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Point de presse de M. Paul St-Pierre Plamondon, chef du troisième groupe d’opposition, et M. Joël Arseneau, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de santé, de services sociaux et de soins à domicile

Version préliminaire

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Le mardi 5 mai 2026, 10 h 30

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement


 

10 h 30 (version non révisée)

(Dix heures trente-deux minutes)

M. Arseneau : Alors, bonjour, tout le monde. Avant de laisser la parole à mon chef, j'aimerais quand même exprimer nos inquiétudes par rapport au déploiement du Dossier santé numérique d'ici quelques jours. Hier, on a vu la première ministre prendre fait et cause pour le déploiement, ce qui pose la question à savoir qui est responsable du déploiement, parce que Santé Québec continue de dire qu'il est le seul maître à bord et décidera de tout, notamment à savoir si le Dossier santé numérique, lorsqu'il devra se déployer dans l'ensemble du Québec, sera confié à la firme américaine Epic Systems. Mais, à plus court terme, à l'heure actuelle, ce qu'on a entendu de la part de la première ministre, c'est qu'il pourrait y avoir des bogues informatiques et elle semble dire que c'est pas très important, alors que nous, la préoccupation qu'on a ce n'est pas les bogues informatiques, c'est les traitements et les suivis oncologiques, et ça, elle semble l'ignorer complètement, comme si le fait que ça fonctionne ou que ça ne fonctionne pas, ou que ça fonctionne tout croche, ça n'avait pas d'impact.

Lorsqu'on a parlé de SAAQclic, souvenez-vous, là, pendant un mois, c'était le Québec qui était viré à l'envers parce qu'on avait des difficultés à obtenir des plaques d'immatriculation ou des permis de conduire. Là, il est question de la santé des gens dans deux CISSS et CIUSSS à... Centre-du-Québec et sur l'île de Montréal. Et tous les gens de terrain nous disent que ça va avoir des conséquences majeures. On sait déjà qu'il va y avoir un délestage de 20 à 50 %. On nous dit que ça va durer à peu près deux semaines. Lorsque le contrat a été donné à Epic Systems, il y a plusieurs reportages qui ont été faits sur l'implantation d'un programme comme celui-là, par exemple en Grande-Bretagne, par exemple en Finlande. Et, dans certains cas, ça a pris deux ans avant qu'on puisse rétablir le système. En Finlande, deux ans après l'implantation du système. Les médecins disaient : Ça n'a pas amélioré d'aucune façon les soins aux usagers. Alors, on a beaucoup de craintes.

Puis, le dernier élément, c'est sur la suite des choses. À plusieurs reprises, j'ai posé la question à Sonia Bélanger : Qu'adviendra-t-il pour le déploiement de ce système-là qui devait coûter 265 millions de dollars? On est rendus à plus de 400 millions. Certains disent 600 millions. On sait qu'il y avait une note d'information dont on a copie qui disait 3 milliards de dollars, c'était 2021. Et aujourd'hui, on nous dit : Bien, probablement que la décision est déjà prise puis on va aller vers un autre système, autre chose, parce qu'on n'a pas la capacité informatique pour porter un système comme celui-là dans l'ensemble des... du réseau du gouvernement du Québec.

Donc, encore une fois, après le scandale, SAAQclic de 2023 et après la commission Gallant, on a un gouvernement qui fonctionne à vue et avec un programme dont les dépassements de coûts sont déjà avérés et avec une solution qu'on risque d'abandonner, avec des conséquences où ce qu'on promettait n'arrivera pas, c'est-à-dire que le dossier santé de chaque individu puisse être disponible en tout temps à travers le réseau, lorsqu'on en a besoin, lorsque le système de santé doit prendre en charge un patient. Donc, beaucoup, beaucoup d'inquiétudes face à l'entêtement du gouvernement dans ce dossier-là.

M. St-Pierre Plamondon : Merci, Joël. Donc, bien, content de vous retrouver aussi nombreux. Ce matin, je publie une lettre à la première ministre Christine Fréchette. J'ai pris la plume parce que je pense qu'il y a de réelles raisons de s'inquiéter des orientations récentes de la CAQ en matière de défense du Québec, de nationalisme.

