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(Huit heures vingt-huit minutes)
M. Derraji : Bien, bonjour,
tout le monde. Je cède la parole à notre chef, Charles Milliard.
M. Milliard (Charles) : Excellent.
Alors, merci, merci, tout le monde, d'être ici ce matin. Donc, évidemment,
aujourd'hui, c'est un... c'est un peu un lendemain de veille. On se remet du
discours de Mme Fréchette, hier, qui était finalement une reprise de beaucoup
de mesures. J'avais l'impression parfois d'écouter justement une émission du
canal PRISE2 pour ceux qui comprennent la référence. Parce qu'hier ce n'est
pas un programme législatif qu'on a eu, c'est vraiment le programme électoral
de la Coalition avenir Québec qui a été présenté, parce que l'ensemble des
mesures qui ont été présentées ne peuvent pas être réalisées, évidemment, en
cinq semaines. Alors, beaucoup de mesures aussi qui sont un ramassis d'annonces
précédentes. Je pense que c'était la quatrième ou la cinquième fois qu'on
annonçait la conversion de places de garderies de non subventionnées en
subventionnées. Alors, on l'a eu pour une cinquième fois, hier.
Et là qu'est-ce que j'entends? J'entends
que le nouveau gouvernement va régler les problèmes d'économie, d'infrastructures,
d'habitation et de services publics, alors qu'on sait très bien que ce sont eux
qui ont causé ces problèmes-là dans les huit dernières années. Alors, comme on
dit, c'est plutôt rare qu'on demande à quelqu'un qui a mis le feu de l'éteindre.
Alors, je pense que les Québécois ne sont pas dupes là-dessus.
Et j'entends aussi que maintenant, Mme
Fréchette a plusieurs nouveaux partenaires avec qui elle veut travailler, donc
le Canada, les syndicats, les médecins, les Autochtones. Écoutez bien, là, ça
fait huit ans que ce gouvernement-là se chicane avec les syndicats, les
médecins, le Canada et les Autochtones. Alors, c'est quoi, le prochain
partenariat de façade? Est-ce que c'est les immigrants? Parce que, là, on a vu
qu'on allait remettre la clause du PEQ pour une période de deux ans, alors qu'ils
ont créé le chaos justement avec... avec les immigrants dans les dernières
années. Alors, bien honnêtement... Et la Constitution, je n'ai pas besoin de
vous rappeler à quel point l'Assemblée des Premières Nations Québec Labrador s'est
opposée au projet de constitution justement parce que les consultations avaient
été bâclées. Ce n'est pas parce qu'on s'assoit quatre minutes dans une salle de
réunion avec quelqu'un qu'on peut dire ensuite qu'on l'a consulté. Donc...
Journaliste : ...
M. Milliard (Charles) : C'est
non pour moi. C'est non.
Journaliste : ...la main...
M. Milliard (Charles) : C'est
non, la Constitution. Puis je vais compléter mon petit mot puis.... mais je
vous dis tout de suite que c'est non. Je ne changerai pas d'idée.
La seule nouveauté qu'il y avait hier,
finalement, c'est la question du renouvellement de la clause sur la loi 96
ou la loi 14, en fait. Alors, ça va peut-être vous surprendre, mais moi,
je veux remercier la première ministre Fréchette d'avoir fait ça hier parce que
je pense que c'est très utile. Puis ça en dit long à la fois sur elle et sur
moi. Les plus vieux dans la salle se rappelleront peut-être d'un grand
classique du cinéma québécois de Gilles Carle qui s'appelle La vraie nature de
Bernadette, où un personnage de la ville arrivait dans un nouvel environnement
puis il doit s'habituer à sa nouvelle... à son nouvel environnement puis à...
découvre sa vraie nature. Alors, je pense qu'hier on a découvert justement la
vraie nature de Christine Fréchette, c'est-à-dire d'utiliser les mêmes
tactiques que François Legault pour faire diversion, des décisions qui sont
prises sur le coin de la table pour essayer de faire... de brasser les cartes
ou de faire monter les sondages. Je pense qu'il y a beaucoup de malhonnêteté
intellectuelle là-dedans. Et c'est clairement un geste aussi pour faire plaisir
à Bernard Drainville, à Jean-François Roberge, à Simon Jolin-Barrette et à tous
les autres souverainistes de la Coalition avenir Québec.
