres factures. Ça fait que ça, elle peut le faire
tout de suite.
Il y a aussi une cagnotte, pour cette
année, de 250 millions de dollars qu'elle a entre les mains. C'est
important de ne pas gaspiller cet argent-là, de ne pas le donner juste avec une
mesure, avec une minorité de la population. Il y a le milieu communautaire. Il
pourrait... Le Québec ne peut pas marcher, nos services publics ne pourront pas
fonctionner sans les organismes communautaires, qui sont à boutte et qui
demandent à être entendus, à être rencontrés et à avoir aussi de l'argent pour
pouvoir faire la différence qu'ils peuvent faire dans la société québécoise.
Donc, une partie de l'argent devrait leur être redonnée après que Christine
Fréchette les ait écoutés.
Dernière demande, rapidement, elle a lancé
un ballon d'essai, hein, le... les gaz de schiste, j'espère que ce ballon-là va
se perdre loin sur la plage puis qu'on n'en entendra plus jamais parler. Je
l'invite à totalement abandonner cette idée. Dans le fond, je vais la citer, je
vais la citer : «On ne doit pas retourner 10 ans en arrière, on n'a
plus de temps à perdre.» Exactement, Mme Fréchette. On n'a pas de temps à
perdre alors qu'on est encore en pleine crise climatique.
Je veux finir avec un message à la
nouvelle première ministre du Québec. Je veux lui adresser un message de femme
à femme. Je sais à quel point elle est touchée par les enjeux féministes,
notamment par les féminicides. Huit féminicides depuis le début de l'année,
c'est totalement abominable, inacceptable, en 2026, qu'on soit rendus là. C'est
important de protéger la prochaine qui est encore en vie. Elle a pris des
engagements dans ce sens-là, donc je l'invite très rapidement. Il y a un
consensus dans la société à avoir la loi Gabie Renaud, donc du nom de cette
femme qui a été tuée par son conjoint multirécidiviste à Saint-Jérôme l'année
passée, pour que les femmes soient au courant du passé violent de leur
conjoint. C'est une mesure parmi plein d'autres. Elle s'y est engagée. Donc, je
l'invite à agir rapidement parce qu'il faut qu'on protège les femmes.
Journaliste : Est-ce qu'elle
vous a envoyé un signal, Mme Ghazal, comme quoi elle... Mme Fréchette allait
avoir une approche plus transpartisane?
Mme Ghazal : Bien, pas
personnellement, mais moi, je l'entends publiquement quand elle dit qu'elle
veut être à l'écoute, que... quand... puis on l'a senti, par exemple, pour le
PEQ. D'ailleurs, je lui demande, elle a... elle a proposé que le Programme de
l'expérience québécoise soit remis, là, pour deux ans, ça fait que, ça aussi,
je l'invite à le faire rapidement. Il y a une mobilisation importante. Quand
elle a entendu les gens, elle a vu qu'il y avait une mobilisation, bien, elle
est capable de reculer et d'aller à l'encontre même de son propre gouvernement.
Donc, peut-être sur les questions des féminicides... Les femmes, quand elles
ont été, quand elles sont dans des postes de pouvoir, dans le passé, ici même,
à l'Assemblée nationale, elles ont travaillé ensemble sur des enjeux importants
qui touchent les femmes, dans le passé, donc j'espère qu'elle va avoir cette
approche transpartisane pour ces enjeux-là.
Journaliste : Hier, du côté
des groupes communautaires à qui j'ai parlé... plusieurs disaient qu'elle
n'avait pas la légitimité de gouverner parce que, bon, seulement 9 000 personnes
au Québec qui ont voté pour elle. Vous dites qu'elle est légitime, là...
Mme Ghazal : Bien, en ce
moment, on est en fin de règne, c'est elle, quand même, qui a les mains sur
une... de l'argent, c'est quand même notre argent, c'est l'argent des Québécois
et Québécoises, et je ne veux pas que ce soit utilisé n'importe comment. Parce
que cet argent-là, elle va l'utiliser. Ça ne devrait pas... Le
250 millions de dollars, pour cette année, ce n'est pas la cagnotte
électorale de la CAQ.
Donc, ce que je lui demande de faire,
bien, puis Etienne Grandmont l'a déjà fait, il faudrait changer la ministre qui
est là, là, Mme Chantal Rouleau, qui n'est absolument pas intéressée par ce que
les organismes communautaires sont en train de dire. Puis c'est vraiment une
mobilisation particulière, là, on n'a jamais vu ça en 20 ans. Ça vient de
la base. Ce n'est même pas les regroupements. Les regroupements sont avec eux.