Hier, Jean Boulet nous disait que l'obtention de nouveaux pouvoirs pour le Québec n'était plus à l'agenda du gouvernement. Je le cite : «Dans l'immédiat, on n'a pas cette réflexion-là. Ma priorité, ce sont les ententes administratives.» La réaction du gouvernement Fréchette, donc, face aux ingérences d'Ottawa, démontre un changement de cap, plutôt, en fait, un recul, parce qu'on abandonne la doctrine de la CAQ depuis 2015 pour se coller à la doctrine du Parti libéral du Québec, c'est-à-dire ne pas faire de demande à Ottawa. Et lorsqu'Ottawa abuse...


 
 

10 h 35 (version non révisée)

M. St-Pierre Plamondon : ...abuse de son pouvoir et empiète sur nos champs décisionnels, faire semblant que ce n'est pas grave puis dire que tout va bien, c'est un changement substantiel par rapport à la doctrine qui a été défendue par ce parti-là, la CAQ, pendant maintenant une décennie.

Rappelons que défendre les champs de compétence du Québec, c'est le service minimum dans l'histoire de ce Parlement. C'est le plus petit dénominateur commun de tous les partis, à savoir que lorsque c'est au Québec de faire ses lois puis d'exercer sa compétence, on refuse que le fédéral abuse de son pouvoir de dépenser, pose des conditions.

Donc, c'est un enjeu qui soulève une... la question de la réorientation de la CAQ récemment. Et nous, au Parti québécois, on lui demande tout simplement de rectifier le tir et de faire un énoncé précis des nouveaux pouvoirs qu'elle souhaite obtenir pour le Québec, un... un engagement clair pour en faire une demande claire au gouvernement Carney. Je vous rappelle que tous les membres de ce gouvernement, y compris Christine Fréchette, pas plus tard qu'il y a quelques mois, nous expliquaient que les pleins pouvoirs en culture et en immigration, c'était essentiel pour la survie de la nation québécoise, c'était une question de louisianisation. Quelle est la cohérence en ce moment, donc, après huit ans de caquisme? On ne peut pas se permettre la continuité d'un leadership et d'un manque de vision qui a mené aux dérives financières, aux dérives juridiques, aux dérives migratoires orchestrées par le fédéral, qui ont mené au pire déclin du français.

Et, lorsque, ce matin, j'apprends que la première loi de Mme Fréchette, ce sera la clause dérogatoire sur la protection du français, bien, la clause dérogatoire n'est pas un geste... C'est un geste de statu quo, là. On essaie de nous présenter ce qui est automatique et ce qui n'a jamais fait l'objet de grandes annonces des gouvernements, là... À chaque décennie, tous les gouvernements utilisent la clause dérogatoire. En faire la loi fondamentale, la loi numéro 1 de cette séquence politique démontre qu'il n'y a pas beaucoup de cartes dans son jeu, là, qu'il n'y a pas de gestes structurants par rapport à ces questions-là, comme le français, mais que pendant ce temps-là, on minimise d'une certaine manière des empiétements de la part du fédéral.

Donc, je termine en disant qu'on aurait tort de penser que c'est une nouvelle session et que c'est un nouveau parti. La CAQ est le même parti, c'est un parti qui est en fin de régime, et ce n'est pas une nouvelle session. C'est une session qui a été suspendue à des fins partisanes pendant que des questions très sérieuses se posent en matière de santé. Et nous, donc, on va faire notre travail, poser les questions sur tout ce qui ne fonctionne pas au Québec en ce moment. Mais je suis surpris qu'un geste aussi normal et banal que le renouvellement d'une clause dérogatoire, qui était dû pour 2027 en passant... Donc, on est dans la pure tactique cosmétique pour essayer de piéger les libéraux, de ce que je comprends, là. Disons qu'on reste un peu sur notre appétit par rapport à toutes les urgences.

Journaliste : ...M. Paul St-Pierre Plamondon, parce que, oui, on peut comprendre que si vous formez le pouvoir, cette clause de protection là...

M. St-Pierre Plamondon : Va de soi, là.

Journaliste : ...va de soi. Mais... vous qui gagnez. Est-ce qu'elle va de soi?

M. St-Pierre Plamondon : Mais elle est toujours... L'utilisation d'une clause dérogatoire va de soi.

Journaliste : ...garanti que si vous ne formez pas le gouvernement, et que la CAQ ne forme pas le gouvernement, la clause de souveraineté parlementaire sera mise en application en 2027 à son échéance?

