Point de presse de Mme Maïté Blanchette Vézina, députée de Rimouski
Version préliminaire
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Le mardi 5 mai 2026, 13 h
Hall principal de l'hôtel du Parlement,
hôtel du Parlement
12 h 56 (version non révisée)
(Douze heures cinquante-huit minutes)
La Modératrice : ...conjointement
avec la députée de Rimouski et M. Jérôme Blanchet-Gravel, auteur et éditeur.
Les prises de parole se feront dans l'ordre suivant : Maïté Blanchette
Vézina, députée de Rimouski, M. Jérôme Blanchet-Gravel, auteur et éditeur. Nous
prendrons ensuite vos questions. Mme Blanchette Vézina, à vous la parole.
Mme Blanchette Vézina : Merci.
Merci. Aujourd'hui, c'est discours d'ouverture de la première ministre. On
reprend les travaux parlementaires, j'ai envie de vous dire enfin. Et j'espère
sincèrement que le gouvernement verra l'importance de s'attaquer aux enjeux
concrets et réels pour les Québécois, les enjeux quotidiens du... des
Québécois, dont celui, prioritaire : le coût de la vie. La première
ministre a mentionné qu'elle souhaitait rembourser, d'une façon obscure, là, la
taxe sur l'essence pour les Québécois. On lui rappelle qu'elle peut simplement
abolir la taxe carbone. Ça fera déjà un bon coup de main pour l'ensemble des
Québécois pour le coût de la vie. On peut parler aussi de l'importance d'ajouter
du privé en santé, un des grands enjeux partout au Québec, dans les régions,
mais aussi dans les centres-villes. L'accès à la santé, c'est une grande
difficulté, et on se doit de trouver des solutions de la part du gouvernement.
Et on est convaincus, du côté du Parti conservateur, que le privé en santé, c'est
une bonne solution. D'ailleurs, la CAQ présentait, dans son ancien programme,
lors de l'élection de 2022, le privé en santé comme étant une solution. Exploitation
de nos ressources naturelles, on a besoin de créer de la richesse au Québec et
bien sûr qu'elle respecte, donc, son engagement de relancer le débat sur l'exploitation
du gaz. Le monde a changé. Il est important que le Québec soit souverain et se
donne des leviers économiques pour avancer. Et c'est... ça va passer par l'exploitation
des ressources naturelles.
Mais aujourd'hui, je suis, on vous l'a dit,
avec M. Jérôme Blanchet-Gravel, qui est auteur et éditeur. Je souhaite
mentionner qu'on va déposer une motion, une motion importante, parce qu'il s'est
passé des choses qui sont inquiétantes, dans les derniers jours, les dernières
semaines, concernant la liberté d'expression, la volonté affichée de certains
groupes de vouloir museler les idées qui ne sont pas celles qui sont prônées
par la gauche. Donc, la motion qu'on va déposer, elle est pour dénoncer et
condamner toute tentative de museler la liberté d'expression, notamment celle
qui est exercée sous couvert d'un militantisme... idéologique, pardon. Alors,
on veut, bien sûr, rappeler à tous les partis politiques que le débat d'idées,
il est sain, il est important dans une démocratie, et de vouloir faire du
boycott, par exemple, d'une librairie ou de d'autres commerces parce qu'elles
font de la place à la liberté d'expression, au débat d'idées, pour nous, c'est
inacceptable.
Alors, je céderais la parole à M. Blanchet-Gravel,
qui va pouvoir vous parler de ce qu'il constate lui-même également.
M. Blanchet-Gravel (Jérôme) : Effectivement,
la liberté d'expression se porte extrêmement mal au Québec, comme en témoigne
la tentative d'annulation du livre Destination autonomie d'Éric
Duhaime...
13 h 01 (version non révisée)
M. Blanchet-Gravel (Jérôme) :
...comme un livre pourtant déjà salué par des personnalités de divers horizons.