Ça vient de la base. C'est un ras-le-bol. C'est comme si c'était... c'est 80 %
des femmes qui font ça. Donc, elle peut rapidement les écouter, réfléchir de
façon rigoureuse, c'est ça qu'elle est, et débloquer l'argent. Il faut que, de
cette cagnotte-là, il y a de l'argent qui aille aux organismes communautaires
qui tiennent à bout de bras notre société. Tout le monde le sait, là, notre
société ne peut pas marcher sans les organismes communautaires. Ce serait une
catastrophe humanitaire.
Journaliste : Ça fait
qu'aujourd'hui c'est une petite fleur, mais vous envoyez un gros pot?
Mme Ghazal : C'est quoi, le
gros pot?
Journaliste : Bien, je ne
sais pas. C'est parce que vous critiquez son action. Vous dites : Elle va
faire ci, elle va faire ça. Vous avez reconnu que c'était une deuxième femme,
mais je sens que vous... vous vous opposez à toute mesure qu'elle pourrait
mettre en place qui vous déplaise.
Mme Ghazal : En fait, moi, je
lui lance un défi, d'avoir trois mesures, celle de... tout de suite pour l'épicerie,
avant de lancer n'importe quelle mesure qui finalement peut-être n'atteindra
pas ses cibles, d'avoir un mandat d'initiative, une commission ici rapidement
pour écouter les experts, pour s'assurer de voir c'est quoi, les mesures qui
peuvent rapidement aider les Québécois face au coût de la vie. Elle a dit
qu'elle veut agir puis qu'elle est à l'écoute, alors voici une offre qu'on a
faite... bien avant qu'elle soit élue, mais que je l'invite à le faire puis à
écouter les experts. C'est ce que je l'invite à faire. Au contraire, moi je
trouve ça bien. Nous-mêmes, on a proposé de détaxer certains produits, je
trouve ça bien, mais c'est important d'écouter les experts pour s'assurer de
bien agir et d'atteindre la cible.
L'autre chose. Elle a de l'argent, il ne
faut pas qu'elle le gaspille à des mesures qui vont aider seulement une petite
minorité. Il y a Le communautaire à boutte qui est là. Je l'invite à les
écouter puis à leur donner aussi une partie de cette cagnotte d'argent là. Ce
sera un bon investissement dans le communautaire. Et ce que je lui dis, c'est
de laisser de côté les gaz de schiste.
Journaliste : ...sur
l'épicerie, je ne suis pas certain de comprendre, Mme Ghazal. Parce que ce que
Mme Fréchette a évoqué, c'est la possibilité de détaxer des produits de
consommation courante. Ça, est-ce que vous êtes d'accord avec ça, ou elle fait
fausse route?
Mme Ghazal : Bien, en fait,
moi, je veux savoir lesquelles. Ce n'est pas clair. Ça veut dire que... Même
nous, à Québec solidaire... Moi, ça fait quelques... quelques semaines,
quelques mois, j'ai proposé de détaxer les produits en pharmacie, par exemple.
Comme je disais, tout le monde a besoin de papier de toilette, et tout ça,
pourquoi est-ce qu'on les taxe? Et ça peut soulager le portefeuille des
Québécois. C'est bien, là, maintenant, elle, elle est au gouvernement, quand
elle va détaxer, il faudrait qu'elle donne plus de détails de ce qu'elle veut
dire. Mais moi, ce que je préfère, c'est... Nous, on a mis des... Ce que je
préfère, c'est qu'on écoute ensemble les experts. Nous, à Québec solidaire, on
a mis des... solutions en place, des mesures. Elle, elle en a mis une qui reste
vague, non chiffrée. Sur quels produits elle parle? Est-ce qu'elle parle des
produits congelés? De tout? Ce n'est pas clair.
Donc, on peut, chacun des partis
politiques, avoir des mesures. Mais ce que je demande, ce que j'ai déjà
demandé, c'est d'appeler tout de suite une commission, ça peut se faire en une
journée, là, il ne faut pas penser que c'est une grosse affaire qui va durer
des semaines, en urgence, parce que, là, les Québécois souffrent maintenant du
coût de la vie et du prix de l'épicerie. On le voit tous. Donc, rapidement,
ouvrir le Parlement, être là, écouter des experts pour dire : Est-ce
que... Quels produits on détaxe? Est-ce que c'est une bonne solution? Nous, ce
qu'on met de l'avant, est-ce que c'est une bonne solution? Et, après ça, de
s'entendre puis d'amener les propositions qui vont rapidement aider les
Québécois dans leur portefeuille.