M. St-Pierre Plamondon : Si la CAQ est en... désormais en réflexion sur le renouvellement de cette clause-là, c'est que, là, il y a des remises en question inimaginables, à la CAQ, puis c'est bel et bien devenu le Parti libéral du Québec. La clause dérogatoire n'est pas un événement en politique québécoise dans les dernières décennies.

Journaliste : ...selon vous, là. Vous êtes sûrs de ça, là?

M. St-Pierre Plamondon : Bien, je veux dire...

Journaliste : ...a dit ici.

M. St-Pierre Plamondon : Je leur souhaite bonne chance aux élections s'ils veulent abolir la protection du français.

Journaliste : ...

M. St-Pierre Plamondon : Bien, justement, posez-leur la question. Puis, s'ils vous le... s'ils ne vous le disent pas... Mais... Mais moi, je vous parle de la CAQ ce matin. Que ce soit...

Journaliste : ...

M. St-Pierre Plamondon : Bien, moi, les libéraux, posez-leur la question.

Journaliste : ...gouvernement actuellement. À moins que vous pensiez, que vous nous dites aujourd'hui : On forme le prochain gouvernement, là.

M. St-Pierre Plamondon : Ce n'est pas ça que j'ai dit. Je dis... Je dis que je ne peux pas répondre.

Journaliste : ...est-ce que c'est un geste de protection?

M. St-Pierre Plamondon : Je dis que je ne peux pas répondre pour les libéraux. Mais bonne chance pour un parti qui s'engage dans la prochaine élection en disant : La protection du français, dans un contexte de déclin du français, on va l'abolir. Bonne chance avec ça.

Mais je reviens à la CAQ. Ce n'est... C'est... C'est le statu quo, le service minimum, cette clause dérogatoire, elle va de soi. Et elle était due en 2027. Donc, on ne peut pas non plus s'empêcher de voir ce que la CAQ a toujours fait, c'est-à-dire des gestes cosmétiques, des communications politiques pour masquer les difficultés et le déclin qu'a généré huit ans de caquisme au Québec. Donc, il faut juste le mettre dans son contexte.

Journaliste : ...tergiversé, là, sur 96, l'utilisation de la clause, M. Bérubé est sorti...


 
 

10 h 40 (version non révisée)

Journaliste : ...publiquement pour dire qu'il y avait des risques pour ces lois-là, qu'il fallait, bon, agir, tout ça. Là, la CAQ le fait puis ça... ça ne fait pas?

M. St-Pierre Plamondon :Je vous dis que c'est le... la... Le premier geste du gouvernement, c'est de reconduire quelque chose qui existe déjà dans un contexte de déclin du français. Et c'est un geste, donc, cosmétique, qui va de soi. Et un geste qui parle du vide qu'il y a dans l'agenda du gouvernement, là, parce que ta loi n° 1... Ce n'est pas une nouvelle session, je le réitère, là, c'est une session qui a été interrompue pour des fins partisanes, mais une nouvelle première ministre veut s'inscrire en termes de gouvernance. Elle nous offre littéralement le statu quo. Et, c'est mon rôle, comme chef du Parti québécois, de rappeler que ce statu quo, c'est l'oeuvre de la CAQ après huit ans, donc 12 ans de CAQ. Imaginez un instant, là, 12 ans de CAQ au lieu de huit ans. Ce que je vous dis, c'est que ce sera les mêmes déclins, et ce n'est pas des gestes qui vont de soi et qui confirment le statu quo, qui vont changer quoi que ce soit aux dynamiques actuelles.

Journaliste : Qu'est-ce que ça vous dit sur l'optimisme de Mme Fréchette de former le prochain gouvernement? Parce qu'on la renouvelle maintenant, alors qu'on pourrait le faire en 2027, si on est réélus.

M. St-Pierre Plamondon :C'est ça, un peu mon point. Mais dans quel cas... Tant mieux si tout le monde est motivé puis chacun donne... ne ménage aucun effort en ce qui est quelques semaines de travaux parlementaires qui ont des saveurs de campagne électorale, là, on ne se le cachera pas, mais juste un point, parce que la question est intéressante. Je réitère que la CAQ, ce qu'elle a fait en 2018 puis en 2022 pour prendre le pouvoir, c'est de promettre des choses qu'elle n'avait pas faites durant son mandat, là. Je me souviens très bien de l'élection 2022, et qui se sont avérées être des promesses qui n'ont pas été tenues par la suite. Donc, c'est un peu aussi... On est en phase préélectorale et chaque geste doit être interprété comme faisant partie d'une campagne qui est, à mon avis, de l'avis de tout le monde, déjà commencée.