De mon côté, moi, je n'ai jamais... je...
je n'aurai jamais l'intention d'utiliser un outil politique sérieux comme la
clause «nonobstant» à des fins partisanes comme ça a été fait hier et dénoncé d'ailleurs
par plusieurs personnes. Et moi, je ne crois pas à la façon de la Coalition
avenir Québec pour protéger et faire la promotion du français. Alors, je vais
le répéter encore une fois ce matin, moi, je vais faire des changements à la loi
n° 96 pour qu'elle soit plus efficace, pour qu'elle augmente la quantité,
la qualité du français et qu'elle cesse de nuire aux entreprises. Alors, très
bientôt, je vais faire une annonce en bonne et due forme. Hier, c'était l'annonce
de Mme Fréchette, très bientôt, il y aura ma propre annonce avec à la fois les
mesures mais aussi l'équipe qui va me supporter dans cette promotion et cette
protection-là du français parce que c'est très important pour nous. Mais
entretemps, je pense, c'est une question de respect envers les Québécois puis
par rigueur intellectuelle, on ne va pas supporter le renouvellement d'une...
de la clause d'une loi pour laquelle on veut apporter des modifications. J'ai
entendu plusieurs personnes me dire : Vous pourriez l'approuver, puis,
quand vous serez au pouvoir, vous faites... vous ferez ce que vous voudrez.
Bien, voyons donc, ce n'est pas comme ça qu'on... qu'on traite respectueusement
les gens de qui on veut avoir la confiance. Alors, moi, je suis très, très
clair sur ce point-là. Et là je pense qu'en ce moment les masques tombent.
Donc, les Québécois auront, dans cinq mois moins un jour, le choix entre du
vrai renouveau ou du recyclage ou évidemment la séparation du Québec. Alors...
Journaliste : Est-ce qu'on
peut avoir la liste de ce que vous allez retirer de 96?
M. Milliard (Charles) : Alors,
je vais laisser la parole à mon collègue Monsef, ensuite. Comme j'ai bien
mentionné, je vais faire une annonce très bientôt avec à la fois les mesures
que je veux ajouter, les mesures que je veux modifier, mais aussi l'équipe qui
va me supporter dans cette expertise-là. Alors, je vais vous revenir très
bientôt là-dessus.
Monsef.
Journaliste : ...est-ce que
vous voulez... vous allez nous faire une liste de ce que vous...
M. Milliard (Charles) : Bien
sûr.
Journaliste : OK...
Maintenant?
M. Milliard (Charles) : Non.
Je vais vous faire une annonce en bonne et due forme parce que moi, je ne
travaille pas comme la Coalition avenir Québec.
Journaliste : Mais vous ne le
savez pas pour le moment ce que...
M. Milliard (Charles) : Bien,
voyons donc, je le sais. Bien... Bien, voyons donc, c'est certain que je le
sais. Ça fait longtemps qu'on réfléchit à la question de la promotion et de la
protection du français. C'est que nous, on veut faire les choses de façon
rigoureuse, dans les formes. On ne fait pas les choses comme la Coalition
avenir Québec, d'annoncer ça dans le journal hier matin. Je vais le faire en
bonne et due forme avec l'équipe qui va me supporter là-dedans.
Journaliste : Bien, est-ce qu'il
y a autre chose que le délai de six mois et le fardeau pour les entreprises?
M. Milliard (Charles) : Il y
aura plein de choses. Vous allez être... Non seulement vous allez être... Puis
je vais laisser Monsef parler après. Non seulement vous allez être rassasiés de
ce plan-là, on va le soumettre au jugement des Québécois et on va montrer qu'il
y a d'autres façons de faire la promotion du français que celui de la Coalition
avenir Québec. Il est grand temps que ce film-là se termine.
Journaliste : Est-ce que vous
allez faire plaisir aux collèges anglophones...
M. Milliard (Charles) : Non.
Écoutez, je vais... Là, ensuite, je laisse parler mon collègue parce qu'on a
des choses importantes à vous mentionner. Je vais faire la liste de tous les changements,
modifications que je vais... que je veux faire, et les ajouts, parce que ce
serait le fun qu'on parle aussi des ajouts que je vais faire dans cette
annonce-là. Alors, c'est... c'est notre stratégie.
Journaliste : ...mais une
fois que vous allez avoir apporté vos... vos modifications, auriez...
aurez-vous toujours besoin de la clause dérogatoire?
M. Milliard (Charles) : Ça
aussi, j'ai été clair là-dessus. La clause dérogatoire, c'est un outil qu'on
peut utiliser, alors je vais l'utiliser si nécessaire, mais pas nécessairement.