Journaliste : ...déjà décrite
comme une politicienne progressiste dans le passé. Elle partage relativement
votre avis sur le coût de l'épicerie. Est-ce qu'elle se rapproche davantage de
Québec solidaire qu'on pourrait le penser ou au contraire, selon vous, c'est des
paroles en l'air ou c'est une façade?
Mme Ghazal : Bon, elle n'est
pas la seule à s'être décrite de centre-gauche ou de progressiste, puis
aujourd'hui, de centre-droit sur le plan économique. Moi, ce que j'ai entendu,
dans son discours, c'est un discours qui me fait beaucoup penser, beaucoup,
beaucoup au Parti libéral du Québec, économiquement, et aussi aux autres
gouvernements précédents. On a eu beaucoup le Parti libéral avant la CAQ et un
petit peu le Parti québécois, de penser qu'en matière d'économie, on n'a pas
besoin d'agir, on s'assure que les entreprises font ce qu'elles veulent. Les...
le privé, elle croit beaucoup, beaucoup au privé et à son action, et qu'en...
quand c'est l'État fait moins de choses, ça va bien aller. C'est faux. Ça fait
30 ans qu'on nous chante cette marotte-là, et on a la preuve factuelle que
ce n'est pas vrai.
On a une crise du logement qui a causé la
crise humanitaire de l'itinérance. Ce n'est pas un acte de Dieu. Ce n'est pas
arrivé juste comme ça, c'est des choix politiques qui ont été faits, où l'État
a enlevé ses mains du logement. On a laissé totalement la place au privé.
Aujourd'hui, ceux qui font la pluie et le beau temps en matière de logement,
c'est les spéculateurs immobiliers, et qui souffre? La majorité des Québécois
et Québécoises. À la... il n'y avait aucune mesure, à part juste des vœux
pieux, pour les locataires. Il y a quand même 40 % de locataires au
Québec. Rien. Rien pantoute. Des mesures qui vont toucher une infime partie de
la population pour l'accès à la propriété, on est d'accord, il faut augmenter
l'accès à la propriété. Québec solidaire, on va avoir un plan habitation où on
a une panoplie de mesures, ça va être la pièce maîtresse de notre prochaine
campagne électorale. Mais maintenant, rapidement, de croire que l'économie va
tout faire, comme nous l'a dit le Parti libéral du Québec, ça ne fonctionne
pas.
Puis, rapidement, on est face à un
problème par rapport aux défis de notre... de nos finances publiques. Elle fait
aussi partie des gens, comme le Parti libéral du Québec, qui regardent la
colonne des dépenses. Comment est-ce qu'on va couper? Après ça, eux autres, ils
appellent ça efficacité, etc., mais c'est quand même de l'austérité, parce que
si on ne veut jamais augmenter la colonne des revenus pour aller chercher
l'argent chez les multimillionnaires, et ça existe, c'est Québec solidaire, on
n'est pas le seul à appeler ça, à demander ça, bien, ça va être qui qui va
payer, au final? Soit des compressions dans les services publics, ça fait que
ça va être la population qui va en souffrir, la majorité, ou augmenter l'impôt
de la classe moyenne. Ça aussi, ils ne peuvent pas se serrer la ceinture plus
que ça. Ça fait que moi, ce que j'entends de son discours, c'est plutôt un
discours économique qui ressemble à celui des vieux partis.
Journaliste : Est-ce que vous
faites comme M. St-Pierre Plamondon, aujourd'hui, et tendez la main aux
nationalistes, aux caquistes nationalistes qui seraient possiblement déçus?
Mme Ghazal : Impossible pour
Québec solidaire de tendre la main à des gens de droite. On est le seul parti
de gauche progressiste au Québec. C'est ça, la réalité. Tout le monde,
maintenant, s'est tassé dans quelques nuances de parti de droite, là, il y a
comme quatre nuances de droite. Il y a une seule couleur de gauche et c'est
celle de Québec solidaire. Moi, au contraire, quand j'entends et que je vois la
publicité que fait Paul St-Pierre Plamondon aux conservateurs du parti de la
CAQ à venir chez lui, ce que ça me dit, c'est... c'est un message on ne peut
plus clair que le Parti québécois est rendu à droite. Je veux dire, moi, je
suis une héritière de Gérald Godin, le Parti québécois de Gérald Godin est loi,
très, très loin, aujourd'hui, quand on voit le virage à droite de Paul St-Pierre
Plamondon et c'est assumé, c'est assumé. Moi, ce matin, j'invite tous les
progressistes indépendantistes qui sont au Parti québécois à venir rejoindre
les rangs de Québec solidaire. Québec solidaire, c'est votre maison.