Journaliste : ...votre publicité qui est un appel aux nationalistes, là, de... de la CAQ après la victoire de Mme Fréchette, il n'y avait pas de mention de souveraineté ou de référendum. Moi, j'aimerais ça savoir : Est-ce que les nationalistes qui ne sont pas souverainistes ont une place au Parti québécois?

M. St-Pierre Plamondon :Bien, c'est-à-dire que je les invite définitivement à voter pour nous, parce que huit ans de caquisme a déjà été assez douloureux pour le Québec. Douze ans de caquisme va reconduire les mêmes problèmes, et le Parti libéral, on me posait la question sur la position du Parti libéral, mais observez-les bien, là, ce n'est pas un parti qui s'intéresse à plusieurs enjeux fondamentaux pour l'avenir du Québec. Donc, moi, j'ai toujours dit que je faisais campagne, pour tout le monde, en ouvrant la porte à tous, et je m'attends à ce que des Bleus qui ont déjà voté PQ par le passé, qui ont déjà voté oui à un référendum se disent...

Journaliste : ...pas souverainistes, est-ce que... qu'est-ce que vous pouvez faire pour les... pour les convaincre?

M. St-Pierre Plamondon :Je pense que simplement de bien définir ce qui se passe en ce moment, c'est-à-dire que la CAQ a choisi le camp rouge de... du caquisme au lieu du camp bleu, ça a des conséquences. Et regardez bien ma lettre de ce matin.

Des voix : ...

M. St-Pierre Plamondon : Je veux juste y aller...

Journaliste : ...est-ce qu'il faut absolument être souverainiste?

M. St-Pierre Plamondon :Je veux juste y aller sur la lettre de ce matin. Elle met devant un véritable test Christine Fréchette. Je veux dire, c'est trop facile d'exercer une clause dérogatoire et dire que c'est un grand moment de politique puis c'est la loi n° 1. On fait ça depuis des décennies, puis il n'y a jamais un parti qui fait une grosse histoire avec une clause dérogatoire. Par contre, dans ma lettre, je lui pose des questions et je lui dis : OK, est-ce que vous reniez l'héritage de la CAQ depuis 2015, ou est-ce que vous faites des demandes à Ottawa sur ce que votre formation politique dit... est une question de survie de la nation? Quand on aura la réponse à cette lettre-là, on va avoir une discussion très intéressante sur la place des Bleus.

Journaliste : ...est-ce que... est-ce qu'il faut être souverainiste pour voter pour le Parti québécois?

M. St-Pierre Plamondon :Bien, j'espère les convaincre, mais si jamais je ne les ai pas encore, si jamais je ne les ai pas encore tout à fait convaincus, ils sont bienvenus, ils sont bienvenus au Parti québécois.

Journaliste : Vous avez déjà dit quand même : Un vote pour le PQ, c'est un vote pour le référendum.

M. St-Pierre Plamondon :Oui, mais j'ai toujours eu... À chaque sondage, vous me posez la question : Pourquoi il y a une proportion de ceux qui choisissent le PQ qui ne sont pas convaincus de l'indépendance? Puis je vous ai toujours répondu : Bien, quand même, on a leur écoute, puis il y a quelque chose qu'on fait qui est bien, puis je me suis toujours réjoui de ça, là.

Journaliste : ...convaincre de voter pour le PQ, ce n'est pas pareil s'ils choisissent d'eux-mêmes. Mais vous, est-ce que vous voulez convaincre les nationalistes qui ne sont pas des souverainistes de voter pour le Parti québécois?

M. St-Pierre Plamondon :Moi, je veux convaincre tous les Québécois de voter Parti québécois. Et il y aura, parmi ces Québécois, des gens qui se disent : Je ne suis pas certain, mais j'aime ce que je vois en termes de qualité de la formation politique puis de propositions, donc ce sera un gouvernement du Parti québécois. Et il y aura d'autres questions qui se posent par la suite. C'est sûr que ça va avoir lieu.

Journaliste : Au-delà d'essayer de faire trébucher Charles Milliard puis le Parti libéral avec le renouvellement de la clause, vous ne pensez pas que c'est une manière aussi d'essayer de garder des nationalismes auprès d'elle?