Donc...
Journaliste : Mais
croyez-vous que vous en aurez besoin?
M. Milliard (Charles) : On...
On verra. Vous jugerez quand on fera la... quand on fera la présentation de...
Journaliste : ...de juger, c'est
à vous.
M. Milliard (Charles) : On
va... On va le faire nous-mêmes. Mais j'ai... On va utiliser la clause, si
nécessaire, et pas nécessairement. Comment voulez-vous que je sois plus clair
que ça?
Journaliste : ...votre liste,
là, que vous allez présenter, est-ce qu'il y a des choses que vous pourriez
retirer de la loi 96, qui, à l'époque, au... quand le... quand la loi a
été votée, le Parti libéral était, par exemple, contre cette mesure. Je pense,
par exemple, au gel dans les cégeps anglophones. Est-ce que...
M. Milliard (Charles) : Il y
a plein d'éléments de la loi...
Journaliste
: Est-ce
que ça, ça va changer, votre position là-dessus?
M. Milliard (Charles) : Il y
a plein d'éléments... Encore une fois, il y a plein... Vous allez me trouver
plate. Il y a plein d'éléments de la loi 96 à laquelle je suis favorable.
Il y a des changements qu'on veut apporter. J'ai donné des exemples. Mais je
vais aussi vous présenter les choses que je vais ajouter. Alors, en temps
opportun, je vais vous présenter ça, et ensuite on va soumettre au jugement des
Québécois.
Maintenant, j'aimerais qu'on entende
Monsef sur la question du Dossier de santé numérique.
M. Derraji : Oui, merci,
chef. Bien, rebonjour. Ce matin, encore une fois, un autre groupe qui lève des
drapeaux rouges. Souvenez-vous que depuis deux, trois semaines, nous avons eu
sur la place publique des médecins, des médecins en Mauricie, donc le premier
site vitrine à Montréal, deuxième site vitrine pour le projet pilote, il y
avait des infirmières et il y avait le syndicat des... de l'APTS. Et aujourd'hui
nous avons ceux qui doivent nous protéger par rapport à toute incursion en
termes de cybersécurité qui lèvent aussi des drapeaux rouges.
Donc, moi, ma question aujourd'hui à Mme
la première ministre : Avec autant de drapeaux rouges, avec autant de
problèmes, est-ce qu'elle n'est pas en train de jouer dans le même film
SAAQclic, où le gouvernement s'est fait berner par la SAAQ avec des lumières
vertes, et quelques mois plus tard, on s'est rendu que c'est du rouge? Aujourd'hui,
Mme la première ministre et Mme Sonia Bélanger ne peuvent pas dire qu'elles ne
le savaient pas. Parce que maintenant, au nombre d'acteurs... Et l'article de
Thomas Gerbet de ce matin le démontre clairement, en termes de cybersécurité,
il y a encore des lacunes. Et, malgré cela et malgré ce constat, elles tiennent
à aller de l'avant sans prendre en considération cette faille informatique
importante.
Et je ne parle même pas du plan médical.
Parce que vous avez vu les médecins qui parlaient d'un impact sur les patients
qui souffrent de cancer, vous avez vu hier le nombre de bogues non réglés à
trois jours de... du déploiement. Et, encore une fois, j'espère que le
gouvernement va prendre la bonne décision, parce qu'il ne s'agit pas de permis
de conduire, mais plutôt de la santé et de la sécurité des patients.
Journaliste : Mme Bélanger
vient de nous dire qu'il n'y en avait pas, de problème, que tout était
sécuritaire, qu'il n'y aura pas de failles au niveau de la... des données, que,
oui, il y a des craintes, elle convient avec ça, mais elle dit : Le
système, il va fonctionner.
M. Derraji : J'espère que la
déclaration de Mme Bélanger ne va pas mal vieillir. Je nous souhaite du
succès. Et, vous savez, on est pour la transformation numérique et on l'a
mentionné clairement. Il y a quelques semaines, je vous ai dit : Je mets
sur la table trois conditions. Premièrement, avoir des représentants d'Epic, et
hier, ça a été démontré. Hier, ce que vous avez vu, le nombre de tickets
ouverts, c'est parce que les superutilisateurs ne peuvent pas répondre à ces
tickets. Il n'y a pas des représentants d'Epic, la compagnie qui nous a vendu
ce logiciel. J'ai aussi demandé d'être transparent avec les Québécois. Il y a
des gens qu'on va retarder leurs chirurgies. Il y a des gens à qui on va dire
attendre encore une fois et de prendre leur mal en patience. Donc là, je n'ai
pas entendu Mme Bélanger, à moins d'être uniquement porte-parole de Santé
Québec.