L'ouvrage est publié aux éditions Libre Média, un média indépendant que je
dirige en tant que rédacteur en chef. C'est en quelque sorte la goutte qui fait
déborder le vase, et ça survient quelques jours d'ailleurs après l'annulation d'une
projection, celle du documentaire Génération Trans de Jean-Pierre Roy,
au Cinéma Cartier, ici, dans la capitale nationale sous la pression et la
menace des mêmes groupes. À titre d'éditeur de l'ouvrage, mais également à
titre de citoyen préoccupé par l'emprise grandissante de la pensée unique, il
me paraissait essentiel d'être ici aujourd'hui pour appuyer le PCQ dans sa
démarche, pour appuyer sa motion. Au Québec, vous savez, nous avons grandi
dans le mythe d'une société parfaite, d'un modèle parfait, dans le mythe d'une
démocratie immaculée. En réalité, nous vivons dans un monde conformiste ou des
militants wokes s'emploient quotidiennement à museler tous ceux et celles avec
lesquels ils ne sont pas d'accord. Le résultat, c'est un climat de peur, d'intimidation
et de censure qui rappelle de facto les régimes autoritaires. Chaque mois, dans
mon travail, je me surprends à expliquer à des collègues étrangers ce qu'est
devenu le Québec en matière de liberté de pensée.
Les médias subventionnés, c'est-à-dire les
médias traditionnels, contribuent eux aussi au verrouillage du débat public,
souvent en excluant, marginalisant ou discréditant les voix qui s'écartent du
consensus dominant. Le financement public des médias est devenu un problème
majeur pour toute société qui prétend sérieusement défendre le pluralisme. Je
salue les efforts constants et sincères du Parti conservateur du Québec pour
rétablir un véritable climat de liberté intellectuelle au Québec. Je salue l'engagement
de la députée Maïté Blanchette Vézina, la ténacité d'Éric Duhaime dans ce
dossier et l'ouverture que ce parti manifeste envers la nouvelle génération de
médias indépendants. Je salue aussi l'intervention de Paul St-Pierre Plamondon,
le chef du Parti québécois, qui a défendu la librairie La Liberté et, à travers
elle, l'idée d'une démocratie en santé. J'invite les Québécois à soutenir les
commerces et entreprises qui résistent courageusement à la culture de l'annulation,
comme le fait de manière exemplaire la librairie La Liberté. Il est grand temps
pour le Québec de renouer avec la liberté de pensée. Merci.
Mme Blanchette Vézina :
Merci. Est-ce qu'il y a des questions?
Journaliste : Oui, bonjour.
Est-ce que c'est possible de connaître le libellé de votre motion puis
qu'est-ce qu'elle stipule et demande exactement?
Mme Blanchette Vézina : Oui. Voulez-vous
que je... On peut vous la transmettre, mais je peux vous la lire.
«Que l'Assemblée nationale rappelle que la
liberté d'expression constitue un pilier fondamental de notre démocratie;
«Qu'elle constate la montée d'un climat d'intolérance
alimentée par certains courants idéologiques radicaux visant à faire taire les
opinions divergentes;
«Qu'elle réaffirme que les institutions et
commerces culturels, dont les librairies indépendantes, sont des lieux
essentiels d'échanges, de débats et de... pluralité des idées, pardon, et
qu'elle souligne l'importance de protéger la diversité des opinions dans l'espace
public québécois;
Qu'elle dénonce toute forme d'intimidation,
de discrimination ou de pression indue de la part d'institutions publiques
incluant l'appel au boycott visant des entreprises, des institutions ou des
individus en raison des idées qu'ils permettent de diffuser;
Qu'elle réaffirme que le débat d'idées
doit se faire dans le respect des individus, sans discrimination et sans
recours à la censure ou à la coercition telle qu'encadrée par la Charte des
droits et libertés de la personne et les lois en vigueur; et finalement
Qu'elle condamne clairement toute
tentative de museler la liberté d'expression, notamment celle exercée sous
couvert de militantisme idéologique.»