M. St-Pierre Plamondon :On est... Vous avez entièrement raison, on est totalement dans de la tactique...


 
 

10 h 45 (version non révisée)

M. St-Pierre Plamondon : ...mais c'est ça qu'on n'aimait pas de la CAQ pendant huit ans. C'est pour ça que je vous dis, c'est la continuité de ce qu'on connaît, là, c'est quatre trente sous pour une piasse. C'est ça que c'est. C'est...

Des voix : ...

M. St-Pierre Plamondon : Oui, oui, c'est... c'est... c'est CAQ... c'est CAQ trente sous pour une piasse, c'est-à-dire de la tactique politique, des communications marketing, mais pas de cohérence, pas de vision, et un Québec en déroute. Je veux dire, on a eu huit ans de ça. J'invite la population à réfléchir à un changement de... Parce que moi, je trouve que c'est étonnamment en continuité avec ce qu'on connaît de la CAQ, sauf qu'on a reculé sur l'ambition vis-à-vis d'Ottawa.

Journaliste : ...juste pour clarifier, là, parce que là, dans le fond, ils ont laissé entendre qu'ils voulaient que les pleins pouvoirs du Québec soient reconnus en matière de formation de la main-d'œuvre. C'est juste qu'ils ont l'air d'avoir changé de ton. C'est quoi, vous auriez voulu qu'ils soient plus fermes ou que... C'est-tu un problème de forme ou...Tu sais, à la limite, si, avec ce ton-là, ils arrivent à obtenir ce que vous réclamez, il y a-tu vraiment un problème?

M. St-Pierre Plamondon : Oui, c'est que c'est un empiétement puis un abus de pouvoir du fédéral, lequel n'est pas répondu par le gouvernement du Québec en disant vous ne pouvez pas faire ça», c'est plutôt un consentement à ce genre d'empiétement en disant «on va le négocier». Mon collègue Alex Boissonneault, j'ai fait le même commentaire hier, ça se peut que, pour une période de deux, trois mois, le gouvernement fédéral, parce que le gouvernement fédéral, je vous l'annonce, fait de la politique, le gouvernement fédéral qui n'y a pas intérêt peut-être à avoir un gouvernement indépendantiste à l'Assemblée nationale, ça se peut qu'il octroie des choses à la CAQ pour cette période de temps là. Mais ne vous trompez pas, si on choisit d'y aller pour 12 années de caquisme, ce qu'on a connu de mépris et de refus du fédéral vis-à-vis des... des demandes de survie de la nation, selon la CAQ, là, ça va continuer comme déclin, puis comme refus, et comme mépris. Le dénominateur commun de toutes les formations politiques ici depuis longtemps, c'est que lorsqu'un champ de compétence du Québec fait l'objet d'une... d'un abus de pouvoir du fédéral, on dénonce puis on demande un retrait.

Des voix : ...

M. St-Pierre Plamondon : Non, mais c'est...

Journaliste : Est-ce que c'est difficile de...

M. St-Pierre Plamondon : Ils veulent négocier l'abus de pouvoir. Ce n'est pas la même chose.

Journaliste : ...de définir la CAQ actuellement? Parce que d'un côté vous dites... dans la même phrase...

M. St-Pierre Plamondon : Ah non, je la définis avec...

Journaliste : Dans la même phrase à peu près, vous dites : C'est le même vieux parti, mais c'est rendu le PLQ.

M. St-Pierre Plamondon : OK. Mais vous avez raison, vous avez entièrement raison.

Journaliste : Donc, la CAQ a... La CAQ est pareille, mais la CAQ a changé.

M. St-Pierre Plamondon : OK. Bien, laissez-moi le faire en une phrase parce que...

Journaliste : ...définir la CAQ.