Ce que je m'attends de Mme Bélanger,
notre ministre de la Santé, c'est de répondre aux patients qui souffrent en
silence, qui la fermeture de ses hôpitaux ce week-end va affecter leur
quotidien. C'est ce que je m'attends de Mme Bélanger, non pas être un
porte-parole de Santé Québec. Santé Québec, ils ont bien leur monde et ils sont
très bien payés pour le faire... les communications. Mais moi, je m'attends de
ma ministre de la Santé de se placer du côté des patients qui vont souffrir à
cause de cette transformation numérique. C'est ça que je demande à
Mme Bélanger aujourd'hui et de répondre aux craintes liées par rapport à
la transformation numérique en matière de cybersécurité.
Journaliste : Dans quelle
mesure êtes-vous satisfait, M. Derraji, de l'enquête menée par l'AMP par
rapport au DSM?
M. Derraji : Bien, ça
confirme ce que je vous ai dit hier, je suis rassuré qu'une entité compétente,
l'Autorité des marchés publics, a commencé son enquête. Je l'ai mentionné hier,
je suis un député. Quand je reçois quelque chose, je n'ai pas les moyens de
faire enquête. Je ne suis pas un enquêteur, je suis un législateur. Et donc,
pour moi, savoir que l'Autorité des marchés publics enquête... je ne veux pas
mettre de pression, mais j'espère qu'on va savoir les réseaux de l'enquête avant
la prochaine élection. Pourquoi? L'imputabilité. Qui a signé ce contrat? C'est
le gouvernement caquiste. Il faut que les Québécois sachent ce qui s'est passé
dans le contrat d'Epic.
Parce que... je ne veux pas vous faire
perdre beaucoup votre temps ce matin, mais j'ai d'autres inquiétudes par
rapport au déploiement de ce contrat. Ça m'inquiète. Parce que, si vous voulez
qu'on parle sur Epic, aucun problème, j'ai deux sites. Je n'ai aucune garantie
qu'Epic sera déployé dans les autres hôpitaux. Et ça, c'est le contraire même
de ce qui était annoncé au début, et on l'a oublié. On voulait un système qui
ressemblait à un écosystème. Ça veut dire, on est capables de se parler entre
hôpitaux. Ce qu'on voit, ce qu'on entend, que ça risque de ne pas être Epic. Mais
pourquoi on a signé un contrat de 1,2? La ministre dit 2,1, j'espère qu'elle ne
s'est pas mélangée. Je l'invite d'ailleurs à vous le clarifier. Est-ce que
c'est 2,1 milliards ou 1,2 milliard. Clarifiez, Mme Bélanger,
s'il vous plaît.
Journaliste : M. Milliard,
êtes-vous d'accord avec Québec solidaire, comme quoi il faut encadrer
l'utilisation de la clause dérogatoire pour éviter les abus?
M. Milliard (Charles) : C'est
une... c'est une très bonne question. J'ai pris connaissance de ça ce matin.
Évidemment, ça fait référence à la proposition du Barreau dans le cadre des
récentes consultations parlementaires. Je pense que ça mérite d'être étudié.
D'ailleurs, je vais vouloir en discuter avec Mme Ghazal. J'ai communiqué
avec elle ce matin, je vais vouloir en discuter avec elle. Donc, moi, quand les
adversaires proposent des idées qui sont intéressantes, je suis tout à fait
ouvert à regarder ça parce que, dans le fond, ce qu'il faut... il faut
respecter la primauté du Parlement, mais si on peut donner des justifications
aux Québécois de pourquoi on pose des décisions par cet encadrement-là, je
pense que c'est quelque chose qu'il faut regarder. Alors, j'ai très hâte de
lire ce projet de loi là.
Journaliste : Qu'est-ce qui
vous turlupine dans l'utilisation constante, justement, de la clause
dérogatoire?