Journaliste : Je note que,
dans votre motion, vous précisez... vous ne faites pas allusion aux wokes ou aux
discours de gauche, comme vous y avez fait allusion dans votre discours. Est-ce
que c'est délibéré puis c'est aussi pour vous assurer que, bien, ça concerne
tout le monde? Finalement, une forme de censure promue par des gens de droite
serait tout aussi inacceptable à vos yeux?
Mme Blanchette Vézina : Bien,
on prône la liberté d'expression au sens large. On aurait pu, oui, par
partisanerie, disons, vouloir mettre le singe sur l'épaule uniquement du
wokisme, mais je pense que la liberté d'expression mérite qu'on s'élève
au-dessus de la mêlée, qu'on regarde cet enjeu comme étant un enjeu de
démocratie et qu'on se doit donc tous, tous les partis représentés à l'Assemblée
nationale, de démontrer l'importance que cette liberté d'expression là... la
liberté d'expression elle a, à gauche comme à droite.
Journaliste : Sur un autre
sujet...
13 h 06 (version non révisée)
Journaliste
:
...sujet...
Mme Blanchette Vézina :
Bien, soyons clairs, là. Ce qui s'est passé la semaine dernière, pour la...
la librairie La Liberté, pour le cinéma Cartier, c'était clairement des groupes
de gauche qui tentaient d'atteindre aux idées de droite ou aux personnes de
droite. Parce que rappelons que Destination autonomie, c'est un livre sur l'autonomie
du Québec, une idée qui fait consensus au sein de la société québécoise. Et, ce
qui a été... ce qui a été tenté de la part de certains groupes de gauche
militants, c'est de museler quelqu'un, donc s'attaquer directement à Éric
Duhaime et à son propos. Et c'est ça qu'on vient dénoncer également, là, c'est
de s'attaquer aux personnes. Je pense qu'on devrait pouvoir avoir un débat d'idées
au Québec. Et c'est sain dans une démocratie. On devrait éviter de tenter de
museler des gens comme... comme certains groupes de gauche l'ont fait la
semaine dernière.
Journaliste
:
Très bien. Sur un autre sujet, vous vous êtes exprimée au cours des derniers
jours sur l'idée d'un conservatisme progressiste. Est-ce que c'est possible de
savoir qu'est-ce que vous voulez dire par là?
Mme Blanchette Vézina :
Bien, en fait, je pense qu'on peut avoir des idées qui sont conservatrices
d'un point de vue fiscal. Et j'en suis. Je pense qu'il est important de revoir
le modèle québécois. On a atteint un seuil critique dans nos services, dans
comment l'État providence fonctionne. Alors, on doit revoir ces idées d'un
point de vue conservateur, plus d'un point de vue économique. Mais on peut
aussi avoir des idées progressistes d'un point de vue d'égalité hommes-femmes,
comme pour l'avortement, par exemple, ne pas remettre cette question-là en
cause. Je pense que les gens parfois peuvent faire un amalgame, idées de
droite, donc des gens qui sont très proreligieux, un peu comme ça se fait aux
États-Unis. Au Parti conservateur, on ne remet pas en cause la question de la
place du libre-choix des femmes, mais on a une position affirmée sur le
conservatisme économique par contre.
Journaliste
:
Très bien. Merci.
Mme Blanchette Vézina :
Merci.
Journaliste
:
Bonjour. Je suis désolé, j'ai manqué le point de presse, mais j'avais une
question par rapport à la rentrée parlementaire justement. Concernant le projet
de constitution que votre parti soutient, seriez-vous... favorable à ce que le
gouvernement utilise la procédure parlementaire d'exception, le fameux bâillon,
pour qu'il soit adopté d'ici la fin de la session parlementaire, si c'est
nécessaire?
Mme Blanchette Vézina :
On a répété qu'on est en faveur de la Constitution. Par contre, d'accélérer
l'adoption d'une loi aussi importante, je ne pense pas que c'est la bonne façon
de procéder, surtout qu'il y a déjà des gens qui se soulèvent en disant que le
processus a été déjà fait trop rapidement. Ceci étant dit, on rappelle que c'est
important pour le Québec, là. Donc, nous, on souhaite s'élever au-dessus de la
mêlée, encore une fois, pour appuyer cette volonté du gouvernement d'adopter
une constitution qui pourra être modifiée par un gouvernement ultérieurement,
là.