M. St-Pierre Plamondon : Donc, c'est la même CAQ qui... au cours des huit dernières années, ce sont les mêmes personnes à une différence près, un recul sur les ambitions par rapport aux demandes à Ottawa et à la défense de nos champs de compétence. C'est la seule différence. Mais le reste, l'emphase sur le marketing puis les... les mesures cosmétiques, les dossiers, comme en ce moment en Santé qui ressemblent étrangement à SAAQclic, c'est-à-dire qu'on s'entête, puis tout le monde lève le drapeau rouge en disant : C'est en train de coûter des centaines de millions de dollars et ça ne servira à rien. On continue. Ce sont les mêmes personnes. Et d'ailleurs, je rappelle qu'il y a 29 caquistes qui ont annoncé ne pas se représenter et 32 qui ne se sont toujours pas déclarés en date d'aujourd'hui, là. Donc, moi, je vois plus une continuité puis une fin de régime, mais avec une petite twist rouge qu'on n'avait pas vu à la CAQ depuis huit ans, c'est-à-dire que, désormais, quand le fédéral abuse de son pouvoir, on prend un ton genre... un ton conciliant.

Journaliste : ...la popularité du Parti québécois donne un rapport de force à l'avantage du gouvernement du Québec face à Ottawa. Qu'est-ce que le gouvernement Fréchette peut ou doit demander à Ottawa avec ce rapport de force là? Qu'est-ce qu'il peut légitimement ou raisonnablement attendre d'Ottawa?

M. St-Pierre Plamondon : Bien, on n'a pas à chercher, on a... Christine Fréchette peut puiser dans ses propres documents qui lui a permis à la CAQ de se faire élire. Rappelons que Christine Fréchette et les caquistes ne seraient pas au pouvoir si ce n'était pas de la campagne menée par François Legault, dans le cadre duquel il promettait un référendum sur l'immigration puis les pleins pouvoirs en immigration. Pourquoi ne pas le demander, puisque c'est la base?

Journaliste : ...

M. St-Pierre Plamondon : Non, non, mais il y a ça, mais il y a le rapport d'impôt unique, les pouvoirs en culture. C'est le ministre de la Culture qui vient de sortir pour dire : Ce n'est pas normal qu'il n'y ait pas de Québécois à la table de négociations sur la culture. C'est une belle demande, ça. Donc, on va voir la réponse à la lettre, mais je veux tester si on est dans un recul des demandes historiques de la CAQ, si on les abandonne, finalement, comme le Parti libéral du Québec le fait tout le temps, c'est-à-dire minimiser puis mettre sous le tapis tout ce qui ne fonctionne pas. Et ça, c'est la doctrine du Parti libéral, historiquement, ce n'était pas la doctrine de la CAQ.

Journaliste : Parlons d'Ottawa. Louise Arbour vient d'être nommée gouverneure générale. Il y a la possibilité que vous preniez le pouvoir ici. Il y a l'Alberta qui a ce projet de référendum. Avez-vous l'impression que Mark Carney va lui donner, à Louise Arbour, un mandat d'unité nationale?

M. St-Pierre Plamondon : Oh! Je...


 
 

10 h 50 (version non révisée)

M. St-Pierre Plamondon : ...Je n'ai aucune information sur les intentions de Mark Carney avec la gouverneure générale qui est la représentante du roi d'Angleterre au Canada. Ce que je sais, c'est que Mark Carney a décidé d'ouvrir son règne avec le roi d'Angleterre, lui-même qui est venu nous expliquer comment ça fonctionnait et qu'ensuite... Je n'ai rien contre Louise Arbour, je sais que... une juriste accomplie, mais, sur l'institution, je réitère que c'est un des pires gaspillages de finances publiques, de fonds publics pour nous rappeler que nous sommes toujours dans une gouvernance archaïque où le roi d'Angleterre aurait quelque chose à dire sur notre démocratie, même chose pour la lieutenante-gouverneure. Et c'est encore pire lorsque c'est... gouverneure générale et lieutenante-gouverneure se mettent à faire de la politique et venir nous expliquer, nous les élus, ce qu'on devrait faire et comment ça devrait fonctionner. Tu sais, à la limite, si on demeure sobre et poli en disant : On comprend que le roi d'Angleterre n'a peut-être pas d'affaire dans votre Parlement, mais on est là pareil, puis on se garde une petite gêne. Non, non, non. À chaque fois, on en profite pour nous expliquer ce qu'on n'a pas compris sur l'orientation que doit prendre le Québec. Donc...

Journaliste : ...communiquer en français, dans le cas de Mme...

M. St-Pierre Plamondon : Ah! mais ça... Ah! mais...

Journaliste : ...Est-ce que, là, ça, ce n'est pas un meilleur choix que la dernière?