M. Milliard (Charles) : Bien,
c'est une façon de procéder de la Coalition avenir Québec, hein? Ce n'était pas
le cas avant. Donc, c'est... la Coalition avenir Québec a décidé d'en faire un
muscle qu'ils utilisent rapidement. C'est leur décision puis je vais demander
aux Québécois de juger, de juger ça. Mais, sur la question de 96, entre autres,
il n'y a aucune preuve que ça pourrait ne pas être protégé, ça pourrait être
contesté par les tribunaux, hein? Ce n'est pas la même chose que la loi n° 21, à titre d'exemple.
Journaliste : Vous disiez
tout à l'heure ou vous dénonciez la stratégie de Mme Fréchette avec ça,
mais reste que son objectif... est-ce que son objectif est rempli? Est-ce que
ça vous met dans l'embarras? Est-ce qu'en arrivant comme chef du Parti libéral,
vous pensiez que la langue vous mettrait à ce point dans l'embarras?
M. Milliard (Charles) : En
devenant chef du Parti libéral, je savais très bien que mes adversaires
allaient faire de la démagogie identitaire. Écoutez, là, j'écoute... je suis la
politique depuis assez longtemps. C'est normal, on est un parti qui veut parler
à tous les Québécois. Alors, c'est certain que c'est une entreprise qui est
plus complexe que de parler seulement à ceux qui veulent la séparation, de
parler à seulement ceux qui sont francophones, mais la primauté de la langue
française, au Québec, je la fais mienne. Ça fait longtemps que je vous le dis,
je suis le fils d'une prof de français, ça me tient extrêmement à cœur, mais je
ne crois pas à la façon caquiste de traiter ce dossier-là. Mme Fréchette a
choisi d'utiliser une stratégie politique hier, certains trouvent ça bon,
d'autres l'ont condamnée. On va se soumettre au jugement des Québécois
là-dessus. Mais que les Québécois qui nous écoutent en ce moment soient
rassurés, là, tous les partis politiques, au Québec, veulent protéger et faire
la promotion du français.
Journaliste : Pourquoi vous
n'allez pas au bout de votre réflexion?
Journaliste
: Vous
prenez le pouvoir... modifier 96.
M. Milliard (Charles) :
Oui.
Journaliste : Mais dès que
vous arrivez, vous pouvez enlever la dérogatoire, pour...
M. Milliard (Charles) :
Oui, tout à fait.
Journaliste
: Donc, est
ce que vous allez faire ça?
M. Milliard (Charles) :
Mais je trouve que c'est... Bien, ça, ça réfère à ce que des gens me proposent.
Je trouve ça malhonnête de dire : Je vais renouveler une clause d'une loi
que je trouve qu'il faut changer. Je veux... ça serait sûrement opportuniste
pour moi de dire ça, mais je trouve que ça manque... ça manque de rigueur.
Donc, moi, ce que je veux...
Journaliste
: Est-ce
que vous allez l'enlever? Parce qu'elle va être renouvelée.
M. Milliard (Charles) :
Je vous l'ai dit, que j'allais l'utiliser si nécessaire et pas nécessairement.
Donc, on va faire les modifications puis on va prendre une décision à savoir si
on a à l'utiliser ou pas.
Journaliste
: ...
M. Milliard (Charles) :
Écoutez, je vais... je vais répéter une troisième fois. Ce que je veux faire,
c'est modifier la loi 96. Écoutez, là, je suis assez constant, là, je vais
modifier la loi 96, et s'il faut utiliser la clause dérogatoire, je vais
l'utiliser. Je ne l'utilise pas à tout vent comme la CAQ, je pense que c'est un
outil politique sérieux qui concerne les droits des gens, et puis moi, je veux
diriger le Québec.
Journaliste : Pourquoi vous
ne poussez pas votre réflexion jusqu'au bout? Il reste quelques jours de
travaux parlementaires. Pourquoi vous ne faites pas de la résistance, voire
même de l'obstruction parlementaire? Agnès Maltais, qui parlait
d'obstruction... pour empêcher que le renouvellement se fasse. Puis, si vous
prenez les commandes de l'État québécois...
M. Milliard (Charles) : Non,
parce que c'est le gouvernement... Non, c'est une bonne question, le
gouvernement actuel est dûment élu, il est en toute légitimité de passer des
lois. Nous, ce que je vous dis, c'est qu'on va voter contre, mais on ne va pas
faire d'obstruction là dessus. On va les laisser prendre leurs propres
décisions et on va laisser les Québécois, ensuite, prendre leurs propres
décisions en octobre, puis on va poser les gestes qu'on va avoir promis de
poser dans la campagne électorale. Ça ne peut pas être plus limpide que ça.