Journaliste : Ce n'est pas un
peu en disant... disons, en faisant une croix sur des électeurs potentiels
comme... comme ceux-là, vous pourriez les convaincre, en tant que parti, que
votre position est la bonne à adopter. Pourquoi vous... dès aujourd'hui, vous
leur dites : Ne venez pas chez Québec solidaire?
Mme Ghazal : Bien, je ne leur
dis pas, il n'y a personne qui s'est invité, je... Ça serait quand même
étonnant que les gens qui, par exemple, appuyaient plus les discours de Bernard
Drainville, qui est un discours souvent mesquin par rapport à l'immigration et
aux demandeurs d'asile, comme la CAQ nous a habitués, qu'ils viennent chez
Québec solidaire où on a un autre discours par rapport à ces enjeux-là, je suis
la mieux placée, comme enfant de la loi 101, comme immigrante qui est
venue ici, une gens du pays qui vient aussi d'ailleurs, ici, au Québec, qui
porte un autre discours, et... et il y a des gens qui ont soif de ça. Moi, je
fais le tour des salons du livre, en ce moment, pour parler de mon livre où je
parle de mon histoire qui est celle de beaucoup, de dizaines de milliers de
Québécois issus de l'immigration, et ça résonne énormément.
Et le nationalisme inclusif qui ouvre les
bras, celui de Gérald Godin, en ce moment, qui d'autre que Québec solidaire et
moi le porte au Québec? Qui d'autre? Il n'y a en a personne d'autre. Et c'est
correct qu'il y ait plusieurs spectres dans la... dans la société québécoise.
Il y a des gens qui ont un discours plus conservateur, qui se retrouvent dans
celui de la CAQ de Bernard Drainville ou de François Legault ou du Parti
québécois de Paul St-Pierre Plamondon, et même de celui d'Éric Duhaime aussi,
lui aussi il les invite, là... Ça se bat pas mal à droite. Nous, ici, on est
clairs, résolument progressistes, de gauche, pour la justice sociale, pour
l'inclusion. Il n'y a pas d'autre option. Le choix est clair aujourd'hui pour
les progressistes du Québec. Leur seule maison, c'est celle de Québec
solidaire.
Journaliste : Justement, en
termes d'immigration, vous avez mentionné le PEQ. C'est quoi, votre attente, au
juste? Parce que Mme Fréchette a proposé de le relancer pendant deux ans. On
sait maintenant que sa proposition pourrait toucher potentiellement
125 000 personnes. Est-ce que vous vous attendez à ce qu'un
gouvernement Fréchette accorde la résidence permanente à 125 000 personnes?
Mme Ghazal : Pour les
chiffres, il faut faire attention. Elle, ce qu'elle s'est engagée, c'est de
respecter les cibles de son parti pour l'immigration permanente à 45 000,
puis après ça, ça, ça rentre dans l'économique, c'est un peu plus... un peu
moins. Ça fait que c'est à elle de s'expliquer, puis d'expliquer les chiffres,
puis d'être claire et transparente.
Nous, ce qu'on demande par rapport au
Programme d'expérience québécoise, c'est de l'instaurer de façon permanente.
Elle, elle dit deux ans. Bien, qu'elle le fasse rapidement. Et, dans l'histoire
de ce programme-là, ce n'est jamais arrivé qu'il y a eu plus de 100... En fait,
100 000 personnes, c'est... Aux années où il y en a eu le plus,
c'était 22 000, 25 000, là, de mémoire, qu'il y a eu le plus. Puis,
souvent, il y en a eu autant parce qu'il y a comme eu un «backload» à cause
de... à cause de la pandémie.
Donc, les gens qui balancent des chiffres
puis qui disent n'importe quoi... Il y a beaucoup, beaucoup d'incompétence en
matière d'immigration. Moi, j'invite toutes ces personnes-là à se fier à ce que
notre expert en immigration en résidence ici, à Québec solidaire, Guillaume
Cliche-Rivard, qui, lui, connaît ce dossier-là... à s'y fier. Et de balancer
des chiffres à gauche et à droite puis de dire n'importe quoi, on en a soupé.
Au moins, moi, je m'attends qu'avec Christine Fréchette ça va arrêter pour
elle, pour son parti. Clairement, il y en a d'autres qui vont en profiter pour
balancer n'importe quels chiffres en immigration.
Journaliste : ...Mme
Fréchette a un ton posé. Est-ce que vous pensez que, nécessairement, les débats
en Chambre vont être plus sereins?