M. St-Pierre Plamondon : Je dois avouer d'être parfois en décalage avec certaines de vos questions, qui se réjouissent de choses qui ne sont pas si réjouissantes que ça. Je veux dire, la gouverneure générale, est-ce qu'il y a une pire dilapidation des fonds publics puis un pire archaïsme? Un jour, grâce au Parti québécois, nous serons complètement libérés de ces dépenses absurdes, et j'en fais une promesse aussi solennelle que la foi du serment au roi.

Journaliste : ...en français, out, en français.

M. St-Pierre Plamondon : Ce qui veut dire bonsoir la visite en français.

Le Modérateur : ...une dernière en français.

Journaliste : ...est-ce que c'est quelqu'un pour qui vous avez... Non, mais est-ce que c'est quelqu'un pour qui vous aviez de l'admiration, Mme Arbour, comme juriste?

M. St-Pierre Plamondon : Bien, c'est ça, je ne la... je ne la connais pas, mais, tu sais, c'est quelqu'un qui a une carrière... c'est ça, elle est connue. Mais est-ce que... Le gouverneur général, le représentant du roi d'Angleterre, devrait-il se faire confier un rôle politique pour expliquer aux élus puis à la population? Qu'est-ce que le roi d'Angleterre vient faire là-dedans? À quel point est-ce qu'on peut être archaïque? Donc, là, partez-moi pas là-dessus. Vous le savez, ce que j'en pense. Mais...

Journaliste : ...

M. St-Pierre Plamondon : Justement, mais c'est toujours ça. On place des sujets et des personnes dans une institution absurde, puis ensuite on veut s'empêcher collectivement de dire : C'est absurde et c'est un gaspillage de fonds publics, peu importe qui on place aux portes de... au poste de gouverneur général, l'absurdité de cette dilapidation de fonds publics et d'avoir un représentant du roi d'Angleterre nous dire quoi faire demeure entière. Là, je veux dire, je ne peux pas changer de position.

Journaliste : ...une stratégie, à l'approche des élections, d'y aller avec une francophone, de ne pas avoir de critique de la part du gouvernement fédéral à...

M. St-Pierre Plamondon : Ah! bien c'est sûr qu'il s'adapte au contexte. Il n'y avait pas un comité, justement, qui avait été formé? On n'avait pas appris ça? Il y a un comité...

Journaliste : ...

M. St-Pierre Plamondon : Non, mais de... par rapport à la situation au Québec puis l'indépendantisme. Mais...

Journaliste : ...

M. St-Pierre Plamondon : Ou une réunion? Mais... mais... mais, ce que je veux dire, c'est que... Vous connaissez l'histoire récente du Québec et du Canada, là. Prenez pour acquis que le gouvernement fédéral va faire de la politique dans les prochains mois et que ce ne sera pas en faveur des indépendantistes québécois. Et je me fie au jugement et à l'intelligence des Québécois pour distinguer ce qui sont des manoeuvres politiques...

Journaliste : ...Jolin-Barrette a dit ce matin que l'appui des conservateurs suffirait. Donc, pour adopter son projet de constitution, il aurait juste besoin de l'appui des conservateurs. Ça va... ça va légitimer le projet.

M. St-Pierre Plamondon : Donc, vous êtes en train de me dire qu'une députée caquiste qui n'était pas contente de ne pas être reconduite comme ministre et qui a traversé chez les conservateurs va être le seul appui transpartisan pour cette constitution-là et que, pour Simon Jolin-Barrette, ce serait suffisant pour avoir une constitution légitime et pérenne, dans le contexte où on a escamoté toutes les étapes et à peu près tout le monde est venu dire que ça ne tenait pas debout? Poser la question, c'est y répondre, là. Ça n'a pas de sens.

Le Modérateur : On va passer en anglais.

Journaliste : ...la construction, très rapidement. Je ne sais pas si vous avez vu l'enquête avec les travailleurs de la construction et les entrepreneurs qui ont toutes sortes de façons de dévier pour donner davantage de rémunérations aux travailleurs, dans le contexte de pénurie, qu'il y a... qu'il pourrait peut-être avoir de l'inflation, puis d'augmenter les prix de construction. La CCQ s'intéresse à ça. Avez-vous vu ça ou?

M. St-Pierre Plamondon : Non, moi, je ne l'ai pas vu. Mais je peux te revenir. Je vais le creuser. Je ne l'ai pas vu.

Le Modérateur : On va passer en anglais, on va passer en anglais.