Journaliste
: ...cette
logique-là à l'ensemble des projets de loi qui sont actuellement sur la table?
M. Milliard (Charles) :
Sur l'obstruction?
Journaliste
: Oui.
M. Milliard (Charles) :
Non, pas du tout. En fait, il y a plein de projets sur lesquels on veut
collaborer. Écoutez, je n'ai pas changé de personnalité depuis hier.
Journaliste
: Vous vous
engagez à ne pas faire d'obstruction sur l'ensemble des projets de loi.
M. Milliard (Charles) :
Ah, bien, attention! Moi, je suis favorable, je suis favorable à la loi Clare,
je suis favorable au P-38. Il y a la réforme de la carte électorale, on va
avoir des nouvelles de ça demain. Mais sur la constitution, j'ai toujours été
clair là-dessus. C'est un processus de consultation qui a été bâclé dès le
départ. Moi, je fais miens les propos de Francis Verreault-Paul de l'APNQL, à
savoir que cette consultation-là ne rassemble pas les Québécois. Et là,
M. Jolin-Barrette nous a dit que l'appui d'un seul autre parti pourrait
suffire pour procéder. Alors, si une ancienne caquiste devenue conservatrice,
c'est suffisant pour faire adopter, sous bâillon, la loi qui transcende toutes
les lois, nous, on ne laissera pas passer ça, puis les Québécois vont juger ça
ensuite. Mais on est en... je vous rappelle qu'on est en faveur d'une
constitution du Québec, c'est que le processus est vicié dès le départ. Alors,
encore une fois, la CAQ a des objectifs louables, s'y prend d'une mauvaise
façon. On va faire les choses différemment à partir d'octobre prochain.
Journaliste : Vous êtes
pharmacien, M. Milliard. L'Ordre des pharmaciens a proposé d'enlever les
boissons énergisantes à l'intérieur des pharmacies. Familiprix l'a fait, l'a
dit. Pensez-vous que Mme Bélanger devrait déposer un projet de loi dans
cette session-ci pour interdire, là, les boissons énergisantes?
M. Milliard (Charles) : Moi,
je serais favorable à une interdiction chez les moins de 16 ans. Donc, j'ai
eu l'occasion de discuter avec les parents du jeune Zacharie qui... qui a
succombé, justement, à la consommation de médicaments et de boissons
énergisantes. Donc, moi, ça m'inquiète beaucoup parce qu'il y a un grand manque
d'avertissements et de mise en garde qui est fait.
Journaliste
: ...
M. Milliard (Charles) :
Bien, j'aimerais bien, j'aimerais bien qu'on puisse le faire, alors, c'est une
discussion qu'on pourrait avoir avec Mme Bélanger. Quand j'ai...
Mme Fréchette a parlé, aussi, aux parents et avait laissé une porte... une
lueur d'espoir, mais je n'ai pas vu de projet de loi passer là-dessus. Il y a
des rencontres qui sont faites, mais c'est quelque chose sur lequel on va... on
supporterait, évidemment.
Journaliste : Juste un mot,
M. Milliard, sur l'investissement...
Journaliste
: ...sur
les boissons énergisantes.
M. Milliard (Charles) :
Oui.
Journaliste
: Le fait
que ça soit retiré de certaines tablettes, là, dans les pharmacies, qu'est-ce
que vous en pensez?
M. Milliard (Charles) : Bien,
je pense que c'est une bonne idée. Des fois, il y a des... il y a des
mouvements comme ça qui viennent du milieu privé, donc, dans ce cas-ci, de
Familiprix. Alors, je connais bien les gens de Familiprix, donc, je pense que
c'est une bonne nouvelle, puis ça va leur permettre de se distinguer. Mais,
encore une fois, les boissons énergisantes ne sont pas dangereuses, par
elles-mêmes, pour tout le monde. C'est qu'en bas de 16 ans, il y a des
considérations avec des prises de médicaments et malheureusement, souvent, il y
a un contexte un peu récréatif au lieu... autour de l'utilisation de ces
boissons-là qui rend, justement, des cocktails assez explosifs merci chez des
jeunes de 14, 15, 16 ans. On veut protéger la vie de nos enfants,
évidemment.
Journaliste
: Juste un
mot, là.
M. Milliard (Charles) :
Oui.