Mme Ghazal : J'ai hâte de le
voir. Moi, j'ai hâte qu'on ouvre... je ne sais pas si vous le voyez, je suis
ici avec vous, j'ai hâte qu'on ouvre le salon rouge, j'ai hâte de parler avec
elle. Et les Québécois aussi devraient avoir hâte, parce qu'on a perdu beaucoup
de temps, hein? On avait comme un premier ministre qui n'était pas encore là,
qui était là. Il y a eu les débats à la CAQ. Tout ça, c'est beaucoup de perte
de temps pour les Québécois, alors que nos bureaux de comté sont pleins de gens
qui reçoivent des augmentations de logement de 10 %, 30 %, 20 %,
en ce moment, c'est ça que les gens vivent, qu'on a une crise de l'itinérance,
que les gens... 25 % des locataires qui ne sont pas capables de payer leur
épicerie. On est en 2026. Moi, je n'accepte pas ces inégalités-là. On n'arrête
pas, nous, de mettre de l'avant des propositions, des mesures, mais eux autres,
ils étaient occupés, là, par la CAQ. Maintenant, il faut arrêter de s'occuper
de la CAQ et il faut s'occuper des Québécois et Québécoises. Donc, j'ai très
hâte de débattre avec Christine Fréchette, pour le bien des Québécois,
rapidement, là, même si elle n'ouvre pas le salon rouge tout de suite, parce
qu'il y a des choses qu'elle doit faire. Le 4 mai, c'est trop loin, là.
S'il vous plaît, faisons ça avant. Mais elle peut rapidement, là, ouvrir une
commission... avoir une commission, un mandat d'initiative, parler de
l'épicerie.
Journaliste : ...sur le ton,
vous vous attendez à un ton complètement différent en Chambre?
Mme Ghazal : Je... Bien, je
m'attends à celui qu'elle nous présente en ce moment. Moi, je suis... je vais
être naturelle, je vais être moi-même et je vais toujours être, au-delà du ton,
sur les sujets qui me... qui viennent me chercher, comme ceux de la justice
sociale, de l'égalité des chances, de... du fait qu'il faut arrêter de faire
payer toujours les Québécois pendant que d'autres s'en mettent plein les poches
et qu'on aille chercher l'argent là où elle est, parce qu'il y en a, au Québec,
de l'argent pour aider les Québécois.
Journaliste :
Just reaction in English. So, I guess
you are happy to see another woman at the head of Québec, but also you have
some requests for Mrs. Fréchette now.
Mme Ghazal :
Yes. So, I'm very happy to have another
woman, the second woman in the history of Québec, at the head of Québec. This
is a good news for all women and our society. It was about time to have a
woman. And the challenge for Mme Christine Fréchette is the time. She doesn't
have enough time to work for the Quebeckers. So, I have three demands for her.
First, she said that she
wants to work for Quebeckers
about grocery. It's very important because it's very expensive, the coast of
living is very expensive. At Québec solidaire, we put a lot in place, we
proposed a lot of measures. First thing that she can do is to have a commission
with experts to tell us what can be done very quickly to help Quebeckers to
have... to reduce the cost of their grocery. Second, she has two... for this
year 250 million dollars. It's important not to make bad expenses and to waste
this money. It's important to give it to the groupe communautaire, groupe
communautaire à boutte, they need this money, so it's important to give them a
part of this money. And, at the end, she said that we don't want to go to the
old days, to the... Back to the future, I told her, yes, in this climate
changes, we... she should put away the idea to go back with the gaz de schiste.
Journaliste
: Shale gas.
Mme Ghazal : Shale gas. It's... We had these debates, it's finished, it's over.
So, these are my three demands for Christine Fréchette.
Journaliste :
And are you... are you agreeing with Paul St-Pierre Plamondon, that the blue part
of the CAQ lost yesterday, and that all the identity and nationalism of the
party now has lost with Mrs. Fréchette...
Mme Ghazal :
Well, at CAQ, 42% of people approved
to... want to have the Bernard Drainville, which is more conservative about the
identity questions issues, so they're still there. What's very sure is that
with Paul St-Pierre Plamondon
and with all the other parties... economically, for example, Christine
Fréchette, she has the same... comment on dit discours?
Journaliste :
...
Mme Ghazal : Discours, yes.
Journaliste
:
Discourse.
Mme Ghazal : Discourse. Christine Fréchette, she has the same discourse or way, mentality
about the economy than the Parti libéral du Québec, it's the same. But the only left progressist party in Québec is
Québec Solidaire. So, for... I have a message for all progressists, your
home... that your home is at Québec Solidaire. Merci.
(Fin à 11 h 56)