Journaliste : ...une ouverture de la lieutenante-gouvernance...

M. St-Pierre Plamondon : Oui, on le fait à chaque fois.

Journaliste : Mr. St-Pierre Plamondon, Quebeckers should forget about the word «new» today, looking at the Fréchette Government in the opening of the session.

M. St-Pierre Plamondon : We're in the continuity of the CAQ in the sense that there is a strong emphasis on superficial communications, a lack of rigor with the files such as the healthcare system and reforms that are quite dangerous...


 
 

10 h 55 (version non révisée)

M. St-Pierre Plamondon : …reforms that are quite dangerous as we...

Journaliste : ...

M. St-Pierre Plamondon : Same old, except for one difference : they seem to be abandoning their demands to Ottawa and the defense of the competencies of Québec government, at least take a softer approach or a more red approach to what was the historical position of the CAQ. And that's why, I guess, the CAQ comes with something that clearly is aiming at Charles Milliard and the Liberal Party. They're fighting or trying to distinguish themselves because they're so close to one another in terms of political orientations. So, I mean, I just need to restate that the «clause dérogatoire»… the…

Journaliste :

M. St-Pierre Plamondon : …sorry for that, the notwithstanding clause is quite a normal or standard operation here. The Couillard government did that and all governments do that, and at… there's no fundamental first bill that usually comes with it. It's pretty standard. So, it tells me that... it tells me that the CAQ has a lot of time for the liberals because their positioning is so close. And it leads me to write a letter to Christine Fréchette saying : Do I understand that from now on you don't have any more demands to the federal government? And, if you do have the same historical demands, now that your new leadership is supposed to change something, can you give it a try, please, and make the same demands : full power in culture, full power in immigration, stop to have two tax reports? All those demands, can you try them again? Because I'm pretty sure what the result will be, but just let us know what's the new or the same old orientation.

Journaliste : …the renewal of the notwithstanding clause on Bill 96, do you think that it's… it's not a big deal, it should not be perceived as a big deal for you?

M. St-Pierre Plamondon : It's not, it's the status quo. It's the same thing that… There's no change. And it was something to happen in 2027, it happens now, but of course it's going to happen. So, the question should be : Why is that the first bill of a new premier? How is that… What does it tell us? If the only thing you have, while the health care system, the public finances, the French and the culture are all in decline… if your first move is the status quo, what does it tell us about what could happen if we go for 12 years of CAQ?

Journaliste : …protection against the liberals, if they come to power? They are protecting the Bill 96.

M. St-Pierre Plamondon : I mean, I'm not opposing it, I would do it like that automatically. What I'm saying is : It's the status quo, it's not changing the decline of the French language, and it's obviously aimed at doing politics with regards to the liberals, in which case it tells us that the CAQ under Fréchette and the liberals are so close in terms of political orientations, they feel the need to do some tactics instead of dealing with urgent and very serious issues all over Québec after eight years of CAQ, so…

Journaliste : …about their confidence? I mean, if they're doing it now and they could wait, it means that they don't expect to win…

M. St-Pierre Plamondon : It doesn't tell us much about confidence, it tells us about who they are. They're masters at political communications and superficial tactics. They've done that very… very skillfully over eight years, but it did lead us into very poor public policies and many problems. And that's where we're trying to distinguish ourselves with our so long documents, with so many footnotes that sometimes it's not being read, but at least we take it with a lot of… we have a vision that is less on political stunts and communications and more on substance. And I think that's what we need at this point in Québec's history : people with substance and vision, less tactics and superficial plows.

Journaliste : …Louise Arbour...

M. St-Pierre Plamondon : Yes.

Journaliste : …what is your reaction to her nomination?

M. St-Pierre Plamondon : Well, I think… I have a very good opinion of Louise Arbor, and I still have the same opinion with regards to the institution that is the governor general. It's the worst waste of public funds we can imagine. There… It's a nonsense that the King of England would have any word to say over our politics, that is a democracy. And it should not be… I don't know what are her reasons, but the fact that it's Louise Arbour, or it could have been somebody else that is very famous, doesn't change anything to the fact that that institution is illegitimate and a waste of…


 
 

11 h (version non révisée)

M. St-Pierre Plamondon :...with funds that will end with the Parti québécois.

Le Modérateur : Merci beaucoup.

(Fin à 11 h 01)


 
 

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