Journaliste
:
OK. Mais très clairement, donc...
Mme Blanchette Vézina :
Pas de procédure d'exception, pour notre part, non.
Journaliste
:
Pas de bâillon?
Mme Blanchette Vézina :
Non. Exact.
Journaliste
:
Parfait. Et peut-être vos attentes de façon générale pour la prochaine...
pour les prochaines semaines? Ça va aller très vite avant la pause d'été.
Est-ce qu'il y a des gains que le Parti conservateur souhaiterait obtenir?
Mme Blanchette Vézina :
On souhaite rappeler que la première ministre s'est engagée à redonner aux
Québécois une partie de la taxe sur l'essence. C'est nébuleux. Ça va sûrement
prendre des fonctionnaires, bien sûr, qui vont appliquer un programme dans la
façon qu'elle souhaite le faire. Mais nous, ce qu'on prône, c'est qu'elle
pourrait le faire rapidement en abolissant la taxe carbone. On pense que c'est
la bonne solution et on l'encourage à le faire.
Également, en ce qui concerne l'exploitation
de nos ressources naturelles, on en a besoin, de créer de la richesse au
Québec. On veut plus d'autonomie. Et, d'un point de vue de gestion de nos
ressources, il est possible de le faire aussi avec le gaz. On en a besoin
également. C'est des solutions qui permettent de décarboner d'autres pays si on
le fait correctement, les technologies ont changé, le monde a changé. Et elle s'est
engagée, lorsqu'elle s'est présentée pour devenir cheffe de la Coalition avenir
Québec, à revoir ce débat-là, à relancer ce débat-là. On s'attend à ce qu'il le
fasse... elle le fasse dans les prochaines semaines, puis, bien sûr, de s'attaquer
aux réelles priorités des Québécois, pas uniquement des projets de loi électoralistes.
Journaliste
:
Merci.
Journaliste
:
Peut-être juste une petite question parce que vous vous présentez aujourd'hui
au nom de la liberté d'expression. Qu'est-ce que vous pensez de la
manifestation où il y avait un personnage de M. Boulet guillotiné?
Mme Blanchette Vézina :
Ah! j'ai dénoncé. D'ailleurs, c'est la violence avec laquelle s'est faite
la manifestation. Une manifestation, c'est pacifique, on peut tous s'exprimer.
Mais de là à couper la tête d'un ministre et d'un élu, ça envoie un message qui
est, à notre avis, violent et qui encourage à la haine. Donc, je pense qu'il y
a moyen de manifester autrement au Québec.
Journaliste
:
Parce que, où est l'équilibre justement entre liberté d'expression et,
comme vous dites, ce qu'on ne peut pas... ce qu'on ne peut pas...
Mme Blanchette Vézina :
La Cour suprême l'a répété à certaines reprises, il y a certaines violences
qui ne doivent pas être... qui pourraient pouvoir faire preuve de contrainte en
termes de liberté d'expression. Et je pense qu'on a tous dénoncé à l'unanimité,
là, ce qui avait été... ce qui avait été utilisé comme recours, là, par les...
par les syndicats lors de la manifestation en fin de semaine parce que ça
envoie un message de haine envers nos élus. C'est les institutions
démocratiques aussi qui sont atteintes lorsqu'on attaque un élu comme ça, comme
on le fait de cette façon-là.
Journaliste
:
Merci beaucoup.
Mme Blanchette Vézina :
Merci.
Journaliste
:
Peut-être une petite dernière. Est-ce que vous avez une opinion sur la
nomination de Louise Arbour comme gouverneure générale du Canada?
Mme Blanchette Vézina :
J'ai...
13 h 11 (version non révisée)
Mme Blanchette Vézina : ...pas
d'opinion particulière à ce moment-ci. Merci.
(Fin à 13 h 11)