Journaliste
: Le
gouvernement Couillard a investi en 2016... a injecté 1,3 milliard dans la
C Series, autrefois Bombardier, aujourd'hui Airbus. Quand même une centaine
d'avions qui sont achetés par une entreprise asiatique aujourd'hui ou
commandés. Est-ce que vous vous croisez les doigts encore aujourd'hui pour la
rentabilité de cette entreprise-là?
M. Milliard (Charles) : Bien,
écoutez, là, que l'annonce soit faite par M. Carney, Mme Fréchette,
ou n'importe qui, je pense qu'on veut que cette entreprise-là réussisse au
Québec. Ce sont des emplois de grande qualité. Les grappes industrielles de
haute technologie qu'on a, entre autres à Montréal, on doit les préserver.
Puis, dans les dernières années, ils ont été malmenés. Alors, cette annonce-là
aujourd'hui... Écoutez, moi, je leur souhaite bon succès, bon vent, parce que
c'est une entreprise importante pour le Québec.
Journaliste : Robert Bourassa
aurait fait quoi avec 96?
M. Milliard (Charles) : Pardon?
Journaliste : Robert Bourassa
aurait fait quoi avec 96?
M. Milliard (Charles) : Écoutez,
là, ça, c'est de la politique fiction. Mais je pense que, comme moi...
Journaliste : ...d'avoir la
pensée de Robert Bourassa.
M. Milliard (Charles) : Mais
M. Laforest, M. Bourassa a toujours été un politicien rigoureux,
méthodique, posé, qui cherchait le bien commun, qui résistait aux vents
contraires, qui résistait aux réponses faciles, alors certains l'ont toujours
identifié comme quelqu'un d'un peu moins incisif puis d'un peu plus même, je
dirais, beige. Et pourtant, les Québécois lui ont fait confiance à quatre
reprises. Alors, c'est... c'est une inspiration.
Journaliste : ...
M. Milliard (Charles) : Moi,
je ne me trouve pas beige, mais je me trouve très pertinente dans tout ce
tumulte-là en ce moment, dans la jungle politique dans laquelle on est, je
m'excuse de dire ça, mais les solutions populistes, là, les publications de
deux phrases sur X, ça ne sert pas les Québécois. On a besoin d'une structure
beaucoup plus claire pour... pour diriger les Québécois. Et moi, je m'inspire
de ça.
Journaliste : Vous faites
référence à Mme Fréchette ou à M. St-Pierre Plamondon?
M. Milliard (Charles) : Non,
je fais référence en général, où il arrive quelque chose puis des gens... les
politiciens annoncent sur X une mesure, là, où ils changent la position du
parti en deux minutes. Moi, je ne suis pas... je ne suis pas dans ce film-là.
Et je suis le chef du parti depuis trois mois, puis ça se passe à ma façon
depuis trois mois.
Journaliste :
Mr. Milliard, on Bill 96 and Minister
Roberge's bill that he will table around 10 :00. He just said in the
hallway that he is accusing the Québec Liberal Party to not understand the
importance of renewing this notwithstanding clause. So, what do you say this
morning?
M. Milliard
(Charles) :
Well,
I would say from the content perspective, I am the exact opposite of Mr.
Roberge. I think he has… he has been proposing bills and laws that are dividing
Quebeckers. And he has always been very, very, I'm going to say, aggressive
towards the people that wants to talk to all Quebeckers. And I am not part of
his team. So, I think that we need a premier, we need a government that speaks
to all Quebeckers and the renewing… the renewal of the notwithstanding clause,
we won't support it, because we believe that this Bill 96 needs modification,
and we will strengthen the French language in our own and personal way in… if
the… if Quebeckers choose us.
Journaliste :
Will you go further than just the two
modifications you talked about with the small and medium businesses and also
the six-month period that new immigrants have to learn French and get their
services in French only?
M. Milliard
(Charles) :
So,
what I said is that I will be proposing… I will be announcing very soon both my
plan and my team that will be supporting the preservation and promotion of
French. And so, we will be talking about the points that we want to add to
promote French when it comes to the quantity and quality of French in Québec,
and also the points that we want to modify. So, we will do that in a very
methodical way in a formal event soon.
Journaliste :
Dominique Anglade had a plan for French
too, I remember very well, 27 points, I suspect it no longer exists on your
website, but part of the result of that plan was that anglophones had to take
more French courses. When the liberals proposed an amendment in the Bill 96
process, and you paid a price politically for that with the English-speaking
community, are you going down this same path again? And what… what reassurances
do you have that you won't make the same mistake?
M. Milliard
(Charles) :
That's…
that's a good… that's a good question and a comment. There was a leader in
2022, there is now a new leader in 2026, so I will be proposing my own way of
protecting and promoting French. This will be different from the position in
2022. So, I can't wait, and obviously you too can't wait to hear me proposing
new elements and also the modifications that I want to do to Bill 96, so hence
my refusal to renew the clause because it needs modifications.
Journaliste :
And should you take power, they're
going to… they're going to renew the clause, presenting the bill today, if you
take power and become premier, are you going to withdraw that? Are you able to
do that? Are you going… are you going to scrap the use of the clause which is
being re invoked for five years as part of your plan?
M. Milliard (Charles) :
Well, as I mentioned, we're going to do
modifications to Bill 96, improve Bill 96. And we will use the clause if we
need it, but not necessarily. I've been saying that for two weeks now. And so,
it's a different… it's a different way of seeing life than the CAQ, obviously,
because a lot of people are really… seem to think that the CAQ way to think is
the only way. Well, I've got news for you.
Journaliste
: ...the clause is going to be renewed. So, if you take power, are
you going to withdraw it?
M. Milliard
(Charles) :
We
will use it if we need it. Well, I can say that in both official languages,
maybe in Spanish, if you want to. That's... No. Well, actually, no.
Des voix : …
M. Milliard
(Charles) :
Yes?
Journaliste
: On the challenge of protecting French while not angering the
Anglophone community too much, I mean, that seems kind of like an impossible
balance to strike. How do you describe that challenge?
M. Milliard
(Charles) :
I
don't see that as an impossible mission, because I think that, for a lot of
people, the Bill 96 is not something that can necessarily be «contesté» behind…
behind the tribunals. I mean, it's not like Bill 21, as an example. So, it's a
political tactic that the CAQ has been… has been using and wants to renew. My
idea of, you know, reuniting Quebeckers, promoting French, respecting all Quebeckers is to do a 96 version 2.0, if you want, which I will be presenting
very soon.
Journaliste :
…it's a political tactic and you're
talking about potentially still keeping the claws in, then, why would you keep
the claws in… instead of just getting rid of it?
M. Milliard
(Charles) :
Because
the potential use of the claws is… is a tool that we need… we need to keep to
ourselves. We need to use it if we need to. I'm never going to say that I will
never use it, because it's a power that provinces have, and we need to have
that… that powers maintain. So, I will use it if necessary, but not
necessarily. So, this is again a different point of view and a different way of
seeing life than the CAQ.
Journaliste :
Do you think your additions and
subtractions from the bill could upset the Anglophone community? I know you
don't reveal…
M. Milliard
(Charles) :
Well,
we'll see about that, but I have, you know, frequent conversations with the
English community and they are not in the same mood as what I've been hearing
from some of the questions from you. So, obviously, there's a disconnect
between what people think the English-speaking community think and what I hear
from them. We are totally united behind… behind the caucus, the party, and
everything is well.
Journaliste
:
Juste une précision, là. J'essaie de concilier tout ce que vous dites, puis
vous dites : On peut invoquer la disposition de dérogation à la charte si
nécessaire, mais pas nécessairement. Mais le «si nécessaire», est-ce que c'est
les tribunaux qui vont dire : Ces... par exemple, ces articles-là, là et
là sont invalides?
M. Milliard (Charles) : Ça
peut être nous aussi. Ça peut être nous aussi.
Journaliste
: OK, ça
peut être le côté politique aussi?
M. Milliard (Charles) : Ça
peut... Ça peut être les deux. C'est un outil qu'on est prêts à utiliser si
nécessaire, mais pas de façon statutaire comme le fait la CAQ, c'est...
Journaliste
: Mais
c'est ça, mais... Parce qu'il y a le débat aussi sur l'utilisation préventive
de la clause. Il y en a qui contestent ça, puis il y a la proposition de Québec
solidaire.
M. Milliard (Charles) : Moi,
je garde tous les outils dans ma poche, mais je les utilise d'une façon plus
sérieuse et méthodique que la Coalition avenir Québec. Je ne peux pas être plus
clair que ça.
Journaliste
: OK.
M. Milliard (Charles) : OK?
Journaliste
: C'est
bon. Merci.
Journaliste
: On vous
laisse aller, là, mais prochaine fois en espagnol, là, on compte là-dessus.
M. Milliard (Charles) : «Claro
que si, claro que si.»
(Fin à 8 h 55)